[english in 2nd part, español en la parte 3; 第四部分(中文版)]
Inspiration shakespearienne, un aède frappe d’entrée les 12 coups, le rappeur Travis Scott balance son flow, exit Ulysse comme narrateur : la narration commence, tout est résumé simplement comme une recette. Nous le retrouverons à la fin, lors du retour d’Ulysse, nommé auparavant Odysseus, à Ithaque avec le concours de tirs à l’arc, que l’on retrouve chez Robin des bois, et l’élimination des prétendants – à noter le rôle important d’Antinoos / Pattinson, on sent que cela a discuté ferme lors de la signature du contrat, l’agent a été efficace – au (re)mariage de Pénélope. Matt Damon, en père Fouras perdu sur Mars, plus Han Solo que Luke Skywalker, trop cérébral, dans le remords (chrétien) permanent, bas du front, manque toujours de consistance, bien qu’il ait gagné en tablettes de chocolat malgré un bide pointant, il était plus convainquant en Jason Bourne ou chez Gus van Sant.
L’intérêt, si les personnages manquent donc de consistance, au point de ne s’identifier à aucun, c’est d’utiliser la maîtresse de passage, Calypso, comme bobo baba écolo, la mannequin Charlize Theron en rappel d’Ursula Andress (Dr No, Terence Young, 1962) ou pub pour Dior homme (hémmoroïde à l’envers), ou Emaeus / John Leguizamo comme porcher – après tout, la civilisation grecque est avant tout celle de pâtres – aveugle d’Ulysse et protecteur de Télémaque, comme confidents : la narration toujours, un rappel de l’oralité d’origine, c’est fin. On a du mal à comprendre que Troie soit détruite à cause d’Hélène, fille de Léda violée par Zeus en cygne : elle n’est pas si belle avec la partie droite de son visage à la Joker ou Harvey Dent / Aaron Eckhart dans le même The Dark Knight : Le Chevalier noir (The Dark Knight, 2008); nous avons bien eu le mauvais Will Smith en James West (Wild wild west, Bary Sonnenfeld, 1999), pourquoi pas la mexico-kényano-américaine Lupita Nyong’o en Hélène, dont l’épithète homérique est « aux bras blancs », critère de beauté, comme pour Nausicaa, mais les Grecs ne l’entendent pas de cette oreille, vu la légitime polémique (pourquoi l’excellent américain d’origine grecque Elias Koteas n’est pas au casting ?), l’extrême Elon Musk non plus, même s’il n’a pas complètement tort pour une fois, malheureusement, à propos du quota de diversité pour obtenir les Oscars ? Un rameur asiatique, avec gros plan, contentera les quotas wokes hollywoodiens ainsi que la potentialité du marché asiatique comme dans la franchise Star wars rachetée par Disney – on sent que Dunkerque (Dunkirk, 2017) a été un galop d’essai, réussi, pour les scènes marines. Peut-être comme pour sa fille, Elon rendra-t-il hommage à Elliot Page en Sinon qui fut l’excellente Ellen Page / Ariadne, atteinte simultanément de troubles alimentaires et d’anxiétés entre autres joyeusetés, dans Inception (2010) ? Anne Hathaway, assez monolithique avec ses grands yeux, semble attaquée par les années tout en conservant ses lèvres pulpées irréelles, tout juste sorties de Le diable s’habille en Prada 2 (The devil wears Prada 2, David Frankel, 2026) ; la chirurgie esthétique finira par la ravager en un masque atroce comme pour Faye Dunaway ou Nicole Kidman entre autres. Exit les 12 jeunes servantes violées et assassinées par Télémaque – #MeToo est passé par là; Nausicaa, passée à la trappe ; les sirènes, hors-champs ; les Phéaciens, à l’origine du nostos, disparus ; nicht vaches sacrées; les dieux, à part Athéna, incarnée par Zendaya, dont on ne comprend pas qu’elle est une déesse, effacés.
Dès le début, le cheval de Troie est ensablé comme la statue de la liberté à la fin de La planète des singes de Schaffner (Planet of the apes, 1968, même année que 2001 de Stanley). Une autre scène, tournée de façon inédite à l’intérieur, ne délaissant point les excrétions naturelles, y fera référence, parmi les nombreux flashbacks. Les scènes de tempêtes marines sont également réussies, même s’il n’existe pas de drakkar en Grèce antique, mais elles sont présentes depuis Napoléon (1927) d’Abel Gance. Du fait du scénario, les 12 109 vers en 24 chants d’Homère, c’est celui le plus linéaire, donc le plus fluide, de Nolan – donc pas expérimental comme un Joyce (1922) mais plutôt comme un Tennyson (1833) tout en étant inspiré par la traduction simpliste d’Homère par Emily Wilson qui critique le film -, un peu comme Carax canalisé grâce aux Sparks (Annette, 2021). Il aura des flashs de rappels lourdauds et inutiles (le chien Argos, les accessoires identifiants, etc.) qui prennent le public pour un imbécile et aurait dû être coupés au montage. J’ai noté une mention, dans le texte, de l’ « inception », son meilleur film à ce jour, à un moment.
Les effets spéciaux sont assez laids, on regrette Ray Harryhausen, un Polyphème, entre del Toro et Peter Jackson, peu crédible (où est « Mon nom est personne » ?), les chevaliers géants en armure, Lestrygons ?, semblent sortir, en plus laid, de Le roi et l’oiseau (La bergère et le ramoneur, P. Grimault, J. Prévert, 1980) ou de Sacré Graal (Holy Grail, Monty Python, 1975).
Même si le casque « corinthien » d’Ulysse est postérieur, à noter que les costumes, à la fois contemporains et archaïques, dont celui, devenu déjà fameux, d’Agamemnon, tel Dark Vador, avec ses vertèbres dorées de colonne sur le revers du casque, sont particulièrement réussis. C’est le point fort comme dans Médée (Medea, P. P. Pasolini, 1969) ou Dracula (Bram Stoker’s Dracula, F. F. Coppola, 1992, qui nous prépare un The Glimpses of the Moon d’après Wharton – un pendant de Le temps de l’innocence, The Age of Innocence, Martin Scorsese, 1993 ? – pour se refaire).
La musique de Göransson est omniprésente, peut-être pas besoin de lassants gros beats, comme ces percussions japonaises dans le kabuki, pour souligner les scènes d’action ; lyre et aulos permettent de renouer avec la période. Trop d’infrabasses, c’est la mode, c’est peut-être ce qui vieillira le plus. Formidable morceau complexe à souhait en générique de fin de James Blake, When i’m home, avec featuring du rappeur de Boston cité ci-dessus – déjà réunis en 2020 sur Tenet.
Grèce – on a quand même quelques rares oliviers, surtout depuis que le beau Troie (Troy, W. Petersen, 2003 sur lequel Nolan devait travailler ; la Grèce a imposé des aides depuis Alexandre, Alexander, Oliver Stone, 2004) leur a filé entre les doigts -, Italie (Sicile notamment), Malte, Ecosse, Irlande, Islande (l’Hadès notamment, où Nolan revisite le film de zombies – pour la gore Circé, un croisement entre John Landis et Neil Jordan, entre le début de Le Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no kamikakushi, Hayao Miyazaki, 2001) et post-#MeToo; on sent que Nolan, ce formidable cinéaste de paysage, est fasciné par l’Islande, on attend un film sur les vikings tant cela paraît évident), Maroc, y compris Sahara occidental (Dakhla) d’où re-polémique, le paysage est somme toute désolé, baignant dans le clair-obscur, plutôt que ce ciel boîte en fer blanc d’un bleu méditerranéen immuable et terrassant, comme l’Ulysse ravagé qui, bien que rongé par la douleur – sentiment étranger aux Grecs, n’hésite pas à massacrer à la fin, ne pouvant résister à sa nature.
Il est fait un écho à la situation actuelle, une civilisation dominante qui périclite, l’effondrement de l’âge de bronze (Homère, Hésiode) – traduction : USA ; guerres au Vietnam, Amérique centrale et latine, Somalie, Irak et Iran, etc. -, mais un espoir : le testostéroné, rongé par le remords, revient vers la bobonne cocue, l’unité familiale a vaincu, une nouvelle civilisation émerge (IA ? Chine, pas si neuve que cela ?), la fin d’Homère est transformée, Télémaque succède à Ulysse qui part en retraite avec bobonne. Bref, si ce n’est probablement pas l’intention de Nolan, ce film peut être récupéré allégrement par les conservateurs américains sur fond de Léo Strauss. Par contre, la loi de Zeus=xenia=hospitalité est un coup de pied symbolique contre l’ICE.
Une caméra Imax de 140kg pour tourner l’intégralité du film, des astuces pour éliminer son bruit assourdissant comme au temps du Scope, pour concurrencer une tv omniprésente, des miroirs pour que les acteurs, gênés par le volumineux appareil, puissent donner la réplique. Plus besoin d’aller à Londres (BFI) ou Bruxelles (Kinépolis : écran de 513 m²), le Pathé Odysseum de Montpellier (écran : 22,39 * 16,76 m soit 375m²) vient d’inaugurer sa salle Imax 70mm à 15 perforations avec une résolution possible jusqu’à 18k. Nous voyons que nous sommes en période de crise : cinéma – un art souple qui a toujours su s’adapter aux nouvelles technologies -, grandiose pour ramener les gens en salle, retour aux racines (occidentales, films nationalistes asiatiques dont chinois, indiens, etc.), épopées, fresques (La batailleDe Gaulle, Jean Moulin, etc.), classiques (Les trois mousquetaires, Le comte de Monte-Cristo, Les illusions perdues, Les misérables, Fantômas, etc.), multiplication des comédies musicales, films d’horreur, films de plus de deux heures pour en avoir pour son argent, etc. Avec 250 millions de dollars, Nolan, tête de pont du nouvel nouvel Hollywood nous offre un blockbuster, un film classique digne du vieil Hollywood légèrement toiletté : « comme dans les films Batman, c’est exploiter la veine opératique [lyrique], le côté ‘plus grand que nature’, tout en ancrant l’univers créé dans une réalité intangible. », Sergio Leone, décrié à l’époque par les critiques qui dévalorisaient avec ce terme de « spaghetti » que Sergio détestait avec justesse, y arrivait en tournant à partir de la musique composée auparavant par Ennio Morricone. Noli Nolan me tangere. Au moins, les jeunes – de plus de 12 ans car interdit aux autres en France – seront initiés au récit ancestral.
L’hubris du boursouflé Nolan, qui joue les faux modestes, va jusqu’à nier les versions contemporaines : outre les films muets (Georges Méliès, 1905 ; André Calmettes et Charles Le Bargy, 1908 ; Francesco Bertolini et Adolfo Padovan, 1911), la version « 3D » de 1953 avec Kirk et Silvana Mangano, deux pour le prix d’un, Pénélope et Circé, de Carlo Ponti et Dino De Laurentiis par Mario Camerini remplaçant l’Autrichien Georg Wilhelm Pabst, Mario Bava aux effets spéciaux, Ben Hecht et Irwin Shaw parmi les nombreux scénaristes écrivant déjà un scénario en tiroirs truffé de flashbacks ; le directeur photo Franco Piavoli, auteur de quatre films « symphoniques » dont Nostos, il ritorno (1989) un film sensoriel beau mais chiant, d’après le chant XXIII de l’Odyssée, l’identification d’Ulysse auprès de sa femme Pénélope, les Argonautiques (Ἀργοναυτικά, IIIe siècle av. J.-C.) d’Apollonios de Rhodes et l’Énéide (Aeneis) de Virgile; lointainement Le regard d’Ulysse (1995) de Theo Angelopoulos, Tonino Guerra au scénario, sur fond de guerre en ex-Yougoslovie, avec Harvey Keitel et Erland Josephson qui remplace au pied levé Gian Maria Volonté, qui vient de mourir; le déjà noir, minimaliste et pas très réussi The Return, le retour d’Ulysse (The Return, 2024) d’Uberto Pasolini en décors naturels avec Ralph Fiennes et Juliette niBoche; les dispensables Maciste contre le Cyclope (1961) d’Antonio Leonviola, Ulysse contre Hercule (1962) de Mario Caiano, le porno As Aventuras sexuals de Ulysses (1998) de Joe D’Amato avec des inserts du Camerini ; les inspirations avec Le Mépris (1963) de Godard pour qui Ulysse « n’est pas un névrosé moderne. C’était un homme simple, astucieux et hardi. » (JLG), le western Le Retour de Ringo (1965) de Duccio Tessari, O’Brother (2000) des frères Coen (prix Lumière 2026). Côté série, le même Bava avec Franco Rossi et Piero Schivazappa coproduite en 1968 par Dino De Laurentiis et la RAI (Cinecittà, Rome ; Zagreb) ; une autre, The Odyssey en 1997 par Andreï Kontchalovski. N’omettons pas le dessin animé Ulysse 31 (1981-1982) du merveilleux Chalopin avec les nippons, qui a initié tant de jeunes. En littérature, depuis l’Enfer de Dante, citons Cafavy (Ithaque, 1911), Giraudoux (Elpénor, 1919), Giono (Naissance de l’Odyssée, 1938 ; peut-être, dans l’univers francophone, l’un des meilleurs spécialistes d’Homère avec Rachel Bespaloff), Kazantzakis (l’Odyssée, 1938), Walcott (Odyssey, 1993 ; prix Nobel 1992).
With a Shakespearean touch, a bard strikes the twelve chimes right off the bat, and rapper Travis Scott unleashes his flow : the storytelling begins, with everything summarized as simply as a recipe. We see him again at the end—during the return of Ulysses (previously referred to as Odysseus) to Ithaca—featuring the archery contest (reminiscent of Robin Hood) and the elimination of the suitors (note the significant role of Antinous/Pattinson; one senses some tough contract negotiations took place—his agent did a good job) vying for Penelope’s hand in (re)marriage. Then there is Matt Damon : a sort of Fort Boyard sage stranded on Mars—more Han Solo than Luke Skywalker—who comes across as overly cerebral, perpetually consumed by (Christian) remorse, and a bit of a blockhead; he still lacks substance, and while he may have gained a six-pack despite a protruding gut, he was far more convincing as Jason Bourne or in Gus Van Sant’s films.
The interesting thing—given that the characters lack substance, to the point where one cannot identify with any of them—is the use of the fleeting mistress Calypso as a boho-chic eco-hippie; model Charlize Theron as an echo of Ursula Andress (Dr. No, Terence Young, 1962); or Eumaeus (John Leguizamo)—Odysseus’s blind swineherd and Telemachus’s protector—as a confidant. It is a clever narrative touch that recalls the story’s oral origins. It is hard to grasp that Troy was destroyed because of Helen : she isn’t all that beautiful, with the right side of her face looking like the Joker’s. After all, we had the miscast Will Smith as James West (Wild Wild West, Barry Sonnenfeld, 1999), so why not the Mexican-Kenyan-American Lupita Nyong’o as Helen—whose Homeric epithet is « white-armed », standard of beauty, as with Nausicaa —even if the Greeks wouldn’t see it that way (and why isn’t the excellent Greek-American Elias Koteas in the cast ?) ? Then there is the legitimate controversy—and the views of the extreme Elon Musk, who, for once, isn’t entirely wrong about diversity quotas for the Oscars. An Asian rower, shown in close-up, would satisfy Hollywood’s « woke » quotas and tap into the potential of the Asian market—much like in the Disney-owned Star Wars franchise; one senses that Dunkirk (2017) served as a successful dry run for the maritime scenes. Perhaps, just as he did for his daughter, Elon might pay tribute to Elliot Page by casting him as Sinon—recalling the brilliant Ellen Page (Ariadne in Inception, 2010), who struggled with eating disorders and anxiety, among other « joys. » Anne Hathaway—strikingly statuesque with her large eyes—shows signs of aging yet retains those unreal, full lips that look fresh out of The Devil Wears Prada 2 (David Frankel, 2026); cosmetic surgery will eventually ravage her face into a grotesque mask, much like it did to Faye Dunaway or Nicole Kidman, among others. Gone are the twelve young maidservants raped and murdered by Telemachus—the #MeToo movement has intervened; Nausicaa has been dropped; the Sirens are off-screen; the Phaeacians—key to the nostos—have vanished; and the gods—save for Athena, played by Zendaya (whose divine nature is never made clear)—have been erased.
Right from the start, the Trojan Horse is half-buried in sand, much like the Statue of Liberty at the end of Schaffner’s Planet of the Apes (1968—the same year as Stanley’s 2001). Another scene—shot in a novel way from the inside and not shying away from natural bodily functions—alludes to this amidst the many flashbacks. Given the screenplay—drawing on Homer’s 12 109 lines and 24 books—this is Nolan’s most linear and fluid work; it is not experimental in the vein of Joyce (1922) but rather Tennyson (1833), while also taking inspiration from Emily Wilson’s simplified translation of Homer—somewhat like a reined-in Carax working with Sparks (Annette, 2021). There are, however, some heavy-handed and unnecessary flashback reminders (Argos the dog, identifying props, etc.) that treat the audience like fools and should have been cut in the edit. At one point, I also noted a mention in the script of Inception—his best film to date.
The special effects are rather ugly—one misses Ray Harryhausen—and the Polyphemus figure, a cross between del Toro and Peter Jackson, lacks credibility (where is the « My name is Nobody » moment ?); the giant armored knights—Laestrygonians ?—look like uglier versions of characters from The King and the Mockingbird (P. Grimault/J. Prévert, 1980) or Monty Python and the Holy Grail (1975).
Even though Ulysses’ Corinthian helmet is anachronistic, the costumes—a blend of the contemporary and the archaic—are particularly striking; notably Agamemnon’s, which has already become famous for its Darth Vader-like appearance, featuring golden vertebrae running up the back of the helmet. This is a strong point, reminiscent of Medea (P. P. Pasolini, 1969) or *Bram Stoker’s Dracula* (F. F. Coppola, 1992—who is currently preparing an adaptation of Wharton’s The Glimpses of the Moon—perhaps a counterpart to Scorsese’s The Age of Innocence, 1993 ?—to stage a comeback).
Göransson’s music is omnipresent; there is perhaps no need for tedious heavy beats—like the Japanese drums found in Kabuki—to underscore the action scenes, as the lyre and aulos help evoke the period. There is an excess of sub-bass—a current trend—which may well be the element that ages the least gracefully. The end credits feature a wonderfully intricate track by James Blake, When I’m Home with a guest appearance by the aforementioned Boston rapper—the two having previously collaborated on Tenet in 2020.
Greece—where there are still a few rare olive trees, especially since the handsome Troy (Wolfgang Petersen, 2003—a project Nolan was supposed to work on; Greece has since mandated subsidies) slipped through their fingers—Italy (notably Sicily), Malta, Scotland, Ireland, and Iceland (specifically the Hades sequence, where Nolan reimagines the zombie movie—creating a gore-filled Circe that feels like a cross between John Landis and Neil Jordan; one senses that Nolan, that magnificent filmmaker of landscapes, is fascinated by Iceland—a Viking movie seems like the obvious next step), and Morocco, including Western Sahara (Dakhla)—which sparked yet another controversy. The landscape is, all in all, desolate and bathed in chiaroscuro, a far cry from that unyielding, crushing Mediterranean blue sky that looks like the lid of a tin box—much like the ravaged Ulysses who, though consumed by pain, does not hesitate to slaughter in the end, unable to resist his own nature.
It echoes the current situation—a dominant civilization in decline, akin to the Bronze Age collapse (Homer, Hesiod)—read : the USA, with its wars in Vietnam, Central and Latin America, Somalia, Iraq, Iran, etc. Yet, there is hope : the testosterone-fueled hero, consumed by remorse, returns to his long-suffering wife; the family unit triumphs; a new civilization emerges (AI ? China—though is it really that new ?); and the ending of Homer’s epic is transformed, with Telemachus succeeding Odysseus, who retires with his wife. In short, while this was likely not Nolan’s intention, the film could easily be co-opted by American conservatives through a Leo Strauss-esque lens. On the other hand, Zeus’s law=xenia=hospitality serves as a symbolic kick in the teeth to ICE.
A 140kg IMAX camera was used to shoot the entire film, employing tricks to eliminate its deafening noise—reminiscent of the CinemaScope era’s efforts to compete with the omnipresent television—and using mirrors so that actors, otherwise hindered by the bulky equipment, could still deliver their lines. There is no longer any need to travel to London (BFI) or Brussels (Kinépolis, with its 513 m² screen); the Pathé Odysseum in Montpellier (featuring a 22.39 x 16.76 m, or 375 m², screen) has just inaugurated its 15-perf 70mm IMAX auditorium, capable of resolutions up to 18K. We are clearly in a time of crisis, yet cinema—a flexible art form that has always adapted to new technologies—is going big to lure audiences back to theaters. We see a return to roots (Westerns, nationalist Asian and Indian films, etc.), epics and sweeping sagas (films about De Gaulle, Jean Moulin, etc.), classics (The Three Musketeers, The Count of Monte Cristo, Lost Illusions, Les Misérables, Fantômas, etc.), and a proliferation of musicals, horror movies, and films exceeding two hours to ensure viewers feel they are getting their money’s worth. With a $250 million budget, Nolan—a spearhead of the new new Hollywood—delivers a blockbuster that feels like a classic film worthy of the Old Hollywood era, albeit with a modern polish : « much like in the Batman films, it’s about tapping into that operatic vein—that ‘larger-than-life’ quality—while grounding the created universe in a tangible reality. » Sergio Leone—dismissed by critics at the time with the Spaghetti label, a term he rightly detested—achieved this by filming to music that Ennio Morricone had composed beforehand. At the very least, young people—specifically those over 12, as the film is restricted to that age group in France—will be introduced to this age-old tale.
The hubris of the pompous Nolan—who affects a false modesty—goes so far as to deny the existence of contemporary versions : beyond the silent films (Georges Méliès, 1905; André Calmettes and Charles Le Bargy, 1908; Francesco Bertolini and Adolfo Padovan, 1911), there is the 1953 « 3D » version starring Kirk Douglas and Silvana Mangano—two for the price of one, playing both Penelope and Circe—produced by Carlo Ponti and Dino De Laurentiis, with Mario Camerini replacing the Austrian Georg Wilhelm Pabst, Mario Bava handling special effects, and Ben Hecht and Irwin Shaw among the many screenwriters crafting a nested narrative riddled with flashbacks; the director of photography Franco Piavoli, author of four “symphonic” films including Nostos : il ritorno (1989), based on canto XXIII of the Odyssey, the identification of Ulysses with his wife Penelope, the Argonautics (Ἀργοναυτικά, 3rd century BC) by Apollonius of Rhodes and Virgil’s Aeneid (Aeneis); Ulysses’ Gaze (1995) by Theo Angelopoulos—with a screenplay by Tonino Guerra—set against the backdrop of the war in the former Yugoslavia, starring Harvey Keitel and Erland Josephson, who stepped in at the last minute to replace Gian Maria Volonté following his sudden death; the already bleak, minimalist, and not particularly successful The Return (2024) by Uberto Pasolini, shot on location with Ralph Fiennes and Juliette Binoche; the dispensable Maciste vs. the Cyclops (1961) by Antonio Leonviola and Ulysses vs. Hercules (1962) by Mario Caiano, as well as the pornographic As Aventuras sexuais de Ulysses (1998) by Joe D’Amato, which incorporates inserts from the Camerini film; works drawing inspiration from the myth, such as Godard’s Contempt (1963)—for whom Ulysses « is not a modern neurotic; he was a simple, cunning, and bold man« —Duccio Tessari’s Western The Return of Ringo (1965), and the Coen brothers’ O Brother, Where Art Thou ? (2000). On the television front, there is the series co-produced in 1968 by Dino De Laurentiis and RAI (filmed at Cinecittà in Rome and in Zagreb) involving Bava, Franco Rossi, and Piero Schivazappa; and another, The Odyssey (1997), by Andrei Konchalovsky. Let us not overlook the animated series Ulysses 31 (1981–1982)—a collaboration between the wonderful Chalopin and Japanese creators—which introduced so many young people to the story. In literature, following Dante’s Inferno, we might cite Cavafy (Ithaka, 1911), Giraudoux (Elpénor, 1919), Giono (Naissance de l’Odyssée, The Birth of the Odyssey, 1938—arguably, alongside Rachel Bespaloff, one of the finest Homer scholars in the Francophone world), Kazantzakis (*The Odyssey*, 1938), and Walcott (*Odyssey*, 1993; 1992 Nobel Prize winner).
Con una inspiración shakesperiana, un bardo toca los acordes iniciales y el rapero Travis Scott despliega su flow : la historia comienza, todo resumido con la sencillez de una receta. Lo vemos de nuevo al final —durante el regreso de Ulises (antes conocido como Odiseo) a Ítaca, que incluye un concurso de tiro con arco al estilo de Robin Hood y la eliminación de los pretendientes (nótese el papel destacado de Antínoo/Pattinson; claramente hubo duras negociaciones de contrato, su agente hizo un buen trabajo)—, culminando en las (nuevas) nupcias con Penélope. Matt Damon aparece como un Père Fouras (Fort Boyard) perdido en Marte : más Han Solo que Luke Skywalker; demasiado cerebral, perpetuamente consumido por el remordimiento (cristiano) y algo corto de luces. Sigue careciendo de sustancia; aunque ha logrado marcar abdominales pese a tener barriga, resultaba más convincente como Jason Bourne o en las películas de Gus Van Sant.
Lo interesante —dado que los personajes carecen de sustancia, hasta el punto de que uno no puede identificarse con ninguno de ellos— es el uso de la efímera amante Calipso como una eco-hippie de estilo boho-chic; de la modelo Charlize Theron como un eco de Ursula Andress (Dr. No, Terence Young, 1962); o de Eumeo (John Leguizamo) —el porquerizo ciego de Odiseo y protector de Telémaco— como confidente. Es un toque narrativo ingenioso que evoca los orígenes orales de la historia. Resulta difícil asimilar que Troya fuera destruida por culpa de Helena : no es tan hermosa, y el lado derecho de su rostro recuerda al del Joker. Al fin y al cabo, tuvimos a un Will Smith mal elegido para el papel de James West (Wild Wild West, Barry Sonnenfeld, 1999), así que ¿por qué no a la mexicano-keniana-estadounidense Lupita Nyong’o como Helena —cuyo epíteto homérico es «la de blancos brazos»—, aunque los griegos no lo vieran así (y por qué no figura en el reparto el excelente actor greco-estadounidense Elias Koteas)? Luego está la controversia legítima —y las opiniones del extremado Elon Musk, quien, por una vez, no se equivoca del todo respecto a las cuotas de diversidad para los Óscar. Un remero asiático, mostrado en primer plano, satisfaría las cuotas «woke» de Hollywood y aprovecharía el potencial del mercado asiático, tal como ocurre en la franquicia de Star Wars, propiedad de Disney; se percibe que Dunkirk (2017) sirvió como un exitoso ensayo general para las escenas marítimas. Quizás, tal como hizo por su hija, Elon podría rendir homenaje a Elliot Page eligiéndolo para el papel de Sinón, recordando a la brillante Ellen Page (Ariadna en Inception, 2010), quien luchó contra trastornos alimentarios y ansiedad, entre otras «alegrías». Anne Hathaway —sorprendentemente escultural y de grandes ojos— muestra signos de envejecimiento, pero conserva esos labios carnosos e irreales que parecen recién salidos de The Devil Wears Prada 2 (David Frankel, 2026); La cirugía estética acabará por convertir su rostro en una máscara grotesca, tal como ocurrió con Faye Dunaway o Nicole Kidman, entre otras. Han desaparecido las doce jóvenes sirvientas violadas y asesinadas por Telémaco —el movimiento #MeToo ha intervenido—; se ha prescindido de Nausícaa; las sirenas han quedado fuera de escena; los feacios —clave para el nostos— se han esfumado; y los dioses —a excepción de Atenea, interpretada por Zendaya (cuya naturaleza divina nunca llega a aclararse)— han sido borrados.
Desde el principio, el caballo de Troya aparece semienterrado en la arena, recordando a la Estatua de la Libertad al final de El planeta de los simios (1968, el mismo año de 2001 de Stanley), de Schaffner. Otra escena —filmada de manera original desde el interior y sin rehuir las funciones corporales naturales— hace alusión a esto en medio de los numerosos flashbacks. Dado el guion —que se nutre de los 12.109 versos y 24 libros de Homero—, esta es la obra más lineal y fluida de Nolan; no es experimental al estilo de Joyce (1922), sino más bien al de Tennyson (1833), inspirándose además en la traducción simplificada de Homero realizada por Emily Wilson; algo así como un Carax contenido trabajando con Sparks (Annette, 2021). No obstante, hay algunas referencias a flashbacks innecesarias y poco sutiles (el perro Argos, la identificación de objetos clave, etc.) que tratan al espectador como a un tonto y que deberían haberse eliminado en el montaje. En un momento dado, también observé en el guion una mención a Origen (Inception), su mejor película hasta la fecha.
Los efectos especiales son bastante feos —se echa de menos a Ray Harryhausen— y la figura de Polifemo, una mezcla entre el estilo de del Toro y el de Peter Jackson, carece de credibilidad (¿dónde está el momento de «Me llamo Nadie»?); los caballeros gigantes acorazados —¿lestrigones?— parecen versiones más feas de personajes de El rey y el pájaro (Le roi et l’oiseau, P. Grimault/J. Prévert, 1980) o de Los caballeros de la mesa cuadrada (Holy Grail, M. Python, 1975).
Aunque el casco corintio de Ulises resulta anacrónico, el vestuario —una mezcla de lo contemporáneo y lo arcaico— es especialmente llamativo; destaca en particular el de Agamenón, que ya se ha hecho famoso por su parecido con Darth Vader, con unas vértebras doradas que recorren la parte posterior del casco. Este es un punto fuerte que evoca obras como Medea (P. P. Pasolini, 1969) o Drácula, de Bram Stoker (F. F. Coppola, 1992 —quien actualmente prepara una adaptación de The Glimpses of the Moon, de Wharton —¿quizás como contrapartida a La edad de la inocencia, The age of innocence, de Scorsese, 1993 ?— para marcar su regreso).
La música de Göransson es omnipresente; tal vez no haga falta recurrir a ritmos pesados y tediosos —como los tambores japoneses del teatro kabuki— para subrayar las escenas de acción, ya que la lira y el aulos ayudan a evocar la época. Hay un exceso de subgraves —una tendencia actual—, lo que bien podría ser el elemento que peor envejezca. Los créditos finales incluyen un tema maravillosamente complejo de James Blake, «When I’m Home», con la colaboración del ya mencionado rapero de Boston; ambos habían trabajado juntos anteriormente en Tenet (2020).
Grecia —donde aún quedan algunos olivos singulares, sobre todo desde que se les escapó la magnífica Troya (Wolfgang Petersen, 2003 —un proyecto en el que Nolan debía haber trabajado; desde entonces, Grecia ha establecido subvenciones obligatorias)—, Italia (especialmente Sicilia), Malta, Escocia, Irlanda e Islandia (concretamente la secuencia del Hades, donde Nolan reinventa el cine de zombis —creando una Circe sangrienta que parece una mezcla entre John Landis y Neil Jordan; se percibe que Nolan, ese magnífico cineasta de paisajes, está fascinado por Islandia : una película de vikingos parece el siguiente paso lógico—) y Marruecos, incluido el Sáhara Occidental (Dajla), lo que desató una nueva polémica. El paisaje es, en suma, desolador y bañado en claroscuros, muy alejado de ese cielo azul mediterráneo, implacable y opresivo, que parece la tapa de una caja de hojalata; muy parecido al maltrecho Ulises quien, aunque consumido por el dolor, no duda en masacrar al final, incapaz de resistirse a su propia naturaleza.
Esto guarda paralelismos con la situación actual —una civilización dominante en decadencia, similar al colapso de la Edad del Bronce (Homero, Hesíodo)—; lease : Estados Unidos, con sus guerras en Vietnam, América Central y Latina, Somalia, Irak, Irán, etc. Sin embargo, hay esperanza : el héroe rebosante de testosterona, consumido por el remordimiento, regresa junto a su sufrida esposa; la unidad familiar triunfa; surge una nueva civilización (¿la IA?, ¿China —aunque, ¿es realmente tan nueva?—); y el desenlace de la epopeya homérica se transforma, con Telémaco sucediendo a Odiseo, quien se retira junto a su esposa. En resumen, aunque probablemente no fuera la intención de Nolan, la película podría ser fácilmente apropiada por los conservadores estadounidenses bajo una óptica al estilo de Leo Strauss. Por otro lado, la ley de Zeus=xenia=la hospitalidad supone una bofetada simbólica al ICE.
Para rodar toda la película se utilizó una cámara IMAX de 140 kg, empleando trucos para eliminar su ruido ensordecedor —que recordaba a los esfuerzos de la era del CinemaScope por competir con la omnipresente televisión— y utilizando espejos para que los actores, que de otro modo se habrían visto obstaculizados por el voluminoso equipo, pudieran recitar sus diálogos. Ya no es necesario viajar a Londres (BFI) o Bruselas (Kinépolis, con su pantalla de 513 m²); el Pathé Odysseum de Montpellier (que cuenta con una pantalla de 22,39 x 16,76 m, o 375 m²) acaba de inaugurar su sala IMAX de 70 mm y 15 perforaciones, capaz de ofrecer resoluciones de hasta 18K. Es evidente que atravesamos una época de crisis, pero el cine —una forma de arte flexible que siempre se ha adaptado a las nuevas tecnologías— apuesta por lo grandioso para atraer de nuevo al público a las salas. Observamos un retorno a las raíces (wésterns, cine nacionalista asiático e indio, etc.), a las epopeyas y grandes sagas (películas sobre De Gaulle, Jean Moulin, etc.), a los clásicos (Los tres mosqueteros, El conde de Montecristo, Las ilusiones perdidas, Los miserables, Fantômas, etc.) y una proliferación de musicales, películas de terror y filmes de más de dos horas para garantizar que los espectadores sientan que la entrada merece la pena. Con un presupuesto de 250 millones de dólares, Nolan —punta de lanza del nuevo nuevo Hollywood— ofrece un éxito de taquilla que se percibe como un clásico digno de la era del «Viejo Hollywood», aunque con un acabado modern : «al igual que en las películas de Batman, se trata de conectar con esa vena operística —esa cualidad de dimensiones épicas—, al tiempo que se ancla el universo creado en una realidad tangible». Sergio Leone —menospreciado en su día por la crítica con la etiqueta de «spaghetti», un término que detestaba con razón— lograba esto rodando al ritmo de la música que Ennio Morricone había compuesto previamente. Como mínimo, los jóvenes —concretamente los mayores de 12 años, ya que en Francia la película está restringida a ese grupo de edad— descubrirán esta historia clásica.
La soberbia del pomposo Nolan —quien finge una falsa modestia— llega al extremo de negar la existencia de versiones contemporáneas : más allá de las películas mudas (Georges Méliès, 1905; André Calmettes y Charles Le Bargy, 1908; Francesco Bertolini y Adolfo Padovan, 1911), existe la versión en «3D» de 1953 protagonizada por Kirk Douglas y Silvana Mangano —dos papeles por el precio de uno, interpretando tanto a Penélope como a Circe—, producida por Carlo Ponti y Dino De Laurentiis, con Mario Camerini sustituyendo al austriaco Georg Wilhelm Pabst, Mario Bava a cargo de los efectos especiales, y Ben Hecht e Irwin Shaw entre los numerosos guionistas que elaboraron una narrativa anidada plagada de flashbacks; el director de fotografía Franco Piavoli, autor de cuatro películas «sinfónicas», entre ellas Nostos: il ritorno (1989) — basada en el canto XXIII de la Odisea, en la identificación de Ulises con su esposa Penélope, en Las Argonáuticas (Ἀργοναυτικά, siglo III a. C.) de Apolonio de Rodas y en la Eneida (Aeneis) de Virgilio; La mirada de Ulises (1995), de Theo Angelopoulos con guion de Tonino Guerra, ambientada en el contexto de la guerra en la antigua Yugoslavia y protagonizada por Harvey Keitel y Erland Josephson, quien se incorporó a última hora para sustituir a Gian Maria Volonté tras su repentino fallecimiento; la ya de por sí sombría, minimalista y no especialmente exitosa The Return (2024) de Uberto Pasolini, rodada en escenarios naturales con Ralph Fiennes y Juliette Binoche; las prescindibles Maciste vs. the Cyclops (1961) de Antonio Leonviola y Ulysses vs. Hercules (1962) de Mario Caiano, así como la cinta pornográfica As Aventuras sexuais de Ulysses (1998) de Joe D’Amato, que incorpora fragmentos de la película de Camerini; obras que se inspiran en el mito, como El desprecio (1963) de Godard —para quien Ulises «no es un neurótico moderno; era un hombre sencillo, astuto y audaz»—, el wéstern de Duccio Tessari El retorno de Ringo (1965) y O Brother, Where Art Thou ? (2000) de los hermanos Coen. En el ámbito televisivo, cabe mencionar la serie coproducida en 1968 por Dino De Laurentiis y la RAI (filmada en Cinecittà, Roma, y en Zagreb), en la que participaron Bava, Franco Rossi y Piero Schivazappa; y otra más, La Odisea (1997), de Andréi Konchalovski. No pasemos por alto la serie de animación Ulises 31 (1981-1982) —fruto de la colaboración entre el magnífico Chalopin y creadores japoneses—, que acercó esta historia a tantos jóvenes. En el ámbito literario, tras el Infierno de Dante, cabe citar a Cavafis (Ítaca, 1911), Giraudoux (Elpénor, 1919), Giono (Naissance de l’Odyssée, 1938 —quien, junto con Rachel Bespaloff, fue posiblemente uno de los mejores estudiosos de Homero en el mundo francófono—), Kazantzakis (La Odisea, 1938) y Walcott (Odyssey, 1993; premio Nobel en 1992).
伴随着莎士比亚式的格调,一位吟游诗人开场便敲响了十二下钟声,随后说唱歌手特拉维斯·斯科特(Travis Scott)开始了他的说唱流(flow):故事由此展开,一切都被简化得如同食谱般直白。我们再次见到他是在故事的尾声——尤利西斯(此前被称为奥德修斯)重返伊萨卡之时——情节涵盖了射箭比赛(令人联想到罗宾汉)以及对那些争相迎娶(或重娶)佩内洛普的求婚者的肃清(值得注意的是安提诺乌斯/帕丁森所扮演的重要角色——这让人感觉背后经历了一场艰难的合约谈判,他的经纪人干得真漂亮)。接着是马特·达蒙:他就像个困在火星上的《博亚尔堡》(Fort Boyard)式智者——与其说是卢克·天行者,倒不如说更像汉·索洛——给人的印象是过于理性、终日沉浸在(基督教式的)悔恨之中,且显得有些木讷;他依然缺乏足够的厚度,尽管他在挺着大肚腩的同时练出了六块腹肌,但相比之下,他在饰演杰森·伯恩或出演格斯·范·桑特(Gus Van Sant)的电影时,表现要令人信服得多。
尽管尤利西斯佩戴的科林斯式头盔在时代设定上存在错位,但剧中的服装——融合了现代与古风——却格外引人注目;尤其是阿伽门农的造型,因其酷似“达斯·维达”(Darth Vader)的外观而声名大噪,其头盔后部饰有一列金色的脊椎状结构。这一设计堪称亮点,令人联想到帕索里尼的《美狄亚》(1969年)或科波拉的《惊情四百年》(1992年)——值得一提的是,科波拉目前正筹备改编伊迪丝·华顿的小说《月光掠影》(The Glimpses of the Moon),这或许会成为他继马丁·斯科塞斯的《纯真年代》(1993年)之后的一次重磅回归之作?
[in english in 2nd part ; en español en la parte 3] Une longue première partie instrumentale dormitive, d’un Girls band (un seul guitariste) londonien, Los Bitchos au lieu des Lambrini girls : le ska comme musique d’ascenseur. Dans le shaker indigeste : cumbia et psychédélisme sixties pour le premier album ; Talkie Talkie (2024) mélange disco, funk, années 80 ou musique turque.
Une mise en garde à l’entrée sur les effets stroboscopiques, épileptiques s’abstenir. Pas de distribution de coussins, étrange pour ce type de groupe. L’une, devant, quinqua, a mouillé, tellement excitée, wet leg. Un jeune couple espagnol bruyant derrière. Le nom du groupe, de la musique triste pour les gens gais et de la musique gaie pour les gens tristes, vient du surnom des anglais résidant à l’île de Wight – loin le flower power, là où les deux filles se sont connues à l’école, où Rhial, guitariste rythmique et chant parlé monocorde, a appris un peu de français, jouant comme Bowie sur le côté sexy du français utilisé en anglais (« Chaise longue », « Mangetout » qui sont aussi des haricots blancs), qui permettait d’étudier l’écriture de chansons et la production – en dernière année d’études secondaires, Rhial Teasdale, « ver en guimauve » (« marshmallow worm ») à cause d’une doudoune, qui puise dans les comédies musicales ou chez Caroline Polachek et Mitski au festival de Glastonbury, a été exclue de son cours d’option musique pour le GCSE car elle était trop en retard sur le reste de la classe (pas un rial investi sur Rhial), puis de se lancer dans le néo-folk pour la fille d’employés de la marine marchande, et la chorale post-rock pour Hester Chambers, l’une est partie à Londres pour être assistante costumière, pour des pubs et clips dont Bad habits d’Ed Sheeran notamment, l’autre, comme sa famille, vend des bijoux, bagues et bracelets -, ou en argot (slang), quelqu’un qui s’auto-apitoie – Rhial a eu ado des problèmes de santé mentale, tout en s’inspirant d’émojis sur leur smartphone, électrisées par les Idles au End of The Road, dans le Dorset (Royaume-Uni) marquant la fin de l’été.
Vers 21h45, scène dépouillée, beaucoup d’espace sur le proscenium. Le club des 5 débarque : un excité tout habillé de blanc qui sautille, « Josh » Morabaki, d’origine indienne, guitariste, claviériste, un peu producteur, le mec de l’anxieuse sociale, toujours en retrait, Hester, avec sa batterie de pédales d’effets, en tablier blanc avec dessous noirs; Rhial, leadeuse, une brune teinte en blonde, en tutu blanc, n’hésitant pas à mimer la levrette, avec corset souple bleu où l’on ne voit pas ses poils sous les aisselles et chaussures d’alpiniste, un quatrième en bermuda à la basse, Ellis Durand ; le batteur, Henry Holmes (notons que le premier album a été salué par Dave Grohl, Iggy Pop aussi), les deux derniers formant une unité avec une alchimie forte. On ne verra pas grand-chose : beaucoup de fumigènes, d’effets strobo ludiques. Rhial devrait chauffer sa voix avant de monter sur scène – mais est-ce punk ? -, elle est parfois un peu juste dans les aigus. Le son du producteur Dan Carey (Speedy Wunderground : Fontaines D.C., Black Midi, Squid, Goat Girl, la sensation pipeau du moment Kae Tempest, Warmduscher, Foals, etc. ; il a assuré les parties de synthétiseur du dernier album), sur le label Domino de Laurence Bell (« frais, malin, joyeux et coloré » comme les premiers albums de Franz Ferdinand et des Arctic Monkeys ; Animal Collective, Cat Power, Fat White Family, Superorganism, etc.), est plus complexe sur le deuxième album tout en conservant un côté brut.
C’est le Moistourizer de Moisturizer (« crème hydratante »), un album de chansons courtes, pop mais moins sautillantes et accrocheuses, composé sur la côte est de la mer du Nord, à Southwold, dans le comté du Suffolk. Elle commence par Catch These Fists (Moisturizer) où elle montre, de façon ridicule et à la mode inversée des années 80, entre bodybuildeuse et Wonder Woman, ses biceps qu’elle travaille en muscul, soi-disant pour sa santé mentale, avec un coach depuis cette tournée : pathétique. On débute, c’est à la mode aussi, avec une mise en boîte des garçons, ce qui précisément me dégoûte de sortir avec une femme (j’ai été avec une cougar qui m’a pris pour un objet en vantant, comme un soi-disant éloge, la taille de mon sexe – « il n’y a pas que des éléphants qui ont une grande trompe » – devant sa belle-sœur qui venait de perdre son mari, c’est-à-dire son frère, lamentable, j’ai mis fin à la relation), avec un humour vachard, les saturations grunge voire post-punk d’Oh No (Wet leg), Wet dream (Wet leg), dans lequel les deux Anglaises s’introduisent dans le rêve érotique, Rhial hausse les bras comme une pseudo fée, d’un garçon tout en moquant les obsessions sexuelles d’un ex (« Qu’est-ce qui te fait penser que tu es assez bien pour penser à moi pendant que tu te touches ? »). A noter la référence au dingue Vincent Gallo, qui est sorti avec P. J. : «Baby do you want to come home with me, I’ve got Buffalo 66 on DVD». On lève les bras, voix en cœur sur Supermarket. Puis Mangetout sur un gros lourd qu’il faut éconduire en soirée (« get lost forever ! »), Rhial bouge du pelvis de façon suggestive puis braque ses biceps sur une chanson peu inspirée et embêtante. Puis Being in love (Wet leg), elle le clame suffisamment avec cette personne non-binaire rencontré.e à un festival au Portugal, etc. Bien sûr, vers la fin, une ligne de basse à trois notes, la cadence linéaire et serrée, la guitare qui crache au refrain, c’est le tube Chaise longue (Wet Leg, 2022 : deux Grammy Awards, meilleur album de musique alternative et meilleure prestation de musique indépendante, et deux Brit Awards, meilleur nouvel artiste et meilleur groupe britannique), une méridienne où Rhial a dormi en bingewatchant X-Files ou Buffy contre les vampires, mais aussi les films d’horreur de Ti West (Rhial rêve de jouer dans un film d’horreur) et le cinéma sentimentaliste de Cameron Crowe, en préparant des cookies – « Ton muffin est-il beurré ? Veux-tu qu’on désigne quelqu’un pour beurrer ton muffin ? », tiré d’une réplique de la comédie sentimentale Lolita malgré moi (Mean Girls, Mark Waters, 2004), l’un de leurs films préférés. Un hymne à la paresse et au renoncement («on the chaise longue, all day long»), typique de la Gen Z.
On pense beaucoup au rock péchu avec riffs de guitare fuzz des nineties, entre Elastica et Juicy, aux synthés pop des années 2000, à Runaways, Bikini Kill, Haim ou Breeders bien que Wet leg s’inspire de Nirvana, Pixies, Pavement, The Horrors (des Anglais qui mélangent rock gothique, punk et new wave), PJ Harvey, Sigur Ros, Alt-J, les Ronettes, Jane Birkin, Björk, Ty Segall et The Bees, rare groupe de l’île de Wight qui a percé. Tout ceci est bien sympathique, comme Franz Ferdinand, c’est bien en première partie d’un autre concert ou avec d’autres groupes lors d’un festival mais seul, c’est un peu léger, surtout avec deux albums comme background. Je reste sur ma faim. 45 €, c’est un peu cher pour ce que c’est, à peine 1h10 de concert, un peu décevant même si Rhian donne de sa personne sur scène. Bref, i wait Wet leg, il y a un bon potentiel.
A long, sleep-inducing instrumental opening set from a London all-female band—Los Bitchos, rather than the Lambrini Girls — delivering ska as elevator music. Their indigestible cocktail mixes cumbia and 60s psychedelia (from their debut album) with the disco, funk, 80s vibes, and Turkish music found on Talkie Talkie (2024).
A warning at the entrance about strobe effects—those prone to seizures should steer clear. No cushions were handed out—odd for a band like this. One woman in the front row—in her fifties—got so excited she was practically dripping (a literal « Wet Leg »). A noisy young Spanish couple stood behind. The band’s name— »sad music for happy people and happy music for sad people« —comes from a nickname for English people living on the Isle of Wight (far removed from the « flower power » era), where the two girls met at school. It was there that Rhian—rhythm guitarist and purveyor of deadpan spoken-word vocals—picked up a bit of French like Bowie, she played on the sex appeal of French phrases used in English (such as « Chaise Longue » or « Mangetout »—which also refers to a type of bean). During her final year of secondary school, Rhian Teasdale—nicknamed « marshmallow worm » because of a puffy jacket she wore—was kicked out of her GCSE music class for falling too far behind the rest of the group. She drew inspiration from musicals and artists like Caroline Polachek and Mitski (seen at the Glastonbury Festival). She then ventured into neo-folk music—her parents worked in the merchant navy—while Hester Chambers, who came from a family of jewelers (selling rings and bracelets), sang in a post-rock choir. One moved to London to work as a costume assistant on commercials and music videos—including Ed Sheeran’s Bad Habits—while the other stayed in the jewelry trade. The name « Wet Leg » can also be slang for someone who wallows in self-pity—Rhian struggled with mental health issues as a teenager. They drew inspiration from smartphone emojis and were electrified by the band Idles at the End of the Road festival in Dorset, UK, which marks the end of summer.
Around 21:45 : a stripped-back stage, plenty of room on the apron. The « Famous Five » arrive : a high-energy guy dressed all in white who keeps hopping around— »Josh » Morabaki (of Indian descent), playing guitar and keyboards, and dabbling in production; the boyfriend of the socially anxious, ever-reserved Hester (who sports an array of effects pedals, a white apron, and black undergarments); Rhial, the frontwoman—a brunette turned blonde in a white tutu, unafraid to mime doggy-style sex, wearing a soft blue corset (revealing clean, hair-free underarms) and mountaineering boots; a fourth member, Ellis Durand, on bass in Bermuda shorts; and drummer Henry Holmes (notably, their debut album won praise from both Dave Grohl and Iggy Pop), with the latter two forming a tight, highly synergistic unit. Visibility is limited: lots of smoke and playful strobe effects. Rhial ought to warm up her voice before hitting the stage—though is that very punk ?—as she sometimes struggles a bit with the high notes. The sound crafted by producer Dan Carey (of Speedy Wunderground—home to Fontaines D.C., Black Midi, Squid, Goat Girl, the current buzz-act Kae Tempest, Warmduscher, Foals, etc.; he also handled synth parts on their latest album) for Laurence Bell’s Domino label (described as « fresh, clever, joyful, and colorful« —akin to early Franz Ferdinand or Arctic Monkeys records; the label also hosts Animal Collective, Cat Power, Fat White Family, Superorganism, etc.) is more complex on the second album, while still retaining a raw edge.
Then there’s Moisturizer—an album of short pop songs, though less bouncy and catchy than usual—composed on the North Sea’s east coast in Southwold, Suffolk. It kicks off with Catch These Fists » featuring a ridiculous, retro-80s display where she shows off the biceps she’s been sculpting with a trainer (ostensibly for her mental health) since the tour—it’s pathetic. We start—as is the fashion—by taking the piss out of guys; the very sort of thing that puts me off dating women (I once dated a cougar who treated me like an object, loudly praising the size of my member— »elephants aren’t the only ones with big trunks« —in front of her sister-in-law, who had just lost her husband—the sister-in-law’s brother, that is; it was appalling, and I ended the relationship). There’s snide humor and grunge—or even post-punk—distortion on tracks like Oh No and Wet Dream (Wet leg) in which the two Englishwomen invade a guy’s erotic dream—Rhial raising her arms like a mock fairy—while mocking an ex’s sexual obsessions (« What makes you think you’re good enough to think about me while you’re touching yourself ?« ). Worth noting is the reference to the eccentric Vincent Gallo, who once dated P.J. : « Baby do you want to come home with me, I’ve got Buffalo 66 on DVD.« . Arms go up, voices join in on Supermarket. Then comes Mangetout » about a heavy-handed guy who needs to be brushed off at a party (« get lost forever ! « ); Rhian swivels her hips suggestively and flexes her biceps during a rather uninspired, tedious song. Then Being in Love (Wet Leg)—a sentiment she’s proclaimed loudly enough, given the non-binary person she met at a festival in Portugal, and so on. Of course, towards the end, there’s that three-note bassline, the tight, linear rhythm, and the guitar spitting out the chorus : it’s the hit Chaise Longue (Wet Leg, 2022—winners of two Grammys for Best Alternative Music Album and Best Alternative Music Performance, and two Brit Awards for Best New Artist and Best Group). It evokes the chaise longue where Rhian would sleep while binge-watching The X-Files or Buffy the Vampire Slayer, as well as Ti West’s horror movies (Rhian dreams of acting in a horror film) and Cameron Crowe’s sentimental cinema, all while baking cookies—referencing the line « Is your muffin buttered ? Would you like us to assign someone to butter your muffin ? » from the teen comedy Mean Girls (Mark Waters, 2004), one of their favorite films. It is an anthem to idleness and opting out (« on the chaise longue, all day long« ), typical of Gen Z.
It brings to mind the punchy, fuzz-guitar-driven rock of the 90s—somewhere between Elastica and Juicy—as well as 2000s synth-pop and acts like The Runaways, Bikini Kill, Haim, and The Breeders. Yet, Wet Leg also draws inspiration from Nirvana, Pixies, Pavement, The Horrors (a British band blending goth rock, punk, and new wave), PJ Harvey, Sigur Rós, Alt-J, The Ronettes, Jane Birkin, Björk, Ty Segall, and The Bees—a rare band from the Isle of Wight to make it big. It’s all very enjoyable—much like Franz Ferdinand—and works well as a supporting act or as part of a festival lineup; however, as a standalone show, it feels a bit slight, especially considering they have two albums under their belt. At €45, it’s a bit pricey for what you get—barely an hour and ten minutes of music—making it somewhat disappointing, even though Rhian really gives it her all on stage. I wait Wet leg.
[Música, Nuits de Fourvière, 80º aniversario, Wet Leg**] El legado de Wet Leg
Un largo set de apertura instrumental y soporífero a cargo de una banda londinense compuesta exclusivamente por mujeres —Los Bitchos, en lugar de las Lambrini Girls— que interpretan ska con aire de música de ascensor. Su cóctel indigesto mezcla la cumbia y la psicodelia de los años 60 (de su álbum debut) con la música disco, el funk, los aires ochenteros y la música turca presentes en Talkie Talkie (2024).
Había un aviso en la entrada sobre los efectos estroboscópicos : las personas propensas a sufrir convulsiones debían mantenerse alejadas. No se repartieron cojines, algo inusual para una banda de este tipo. Una mujer de unos cincuenta años, situada en primera fila, se emocionó tanto que prácticamente chorreaba (haciendo honor al nombre del grupo, Wet Leg). Detrás había una joven pareja española bastante ruidosa. El nombre de la banda —«música triste para gente feliz y música feliz para gente triste»— proviene de un apodo que recibían los ingleses que vivían en la Isla de Wight (un lugar muy alejado de la era flower power), donde ambas chicas se conocieron en la escuela. Fue allí donde Rhian —guitarrista rítmica y responsable de esas voces recitadas con tono inexpresivo— aprendió algo de francés. Al igual que Bowie, jugó con el atractivo de las frases en francés utilizadas en inglés (como «Chaise Longue» o «Mangetout», término que también designa una variedad de judía verde). Durante su último año de secundaria, Rhian Teasdale —apodada «gusano de malvavisco» por una chaqueta acolchada que solía llevar— fue expulsada de la clase de música de los GCSE por haberse quedado demasiado rezagada respecto al resto del grupo. Se inspiró en musicales y en artistas como Caroline Polachek y Mitski (a quien vio actuar en el festival de Glastonbury). Más tarde incursionó en el neo-folk —sus padres trabajaban en la marina mercante—, mientras que Hester Chambers, proveniente de una familia de joyeros (dedicada a la venta de anillos y pulseras), cantaba en un coro de post-rock. Una de ellas se mudó a Londres para trabajar como asistente de vestuario en anuncios y vídeos musicales —incluido Bad Habits de Ed Sheeran—, mientras que la otra permaneció en el sector de la joyería. El nombre «Wet Leg» también puede utilizarse en sentido coloquial para referirse a alguien que se regodea en la autocompasión; Rhian lidió con problemas de salud mental durante su adolescencia. Se inspiraron en los emojis de los teléfonos inteligentes y quedaron fascinadas por la actuación de la banda Idles en el festival End of the Road, en Dorset (Reino Unido), evento que marca el final del verano.
Alrededor de las 21:45 : un escenario despejado, con mucho espacio en la parte delantera. Aparecen los «Cinco Famosos»: un tipo rebosante de energía, vestido totalmente de blanco y sin parar de saltar —«Josh» Morabaki (de ascendencia india), que toca la guitarra y los teclados y ejerce un poco de productor—; la pareja de Hester —quien sufre ansiedad social y permanece en segundo plano con su arsenal de pedales de efectos, vistiendo un delantal blanco sobre ropa interior negra—; Rhial, la líder —una morena reconvertida en rubia con tutú blanco, que no duda en simular la postura del perrito, luciendo un corsé azul suave (que deja ver unas axilas limpias y sin vello) y botas de montaña—; un cuarto miembro al bajo, Ellis Durand, en pantalones cortos tipo bermuda; y el batería, Henry Holmes (cabe destacar que su álbum de debut recibió elogios tanto de Dave Grohl como de Iggy Pop), formando estos dos últimos una unidad compacta y de gran sinergia. La visibilidad es limitada: mucho humo y juegos de luces estroboscópicas. Rhial realmente debería calentar la voz antes de salir al escenario —aunque, ¿acaso eso es «punk»?—, ya que a veces le cuesta un poco llegar a las notas más agudas. El sonido corre a cargo del productor Dan Carey (Speedy Wunderground: Fontaines D.C., Black Midi, Squid, Goat Girl, la artista del momento Kae Tempest, Warmduscher, Foals, etc.; también se encargó de las partes de sintetizador en el último álbum), en el sello Domino de Laurence Bell («fresco, ingenioso, alegre y colorido», como los primeros álbumes de Franz Ferdinand y Arctic Monkeys; Animal Collective, Cat Power, Fat White Family, Superorganism, etc.), resulta más complejo en el segundo álbum, aunque conserva un toque crudo.
Luego está Moisturizer —un álbum de canciones pop breves, menos animadas y pegadizas de lo habitual— compuesto en la costa oriental del mar del Norte, en Southwold, Suffolk. Comienza con Catch These Fists, donde ella presume de bíceps —tonificados mediante entrenamiento con pesas (supuestamente por salud mental, con un entrenador que tiene desde la gira)— con un estilo ridículo y retro ochentero, a medio camino entre una culturista y Wonder Woman : es patético. Empezamos —como manda la moda— burlándonos de los hombres; esto es precisamente lo que me quita las ganas de salir con mujeres (una vez salí con una mujer mayor que me trataba como a un objeto, elogiando a gritos el tamaño de mi miembro —«los elefantes no son los únicos con trompas grandes»— a modo de «cumplido» delante de su cuñada, que acababa de perder a su marido —el hermano de la cuñada—; fue algo espantoso y terminé la relación). Todo ello se presenta con un humor mordaz y la distorsión grunge —o incluso post-punk— presente en temas como Oh No y Wet Dream, en los que las dos inglesas irrumpen en el sueño erótico de un tipo —Rhial alzando los brazos como una parodia de hada— mientras se burlan de las obsesiones sexuales de un ex («¿Qué te hace creer que eres lo bastante bueno como para pensar en mí mientras te tocas?»). Cabe destacar la referencia al excéntrico Vincent Gallo —quien en su día salió con P.J.— en el verso : « Cariño, ¿quieres venirte a casa conmigo? Tengo Buffalo ’66 en DVD« . Los brazos se alzan y las voces se unen al unísono en Supermarket. Luego llega Mangetout, sobre un tipo desagradable al que hay que quitarse de encima en una fiesta (« ¡piérdete para siempre!« ); Rhial mueve las caderas de forma sugerente y flexiona los bíceps durante una canción bastante tediosa y poco inspirada. Después suena Being in Love (Wet Leg) —un sentimiento que ella proclama a voz en grito respecto a una persona no binaria que conoció en un festival en Portugal—, y así sucesivamente. Naturalmente, hacia el final, llega esa línea de bajo de tres notas, el ritmo lineal y preciso, y la guitarra escupiendo ruido en el estribillo: es el éxito Chaise Longue (Wet Leg, 2022; ganadoras de dos premios Grammy al Mejor Álbum de Música Alternativa y a la Mejor Interpretación de Música Alternativa, y de dos premios Brit al Mejor Artista Revelación y al Mejor Grupo Británico). Es una canción sobre la « chaise longue » donde Rhial hacía maratones de Expediente X o Buffy, la cazavampiros, además de ver las películas de terror de Ti West (Rhial sueña con actuar en una cinta de terror) y el cine sentimental de Cameron Crowe, todo ello mientras horneaba galletas; una referencia a la frase « ¿Está untada de mantequilla tu magdalena? ¿Quieres que asignemos a alguien para que unte de mantequilla tu magdalena? » de la comedia adolescente Chicas malas (Mark Waters, 2004), una de sus películas favoritas. Es un himno a la pereza y a desconectarse de todo (« on the chaise longue, all day long » o « en la *chaise longue*, todo el día« ), la quintaesencia de la Generación Z.
Evoca el rock contundente y cargado de guitarras con efecto fuzz de los años 90 —a medio camino entre Elastica y Juicy—, así como el synth-pop de los 2000 y grupos como The Runaways, Bikini Kill, Haim y The Breeders. No obstante, Wet Leg también se inspira en Nirvana, Pixies, Pavement, The Horrors (una banda británica que fusiona goth rock, punk y new wave), PJ Harvey, Sigur Rós, Alt-J, The Ronettes, Jane Birkin, Björk, Ty Segall y The Bees —un grupo poco común de la Isla de Wight que logró alcanzar el éxito masivo—. Su propuesta resulta muy disfrutable —al estilo de Franz Ferdinand— y funciona bien como teloneros o en el cartel de un festival; sin embargo, como concierto independiente, deja una sensación de insuficiencia, sobre todo teniendo en cuenta que ya cuentan con dos álbumes en su haber. El precio de 45 € resulta algo elevado para lo que ofrecen —apenas una hora y diez minutos de música—, lo que genera cierta decepción, a pesar de que Rhian se entrega por completo sobre el escenario.
[in english in 2nd part, espanol en la parte 3] Canicule, pierres chaudes – pas le massage. Programmation décevante des Nuits de Fourvière pour les 80 ans, comme le festival d’Avignon. Jack White, Massive attack, Patrick Watson ? Déjà vus. White était décevant : sons de guitare trop trafiqués. Massive, bien mais il n’y avait qu’Horace Andy, avec son vibrato étonnant, de notable pour les 20 ans de Mezzanine. L’excellent compositeur et chanteur Watson était avec son violon avec l’orchestre de l’ONL derrière : magique. Seul le concert de Pulp m’excite en 2026; j’aurais espéré que Michka Assayas pour France inter soit là mais restriction budgétaire sans doute. A côté d’une belle ex-gardoise aux yeux bleus, qui reconnaît des collègues de travail dans les invités du milieu, qui viendra voir ici, comme moi, Wet Leg et qui assistera aux péchus irlandais Gurriers à l’Epicerie moderne, je discute avec le gars qui l’accompagne, frère de Pierre-Olivier Toublanc, directeur, venu de l’IEP de Lyon, du jazz, du feu label français Discograph puis, chez Wagram (rue de Turenne, quand même, à Paris : pignon sur rue), de 3e bureau (Ayo, General elektriks, Casseurs Floters puis OrelSan, qui est parti ailleurs entre temps dans un autre label, Pony Pony run run, M qui lui téléphone à 3 heures du mat’ parce qu’il a une idée, etc.) et Cinq7 (Sam Sauvage, Belin, Pierre de Maere, Granel, Katerine, Dominique A, le Murat de la fin, The Do, Solann, Saez, Rover, Malik Djoudi, etc.). S’il a bien aimé le bluesy White, il a été déçu par le trop visuel Massive attack – l’image prime le son, règle intangible – où il y avait tout de même l’écossaise Liz Fraser de Cocteau Twins (1979-1997) qui pointait pour le magnifique Teardrop. Deux vieux gros qui parleront sans cesse derrière tout comme un insupportable ado obèse avec sa mère aux petits soins, les deux étant mal éduqués. Une première partie avec de l’acide house en fond, une TB, caractéristique, reconnaissable au son acide, un visuel en noir et blanc puis en couleurs, des danseuses des années 50-60 en cercle comme dans les comédies musicales des USA riches et heureux; pas vraiment de première partie donc. Oasis, je n’ai jamais accroché, Blur aux Nuits de Fourvière est passé en 2009 et 2012, The good, the bad and the queen en 2019, monté par le prolifique Dalmon Albarn, en présence du regretté génial batteur Tony Allen de cheval. (Arabic) Pulp, qui aura un moment, pour His ‘n hers (1994), le premier album qui perce après plus de 10 ans de galère, le même réalisateur artistique, avec un son plus ample, que l’excellent Suede, a toujours rejeté, avec justice, l’étiquette journalistique de Brit pop. Pulp et Suede sont plus riches et raffinés que cette simple catégorie, nationaliste en outre. « Tout ce truc british, la soi-disant brit pop, servait une idée nationaliste horrible qui m’a toujours dégouté. Je me fiche de soutenir l’industrie musicale britannique – pour être plus précis, j’ai toujours fait de la musique pour ne pas penser à tout ça. Etre fier d’être britannique m’a toujours paru être une absurdité. Nous sommes nés ici par hasard. » balance Cocker.
21h30, Jarvis tient à la ponctualité, il dira dans un français approximatif à couper au couteau, bien qu’il ait vécu à Paris (9e arrondissement, 2004-2018) avec la styliste Camille Bidault-Waddington de 2003 à 2009 avec qui il a eu un enfant, qu’il tient à terminer à 23h45, ce qui ne sera pas le cas à quelques minutes près. Jarvis à 7 ans a appris à l’industrieuse, sacrifiée par Thatcher, Sheffield (Yorkshire du sud dans l’Angleterre de nord) que les Beatles ne se reformeraient jamais et que son père, DJ et acteur, s’est enfui en Australie pour refaire sa vie et ne pas payer la pension alimentaire mon cher Watson. Binoclard, chétif et avec de mauvaises dents, il voudra devenir une star très jeune ; il videra les crabes. Il étudie le cinéma (il réalise le vidéoclip d’On d’Aphex Twin) et le théâtre à la Central Saint Martin’s school of art où il rencontrera le futur bassiste Steve Mackey, plutôt branché ciné, mort en 2023. Gros matos sur scène, de gros amplis classiques Marshall, des claviers vintage en rappel de Roxy music avec le côté glam, une bardée de guitares, un immense tambour digne d’un orchestre classique dont Jarvis ne tapera, de façon fort démonstrative, que deux fois, une grosse batterie avec un clebs, un lévrier, dans un costume de noble, très Beatles et très British, sur la grosse caisse ; de nombreuses percus. Il y aura un claviériste et violoniste, une guitariste et violoniste, Jarvis préférant, leçon de Scott Walker, les cordes aux cuivres. Nul cochon à la Pink Floyd, au début,,mais, à l’extrême gauche et droite, des personnages géants noir et blanc gonflés à l’air comme dans un centre commercial. La boule à facettes sur roulettes est sortie, ambiance discothèque.
Les musiciens installés, le sexagénaire Jarvis, mal rasé, arrive, un corps malingre d’échalas d’1m88 dégingandé dans des habits vintage – pantalon beige, chemise à carreaux, mais pas de bûcheron, ouf !, veste bleue, qu’il ne tombera pas malgré la chaleur (plusieurs ventilos, notamment un pour le batteur, un pour le bassiste) – un peu ridicules de dandy mais bobo, lunettes épaisses à mourir de rire à la Austin Power ou au cockney Michael Caine dont il emprunta à Pulp (Retraite mortelle, Mike Hodges, 1972 avec le cabotin Mickey Rooney et l’excellent Lionel Stander, – vous savez, le Max, valet au cigare, de la série Pour l’amour du risque, Hart to Hart, 1979-1984, Powers produit ceux de 1993-1996 avec Stefanie Powers, Allô… Brigade spéciale, Experiment in terror, Blake Edwards, 1962, Le grand McLintock, McLintock !, A. V. McLagen, 1963 et Robert Wagner, sorti du procès depuis que Natalie Wood s’est noyée sur le bateau avec lui et Christopher Walken -, sorti de sa blacklist de la chasse aux sorcières) le titre du groupe, mèches (courtes) ébouriffées. Bref, le ridicule ne tuant pas, nous ne sommes pas chez Piaf, Jarvis ose tout sans complexe et on finit par marcher. Jarvis, entre deux morceaux, distribuera des grains de raisin au public, c’est plus classieux que le jet d’eau pour rafraîchir au Hellfest … Si le concert de 2 heures sera plus court que celui, mémorable, du Zénith de Paris, quelques jours avant, la première partie commence par Sorted for E’s & Wizz puis le dansant Disco 2000 sur Different class (1995 avec le même producteur que Roxy music, Chris Thomas chez Island dont Pulp sera viré plus tard du label). Puis, c’est plus calme, sans doute les effets de la méditation, avec le dernier album, peu mémorable, More (2025, produit par James Ford, celui de Fontaines DC, Artic Monkeys, The last dinner party, Blur, Depeche Mode, Pet Shop Boys, Beth Gibbons, Kylie Minogue, etc.), plus de 20 ans après le précédent, loin des Pink Floyd, avec le single rythmé Spike Island puis Slow jam avec une basse émérite au toucher particulier où Cocker nous présente une image glauque, briques rouges, d’une discothèque mythique de Sheffield, le Limit, où on imagine des teuffeurs alcoolisés vomissant, puis l’incroyable F.E.E.L.I.N.G. C.A.L.L.E.D. L.O.V.E. (Different class), fumigènes, nuages, ronds brefs en arrière-plan, avec ses changements de rythmes, où Brian Eno n’est pas loin, le glauque Underwear (Different class) en rose, où un mari cocu prend plaisir à voir sa femme (« puisque tu travailles dans la mode, être à poil pour toi, c’est comme être au chômage »), se faire sauter par son amant, il se jette démonstrativement un grain de raisin jeté bien haut et enchaîne sur Farmers market, qui ressemble à Murder must foul de Bob Dylan sur fond de reproductions cheap d’œuvres graphiques, en balançant quelque chose au public, et le beau Sunset où, pour la énième fois, Jarvis s’allonge, puis le peu connu Razzmatazz (1993) et l’éblouissant, avec siège confortable comme trône et lustre dans lumière rouge avec meneuses de revues souriantes avec rectangle rose pour cacher les seins nus en fond, This is hardcore, « It’s okay to grow up, just as long as you don’t grow up », un disque éponyme (1998, « trop de temps, on avait trop d’argent » ; je me souviens de l’étrange reprise, avec Joe Jackson, du capitaine Kirk W. Shatner, atteint d’overview effect, « Je n’ai vu que la mort », alors que le doyen revenait de sa mission de Blue origin en serrant les bras de Bezos au retour devant les caméras, sur son album Has been, 2004) qui a moins marché que le précédent mais prend ici plus d’ampleur sur scène, plus orchestral, avec notamment un jeu sur les différentes tonalités des toms à la batterie en breakbeat. Il tente de joindre en mime un soleil inatteignable. Inspiré de Bowie, via Scott Walker (qui produisit We love life, 2001), Jarvis, également doué pour les ponts musicaux, très théâtral, cabotine avec ses légendaires déhanchés et jeux de jambes, son dos inversé en U sur note tenue, surplombant sur deux plots centraux en avant-scène, saute, exécute des gestes saccadés étranges des mains de malades mentaux (on se remémore sa performance parodique à hurler de rire anti Michael Jackson jouant le prophète dans Earth song autour d’enfants aux Brit awards 1996) rappelant par moments l’épileptique Ian Curtis de Joy division. Cocker parle beaucoup entre les morceaux.
Après un entracte d’une quinzaine de minutes avec musique de fond genre Grandmaster Flash et un décompte toutes les minutes puis les 15 dernières secondes, ce qui n’empêchera pas que nous n’aurons pas le super Countdown (album Separations, 1991, effective en 2001 : « Je suis le premier responsable de la fin du groupe, je prenais toujours une éternité à terminer les paroles, je changeais d’avis comme de chemise, je n’arrêtais jamais de me prendre la tête et de tout suranalyser. Tout en culpabilisant de ralentir tout le monde, une vraie tannée. »), un applaudimètre pour choisir, ce que nous ne comprenons que rétrospectivement, un morceau de la seconde partie, Background noise (More, 2025), avec, avant, en premier morceau, les 4 qui jouent, comme au début du groupe (archéologie, fondation), Jarvis à la guitare acoustique, qu’il ne prendra que pour 2 autres morceaux, 12 cordes ici, « achetée dans une boutique d’occasion » précise-t-il, Marc Webber à la guitare, unplugged, sauf un clavier (Candida Doyle, haut pailleté fête, avec ses claviers très orientés vers le haut, ce qui m’a surpris), intime, le batteur, Nick Banks, joue du tablao, Something changed. Le noir The fear (This is hardcore) à l’introduction morriconienne (notamment Il était une fois dans l’Ouest, S. Leone, C’era una volta il West, 1968; Ennio était digéré par Portishead) est l’occasion de réactionner les personnages géants noir et blanc gonflés à l’air. Puis un surprenant Begging for change, protest song, commençant sur un semblant d’ « om », sur la compilation Help 2, un disque caritatif au profit de l’association War Child, qui remémore la période, solo ou non, de Jarvis punk. La sève monte avec leur premier tube, Do you remember the first time (His ‘n hers, 1994 entre Morrissey, le Bowie glam et Roxy music : « elle s’est offert un jouet qui touche une zone où son mari ne va jamais » avoue-t-elle à un quidam en buvant un verre avec lui dans un pub; la chute : « ce n’est pas grave s’il te baise tant que tu gardes une place pour moi ! » avec son talk over à la Gainsbourg – Jarvis a effectué avec Kid Loco une reprise de Serge Gainsbourg, Je suis venu te dire que je m’en vais, réécrite en anglais ; Jarvis Cocker a d’ailleurs écrit plusieurs titres du premier album de Charlotte Gainsbourg avec qui il était en duo dans The Duelist de Pocket symphony d’Air) tout en rose en ribambelle de papier à l’arrière, mon voisin sifflera longuement, je rétorque, à son grand étonnement, yeah yeah yeah comme Jarvis qui cabotina façon populiste en demandant au public s’il peut jouer de la guitare et, si oui, qu’on le soutienne, Mis-shapes (Different class) avec sa batterie redoutablement pop, efficace, et sa montée des notes à la Bowie, une figure abstraite cinétique qui bouge en fond avec éclairage arc-en-ciel comme ces lampes rétro en fibre de verre, l’irrésistible Babies avec une parlante sur un clip pop à la Dim Dam Dom et inscription d’Alright en rose, où des garçons se planquent pour voir les seins naissants de leur jeune amie, le public se lève, et, apogée, que dis-je acmé, comme à son habitude, Common people, une chanson sur une bourg’ qui fait la Central Saint Martin’s school of art et qui ne veut se taper que des gens simples, un vrai dancefloor puis en baissant la musique pour présenter les musicos de façon amusante en noir et blanc avec une petite caméra qui démultiplie, comme une Lomo, les visages, faire participer le public, les coussins pleuvent, rite typique des Nuits. Incandescent. Je regrette qu’il ne joue pas I spy (Different class). Plus de 30 ans que Jarvis n’est pas venu à Lyon, c’est la première fois qu’il vient aux Nuits, il s’en souviendra, nous aussi. 68 € quand même, c’est moins que White, Cave et Radiohead mais enfin …
Un vieux avec un chapeau de paille ridicule essaye de me faire tomber, je lui donne en rétorsion des coups avec mon sac à coussins. Il sera très mal placé, au 4e rang mais très à droite avec sa vieille greluche, vengeance. Un jeune Tanguy de 30 ans avec sa mère me fera chier pour la nuit Soul avec l’excellent et élégant Curtis Harding, qui fera fuir de façon surprenante nombre de spectateurs, dont le Tanguy, avec ses lunettes multicolores à la Parliament F., voix aux multiples octaves et un guitariste typé digne d’Elvis Costello et une bassiste extraordinaire, qui n’est pas Gail Ann Dorsay ; je fais un doigt au type qui m’en fait un auquel je réponds par un doigt, j’étais également mieux placé, centré, il était un rang plus bas mais très à gauche. Une éducation ne se refait pas.
[Music, Nuits de Fourvière, 80th Anniversary, Pulp***] Pulp is full of energy
A heatwave — and hot stones, though not the massage kind. The lineup for the 80th anniversary — much like those of the Avignon Festival or Les Nuits de Fourvière — was disappointing. Jack White, Massive Attack, Patrick Watson ? Seen them all before. White was a letdown : the guitar sound was too heavily processed. Massive Attack were good, but Horace Andy was the only notable figure present for the Mezzanine 20th-anniversary show. The only concert getting me excited for 2026 is Pulp; I’d hoped Michka Assayas from France Inter would be there, but budget cuts likely got in the way. Standing next to a beautiful blue-eyed woman — originally from the Gard region — who spots colleagues among the industry crowd and is here (like me) to see Wet Leg and catch the energetic Irish band Gurriers at L’Épicerie Moderne, I strike up a conversation with the guy accompanying her. He’s the brother of Pierre-Olivier Toublanc — the director — and comes from a background involving Sciences Po Lyon, jazz, the defunct French label Discograph, then Wagram (a high-profile outfit based on Rue de Turenne in Paris), 3e Bureau (Ayo, General Elektriks, Casseurs Flowters — and later OrelSan, before he moved to another label — Pony Pony Run Run, Last dinner party, etc.), and Cinq7 (Sam Sauvage, Belin, Pierre de Maere, Granel, Katerine, Dominique A, the late-era Murat, The Do, Solann, Saez, Rover, Malik Djoudi, etc.). While he enjoyed the bluesy White, he was disappointed by the overly visual Massive Attack set — though it did feature the Scottish Liz Fraser (of Cocteau Twins, 1979–1997) making an appearance for the magnificent Teardrop. Two loud, heavy-set men chatted incessantly behind him, joined by an insufferable obese teenager and his doting mother — none of them displaying any manners. The opening act featured acid house in the background — complete with the characteristic, instantly recognizable acid sound of a TB — and visuals shifting from black-and-white to color, alongside 1950s/60s-style female dancers forming circles reminiscent of wealthy, happy American musicals; so, not really an opening act at all. I never really got into Oasis; Blur played in 2009 and 2012, and The Good, the Bad & the Queen — formed by the prolific Damon Albarn and featuring the late, brilliant drummer Tony Allen — performed in 2019. Pulp — who, for His ‘n’ Hers (1994) — the breakthrough album that finally succeeded after a decade of struggle — worked with the same producer as the excellent Suede and achieved a similarly expansive sound — have always rightly rejected the journalistic label of Brit pop. Pulp and Suede are richer and more refined than that simple — and, moreover, nationalistic — category suggests. « That whole British thing, so-called Britpop, served a horrible nationalist agenda that always disgusted me. I couldn’t care less about supporting the British music industry—or to be more precise, I’ve always made music to avoid thinking about all that. Being proud to be British has always struck me as absurd. We were born here by chance » declares Cocker.
9:30 pm — Jarvis is a stickler for punctuality; he would state — in broken French thick enough to cut with a knife, despite having lived in Paris (the 9th arrondissement, 2004–2018) with stylist Camille Bidault-Waddington (with whom he had a child) from 2003 to 2009 — that he wanted to finish by 11:45 PM, a target he missed by only a few minutes. At the age of seven, in the industrious city of Sheffield (South Yorkshire, Northern England) — a place sacrificed by Thatcher — Jarvis learned that the Beatles would never reunite and that his father, a DJ and actor, had fled to Australia to start a new life and dodge child support payments, my dear Watson. Bespectacled, scrawny, and snaggle-toothed, he aspired to stardom from a very young age; he even worked a stint picking crab meat. He studied film (directing the music video for Aphex Twin’s On) and theater at Central Saint Martins, where he met future bassist Steve Mackey — a fellow film buff who passed away in 2023. There was massive gear on stage: big, classic Marshall amps; vintage keyboards evoking the glam style of Roxy Music; an array of guitars; and a huge orchestral bass drum that Jarvis struck — with great theatrical flair — only twice. There was also a large drum kit featuring an image on the bass drum of a dog — a greyhound — dressed as an aristocrat, in a very Beatles-esque, very British style, plenty of percussion. There will be a keyboardist-violinist and a guitarist-violinist — Jarvis preferring strings to brass, taking a leaf out of Scott Walker’s book. No Pink Floyd-style pig, but — at the far left and right — giant, black-and-white, air-filled figures like the kind you see in shopping malls. The disco ball on wheels comes out, creating a nightclub atmosphere.
Once the musicians are in place, the unshaven, sixty-something Jarvis arrives — a lanky, spindly 6’2″ frame clad in vintage attire : beige trousers, a plaid shirt (thankfully not the lumberjack variety), and a blue jacket he refuses to take off despite the heat (mitigated by several fans, including one specifically for the drummer). His look is a mix of dandyish absurdity and « bobos » (bourgeois-bohemian) style, complete with hilariously thick glasses — reminiscent of Austin Powers or the Cockney Michael Caine (from whose film Pulp, 1972— or Retraite mortelle in French — Pulp took their name) — and a tousled, short hairstyle. In short, since looking ridiculous doesn’t kill you — and this isn’t an Edith Piaf concert — Jarvis fearlessly embraces it all, and we end up going along with it. Between songs, Jarvis hands out grapes to the audience — a classier move than the cooling water sprays used at Hellfest. While this two-hour show is shorter than the memorable one at the Zénith de Paris, the set kicks off with Sorted for E’s & Wizz followed by the danceable Disco 2000 from the album Different Class (1995; produced by Chris Thomas — also of Roxy Music fame — at Island Records, the label that would eventually drop Pulp). Things then quiet down — perhaps the effects of meditation — with tracks from the latest, rather forgettable album, More (2025, produced by James Ford, who has worked with Fontaines D.C., Arctic Monkeys, The Last Dinner Party, Blur, Depeche Mode, Pet Shop Boys, Beth Gibbons, Kylie Minogue, etc.), more than 20 years after the previous one — far removed from Pink Floyd — featuring the upbeat single « Spike Island » followed by a Slow jam with masterful, distinctive basswork where Cocker conjures up a seedy, red-brick image of The Limit a legendary Sheffield club where one imagines drunken revelers vomiting; then the incredible F.E.E.L.I.N.G. C.A.L.L.E.D. L.O.V.E. (from Different Class), with its tempo shifts and a touch of Brian Eno; the sleazy, pink-hued Underwear (also from Different Class), in which a cuckolded husband takes pleasure in watching his wife — « since you work in fashion, being naked for you is like being unemployed » — get screwed by her lover, while he theatrically tosses a grape high into the air; segueing into Farmers Market — reminiscent of Bob Dylan’s Murder Most Foul — set against a backdrop of cheap graphic art reproductions as he tosses something into the crowd; followed by the beautiful Sunset where Jarvis lies down yet again; and finally, the lesser-known Razzmatazz (1993) and the dazzling spectacle — featuring a comfortable seat serving as a throne, a red-lit chandelier, smiling showgirls, and a pink rectangle masking bare breasts in the background — recalling the This Is Hardcore era (« It’s okay to grow up, just as long as you don’t grow up« ) and the self-titled 1998 album (a time of « too much time, too much money« ). I recall the strange cover version — featuring Joe Jackson — of Captain Kirk (William Shatner), who experienced the overview effect (« I saw only death« ) just as the veteran returned from his Blue Origin mission, clutching Bezos’s arms in front of the cameras; this track appeared on Shatner’s 2004 album Has Been. While that album was less commercially successful than its predecessor, the material takes on greater scale here on stage — more orchestral, notably featuring interplay between the different tones of the drum toms. He attempts to reach an unattainable sun. Inspired by Bowie — via Scott Walker, who produced We Love Life (2001) — Jarvis displays a gift for musical bridges and a flair for the theatrical; he hams it up with his legendary hip-swaying and footwork, arching his back into an inverted U while holding a note atop two central downstage platforms. He leaps about and executes strange, jerky hand movements reminiscent of the mentally ill — recalling his hilarious, parodic anti-Michael Jackson performance at the 1996 Brit Awards, where he mocked Jackson’s Earth Song messiah act amidst children — while at times evoking the epileptic intensity of Joy Division’s Ian Curtis.
After a fifteen-minute intermission featuring Grandmaster Flash-style background music and a countdown — marking every minute and then the final fifteen seconds (though, alas, not the song Countdown from the 1991 album Separations — a track that actually came into its own in 2001; Jarvis once said of that era : « I was primarily responsible for the band’s end; I always took forever to finish lyrics, changed my mind constantly, and never stopped agonizing over things and overanalyzing everything. All while feeling guilty about holding everyone up — a real pain in the neck« ) — and an applause-o-meter used to select a song for the second set (which, in retrospect, we realize was Background Noise from the 2025 album More), the show opened with the four band members performing together — evoking the group’s early days, its archaeological roots. Jarvis played acoustic guitar — a 12-string « bought in a second-hand shop » as he noted — an instrument he would pick up for only two other songs. Marc Webber played guitar unplugged, save for Candida Doyle on keyboards (she wore a festive, sequined top, and I was surprised to see her keyboards positioned quite high up). It was an intimate affair, with drummer Nick Banks playing the tabla on Something Changed. The dark track The Fear (from This Is Hardcore) — with its Morricone-esque intro (specifically recalling Sergio Leone’s Once Upon a Time in the West, 1968; Ennio having been assimilated by Portishead) — provides the cue to reactivate the giant, air-filled black-and-white figures. Then comes the surprising protest song Begging for Change — which begins with an « Om » – like sound and originally appeared on the Help 2 charity compilation for War Child — recalling Jarvis’s punk era, whether solo or otherwise. The energy surges with their first hit, Do You Remember the First Time ? (His ‘n’ Hers, 1994 — a blend of Morrissey, glam-era Bowie, and Roxy Music : « She bought herself a toy that touches a spot her husband never reaches » she confesses to a stranger over a drink in a pub; the punchline : « It doesn’t matter if he fucks you, as long as you save a place for me ! » — delivered in a Gainsbourg-esque spoken-word style; Jarvis actually covered Serge Gainsbourg’s Je suis venu te dire que je m’en vais in English with Kid Loco, and wrote several tracks for Charlotte Gainsbourg’s debut album, having also duetted with her on The Duelist from Air’s Pocket Symphony). The stage is awash in pink, featuring a backdrop of paper-chain figures; then comes Mis-Shapes (Different Class), with its formidable, punchy pop drums and a rising melodic line reminiscent of Bowie, accompanied by a kinetic abstract shape moving in the background under rainbow lighting — like those retro fiberglass lamps. Next is the irresistible Babies featuring spoken-word vocals, a Dim Dam Dom-style pop video aesthetic, and the word « Alright » displayed in pink, telling the story of boys hiding to catch a glimpse of their young female friend’s budding breasts. The crowd rises to its feet for the climax — or rather, the acme — of the set : « Common People as always. It’s a song about a posh girl from Central Saint Martins art school who wants to hook up with « common people »; the track turns the venue into a dancefloor before the music drops so the band members can be introduced in a fun way — using a small camera that multiplies faces like a Lomo — and the audience gets involved as cushions rain down, a ritual typical of the Nuits festival. Incandescent. I only wish they had played I Spy (Different Class). It has been over 30 years since Jarvis last visited Lyon; this is his first time at Les Nuits — he will remember it, and so will we.
An old guy in a ridiculous straw hat tries to knock me over, so I retaliate by whacking him with my bag of cushions. He ends up with a lousy seat — fourth row, but way off to the right with his old hag — so that’s payback. A thirty-year-old « Tanguy » type — a guy still living with his mom — gives me grief during the Soul night featuring the excellent and elegant Curtis Harding; Harding’s act — with his multicolored Parliament-Funkadelic-style glasses, multi-octave range, a distinctive guitarist worthy of Elvis Costello, and an extraordinary bassist (not Gail Ann Dorsey) — surprisingly drives away a number of spectators, including that « Tanguy » guy. The guy flips me the bird, I flip him one back; I had the better seat anyway — centered — while he was a row down but way off to the left. You can’t teach an old dog new tricks.
[Música, Nuits de Fourvière, 80º aniversario, Pulp***] Pulp está lleno de energía
Una ola de calor, un calor abrasador… La programación del 80.º aniversario —muy al estilo de la del Festival de Aviñón o Les Nuits de Fourvière — resultó decepcionante. ¿Jack White, Massive Attack, Patrick Watson? Ya los había visto a todos antes. White fue una decepción : el sonido de su guitarra estaba excesivamente procesado. Massive Attack estuvieron bien, pero lo único destacable del espectáculo del 20.º aniversario de Mezzanine fue Horace Andy y su asombroso vibrato. El brillante compositor y cantante Watson, respaldado por la orquesta ONL, estuvo mágico. El único concierto que me entusiasma de cara a 2026 es el de Pulp; esperaba que estuviera Michka Assayas, de France Inter, pero es probable que los recortes presupuestarios lo impidieran. Junto a una hermosa mujer de ojos azules — originaria de la región de Gard, que reconoce a compañeros de trabajo entre los invitados del sector y que, al igual que yo, ha venido a ver a Wet Leg y planea ver a la enérgica banda irlandesa Gurriers en L’Épicerie Moderne —, entablo conversación con el hombre que la acompaña. Es hermano de Pierre-Olivier Toublanc — el director — y cuenta con una trayectoria que incluye Sciences Po Lyon, el jazz, el legendario sello francés Discograph, luego Wagram (con sede en la Rue de Turenne de París, una ubicación privilegiada), 3e Bureau (Ayo, General Elektriks, Casseurs Flowters —y más tarde OrelSan, antes de que cambiara de sello—, Pony Pony Run Run, M llamando a las 3 de la mañana con una idea, etc.) y Cinq7 (Sam Sauvage, Belin, Pierre de Maere, Granel, Katerine, Dominique A, la última etapa de Murat, The Do, Solann, Saez, Rover, Malik Djoudi, etc.). Aunque disfrutó del álbum White —de corte blues—, se sintió decepcionado por el enfoque excesivamente visual de Massive Attack —donde la imagen se imponía al sonido, una regla inmutable —, si bien la escocesa Liz Fraser (de Cocteau Twins, 1979-1997) apareció para interpretar la magnífica Teardrop. Detrás de él, dos hombres mayores, corpulentos y ruidosos, charlaban sin parar, acompañados por un adolescente obeso insoportable y su madre consentidora; ninguno de ellos tenía ni pizca de educación. La actuación de apertura incluía acid house de fondo —con el característico e inconfundible sonido ácido de una TB — y proyecciones que alternaban entre blanco y negro y color, acompañadas por bailarinas al estilo de los años 50 y 60 que formaban un círculo evocador de los musicales estadounidenses de la época de bonanza; en realidad, aquello no fue un telonero propiamente dicho. Nunca llegué a conectar realmente con Oasis; Blur actuó en el festival Nuits de Fourvière en 2009 y 2012, y The Good, the Bad & the Queen —proyecto del prolífico Damon Albarn que contaba con el difunto y brillante batería Tony Allen — tocaron allí en 2019. Pulp —que para His ‘n’ Hers (1994), el álbum que supuso su consagración tras una década de lucha, trabajó con el mismo productor que los excelentes Suede, logrando un sonido igualmente expansivo — siempre rechazó con razón la etiqueta periodística de britpop. Pulp y Suede poseen una riqueza y un refinamiento que trascienden esa categoría simplista y, además, nacionalista. «Todo ese asunto británico, el llamado britpop, servía a una agenda nacionalista horrible que siempre me repugnó. Me importa un bledo apoyar a la industria musical británica o, para ser más exactos, siempre he hecho música para evitar pensar en todo eso. Sentirse orgulloso de ser británico siempre me ha parecido absurdo. Nacimos aquí por pura casualidad», declara Cocker.
Son las 9:30 p. m.; Jarvis es un fanático de la puntualidad. A pesar de haber vivido en París (en el distrito 9, entre 2004 y 2018) con la estilista Camille Bidault-Waddington — con quien tuvo un hijo — entre 2003 y 2009, habla francés con un acento marcado y torpe; insiste en terminar el espectáculo a las 23:45, objetivo que incumple por apenas unos minutos. A los siete años, en la laboriosa ciudad de Sheffield (Yorkshire del Sur, en el norte de Inglaterra) — un lugar devastado por las políticas de Thatcher —, Jarvis aprendió dos cosas : que los Beatles nunca se reunirían y que su padre (DJ y actor) se había marchado a Australia para empezar una nueva vida y eludir el pago de la manutención de sus hijos. Con gafas, complexión delgada y dientes irregulares, puso la mira en el estrellato desde muy joven; incluso trabajó durante un tiempo extrayendo carne de cangrejo. Estudió cine (dirigió el videoclip de On, de Aphex Twin) y teatro en Central Saint Martins, donde conoció al futuro bajista Steve Mackey, un cinéfilo que falleció en 2023. El montaje escénico es imponente: enormes amplificadores Marshall clásicos; teclados vintage que evocan el estilo glam de Roxy Music; una gran variedad de guitarras; un colosal tambor orquestal que Jarvis golpea — con gran teatralidad — solo dos veces; y una batería de gran tamaño que luce en el bombo la imagen de un perro — un galgo vestido de noble, con un estilo muy Beatle y típicamente británico —, acompañada de una amplia gama de instrumentos de percusión. Habrá un teclista-violinista y un guitarrista-violinista; Jarvis prefiere las cuerdas a los metales, siguiendo el ejemplo de Scott Walker. No hay ningún cerdo al estilo de Pink Floyd, pero al principio, en los extremos izquierdo y derecho del escenario, aparecen figuras inflables gigantes en blanco y negro, del tipo que se vería en un centro comercial. Una bola de discoteca sobre ruedas sale a escena, creando un ambiente de club nocturno.
Una vez que los músicos están en sus puestos, llega Jarvis — un hombre de unos sesenta años y sin afeitar — : un tipo larguirucho y enjuto de casi 1,90 metros, vestido con ropa vintage (pantalones beige, una camisa de cuadros — aunque, afortunadamente, no de estilo leñador — y una chaqueta azul que se niega a quitarse a pesar del calor, incluso con varios ventiladores en marcha, especialmente dirigidos al batería y al bajista). Luce un aspecto algo ridículo —entre dandy y bohemio — y lleva unas gafas cómicamente gruesas que recuerdan a las de Austin Powers o a las de un Michael Caine con acento cockney (de cuya película Pulp, Jubilación mortal — dirigida por Mike Hodges en 1972 y protagonizada por el histriónico Mickey Rooney y el excelente Lionel Stander — tomó el nombre de la banda; ya saben, Stander interpretaba a Max, el mayordomo que siempre fumaba puros en Hart to Hart [1979–1984], serie producida por Stefanie Powers — quien también actuó en Experiment in Terror [Blake Edwards, 1962] y McLintock ! [A.V. McLaglen, 1963]— junto a Robert Wagner, actor que había sobrevivido a la época de la lista negra y la caza de brujas, así como al escrutinio legal tras el ahogamiento de Natalie Wood mientras navegaba con él y con Christopher Walken). Luce una mata de pelo corto y revuelto. En fin, como la vergüenza no mata — y esto ciertamente no es un asunto al estilo Piaf —, Jarvis se entrega sin reservas y nosotros terminamos siguiéndole el juego. Entre canción y canción, Jarvis reparte uvas al público; es un gesto con más clase que los chorros de agua refrescante que se usaban en el Hellfest. Aunque el concierto de dos horas es más breve que aquel memorable recital en el Zénith de París de unos días antes, la actuación arranca con Sorted for E’s & Wizz, seguida por la bailable Disco 2000, del álbum Different Class (1995 —producido por Chris Thomas, el mismo hombre detrás de Roxy Music, para Island Records, el sello que más tarde prescindiría de Pulp). Luego, el ritmo se calma — quizás por los efectos de la meditación — con su último álbum, el bastante olvidable More (2025, producido por James Ford, quien ha trabajado con Fontaines D.C., Arctic Monkeys, The Last Dinner Party, Blur, Depeche Mode, Pet Shop Boys, Beth Gibbons, Kylie Minogue, etc.) , lanzado más de 20 años después del anterior — muy alejado del estilo de Pink Floyd—, que incluye el animado sencillo Spike Island, seguido de un tema de ritmo pausado marcado por una línea de bajo distintiva y ejecutada con maestría, en el que Cocker retrata con crudeza —evocando los edificios de ladrillo rojo — The Limit, un legendario club de Sheffield donde uno imagina a juerguistas borrachos vomitando; luego, la increíble F.E.E.L.I.N.G. C.A.L.L.E.D. L.O.V.E. (del álbum Different Class) — con sus máquinas de humo, nubes, fugaces efectos sonoros circulares de fondo y cambios de ritmo que recuerdan a Brian Eno —, seguida de la sórdida Underwear (también de Different Class), bañada en luz rosa, donde un marido engañado se deleita observando cómo su esposa — « ya que trabajas en la moda, estar desnuda es como estar en paro » — es follada por su amante; él lanza teatralmente una uva al aire antes de interpretar Farmers Market — que recuerda a Murder Most Foul de Bob Dylan y se desarrolla ante reproducciones de arte gráfico barato — mientras arroja algo al público; a continuación, la hermosa Sunset, durante la cual Jarvis se tumba — como ha hecho innumerables veces antes —, seguida de la menos conocida Razzmatazz (1993), y el espectáculo deslumbrante — que incluía un asiento cómodo a modo de trono, una lámpara de araña iluminada en rojo y coristas sonrientes con un rectángulo rosa cubriendo sus pechos desnudos—; la etapa de This Is Hardcore («Está bien crecer, siempre y cuando no te hagas adulto»); y el álbum homónimo de 1998 («demasiado tiempo, teníamos demasiado dinero»; recuerdo aquella extraña versión — con Joe Jackson — de Captain Kirk/W. Shatner, quien experimentó el efecto perspectiva o overview effect y cantó «Solo vi la muerte» al regresar de su misión con Blue Origin, mientras se aferraba a los brazos de Bezos ante las cámaras para su álbum de 2004, Has Been). Aquel disco no había tenido tanto éxito como su predecesor, pero aquí, sobre el escenario, cobra una dimensión mayor : suena más orquestal y destaca por el juego entre los distintos tonos de los toms de la batería durante los pasajes de breakbeat. Él intenta alcanzar y simular con gestos un sol que permanece eternamente fuera de su alcance. Inspirándose en Bowie a través de Scott Walker (productor de We Love Life, de 2001), Jarvis — maestro de los puentes musicales y showman nato — se entrega a la teatralidad con su legendario movimiento de caderas y su juego de pies; arquea la espalda formando una «U» invertida mientras sostiene una nota, dominando al público desde dos plataformas centrales en la parte delantera del escenario, saltando y ejecutando esos movimientos de manos espasmódicos y extraños propios de un loco (que recuerdan a su divertidísima y paródica actuación contra Michael Jackson en los Brit Awards de 1996, donde se burló de la pose mesiánica de Jackson interpretando Earth Song rodeado de niños), evocando por momentos la intensidad epiléptica de Ian Curtis, de Joy Division. Cocker habla mucho entre canción y canción.
Tras un intermedio de unos quince minutos amenizado con música ambiental al estilo de Grandmaster Flash y una cuenta atrás — que marcaba cada minuto y luego los últimos quince segundos, aunque esto no significaba que fuéramos a escuchar la canción Countdown (del álbum de 1991 Separations; a propósito de la disolución de la banda en 2001, él admitió : «Yo fui el principal responsable de que la banda se acabara; siempre tardaba una eternidad en terminar las letras, cambiaba de opinión constantemente y nunca dejaba de comerme la cabeza y de analizarlo todo en exceso. Todo ello mientras me sentía culpable por hacer esperar a los demás : un verdadero incordio») —, se realizó una votación mediante un aplausómetro (cuya finalidad solo comprendimos a posteriori) para elegir un tema para la segunda parte : Background Noise (de More, 2025). Antes de eso, la actuación comenzó con ellos cuatro tocando solos — rememorando los inicios de la banda (un ejercicio de arqueología, de revisitar los cimientos) —: Jarvis a la guitarra acústica (una de 12 cuerdas «comprada en una tienda de segunda mano», según comentó; un instrumento que solo volvería a tocar en otras dos canciones) y Marc Webber a la guitarra (en formato acústico), junto a Candida Doyle a los teclados (luciendo un top festivo brillante y con los teclados colocados a una altura inusualmente elevada, lo cual me sorprendió), En un momento más íntimo, el baterista Nick Banks toca la tabla. El tema oscuro The Fear (de This Is Hardcore), con una introducción al estilo Morricone (que recuerda específicamente a Érase una vez en el Oeste de Sergio Leone; la influencia de Ennio ya había sido absorbida por Portishead), sirve como señal para reactivar las gigantescas figuras blancas y negras llenas de aire. Luego llega la sorprendente canción de protesta Begging for Change, que comienza con un sonido que se asemeja a un canto « Om » y que apareció originalmente en el recopilatorio benéfico Help 2 para War Child, recordando la era punk de Jarvis (ya sea en solitario o en grupo). La energía se dispara con su primer éxito, ¿Te acuerdas de la primera vez? (de His ‘n’ Hers, 1994 — un sonido que se sitúa en algún punto entre Morrissey, Bowie de la era glam y Roxy Music) : « Se compró un juguete que toca un punto al que su marido nunca llega« , confiesa a un desconocido mientras toma una copa con él en un pub; el remate — « ¡No importa si te folla, con tal de que me guardes un sitio! » — presenta un estilo de palabra hablada que recuerda a Gainsbourg (Jarvis grabó notablemente una versión de Je suis venu te dire que je m’en vais, Vine a decirte que me voy de Serge Gainsbourg con Kid Loco, reescrita en inglés; Jarvis Cocker también escribió varios temas para el álbum debut de Charlotte Gainsbourg, y los dos hicieron un dueto en The Duelist de Pocket Symphony de Air), todo engalanado de rosa y con una hilera de figuras de papel recortable al fondo; mi vecino lanza un largo silbido y — para su gran sorpresa — yo respondo con un «Yeah, yeah, yeah» al estilo de Jarvis, quien se lucía con un aire populista, preguntando al público si alguien sabía tocar la guitarra y — en caso afirmativo — si podía acompañarlo. Luego llegó Mis-Shapes (del álbum Different Class), con su batería pop contundente y enérgica y una línea melódica ascendente que recordaba a Bowie, acompañada por una forma abstracta y cinética que se movía al fondo bajo una iluminación arcoíris, como esas lámparas retro de fibra de vidrio. A continuación sonó la irresistible Babies, que incluía una sección recitada sobre un videoclip pop al estilo Dim Dam Dom — con la palabra «Alright» en rosa — que mostraba a unos chicos escondidos para ver los pechos incipientes de su joven amiga. El público se puso en pie, dando paso al clímax — o más bien, al punto culminante— del espectáculo : Common People, como siempre. Es una canción sobre una chica de clase alta que estudia en la escuela de arte Central Saint Martins y solo quiere relacionarse con gente «corriente»; el tema convirtió el recinto en una pista de baile, seguido de un momento en el que la música bajó de intensidad para que él pudiera presentar a los miembros de la banda de forma divertida — mostrados en blanco y negro a través de una pequeña cámara que multiplicaba sus rostros al estilo Lomo — e involucrar al público. Llovieron cojines : un ritual característico del festival Nuits. Incandescente. Aunque, la verdad, me habría gustado que tocara I Spy (de Different Class). Habían pasado más de 30 años desde la última visita de Jarvis a Lyon, y esta era su primera vez en Nuits; él lo recordará, y nosotros también. Eso sí, la entrada costó 68 euros : menos que las de White, Cave o Radiohead, pero aun así…
Un viejo con un sombrero de paja ridículo intenta derribarme, así que me tomo la revancha golpeándolo con mi bolsa de cojines. Acaba con un sitio pésimo — cuarta fila, pero muy a la derecha, junto a su vieja bruja —; así que eso es el ajuste de cuentas. Un tipo de treinta años del estilo «Tanguy» —un hombre que aún vive con su madre— me da la lata durante la noche de soul protagonizada por el excelente y elegante Curtis Harding; la actuación de Harding —con sus gafas multicolores al estilo Parliament-Funkadelic, su rango de varias octavas, un guitarrista distintivo digno de Elvis Costello y un bajista extraordinario (que no es Gail Ann Dorsey) — ahuyenta sorprendentemente a varios espectadores, incluido ese tal «Tanguy». El tipo me hace una peineta y yo se la devuelvo; de todos modos, yo tenía mejor sitio —centrado—, mientras que él estaba una fila más atrás pero muy a la izquierda. A perro viejo no se le enseñan trucos nuevos.
[english in 2nd part, español en la parte 3] Après les contes classiques en grands ballets narratifs, un Roméo et Juliette (1989) politique avec Enki Bilal à la déco, Blanche Neige (2008) avec du Jean-Paul Gaultier SM sur fond de Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim, bien que peu féru de classiques transposés comme chez le suédois Mats Ek, qui jouait avec humour des clichés en mettant des palmes, dans le bestiaire de la danse, un éléphant et un serpent dans le ballet La Bayadère (Marius Petipa, Léon Minkus, 1877), un coq et des poules avec La Fille mal gardée (Jean Bercher dit Dauberval 1789 devenue La Précaution inutile, de Marius Petipa et Lev Ivanov avec Hertel date de 1885), des bergers allemands dans Nelken (1982) de Pina Bausch, une grenouille dans L’Anoure (1995) d’Angelin Preljocaj, une licorne et un lapin dans A mon seul désir (2014) de Gaëlle Bourges, nous piochons le classique cygne, son ambiguïté sexuelle – Tchaïkovski à la musique (le lac des cygnes, op. 20, 1876, créé le 20 février 1877 au Bolchoï de Moscou avec un accueil médiocre, tenant la scène jusqu’en 1883, avant de disparaître pendant dix ans, et 25% d’autres compositions du russe), son érotisme avec Léda possédée par ce harceleur et queutard de Zeus, à partir du conte revisité de l’auteur romantique allemand Musäus. 1895, avec Lev Ivanov au Théâtre Mariinski à Saint-Pétersbourg en Russie, date de la naissance du cinéma en France. Débutant dans le classique, ayant arrêté deux ans la danse puis remotivé par la chorégraphe expressionniste allemande Karin Waehner pour la Schola cantorum, Preljo le judoka, après être passé à New York chez Zena Rommett et Merce Cunningham puis, en France, auprès de la chorégraphe américaine Viola Farber et du Français Quentin Rouillier puis chez Bagouet, s’attaque au sommet mais reste ici prisonnier du marseillais Petipa, à qui l’on doit l’opposition entre le cygne noir (Odile) et le cygne blanc (Odette), avec le pas de quatre mais sans, ici, de chausson de pointes, bien qu’Angelin ait créé Ghost à Saint-Pétersbourg en 2018 au festival Diaghilev pour le bicentenaire de Marius, ou les trente-deux fouettés inscrits dans la partie du Cygne noir.
C’est ici une grosse production, ce qui devient rare : 26 danseurs ; 53 eur, hum. Après une brève séquence d’introduction où, en contrebas, une jeune fille en blanc, avec un costume à la fois classique et contemporain du moscovite Igor Chapurin avec ses tutus pas cuculs de « cinquante couches d’organza et une queue un peu plate », endormie, rêve d’une femme en chemise blanche dont l’image apparaît puis se fait agresser par trois hommes sous la fumée, les tableaux, applaudis par un public rassuré par le classique des classiques, s’enchaînent sans âme, beaucoup de scènes d’ensemble un peu faciles, Preljo a dû mal à développer son vocabulaire si riche dans les années 90 à part lors de courtes séquences électro de 79D, de la rave de discothèque en « valse des fleurs » pour golden boys à l’électro minimale. Une Odette proustienne mais musculeuse et athlétique italienne Mirea Delogu comme Noureev qui avait une lourde lecture psychanalytique, également présente chez Preljo entre Siegfried et ses parents pris dans un schéma classique œdipien, avec Neumeier au répertoire du Ballet de l’Opéra national de Paris depuis 1984, en insistant sur l’attirance homosexuelle qui lie le prince à son précepteur ; une très élégante Lucile Boulay, au grand corps effilé, en mère de Siegfried, un peu hésitante en pauses longtemps maintenues et jambe tendue ; d’inévitables grandes scènes frontales, un corps de ballet de cygnes immobiles comme un décor vivant, une citation secouée du pelvis du quatuor des quatre petits cygnes ; beaucoup de pas, de gestes néoclassiques à la Béjart, un zeste et laps d’humour avec la main en forme de tête de cygne, mais peu de contemporain. Quelques rares moments magiques : des cygnes blancs en diagonale; deux groupes de danseurs-oiseaux face à face lovés au sol protégeant le couple d’amoureux. « Le défi technique était de s’émanciper de la gravité en faisant littéralement décoller la danse. » (cf.Gravity) : pas très réussi, programme raté. « Je me dois d’inventer une nouvelle grammaire. » : où est-elle ? Il y a un côté gym parfois avec des portées, Siegried sur la grosse cuisse de Mirea / Odette, deux danseurs qui font joujou dans un gymnase.
L’angle écologique ou le « conflit industrialo-prétrolifèreautour d’un lac », s’il est à la mode – le répertoire servant d’excuse, fonctionne mais les images vidéo de Labbé (« J’ai travaillé sur des sensations et des reflets, images fabriquées et mentales où l’on reconnaît les motifs de l’eau et des grands arbres. » ; préférons Sombre, 1998 de Grandrieux), à part de classiques gratte-ciels en noir et blanc à la Metropolis (1927) de Lang n’apportent pas grand-chose, le loft remplaçant le palais donnant sur une skyline new-yorkaise, des chiffres défilant sans originalité comme à Wall street, c’est plus réussi en captation directe par Millepied. Bref, décevant car mondialisé, comme la dernière phase de Carolyn Carlson.
Je suis au 4e rang sur une chaise dans l’orchestre. Je songe à Black swan (Darren Aronofsky, 2010) en présence de Portman au festival Lumière 2025 à l’Auditorium de Lyon. Une fille insupportable à gauche qui parle avec son date, un laideron à lunettes et casquette comme dans les films ou téléfilms drôles; elle n’arrêtera pas de se masser le cou et de se caresser les bras (moustiques ?) jusqu’à me heurter une dizaine de fois. J’ai été obligé de lui dire qu’on n’était pas chez elle et pas devant la tv. Elle filmera un peu avec son portable pendant le ballet. A droite, un couple n’arrête pas de parler fort pendant la représentation. Des parents insupportables devant, qui parlent tout le temps, avec leur gamin au milieu qui filme avec son portable jusqu’à nous gêner, j’ai dû le rappeler. Une vieille au premier rang n’arrête pas de filmer pendant.
D’autres interprétations du Lac des cygnes : Fokine (1910, Londres), Lifar (1936, Paris), Balanchine (1951, New-York), Baryshnikov (1981, Washington). Il y a les interprétations homos : le masculin Swan Lake (1995) du Britannique Matthew Bourne – nuée de cygnes masculins dans les cauchemars d’un enfant ; le minimaliste Swan Lake, 4 Acts (2005) de l’Allemand Raimund Hoghe qui incarne un cygne bossu, Hoghe l’étant lui-même ; Swan Lake (2010) de l’artiste sud-africaine Dada Masilo se confrontant à un problème de société avec un héros gay. En mars 2026, l’Opéra national du Capitole propose, grâce à Beate Vollack, directrice de la danse, qui incarna Odile dans la version classique de Tom Schilling, au Komische Oper, à Berlin en 1988, Trois cygnes : le néoclassique Cantus Cygnus de Nicolas Blanc avec mouvements angulaires sur une composition du finlandais Einojuhani Rautavaara; l’hip-hop, tribale et ésotérique, Incantation de Jann Gallois, codirectrice de l’Agora, Cité internationale de la danse, à Montpellier, avec le clarinettiste Yom, avec transformation de l’humain en animal; la noire et contemporaine Black Bird d’Iratxe Ansa et Igor Bacovich (compagnie Metamorphosis, Madrid) sur une partition d’Owen Belton. Côté déconstruction, la chorégraphe ukrainienne Olga Dukhovna, en France depuis 2012, a créé Swan Lake Solo (2022), entre la mémoire collective et la création contemporaine, en enchaînant les séquences les plus clichés du ballet. Sur Tchaïkovski et également de l’électro, elle répète des sauts jusqu’à l’épuisement. Le blanc domine la chorégraphie espagnole de Julio Ruiz, cafard – lui qui se croyait coccinelle -, renard, cygne blanc pour La familia sur le flamenco du guitariste David de Ana au Festival de Jerez.
[Dance, Swan Lake, Preljocaj**, Nuits de Fourvière, 80th Anniversary] No fire in Swan Lake
Moving beyond classic tales adapted into grand narrative ballets — such as the politically charged Romeo and Juliet (1989) featuring set design by Enki Bilal, or Snow White (2008) with its Jean Paul Gaultier-esque S&M aesthetic inspired by Bruno Bettelheim’s The Uses of Enchantment (though one might not be particularly fond of the kind of transposed classics favored by the Swede Mats Ek, who playfully subverted clichés by introducing swim fins) — and looking at the bestiary of dance — which includes an elephant and a snake in La Bayadère (Petipa/Minkus, 1877), a rooster and hens in La Fille mal gardée (Dauberval, 1789; later adapted by Petipa and Ivanov with music by Hertel, 1885), German shepherds in Pina Bausch’s Nelken (1982), a frog in Angelin Preljocaj’s L’Anoure (1995), and a unicorn and a rabbit in Gaëlle Bourges’s À mon seul désir (2014) — we now turn to the classic swan and its sexual ambiguity. This figure is linked to Tchaikovsky’s music (Swan Lake, Op. 20, 1876 — premiered on February 20, 1877, at the Bolshoi in Moscow to a lukewarm reception; it remained in the repertoire until 1883 before vanishing for a decade, representing just one-quarter of the Russian composer’s output) and to the eroticism of Leda being ravished by Zeus — that harassing, lecherous figure — in a retelling based on the tale by the German Romantic author Musäus. The year 1895 — which saw Lev Ivanov’s production at the Mariinsky Theatre in St. Petersburg — also marked the birth of cinema in France. A novice in classical dance who had taken a two-year hiatus before being remotivated by the German expressionist choreographer Karin Waehner for the Schola Cantorum, Preljo — originally a judoka — tackles the pinnacle of the genre after training in New York with Zena Rommett and Merce Cunningham, and subsequently in France with American choreographer Viola Farber, Frenchman Quentin Rouillier, and Bagouet. Yet here, he remains beholden to the Marseilles-born Petipa — creator of the contrast between the Black Swan (Odile) and the White Swan (Odette) — incorporating the pas de quatre but dispensing with pointe shoes (despite Angelin having created Ghost in St. Petersburg in 2018 for the Diaghilev Festival to mark Marius’s bicentenary) and omitting the thirty-two fouettés that define the Black Swan’s role.
This is a major production — a rarity these days : 26 dancers; a €53 ticket price — hmm. After a brief opening sequence — featuring a young girl in white asleep downstage, wearing a costume by Muscovite Igor Chapurin that blends classical and contemporary styles (with tutus that avoid being twee, consisting of « fifty layers of organza and a slightly flattened tail« ) and dreaming of a woman in a white shirt whose image appears before being attacked by three men amidst the smoke — the scenes unfold without soul, applauded by an audience reassured by this classic of classics. There are many somewhat facile ensemble scenes; Preljocaj struggles to develop the vocabulary that was so rich in the 90s, save for brief electro sequences by 79D—ranging from nightclub rave vibes (a « Waltz of the Flowers » for golden boys) to minimal electro. We see a Proustian yet muscular and athletic Italian Odette (Mirea Delogu), reminiscent of Nureyev’s heavy psychoanalytic interpretation — an approach also present in Preljocaj’s work regarding the relationship between Siegfried and his parents, caught in a classic Oedipal dynamic (a theme present in the Paris Opera Ballet’s repertoire since Neumeier’s 1984 version, which emphasized the homosexual attraction between the prince and his tutor). There is a very elegant Lucile Boulay — tall and slender — as Siegfried’s mother, though slightly hesitant during sustained poses with extended legs; inevitable large-scale frontal scenes; a corps de ballet of swans standing motionless like living scenery; and a pelvic-shaking quote from the « Dance of the Little Swans » quartet. There are many steps and neoclassical gestures à la Béjart, and a dash of humor involving a hand shaped like a swan’s head, yet little true contemporary movement. A few rare magical moments : white swans arranged in a diagonal line; two groups of bird-dancers face each other, curled up on the ground, shielding the lovers. « The technical challenge was to break free from gravity by literally making the dance take flight » (cf. Gravity) : not very successful; a failed concept. « I must invent a new grammar » : where is it ? At times, there is a gymnastic quality to the lifts — Siegfried perched on Mirea/Odette’s massive thigh—looking like two dancers just messing around in a gym.
The ecological angle — or the « industrial-petroleum conflict centered on a lake » — is certainly trendy (serving as a convenient pretext), and it works well enough; however, Labbé’s video imagery adds little value — aside from some classic black-and-white skyscrapers reminiscent of Lang’s Metropolis (1927), with lofts replacing palaces overlooking the New York skyline and uninspired scrolling figures like those in Wall Street, Millepied’s direct capture of the movement is more successful. In short, it is disappointing because it feels globalized — much like Carolyn Carlson’s recent work.
I’m sitting in the fourth row of the orchestra section. I’m thinking about Black Swan (Darren Aronofsky, 2010) and Portman’s appearance at the 2025 Lumière Festival here at the Lyon Auditorium. To my left, there’s an insufferable girl talking to her date — a frumpy guy in glasses and a baseball cap, straight out of a comedy movie or TV show; she keeps rubbing her neck and stroking her arms (mosquitoes ?), bumping into me a dozen times in the process. I finally had to tell her that this wasn’t her living room or in front of the TV. She even films a bit with her phone during the ballet. To my right, a couple won’t stop talking loudly throughout the performance. There are insufferable parents in front of me who keep chatting away, with their kid in the middle filming on his phone — it was so distracting I had to call him out on it. An old woman in the front row keeps filming the whole time, too.
Other interpretations of Swan Lake include those by Fokine (London, 1910), Lifar (Paris, 1936), Balanchine (New York, 1951), and Baryshnikov (Washington, 1981). There are also queer interpretations : the all-male Swan Lake (1995) by British choreographer Matthew Bourne — featuring a flock of male swans in a child’s nightmares; the minimalist Swan Lake, 4 Acts (2005) by German choreographer Raimund Hoghe, who embodies a hunchbacked swan (reflecting his own physical condition); and Swan Lake (2010) by South African artist Dada Masilo, which tackles a social issue by featuring a gay protagonist. In March 2026, the Opéra national du Capitole will present « Trois cygnes » (« Three Swans »), curated by Dance Director Beate Vollack — who danced the role of Odile in Tom Schilling’s classic version at Berlin’s Komische Oper in 1988. The program comprises : the neoclassical Cantus Cygnus by Nicolas Blanc, featuring angular movements set to a score by Finnish composer Einojuhani Rautavaara; Incantation by Jann Gallois — co-director of the Agora, Cité internationale de la danse in Montpellier — a tribal, esoteric hip-hop piece featuring clarinetist Yom and the transformation of human into animal; and the dark, contemporary Black Bird by Iratxe Ansa and Igor Bacovich (Metamorphosis company, Madrid), set to a score by Owen Belton. On the deconstructionist front, Ukrainian choreographer Olga Dukhovna — based in France since 2012 — created Swan Lake Solo (2022); bridging collective memory and contemporary creation, the piece strings together the ballet’s most clichéd sequences, with the dancer repeating jumps to the point of exhaustion to a soundtrack mixing Tchaikovsky with electronic music. White dominates the Spanish choreography by Julio Ruiz —featuring a cockroach – who thought he was a ladybug -, a fox, and a white swan — for La familia, set to flamenco music by guitarist David de Ana at the Festival de Jerez.
[Danza, « El lago de los cisnes », Preljocaj**, Nuits de Fourvière, 80º aniversario] No hay fuego en « El lago de los cisnes »
Más allá de los cuentos clásicos adaptados a grandes ballets narrativos —como el políticamente cargado Romeo y Julieta (1989), con escenografía de Enki Bilal, o Blancanieves (2008), con su estética sadomasoquista al estilo de Jean Paul Gaultier inspirada en Psicoanálisis de los cuentos de hadas de Bruno Bettelheim (aunque distinta del estilo del sueco Mats Ek, quien subvertía los clichés con ironía)— y observando el bestiario de la danza —que incluye al elefante y la serpiente en La Bayadera (1877), el gallo y las gallinas en La fille mal gardée (La hija rebelde, 1789), los pastores alemanes en Nelken (1992) de Pina Bausch, la rana en L’Anoure (1995) de Angelin Preljocaj, y el unicornio y el conejo en À mon seul désir (A mi único deseo, 2014) de Gaëlle Bourges—, nos centramos en el clásico cisne. Consideramos su ambigüedad sexual —acompañada por la música de Chaikovski (El lago de los cisnes, Op. 20, 1876; estrenado el 20 de febrero de 1877 en el Bolshói de Moscú con una acogida tibia, permaneció en el repertorio hasta 1883 antes de desaparecer durante una década, junto con el 25 % de las otras obras del compositor ruso)— y su erotismo, ejemplificado en la violación de Leda por parte de Zeus (esa figura lasciva y acosadora), una historia extraída de una versión del autor romántico alemán Musäus. El año 1895 —que marcó la puesta en escena de Lev Ivanov en el Teatro Mariinski de San Petersburgo— fue también el año en que nació el cine en Francia. Preljocaj —originalmente judoka y un neófito en la danza clásica que se había tomado un descanso de dos años antes de recuperar la motivación gracias a la coreógrafa expresionista alemana Karin Waehner para la Schola Cantorum— aborda la cima de esta disciplina artística tras formarse en Nueva York con Zena Rommett y Merce Cunningham, y posteriormente en Francia con la coreógrafa estadounidense Viola Farber, el francés Quentin Rouillier y Bagouet. Sin embargo, aquí sigue en deuda con Petipa —nacido en Marsella y artífice del contraste entre el Cisne Negro (Odile) y el Cisne Blanco (Odette)— al presentar un pas de quatre sin zapatillas de punta, a pesar de haber creado Ghost en San Petersburgo en 2018 para el Festival Diáguilev (con motivo del bicentenario de Marius) o de haber incluido los treinta y dos fouettés que constituyen el sello distintivo del papel del Cisne Negro.
Se trata de una gran producción —algo poco común hoy en día—: 26 bailarines y entradas a 53 euros; mmm. Tras una breve secuencia inicial —en la que aparece una joven dormida vestida de blanco (con un diseño del moscovita Igor Chapurin que fusiona estilos clásico y contemporáneo: concretamente, tutús que evitan lo cursi, confeccionados con «cincuenta capas de organza y una cola ligeramente aplanada») y que sueña con una mujer de camisa blanca cuya imagen se desvanece antes de ser atacada por tres hombres entre el humo—, las escenas se suceden sin alma, recibidas por un público que se siente reconfortado ante este «clásico de los clásicos». Abundan las escenas de conjunto algo fáciles; a Preljocaj le cuesta desarrollar el vocabulario coreográfico que resultó tan rico en los años 90, salvo por breves secuencias de música electrónica a cargo de 79D —que van desde el ambiente de rave nocturna hasta un «Vals de las flores» para «chicos de oro» y electrónica minimalista—. Vemos a una Odette proustiana, pero a la vez musculosa y atlética, encarnada por Mirea Delogu —que evoca la densa interpretación psicoanalítica de Nureyev (también presente en la obra de Preljocaj a través de la dinámica edípica entre Sigfrido y sus padres y —como se vio en la versión de Neumeier, en el repertorio del Ballet de la Ópera de París desde 1984— la atracción homosexual que une al príncipe con su tutor)—. Destaca una elegantísima Lucile Boulay —alta y esbelta— en el papel de madre de Sigfrido, aunque se muestra algo vacilante en las poses prolongadas con las piernas extendidas; hay inevitables grandes escenas frontales, un cuerpo de baile de cisnes inmóviles como escenografía viva, una cita de la «Danza de los pequeños cisnes» con movimiento de pelvis incluido y numerosos pasos y gestos neoclásicos al estilo de Béjart. Hay un toque de humor —una mano que imita la cabeza de un cisne—, pero poca danza contemporánea auténtica. Se suceden algunos momentos mágicos aislados: cisnes blancos dispuestos en diagonal; dos grupos de bailarines-ave frente a frente, acurrucados en el suelo, protegiendo a los amantes. «El desafío técnico consistía en liberarse de la gravedad haciendo que la danza emprendiera el vuelo literalmente» (véase Gravity) : un intento poco logrado; un concepto fallido. «Debo inventar una nueva gramática» : ¿dónde está? Por momentos, los levantamientos adquieren un aire gimnástico : Sigfrido encaramado en el muslo robusto de Odette, dos bailarines simplemente divirtiéndose.
El enfoque ecológico —o el «conflicto entre industria y petróleo centrado en un lago»— está ciertamente de moda (y sirve como pretexto conveniente), además de funcionar bastante bien; sin embargo, las imágenes de vídeo de Labbé aportan poco valor, salvo por algunos rascacielos clásicos en blanco y negro que evocan la Metrópolis (1929) de Lang. El loft que sustituye al palacio con vistas al perfil urbano de Nueva York y las cifras que se desplazan al estilo de Wall Street resultan menos eficaces que la captación directa de Millepied. En resumen, el resultado decepciona porque transmite una sensación de «globalización», muy parecida a la de la última etapa de Carolyn Carlson.
Otras interpretaciones incluyen las de Fokine (1910, Londres), Lifar (1936, París), Balanchine (1951, Nueva York) y Baryshnikov (1981, Washington). Entre las interpretaciones de carácter queer destacan : El lago de los cisnes (1995) del coreógrafo británico Matthew Bourne, interpretada exclusivamente por hombres —con un grupo de cisnes masculinos que aparece en las pesadillas de un niño—; la obra minimalista Swan Lake, 4 Acts (2005) del coreógrafo alemán Raimund Hoghe, quien encarnó a un cisne jorobado (reflejando su propia condición física); y Swan Lake (2010) de la artista sudafricana Dada Masilo, que aborda una cuestión social a través de un protagonista gay. En marzo de 2026, la Ópera Nacional del Capitolio presentará Three Swans, bajo la dirección artística de Beate Vollack —quien interpretó el papel de Odile en la versión clásica de Tom Schilling en la Ópera de Berlín en 1988—. El programa incluye la pieza neoclásica Cantus Cygnus de Nicolas Blanc, caracterizada por movimientos angulares al ritmo de una partitura del compositor finlandés Einojuhani Rautavaara; Incantation de Jann Gallois —codirectora de Agora, Cité internationale de la danse en Montpellier—, una pieza de hip-hop tribal y esotérico con la participación del clarinetista Yom, quien representa la transformación de humano a animal; y la oscura obra contemporánea Black Bird, de Iratxe Ansa e Igor Bacovich (compañía Metamorphosis, Madrid), con música de Owen Belton. En el contexto de la deconstrucción, la coreógrafa ucraniana Olga Dukhovna —residente en Francia desde 2012— creó Swan Lake Solo (2022), una obra que tiende un puente entre la memoria colectiva y la creación contemporánea para enmarcar las secuencias más estereotipadas del ballet. Con música de Chaikovski y pistas electrónicas, la artista repite saltos hasta que entona la canción. El color blanco predomina en la coreografía española de Julio Ruiz —que incluye una cucaracha (que forma una mariquita), un zorro y un cisne blanco— para La familia, pieza integrada en la propuesta de música flamenca del guitarrista David de Ana y presentada en el Festival de Jerez.
[in English in 2nd part, español en la parte 3] Une armoire à glace, probablement bon vivant, avec une barbe à la Haddock, assez proche d’Orson Welles, passe : c’est le zinneke Damiaan De Schrijver, un historique de la troupe, cigare au bec, avec mi chaussettes noires, avec Jolente De Keersmaeker, la sœur de la célèbre chorégraphe flamande. Poquelin (2003), un divertissement lors de la seconde guerre du Golfe, puis PoquelinII (2017), joué à l’Odéon, petit théâtre antique, aux Nuits de Fourvière en 2021, ont déjà été montés par Tg STAN à partir des pièces de Molière. 1,2,3 soleil, 1,2,3 Poquelin. Cette fameuse troupe flamande, « TG » pour l’imprononçable « Toneelspelersgezelschap » (« compagnie de joueurs de théâtre ») et STAN pour « Stop thinking about names » (« Arrêtons de chercher un nom pour notre compagnie »), constituée en 1989 au Koninklijk Vlaams Conservatorium d’Anvers où ils ont dû redoubler une année, a inspiré des collectifs français tels que les Chiens de Navarre, auréolé en 2026 du Molière du théâtre public pour I will survive, Les Lucioles et Les Possédés. Ils travaillent les textes à la table qu’ils traduisent eux-mêmes en flamand ; pas de metteur en scène, pas de répétitions.
Des coups de marteaux résonnent encore sur les tréteaux alors que les pièces ont été jouées la veille avec un temps instable, pas mal de vent – les météos agricoles avaient prévu une pluie heureusement jamais venue. Nous retrouvons l’essence du théâtre de tréteaux, le côté populaire de Molière. Les deux lustres sont levés à la main. La chanteuse et actrice, la meilleure de la troupe, Tine Embrechts se colle, avec une haute canne bricolée, à la cymbale trop haute pour elle pour délimiter les actes. Un souffleur à la table, pas toujours attentif, ce qui posera des problèmes. Le dispositif, dû à la configuration de l’Odéon, est bi-frontal et non tri-frontal (en U) comme il le sera dans la carrière de Boulbon pour la mi-juillet au festival d’Avignon dont le jeu semble ici trop faible pour ce magnifique écrin (j’y avais vu Songe d’une nuit d’été de Shakespeare par le peu subtil mais drôle et populaire Jérôme Savary, 1990, Bartabas plusieurs fois, Zingaro : Théâtre Equestre, 1989, Opéra équestre, 1991, Urlo avec Bobò, un microcéphale sourd-muet, de Pippo Delbono en 2004, etc.). Un dossier de presse est distribué lors de Le Mariage forcé. Dans le silence, le bruit de la levée d’une chaise roulante d’un homme fortement handicapé, surprend.
Viendront ensuite des farces dont Sganarelle ou le mariage cocu, Le Médecin malgré lui, puis, avec la levée du rideau rouge à l’arrière, L’Avare (sans la tirade de la « cassette » !), la pleine lune, invisible, sur fond d’orages entre nuages en fond, un remix de farces « Les Egotistes », empruntant, cabrées comme des trapézistes, aux Précieuses ridicules, aux Femmes savantes et à quelques passages de L’Avare, et enfin Le malade imaginaire, terriblement mal joué par Damiaan De Schrijver qui oublie souvent son texte, rit de ses pitreries (« Oh »). L’accent flamand – je me souviens du très drôle Théâtre Royal de Toone ou marionnettes de tradition populaire de Bruxelles – est drôle en soi, à couper au couteau mais toutes les répliques ne sont pas compréhensibles (un acteur âgé, physique et barbu dira même « Sus, c’est en français, je n’y peux rien ! »). Damiaan a soif, du coup il essaye d’alpaguer des spectateurs pour boire ; il jouera avec des spectateurs qui partent à propos de sortie. Au pays de Guignol – la marionnette servant, rappelons-le, pour distraire les patients avant que le dentiste n’arrache la dent sans anesthésiant -, il y aura pas mal de coups donnés. Une brouettée d’accessoires colorés sera déversée dont des paquets de chips envoyés dans le public en annonçant un entracte trop long qui cessera à coups de hache.
Sganarelle domine. C’est populaire, enjoué, décomplexé, jubilatoire mais assez mal joué alors que la langue de Molière est millimétrée et ne souffre aucune approximation. C’est dire la puissance du texte de Molière pour émerger du massacre. 35 eur, cela ne vaut guère plus. Pour Vilar, il était possible de faire populaire avec un haut niveau de jeu, c’est l’essence du festival d’Avignon. J’ai préféré en 2022 au même endroit, l’Odéon des Nuits de Fourvière, le metteur en scène belge Ivo van Hove pour Le Tartuffe ou l’hypocrite de Molière dans sa version initiale et autrefois interdite, avec la troupe de la Comédie-Française pour les 400 ans de Molière.
Un vigile me vole devant témoins, une troupe Sentinelle, un coussin qui m’a été balancé du temps de la direction de Delorme.
[Theater; « 1,2,3 Poquelin », Tg STAN, Nuits de Fourvière, 80th anniversary**] Molière at the Anvers
A hulking figure — clearly a man who enjoys the good life, sporting a Captain Haddock-style beard and bearing a striking resemblance to Orson Welles — walks by : it is Damiaan De Schrijver, a true Brussels original and a veteran of the troupe, cigar in mouth and wearing black mid-calf socks; he is accompanied by Jolente De Keersmaeker, sister of the famous Flemish choreographer. Tg Stan has previously staged productions based on Molière’s plays, including Poquelin (2003) — a diversion created during the Second Gulf War — and Poquelin 2 (2017), which was performed at the Odéon (a small ancient theater) during the Nuits de Fourvière festival in 2021. This renowned Flemish troupe— »TG » standing for the unpronounceable « Toneelspelersgezelschap » (« theater actors’ company ») and STAN for « Stop thinking about names » —was formed in 1989 at the Royal Flemish Conservatory in Antwerp (where the members had to repeat a year of study). They have inspired French collectives such as Chiens de Navarre (winner of the 2026 Molière Award for Public Theater for I Will Survive), Les Lucioles, and Les Possédés. They work on the texts around a table, translating them into Flemish themselves; there is no director and no rehearsals.
Hammer blows still echo across the trestle stage, even though the plays were performed just the day before amidst unsettled weather and gusty winds — agricultural forecasts had predicted rain that, fortunately, never arrived. We rediscover the essence of trestle-stage theater, the populist spirit of Molière. The two chandeliers are hoisted by hand. Tine Embrechts — the troupe’s finest singer and actress — uses a makeshift long pole to reach a cymbal positioned too high for her, signaling the transitions between acts. A prompter sits at a table, though not always attentively — a lapse that will cause problems. Due to the Odéon’s layout, the staging is bi-frontal rather than tri-frontal (U-shaped), as it will be in mid-July at the Boulbon quarry for the Avignon Festival — a venue where the acting here might seem too understated for such a magnificent setting (I had previously seen Shakespeare’s A Midsummer Night’s Dream there, directed by the unsubtle yet funny and populist Jérôme Savary; several shows by Bartabas and Zingaro—Théâtre Équestre in 1989, Opéra Équestre in 1991; and Pippo Delbono’s Urlo in 2004, featuring Bobò, a deaf-mute man with microcephaly). A press kit is distributed during Le Mariage forcé; in the silence, the sound of a severely disabled man’s wheelchair being lifted comes as a surprise.
Next come the farces — Sganarelle (or The Imaginary Cuckold) and The Doctor in Spite of Himself — followed, as the red rear curtain rises, by The Miser (minus the famous « strongbox » monologue !). There is an unseen full moon set against a backdrop of stormy clouds, and a farce remix titled Les Égotistes — which, acrobatically borrowing elements from The Affected Young Ladies, The Learned Ladies, and parts of The Miser, rears up like trapeze artists. Finally, there is The Imaginary Invalid, terribly acted by Damiaan De Schrijver, who frequently forgets his lines and laughs at his own antics (« Oh« ). The Flemish accent — recalling the hilarious Théâtre Royal de Toone and Brussels’ traditional folk puppetry — is funny in itself and incredibly thick, though not every line is intelligible (one burly, bearded older actor even remarks, « Hey, it’s in French—nothing I can do about it !« ). Damiaan gets thirsty and tries to buttonhole audience members for a drink; he also plays around with spectators who are trying to leave. In the land of Guignol — the puppet traditionally used to distract patients before the dentist pulled a tooth without anesthesia — there is plenty of slapstick violence. A wheelbarrow-load of colorful props is dumped out, and bags of chips are tossed into the audience to announce an overly long intermission.
Sganarelle dominates the show. It is popular, spirited, uninhibited, and jubilant, yet the acting is rather poor — whereas Molière’s language is precision-engineered and allows for no approximation. At €35, it is hardly worth more than that. Vilar proved it was possible to create popular theater with a high standard of acting; that is the very essence of the Avignon Festival. I preferred the 2022 production at the same venue — the Nuits de Fourvière’s Odéon — by Belgian director Ivo van Hove: Molière’s Tartuffe, or The Hypocrite in its original, once-banned version, performed by the Comédie-Française troupe to mark Molière’s 400th anniversary.
A security guard stole from me in front of witnesses — a Sentinelle squad — and a cushion was hurled at me back when Delorme was in charge.
[Teatro; « 1,2,3 Poquelin », Tg STAN, Nuits de Fourvière, 80º Aniversario**] Molière, estilo Anvers
Pasa caminando una figura imponente —claramente un hombre que disfruta de los placeres de la vida, que luce una barba al estilo del capitán Haddock y guarda un parecido asombroso con Orson Welles—: se trata de Damiaan De Schrijver, un auténtico zinneke bruselense y veterano de la compañía, con un puro en la boca y calcetines negros a media pantorrilla; le acompaña Jolente De Keersmaeker, hermana de la famosa coreógrafa flamenca. Tg Stan ha llevado a escena anteriormente obras basadas en textos de Molière, como Poquelin (2003) —una pieza lúdica creada durante la segunda guerra del Golfo— y Poquelin 2 (2017), representada en el Odéon (un pequeño teatro antiguo) durante el festival Nuits de Fourvière en 2021. “1, 2, 3 Soleil”… 1, 2, 3 Poquelin. Esta prestigiosa compañía flamenca —cuyas siglas TG corresponden al impronunciable Toneelspelersgezelschap («compañía de actores de teatro») y STAN a «Stop thinking about names» (deja de pensar en nombres)— se fundó en 1989 en el Conservatorio Real Flamenco de Amberes (donde sus miembros tuvieron que repetir curso). Han servido de inspiración a colectivos franceses como Chiens de Navarre (ganador del premio Molière 2026 al teatro público por I Will Survive), Les Lucioles y Les Possédés. Trabajan los textos alrededor de una mesa y ellos mismos los traducen al flamenco; no hay director ni ensayos.
Los golpes de martillo aún resuenan en el escenario de caballetes, donde las obras se representaron apenas el día anterior bajo un tiempo inestable y ráfagas de viento; los pronósticos agrícolas habían anunciado una lluvia que, afortunadamente, nunca llegó. Redescubrimos la esencia del teatro de caballetes, el espíritu popular de Molière. Las dos lámparas de araña se izan a mano. Tine Embrechts —la mejor cantante y actriz de la compañía— utiliza una pértiga improvisada para alcanzar un platillo situado demasiado alto para ella, marcando así las transiciones entre actos. Un apuntador se sienta a una mesa, aunque su falta de atención constante causará problemas. Debido a la disposición del Odéon, la puesta en escena es bifrontal en lugar de trifrontal (en forma de U); esta configuración cambiará para las funciones de mediados de julio en la cantera de Boulbon, durante el Festival de Aviñón, donde la actuación que aquí vemos podría parecer demasiado contenida para un escenario tan magnífico (allí vi anteriormente El sueño de una noche de verano de Shakespeare, dirigida en 1990 por Jérôme Savary —un director poco sutil pero divertido y popular—; varios espectáculos de Bartabas y Zingaro — Théâtre Équestre (Teatro ecuestre) en 1989, Opéra Équestre (Ópera ecuestre) en 1991—; y Urlo de Pippo Delbono en 2004, protagonizada por Bobò, un hombre sordomudo con microcefalia). Durante Le Mariage forcé (El matrimonio forzado) se reparte un dossier de prensa; en medio del silencio, sorprende el sonido de una silla de ruedas siendo izada, con un hombre gravemente discapacitado a bordo….
A continuación, llegan farsas como Sganarelle (o El cornudo imaginario) y Le Médecin malgré lui (El médico a palos); luego —mientras el telón rojo del fondo se alza para revelar una luna llena (invisible) sobre un telón de fondo de nubes tormentosas—, una mezcla de farsas titulada Les Égotistes. Esta pieza —acrobática y audaz, al estilo de los trapecistas— toma elementos de Las preciosas ridículas (Les précieuses ridicules), Las mujeres sabias (Les femmes savants) y fragmentos de El avaro (L’avare). Por último, llega El enfermo imaginario (Le malade imaginaire), interpretado pésimamente por Damiaan De Schrijver, quien olvida a menudo sus líneas y se ríe de sus propias payasadas («Oh»). El acento flamenco —que evoca el hilarante Théâtre Royal de Toone y el teatro de marionetas folclórico tradicional de Bruselas— resulta gracioso por sí mismo y es increíblemente cerrado, aunque no todas las frases se entienden (un actor mayor, corpulento y barbudo, llega a comentar : «¡Oye, está en francés; no puedo hacer nada al respecto!»). A Damiaan le entra sed e intenta retener a miembros del público para conseguir una bebida; también juega con los espectadores que intentan marcharse. En la tierra de Guignol —esa marioneta utilizada, recordemos, para distraer a los pacientes antes de que el dentista extrajera una muela sin anestesia— abunda el ajetreo y el tumulto. Se vuelca una carretilla llena de colorida utilería y se lanzan bolsas de patatas fritas al público para anunciar un intermedio excesivamente largo, el cual llega a un abrupto final a golpe de hacha….
Sganarelle domina la función. Es un espectáculo popular, vivaz, desinhibido y jubiloso, aunque la actuación deja bastante que desear; algo sorprendente, dado que el lenguaje de Molière está diseñado con precisión milimétrica y no admite aproximaciones. Esto dice mucho sobre la fuerza del texto de Molière, que logra brillar a pesar de la ejecución deficiente. Por 35 euros, apenas vale lo que cuesta la entrada. Vilar demostró que el teatro popular podía ir de la mano de una actuación de gran calidad; esa es la esencia misma del Festival de Aviñón. Preferí la producción de 2022 en el mismo escenario —el Odéon de las Nuits de Fourvière— a cargo del director belga Ivo van Hove : el Tartufo o El impostor (Le Tartuffe) de Molière en su versión original —que en su día fue censurada—, interpretada por la compañía de la Comédie-Française para conmemorar el cuarto centenario del autor.
Un guardia de seguridad me robó delante de testigos —un escuadrón de la *Sentinelle*— y me lanzaron un cojín cuando Delorme estaba al mando.
[english in 2nd part, español en la parte 3; 第四部分(中文版)] L’enthousiasmant arty A24 (2012) a encore frappé : nous sommes dans les univers parallèles mais différents du délirant et drolatique Everything Everywhere All at Once (Daniel Kwan et Daniel Scheinert, 2022 avec l’Oscar à Yeoh ; J. L. Curtis) où je n’avais pas autant ri depuis The big Lebowski (frères Coen, 1998, prix Lumière 2026). L’effet est ici aussi important que Le projet Blair Witch (The Blair Witch Project, Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, 1999, même année que Dans la peau de John Malkovich, Being John Malkovich, de l’arty Spike Jonze), found footage à l’appui, lui-même inspiré de Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980); il y aura [REC] (Jaume Balaguero et Paco Plaza, 2007), Unfriended (Levan Gabriadze, 2015) et Host (Rob Savage, 2020). « On pourrait comparer ça à Sam Raimi au début des années 1980 qui fait Evil Dead» selon Éric Falardeau, professeur assistant de cinéma à l’Université Laval. Nous sommes entre Répulsion (Polanski, 1965) et Exit 8 (8-ban deguchi, G. Kawamura, 2025) qui puisent dans L’année dernière à Marienbad (A. Resnais, 1961, d’après le scénario de Robbe-Grillet), en passant par par Stalker (1979) d’A. Tarkovski, les films japonais autour d’En boucle (Ribâ, nagarenaide yo, 2023, J. Yamaguchi), la série Severance (2022-) et les jeux, parfois d’arcade, dont Portal, Half-Life 2, Garry’s Mod, Minecraft et LittleBigPlanet. Par contre, homo, la backroom n’est pas ce que vous croyez, nul rabbit hole – quoique ! Ici, on est, par des voies de geek, dans Le dépeupleur de Beckett, tendance La maison des feuilles de Mark Z. Danielewski, où il est question de cinéma, voire Borges, façon M. C. Escher, via Piranèse, et la maison de Mme Winchester, du Passe-muraille d’Aymé, avec une pointe de Picasso, le titre initial étant Effigy. C’est un lore ou univers fictionnel en dehors de l’intrigue par indices. C’est le film à l’esthétique 90’s de la Gen Z et de ses angoisses, la peur du futur notamment, ce que Spring Breakers (H. Korine, 2012) était pour l’esthétique Tumblr de l’époque. Citizen Kane Parsons émerge dans la scène cinématographique.
Né la même année que YouTube, fils d’un développeur de jeux vidéo, occasionnellement DJ amateur de dubstep, et d’une thérapeute (comme, au lieu de Cristin Milioti, la belle Renate en Kline comme Mélanie Klein, « It’s like describing a dog to someone who’s never seen one, then asking them to draw one », venue de Julie (en 12 chapitres), Verdens verste menneske, 2021, prix d’interprétation féminine à Cannes, et Valeur sentimentale, Affeksjonsverdi, 2025, Joachim Trier ; Fjord de Cristian Mungiu, Palme d’or du Festival de Cannes 2026), divorcés quand il avait 7 ans, Parsons, arthritique, vivant à Petaluma (Californie du Nord), a lancé, sous le pseudo de Kane Pixels, sa chaîne YouTube à 9 ans. Tout est venu d’un creepypastas (légendes urbaines flippantes sur Internet ; moi je connaissais le coup du serpent dans un hypermarché ou dans une cuvette de chiotte ; cf. La rumeur d’Orléans par feu Edgard Morin qui enfonçait les portes ouvertes comme ici dans les open spaces) : comme chez Lynch (Lost highway, 1997 avec le Mystery Man surpeint Robert Blake – celui de De sang froid de Richard Brooks, 1967 d’après la non fiction novel par Capote – qui assassina sa femme; même si Renate songe plus à Blue velvet, 1986 mais j’y vois plutôt Inland empire, 2006 et surtout la black lodge ou la red room de Twin Peaks, 1989-1992, 2014 ; d’ailleurs le Redrum de The Shining, Kubrick, 1980 dans Backrooms n’est pas loin), sans cette fumisterie de méditation transcendantale concurrencée ici par le complotisme, ou Haneke dans Caché (2005), une photo du 12 juin 2002 sur le forum 4chan de liminal spaces (espaces liminaux ; The Ultimate Liminal Space Compilation) qu’Augé qualifiait de non-lieu, durant la rénovation d’un magasin de meubles de la petite ville d’Oshkosh dans le Wisconsin, qui fait délirer les internautes via Reddit et Wiki (Fandom et Wikidot) et des torrents d’écritures collaboratives (SCP Fondation) avec ce commentaire de référence, milliers d’images cursed («maudites») agrégées par les internautes, «Si vous ne prenez pas garde et que vous “no-clipez” [bugs par lequel un joueur traverse le mur de la simulation et accède aux revers et aux trompe-l’œil du jeu] hors de la réalité au mauvais endroit, vous finirez dans les backrooms où il n’y a rien d’autre que l’odeur de moisissure de vieux tapis humide, une folie jaune monochrome, et le ronronnement infini des néons.», outre les easter eggs dignes de Ready player one (S. Spielberg, 2018). D’où le clin d’oeil de Parsons concernant le magasin. Ces images « nous titillent de la même manière qu’un souvenir d’enfance au contexte complètement flou. Un simple flash visuel ». L’espace liminal dans l’art n’est pas neuf : Gertrude Stein ; le surréalisme, où la figure du minotaure est prégnante, avec la période métaphysique de Giorgio de Chirico, Dali et Yves Tanguy, les paysages de Magritte, les textes d’André Breton ; Edward Hopper, une influence décisive dans le cinéma, notamment américain mais aussi Argento ; Robert Smithson dans le New Jersey, dans les années 1960 ; les installations de ces Räumen ou chambres de l’allemand Gregor Schneider depuis les années 1980 ; le travail du photographe new-yorkais Craig Kalpakjian succédant à l’objectivisme d’un Gurski après les Becher; les pool rooms de Jared Pike; l’artiste français Julien Discrit avec l’installation Forever Reverb (1958), présentée à la Biennale de Lyon 2023 ainsi que son film Edited Memories (2025). Une série de 24 épisodes créée par Parsons avec les logiciels open source 3D Blender et Adobe After Effects dont Element 3D, cartonna : le nouvel nouvel Hollywood (21 Laps Entertainment, Atomic Monster, Chernin Entertainment et Oddfellows Pictures avec les producteurs et réalisateurs Shawn Levy, Stranger Things, un James Wan, cinéaste australien né en Malaisie, connu pour les franchises Saw, Insidious, Conjuring, dénicheur de talents et Jason Blum, Paranormal Activity, O. Peli, 2007, Get out, J. Peel, 2017 et un Paul Chernin à Broadway puis chez Corman et avec les réalisateurs de clips MTV) flaire l’affaire (coûtant 10 millions, il en rapporte au moins *12 dès le premier week-end d’exploitation) juste à temps car Parsons, 20 ans, voulait développer une série tv, jusqu’à éclipser la série Disney Star Wars : The Mandalorian and Grogu (The Mandalorian and Grogu, Jon Favreau, 2026), un spin-off, la Gen Z en a peut-être un petit peu marre qu’on les prenne pour des quiches.
Inspiration ? « Certains films ont compté, comme Photo Obsession de Mark Romanek (2002), qui fut une référence importante pour Backrooms. Punishment Park [P. Watkins] aussi, un film de 1971 que j’adore et qui est un superbe exemple de found footage. Le Syndrome chinois [de James Bridges, 1979] est l’un de mes films préférés et, plus récemment, j’ai beaucoup aimé Bugonia [de Yorgos Lanthimos, 2025]. Mais je suis davantage porté sur les séries télé » dont celle, britannique, Utopia, diffusée au début des années 2010 et Mr. Robot avec Rami Malek. Ce qui est intéressant, c’est la diversité du régime d’images, de flashbacks, de contrechamps, d’images cra-cra (VHS, caméras de surveillance), différents formats d’images ; un magnifique travelling vertical en plongée à la Hitch. Pour la lumière en live, il a « dévalisé tous les Titan Tubes de Vancouver [les Titan Tubes sont des tubes lumineux led fabriqués par la marque allemande Astera, un matériel d’éclairage prisé dans le cinéma, la photo, l’événementiel et la scène] pour créer un rendu fluorescent très cohérent et, à l’écran, il n’y a presque jamais de sources cachées. Quand on est dans les backrooms, on ne s’appuie que sur ces lumières-là. Le plateau de tournage du film a juste été une extension de mon pipeline habituel : le chef décorateur Danny Vermette et le directeur artistique Alan Derksen ont adapté « en dur » les décors que j’avais créés sur les fichiers Blender. » Donc le travail de réalisation est dans la lignée de celle de Youtube (ou la fin des médias traditionnels), La Main (Talk to Me, 2022) – la trace de main est présente dans Backrooms – puis Substitution, Bring Her Back (2025) des jumeaux australiens Michael et Danny Philippou, Iron Lung (2026) de Mark E. Fischbach aka Markiplier, Obsession (2025) de Barker, prévu pour la réécriture du film d’horreur culte Massacre à la tronçonneuse (The Texas chain saw massacre, T. Hooper, 1974), c’est donc une réforme de la façon de réaliser dont il s’agit, outre les expériences de films tournés avec les téléphones portables. Heidi Wong, Dylan Clark, Nicolas Curcio, Sam Evenson, Spencer Lackey ou Caleb Phillips se bousculent au portillon ; Sébastien Vanicek, qui a réalisé Vermines (2023), sera produit par Sam Raimi pour tourner le prochain opus de la franchise Evil Dead, Evil Dead Burn ; Inoxtag (Kaizen, 2024, je me suis ennuyé), Michou (Terminal, 2025) ou Natoo (Le Souffle de vie, 2026) ont gagné leur place via le label YouTube Ciné-Club par MK2. Pour la musique, Parsons a collaboré avec le compositeur Edo Van Breemen en s’inspirant de Richard D. James aka Aphex Twin, Boards of Canada ou Burial.
Nous sommes dans un film fantastique, plus que de science fiction, non d’horreur – d’ailleurs le film ne fait pas peur -, comme il est écrit. Encore un film de deux heures. Espérons qu’avec le deuxième déjà dans les tuyaux, on ne vire pas dans une énième lassante franchise.
The exciting arty A24 (2012) has struck again : we are in the parallel but different universes of the delirious and hilarious Everything Everywhere All at Once (Daniel Kwan and Daniel Scheinert, 2022 with the Oscar for Yeoh; J. L. Curtis) where I hadn’t laughed so much since The Big Lebowski (Coen brothers, 1998, Lumière Prize 2026). The effect here is as important as The Blair Witch Project (Daniel Myrick and Eduardo Sánchez, 1999, the same year as Being John Malkovich by the arty Spike Jonze), found footage in hand, itself inspired by Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980); there will be [REC] (Jaume Balaguero and Paco Plaza, 2007), Unfriended (Levan Gabriadze, 2015) and Host (Rob Savage, 2020). « You could compare it to Sam Raimi in the early 1980s making Evil Dead » according to Éric Falardeau, assistant professor of film at Laval University. We’re somewhere between Repulsion (Polanski, 1965) and Exit 8 (8-ban deguchi, G. Kawamura, 2025), which draw inspiration from Last Year at Marienbad (A. Resnais, 1961, based on the screenplay by Robbe-Grillet), by way of Japanese films centered around En boucle (Ribâ, nagarenaide yo, 2023, J. Yamaguchi), the Severance series (2022-), and games, sometimes arcade-style, including Portal, Half-Life 2, Garry’s Mod, Minecraft, and LittleBigPlanet. However, homo, the backroom isn’t what you think, no rabbit hole—although… ! Here, we find ourselves, through geeky channels, in Beckett’s The Depopulator, with a touch of Mark Z. Danielewski’s House of Leaves, where cinema is discussed, even Borges, in the style of M. C. Escher, via Piranesi, and the house of Mrs. Winchester, from Aymé’s The Man Who Could Walk Through Walls, with a hint of Picasso, the initial title being Effigy. It’s a lore. It’s the 90s aesthetic film of Gen Z and its anxieties, particularly the fear of the future, what Spring Breakers (H. Korine, 2012) was for the Tumblr aesthetic of the time. Citizen Kane Parsons emerges on the cinematic scene.
Born the same year as YouTube, son of a video game developer, occasional amateur dubstep DJ, and a therapist (like, instead of Cristin Milioti, the beautiful Renate in Kline like Melanie Klein, « It’s like describing a dog to someone who’s never seen one, then asking them to draw one« , coming of Julie (in 12 chapters), Verdens verste menneske, 2021, Best Actress award at Cannes, and Sentimental Value, Affeksjonsverdi, 2025, Joachim Trier; Fjord by Cristian Mungiu, Palme d’Or at the 2026 Cannes Film Festival), divorced when he was 7, Parsons, arthritic, living in Petaluma (Northern California), launched, under the pseudonym Kane Pixels, his YouTube channel at 9. It all started with a creepypasta (creepy urban legends on the internet; I was familiar with the one about the snake in a supermarket or in a toilet bowl; see Edgar Morin’s The Rumor of Orléans » which stated the obvious, as it does here in open-plan offices) : like in Lynch’s Lost Highway (1997), with the Mystery Man superimposed on Robert Blake — the one from Richard Brooks’s In Cold Blood (1967), based on the non-fiction novel by Capote — who murdered his wife; although Renate is thinking more of Blue Velvet (1986), but I see it more as Inland Empire (2006) and especially the black lodge or the red room in Twin Peaks (1989-1992, 2014); besides, the « Redrum » from Kubrick’s The Shining (1980) in Backrooms isn’t far off), without this transcendentalist charade, or Haneke in Hidden (2005), a photo from June 12, 2002 on the 4chan forum of liminal spaces (liminal spaces; The Ultimate Liminal Space Compilation) which Augé described as a non-issue, during the renovation of a furniture store in the small town of Oshkosh in Wisconsin, which caused a frenzy among internet users via Reddit and Wiki (Fandom and Wikidot) and torrents of collaborative writing (SCP Foundation) with this reference comment, thousands of cursed images aggregated by internet users, « If you are not careful and you ‘no-clip’ [bugs by which a player passes through the simulation wall and accesses the game’s twists and turns] out of reality in the wrong place, you’ll end up in the backrooms where there’s nothing but the musty smell of old, damp carpet, a monochrome yellow madness, and the endless hum of neon lights » in addition to easter eggs worthy of Ready Player One (S. Spielberg, 2018). Hence Parsons’s nod to the store. These images « tickle us in the same way as a childhood memory with a completely hazy context. A simple visual flash.« . The liminal space in art is not new : Gertrude Stein; Surrealism, where the figure of the Minotaur is prominent, with the metaphysical period of Giorgio de Chirico, Dali, and Yves Tanguy, the landscapes of Magritte, the texts of André Breton; Edward Hopper, a decisive influence in cinema, particularly American but also Argento; Robert Smithson in New Jersey in the 1960s; the installations of these Räumen or rooms by the German Gregor Schneider since the 1980s; the work of the New York photographer Craig Kalpakjian succeeding the objectivism of a Gurski after the Bechers; the pool rooms of Jared Pike; the French artist Julien Discrit with the installation Forever Reverb (1958), presented at the Lyon Biennale 2023 as well as his film Edited Memories (2025). A 24-episode series created by Parsons using open-source 3D software like Blender and Adobe After Effects, including Element 3D, was a smash hit : the new Hollywood (21 Laps Entertainment, Atomic Monster, Chernin Entertainment, and Oddfellows Pictures, with producers and directors Shawn Levy, Stranger Things, James Wan, an Australian filmmaker born in Malaysia, known for the Saw, Insidious, and Conjuring franchises, a talent scout, Jason Blum, Paranormal Activity, O. Peli, 2007, Get Out, J. Peel, 2017, and Paul Chernin, Broadway, Corman, and MTV music video directors) sensed the opportunity (costing $10 million, it grossed at least $12 million in its opening weekend) just in time, because Parsons, 20, wanted to develop a TV series, even eclipsing the Disney series Star Wars : The Mandalorian and Grogu (Jon Favreau, 2026), a spin-off, Gen Z might be getting a little tired of being taken for fools.
Inspiration ? “Certain films were important, like Mark Romanek’s One Hour Photo (2002), which was a major reference for Backrooms. Punishment Park [P. Watkins] too, a 1971 film that I love and which is a superb example of found footage. The China Syndrome [by James Bridges, 1979] is one of my favorite films and, more recently, I really enjoyed Bugonia [by Yorgos Lanthimos, 2025]. But I’m more into TV series” including the British series Utopia, which aired in the early 2010s, and Mr. Robot with Rami Malek. What’s interesting is the diversity of the imagery : flashbacks, reverse shots, low-quality footage (VHS, surveillance cameras), different image formats; a magnificent vertical tracking shot from above, reminiscent of Hitchcock. For the live lighting, he « bought out every Titan Tube in Vancouver [Titan Tubes are LED light tubes made by the German brand Astera, lighting equipment prized in film, photography, events, and stage production] to create a very consistent fluorescent effect, and on screen, there are almost never any hidden light sources. When we’re in the backrooms, we rely solely on those lights. The film set was simply an extension of my usual pipeline : production designer Danny Vermette and art director Alan Derksen physically adapted the sets I had created in the Blender files. » So the directing process is in line with that of YouTube (or the end of traditional media), Talk to Me (2022) – The handprint is present in Backrooms – then Substitution, Bring Her Back (2025) by Australian twins Michael and Danny Philippou, Iron Lung (2026) by Mark E. Fischbach aka Markiplier, Obsession (2025) by Barker, planned for a rewrite of the cult horror film The Texas Chain Saw Massacre (T. Hooper, 1974), so it’s a reform of the way of making films that is at stake, in addition to the experiments of films shot with mobile phones. Heidi Wong, Dylan Clark, Nicolas Curcio, Sam Evenson, Spencer Lackey, and Caleb Phillips are all vying for the role; Sébastien Vanicek, who directed Vermines (2023), will be produced by Sam Raimi to direct the next installment of the Evil Dead franchise, Evil Dead Burn; Inoxtag (Kaizen, 2024, I was bored), Michou (Terminal, 2025) and Natoo (The Breath of Life, 2026) earned their place through the YouTube Ciné-Club label by MK2. For the music, Parsons collaborated with composer Edo Van Breemen, drawing inspiration from Richard D. James aka Aphex Twin, Boards of Canada and Burial.
This is a science fiction film, not a horror film —in fact, the film isn’t scary —as he writes. Another two-hour film. Let’s hope that with the second one already in the works, we don’t end up with yet another tiresome franchise.
Entra en los «Backrooms» con Alicia por la madriguera del conejo
El apasionante y vanguardista estudio A24 (fundado en 2012) ha vuelto a la carga: nos encontramos en universos paralelos —aunque distintos— similares a la desenfrenada y divertidísima Everything Everywhere All at Once (Daniel Kwan y Daniel Scheinert, 2022; ganadora del Óscar para Yeoh y J.L. Curtis), una película que me hizo reír tanto como The Big Lebowski (hermanos Coen, 1998). Su impacto rivaliza con el de The Blair Witch Project (Daniel Myrick y Eduardo Sánchez, 1999 —el mismo año de Being John Malkovich, del vanguardista Spike Jonze)—, al utilizar el estilo de «metraje encontrado» (found footage) —inspirado a su vez en Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980)— y allanar el camino para películas como [REC] (Jaume Balagueró y Paco Plaza, 2007), Unfriended (Levan Gabriadze, 2015) y Host (Rob Savage, 2020). «Podría compararse con Sam Raimi rodando Evil Dead a principios de los años 80», afirma Éric Falardeau, profesor adjunto de estudios cinematográficos en la Universidad Laval. La obra se sitúa a medio camino entre Repulsion (Polanski, 1965) y Exit 8 (G. Kawamura, 2025) —ambas influidas por El año pasado en Marienbad (L’année dernière à Marienbad, Last Year at Marienbad, A. Resnais, 1961, basada en el guion de Robbe-Grillet)—, al tiempo que evoca películas japonesas como River (J. Yamaguchi, 2023), la serie Severance (2022–) y diversos videojuegos —incluidos títulos de arcade— como Portal, Half-Life 2, Garry’s Mod, Minecraft y LittleBigPlanet. Sin embargo, para el público gay : la «backroom» (cuarto oscuro) de aquí no es lo que parece; no hay ninguna «madriguera de conejo» de por medio… ¿o sí? Aquí, a través de una sensibilidad geek, nos adentramos en el universo de Los perdidos (Lé dépeupleur, The Lost Ones) de Beckett —con ecos de La casa de hojas (House of Leaves) de Mark Z. Danielewski—, donde el cine e incluso Borges se exploran mediante una óptica al estilo de M.C. Escher (que evoca Piranesi y la Winchester Mystery House) y de El hombre que atravesaba las paredes (Le Passe-muraille) de Marcel Aymé, todo ello con un toque picassiano; el título provisional del proyecto era Effigy. Se trata de un universo de ficción —o una mitología propia— que se revela a través de pistas en lugar de una trama convencional. Es la película definitiva que captura la estética de los años 90 propia de la Generación Z y sus ansiedades —en particular, el miedo al futuro—, tal como lo hizo Spring Breakers (H. Korine, 2012) con la estética Tumblr de su época. Está surgiendo una figura de la talla de Ciudadano Kane en el panorama cinematográfico.
Nacido el mismo año que YouTube —hijo de un desarrollador de videojuegos (que también es DJ aficionado de dubstep ocasional) y de una terapeuta—, Parsons, quien padece artritis y vive en Petaluma (norte de California), lanzó su canal de YouTube bajo el seudónimo de Kane Pixels a los nueve años; sus padres se divorciaron cuando él tenía siete. Todo comenzó con una creepypasta (esas leyendas urbanas inquietantes de internet —yo conocía la variedad de la serpiente en el supermercado o en el inodoro; véase El rumor de Orleans, La rumeur d’Orléans del difunto Edgar Morin, quien señalaba lo obvio tal como hace la gente aquí respecto a las oficinas de planta abierta—) que evocaba a Lynch (pensemos en Lost Highway [1997] y en el Hombre Misterioso interpretado por un Robert Blake fuertemente maquillado —el mismo actor que protagonizó In Cold Blood [1967], de Richard Brooks, basada en la novela de no ficción de Capote, y que en la vida real asesinó a su propia esposa; aunque Renate se inclina más por Blue Velvet [1986], yo percibo ecos de Inland Empire [2006] y, sobre todo, de la Logia Negra o la Habitación Roja de Twin Peaks [1989–1992, 2014] —por no mencionar el «Redrum» de The Shining [1980], de Kubrick, que no desentona en el contexto de los *Backrooms*—), pero sin los despropósitos de la Meditación Trascendental (aquí sustituida por teorías conspirativas) ni el estilo de Caché (Oculto, 2005), de Haneke; todo se origina en una fotografía tomada el 12 de junio de 2002 —durante la reforma de una tienda de muebles en la pequeña localidad de Oshkosh, Wisconsin— y publicada en el foro de 4chan dedicado a los «espacios liminales» (lo que Marc Augé denominó “no lugares”), la cual desató el furor entre los usuarios de internet a través de Reddit, wikis (Fandom y Wikidot) y torrentes de escritura colaborativa (la Fundación SCP), junto con el comentario fundacional —y los miles de imágenes «malditas» recopiladas por usuarios de internet— que afirmaba : «Si no tienes cuidado y atraviesas la realidad por error —mediante un no-clip (un fallo técnico o glitch que permite al jugador traspasar una pared de la simulación para acceder a zonas ocultas o trucos visuales)— en el lugar equivocado, acabarás en los Backrooms, donde no hay nada más que el olor a alfombra vieja, húmeda y mohosa, una locura amarilla monocromática y el zumbido incesante de las luces fluorescentes»; por no hablar de los easter eggs dignos de Ready Player One (S. Spielberg, 2018). De ahí la referencia de Parsons a la tienda. Estas imágenes «nos provocan la misma sensación que un recuerdo de la infancia cuyo contexto está totalmente difuminado. Un simple destello visual». El concepto de espacio liminal en el arte no es nuevo: basta pensar en Gertrude Stein; en el surrealismo —donde la figura del Minotauro cobra gran relevancia—, que abarca desde la etapa metafísica de Giorgio de Chirico, pasando por Dalí, Yves Tanguy y los paisajes de Magritte, hasta los escritos de André Breton; en Edward Hopper, una influencia decisiva para el cine (especialmente el estadounidense, pero también para Argento); en Robert Smithson en Nueva Jersey durante los años sesenta; en las instalaciones Räume (habitaciones) del artista alemán Gregor Schneider, creadas desde la década de 1980; en la obra del fotógrafo neoyorquino Craig Kalpakjian, que sigue la línea objetivista de Gurski (sucesor de los Becher); en las «pool rooms» de Jared Pike; y en el artista francés Julien Discrit, con su instalación Forever Reverb (1958) —presentada en la Bienal de Lyon de 2023—, así como con su película Edited Memories (2025). Una serie de 24 episodios creada por Parsons utilizando software 3D de código abierto (Blender) y Adobe After Effects (incluido el *plugin* Element 3D) se convirtió en un éxito rotundo; El grupo de la nueva nueva Hollywood —que incluye productoras como 21 Laps Entertainment, Atomic Monster, Chernin Entertainment y Oddfellows Pictures, junto a figuras como Shawn Levy (Stranger Things), James Wan (el cineasta australiano de origen malasio responsable de las franquicias Saw, Insidious y The Conjuring), el productor Jason Blum (Paranormal Activity, Get Out) y Paul Chernin (cuya trayectoria abarca Broadway, el estudio de Roger Corman y los vídeos musicales de MTV)— identificó un éxito seguro: un proyecto con un coste de 10 millones de dólares que recaudó al menos 12 millones tan solo en su fin de semana de estreno. El momento fue idóneo, ya que Parsons —que entonces tenía 20 años— buscaba desarrollar una serie de televisión; el proyecto incluso logró eclipsar al *spin-off* de Star Wars de Disney, The Mandalorian and Grogu (Jon Favreau, 2026), tal vez porque la Generación Z empieza a cansarse de que la traten como a una tonta.
¿Inspiración? “Ciertas películas fueron importantes, como One Hour Photo (2002) de Mark Romanek, que fue una referencia importante para Backrooms. Punishment Park [P. Watkins] también, una película de 1971 que me encanta y que es un magnífico ejemplo de metraje encontrado. El síndrome de China[de James Bridges, 1979] es una de mis películas favoritas y, más recientemente, disfruté mucho de Bugonia[de Yorgos Lanthimos, 2025]. Pero me gustan más las series de televisión”, incluyendo la serie británica Utopia, que se emitió a principios de la década de 2010, y Mr. Robot con Rami Malek. Lo interesante es la diversidad de las imágenes, incluyendo metraje de baja calidad (VHS, cámaras de vigilancia), diferentes formatos, flashbacks, tomas inversas; una magnífica toma vertical en movimiento desde arriba, que recuerda a Hitchcock. Para la iluminación en vivo, « compró todos los Titan Tubes en Vancouver [los Titan Tubes son tubos de luz LED fabricados por la marca alemana Astera, equipos de iluminación muy valorados en el cine, la fotografía, la producción de eventos y la escenografía] para crear una estética fluorescente muy uniforme; además, en pantalla casi nunca se ven fuentes de luz visibles. Cuando estás en los Backrooms, dependes exclusivamente de esas luces. El set de rodaje fue simplemente una extensión de mi flujo de trabajo habitual : el diseñador de producción Danny Vermette y el director de arte Alan Derksen construyeron físicamente los escenarios que yo había creado originalmente en archivos de Blender”. Así, este enfoque cinematográfico sigue la estela de creadores surgidos en YouTube (lo que marca el fin de los medios tradicionales) : desde Talk to Me (2022) —donde también aparece el motivo de la huella de la mano, presente asimismo en Backrooms— hasta la próxima película de los gemelos australianos Michael y Danny Philippou, Bring Her Back (2025); Iron Lung (2026) de Mark E. Fischbach (conocido como Markiplier); y Obsession (2025), de Barker, prevista como una reinterpretación del clásico de culto del terror The Texas Chain Saw Massacre (T. Hooper, 1974). Esto representa un cambio fundamental en los métodos de creación cinematográfica, distinto de los experimentos que utilizan la grabación con teléfonos móviles. Una oleada de nuevos talentos reclama oportunidades, entre ellos Heidi Wong, Dylan Clark, Nicolas Curcio, Sam Evenson, Spencer Lackey y Caleb Phillips; Sébastien Vanicek, director de Infested (2023), dirigirá la próxima entrega de Evil Dead, titulada Evil Dead Burn, con Sam Raimi en la producción; y creadores como Inoxtag (Kaizen, 2024 —aunque a mí me pareció aburrida), Michou (Terminal, 2025) y Natoo (Le Souffle de vie, 2026) se han ganado su lugar gracias al sello YouTube Ciné-Club de MK2. Para la banda sonora, Parsons colaboró con el compositor Edo Van Breemen, inspirándose en artistas como Richard D. James (Aphex Twin), Boards of Canada y Burial.
Se trata más bien de una película de fantasía que de ciencia ficción —y ciertamente no de terror; de hecho, no da miedo—, a diferencia de lo que sugiere la descripción. Es otra película más de dos horas de duración. Cabe esperar que, con una secuela ya en preparación, no acabemos con otra franquicia tediosa.
bolo bolo pour le boloss bogoss avec sa meuf=fimbi MOF, drôle de crush, MDR
zyva avec sa gaga moula-gang de ouf, il fait – yolo – la mala grave – le sbeul – à Malaga où il ken sa Barbie®, malgré daron, daronne à côté – Malaga, quoi
déter-à-terre, le babtou moob au gros seum=yomb a arraché le chiendent=été au persil grâce aux bébars=pilules=pétas=carottes=douilles=ottecas : casse de durailles=diams=rapes d’Orient à coups de pressons et de percerettes, a bijouté=fait le flic-flac=écorné un boucard avec RPG et AK, comme Jacob et Delafon®, en plein jour – voilà le chiendent – par les avales-tout-cru pour qui en croque ; y’a de la graisse pour la grenouille, plus d’un million – bousin bouffe grenouille, le scorpion et la grenouille, hypothèque pour apothèque. trier les bijoux d’exposition car, selon Cartier®, il existe sans soucis des diams aussi vrais que ceux du Canada. y’a du schproum ! un blessé. envers et contre tous, T’as voulu voir Anvers, t’as vu Montmartre. le fait divers, blitz au Ritz®, le gang des papys contre l’influenceuse aux proéminentes demi-lunes=joues de la nuit=doudounes=jumelles=sybilles=ruelles aux vesses=tirelires=proses=salles de danse=contrebasses=bases=deux sœurs=faces du grand Turc – Kanye est à l’West -, se retrouve dans la seconde dans les médias en boucle ; Tournachon en fait un bâtard beurré, une grosse bouteille, qui finira comme un bouillon – cheh !, déso pas déso. Fuir en plein jour, sous l’effet Dunning-Kruger, en s’enduisant le visage, à découvert, de jus de citron afin d’être invisible devant les caméras de surveillance comme pour l’encre sympathique – le polaroïd faisant foi, sans chômer, nicht tchop, en trottinette électrique puis scoot’, atteint du syndrome de l’écureuil, puis aller au moulin chez le carreur=fourga=crossin pour le restant malgré – i love lovés et kichtas. disséminer de la crotte de lion lyophilisée pour perturber l’odorat des alarmistes=tambours=boules=clebs
[in English in 2nd part] 50 ans d’art contemporain à Lyon. Une expo sur le performeur Guillaumond, créateur du CAP Saint-Fons. Les débats sont retransmis dans la mezzanine avec sièges. L’auditorium du MAC est bondé, beaucoup d’étudiant.e.s des Beaux-arts, dont une demi-rangée complète derrière d’étudiantes qui n’en ont rien à faire, parlent et finissent heureusement par partir. Une folasse à grand chapeau genre poncho me fait dès mon arrivée une scène car mon téléphone portable serait trop brillant – elle finira heureusement par partir; un étudiant woke de Sciences Po, coupe mulet et boucle d’oreille à la mode (il doit sans doute ignorer que cela se faisait à la Renaissance) surenchérit, je lui fais remarquer que l’écran d’ordinateur de l’étudiant devant a la même intensité. Fabienne DUMONT, Professeure d’histoire de l’art contemporain à l’Université Monnet (St Etienne) et critique d’art, modère. 7 minutes d’intervention pour chacun. Réunion de vieux briscards ?
La structure
Symposium
Hubert Besacier, co-Directeur artistique, avec la stéphanoise Orlan, du Symposium international d’art-performance (1978-1983). Au bout de 5 ans, parution rétrospective, de par la fluidité du concept, de performances, pas tant un catalogue. Parution dans le n°3 d’ArTitudes, consacrée à l’art corporel, fondée en 1971 par François Pluchart : Gina Pane, 1970, G. Maciunas, 1978 (Fluxus), l’exposition de Bologne ; G. di Maggio, Kuntz. A l’Elac, il y a une expo Fluxus. Le premier Symposium consistait à montrer ce qui se faisait. Il y avait aussi des colloques. S’il n’y avait pas de subvention, les Consulats s’investissaient (Goethe institut, etc.). Ils avaient constitué un fichier des habitants concernant l’intérêt pour l’art contemporain, en fonction de la langue, afin de loger les artistes. Les partenaires : l’Elac, l’Auditorium, la Maison de la danse, un peu le MAC, des galeries (la collection Stadler, l’Ollave, galerie-librairie, avec le regretté Jean de Breyne que j’ai pu rencontrer pour son livre d’artiste (sérigraphie), L’épaisseur du temps aussi, son dernier livre, en 2023, avec les illustrations, proches de l’art brut, de sa femme Martina Kramer, traductrice et éditrice, à l’atelier Chalopin, le regretté Valère Novarina dont on voit une photo, la galerie 32, Michel Journiac, les galeries Berlin et Nelson. Des lieux associatifs aussi : le Frigo, Les Rabattus. Des lieux privés : ateliers, des studios de danse, le cinéma du réalisateur expérimental Georges Rey dans le 3e, la Condition des Soies, le Palais de la Bourse, l’usine des eaux de Grand Camp devenu la salle de concert Transbordeur, etc. Jan Fabre avait fait une performance de 8h. Il y avait des murs de moniteurs prêtés par Beaubourg. Les actions de rue : Salomé, un trans en Geisha tenant Castelli en léopard en laisse place Canot ; Liège est présent avec des biberons remplis de pétrole pour dénoncer l’une des crises pétrolières. Des journalistes et critiques étaient présents : Deroudille, etc. Picq filmait, Gaget photographiait. Il y avait des subventions de la mairie pour payer les artistes. Par exemple, avec Bernard Heidsieck ; alors que Besacier lui présente un piano, Charlemagne Palestine voulait jouer uniquement sur un Bösendorfer, société qui a offert un beau chèque pour en louer un.
Besacier & Orlan, Foire de Bologne, 1979
Le contexte : l’art corporel était en bout de course, Gina Pane peint. Gutai, les Actionnistes et d’autres se rebellaient contre la société d’avant, autoritarisme, nazisme, fascisme, etc. Le dernier terrain de l’art corporel était le Portugal et l’Espagne, qui sortaient de régime autoritaire, la Pologne encore sous la férule du communisme dur. Tout allait vers le théâtre, au mieux, c’était plus spectaculaire, vers le spectacle surtout et finalement. On passe, comme le dit un critique d’art italien, de la performance nue (la douleur explorée avec Valie Export, Gina Pane, Marina Abramović, etc.) à la performance vêtue. Le féminisme était prégnant avec le corps nu et les revendications du corps de la femme (Carolee Schneemann par exemple).
ELAC
Marie-Claude Jeune, Directrice de l’Elac (Espace Lyonnais d’Art Contemporain, 1978-1986) puis Directrice Arts plastiques à la DRAC. Elle est un petit peu confuse. Elle n’y connaissait rien. L’Elac était dans Perrache, ce furoncle honteux de l’assureur et maire, inspiré de LA, Zizi Béton aka Pradel. Expo Fluxus en 1979 avec l’aide des étudiants aux Beaux-arts, Les œuvres plastiques de performeurs en 1985 pour le 3e Symposium. Il s’agissait d’utiliser un lieu fait pour ça. Ben et di Maggio, rentrant une main dans une boîte, avaient une force, une compréhension de l’espace. Des œuvres participatives. L’Elac a été fermé par la mairie. Il y avait une installation de Wolf Vostell, un carré grillagé avec des tv en pain et des chiens dans la cage pour attaquer la soupe diffusée par la tv. La ligue protectrice des animaux s’est rebellée. Les étudiants ont profité de sa naïveté. Ben était dans le mail art, il y avait une carte de Carl André. L’ouverture pointait avec Giuseppe Chiari et des violoncelles. Ben tape sur un piano sur un piano avec des touches clouées (hommage de Ben à George Maciunas, Jeune confond avec G. Brecht). Ben peignait avec de la peinture noire sur les cheveux sur du sel (500 kg !) jusqu’au lustre de Perrache, un long chemin. C’était ludique. Il y avait une participation active. Il y avait un journal de l’Elac. Pane déplaçait des œuvres dans une vitrine en verre.
Collectif Frigo
Alain Garland est membre du collectif Frigo (1978-1990) depuis sa création en 1978 ; il a dirigé 2 centres dramatiques. Les autres lurons : Gérard Bourgey, Gérard Couty ; soit deux étudiants des Beaux-arts et un comédien. Ils ont participé au 3e Symposium, ils ont accueilli le Symposium. C’était dans une fromagerie qui puait, avec des tonnes d’étiquettes, une mûrisserie d’Emmental à la Guillotière. C’était beaucoup autour du théâtre. Ils vivaient du graphisme (TNP, l’orchestre de Lille, la maison des arts et de la culture de Grenoble, etc.). Ils sont vite rejoints par Mike Hentz, Charles Picq puis Rotraut Pape, Jacques Bigot, Christian Vanderborght et enfin Thomas Balestrieri, Serge Boissat, Jacques Bigot, Philippe Dibilio, Cécile Dumas, Gilles Grand, Robert Lapassade, Marc Moget, Michel Piet, ChristianVanderborght, Marie-Christine Vernay, Philippe Vorburger, Anne We. Il y avait des faits divers dans le magasin : p. Achoury ; la vie courte. Pas de subvention. S’inspirer d’ « Orlan-corps », ou mesurer avec son corps les bâtiments publics. Il y avait possibilité de salir le lieu, de faire du feu. Avec quelques complices une TV pirate, remodèle les studios de TF1, écrit l’Avis de Décès du Théâtre National Populaire, roule une pierre de cinq tonnes jusqu’en Inde, invite Michael Nyman, filme Hermann Nitsch, Paul McCarthy, fait du Potlatch à Hambourg, est à la Documenta 8, à Ars Electronica à Linz en Autriche, etc. Charles Picq archive la danse contemporaine : enregistrement de chorégraphies, vidéos artistiques. Ils ont travaillé un peu avec le TNP ; il y avait une pièce d’Heiner Müller, Philoctète (1964), suite au suicide de sa femme, la poétesse Inge. Il évoque avec difficulté Einstürzende Neubauten qui est venu jouer, il ne sait pas prononcer l’Allemand (je les ai vus aux Nuits sonores en 2008 et Blixa Bargeld avec Alva Noto, ANBB, à Berlin au mythique Berghain en 2010). Il y avait la radio libre Bellevue 95.8. Il y a eu au MAC une expo Frigo Génération 78/90 de mars à septembre 2017 avec reconstitution interactive et ludique du studio radio.
Sylvie Ferré, Polysonnerie (1998-2003)
J’ai assisté à la dernière Polysonnerie, je me souviens, du temps du dirlo Suisse, Klaus Hänsch, des Subs, du Coyote qui balançait des noix. Ferré a poursuivi la tradition des performances à la suite des Symposium. Il s’agissait de rencontrer les réseaux et les artistes. Ferré a officié à Radio Vienne et Radio Bellevue (Frigo). Il y avait beaucoup de performeuses : 3 rencontres (1999, antichambre ; 2001, 2003) et une annulée. En 1998, il y a eu la rencontre avec Troux, adjoint à la culture et directeur des Subsistances. Pas de subventions de la mairie mais elle en a eues de l’Europe. Elle a rencontré Poitevin (aka Blaine), adjoint à la culture de Vigouroux, créateur de la Friche Belle de mai et du CipM, poète et performeur, le regretté et Mao que de col Philippe Foulquié, co-fondateur de la Friche Belle de mai (je me souviens du brillant Fabrice Lextrait qui est venu aux rencontres des Nuits sonores) et directeur du théâtre de marionnettes Massalia qui vient de nous quitter Régis Neyret à Lyon. Suite au retrait de l’armée, les Subs étaient vides. Paul Gremeret, 1999. La Mapra a financé une performance dans ses vitrines. Hertz, Bianca Mena. Colloque avec le critique d’art Restany et Bull (Vancouver). On voit Orlan dans un divan Emmaüs façon Henri Chapier : le baiser de l’artiste, Ferré avait du rouge sur son rouge à lèvres. La définition de la performance selon Orlan : « Un cadre vide où les pratiques d’avant viennent s’interroger. C’est une rupture dans l’histoire de l’art au même titre que Malévitch, c’est un autre rapport au public qui n’est pas acteur mais actant avec une mise à nu devant le public hors simulacre. Ce n’est pas un spectacle. Il s’agit de dépasser les limites physiques et psychologiques ». V. Barras, B. Heidsieck, Akenaton (Doc(k)s, voir expo actuelle au CipM où figurent des photos argentiques de Ferré sur Polysonnerie). Beaucoup de bénévoles [je rencontre Aurélia aka Aurea Lacerre, beaux-arts, désormais portraitiste, tableau de musiciens de jazz et décoratrice]. Les Subs se sont ripolinés. La cubaine Coco Fusco, 2001. Jan Fabre, Sanguinis mortis). Jaap Blonk, Julie Andrée T, performeuse québécoise fabuleuse, Bartolomé Ferrando, Bobillot, les BoxoN, quelqu’un de Satellite. Fimé par Diesel production ; Magyar moleny ; le Suisse Luber ; FA3 du Québec. 3 t de matériel avec le Centre culturel Canadien, l’AFAA, l’Interfestival international. La Mapra est devenue un centre d’information sur la performance. Les médias : Le Monde, Libération, A. de Caunes (Trax) et une agence de pub. Il y avait même un encart dans la revue du TGV ! Une partie des archives sont parties au Canada, une autre à la bibliothèque Kandinsky à Pompidou.
S’ensuit de l’écosexualité, Ecosex Manifesto d’après Sprinkles et Stephens, ridicule – faire l’amour à la terre, de Lundy Grandpré (2018), qui a commencé au CAP St Fons et à la Factatory avec Lucile Genin, jeune plasticienne sortie des Beaux-arts, et Akène Lenoir, danseur. La galeriste Françoise Besson, avec son chapeau, arrive vers la fin. Se retrouver à poil dans un jardin; les plantes dont s’occupaient les sorcières avec banc et hauts-parleurs. Problèmes de censure. La médiatrice Françoise Lonardoni ne me reconnaît pas. Je vois Davis Gauthier de l’ENS qui fait une crise d’agoraphobie, fatigué par le marathon MAC.
—
Pioneering Supporters of Performance Art in Lyon
50 Years of Contemporary Art in Lyon. An exhibition on the performance artist Guillaumond, creator of CAP Saint-Fons. The discussions are broadcast in the mezzanine with seating. The MAC auditorium is packed, full of fine arts students, including a whole row of female students behind who couldn’t care less, talking and thankfully eventually leaving. A wild woman in a large poncho-like hat makes a scene as soon as I arrive because my cell phone is supposedly too bright—she thankfully eventually leaves; a woke Sciences Po student with a mullet and a trendy earring (he probably doesn’t know that this was fashionable during the Renaissance) chimes in, and I point out that the computer screen of the student in front of him has the same intensity. Fabienne Dumont, Professor of Contemporary Art History at Monnet University (Saint-Étienne) and art critic, moderates the discussion. 7 minutes for each speaker. A gathering of seasoned veterans?
The Structure
Symposium
Hubert Besacier, co-artistic director, with Orlan from Saint-Étienne, of the International Symposium of Performance Art (1978-1983). After five years, a retrospective publication, reflecting the fluidity of the concept, focused on performances rather than a catalogue. It appeared in issue no. 3 of ArTitudes, dedicated to body art, founded in 1971 by François Pluchart: Gina Pane, 1970; G. Maciunas, 1978 (Fluxus), the Bologna exhibition; G. di Maggio, Kuntz. At the ELAC (European League of Contemporary Art), there is a Fluxus exhibition. The first Symposium aimed to showcase existing work. There were also colloquia. In the absence of subsidies, consulates (Goethe Institute, etc.) stepped in. They compiled a database of residents’ interest in contemporary art, categorized by language, to help house the artists. The partners: Elac, the Auditorium, the Maison de la Danse, a little bit of the MAC, galleries (the Stadler Collection, L’Ollave, a gallery-bookshop, with the late Jean de Breyne whom I had the pleasure of meeting for his artist’s book (screen print), L’Éthique du Temps (also his last book, in 2023, with illustrations, close to Art Brut, by his wife Martina Kramer, translator and editor, at the Chalopin workshop), the late Valère Novarina (a photo of whom is shown), Galerie 32, Michel Journiac, the Berlin and Nelson galleries. Community venues as well: Le Frigo, Les Rabattus. Private spaces: workshops, dance studios, the cinema of experimental filmmaker Georges Rey in the 3rd arrondissement, La Condition des Soies, the Palais de la Bourse, the Grand Camp waterworks which became the Transbordeur concert hall, etc. Jan Fabre had done an 8-hour performance. There was Walls of monitors loaned by the Centre Pompidou. Street performances: Salomé, a trans woman dressed as a geisha holding Castelli in a leopard print on a leash, in Place Canot; Liège was present with baby bottles filled with oil to denounce one of the oil crises. Journalists and critics were present: Deroudille, etc. Picq filmed, Moget photographed. There were subsidies from the city hall to pay the artists. For example, with Bernard Heidsieck; while Besacier presented him with a piano, Charlemagne Palestine wanted to play only on a Bösendorfer, a company that offered a generous check to rent one.
The context: Body art was on its last legs, Gina Pane was painting. Gutai, the Actionists, and others were rebelling against the old society: authoritarianism, Nazism, fascism, and so on. The last bastions of body art were Portugal and Spain, emerging from authoritarian regimes, and Poland, still under the yoke of harsh communism. Everything was moving toward theater, or at best, more spectacular, toward spectacle above all, and ultimately. As an Italian art critic put it, we moved from nude performance (the pain explored by Valie Export, Gina Pane, Marina Abramović, etc.) to clothed performance. Feminism was pervasive, with the nude body and the demands for women’s bodies (Carolee Schneemann, for example).
ELAC
Marie-Claude Jeune, Director of ELAC (Espace Lyonnais d’Art Contemporain, 1978-1986) and later Director of Visual Arts at the DRAC (Regional Directorate of Cultural Affairs). She’s a little confused. She knew nothing about it. ELAC was in Perrache, that shameful eyesore of the insurance agent and mayor, inspired by LA, Zizi Béton aka Pradel. Fluxus exhibition in 1979 with the help of art students, Performance Art in 1985 for the 3rd Symposium. The idea was to use a space designed for that purpose. Ben and di Maggio, putting a hand into a box, had a force, an understanding of space. Participatory works. ELAC was closed by the city hall. There was an installation by Wolf Vostell, a wire-mesh square with TVs made of bread and dogs in the cage attacking the soup broadcast by the TV. The animal protection league rebelled. The students took advantage of his naiveté. Ben was into mail art; there was a Carl Andre map. The opening featured Giuseppe Chiari and cellos. Ben banged on a piano with nailed keys (Ben’s homage to George Maciunas, Jeune confused with G. Brecht). Ben painted with black paint (until he stained the shirt his husband had lent him) on his hair, on salt (500 kg!), all the way to the Perrache chandelier—a long way. It was playful. There was active participation. There was an Elac journal. Pane moved artworks around in a glass display case.
Frigo
Alain Garland was a member of the Frigo collective (1978-1990) from its inception in 1978; he directed two drama centers. The other members were Gérard Bourgey and Gérard Couty, two fine arts students and an actor. They participated in the 3rd Symposium, and they hosted it. It was held in a smelly cheese shop, covered in labels, an Emmental cheese ripening facility in the Guillotière district. It was very much centered around theater. They made a living from graphic design (TNP, the Lille orchestra, the Grenoble arts and culture center, etc.). They were quickly joined by Mike Hentz, Charles Picq, then Rotraut Pape, Jacques Bigot, Christian Vanderborght, and finally Thomas Balestrieri, Serge Boissat, Jacques Bigot, Philippe Dibilio, Cécile Dumas, Gilles Grand, Robert Lapassade, Marc Moget, Michel Piet, Christian Vanderborght, Marie-Christine Vernay, Philippe Vorburger, and Anne We. There were various incidents in the store: p. Achoury; the short life. No subsidies. To be inspired by « Orlan-corps, » or to measure public buildings with one’s body. There was the possibility of dirtying the place, of making a fire. With a few accomplices, a pirate TV station remodeled the TF1 studios, wrote the obituary for the Théâtre National Populaire, rolled a five-ton stone to India, invited Michael Nyman, filmed Hermann Nitsch and Paul McCarthy, staged a Potlatch in Hamburg, attended Documenta 8, Ars Electronica in Linz, Austria, and so on. Charles Picq archived contemporary dance: recordings of choreographies, artistic videos. They worked a little with the TNP; there was a piece by Heiner Müller, Philoctetes (1964), following the suicide of his wife, the poet Inge. He speaks with difficulty about Einstürzende Neubauten, who came to play, as he doesn’t know how to pronounce German (I saw them at Nuits Sonores in 2008 and Blixa Bargeld with Alva Noto, ANBB, in Berlin at the legendary Berghain in 2010). There was also the free radio station Bellevue 95.8. At the MAC, there was a Frigo Génération 78/90 exhibition from March to September 2017 with an interactive and playful reconstruction of the radio studio.
Sylvie Ferré, Polysonnerie (1998-2003)
I remember attending the last Polysonnerie, back when the Swiss director, Klaus Hänsch, was at Les Subsistances, and Coyote was throwing nuts. Ferré continued the tradition of performances following the Symposiums. The aim was to connect with networks and artists. Ferré worked at Radio Vienne and Radio Bellevue (Frigo). There were many performers: three meetings (1999, antechamber; 2001, 2003) and one that was cancelled. In 1998, there was the meeting with Troux, deputy mayor for culture and director of Les Subsistances. There were no subsidies from the city council, but she did receive funding from Europe. She met Poitevin (aka Blaine), Vigouroux’s deputy mayor for culture, creator of La Friche Belle de Mai and the CipM, poet and performer; the late, great Philippe Foulquié, co-founder of La Friche Belle de Mai (I remember the brilliant Fabrice Lextrait who came to the Nuits Sonores festival) and director of the Massalia puppet theater, who recently passed away; and Régis Neyret in Lyon. Following the army’s withdrawal, the Subs were empty. Paul Gremeret, 1999. Mapra funded a performance in its shop windows. Hertz, Bianca Mena. Symposium with art critic Restany and Bull (Vancouver). We see Orlan on an Emmaus sofa in the style of Henri Chapier: the artist’s kiss, Ferré had red on his lipstick. Orlan’s definition of performance: « An empty frame where past practices come to question themselves. » This is a break in the history of art, on par with Malevich; it’s a different relationship with the public, who are not actors but active participants, with a stripping bare before the public, devoid of pretense. It’s not a spectacle. It’s about transcending physical and psychological limits.” V. Barras, B. Heidsieck, Akenaton (Doc(k)s, see current exhibition at the CipM featuring silver gelatin photographs by Ferré on Polysonnerie). Many volunteers [I meet Aurélia aka Aurea Lacerre, fine arts, now a portraitist, painter of jazz musicians, and decorator]. The Subs got a makeover. Cuban artist Coco Fusco, 2001. Jan Fabre, Sanguinis mortis. Jaap Blonk, Julie Andrée T, a fabulous Quebecois performance artist, Bartolomé Ferrando, Bobillot, the BoxoN collective, someone from Satellite. Filmed by Diesel Production; Magyar Moleny; the Swiss artist Luber; and FA3 from Quebec. 3 tons of material with the Canadian Cultural Centre, AFAA, and Interfestival International. Mapra became a performance art information centre. Media coverage included Le Monde, Libération, A. de Caunes (Trax), and an advertising agency. There was even a feature in the TGV magazine! Part of the archive went to Canada, another part to the Kandinsky Library at the Pompidou Centre.
This is followed by Ecosexuality, Ecosex Manifesto after Sprinkles and Stephens, Ridiculous – Making Love to the Earth, by Lundy Grandpré (2018), which began at CAP St Fons and Factatory with Lucile Genin, a young visual artist fresh out of art school, and Akène Lenoir, a dancer. The gallery owner Françoise Besson, with her hat, arrives towards the end. Imagine finding yourself naked in a garden; the plants that witches tended, complete with a bench and loudspeakers. Censorship issues. The mediator, Françoise Lonardoni, doesn’t recognize me. I see Davis Gauthier from the ENS having an agoraphobic attack, exhausted from the MAC marathon.
[English, 2nd part] Tournage de l’ultime film (titre provisoire : « Mon cinéma ») du tourangeau nerveux Patrice Leconte, à l’aise et généreux, dans la grande salle de l’Institut Lumière. Un immense réflecteur, une caméra massive TSF Arri Alexa avec Swit sur un charriot, plusieurs plans, plusieurs focales, plusieurs prises (2 en général sauf Frémaux – le polo noué autour du cou est-il de droite ? -, se vantant d’avoir un tweet de Monica Bellucci, on ne se refait pas, qui se plante ; disons qu’il n’aura jamais le premier prix du Conservatoire, le dégueulé général du Festival de Cannes, qui a annoncé le programme du Festival dans la journée. Je suis assis à côté d’une superbe membre de l’équipe de l’Institut (elle a une remarque perspicace sur le dialogue de Frémaux dans le film, personne n’utilise « hélas » aujourd’hui), assez critique sur son chef, Frémaux. Leconte nous dirige, le premier assistant surenchérit. Clap à la main puis un membre de l’équipe, applaudi, dévale les escaliers pour apporter un vrai clap qui sera peu utilisé. Bonne ambiance, bonne humeur. Je vois Leconte discuter avec un figurant, qui sort de l’hôpital, qu’il présente au public. L’hyper émotif, l’écorché vif, charrie les retardataires dont Lionel sans son t-shirt Babar. Leconte, c’est manifeste, aime les gens, les acteurs encore plus. Eric, le comptable, arbore une pochette dans son blazer. Je vois Leconte s’extirper illico de son fauteuil pour évoquer le magnifique Tandem.
Frémaux interroge. Le nerveux Leconte bouge beaucoup des jambes et des mains. Il reste debout tout du long. « Le film, ça été Les spécialistes. Après Les spécialistes, je ne dis pas ça pour me la péter mais ça a été un succès formidable, important, très important. Euh évidemment, les producteurs qui vont au secours du succès m’ont demandé non pas de faire Les spécialistes font du ski mais ce n’était pas loin mais un autre film d’action et d’aventure. Moi, j’avais sous le coude depuis pas mal d’années, mais jamais monté, un projet intitulé Chers amis bonjour, qui est devenu Tandem, enfin c’était ce scénario là et euh je disais au producteur qui me faisait les yeux doux ‘Ecoutez, je suis très touché de ce que vous me proposez, etc. mais il y a un film qui me tient à cœur et que je dois faire depuis longtemps qui s’appelle Tandem‘. Et là, pour le coup, je je me disais, ‘J’ai le droit de faire ça’, mais quand on sort d’un succès dans une catégorie particulière, on ne donne pas d’argent pour. J’ai eu beaucoup de mal à le faire mais je l’ai fait avec une toute petite équipe, on était pas nombreux, un peu comme si c’était un court-métrage, quoi hum avec pas de lumière, sur la pellicule, quelque chose d’authentique, de quotidien, de granuleux et tout ça et puis surtout ce sont les retrouvailles avec Jean Rochefort. Avec Jean Rochefort, il y a prescription, on peut en parler, mais avec mon tout premier film avant Les bronzés, qui s’appelait Les vécés étaient fermés de l’intérieur [1976], on s’était pas entendus du tout du tout, c’était pas, c’était affreux, j’ai failli abandonner le métier. [le public : dommage !] Et puis il a adoré le projet Tandem, le scénario. Je raconte ça souvent mais on ne s’était jamais revus depuis. Je lui fais parvenir, jamais revu, jamais parlé ni rien, c’était le silence total, je lui fais parvenir le scénario de Tandem, et, avant même de le lire, il m’appelle en me disant ‘Patrice, qu’est-ce que j’apprends, tu es devenu fou, tu veux refaire un film avec moi’, ‘Ben non, lis-le, on verra, t’es pas obligé’. Il m’a rappelé le lendemain matin, assez tôt, surtout qu’il m’avait vu le soir même, Patrice j’ai lu, je t’interdis de faire le film sans moi. Et sur le premier jour de tournage, il était très content de faire ce film. Il se sentait bien. Et il m’a dit ‘On a commencé par manger notre pain noir et maintenant, on mange notre pain blanc’. Dans le film, hum, j’ai adoré ce qu’il m’a donné.
Il y a longtemps, le temps passe vite, à Cologne, il y avait un hommage qui lui était rendu, de mon vivant donc on y va, et ils passaient 5 ou 6 films que j’avais fait. Et moi, je ne connais pas Cologne. Avec ma femme, pendant la projection du film, on voulait aller se promener à Cologne, il y a la cathédrale, il y a d’autres trucs, bref. Et puis quand ils ont présenté Tandem, ma femme me dit ‘Oh non, je ne l’ai pas revu depuis longtemps euh, je vais rester voir Tandem‘. Moi, me promener tout seul dans Cologne, non. Donc je suis resté pendant le film. Moi, je ne revois pas mes films tous les soirs, loin de là. Et je ne l’avais pas revu depuis une éternité, enfin très longtemps. Et, c’est pas très modeste, et euh je l’ai trouvé … formidable [applaudissements, Leconte fait signe de la main d’arrêter]. Je me suis levé, devant le public, je leur ai dit ‘Ne m’en veuillez pas, mais je trouve que ce film est formidable’. C’était pas le faux compliment ‘Oui c’est pas mal, c’est très bien.’ Non, j’adore ce film. Mais parce qu’il est lié à plein de trucs. Mais surtout parce que j’ai trouvé que Rochefort et Jugnot étaient exceptionnels, de connivence, de fêlures, de zones d’ombre, de tristesse, de désenchantement, du côté factice, de tout ce que je voulais mettre dans le film. Et, je ne sais pas ce que je peux raconter d’autre, si ce n’est que ce film [rires de Leconte et du public]. Il y a des gens qui n’ont jamais vus le film ? Oulah [Il fait semblant de partir].
Patrick Dewolf, oui [il vient de mourir, c’est le co-scénariste de Tandem]. C’était mon meilleur ami. Et sur le scénario de Tandem, il y avait un petit truc qui me chiffonnait, un truc qui ne fonctionnait pas bien, pas pile poil. Et lui, il a pointé du doigt ce qui n’allait pas et il m’a fait une proposition qui ne change pas tout mais change beaucoup de choses. J’ai écrit avec Dewolf l’adaptation de Simenon, Monsieur Hire[1989], on a écrit ensemble autre chose, je ne sais plus quoi, on s’est un peu, c’est un peu comme les trains qui roulent côte à côte et puis il y en a un qui … Mais on ne s’est pas séparés mais enfin perdus.
Cocciante : moi, je voulais depuis toujours une chanson d’amour italienne. Vous savez les italiens quand ils chantent, quand ils sont amoureux et qu’ils chantent, on a l’impression qu’ils souffrent, que c’est terrible, ils ont la voix rauque, ils souffrent, quoi, les Italiens, c’est connu mais je voulais qu’il y ait une chanson d’amour italienne. Ce ce n’est pas une chanson qu’on a racheté à Richard Cocciante, c’est une chanson qui a été composée pour le film, écrite [pour les paroles] par François Bernheim et quand on l’a proposée à Richard Cocciante, le premier jour, Cocciante s’est mis au piano et il a pris en main, à bras le corps cette chanson, j’avais quoi, j’étais enchanté, c’était formidable. C’est resté eh et j’adore cette chanson. C’est vrai. Un film, c’est un ensemble. Mai si j’aime ce film c’est parce que les acteurs sont très bons, c’est parce que la chanson est magnifique, c’est parce que ça dure moins d’une heure et demi [rires].
Mouettes
Frémaux s’est éclipsé. Leconte revient lors de la scène des mouettes dans Tandem. « Il y a des choses qu’on calcule dans le cinéma, qu’on prévoit, on s’arrange pour avoir ce que l’on a bien en tête et des choses qui nous échappe. Pas le fait du hasard mais. Là pour les mouettes, dans le scénario j’avais écrit qu’il, Mortez, était je ne sais pas où, avec des oiseaux autour de lui, quelque chose d’un peu bizarre. Et c’est après le tournage, il était tourné, du coup on a retourné quelqu’un nous a indiqué qu’il y avait une décharge d’ordures à ciel ouvert de Marseille, c’était un repère d’oiseaux, de mouette essentiellement. J’y suis allé pour voir à quoi ça ressemblait. Et les mouettes qui sont sur les ordures n’ont peur de rien, les mouettes, elles s’en foutent complètement de Jean Rochefort. Il y avait deux caméras pour avoir deux grosseurs différentes, deux prises, il y a eu un vol de mouettes un peu miraculeux. Cette séquence est bien mieux grâce au vol de mouettes. Ce qui est vrai, le cinéma est un art difficile, il y a des jours où c’est dur de faire, ça ne vient pas comme il faut. Quand on termine une journée avec le plan des mouettes, quand on parle, on rentre à l’hôtel, on est heureux, on a réussi à capter un truc un petit peu miraculeux, et qu’on peut s’endormir le soir tranquillement.
Acteur
Pour être acteur, comme pour les mouettes, il y a une part de chance énorme. Quand on est comédien, on veut jouer la comédie, les rencontres. Vous marchez dans cette rue là mais vous auriez mieux fait de marcher dans cette autre rue et vous pourriez rencontrer untel. Les hasards de la vie sont énormes. Il n’y a pas de destinée derrière, d’idéal précis. Je ne pourrai pas vous donner la recette de comment devenir un comédien connu. C’est impossible. Mais ce qui est vrai, c’est que, par rapport à la notion de direction d’acteur par exemple, moi, je ne crois pas à ça, à la direction d’acteur. Les acteurs, les comédiens sont des gens intelligents qui ont leur sensibilité., qui sont ce qu’ils sont, qui incarnent les personnages que vous avez écrit et qui les font vivre, mais je ne crois pas, je n’ai jamais pensé que les comédiens étaient des marionnettes dont on tire les fils, qui seraient des bouts de pâte à modeler auquel on peut faire n’importe quoi. Euh. Je pense qu’être comédien, c’est être soi-même, parce que les comédiens, que j’aime en tout cas, les comédiens que j’aime, ce sont des comédiens dont je ne peux pas douter de leur sincérité. Des comédiens qui s’appuient sur des trucs, qui bidouillent, qui s’appuient sur leur métier, des trucs insincères, je le vois tout de suite et ces comédiens m’intéressent moins. Je me souviendrai toujours, pour vous faire sourire, un jour j’avais une conversation avec Jean-Pierre Marielle à propos de la direction d’acteur, à laquelle je ne crois pas vraiment, quoi, et Marielle non plus, et il m’avait dit, oh je ne vais pas faire sa voix car il était beaucoup plus ‘ Oh vous savez Patrice, si ça ressemble un peu, pour moi la direction d’acteur, c’est plus vite, moins vite, c’est tout’[rires] Et je pense qu’il avait raison.
Retour du réel ; Traversée de Paris ?
J’encense son film en disant que c’est un des meilleurs films sur la « condition de l’homme moderne » (H. Arendt), solitude, consommation, etc. Je cite Zitrone, dont on voit la photo, qui a eu le même destin que Mortez : grand speaker, omniprésent, d’origine russe (enterrements, mariages, princiers ou non ; courses hippiques, jeux tv, etc.), il a terminé en présentant la météo. Je pose deux questions. Un retour de Lucien Jeunesse qui a présenté le Jeu des mille francs sur France inter entre 1965 et 1995 ? Il a été très fâché, il croyait que c’était un film à sa gloire, que son traitement n’y était pas bienveillant, qu’il ne se serait jamais habillé comme cela. Deuxième question, quand Mortez lâche « Français » à des beaufs qui mangent au bord de l’autoroute, s’est-il inspiré de La traversée de Paris d’Autant-Lara [1956]? Il voit ce que je veux dire mais non. Dans Les grands ducs, Marielle lance un : « voisin » comme insulte, il n’y a pas pire insulte.
Don Quichotte
Don Quichotte dans le film ? Je comprends ce que vous dites, dans Mortez et Rivetot, il y a un côté maître / valet, un côté Quichotte / Sancho Panza, Sganarelle et, enfin bref, évidemment il y a ça mais on n’y a jamais pensé. Et une fois que le film était terminé, je me suis dit, ‘Ben oui, c’est vrai‘, il y a un côté maître et valet qui a nourri tellement le théâtre mais pas que le théâtre c’est, mais on n’y a jamais pensé vraiment. Je ne sais pas, je n’en ai jamais parlé avec eux, je ne sais pas si Rochefort et Jugnot avait conscience de ça et. Inconsciemment oui sûrement mais pas d’une manière délibérée, non non. Mais euh plus tard Rochefort a essayé mais il n’a pas pu pour des raisons de santé.
Chien rouge
C’es quoi le chien rouge ? Commencer le film de façon captative avec des choses intrigantes. Et Jugnot, enfin Rivetot, conduit depuis longtemps, là, ce jour là, euh, alors est-ce qu’il a des hallucinations, il n’y a pas de chien rouge qui traverse. Mais la fatigue et tout, on peut voir parfois des choses qui n’existent pas. Et j’avais envie que d’un seul coup, cette voiture, qui avance tranquillement, banalement sur cette autoroute, qu’il y a un coup de frein, de patin, j’ai vu un chien rouge, d’un seul coup, ça nous met en alerte mais le chien rouge, c’est une histoire. Alors ce qui est le plus troublant, et qui m’a amusé beaucoup, c’était que, après, il y avait une autre voiture qui passait, et le conducteur dit avoir vu un chien rouge [rires]. J’aime pas convoquer ce mot là car c’est un mot qui est riche de sens mais c’est totalement surréaliste, enfin. En revanche, les gens qui balancent les vélos [du pont d’autoroute], ça c’est autre chose.
Dewolf
Le professeur Roger, spécialiste de Grémillon et musique & cinéma, relance. J’avais écrit le scénario comme une forme de chronique provinciale avec une émission en direct. Patrick Dewolf, nommons, renommons-le, a eu cette idée vraiment que je trouve brillante, c’est que, il m’a dit, l’émission est supprimée. Jugnot est au courant, Rochefort ne le sait pas, il cache ça à son patron. Ce qui nous vaut une scène que moi d’adore tellement les deux comédiens sont formidables, c’est quand il joue devant quelques personnes, venus d’un hospice, d’un Ephad ou je ne sais pas quoi, et que Rochefort s’approche de Rochefort et lui dit euh ‘Je sais tout’ en sortant la lettre. ‘Mais ne t’en fais pas, ton émission, alors tu vas continuer longtemps à sortir des grabataires, mais ne t’en fais pas, tu ne te seras pas donné tout ce mal pour rien, ton émission, on va la faire’. Et Rochefort va sur scène, on sachant qu’il n’est pas diffusé à France inter, les gens qui sont là sont des, des vieillards d’hospice du coin, et le regard qu’a Jugnot sur son patron qui. C’est un regard qu’on devrait mettre sous cloche [il mime la cloche] à la Cinémathèque. Voilà mais c’est ça que m’a amené Rochefort et Patrick Dewolf, l’émission est supprimée.
Les costumes
Ça va vous paraître extrêmement prétentieux mais euh moins je délègue, plus je suis content. C’est-à-dire que les films, je décide de tout. [rires] Rien ne se décide sans moi. Jamais. Donc, c’est un peu. Oui parce que si je veux que les films que je fais me ressemblent, il faut que je ne fasse confiance qu’à moi-même. Ce qui veut dire que quand le film est foireux ou bien raté, c’est que ma faute. Mais quand il est bien, c’est que grâce à moi [rires] non ; non, non. Je décide de tout tout le temps, du moindre petit rôle, de la moindre couleur d’une écharpe. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je peux travailler. Oui je travaille beaucoup.
Ultime film
[SCOOP] Dernier film. C’est très simple, je ne vais pas prendre le chou avec ça. Avec Maigret, c’était mon 30e film. Et il y en a 30 que je n’ai pas fait. 30 films tombés à l’eau. Autant de films qui finissent sur un écran. Euh et c’est souvent des films très avancés (repérages, casting). Et puis euh on ne trouve pas de financement, on range les jouets et on dit ‘Ben, on ne pourra faire ce film, il faut en faire un autre, c’est tout’. Donc, ces incertitudes-là, c’est des illusions, elles finissent par être euh décourageante et pesante. Je suis en bonne santé, ça va, mais je ne suis plus tout jeune non plus [78 ans]. Mais de continuer à vivre ça, les incertitudes de ce métier, qui est devenu vachement difficile, je ne dis pas ça pour décourager les jeunes, moi, je n’ai plus l’énergie pour affronter ça. Et donc le prochain film que je vais faire, euh dont vous faites partie, le prochain film sera le dernier film parce que c’est personnel, c’est un peu un post-scriptum en haut de ce que j’ai fait avant. Après un post-scriptum, on ne continue pas la lettre. Hier et aujourd’hui, pas pour des raisons de disponibilité de Thierry Frémaux mais des comédiens, j’ai fait deux jours de prétournage et le tournage proprement dit commence mi-juin. Donc non, je ne sais pas quand il sort, on verra. Non, je ne peux pas vous dire, je n’en sais rien.
Musique
Concessions droit musique. La chanson a été créée pour le film car je voulais que pour le film, qui est une histoire d’amitié, je voulais une chanson d’amour, pas pour faire un quiproquo, bien sûr que non, mais pour être intense et plus émouvant, et la chanson a été écrite pour le film, oui, absolument. Mais au tout début, où je faisais des films, euh, je ne me passionnais pas d’une manière très aiguë pour la musique de mes films. Et puis, j’ai changé beaucoup et j’ai changé à partir de Tandem, heu. Je me suis rendu compte à quel point euh à quel point euh les films que j’avais en tête euh devaient forcément s’accompagner d’une musique précise et que je ne voulais pas décider au dernier moment et j’ai fait plein de films euh en, avant le tournage, je donne le scénario au compositeur que j’ai en tête, je lui, je ne suis pas musicien, je lui parle de la musique, j’essaye de transmettre, de traduire ce que je veux avec mes mots, mes images, je ne sais pas quoi, et très souvent, plusieurs fois, les compositeurs que j’avais choisi ont commencé à écrire des maquettes, des trucs, sur un film que je n’avais pas encore tourné. Et souvent, ils étaient là où il faut. Et c’était mieux, je trouve, que de tourner un film, monter un film, et à un moment on se dit ‘Bon, qu’est-ce qu’on va mettre comme musique là-dessus’. Non, non, je ne marche pas comme ça.
IA
On est pas couché mais pour aller vite en besogne, euh, je trouve à 50/50, enthousiasmant et terrifiant. Euh le terrifiant ne doit pas l’emporter mais l’enthousiasmant non plus. Ce qui me, par rapport à mon métier, artistique, appelons ça comme ça, je crois que, égoïstement, nous ne sommes pas trop menacés, malgré tout ce qu’on peut raconter. Mais pour une raison assez simple. Euh, c’est que l’intelligence artificielle se nourrit de choses qui ont existé. Or, ce que l’on attend d’un cinéaste, d’un scénariste, d’un romancier et tout ça, c’est de créer non pas des soucoupes volantes mais de créer des choses inédites, des choses euh nouvelles, des choses qui ne s’appuient pas sur ce qui a existé avant. Et je pense que l’IA en générant des choses qui se nourrissent de ce qui a déjà existé, cette intelligence-là va finir par nous lasser. Est-ce qu’on aura envie de, enfin j’espère, je ne suis pas sûr du tout, mais j’espère, j’espère vraiment qu’on va se lasser de ces choses prévues, formatées, calibrées, et donc ces choses bien peignées. Moi, je ne rêve que de choses hirsutes, euh. [Applaudissements].
Plan-séquence
Depuis Tandem, le fait que je cadre moi-même mes films, et que je ne délègue pas la caméra, je filme moi-même, ça introduit une intimité, une complicité vraiment formidable avec les acteurs. Les acteurs avec qui j’ai travaillé depuis tellement d’années, sont très, le type qui est derrière la caméra, c’est le type qui fait le film. Pas d’intermédiaires, à part la machine évidemment. Je suis très admiratif des réalisateurs qui ont le culot d’organiser un plan, bon, on suit la voiture, en un seul plan, c’est ça qui est intéressant, et puis il descend de la voiture et puis on les accompagne dans la chambre du motel, et puis il n’y a pas d’eau, on descend et puis tout ça. Je trouve ça brillant, enfin, mais je trouve ça formidable chez les autres mais moi je n’ai jamais eu le culot, le petit culot, ou la prétention, je ne sais pas comment appeler ça, mais de faire ça. Parce que, parce que chaque fois que j’ai vu des plans séquences dans des films, comme ce qu’on avait vu ce soir-là, Reviens-moi (Atonement, J. Wright, 2007), La soif du mal [Touch of evil, O. Welles, 1958], Profession reporter [The passenger, M. Antonioni, 1975], je ne sais plus quoi. Pour moi, à chaque fois, ça ressemble un petit peu, mais je ne dénigre pas, hein, je suis incapable d’en faire autant, euh, ça ressemble un petit peu à des performances. La performance d’un plan séquence. Et la notion de performance m’a toujours un petit peu chiffonné. Au cinéma, les acteurs qui font une performance, qui perdent ou grossissent de 30k ou je ne sais pas quoi. Je rêve d’un cinéma intéressant et émouvant dans lequel il n’y aurait pas de performance. Donc je ne fais pas de plan séquence. Mais je crois c’est parce que j’ai la trouille.
Poétique ou pudique ?
On n’a pas droit aux deux ? Poétique, je ne sais pas. Je sais simplement que c’est sincère. Euh, je veux dire par là, euh. Un jour, on peut terminer là-dessus, vous allez voir, c’est brillant, Wim Wenders, était président du jury à Cannes, et un ou une journaliste lui avait demandé ‘Pourquoi vous faites du cinéma ?’. Une question un peu banale mais c’est intéressant. Il a mis un petit temps de pause avec sa voix traînante, il avait dit ‘Je fais du cinéma pour rendre le monde meilleur’. Moi, je voyais ça à la tv, et je me suis dit ‘Il ne s’emmerde pas quand même’ En fait, c’est lui qui a raison évidemment, parce qu’on ne peut pas faire du cinéma pour rendre le monde pire. Et c’était sa motivation, il faisait du cinéma pour rendre, lui, le monde meilleur, même si c’était meilleur que grand comme ça [geste des mains pour indiquer tout petit]. Et quand je rencontre régulièrement des jeunes gens qui veulent faire du cinéma, en repensant à Wim Wenders, je dis à ces jeunes gens : ‘ Est-ce que vous savez pourquoi vous voulez faire des films ?’. Tant que vous ne saurez pas pourquoi, tant que vous n’avez pas de réponse personnelle, pas de réponse banale, personnelle à cette question, continuez, n’abandonnez pas ce rêve, mais continuez à vous poser la question. Et trouvez une réponse qui soit votre réponse à vous. Et généralement, quand je dis ça à des jeunes gens, ils me disent ‘Bon alors et vous, c’est quoi ? Pourquoi vous faites des films ?’ Et moi, je connais la réponse. Et qui va un peu dans le sens de ce que vous disiez. Moi, je fais des films uniquement pour partager mes émotions. C’est tout. Il n’y a que ça qui me motive. Les choses qui me bouleversent, qui me touchent, qui me font venir les larmes aux yeux, ce que vous voudrez, j’ai pas envie de les garder pour moi donc je, j’essaye de faire des films pour euh partager ça. [applaudissements] »
Il se soumet aux selfies de bonne grâce et signe des autographes avec forte concentration. Il est heureux de tourner et d’être au contact du public. Il aime les gens et les acteurs.
Filming of the final film (provisional title : My Cinema) by the nervous Tours native Patrice Leconte, at ease and generous, in the main hall of the Institut Lumière. A huge reflector, a massive TSF Arri Alexa camera with Swit on a dolly, multiple shots, multiple focal lengths, multiple takes (usually two, except for Frémaux—is the polo shirt tied around his neck right-wing ?—bragging about having a tweet from Monica Bellucci, old habits die hard, which is a flop; let’s just say he’ll never win the Conservatoire’s top prize, the general jerk of the Cannes Film Festival, who announced the Festival program earlier that day. I’m sitting next to a superb member of the Institute’s team (she has an insightful comment about Frémaux’s dialogue in the film; nobody uses « alas » these days), quite critical of her boss, Frémaux. Leconte directs us, the first assistant director chimes in. Clapboard in hand, then a member of the crew, applauded, rushes down the stairs to bring a real clapperboard, which will be used very little. Good atmosphere, good humor. I see Leconte chatting with an extra, who is coming out of The hospital, which he presents to the public. The hyper-emotional, raw nerve of a man teases the latecomers, including Lionel without his Babar t-shirt. Leconte, it’s clear, loves people, actors even more so. Eric, the accountant, sports a pocket square in his blazer. I see Leconte immediately jump up from his chair to talk about the magnificent Tandem.
Frémaux asks questions.The nervous Leconte fidgets a lot with his legs and hands. “The film was The Specialists (1985). After The Specialists, and I’m not saying this to brag, but it was a tremendous success, a big one, a very big one. Of course, the producers, eager to capitalize on that success, asked me not to make The Specialists Go Skiing, though it wasn’t far off, but another action-adventure film. I’d had a project on the back burner for quite a few years, but it had never been produced, called Dear Friends, Hello, which became Tandem. Well, that was the script, and I was telling the producer, who was giving me the eye, ‘Listen, I’m very touched by what you’re proposing, etc., but there’s a project that’s close to my heart and that I’ve been meaning to make for a long time called Tandem.’ And then, I thought to myself, ‘I have the right to do that,’ but when you’re coming off a success in a particular genre, you don’t get paid for it.” It was very difficult to make, but I did it with a very small crew, there weren’t many of us, a bit like a short film, you know, with no lighting, on film, something authentic, everyday, grainy and all that, and above all, it’s the reunion with Jean Rochefort. With Jean Rochefort, the statute of limitations has expired, we can talk about it, but with my very first film before Les Bronzés (1978), which was called Les WC étaient fermés de l’intérieur (The Toilets Were Locked from the Inside, 1976), we didn’t get along at all, it was awful, I almost gave up acting. [The audience: What a shame !] And then he loved the Tandem project, the script. I often tell this story, but we hadn’t seen each other since. I sent him the script for Tandem, and before I’d even read it, he called me, saying, « Patrice, what’s this I hear? Have you gone crazy? You want to make another film with me ? » « Well, no, just read it, we’ll see, you don’t have to. » He called me back the next morning, quite early, especially since he’d seen me that evening. « Patrice, I’ve read it, I forbid you to make the film without me. » And on the first day of shooting, he was very happy to be making this film. He felt good. And he told me, « We started out with a rough patch, and now we’re enjoying the good life. » In the film, well, I loved what he gave me. A long time ago, time flies, in Cologne, there was a tribute to him, while I was still alive, so we went, and they were showing five or six films I’d made. And I don’t know Cologne. My wife and I wanted to go for a walk in Cologne during the film screening; there’s the cathedral, there are other things, you know. And then when they showed Tandem, my wife said, « Oh no, I haven’t seen it in ages, I’m going to stay and watch Tandem. » Me, walk around Cologne alone ? No way. So I stayed for the whole film. I don’t watch my films every night, far from it. And I hadn’t seen it in ages, a very long time. And, not very modestly, but I thought it was fantastic [applause, Leconte gestures for the applause to stop]. I stood up in front of the audience and said, ‘Please don’t take offense, but I think this film is fantastic.’ It wasn’t the kind of insincere compliment like, ‘Yes, it’s not bad, it’s very good.’ No, I love this film. Not because it’s connected to so many things. But especially because I thought Rochefort and Jugnot were exceptional, so full of complicity, flaws, shadows, sadness, disenchantment, the artificiality, everything I wanted to put into the film. And I don’t know what else I can say, except that this film [Leconte and the audience laugh]. There are people who have never seen the film. Whoa [He pretends to leave].
Patrick Dewolf, yes [he just died, he was the co-writer of Tandem]. He was my best friend. And there was something about the Tandem script that bothered me, something that wasn’t quite right, not quite there. And he pointed out what was wrong and made me a suggestion that didn’t change everything, but changed a lot. I wrote the Simenon adaptation, Monsieur Hire (1989), with Dewolf, we wrote something else together, I don’t remember what, we kind of drifted apart, it’s a bit like trains running side by side and then one of them… But we didn’t separate, we just lost touch.
Cocciante : I’d always wanted an Italian love song. You know, when Italians sing, when they’re in love and they sing, you get the impression they’re suffering, that it’s terrible, their voices are hoarse, they’re suffering, you know, Italians, it’s well known, but I wanted there to be an Italian love song. It’s not a song we bought from Richard Cocciante, it’s a song that was composed for the film, written [the lyrics] by François Bernheim, and when we offered it to Richard Cocciante, the very first day Cocciante sat down at the piano and took hold of this song, I was, what, I was delighted, it was wonderful. It stayed with me, and I love this song. It’s true. A film is a whole. But if I like this film it’s because the actors are very good, it’s because the song is magnificent, it’s because it lasts less than an hour and a half [laughs].
Seagulls
Leconte recalls the seagull scene in Tandem.« There are things in filmmaking that you calculate, that you plan, you arrange things to get what you have in mind, and then there are things that escape you. Not by chance, but… For the seagulls, in the script I had written that he, Mortez, was somewhere, I don’t know where, with birds around him, something a bit strange. And it was after filming, it was shot, so we went back and someone told us that there was an open-air garbage dump in Marseille that was a haven for birds, mainly seagulls. I went there to see what it was like. And the seagulls that are on the garbage aren’t afraid of anything, seagulls, they couldn’t care less about Jean Rochefort. There were two cameras to get two different sizes, two takes, and there was a somewhat miraculous flock of seagulls.” This sequence is so much better thanks to the seagulls in flight. It’s true, filmmaking is a difficult art; there are days when it’s hard to work, things just don’t come together. When you finish a day with the shot of the seagulls, when you talk, when you go back to the hotel, you’re happy, you’ve managed to capture something a little miraculous, and you can go to sleep peacefully that night.
Actor
To be an actor, like with seagulls, there’s a huge element of luck. When you’re an actor, you want to play the game, to experience encounters. You walk down this street, but you would have been better off walking down that other street, and you might have met so-and-so. The randomness of life is enormous. There’s no predetermined destiny, no specific ideal. I couldn’t give you the recipe for becoming a famous actor. It’s impossible. But what is true is that, regarding the notion of directing an actor, for example, I don’t believe in that. Actors are intelligent people with their own sensitivities, who are who they are, who embody the characters you’ve written and bring them to life, but I don’t believe, I’ve never thought that actors are puppets whose strings you pull, who are pieces of modeling clay that you can mold to anything. Uh. I think that being an actor means being yourself, because the actors I love, at least the actors I love, are actors whose sincerity I can’t doubt. Actors who rely on tricks, who tinker, who rely on their craft, insincere tricks, I can see it right away, and those actors interest me less. I’ll always remember, to make you smile, the day I had a conversation with Jean-Pierre Marielle about directing actors, which I don’t really believe in, and neither does Marielle, and he told me, ‘Oh, I’m not going to do his voice because he was much more…’ ‘Oh, you know, Patrice, if it’s a bit similar, for me, directing actors is about faster, slower, that’s all.’ [laughs] And I think he was right.
Return to reality; The Crossing of Paris (Autant-Lara, 1956) ?
I praise his film, saying it’s one of the best films about the « condition of modern man » (H. Arendt), solitude, consumerism, etc. I mention Zitrone, whose photo is shown, who had a similar fate to Mortez : a great announcer of Russian origin (funerals, weddings, royal or otherwise; horse races, TV game shows, etc.), he ended up presenting the weather. I have two questions. A return of Lucien Jeunesse, who hosted the « Jeu des mille francs » on France Inter between 1965 and 1995 ? He was very angry; he thought it was a film glorifying him, that his portrayal wasn’t kind, that he would never have dressed like that. Second question : when Mortez calls some rednecks eating by the side of the highway « French, » was he inspired by Autant-Lara’s The Crossing of Paris (1956) ? He sees what I mean but no. In Les grands ducs (1996), Marielle throws out a « neighbor » as an insult, there is no worse insult.
Don Quixote
Don Quixote ? Don Quixote in the film ? I understand what you’re saying. In Mortez and Rivetot’s work, there’s a master/servant dynamic, a Quixote/Sancho Panza dynamic, Sganarelle, and so on. Obviously, that’s there, but we never thought about it. And once the film was finished, I thought, well, yes, it’s true, there’s a master/servant dynamic that has so influenced the theater, but not only the theater, but we never really thought about it. I don’t know, I never discussed it with them. I don’t know if Rochefort and Jugnot were aware of it. Subconsciously, yes, surely, but not deliberately, no, no. But later, Rochefort tried, but he couldn’t for health reasons.
Red Dog
What is the red dog ? Starting the story in a captivating way with intriguing things. And Jugnot, well, Risteau, has been driving for a long time, there, that day, uh, so is he hallucinating ? There’s no red dog crossing. But fatigue and all that, sometimes you can see things that aren’t there. And I wanted that all of a sudden, this car, moving along calmly, normally on this highway, there’s a sudden braking, a skid, I saw a red dog, all of a sudden, it puts us on alert, but the red dog, that’s a story. So what’s most disturbing, and what amused me a lot, was that afterwards there was another car passing, and the driver said he saw a red dog [laughs]. I don’t want to use that word because it’s a word that’s rich in meaning, but it’s totally surreal, anyway. On the other hand, the people who throw the bikes [off the highway bridge], that’s something else entirely.
Dewolf
I had written the script as a kind of provincial chronicle with a live broadcast. Patrick Dewolf, let’s name him, let’s rename him, had this truly brilliant idea, which I found brilliant : he told me, the show is cancelled. Jugnot knows, Rochefort doesn’t, he’s hiding it from his boss. This leads to a scene that I absolutely love because both actors are fantastic. It’s when he’s performing in front of a few people, who have come from a hospice, a nursing home, or something like that, and Rochefort approaches him and says, « I know everything » while pulling out the letter. « But don’t worry, your show, so you’ll continue to bring out the bedridden for a long time, but don’t worry, all your hard work won’t have been for nothing, we’ll make your show happen. » And Rochefort goes on stage, knowing it’s not broadcast on France Inter, the people there are, well, old people from the local nursing home, and the look Jugnot gives his boss… It’s a look that should be preserved under a glass dome [he mimes a bell jar] in the Cinémathèque. That’s it, but that’s what Rochefort and Patrick Dewolf brought me; the show has been cancelled.
The costumes
This is going to sound extremely pretentious, but, uh, the less I delegate, the happier I am. I mean, with the films, I decide everything. [laughs] Nothing is decided without me. Ever. So, it’s a bit… Yes, because if I want the films I make to reflect who I am, I have to trust only myself. Which means that when the film is a mess or a flop, it’s my fault. But when it’s good, it’s thanks to me [laughs] no; no, no. I decide everything all the time, from the smallest role to the color of a scarf. You can’t imagine how hard I work. Yes, I work a lot.
Final film
[SCOOP] Last film. It’s very simple, I’m not going to get hung up on it. With Maigret, it was my 30th film. And there are 30 that I didn’t make. 30 films that fell through. So many films that end up on a screen. Uh, and they’re often films that are very far along (location scouting, casting). And then, uh, we can’t find funding, we put the toys away and say, ‘Well, we won’t be able to make this film, we have to make another one, that’s all.’ So, these uncertainties, they’re illusions, they end up being, uh, discouraging and burdensome. I’m in good health, it’s okay, but I’m not getting any younger either. But to continue living with this, the uncertainties of this profession which has become incredibly difficult, I’m not saying this to discourage young people, I just don’t have the energy to face it anymore. So the next film I’m going to make—and you’re in it—will be my last film because it’s personal, it’s kind of a postscript to what I’ve done before. After a postscript, you don’t continue the letter. Yesterday and today, not because of Thierry Frémaux’s availability but because of the actors, I did two days of pre-production, and the actual filming starts in mid-June. So no, I don’t know when it’s coming out, we’ll see. No, I can’t tell you, I have no idea.
Music
Music rights concessions. The song was created for the film because I wanted a love song for the film, which is a story of friendship—not to create a misunderstanding, of course not, but to be intense and more moving. And the song was written for the film, yes, absolutely. But at the very beginning, when I was making films, I wasn’t particularly passionate about the music for my films. And then I changed a lot, starting with Tandem. I realized how much the films I had in mind absolutely had to be accompanied by specific music, and that I didn’t want to decide at the last minute. I’ve made many films where, before shooting, I give the script to the composer I have in mind. I’m not a musician myself, but I talk to him about the music, trying to convey and translate what I want with my words, my images, I don’t know what. And very often, several times, the composers I’d chosen started writing demos, things, for a film I hadn’t even shot yet. And often, they were exactly where they needed to be. And I think that was better than shooting a film, editing a film, and then at some point you think, ‘Okay, what kind of music are we going to put on this ?’ No, no, I don’t work like that.
AI
We’re not going to bed yet, but to get straight to the point, uh, I find it 50/50, exciting and terrifying. Uh, the terrifying aspect shouldn’t prevail, but neither should the exciting one. Which, in relation to my profession, the artistic one, let’s call it that, I believe, selfishly, that we’re not too threatened, despite all the talk. But for a fairly simple reason. Uh, it’s that artificial intelligence feeds on things that have already existed. Now, what we expect from a filmmaker, a screenwriter, a novelist, and so on, is to create not flying saucers, but to create original things, new things, things that don’t rely on what has already existed. And I think that by generating things that feed on what has already existed, AI will eventually bore us. Will we want to, well, I hope so, I’m not sure at all, but I hope, I really hope we’ll get tired of these planned, formatted, calibrated things, and therefore these neatly combed things. Me, I only dream of wild things, uh. [Applause].
Long Take
Since Tandem, the fact that I frame my films myself, and that I don’t delegate the camera, that I film myself, introduces a truly wonderful intimacy, a real complicity with the actors. The actors I’ve worked with for so many years are very much like, the guy behind the camera is the one who makes the film. No intermediaries except the camera, of course. I greatly admire directors who have the audacity to organize a shot—well, we follow the car, in a single shot, that’s what’s interesting—and then he gets out of the car and then we follow them into the motel room, and then there’s no water, we go downstairs and all that. I find it brilliant, well, I find it wonderful in others, but I’ve never had the audacity, the little bit of audacity, or the foresight, I don’t know what to call it, to do that. Because, because every time I’ve seen long takes in films, like what we saw that night—Atonement (J. Wright, 2007), Touch of Evil (O. Welles, 1958), The Passenger (M. Antonioni, 1975), I don’t remember which one—for me, every time, it’s a little bit like, but I’m not putting it down, you know, I’m incapable of doing that kind of thing, uh, it’s a little bit like a performance. The performance of a long take. And the notion of performance has always bothered me a little. In movies, actors who give a performance, who lose or gain 30k or whatever. I dream of an interesting and moving kind of cinema in which there are no performances. So I don’t do long takes. But I think it’s because I’m scared.
Poetic or modest ?
Can’t we have both ? Poetic, I don’t know. I just know it’s sincere. Uh, I mean, uh. One day, we can end on this topic, you’ll see, it’s brilliant. Wim Wenders was president of the jury at Cannes, and a journalist asked him, « Why do you make films ? » A rather banal question, but it’s interesting. He paused for a moment, his voice languid, and said, « I make films to make the world a better place. » I saw that on TV, and I thought, « He’s not bored, is he ? » In fact, he’s right, of course, because you can’t make films to make the world worse. And that was his motivation; he made films to make the world a better place, even if it was better than big as this [hand gesture to indicate very small]. And when I regularly meet young people who want to make films, thinking back to Wim Wenders, I ask them : “Do you know why you want to make films ?” As long as you don’t know why, as long as you don’t have a personal answer, a simple, personal answer to that question, keep going, don’t give up on that dream, but keep asking yourself the question. And find an answer that is truly yours. And usually, when I say this to young people, they say to me, “So, what about you ? Why do you make films ?” And I know the answer. And it’s somewhat along the lines of what you were saying. I make films solely to share my emotions. That’s all. That’s the only thing that motivates me. The things that move me, that touch me, that bring tears to my eyes, whatever you want to call them, I don’t want to keep them to myself, so I try to make films to share that. [applause]
He graciously poses for selfies and signs autographs. He’s happy to be filming and connecting with the public. He loves people and actors.
[In English in 2nd part] La complexité dans ma famille, pendant la guerre, on connaît : un grand-père juif (Jean Wahl, 1888-1974), ayant dû porter l’étoile jaune, exclu de la Sorbonne et déporté puis hébergé en Algérie par un collègue philosophe proche de l’action française (Pierre Boutang, 1916-1998), n’en déplaise à Finkielkraut. Tous les films sur la collaboration ont été décriés à leur sortie, Lacombe Lucien (1974) de Malle ; Mr Klein (1976) de Losey, dont une scène ici, avec robe de chambre, tapis Boukhara et tableau abstrait, fait référence ; Uranus (1990 ; «La fiction, c’est plus fort qu’elle, rachète les personnages» selon Serge Daney) de Berri d’après un roman d’Aymé. Laissez-passer (2002) de Tavernier trop concentré sur le milieu du cinéma, était plutôt bien accueilli. Ici, il n’y a guère que Libération et Burdeau (Substack) pour avoir une voix discordante. Julien Joanny, régisseur d’extérieurs brisant l’omerta, évoque un tournage « cauchemardesque », avec onéreux revirements et conditions de travail toxiques comme chez « les Jacques Odieux, les François Ose-Tout, les Jean-Pierre Aigri » ; mais aussi Abdelatif Qu’estchiche et Les Hauts de Carcasse.
De même qu’il existe un néo-Hollywood (les Scott, P. T. et Wes Anderson, Soderbergh, Gray, Nolan, etc.), le blockbuster d’auteur à la française, à la qualité française, persiste (Klapisch, Jimenez, Harari, de La Patellière, Bourboulon, etc., le tout initié, malgré tout, par Besson), dont Giannoli. Ici, le budget (Gaumont-France 3-CNC-Netflix-Curiosa Films) se constate dans l’image, léchée comme le papier glacé à la Sorrentino. D’amples mouvements de caméra, la grue émérite, une magnifique plongée, un travelling dans une scène tenant plus de Fosse que de Visconti. Le cloaque, écœurant sauce Grande bouffe (Ferreri, 1973), est ici sexy. C’est l’encombre de l’image et de la virtuosité démontrée. Les fausses images d’archive à la Citizen Kane (1941) sont-elles nécessaires, n’eût été l’exploration timide vers le cinéma expérimental ? Raging bull (1980) de Scorsese, une commotion, était vu par Giannoli dans un ferry entre Toulon et l’île de Beauté où résidait son grand-père résistant. Nous aurons donc droit à des plans scorsesiens, diverses scènes autour de la restitution des cendres de l’Aiglon sur le Requiem de Mozart, des soirées mondaines, des repas, des scènes d’orgies moins puritaines que chez Kubrick, etc. Mais n’est pas Scorses qui veut ! La profession de foi finale dans le cinéma est lourde et mièvre. La promotion est massive avec marathons d’interviews, où tous les livres ont bien sûr été lus, jusqu’à la saturation. Ce film académique, nécessaire en cette période obscure, restera toutefois comme un classique.
Giannoli nous tend, avec une musique omniprésente digne d’un mélo, un miroir avec un tain usé comme dans la première scène. Une voix off fatigante et omniprésente d’un Hollywood dépassé, le flashback éculé, Fieschi a encore frappé : la construction pose problème outre la longueur inutile du film. Giannoli travaille ses obsessions. Même si j’ai du mal à comprendre que ces gens fument, la tuberculose, métaphore au rayon x de l’invasion de la peste brune, règne au sein d’une fusion père-fille : la révélation Salomé Dawaels en Coralie façon La dame aux camélias, actrice courtisane compagne de de Rubempré dans Les illusions perdues (2021); un amour de Giannoli, Alicia Galienne, la cousine de l’acteur et réalisateur Guillaume, jeune poétesse (L’autre moitié du songe m’appartient) morte d’une maladie du sang. L’argent désigné par le procureur général Lindon (Torreton), les compromissions (« La compromission est de toutes les époques. » dit Nathan / Dolan dans Les illusions perdues), la presse corrompue qui forge l’opinion pointée par le réalisateur, ancien journaliste, fils de journaliste.
Nous avons ici une « fille de » (Carax : Nastya Golubeva, excellente, qu’on nous vend comme une révélation) qui joue une « fille de » (Luchaire). Cette dernière, « La nouvelle Garbo », « La Garbo numéro deux » (Pickford), était éclatante dans le bon Prison sans barreaux (1938) du cinéaste moyen, Léonide Moguy, juif russe d’origine ukrainienne ; vénéneuse dans l’excellent noir Le dernier tournant (1939) de Pierre Chenal, metteur en scène d’origine juive, la première version, marquante, de Le facteur sonne toujours deux fois (1934) de Cain. Mais enfin, les Luchaire ne sont pas poussés par une inéluctable tragédie dans une ambiance modianesque, entre chien et loup, mais par des choix discutables guidés par l’opportunisme et, heureusement, sanctionnés. Oui, l’épuration a été sans nuances mais oui la Luchaire, pas innocente du tout – elle n’était pas aveugle, elle n’a pas voulu voir, nuances – s’est bien gavée comme les Arletty, Balin, Romance, Delair ou Darrieux, quant à Ginette Leclerc, elle tenait un cabaret où elle accueillait joyeusement les Allemands bien contents d’occuper le « gai Paris » (la « francophilie ») comme Epstein venait établir son emprise dans son hôtel particulier grâce à son réseau d’influence à la Ponzi – Jean Luchaire constituait son carnet d’adresses – et les agences de mannequins qui offraient de la chair fraîche. Des jeunes filles avantagées étaient aussi dans la Résistance. Entrevoir Sacha Guilty est rassurant et contrecarre la thèse de Francis Huster qui est juif. Le personnage le plus problématique, fort bien joué par le clermontois August Diehl (Inglourious Basterds, 2009, de Tarantino) dont les parents ont quitté l’Allemagne à cause du procès Eichmann, est Otto Abetz, une ordure qui a été graciée en 1951. L’amateur d’art devenu trafiquant de tableaux est presque présenté comme un von Choltitz dans Paris brûle-t-il ? (1966) de Clément, un mécène qui aurait sauvé le patrimoine français. Permettez-moi d’avoir plus d’égards pour Rose Valland. Cette morale « des petits services » est pathétique : chacun a son bon juif comme caution. Si les délires de l’antisémite – jusqu’à la pathologie – Céline, qui aurait sauvé des juifs dans son dispensaire, sont clairement dépeints, il n’est pas montré qu’il allait demander à Abetz de massacrer encore plus de juifs. Enfin, il est évoqué un « antisémitisme culturel française », avec exemples, mais il n’était et n’est pas que culturel. Les résistants n’ont pas le beau rôle, cela a dû exister mais ce n’était pas la majorité.
Enfin, puisque nous passons de Balzac à Hugo, dans une scène trop rapidement brossée de Sigmaringen par un montage pressé par le temps en un précipité peu digeste, citons ce dernier sans le cabotinage de Luchini : «Tout l’homme sur la terre a deux faces, le bien / Et le mal. Blâmer tout, c’est ne comprendre rien. / Les âmes des humains d’or et de plomb sont faites. / L’esprit du sage est grave, et sur toutes les têtes / Ne jette pas sa foudre au hasard en éclats. / Pour le siècle où l’on vit – comme on y souffre, hélas ! – / On est toujours injuste, et tout y paraît crime. / Notre époque insultée a son côté sublime.».
Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli (France, 2026 ; 3h15 ; 2:39 ; couleurs, noir et blanc) avec Jean Dujardin, Nastya Golubeva, August Diehl, André Marcon, Philippe Torreton.
The complexities in my family during the war are well known : a Jewish grandfather (Jean Wahl, 1888-1974), forced to wear the yellow star, expelled from the Sorbonne and deported, then sheltered in Algeria by a fellow philosopher close to Action Française (Pierre Boutang, 1916-1998), much to Finkielkraut’s chagrin. All films about collaboration were criticized upon their release : Lacombe Lucien (1974) by Malle; Mr. Klein (1976) by Losey, a scene of which, featuring a dressing gown, a Bukhara rug, and an abstract painting, is referenced here; Uranus (1990; « Fiction is stronger than fiction, it redeems the characters » according to Serge Daney) by Berri, based on a novel by Aymé. Safe Conduct (2002) by Tavernier, too focused on the film industry, was rather well received. Here, only L’Humanité (PC) Libération (left) and Burdeau (Substack) have a dissenting voice. Julien Joanny, location manager breaking the omerta, describes a “nightmarish” shoot, with costly reversals and toxic working conditions like those of “the Jacques Odieux, the François Ose-Tout, the Jean-Pierre Aigri”; but also Abdelatif Qu’estchiche and Les Hauts de Carcasse.
Just as there is a neo-Hollywood (the Scott brothers, P.T. and Wes Anderson, Soderbergh, Gray, Nolan, etc.), the French auteur blockbuster, with its distinctly French quality, persists (Klapisch, Jimenez, Harari, de La Patellière, Bourboulon, etc., all initiated, despite everything, by Besson), including Giannoli. Here, the budget (Gaumont-France 3-CNC-Netflix-Curiosa Films) is evident in the image, polished like Sorrentino’s glossy paper. Sweeping camera movements, masterful crane shots, a magnificent high-angle shot, a tracking shot in a scene more reminiscent of Fosse than Visconti. The cesspool, nauseatingly reminiscent of La Grande Bouffe (Ferreri, 1973), is sexy here. It’s the sheer visual richness and the virtuosity on display. Are the fake archival images reminiscent of Citizen Kane (1941) really necessary, were it not for the timid foray into experimental cinema ? Scorsese’s Raging Bull (1980), a truly shocking film, was seen by Giannoli on a ferry between Toulon and Corsica, where his grandfather, a member of the French Resistance, lived. We are thus treated to Scorsese-esque shots, various scenes surrounding the return of Napoleon son (Aiglon) ashes to Mozart’s Requiem, social gatherings, meals, and scenes of orgies less puritanical than those in Kubrick’s films, etc. But not everyone can be Scorsese ! The final declaration of faith in cinema is heavy-handed and saccharine. The promotional campaign is massive, with marathon interviews, during which all the books have, of course, been read to the point of saturation. This academic film, necessary in these dark times, will nevertheless remain a classic.
Giannoli holds up a mirror to us, with an omnipresent, melodramatic score, a mirror with a worn silvering reminiscent of the opening scene. A tiresome, pervasive voice-over from a bygone Hollywood, the hackneyed flashback—Fieschi has struck again : the film’s structure is problematic beyond its unnecessary length. Giannoli is working with his obsessions. Even if I struggle to understand why these people smoke, tuberculosis, an X-ray metaphor for the invasion of the brown plague, reigns supreme within a father-daughter entanglement : the revelation Salomé Dawaels as Coralie, reminiscent of La Dame aux Camélias, a courtesan actress and companion of de Rubempré in Lost Illusions (2021); and Giannoli’s love interest, Alicia Gallienne, the cousin of actor and director Guillaume, a young poet (The Other Half of the Dream Belongs to Me) who died of a blood disease. The money designated by Attorney General Lindon (Torreton), the compromises (« Compromising is of all eras. » says Nathan / Dolan in Lost Illusions), the corrupt press that shapes opinion pointed out by the director, a former journalist, son of a journalist.
Here we have a « daughter of » (Carax : Nastya Golubeva, excellent, touted as a revelation) playing a « daughter of » (Luchaire). The latter, « The new Garbo » « Garbo number two » (Pickford), was dazzling in the good Prison Without Bars (1938) by the mediocre filmmaker, Léonide Moguy, a Russian Jew of Ukrainian origin; venomous in the excellent noir The Last Turn (1939) by Pierre Chenal, a director of Jewish origin, the first, striking version of Cain’s The Postman Always Rings Twice (1934). But ultimately, the Luchaires are not driven by an inevitable tragedy in a Modiano-esque twilight atmosphere, but by questionable choices guided by opportunism and, fortunately, punished. Yes, the purge was ruthless, but yes, Luchaire, far from innocent—she wasn’t blind, she simply chose not to see, there’s a difference—threw herself into the profits, just like Arletty, Balin, Romance, Delair, and Darrieux. As for Ginette Leclerc, she ran a cabaret where she cheerfully welcomed the Germans, who were only too happy to occupy « gai Paris » (the « Francophilia »), just as Epstein came to establish his grip on his mansion thanks to his Ponzi scheme of influence—Jean Luchaire was his address book—and the modeling agencies that provided fresh meat. Some privileged young women were also in the Resistance. The appearance of Sacha Guilty is reassuring and refutes Francis Huster’s claim that he is Jewish. The most problematic character, brilliantly played by Clermont-Ferrand native August Diehl (Inglourious Basterds, 2009, by Tarantino), whose parents left Germany because of the Eichmann trial (1961), is Otto Abetz, a scoundrel who was pardoned in 1951. The art lover turned art dealer is almost presented as a von Choltitz in Clément’s Is Paris Burning ? (1966), a patron who supposedly saved French heritage. Allow me to be more considerate of Rose Valland. This « small favors » morality is pathetic : everyone has their good Jew as a guarantor. While the delusions of the anti-Semite—bordering on pathology—Céline, who supposedly saved Jews in his dispensary, are clearly depicted, it is not shown that he would ask Abetz to massacre even more Jews. Finally, a « French cultural antisemitism » is mentioned, with examples, but it was not and is not solely cultural. The resistance fighters are not portrayed in a positive light; such antisemitism must have existed, but it was not the majority.
Finally, since we are moving from Balzac to Hugo, in a scene from Sigmaringen that is too quickly sketched by a rushed montage in a rather indigestible rush, let us quote the latter without Luchini’s hammy acting : « Every man on earth has two faces, good / And evil. To blame everything is to understand nothing. / Human souls are made of gold and lead. / The mind of the wise is serious, and on every head / Does not hurl its thunderbolt in random bursts. / For the century in which we live – how we suffer, ala s ! – / We are always unjust, and everything seems like a crime. / Our insulted era has its sublime side.« .
[In English in 2nd part; en Espagnol en la parte 3; 第四部分(中文版)] En 2018, un asiatique sur le siège à côté s’est révélé de façon incompréhensible violent avec moi pour la projection de A Brighter Summer Day au cinéma Lumière de Bellecour à Lyon dans la petite salle 2 en bas. Dans A Brighter Summer Day d’Ed Yang (Yáng Déchāng), le père de la nouvelle vague taïwanaise, entre deux cultures (Chine/Taïwan – USA), on ne peut pas dire qu’on rigole comme Elvis lorsqu’il tente de chanter, entre plusieurs fous rires, Are You Lonesome Tonight ?. Le carton initial plante l’ambiance : « Un million de Chinois se retirèrent à Taïwan avec le gouvernement nationaliste en 1949, suite à la victoire des communistes en Chine. Dans un environnement incertain, beaucoup de leurs enfants, face à l’inquiétude de leurs parents vis-à-vis de l’avenir, constituèrent des bandes de rues en quête d’identité et d’un sentiment de sécurité. ». A Brighter Summer Day est un film-monde (Guerre et paix de Tolstoï est explicitement citée : « À l’époque, nous étions perdus et nous allions au cinéma. Le film de Vidor [War and Peace, 1956]nous a touchés (…) Nous nous sommes alors tournés vers le livre pour en savoir davantage (…) Il est possible que l’histoire que je voulais raconter avait, inconsciemment, des rapports avec les romans de style épique comme celui de Tolstoï. » Positif n° 375-376 de mai 1992 repris dans Michel Ciment, Petite planète cinématographique, 2003) fascinant, pourtant cruel (Don’t be cruel ? alors qu’un assassinat est commis), où, comme Le Guépard (Il gattopardo, L. Visconti, 1963) ou A la recherche du temps perdu de Proust, il est bon de s’y lover. D’autant que la première version a été amputée d’une heure à sa sortie puis de dizaine de minutes. C’est quand même autre chose qu’American graffiti (Lucas, 1973) ! On comprend que la World Cinema Foundation de Scorsese, l’une des influences de Yang qui a appris le cinéma en Californie en rejetant le système hollywoodien, s’y soit collé. Le titre original est : Gǔ lǐng jiē shàonián shārén shìjiàn, L’affaire du jeune meurtrier de la rue Guling, qui s’est déroulée dans le collège où étudiait l’élève Yang, qui connaissait le meurtrier, Mao Wu, peut-être un aborigène, dans un gang. Dans le film, il ne juge pas, le meurtrier, Xiao Si’r (« le petit quatre » ou le quatrième d’une famille de cinq enfants, son vrai nom étant Zhang Zhen comme celui de l’acteur qui l’incarne), beau gosse instruit et paumé, gentil adolescent timide, est plutôt attachant, même s’il bascule (Cat à Sly : « Ce n’est pas qu’un bon élève. Si tu le cherches, tu le trouveras. » ; Ma, fils de riches au Kuomintang : « Je te croyais un élève modèle. Mais tu dragues, tu te bagarres… »), la victime, Ming, visage d’ange sur jambes potelées, plutôt incitatrice malgré elle (sous la protection de Honey puis de Si’r, la possible liaison avec le jeune médecin, l’hébergement par la famille de Ma) – sur fond d’émancipation, enfin, de la femme et d’une jeunesse révoltée – vu le contexte rigide de l’époque à Taïwan. En fin de primaire, à Barberaz, près de Chambéry (Savoie), une petite Fanny au visage rond dans les années 80, a eu sa mère assassinée par son père à coups de pierre – le féminicide ne date pas d’aujourd’hui, elle habitait dans le même immeuble que moi. Ces faits divers marquent car ils révèlent l’état de la société. La force de Yang est de rattacher cette histoire, sans juger, à l’histoire de son pays dans les sixties, la grande H étant la Terreur blanche du Kuomintang de Tchang Kaï-chek, la chasse aux communistes, les interrogatoires épuisants, les tanks, la discipline de fer dans le collège, la loi martiale, les Waisheng Ren, en nombre, possiblement 25% de la population (environ 2 millions), ici symbolisés par des fonctionnaires et leurs enfants dissipés, fuyant la Chine de Mao en 1949, relégués, parfois dans des bidonvilles. Dans les greniers, se cache l’ancienne occupation japonaise (1895-1945). Le côté Scorsese, sur fond de West Side Story (Jerome Robbins et Robert Wise, 1961) et de La fureur de vivre (Rebel without a cause, Nicholas Ray, 1955), réside dans le conflit entre bandes de chinois arrivés avant 1949 (des Bensehng Ren, fils de militaires, les 217 – en référence aux 228, un massacre de 20 000 victimes par le Kuomintang en 1947 contre une révolte populaire fin février, sujet indirect de La Cité des douleurs, Beiqing chengshi, du compatriote et ami Hou Hsiao-Hsien, 1989 ?) et les Little park boys, les Waisheng Ren. Le film est une longue, sans être ennuyeuse, montée en tensions. Une scène de massacre, à coups de sabres et katana, dans le noir, des Little park boys contre les 217, lors d’un typhon est saisissante dans la nuit moite dans une île où l’électricité est intermittente.
La lumière est finement travaillée : la lampe-torche, synonyme ici de culture, traverse tout le film comme un témoin ; un collège strict aux longs couloirs inondés de soleil vif ; une nuit à l’ambiance à la Caravage, où sexe, fête et meurtre se mêlent. La nuit, c’est la chape de plomb du Kuomintang. En montage parallèle du massacre par vengeance, la scène d’interrogatoire du père, contre l’injustice, la bureaucratie et la répression politique, par la police secrète, Garrison Command, ampoule en balancement, se réfère à l’expressionisme allemand, notamment Le corbeau de Clouzot (1943 ; comme Hitchcock, Henri-Georges s’est initié à la UFA à Berlin ; cette scène est typique des films noirs), Yang, connaissant le cinéma asiatique, un plan laissant songer à Ozu, d’autres, avec objets ou personnes derrière des tissus, se référant à son ami HHH, était féru de cinéma européen, les Italiens (Antonioni pour les rapports femmes-hommes, Fellini pour la ville la nuit), les Allemands (Lang ; le nouveau cinéma ou nouvelle vague avec Werner Herzog, Rainer Werner Fassbinder, Wim Wenders) qui le remotiveront pour reprendre le cinéma après sept ans d’ingénierie informatique à Seattle (Washington) suite à des études californiennes de cinéma qui écœureront Yang, allergique à Hollywood. La lumière zénithale dans la même scène peut être également rapprochée de celle de l’ouverture du Parrain (The godfather, Coppola, 1972), du travail global du chef opérateur Gordon Willis dit « Le Prince des Ténèbres ». Certains plans sont noirs, comme chez Kiarostami, l’Iran n’étant pas un régime plus glorieux. C’est que le film est méta : la scène de tournage d’un film, lieu de rencontres clandestines, est centrale, démontre explicitement l’amour du cinéma éprouvé par Yang, sans doute un souvenir de jeunesse ; le metteur en scène est caricaturé ; Yang dénonce un système commercial ; la lumière prime ; le studio est le lieu du mentir vrai dans un régime dictatorial.
Yang interroge le rapport à l’Amérique, le Traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et Taïwan (Mutual Defense Treaty between the United States of America and the Republic of China, 中華民國與美利堅合眾國間共同防禦條約) étant signé en 1954 pour être caduc en 1979 suite à la visite de Nixon à Mao en 1972 : le petit Cat (Chi-Tsan Wang), jean et cheveux gominés, un dur du gang 217 chante d’une voix de fausset en phonétique les standards d’Elvis qu’il enregistre sur un magnétophone alors que la sœur du protagoniste principal traduit comme chez nous du temps des yéyés ; chausser des Converse, jouer au base-ball ou au basket, l’émancipation d’une jeunesse impatiente et révoltée, allant jusqu’à se renommer « Honey » (« Tout le monde le craint. Mais c’est le plus honnête de tous. Il ne supporte pas l’injustice. Il se bat toujours pour redresser les choses. J’ai essayé de le convaincre qu’il ne pourra pas changer le monde à lui seul. Il s’emporte et m’accuse de le décourager. » dit du romantique « Bézoukov » l’amoureuse Mao), « Sly », « Deuce », « Airplane », « Underpants », « Threads », « Sex Bomb », « Red Bean » sur fond de guerre des gangs afin que les désorientés puissent s’affirmer; voir Rio Bravo d’Hawks (1959) ; le rêve de l’american way of life. « A l’époque, il y avait beaucoup de films étrangers à la télévision. Beaucoup de GI sont venus dans les années 60. On recevait des informations de partout. Les habitants eux-mêmes ne savaient plus trop où ils en étaient. Dans l’île, qui est très fermée, comme un endroit dont on ne peut s’échapper, on a envie de savoir ce qui se passe autre part. » (Lescahiers du cinéma, 1992).
La radio est cassée, foi de Radio Days (W. Allen, 1987) : la communication est coupée, entre parents / enfants, femmes / hommes, population / gouvernants. C’est un film initiatique (Coming-of-age story) dense et fluide. Le regretté Yang, c’est sept films, un téléfilm, deux courts et deux captations de créations théâtrales. Un maître.
In 2018, an Asian man in the seat next to me became inexplicably violent during a screening of A Brighter Summer Day at the Lumière cinema in Bellecour, Lyon, in the small downstairs auditorium 2. In Ed Yang’s (Yáng Déchāng) A Brighter Summer Day, the father of the Taiwanese New Wave, a film straddling two cultures (China/Taiwan – USA), one can hardly say one is laughing like Elvis when he attempts, between fits of laughter, to sing « Are You Lonesome Tonight ?« . The opening title card sets the tone : « One million Chinese retreated to Taiwan with the Nationalist government in 1949, following the Communist victory in China. In an uncertain environment, many of their children, faced with their parents’ anxieties about the future, formed street gangs in search of identity and a sense of security. » A Brighter Summer Day is a world unto itself (Tolstoy’s War and Peace is explicitly cited : « At the time, we were lost and we went to the cinema. Vidor’s film [War and Peace, 1956] moved us (…) We then turned to the book to learn more (…) It is possible that the story I wanted to tell had, unconsciously, connections with epic novels like Tolstoy’s. » Positif no. 375-376, May 1992, reprinted in Michel Ciment, Petite planète cinématographique, 2003), fascinating yet cruel (Don’t be cruel ? as a murder is committed), where, like The Leopard (Il gattopardo, L. Visconti, 1963) or Proust’s In Search of Lost Time, it is good to curl up in it. Especially since the first version was cut by an hour upon its release and then by tens of minutes. It’s something else entirely compared to American graffiti (Lucas, 1973)! It’s understandable that Scorsese’s World Cinema Foundation, one of Yang’s influences (who learned filmmaking in California while rejecting the Hollywood system), took on the project. The original title is : Gǔ lǐng jiē shàonián shārén shìjiàn, The Case of the Young Murderer of Guling Street, which took place at the college where student Yang studied. Yang knew the murderer, Mao Wu, possibly an Aboriginal man, from a gang. In the film, he does not judge the murderer, Xiao Si’r (“the little four” or the fourth of a family of five children, his real name being Zhang Zhen like the real name of the actor who plays him), a handsome, educated, and lost young man, a kind, shy teenager, is rather endearing, even if he crosses the line (Cat to Sly : “He’s not just a good student. If you look for trouble, you’ll find it.”; Ma, the son of wealthy Kuomintang members : “I thought you were a model student. But you flirt, you get into fights…”), the victim, Ming, with her angelic face and chubby legs, was rather an unwitting instigator (under the protection of Honey and then Si’r, the possible affair with the young doctor, and being taken in by Ma’s family) – against a backdrop of women’s emancipation and a rebellious youth – given the rigid context of the time in Taiwan. At the end of primary school, in Barberaz, near Chambéry (Savoie), a little girl named Fanny, with a round face, had her mother murdered by her father with stones in the 1980s – femicide is nothing new; she lived in the same building as me. These kinds of events leave a mark because they reveal the state of society. Yang’s strength lies in linking this story, without judgment, to the history of his country in the sixties, the big H being the White Terror of Chiang Kai-shek’s Kuomintang, the hunt for communists, the exhausting interrogations, the tanks, the iron discipline in college, martial law, the Waisheng Ren, in large numbers, possibly 25% of the population (approximately 2 million), here, they are symbolized by civil servants and their unruly children, fleeing Mao’s China in 1949, relegated, sometimes, to shantytowns. In the attics, the former Japanese occupation (1895-1945) is hidden. The Scorsese aspect, against a backdrop of West Side Story (Jerome Robbins and Robert Wise, 1961) and Rebel Without a Cause (Nicholas Ray, 1955), lies in the conflict between gangs of Chinese who arrived before 1949 (the Bensehng Ren, sons of soldiers, the 217 – a reference to the 228, a massacre of 20,000 victims by the Kuomintang in 1947 against a popular uprising at the end of February, an indirect subject of A City of Sadness, Beiqing chengshi, by compatriot and friend Hou Hsiao-Hsien, 1989 ?) and the Little Park Boys, the Waisheng Ren. The film is a long, but not boring, build-up of tension. A massacre scene, with swords and katana blows, in the dark, of the Little Park Boys against the 217, during a typhoon, is striking in the humid night on an island where electricity is intermittent.
The lighting is meticulously crafted: the flashlight, here synonymous with culture, permeates the entire film like a witness; a strict boarding school with long corridors flooded with bright sunlight; a night with a Caravaggio-esque atmosphere, where sex, revelry, and murder intertwine. Night represents the oppressive weight of the Kuomintang. In parallel montage to the revenge massacre, the interrogation scene of the father, a protest against injustice, bureaucracy, and political repression, by the secret police, Garrison Command, with its swaying lightbulb, references German Expressionism, particularly Clouzot’s Le Corbeau (The raven, 1943; like Hitchcock, Henri-Georges was introduced to the UFA studios in Berlin; this scene is typical of film noir). Yang, familiar with Asian cinema, creates a shot reminiscent of Ozu, while others, with objects or people hidden behind fabrics, allude to his friend Hitchcock, who was a fervent admirer of European cinema, especially the Italians (Antonioni for the relationships between men and women, Fellini for the city at night), the Germans (Lang; the New Wave cinema with Werner Herzog, Rainer Werner Fassbinder, Wim Wenders) who would remotivate him to return to filmmaking after seven years of computer engineering in Seattle (Washington) following Californian film studies that disgusted Yang, allergic to Hollywood. The zenithal lighting in the same scene can also be compared to that of the opening of The Godfather (Coppola, 1972), the overall work of cinematographer Gordon Willis, known as « The Prince of Darkness. » Some shots are black, as in Kiarostami, Iran not being a more glorious regime. This is because the film is meta : the scene of a film shoot, a place of clandestine encounters, is central, explicitly demonstrating Yang’s love of cinema, undoubtedly a memory from his youth; The director is caricatured; Yang denounces a commercial system; light is paramount; the studio is the place of the truthful lie in a dictatorial regime.
Yang questions the relationship with America, the Mutual Defense Treaty between the United States of America and the Republic of China (中華民國與美利堅合眾國間共同防禦條約) being signed in 1954 to become obsolete in 1979 following Nixon’s visit to Mao in 1972 : Little Cat (Chi-Tsan Wang), jeans and slicked-back hair, a tough guy from the 217 gang sings in a falsetto voice phonetically the Elvis standards which he records on a tape recorder while the main protagonist’s sister translates as in our time of the yéyé; Wearing Converse sneakers, playing baseball or basketball, the emancipation of an impatient and rebellious youth, even going so far as to rename themselves « Honey » (“Everyone fears him. But he’s the most honest of all. He can’t stand injustice. He always fights to set things right. I tried to convince him that he can’t change the world on his own. He flies into a rage and accuses me of discouraging him” says the romantic “Bezukov,” the amorous Mao), “Sly,” “Deuce,” “Airplane,” “Underpants,” “Threads,” “Sex Bomb,” “Red Bean” against a backdrop of gang warfare so that the disoriented can assert themselves; see Hawks’s Rio Bravo (1959); the dream of the American way of life. “At the time, there were a lot of foreign films on television. A lot of GIs came in the 60s. We were getting information from everywhere. The locals themselves didn’t really know where they stood anymore.On the island, which is very closed off, like a place from which there is no escape, one wants to know what is happening elsewhere. » (Les Cahiers du Cinéma, 1992).
The radio is broken, as depicted in Radio Days (W. Allen, 1987): communication is severed, between parents and children, women and men, the people and those in power. It’s a dense yet fluid coming-of-age story. The late Yang made seven films, one television film, two short films, and two recordings of theatrical productions. A master.
En 2018, un hombre asiático sentado a mi lado se volvió inexplicablemente violento durante la proyección de Un día de verano más brillante en el cine Lumière de Bellecour, Lyon, en el pequeño auditorio 2 de la planta baja. En Un día de verano más brillante de Ed Yang (Yáng Déchāng), el padre de la nueva ola taiwanesa, una película que cruza dos culturas (China/Taiwán – EE. UU.), es difícil decir que uno se ríe como Elvis cuando intenta, entre carcajadas, cantar « ¿Estás solo esta noche? ». El título inicial marca la pauta: « Un millón de chinos se retiraron a Taiwán con el gobierno nacionalista en 1949, tras la victoria comunista en China. En un entorno incierto, muchos de sus hijos, ante la ansiedad de sus padres por el futuro, formaron bandas callejeras en busca de identidad y seguridad« . Un día de verano más brillante es un mundo en sí mismo (se cita explícitamente Guerra y paz de Tolstoi : «En aquel momento, estábamos perdidos y fuimos al cine. La película de Vidor [War and Peace, 1956] nos conmovió (…) Entonces recurrimos al libro para saber más (…) Es posible que la historia que quería contar tuviera, inconscientemente, conexiones con novelas épicas como la de Tolstoi». Positif n.º 375-376, mayo de 1992, reimpreso en Michel Ciment, Petite planète cinématographique, 2003), fascinante pero cruel (¿No seas cruel? mientras se comete un asesinato), donde, como El gatopardo (Il gattopardo, L. Visconti, 1963) o En busca del tiempo perdido de Proust, es bueno acurrucarse en ella. Sobre todo porque la primera versión se redujo una hora tras su estreno y luego decenas de minutos. ¡Es algo completamente distinto comparado con el graffiti americano (Lucas, 1973)! Es comprensible que la Fundación de Cine Mundial de Scorsese, una de las influencias de Yang (quien aprendió cine en California mientras rechazaba el sistema de Hollywood), se hiciera cargo del proyecto. El título original es : Gǔ lǐng jiē shàonián shārén shìjiàn, El caso del joven asesino de la calle Guling, ambientado en la universidad donde estudiaba Yang. Yang conocía al asesino, Mao Wu, posiblemente un aborigen, de una pandilla. En la película, no juzga al asesino, Xiao Si’r (“los cuatro pequeños” o el cuarto de una familia de cinco hijos, su verdadero nombre es Zhang Zhen como el verdadero nombre del actor que lo interpreta), un joven apuesto, educado y perdido, un adolescente amable y tímido, es bastante entrañable, incluso si cruza la línea (Cat a Sly : “No es solo un buen estudiante. Si buscas problemas, los encontrarás.”; Ma, el hijo de miembros ricos del Kuomintang : “Pensé que eras un estudiante modelo. Pero coqueteas, te metes en peleas…”), La víctima, Ming, con su rostro angelical y sus piernas regordetas, fue más bien una instigadora involuntaria (bajo la protección de Honey y luego de Si’r, del posible romance con el joven médico, y acogida por la familia de Ma), en un contexto de emancipación femenina y una juventud rebelde, dado el rígido contexto de la época en Taiwán. Al finalizar la primaria, en Barberaz, cerca de Chambéry (Saboya), una niña llamada Fanny, de cara redonda, vio a su madre asesinada a pedradas por su padre en la década de 1980. El feminicidio no es nada nuevo; vivía en el mismo edificio que yo. Este tipo de sucesos dejan huella porque revelan el estado de la sociedad. La fuerza de Yang reside en vincular esta historia, sin juzgar, con la historia de su país en los años sesenta, siendo la H mayúscula el Terror Blanco del Kuomintang de Chiang Kai-shek, la caza de comunistas, los interrogatorios agotadores, los tanques, la disciplina férrea en la universidad, la ley marcial, el Waisheng Ren, en grandes cantidades, posiblemente el 25% de la población (aproximadamente 2 millones), aquí, están simbolizados por funcionarios y sus hijos rebeldes, que huyeron de la China de Mao en 1949, relegados, en ocasiones, a barrios marginales. En los áticos, se oculta la antigua ocupación japonesa (1895-1945). El aspecto scorsese, con el telón de fondo de West Side Story (Jerome Robbins y Robert Wise, 1961) y Rebelde sin causa (Nicholas Ray, 1955), reside en el conflicto entre bandas de chinos llegados antes de 1949 (los Bensehng Ren, hijos de soldados, los 217 —una referencia a los 228, una masacre de 20.000 víctimas a manos del Kuomintang en 1947 contra un levantamiento popular a finales de febrero, un tema indirecto de Una ciudad de tristeza, Beiqing chengshi, del compatriota y amigo Hou Hsiao-Hsien, ¿1989?) y los Little Park Boys, los Waisheng Ren. La película es una larga, pero no aburrida, acumulación de tensión. Una escena de masacre, con espadas y golpes de katana, en la oscuridad, de los Little Park Boys contra la 217, durante un tifón, resulta impactante en la húmeda noche de una isla con electricidad intermitente.
La iluminación está meticulosamente elaborada: la linterna, aquí sinónimo de cultura, impregna toda la película como un testigo; un estricto internado con largos pasillos inundados de brillante luz solar; una noche con una atmósfera caravaggioca, donde el sexo, el jolgorio y el asesinato se entrelazan. La noche representa el peso opresivo del Kuomintang. En un montaje paralelo a la masacre de venganza, la escena del interrogatorio del padre, una protesta contra la injusticia, la burocracia y la represión política, por parte de la policía secreta, el Comando de Guarnición, con su bombilla oscilante, hace referencia al expresionismo alemán, en particular a Le Corbeau de Clouzot (1943; al igual que Hitchcock, Henri-Georges fue presentado a los estudios UFA en Berlín; esta escena es típica del cine negro). Yang, conocedor del cine asiático, crea un plano que recuerda a Ozu, mientras otros, con objetos o personas ocultos tras telas, aluden a su amigo Hitchcock, un ferviente admirador del cine europeo, especialmente del italiano (Antonioni por las relaciones entre hombres y mujeres, Fellini por la ciudad de noche), los alemanes (Lang; el cine de la Nueva Ola con Werner Herzog, Rainer Werner Fassbinder, Wim Wenders) que lo motivarían a regresar al cine después de siete años de ingeniería informática en Seattle (Washington) tras los estudios de cine californiano que disgustaron a Yang, alérgico a Hollywood. La iluminación cenital en la misma escena también puede compararse con la del comienzo de El Padrino (The godfather, Coppola, 1972), la obra general del director de fotografía Gordon Willis, conocido como « El Príncipe de las Tinieblas ». Algunas tomas son negras, como en Kiarostami, Irán no siendo un régimen más glorioso. Esto se debe a que la película es meta: la escena de un rodaje, un lugar de encuentros clandestinos, es central, demostrando explícitamente el amor de Yang por el cine, sin duda un recuerdo de su juventud; el director es caricaturizado; Yang denuncia un sistema comercial; la luz es primordial; El estudio es el lugar de la mentira veraz en un régimen dictatorial.
Yang cuestiona la relación con Estados Unidos, el Tratado de Defensa Mutua entre los Estados Unidos de América y la República de China (中華民國與美利堅合眾國間共同防禦條約) que se firmó en 1954 para quedar obsoleto en 1979 tras la visita de Nixon a Mao en 1972 : Little Cat (Chi-Tsan Wang), vaqueros y pelo engominado hacia atrás, un tipo duro de la pandilla 217 canta en falsete fonéticamente los estándares de Elvis que graba en una grabadora mientras la hermana del protagonista principal traduce como en nuestra época de los yéyé; usar zapatillas Converse, jugar al béisbol o al baloncesto, la emancipación de una juventud impaciente y rebelde, llegando incluso a cambiar su nombre a « Honey » (“Todos le temen. Pero él es el más honesto de todos. No soporta la injusticia. Siempre lucha por arreglar las cosas. Intenté convencerlo de que no puede cambiar el mundo solo. Monta en cólera y me acusa de desanimarlo”, dice el romántico “Bezukov”, el amoroso Mao), “Sly”, “Deuce”, “Airplane”, “Underpants”, “Threads”, “Sex Bomb”, “Red Bean” en un contexto de guerra de pandillas para que los desorientados puedan afirmarse; véase Río Bravo (1959) de Hawks; el sueño del estilo de vida americano. “En esa época, había muchas películas extranjeras en la televisión. Muchos soldados llegaron en los años 60. Recibíamos información de todas partes. Los propios lugareños ya no sabían realmente dónde estaban parados. En la isla, que está muy aislada, como un lugar del que no hay escapatoria, uno quiere saber qué está pasando en otros lugares”. (Les Cahiers du cinéma, Cuadernos del cine, 1992).
La radio está rota, como se muestra en Radio Days (W. Allen, 1987): la comunicación está interrumpida, entre padres e hijos, mujeres y hombres, el pueblo y quienes ostentan el poder. Es una historia densa pero fluida sobre la madurez. El difunto Yang realizó siete películas, una película para televisión, dos cortometrajes y dos grabaciones de producciones teatrales. Un maestro.
[in English in 2nd part; Espagnol en la parte 3] Toujours people, Frémaux nous indique qu’Irène Jacob, actrice et Présidente de l’Institut Lumière, Gustave de Kervern, l’époux et le frère de Dominique Blanc sont présents. Elle insiste pour présenter ces deux derniers. La masterclass est généreuse et très émouvante. Gomes interviewe, parfois avec des jeux de mots foireux qui ne font rire que lui. Dominique Blanc, très cash, ressemble à une grande mère, tout ce qu’il y a de plus normal, dans son tailleur et ses cheveux lissés. A part ses pommettes saillantes et craquantes, son joli rire communicatif, elle me fait de plus en plus songer à Bette Davis.
Gamine, j’allais au cinéma Pathé rue de la République avec mon frère Jean-Christophe. Il a été le premier à croire en moi. Et puis, c’est ma professeure de théâtre Janine Berdin, qui a vu La douleur, qui a allumé la flamme. Je suis allée voir mon père, un chirurgien, et je lui ai dit : « Tu sais, ma professeure dit que je pourrais passer le concours du Conservatoire. ». Il m’a dit répondu : « Si c’est comme ça, tu peux prendre la porte. ». Il y avait peu de filles. C’était un peu dur. J’étais à l’UP7, une unité pédagogique à Paris. Je voulais être psychiatre, je suis née parmi cinq enfants, c’était dur d’y faire sa place. Mon père souffrait du mandarinat. Puis j’ai été à l’Ecole du Louvre, le public était âgé. J’ai suivi des études d’architecture parce que Bettelheim voulait soigner les enfants autistes à l’aide de l’architecture mais je n’étais pas heureuse alors je me suis inscrite au cours Florent en cachette, à l’île Saint Louis. C’était pour la jeunesse dorée. On improvisait ; moi, je récitais Dans ma maison de Prévert. Sur le conseil du directeur, je suis venue aux cours du soir, j’étais plus motivée car les participants y étaient, ils en voulaient. Vous savez, j’ai été recalée du Conservatoire trois fois ! Comme Jouvet, qui était bègue [et asthmatique d’où l’absence de longues tirades et des phrases courtes]. Des années plus tard, ils m’ont proposé d’y devenir professeure et j’ai dit non !
On note une certaine pugnacité : un sentiment d’harmonie et de bonheur intérieur.
J’avais les encouragements du Cours Florent. J’étais la femme de ménage en plus des cours, j’avais les clés du cours comme cela. Je peux vous dire que c’est formateur de jouer Phèdre après avoir nettoyés les chiottes turques !
Votre deuxième rencontre décisive, c’est Pierre Romans, un lyonnais, qui a fondé le théâtre des Amandiers.
Pierre Romans a été un choc artistique, Patrice Chéreau, un miracle. Pierre Romans, il avait une réelle sensibilité, on était toutes amoureuses de lui. On a travaillé un an sur Tchekhov, ça a été une révélation. Et puis j’ai eu confiance car il a su me faire confiance. J’avais besoin de reconnaissance car j’étais l’avant-dernière des 5 enfants, il fallait faire sa place. Le regard de Romans sur moi a été important. Petite, je faisais le go-between entre mes frères et sœurs et mes parents. Romans n’était pas un chef de troupe ; c’était un diplomate.
Et Chéreau ?
C’était un shift. Il était à Bayreuth avec Boulez pour monter un Wagner. Il est venu nous voir jouer une pièce de Tchekhov, un montage d’Ivanov-Platonov. J’ai halluciné de voir Chéreau à Cardin où nous jouions. Chéreau était tout timide, tout humble. Après le spectacle, tous les comédiens avaient des castings, des propositions de tournage, sauf moi. En septembre, je reçois un message sur mon répondeur de Chéreau. Je croyais que c’était une blague ! Et puis, nous avons joué la pièce Peer Gynt d’Henrik Ibsen au TNP Villeurbanne avec Gérard Desarthe en acteur principal en 1981. Je n’ai pas lu la pièce. Début 1980, Godard.
Il y avait une annonce à l’ANPE, c’était pour Passion (1982)de Godard. Le recrutement ne s’effectuait que pour le physique. Je postulais pour La fille à l’ombrelle de Goya et Le bain turc d’Ingres où les femmes étaient nues. C’était au studio Billancourt. Les figurations nues étaient mieux payées. L’assistant n’arrêtait pas de me prendre en photo pour voir s’il y avait des imperfections sur le corps. J’avais besoin d’argent, j’étais plus axée sur La fille à l’ombrelle. Le 31 décembre 1980, tout le personnel était au studio. Il y avait un immense travelling sur les autres actrices pour tout Goya. Les costumes étaient de Gasc, il avait un chiwawa qui voulait absolument me mordre le sein. On ne sait pas quand ça tourne. Godard, un Hitler parano, et Coutard, son chef opérateur, étaient violents, méprisants. Je n’étais pas contente. Je m’en ouvre à Godard qui m’invite en suisse. Je me suis dit, « J’arrête le cinéma ».
Vous avez la capacité de dire non.
C’était très violent. C’est facile de maltraiter une figurante. Je m’étais promise de lui balancer une baffe. Je l’ai retrouvé par hasard à la Porte Maillot à un kiosque, il avait un imper crade et je ne lui ai pas donné la baffe qu’il méritait.
Chéreau, lui, était à l’école du regard.
On était en répétition au TNP à Villeurbanne. J’ai senti dans le regard de Patrice, sa confiance, que j’étais légitime, ça m’a donné des ailes !
Vous avez tourné deux films avec lui, c’était le zénith, tournage cinéma la journée, jouer au théâtre le soir.
Ceux qui m’aiment prendront le train (1998) ressort le 05 novembre 2025 [Malavida]. On partait de la gare de l’Est et on prenait le Paris-Mulhouse, on mangeait à Mulhouse; au théâtre de l’Odéon, je jouais La Maison de Poupée d’Ibsen le soir jusqu’à 3h du matin. J’étais superwoman à l’époque ! Il y avait une grande ivresse, j’étais inventive, j’étais galvanisée. Il y avait peu de sommeil. La suite du film se tournait à Limoges. Je faisais l’aller-retour à Paris en ambulance, j’adorais faire actionner la sirène, c’était à la fois pour aller vite mais aussi pour dormir, un peu.
Et puis, il y a La reine Margot (1994), un film long, c’est un succès, la publicité, 2 millions d’entrée.
C’était une grande satisfaction. On était heureux que le film soit à Cannes, on rêvait de la Palme d’or [Il a obtenu le prix du jury et Virna Lisi, meilleure actrice 1994], on ne va pas se le cacher. Adjani n’est pas généreuse du tout : pour la ressortie, elle a préféré aller à un défilé haute couture. J’étais bouleversée en le revoyant, j’ai dû me cacher pour pleurer. Ceux qui m’aiment prendront le train (1998) est très contemporain : Perez joue un trans, le genre était déjà au menu. Au scénario, c’est Danièle Thomson et Pierre Trividic. Chéreau me parlait à l’oreille, rien que pour moi.
Et puis, il y a un réalisateur que vous retrouvez : Régis Wargnier. Avec La femme de ma vie (1986), vous êtes nominée meilleure jeune espoir féminin.
Il y avait un grand plaisir. J’étais trop jeune. Elle raconte une histoire : elle devient le personnage au fur et à mesure. Il y a un rôle pour la sœur de Wargnier. C’est impressionnant, on est au cœur de l’humanité, elle est libre. Elle propose d’être marraine, se sent intruse. Je sais que ça énerve Régis, mais pour moi, son meilleur film, c’est Je suis le seigneur du château (1989), c’est le plus beau, le plus personnel. Chéreau réunit ; il parle le norvégien ; à chaque fois, il voulait tout savoir sur un sujet.
Et puis Piccoli dans Milou en mai (Malle, 1990).
Je n’aime pas voir les films où je joue mais à chaque fois que Milou en mai y passe, je ne le rate pas à la tv. Le tournage se déroulait chez l’habitant, dans le Lot. J’étais chez une dame qui fabrique du foie gras. Il y a peu de fictions sur mai 68. C’est l’un des tournages les plus festifs, comme chez Renoir, c’est ce que Malle voulait, il y avait de la confiance, il y a un côté Déjeuner sur l’herbe. On répétait dans différentes pièces en fonction des repérages. Renato Berta est à la caméra. Piccoli en apiculteur. Piccoli a fait un court métrage pour Amnesty international [Dominique Blanc y chante]. Il a tourné deux longs métrages dont La plage noire (2001). Il était plus heureux en tournant que quand il joue ; il y avait une ivresse, une drôlerie, une invention. On a tourné dans un ancien hangar d’EDF, il n’y avait pas d’argent.
Fellini, Bunuel ?
J’ai tourné un documentaire [Sandra Kalniete, 2005] pour la 5 : une déportée en Sibérie qui devient ambassadrice de Lettonie en France ; ave l’image forte des 3 pays Baltes qui se tiennent par la main. J’ai tourné un court aussi de 5mn [Hopper stories, 2012] sur Ed Hopper avec Clémence Poésie avec ce moment d’apesanteur où elle fume longuement sur le rebord de la fenêtre en sortant des loges. J’ai une grande envie de tourner un long mais je n’ai rien de précis. Mastroianni et Keller dans Les yeux noirs (Oci ciornie, Nikita Mikhalkov, 1987) [film tchékhovien comme Milou en mai] sont exubérants, très tristes, très joyeux. D’où le Platonov avec Mastroianni, il balançait ses béquilles. Pour tourner avec un réalisateur étranger, Moretti, j’adorerais.
Rimbaud, Verlaine (Totale eclipse, 1995) d’Agnieszka Holland avec Leonardi DiCaprio ?
Leo était Rimbaud, ce gamin magnifique. Il était dans sa caravane et il me montrait toutes les revues étalées qui parlait de lui, il était content, comme un gamin qu’il était ! Quand le film est sorti aux États-Unis, tous ses agents lui ont dit : « Tu vas jouer dans Titanic, il est hors de question que tu joues un homosexuel ! » Le film, mort-né, est donc sorti en catimini. Romane Bohringer jouait le rôle de la femem de Verlaine. J’ai été beaucoup coupée au montage, la metteuse en scène est venue me le dire en s’excusant, c’est très rare ! Au dernier festival de Cannes, Leo a rendu un hommage d’une extrême humilité à Robert De Niro. Après la séance, je suis allée le voir et il était exactement comme lorsque je l’ai connu : simple, direct, spontané et ça, c’est rarissime !
Diane Keaton ?
Elle avait pas mal d’humour sur elle-même, elle ne s’est jamais prise au sérieux, elle avait de l’élégance.
Votre actualité ?
Mon actualité, c’est Jupiter d’Alexandre Smia avec un scénario du fils d’Alain Finkielkraut, Thomas. Il s’agit de déclencher une arme nucléaire. [Sont présents dans le film : André Dussollier, Cédric Kahn, Reda Kateb, Denis Ménochet, Frédéric Pierrot, Céline Sallette].
——————————————————————————————————–
Les questions du public
Partir un jour (Amélie Bonnin, 2025) ?
C’est une fanfare à la Tchekhov. Armanet, Bouillon, super ambiance. J’y chante. En la mettant en ouverture du Festival de Cannes, hors compétition, la réalisatrice a été protégée des médias, le film est bien écrit.
Alexandra David-Néel : J’irai au pays des neiges (Joël Farges, 2012, téléfilm) ?
J’ai découvert le Tibet, le Boutan, Pondichéry en Inde. C’est son mari qui finançait les expéditions de David-Néel. Elle était féministe. La moitié de l’équipe était indienne.
La différence entre actrice et comédienne ?
Je ne suis pas une actrice, elles ont trop de caprices. Je suis définitivement une comédienne.
Vos actrices préférées ?
C’est dur à dire, il y en a beaucoup. Spontanément, c’est Gena Rowlands qui me vient, dans Opening night [1977] notamment.
Votre tentative d’arrêt par rapport à Godard ?
J’ai une passion pour Romy Schneider ; du coup, j’ai fait de la figuration dans La banquière (Francis Girod, 1980) pour l’approcher, lui parler. Je faisais beaucoup de figurations. Mon premier film d’actrice, c’est chez Wargnier. Il y avait une doublure lumière pour Piccoli. Je me glissais des coulisses pour aller jouer dans une pièce de théâtre.
Est-ce que vous auriez des conseils pour les comédiennes ?
« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. » René Char. Je mélangerais la citation et la remettrai dans le bon ordre selon moi : « Serre ton bonheur , ton courage, même, Impose ta chance et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. ». C’est plus difficile pour une femme, c’est certain. Il faut se fier à son instinct : au fond de soi, on sait, c’est animal. Ce sont de choses toute bête mais quand j’ai vu Gabriel Aghion pour Pédale douce (1996), je pensais à Libelei de Schnitzler ; on dîne, et le foie gras tombe dans sa manche, il ne dit rien comme si de rien n’était ; j’ai alors vu sa fragilité, ça m’a touché, j’ai accepté.
Quel est votre rapport aux costumes ?
C’est essentiel au cinéma et au théâtre. Despleschin par exemple assistait aux essayages de costumes pour Angels in America (Kushner), je joue 3 hommes, 3 femmes. On était dans l’atelier costumes de la Comédie française. Il y a là-bas une vieille portugaise qui a pour mission spécifique de repasser les cols, les fraises et les poignets de dentelle, magnifique, non ? Despleschin est très timide. Le fait d’assister aux essayages permet de briser la glace, d’avoir une proximité physique, plus qu’en répétition. De même sur Indochine (R. Wargnier, 1992), il y avait une costumière italienne [Gabriella Pescucci] imposée par Deneuve ; si le vert est proscrit au théâtre en France, je n’en porte pas, elle me demandait si je ne voyais pas d’inconvénient si je portais du violet … car, en Italie, c’est le violet qui est proscrit ! Moidele Bickel, grande actrice de la Schaubühne, n’avait jamais tourné de film [elle était dans La Marquise d’O... d’Éric Rohmer, 1976] . C’était dans La Reine Margot (Patrice Chéreau, 1994). Adjani voulait imposer quelqu’un d’autre.
Est-ce que vous avez eu des problèmes lors de tournages ?
Je vais jusqu’au bout, je ne suis jamais partie au milieu, même si ça se passait mal. Ca m’est arrivée récemment. Il est impossible d’infléchir un metteur en scène quand il s’en prend à vous personnellement, méchamment en plus ; il y avait un côté sadique. J’ai appelé mon agent qui a appelé le producteur qui a répercuté au metteur en scène et tout s’est bien passé ensuite. J’ai le sens du devoir.
Nina Companeez (1937-2015) ? J’ai fait beaucoup de téléfilms avec elle (Un pique-nique chez Osiris, 2001 ; L’allée du roi, 1996). C’était une grande amie mais c’était un général d’armée. C’était une grande monteuse et scénariste. Adjani et Huppert y ont fait leur début. Elle avait beaucoup d’humour et touchait juste.
Brialy ?
Brialy était le premier à me reconnaître dans le milieu. Il était fidèle. Il a réalisé Monsieur Max (2007, Aghion, téléfilm) sur le poète homosexuel Max Jacob. Brialy avait le cancer. Il touchait les couilles des techniciens avant de dire moteur.
Des projets ?
Poudroux pour Dowlands de Cassavetes, La ballade de Souchon au Montparnasse, Tartuffe de Molière dans la grande halle de la Villette.
La Douleur de Duras ?
Je l’ai joué grâce à Chéreau. Après Phèdre de Racine, j’étais malade, je suis tombée, grosse fatigue, direct Sainte Anne. J’appelle Patrice, j’étais perdue. Il écoutait bien. Il était hyperactif. Il me propose une lecture. Un chorégraphe a un regard. La douleur de Duras était inconnue de moi et Patrice, c’est le chorégraphe qui nous a apporté le texte. Je ne savais pas si j’était capable de remonter sur scène. Je dis à Patrice que je vais fumer une cigarette, Patrice a deviné, je voulais partir, le planter là et arrêter le théâtre et le cinéma. [pleurs] Il me regardait. Je le reprends en 2028-2029. Tu me regardes, par le fills de Glucksman.
Elle me dédicace Chantiers, Je collection Le temps du théâtre chez Actes Sud. Je lui parle de Les Amandiers (2022) de Valeria Bruni Tedeschi où Chéreau n’a pas le beau rôle. Elle me répond que la réalisatrice aurait dû l’intituler Mes Amandiers. Je la complimente sur son interprétation de Phèdre de Racine, et lui lance : « Marie Bell peut se rhabiller. ». Elle éclate de rire et dit « Carrément ! ». Je mange un sandwich et voit qu’elle prend du temps, discute et signe de bonne grâce des autographes et se prête aux selfies partagés.
[Movie ; Lumière Festival 2025, Masterclass, Dominique Blanc***] White cash
Still on the celebrity side, Frémaux tells us that Irène Jacob, actress and President of the Lumière Institute, and Gustave de Kervern, Dominique Blanc’s husband and brother, are present. She insists on introducing the latter two. The masterclass is generous and very moving. Gomes interviews, sometimes with lame puns that only make him laugh. Dominique Blanc, very straightforward, looks like a grandmother, completely normal, in her suit and slicked-back hair. Apart from her prominent, crisp cheekbones and her lovely, infectious laugh, she reminds me more and more of Bette Davis.
When I was a kid, I used to go to the Pathé cinema on Rue de la République with my brother Jean-Christophe. He was the first to believe in me. And then, it was my drama teacher Janine Berdin, who saw La douleur, who lit the flame. I went to see my father, a surgeon, and I said to him : « You know, my teacher says I could pass the Conservatoire entrance exam. » He replied : « If that’s how it is, you can go in. » There were few girls. It was a bit hard. I was at UP7, a teaching unit in Paris. I wanted to be a psychiatrist, I was born among five children, it was hard to make a place there. My father suffered from the mandarinate. Then I went to the Ecole du Louvre, the audience was old. I studied architecture because Bettelheim wanted to treat autistic children with architecture, but I wasn’t happy, so I secretly enrolled in the Cours Florent on the Île Saint Louis. It was for the gilded youth. We improvised; I recited Prévert’s Dans ma maison. On the director’s advice, I came to the evening classes; I was more motivated because the participants were there, they wanted to be there. You know, I was rejected from the Conservatoire three times ! Like Jouvet, who stuttered [and asthmatic, hence the absence of long tirades and short sentences]. Years later, they offered me the position of professor there, and I said no !
There’s a certain tenacity: a feeling of harmony and inner happiness.
I had the encouragement of the Cours Florent. I was the cleaner in addition to the classes; I had the keys to the class like that. I can tell you that it’s educational to play Phèdre after cleaning the Turkish toilets !
Your second decisive encounter was with Pierre Romans, a Lyon native who founded the Théâtre des Amandiers.
Pierre Romans was an artistic shock, Patrice Chéreau, a miracle. Pierre Romans, he had a real sensitivity, we were all in love with him. We worked for a year on Chekhov, it was a revelation. And then I had confidence because he knew how to trust me. I needed recognition because I was the second youngest of the 5 children, I had to make my place. Romans’s view of me was important. When I was little, I was the go-between between my brothers and sisters and my parents. Romans was not a troupe leader; he was a diplomat.
And Chéreau ?
It was a shift. He was in Bayreuth with Boulez to stage a Wagner play. He came to see us perform a Chekhov play, a production of Ivanov–Platonov. I was amazed to see Chéreau at Cardin, where we were performing. Chéreau was so shy, so humble. After the show, all the actors had castings and filming offers, except me. In September, I received a message on my answering machine from Chéreau. I thought it was a joke! And then, we performed Henrik Ibsen’s Peer Gynt at the TNP Villeurbanne with Gérard Desarthe as the lead actor in 1981. I haven’t read the play.
Early 1980, Godard.
There was an advertisement at the ANPE (National Employment Agency), it was for Godard’s Passion (1982). Recruitment was based solely on looks. I applied for Goya’s Girl with a Parasol and Ingres’s The Turkish Bath, where the women were naked. It was at the Billancourt studio. Nude extras were better paid. The assistant kept taking pictures of me to see if there were any imperfections on my body. I needed the money; I was more focused on Girl with a Parasol. On December 31, 1980, the entire staff was at the studio. There was a huge tracking shot of the other actresses for all of Goya. The costumes were by Gasc; he had a Chihuahua who absolutely wanted to bite my breast. You don’t know when it would be filmed. Godard, a paranoid Hitler, and Coutard, his director of photography, were violent and contemptuous. I wasn’t happy. I told Godard about it, and he invited me to Switzerland. I said to myself, « I’m quitting cinema. »
You have the ability to say no.
It was very violent. It’s easy to mistreat an extra. I promised myself I’d slap him. I ran into him by chance at a kiosk at Porte Maillot; he was wearing a dirty raincoat, and I didn’t give him the slap he deserved.
Chéreau, on the other hand, was at the school of the gaze.
We were rehearsing at the TNP in Villeurbanne. I felt in Patrice’s eyes, his confidence, that I was legitimate; it gave me wings!
You shot two films with him; it was the height of it, filming during the day, acting in theater at night.
Those Who Love Me Will Take the Train (1998) is out again on November 5, 2025 [Malavida]. We left from the Gare de l’Est and took the Paris-Mulhouse train, we ate in Mulhouse; at the Odéon Theatre, I performed Ibsen’s A Doll’s House in the evening until 3 a.m. I was superwoman at the time ! There was a great intoxication, I was inventive, I was galvanized. There was little sleep. The rest of the film was shot in Limoges. I traveled back and forth to Paris in an ambulance, I loved sounding the siren, it was both to go fast but also to sleep, a little.
And then there’s La reine Margot (1994), a long film, it was a success, the advertising, 2 million admissions.
It was a great satisfaction. We were happy that the film was at Cannes, we dreamed of the Palme d’Or [It won the Jury Prize and Virna Lisi, Best Actress in 1994], we’re not going to hide it. Adjani isn’t generous at all : for the re-release, she preferred to go to a haute couture show. I was devastated when I saw it again, I had to hide and cry. Those Who Love Me Will Take the Train (1998) is very contemporary : Perez plays a transgender person, the genre was already on the agenda. Danièle Thomson and Pierre Trividic wrote the screenplay. Chéreau whispered in my ear, just for me.
And then, there’s a director you’re working with again: Régis Wargnier. With The Woman of My Life (1986), you were nominated for Best New Actress.
It was a great pleasure. I was too young. She tells a story : she becomes the character as she goes along. There’s a role for Wargnier’s sister. It’s impressive; we’re at the heart of humanity, she’s free. She offers to be a godmother, feels like an intruder. I know it annoys Régis, but for me, his best film is I Am the Lord of the Castle (1989), it’s the most beautiful, the most personal. Chéreau brings people together; he speaks Norwegian; each time, he wanted to know everything about a subject.
And then Piccoli in Snowy in May (Malle, 1990).
I don’t like to watch the films in which I act, but every time Milou en mai is shown, I don’t miss it on TV. The shoot took place at a local’s house in the Lot. I was at the home of a woman who makes foie gras. There are few fictional films about May ’68. It’s one of the most festive shoots, like with Renoir, that’s what Malle wanted, there was trust, there’s a Déjeuner sur l’herbe feel. We rehearsed in different rooms depending on the locations. Renato Berta is on camera. Piccoli is a beekeeper. Piccoli made a short film for Amnesty International [Dominique Blanc sings in it]. He shot two feature films, including La plage noire (2001). He was happier while shooting than when he’s acting; there was an intoxication, a humor, an invention. We shot in an old EDF warehouse; there was no money.
Fellini, Bunuel ?
I shot a documentary [Sandra Kalniete, 2005] for Channel 5: a deportee in Siberia who becomes Latvian ambassador to France; with the powerful image of the three Baltic countries holding hands. I also shot a 5-minute short [Hopper Stories, 2012] about Ed Hopper with Clémence Poésie, with that weightless moment where she smokes for a long time on the windowsill as she leaves the dressing room. I really want to shoot a feature film, but I don’t have anything specific. Mastroianni and Keller in Black Eyes (Oci ciornie, Nikita Mikhalkov, 1987) [a Chekhovian film like Snowy in May] are exuberant, very sad, very joyful. Hence the Platonov with Mastroianni; he was swinging his crutches. To work with a foreign director, Moretti, I would love it.
Fellini, Bunuel ?
I shot a documentary [Sandra Kalniete, 2005] for Channel 5 : a deportee in Siberia who becomes Latvian ambassador to France; with the strong image of the 3 Baltic countries holding hands. I also shot a 5-minute short [Hopper Stories, 2012] on Ed Hopper with Clémence Poésie with this moment of weightlessness where she smokes for a long time on the windowsill as she leaves the dressing room. I really want to shoot a feature film but I don’t have anything specific. Mastroianni and Keller in Black Eyes (Oci ciornie, Nikita Mikhalkov, 1987) [a Chekhovian film like Snowy in May] are exuberant, very sad, very joyful. Hence the Platonov with Mastroianni, he was swinging his crutches. To shoot with a foreign director, Moretti, I would love to.
Rimbaud, Verlaine (Total Eclipse, 1995) by Agnieszka Holland with Leonardi DiCaprio?
Leo was Rimbaud, that magnificent kid. He was in his trailer and he showed me all the magazines spread out about him, he was happy, like the kid he was ! When the film came out in the United States, all his agents told him : « You’re going to star in Titanic, there’s no way you’re playing a homosexual ! » The film, stillborn, was therefore released on the sly. Romane Bohringer played the role of Verlaine’s wife. I was cut a lot in the editing, the director came to tell me and apologized, which is very rare! At the last Cannes Film Festival, Leo paid an extremely humble tribute to Robert De Niro. After the session, I went to see him and he was exactly as he was when I first met him : simple, direct, spontaneous and that is very rare !
Diane Keaton ?
She had a good sense of humor about herself, she never took herself too seriously, she had elegance.
What’s your latest ?
My latest is Jupiter by Alexandre Smia, with a screenplay by Alain Finkielkraut’s son, Thomas. It’s about detonating a nuclear weapon. [The film stars: André Dussollier, Cédric Kahn, Reda Kateb, Denis Ménochet, Frédéric Pierrot, Céline Sallette].
————————————————————————————–
Questions from the audience
Partir un jour (Amélie Bonnin, 2025)?
It’s a Chekhov-esque fanfare. Armanet, Bouillon, a great atmosphere. I sing in it. By opening it at the Cannes Film Festival, out of competition, the director was protected from the media; the film is well written.
Alexandra David-Néel : J’irai au pays des neiges (Joël Farges, 2012, TV film) ?
I discovered Tibet, Bhutan, Pondicherry in India. It was her husband who financed David-Néel’s expeditions. She was a feminist. Half the team was Indian.
The difference between an actress and a comedienne ?
I’m not an actress; they have too many quirks. I’m definitely an actress.
Your favorite actresses ?
It’s hard to say; there are so many. Gena Rowlands comes to mind spontaneously, especially in Opening Night [1977].
Your attempt to break away from Godard ?
I have a passion for Romy Schneider; so I did an extra role in The Banker (Francis Girod, 1980) to get closer to her, to talk to her. I did a lot of extra work. My first film as an actress was with Wargnier. There was a lighting double for Piccoli. I would sneak in from the wings to perform in a play.
Do you have any advice for actresses ?
« Impose your luck, hold on to your happiness and go towards your risk. Watching you, they’ll get used to it. » René Char. I would mix up the quote and put it in the right order, in my opinion : « Hold on to your happiness, your courage, even, Impose your luck and go towards your risk. Watching you, they’ll get used to it. » It’s harder for a woman, that’s for sure. You have to trust your instinct : deep down, you know, it’s animal. These are very simple things, but when I saw Gabriel Aghion for Pédale douce (1996), I thought of Schnitzler’s Libelei; we’re having dinner, and the foie gras falls into his sleeve, he says nothing as if nothing had happened; I saw his fragility, it touched me, I accepted.
What is your relationship with costumes ?
It’s essential in film and theater. Despleschin, for example, attended the costume fittings for Angels in America (Kushner); I play three men and three women. We were in the costume workshop at the Comédie Française. There’s an old Portuguese woman there whose specific mission is to iron the collars, ruffles, and lace cuffs—wonderful, isn’t it ? Despleschin is very shy. Attending the fittings helps break the ice, to create a physical closeness, more so than in rehearsals. Similarly, for Indochine (R. Wargnier, 1992), there was an Italian costume designer [Gabriella Pescucci] imposed by Deneuve; although green is banned in theater in France, I don’t wear it. She asked me if I wouldn’t mind wearing purple… because, in Italy, purple is banned ! Moidele Bickel, a great actress at the Schaubühne, had never made a film [she was in La Marquise d’O… by Éric Rohmer, 1976]. It was in La Reine Margot (Patrice Chéreau, 1994). Adjani wanted to impose someone else.
Have you had any problems during filming ?
I follow through; I never leave in the middle, even if things were going badly. It happened to me recently. It’s impossible to influence a director when they attack you personally, and viciously at that; there was a sadistic side to it. I called my agent, who called the producer, who relayed it to the director, and everything went well after that. I have a sense of duty.
Nina Companeez (1937-2015) ?
I made a lot of TV movies with her (A Picnic at Osiris’s, 2001; The King’s Walk, 1996). She was a great friend, but he was an army general. She was a great editor and screenwriter. Adjani and Huppert got their start there. She had a great sense of humor and was spot on.
Brialy ?
Brialy was the first person in the industry to recognize me. He was loyal. He directed Monsieur Max (2007, Aghion, TV movie) about the homosexual poet Max Jacob. Brialy had cancer. He touched technicians’ balls before saying « engine. »
Any projects ?
Poudroux for Cassavetes’ Dowlands, Souchon’s Ballad at the Montparnasse, Molière’s Tartuffe in the Grande Halle de la Villette.
Duras’s La Douleur ?
I performed it thanks to Chéreau. After Racine’s Phèdre, I was sick, I fell, very tired, straight into Sainte Anne. I called Patrice, I was lost. He listened carefully. He was hyperactive. He suggested a reading. A choreographer has a vision. Duras’s pain was unknown to me, and Patrice was the choreographer who brought us the text. I didn’t know if I was capable of going back on stage. I told Patrice I was going to smoke a cigarette, Patrice guessed, I wanted to leave, leave him there and quit theater and cinema. [tears] He was looking at me. I’m taking it up again in 2028-2029. You’re looking at me, by Glucksman’s son.
She dedicates Chantiers to me, I’m collecting Le temps du théâtre at Actes Sud. I tell her about Les Amandiers (2022) by Valeria Bruni Tedeschi, in which Chéreau doesn’t have a good role. She tells me that the director should have called it Mes Amandiers. I compliment her on her interpretation of Racine’s Phèdre, and say to her : « Marie Bell can get dressed. » She bursts out laughing and says, « Absolutely ! » I eat a sandwich and see that she’s taking her time, chatting, graciously signing autographs, and taking shared selfies.
[Pellicula ; Festival Lumière 2025, Masterclass, Dominique Blanc***] Efectivo blanco
Siguiendo con las celebridades, Frémaux nos cuenta que Irène Jacob, actriz y presidenta del Instituto Lumière, y Gustave de Kervern, esposo y hermano de Dominique Blanc, están presentes. Insiste en presentar a estos dos últimos. La clase magistral es generosa y muy conmovedora. Gomes entrevista, a veces con juegos de palabras flojos que solo le hacen reír. Dominique Blanc, muy directa, parece una abuela, completamente normal, con su traje y su cabello engominado. Aparte de sus pómulos prominentes y definidos y su risa encantadora y contagiosa, me recuerda cada vez más a Bette Davis.
De niño, solía ir al cine Pathé de la Rue de la République con mi hermano Jean-Christophe. Él fue el primero en creer en mí. Y luego, fue mi profesora de teatro, Janine Berdin, quien vio La douleur, quien encendió la llama. Fui a ver a mi padre, cirujano, y le dije : «Mi profesor dice que podría aprobar el examen de ingreso al Conservatorio». Me respondió : «Si es así, puedes entrar». Había pocas chicas. Fue un poco difícil. Estaba en la UP7, una unidad docente de París. Quería ser psiquiatra; nací entre cinco hermanos, y fue difícil hacerse un lugar allí. Mi padre sufrió de mandarinato. Luego fui a la Escuela del Louvre; el público era mayor. Estudié arquitectura porque Bettelheim quería tratar a niños autistas con arquitectura, pero no me convencía, así que me matriculé en secreto en el Cours Florent de la Île Saint Louis. Era para jóvenes con talento. Improvisábamos; recité Dans ma maison de Prévert. Por consejo del director, asistí a las clases nocturnas; me motivaba más porque los participantes estaban allí, querían estar allí. ¡Sabes, me rechazaron del Conservatorio tres veces! Como Jouvet, que tartamudeaba [y era asmático, de ahí la ausencia de largas diatribas y frases cortas]. Años después, me ofrecieron el puesto de profesor allí, ¡y dije que no!
Hay cierta tenacidad: una sensación de armonía y felicidad interior.
Conté con el apoyo del Cours Florent. Además de las clases, yo era la encargada de la limpieza; tenía las llaves de la clase. ¡Puedo asegurarles que es educativo interpretar a Phèdre después de limpiar los baños turcos!
Su segundo encuentro decisivo fue con Pierre Romans, lionés, fundador del Théâtre des Amandiers.
Pierre Romans fue una auténtica sorpresa artística; Patrice Chéreau, un milagro. Pierre Romans poseía una sensibilidad increíble; todos estábamos enamorados de él. Trabajamos un año en Chéjov; fue una revelación. Y entonces tuve confianza porque él supo confiar en mí. Necesitaba reconocimiento porque era el penúltimo de los cinco hijos; tenía que hacerme un lugar. La opinión que Romans tenía de mí fue importante. De pequeño, era el intermediario entre mis hermanos y mis padres. Romans no era un líder de compañía; era un diplomático.
¿Y Chéreau?
Fue un cambio de turno. Estaba en Bayreuth con Boulez para representar una obra de Wagner. Vino a vernos representar una obra de Chéjov, una producción de Ivanov–Platonov. Me sorprendió ver a Chéreau en Cardin, donde actuábamos. Chéreau era tan tímido, tan humilde. Después de la función, todos los actores tenían castings y ofertas de rodaje, menos yo. En septiembre, recibí un mensaje de Chéreau en mi contestador automático. ¡Pensé que era una broma! Y luego, representamos Peer Gynt de Henrik Ibsen en el TNP Villeurbanne con Gérard Desarthe como actor principal en 1981. No he leído la obra.
Principios de 1980, Godard.
Había un anuncio en la ANPE (Agencia Nacional de Empleo), era para La Pasión de Godard (1982). La contratación se basaba únicamente en la apariencia. Solicité papeles para La joven con sombrilla de Goya y El baño turco de Ingres, donde las mujeres estaban desnudas. Fue en el estudio Billancourt. Los extras desnudos estaban mejor pagados. El asistente no dejaba de sacarme fotos para ver si tenía alguna imperfección. Necesitaba el dinero; estaba más centrado en La joven con sombrilla. El 31 de diciembre de 1980, todo el personal estaba en el estudio. Había un enorme travelling de las demás actrices para toda la película de Goya. El vestuario era de Gasc; tenía un chihuahua que quería morderme el pecho. Nunca se sabe cuándo se rodaría. Godard, un Hitler paranoico, y Coutard, su director de fotografía, eran violentos y despectivos. No estaba contento. Se lo conté a Godard y me invitó a Suiza. Me dije : «Dejo el cine».
Tienes la capacidad de decir que no.
Fue muy violento. Es fácil maltratar a un extra. Me prometí a mí mismo que le daría una bofetada. Me lo encontré por casualidad en un quiosco de Porte Maillot; llevaba un impermeable sucio y no le di la bofetada que merecía.
Chéreau, en cambio, estaba en la escuela de la mirada.
Estábamos ensayando en el TNP de Villeurbanne. Sentí en la mirada de Patrice, en su confianza, que yo era legítima; ¡me dio alas !
Rodaste dos películas con él; fue lo máximo, rodar de día y actuar en el teatro de noche.
Quien me quiera tomará el tren (1998) se estrena de nuevo el 5 de noviembre de 2025 [Malavida]. Salimos de la Gare de l’Est y tomamos el tren París-Mulhouse; cenamos en Mulhouse; en el Teatro Odéon, representé Casa de muñecas de Ibsen por la noche hasta las 3 de la madrugada. ¡En aquel entonces era una superwoman! Estaba muy borracha, tenía mucha inventiva, estaba electrizada. Dormí poco. El resto de la película se rodó en Limoges. Viajé a París y volví en ambulancia; me encantaba tocar la sirena; era tanto para ir rápido como para dormir un poco.
Y luego está La reina Margot (1994), un largometraje, un éxito de publicidad, dos millones de espectadores.
Fue una gran satisfacción. Nos alegramos de que la película estuviera en Cannes, soñábamos con la Palma de Oro [ganó el Premio del Jurado y Virna Lisi, a la Mejor Actriz en 1994], no lo vamos a ocultar. Adjani no es nada generosa: para el reestreno, prefirió ir a un desfile de alta costura. Quedé devastada cuando la volví a ver, tuve que esconderme y llorar. Los que me aman tomarán el tren (1998) es muy contemporánea : Pérez interpreta a una persona transgénero; el género ya estaba en la agenda. Danièle Thomson y Pierre Trividic escribieron el guion. Chéreau me susurró al oído, solo para mí.
Y luego, hay un director con el que estás trabajando de nuevo : Régis Wargnier. Con La mujer de mi vida (1986), fuiste nominada a Mejor Actriz Revelación.
No me gusta ver las películas en las que actúo, pero cada vez que ponen Milou en mai, no me la pierdo en la tele. El rodaje tuvo lugar en casa de un vecino del Lot. Estaba en casa de una mujer que hace foie gras. Hay pocas películas de ficción sobre Mayo del 68. Es uno de los rodajes más festivos, como con Renoir, eso es lo que Malle quería, había confianza, hay un aire a Déjeuner sur l’herbe. Ensayábamos en diferentes salas según las localizaciones. Renato Berta está en cámara. Piccoli es apicultor. Piccoli hizo un cortometraje para Amnistía Internacional [Dominique Blanc canta en él]. Rodó dos largometrajes, entre ellos La plage noire (2001). Era más feliz rodando que actuando; había una embriaguez, un humor, una invención. Rodamos en un viejo almacén de EDF; no había dinero.
¿Fellini, Buñuel?
Rodé un documental [Sandra Kalniete, 2005] para Channel 5 : una deportada en Siberia se convierte en embajadora de Letonia en Francia; con la poderosa imagen de los tres países bálticos tomados de la mano. También rodé un corto de 5 minutos [Hopper Stories, 2012] sobre Ed Hopper con Clémence Poésie, con ese momento de ingravidez en el que fuma un buen rato en el alféizar de la ventana al salir del camerino. Tengo muchas ganas de rodar un largometraje, pero no tengo nada concreto. Mastroianni y Keller en Ojos negros (Oci ciornie, Nikita Mikhalkov, 1987) [una película chejoviana como Nieva en mayo] son exuberantes, muy tristes, muy alegres. De ahí el Platonov con Mastroianni; se balanceaba con sus muletas. Trabajar con un director extranjero, Moretti, me encantaría.
¿Diane Keaton?
Tenía un buen sentido del humor, nunca se tomaba demasiado en serio y tenía elegancia.
¿Cuál es tu última película?
Mi última película es Júpiter, de Alexandre Smia, con guion de Thomas, el hijo de Alain Finkielkraut. Trata sobre la detonación de un arma nuclear. [Protagonizada por: André Dussollier, Cédric Kahn, Reda Kateb, Denis Ménochet, Frédéric Pierrot, Céline Sallette].
Preguntas del público
¿Partir un jour (Amélie Bonnin, 2025)?
Es una fanfarria chejovial. Armanet, Bouillon, una atmósfera estupenda. Canto en ella. Al estrenarse en el Festival de Cine de Cannes, fuera de competición, la directora quedó protegida de los medios; la película está bien escrita.
Alexandra David-Néel : J’irai au pays des neiges (Joël Farges, 2012, telefilme).
Descubrí el Tíbet, Bután, Pondicherry en la India. Fue su marido quien financió las expediciones de David-Néel. Era feminista. La mitad del equipo era indio.
¿Cuál es la diferencia entre una actriz y una comediante?
No soy actriz; tienen demasiadas peculiaridades. Definitivamente soy actriz.
¿Tus actrices favoritas?
Es difícil decirlo; hay muchísimas. Me viene a la mente Gena Rowlands de repente, sobre todo en Noche de estreno [1977].
¿Tu intento de distanciarte de Godard?
Me apasiona Romy Schneider; así que hice un papel extra en El banquero (Francis Girod, 1980) para acercarme a ella, para hablar con ella. Hice mucho trabajo extra. Mi primera película como actriz fue con Wargnier. Había una doble de iluminación para Piccoli. Me colaba entre bastidores para actuar en una obra.
¿Tienes algún consejo para las actrices?
« Impón tu suerte, aférrate a tu felicidad y ve hacia tu riesgo. Observándote, se acostumbrarán. » René Char. En mi opinión, yo combinaría la cita y la pondría en el orden correcto : « Aférrate a tu felicidad, incluso a tu coraje. Impón tu suerte y ve hacia tu riesgo. Observándote, se acostumbrarán. » Es más difícil para una mujer, eso seguro. Tienes que confiar en tu instinto: en el fondo, ya sabes, es animal. Son cosas muy simples, pero cuando vi a Gabriel Aghion en Pédale douce (1996), pensé en Libelei de Schnitzler; estábamos cenando, y el foie gras le cayó en la manga, no dijo nada como si nada hubiera pasado; vi su fragilidad, me conmovió, la acepté.
¿Tuviste algún problema durante el rodaje?
Siempre lo cumplo; nunca me voy a la mitad, ni siquiera si las cosas iban mal. Me pasó hace poco. Es imposible influir en un director cuando te ataca personalmente, y con saña, además; había un lado sádico. Llamé a mi agente, quien llamó al productor, quien se lo contó al director, y todo salió bien después de eso. Tengo sentido del deber.
¿Nina Companeez (1937-2015)?
Hice muchas películas para televisión con ella (Un picnic en casa de Osiris, 2001; El paseo del rey, 1996). Era una gran amiga, pero él era general del ejército. Era una gran editora y guionista. Adjani y Huppert empezaron allí. Tenía un gran sentido del humor y estaba en el punto.
¿Brialy?
Brialy fue la primera persona de la industria en reconocerme. Era leal. Dirigió Monsieur Max (2007, Aghion, película para televisión) sobre el poeta homosexual Max Jacob. Brialy tenía cáncer. Les tocaba los testículos a los técnicos antes de decir « motor ».
¿Algún proyecto?
Poudroux para Dowlands de Cassavetes, la Balada de Souchon en Montparnasse, Tartufo de Molière en la Grande Halle de la Villette.
¿La Douleur de Duras?
La interpreté gracias a Chéreau. Después de Phèdre de Racine, me sentí mal, caí, muy cansada, directamente en Sainte Anne. Llamé a Patrice, estaba perdida. Me escuchó atentamente. Estaba hiperactivo. Sugirió una lectura. Un coreógrafo tiene una visión. Desconocía el dolor de Duras, y Patrice fue el coreógrafo que nos trajo el texto. No sabía si sería capaz de volver a un escenario. Le dije a Patrice que iba a fumar un cigarrillo, Patrice lo adivinó, quería irme, dejarlo allí y dejar el teatro y el cine. [Lágrimas] Me miraba. Lo retomaré en 2028-2029. Me estás mirando, por el hijo de Glucksman.
Me dedica Chantiers; estoy coleccionando Le temps du théâtre en Actes Sud. Le hablo de Les Amandiers (2022) de Valeria Bruni Tedeschi, en la que Chéreau no tiene un buen papel. Me dice que el director debería haberla llamado Mes Amandiers. La felicito por su interpretación de Phèdre de Racine y le digo : «Marie Bell puede vestirse». Se echa a reír a carcajadas y dice : «¡Claro que sí !». Me como un sándwich y veo que se toma su tiempo, charlando, firmando autógrafos con amabilidad y haciéndose selfis.
[English in 2nd part; Espagnol en la parte 3; 第四部分(中文版), 第四部分中文版]
Pour la première fois, une masterclass se déroule à la salle Molière au Palais Bondy. Il reste quelques places libres. Gomes à l’interview, un traducteur chinois, excellent, qui laisse le temps de parler.
Bonjour, merci de m’accueillir dans cette ville, Lyon, remplie d’histoire et qui me montre ce que signifie la grande famille du cinéma.
Vous êtes connu pour vos films d’action. Vous avez commencé difficilement votre carrière de réalisateur. Est-ce que vous pouvez nous raconter, avant votre triomphe avec votre film Le Syndicat du crime (Ying hung boon sik, 1986 ; II, 1987 ; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989), vos débuts de metteur en scène ?
Quand j’étais jeune, je n’ai pas fait d’études de cinéma. Donc cette image de voleur d’affiches, de piquer des livres en bibliothèque sur la théorie du cinéma. [larsens] Cette idée que le cinéma s’apprend à travers les images, repérer des livres sur le sujet, c’est ce qui a été mon apprentissage, non pas à l’école mais à travers les affiches et les livres. C’est comme ça que je me suis débrouillé, et c’est ce qui a marqué mon apprentissage du cinéma.
Comment avez-vous découvert le cinéma français ? Comment les films étaient-ils distribués à Hong Kong ?
Il faut savoir que dans les année 1950-1960, à Hong-Kong, quand on allait au cinéma, on pouvait voir des films tournés en mandarin, mais c’était globalement un désert culturel : il n’y avait pas beaucoup de choix. C’est à partir des années 1960 qu’on a pu commencer à voir du cinéma européen. Pour nous, les jeunes passionnés de cinéma, c’était une vraie révolution de voir cette Nouvelle Vague française par exemple, qui fonctionnait avec ce qu’il y avait de plus simple, pas de studio, une simple caméra. Et d’arriver à faire du cinéma comme ça, c’est ce qui nous a beaucoup marqué à l’époque. Ma jeunesse cinématographique a commencé avec les films français, François Truffaut, Jean-Luc Godard et Jacques Demy, notamment Les Parapluies de Cherbourg (1964) … J’aime le romantisme et l’amour, l’amour entre les personnes, pour le monde, pour un arbre, pour une feuille qui tombe de l’arbre, qui se dégagent de ces films, ça m’avait profondément marqué. Tout cela m’a marqué dans le romantisme qui peut s’en dégager. Vous pouvez retrouver cela en regardant mes films, y compris actuels, le romantisme, ce rapport romantique au cinéma que j’ai hérité des films français.
Pendant tout le début de votre carrière de cinéaste, le cinéma de l’époque à Hong Kong était dominé par les arts martiaux, wu xian pian, et les comédies. Vous aviez indiqué vous sentir seul à ce moment-là, car vous ne pouviez pas faire exactement ce que vous vouliez, que vous avez failli abandonner le cinéma. Vous pouvez nous en parler ?
A l’époque, c’était très compliqué de faire des films à Hong Kong. Le secteur du cinéma était monopolisé par les genres dont vous avez parlé, des familles, et si on ne faisait pas partie de ces familles-là, à ces cerces, c’était encore plus compliqué de se faire une place au cinéma. Il fallait passer par un certain nombre d’étapes, ne serait-ce que pour être assistant réalisateur, dix, quinze en de plus pour espérer passer réalisateur. Je suis devenu réalisateur de façon accidentelle. A l’époque, si vous n’étiez pas issu du sérail, il fallait attendre d’avoir 60 ou 65 ans voire 70 ans pour pouvoir commencer à faire des films. Si vous commenciez à 45 ans, vous passiez pour un très jeune réalisateur ! On passait très rarement à l’époque par des académies de cinéma ou d’art : on apprenait avec les réalisateurs qui étaient déjà en place, avec une relation de maître à élève. Pour les jeunes comme nous qui aimions le cinéma, la théorie du cinéma, qui critiquions ce que les films contemporains avaient comme manque, on était souvent critiqué même exclu de ce cercle-là. Parce que, précisément, nous n’étions pas issus des mêmes familles.
J’ai commencé comme assistant réalisateur sur les films de Chang Cheh notamment parce qu’un producteur avait envie de draguer une des grandes stars hongkongaises de l’époque. C’est donc comme ça que je me suis vu confier, accidentellement, mon premier film à 26 ans, pas tant pour marquer l’histoire du cinéma que pour permettre à ce producteur d’approcher l’actrice en question ! A la fin, moi je suis devenu réalisateur, mais le producteur, lui, n’a pas atteint son objectif, car l’actrice était difficile [rires] !
On avait des moyens extrêmement limités, donc on avait des caméras, du matériel qui ne permettait pas de prendre un son correct, on entendait le moteur tourner. Pour la plupart des films qu’on tournait, on devait donc d’abord filmer la scène, puis rajouter les sons derrière, dans un second temps.
J’ai alors appris une chose, « grâce » à ce manque de matériel : la première chose à avoir quand on est réalisateur, c’est de bons yeux, un bon regard, c’est ce qui compte le plus car on n’avait pas de matériel performant. A l’époque, on avait seulement deux ou trois lentilles pour faire des plans avec les caméras qu’on avait à disposition, peut-être une en plus pour faire des gros plans ou plans rapprochés, d’autres pour faire des plans plus larges mais c’est tout. On n’avait pas de moniteur qui permette de regarder le résultat et d’ajuster. J’ai appris à développer un sens du regard et à choisir les plans et images à travers l’impression que j’avais moi-même et non à travers l’écran, pas juste en fonction des images que j’aurais pu voir sur le moniteur.
On parlait de la Nouvelle vague ; en parallèle, une « nouvelle vague chinoise » s’est développée à l’époque. Vous avez développé une grande amitié avec le réalisateur Tsui Hark. Comment s’est passée cette rencontre ?
C’était vers 1975. De nombreux réalisateurs sont revenus à Hong Kong depuis l’étranger, principalement de France et du Canada. C’était un moment où j’avais besoin d’amis, j’avais envie de faire de nouvelles rencontres. Avec Tsui Hark, on a fait connaissance et on a eu envie de changer le cinéma hongkongais, un peu à la manière de la Nouvelle Vague française, mais les studios étaient peu ouverts à l’époque. Ce qui les intéressait en premier lieu, c’était de gagner de l’argent, pas de révolutionner le cinéma.
Ces jeunes réalisateurs tournaient surtout des séries télévisées et avaient très peu de place pour le cinéma. Je me souviens d’avoir vu, dans un épisode de série, une scène qui m’a marqué par sa violence, avec un sabre et des gouttes de sang qui tombent. Ce plan m’a donné envie de savoir qui était le réalisateur derrière cette scène, car j’ai trouvé qu’il avait un esprit de cinéma, et pas seulement de série télévisée. C’était Tsui Hark, et j’ai tout de suite voulu le rencontrer. Pendant un an, j’ai essayé de recommander ce réalisateur, dont je ne connaissais pourtant que le nom. Mais personne n’a voulu en entendre parler à ce moment-là.
La première fois que je l’ai vu, il était avec sa copine de l’époque (qui est ensuite devenu sa femme). Il portait un manteau tout troué, une barbe et des cheveux très longs, ce qui lui donnait un air de vagabond et d’artiste, et dès qu’on s’est rencontrés, il y a eu une grande connexion entre nous. Je lui ai dit : « Tu fais vraiment trop artiste. Tu devrais peut-être tourner des films commerciaux dans un premier temps pour gagner de l’argent, et comme ça tu pourras faire ce que tu voudras. » Sa copine lui a conseillé de ne pas m’écouter : elle pensait que je disais n’importe quoi !
Avec Tsui Hark, on se retrouvait souvent dans un bar à Hong Kong pour boire une bière ensemble. C’était un établissement avec une vue magnifique qui donnait sur le port. Et là, on s’est dit qu’on allait tous les deux rendre les films hongkongais meilleurs. Pendant deux ans on s’est fait cette promesse, et j’ai profité de la création d’un nouveau studio qui avait un peu de renommée à ce moment-là, pour recommander Tsui Hark. C’est comme ça que sa carrière cinématographique a commencé !
Ça a été le début d’une nouvelle voie pour le cinéma de Hong Kong, avec des nouvelles idées, et de la fraîcheur dans les plans. Cela a donné envie à d’autres réalisateurs à faire la même chose. Moi, j’étais heureux pour mon ami. De plus, c’était lui aussi un grand amateur de cinéma français !
L’importance de cette amitié, et même de l’amour qu’on se portait les uns aux autres est fondamentale dans la création des films hongkongais. Tsui Hark est plus talentueux que moi ! Il a lui-même aidé les autres réalisateurs pour le montage, la production ou autre, et je suis très fier d’avoir contribué à construire ce nouvel espoir pour Hong Kong.
Dans Le Syndicat du crime (Ying hung boon sik, 1986 ; II, 1987 ; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989) vous mélangez du cinéma chinois, japonais, et des influences occidentales. Comment est né ce projet ?
Sur ce film, au-delà des influences diverses du cinéma chinois ou européen, le plus important pour moi était le sentiment à transmettre. En réalité, au moment où Tsui Hark a commencé à attirer les foules et à avoir du succès, c’était un moment où j’étais beaucoup moins vu. J’étais même méprisé par le cinéma. Certains voulaient que je prenne déjà ma retraite ! Le fait d’être marginalisé à ce point, Tsui Hark lui-même l’a mal vécu. Il a dit que je devais être aidé à mon tour, et c’est comme ça qu’il m’a poussé à faire Le Syndicat du crime(Ying hung boon sik, 1986 ; II, 1987 ; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989).
Au départ, le scénario que j’avais écrit n’était pas très bon. C’est Tsui Hark qui m’a poussé à réécrire le scénario et les dialogues, en me recommandant d’aller au plus profond de moi-même. C’est lui qui m’a poussé à « m’écrire » pour ce film, à mettre en image l’amitié des deux personnages principaux, qui représente l’amitié entre lui et moi, et à en faire le cœur de ce film. C’est cela qui est important dans le cinéma : avoir un ami qui puisse vous supporter et vous soutenir, pour avoir quelque chose de réussi, au-delà de l’aspect technique.
L’émotion vient aussi beaucoup de votre direction d’acteurs. Dans Le Syndicat du crime crime(Ying hung boon sik, 1986 ; II, 1987 ; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989), vous mélangez plusieurs générations d’acteurs. Comment avez-vous travaillé ce mélange étrange ?
J’ai parfois un gros souci : je ne trouve pas toujours les mots, le langage pour pouvoir exprimer à mes acteurs ce que j’attends d’eux. Avant même d’écrire le scénario, je les rencontre et je parle avec eux, car je veux comprendre leur perception de la vie, et, d’après leurs gestes et leur manière de s’exprimer, imaginer le meilleur angle. C’est à partir de là que j’écris le scénario. J’essaye de trouver ce qu’il y a au plus profond de moi-même. Donc quand les acteurs reçoivent le scénario, ils comprennent tout de suite ce que j’ai écrit, et ce que je veux.
C’est quelque chose que j’ai beaucoup emprunté aux films que j’ai vu de François Truffaut : j’ai ressenti l’amour qu’il portait à ses acteurs et à ses actrices. Je ressens ce même sentiment pour mes acteurs et actrices, parfois, le temps d’un tournage, ils et elles sont mes amants, mes maîtresses, et c’est ce sentiment qui se dégage pour mes acteurs, et ça se ressent ensuite à l’écran ! Il m’est déjà arrivé que l’un de mes acteurs me dise : « Ce que tu as écrit dans le scénario, je l’ai déjà dit, exprimé dans la vie ! ». Quand je tourne, je n’ai pas besoin d’en dire plus, ils l’ont compris à travers l’amour que j’ai apporté aux acteurs dans le scénario.
Vous avez déjà fait croire à l’un de vos acteurs, Ti Lung, qui avait un jeu un peu guindé, classique, qu’il s’agissait d’une répétition, mais en fait vous aviez laissé tourner la caméra, pour que ça ait l’air plus vrai, naturel, détendu. Racontez-nous…
Il faut comprendre que Ti Lung était une grande star dix ans plus tôt à Hong Kong, et il était en déclin au moment du tournage. Il le vivait très très mal en fait. Quand Tsui Hark est allé le chercher pour jouer ce personnage, il avait pour but de retranscrire à l’écran ce qu’avait été sa carrière, déclin compris. Il joue un boss de la mafia qui a eu son heure de gloire mais qui est sur le déclin et se retrouve dans une situation compliquée, ce qui était le cas de Ti Lung à l’époque. Cet acteur était victime de dépression, d’alcoolisme, et avait aussi des problèmes avec sa famille, ce qui se ressentait pleinement pendant le tournage. On avait justement envie d’avoir des personnages qui pouvaient incarner leur propre vécu, leur propre expérience, et c’est ce qu’on a voulu avec Ti Lung : lui faire jouer à la fois son passé et son présent. Parfois il ne comprenait pas bien ce qu’on attendait de lui, c’était compliqué de lui de lui expliquer et nous ne voulions pas attenter à son honneur. Donc il arrivait en effet qu’on prenne des expressions plus maladroites ou déprimées que ce que lui aurait souhaité jouer à ce moment-là.
Concernant Chow Yun-fat qui joue un personnage un peu secondaire par rapport au premier film : au moment du tournage du Syndicat du crime (Ying hung boon sik, 1986 ; II, 1987 ; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989), est-ce que vous avez conscience, à ce moment-là, que vous allez faire cinq films avec lui, et qu’il va devenir votre alter ego ?
Je connaissais déjà un peu le jeu de Chow Yun-fat avant qu’il fasse Le Syndicat du crime ; c’est un acteur que j’appréciais beaucoup. Il n’avait pas l’occasion de donner tout ce qu’il savait faire dans les films précédents. J’aimais sa beauté et son charisme, qui me rappelaient mon idole Alain Delon. Je percevais quelque chose dans son regard qui permettait de dire plein de choses, donc j’ai essayé de mettre tout ce que je voyais chez lui, dans son regard, mais aussi son allure, sa façon de s’habiller, ses habits, ses costumes, ses lunettes de soleil, tout ce que j’aimais chez Alain Delon. Ce que j’aimais chez lui, c’est qu’il jouait de façon naturelle, authentique, il y avait un côté vrai dans son jeu. Je me retrouvais, me projetais un peu sur lui : je voulais qu’il joue ce que je voulais être également. J’ai compris en tournant que c’est un acteur qui allait avoir un grand succès. Lui-même était très en demande de plus de scènes, d’être plus présents car il pouvait mettre en jeu tout son potentiel, il n’avait pas pu le faire dans les films précédents. A tel point que je réécrivais le scénario car c’était un personnage secondaire qui devait tourner une douzaine de jours. Donc il m’est arrivé d’étoffer davantage le personnage, de rajouter des éléments, etc.
[SPOILER ALERT] Avez-vous regretté d’avoir tué le personnage qu’il incarnait à la fin du film ?
En fait, pas tellement, parce qu’à l’époque, j’étais fan de ces vieux récits chinois, de la tradition chinoise, parfois très anciens, qui narraient l’histoire d’assassins et de combattants avec de l’art martial. Dans ces récits, plutôt courts, le héros mourait très souvent à la fin, par exemple en sacrifice ou par volonté de sauver les autres. Ça ne me dérange pas, car parfois en faisant mourir un personnage, on peut permettre aux deux autres personnages d’être sauvés et de sauver cette relation-là. En le faisant mourir, je voulais transmettre quelque chose de très chinois, du combat, de cet esprit martial chinois.
Dans le cinéma d’action, contrairement aux films américains, vous n’hésitez pas non plus à montrer les failles des personnages masculins, à être vulnérables, notamment à pleurer, ce qui était assez rare à l’époque. Ce que John Wayne ou Bruce Willis ne font jamais, par exemple.
Le standard à l’époque dans beaucoup de films américains, c’était que les héros masculins ne pleuraient jamais devant la caméra. Même dans les moments où ils étaient censés montrer leurs émotions, en général, ils tournaient le dos pour commencer à pleurer, puis se retournaient face à la caméra seulement une fois que les larmes étaient écoulées en regardant l’objectif. Une sorte d’équation dans le cinéma américain de l’époque était liée au fait que les films étaient divisés par genre, qu’il y avait deux types de public : un qui allait voir les films d’action, et un autre des films d’art et essai. Tout cela était régi par des règles strictes. Le premier ne voulait pas voir de larmes, l’autre si ou une expression sans larmes… Pour moi, c’était très compliqué. Moi, j’avais besoin de montrer toutes les émotions des personnages : toute la colère, toute la tristesse, tout le rire … C’était assez dur de faire ça à l’époque avec les standards américains : le cinéma américain était circonscrit, contraint par ses règles-là. Je vais prendre l’exemple de Volte/Face, où le personnage joué par Nicolas Cage veut ramener des souvenirs à sa compagne. Il allait lui rappeler, comme une blague, une expérience avec un dentiste qui avait arraché la mauvaise dent : c’était écrit dans le scénario. Je lui ai dit : « Le moment où tu rappelleras cet épisode à ta compagne (un passage un peu amusant mais tout de même émouvant, la tristesse de ne pas être reconnue par sa compagne), est-ce que tu pourrais, malgré tout, essayer de verser des larmes ? ». Nicolas Cage m’a demandé : « Vous êtes sûr que je peux ? Parce que d’habitude, les studios nous demandent de ne pas le faire. » J’ai répondu : « Bien sûr, il le faut, si c’est ce que tu ressens ! Si c’est l’émotion que tu veux faire passer, vas-y, il ne faut pas hésiter au contraire, c’est ça qui va toucher le public aussi ! ». Il faut aussi faire ressentir ces émotions au public. Donc j’ai gardé les deux versions : celle où il versait une larme, et celle où il ne pleurait pas. Je les lui ai montrés, et lui ai demandé ce qu’il préférait. Il a répondu qu’en effet, celle où il versait une larme était meilleure car on ressentait mieux l’expression.
Vous faites tout passer par l’émotion à travers le regard, les larmes, le langage corporel, tout ce qui n’est pas le langage parlé. Vous avez fait un film récemment, Silent Night (2023), dans lequel le personnage ne peut pas parler. Est-ce pour rappeler qu’à Hong Kong à l’époque, comme vous l’avez rappelé, le son n’est pas pris en direct mais les films sont post-synchronisés, parfois les acteurs sont doublés par d’autres acteurs ? Est-ce que votre méfiance vient de là, en partie ?
Peut-être davantage par rapport à cette expérience que j’ai raconté plus tôt, où il fallait rajouter le son en post-production ou le doublage à Hong Kong, parfois même faire du doublage pour les dialogues entre les personnages. Je me suis inspiré du travail de Jean-Pierre Melville, le Samouraï (1967) notamment et dans ses films en général, où les acteurs n’ont pas besoin de beaucoup de dialogues, simplement d’une atmosphère calme et paisible preque silencieuse qui exprime davantage, sinon mieux, les émotions avec moins de dialogues, voire pas du tout. Quand j’ai reçu le scénario de Silent night (2023), je me suis dit que c’était une belle occasion de rendre hommage à Melville en essayant d’aexprimer de façon subjective rien qu’avec ce qui transparaît à l’écran, les émotions exprimées. C’est plus un hommage à Melville que les anciennes expériences hongkongaises qui m’ont influencées.
L’émotion se communique à travers la musique. La musique occupe une place importante dans vos films : même l’assassin de The Killer (Dip huet seung hung, 1989) joue de l’harmonica. Êtes-vous musicien, est-ce que vous jouez d’un instrument ?
J’aime énormément la musique, mais non, je ne suis pas musicien. Mais c’est vrai que, pour moi, la musique est quelque chose d’important, et j’essaye ressentir à travers les impressions que me donnent aussi le regard, de la combiner avec ce que je vois. C’est presque quelque chose d’instinctif. Mais effectivement, je mets énormément de musique. Il n’est pas rare, notamment quand je fais mes films d’action, que je mette un casque et que j’écoute de la musique en même temps que les scènes d’action. Cela m’aide à donner un rythme, un dynamisme à donner aux scènes, pour coordonner le rythme de l’action avec celui de la musique, c’est quelque chose que j’aime beaucoup combiner.
Est-ce que vous écoutez de la musique en écrivant ?
Bien sûr, j’écoute aussi de la musique quand j’écris.
Quel type de musique ?
C’est souvent de la musique classique, mais aussi des bandes originales d’autres films, surtout de compositeurs français, ou bien composées par Ennio Morricone, donc beaucoup de bandes originales de films européens.
Michel Legrand.
Vous êtes connus pour vos films d’action, de polar mais vous avez aussi beaucoup filmé la guerre, et vos films de guerre sont souvent plus sombres que vos polars. Comment et pourquoi la guerre vous a-t-elle influencé ?
J’aime énormément les films de guerre, j’ai moi-même vu beaucoup de films de guerre de tous types. Ils permettent d’explorer tous types d’émotions humaines, telles que le sacrifice, la lutte pour la survie, ou encore le conflit intérieur entre se sacrifier pour une cause et avoir le désir de survivre… Cela me permet d’explorer ce qui a de plus intense dans les émotions. J’ai envie de continuer à faire des films de guerre, cela me passionne, mais cela nécessite souvent des budgets très importants. C’est un genre qui me passionne aussi pour cela.
Y a-t-il des récits familiaux personnels de guerre qui vous ont également influencé ? Vos parents ont quitté la Chine pour rejoindre Hong Kong avant les années 50, la guerre sino-japonaise puis l’arrivée de Mao. Avez-vous été influencé ou est-ce un fantasme de cinéma ?
Je suis né en 1946, donc après la Seconde Guerre mondiale. Mon père a servi dans l’armée ; on s’est installé après à Hong Kong avec ma famille. Ma famille me parlait beaucoup des récits de guerre, notamment celle avec le Japon, et de toute cette cruaté, de la brutalité de ces moments, donc c’est quelque chose qui est resté longtemps dans mon esprit, qui a du mal à s’effacer. Parfois, j’essaye de retranscrire cela à l’écran. J’aime cette idée de vouloir se sacrifier pour sa famille, ses amis ou pour l’amour que je montre, se battre et aller jusqu’au bout pour un idéal, pour un pays, j’ai beaucoup d’admiration. Cela m’intéresse, et j’ai beaucoup de respect envers les soldats qui se battent pour défendre un pays, pour la paix.
Vous montrez beaucoup de violence dans vos films, pour laquelle vous êtes célébré alors que vous détestez cela. Pourquoi ? Est-ce que cela vous a influencé pour aller de plus en plus loin, notamment dans la mutilation des personnages, et jusqu’où ?
Il y a une expression en chinois qui dit que « pour combattre la violence, il faut parfois plus de violence ». Pour dénoncer la violence, pour la condamner, on a parfois besoin aussi d’aller vers quelque chose de plus extrême. J’en parlais toute à l’heure : comment l’esprit martial ou traditionnel chinois est celui du sacrifice : il consiste à lutter contre l’injustice, à travers la cruauté ou la violence. Il y a une dimension esthétique voire épique à montrer de quelle manière on peut aller jusqu’au bout, peut-être pour des raisons louables à travers quelque chose de plus intense dans la violence. C’est ma façon de porter un propos politique et social en utilisant la violence dans mes films.
Votre énergie créatrice venait beaucoup au départ du fait du système, que vous deviez vous battre contre des équipes qui ne comprenaient pas votre démarche ni votre art. Est-ce que ça a changé quelque chose, maintenant que vous êtes considéré comme un maître dans ce domaine ? A quoi vous identifiez-vous le plus : comme un général sur un champ de bataille ou comme un chef d’orchestre ?
Je n’ai jamais vraiment vu ma carrière comme une sorte de lutte ou de conflit, rentrer en guerre pour défendre mes idées. D’ailleurs, je ne me considère ni comme un général de guerre, ni comme un chef d’orchestre. Ce qui m’intéresse le plus, ce que j’essaye de faire depuis le début, c’est me faire des amis en faisant mes films, e créer des liens d’amitié, d’exprimer mon amour et de la bienveillance. Avec le recul, avec cette carrière-là, je me sens de plus en plus soulagé et libéré, car j’ai réussi à créer des relations à travers mes films, à avoir de nouveaux supports, du soutient et des nouveaux amis, et finalement, cela me suffit. Ce qui a peut-être changé chez moi, c’est que j’ai sans doute moins besoin de violence et d’action, d’intensité pour exprimer l’humanité que je souhaite transmettre. Donc peut-être que je deviens de moins en moins un réalisateur de film d’action, moins intense, moins violent, car je trouve d’autres manières de m’exprimer, autrement.
Vous l’avez peut-être remarqué : j’ai adapté très peu de romans ou autres récits pour faire mes films. La plupart de mes histoires sont basées sur la vie, car le cinéma, c’est la vie, sur des choses que j’ai vues et entendues autour de moi, des histoires d’amitié et de famille qui m’ont aussi été rapportées. Bien entendu, je n’ai jamais été un membre de la mafia. Cela me permet d’exprimer métaphoriquement, symboliquement des choses que j’ai vues et entendues. Pour moi, ce qui est important, c’est de montrer la vie au cinéma. L’important est de montrer du réel au cinéma, d’exprimer le réel au cinéma.
—————————————–
Questions du public
Comment vous avez réussi à imaginer des images aussi magiques et intemporelles que Chow Yun-fat qui allume une cigarette avec le décor enflammé, ces colombes dans une chapelle qui s’envolent ? Quel serait vos conseils pour les jeunes cinéastes concernant votre créativité ?
Merci. Je n’ai pas l’impression d’avoir beaucoup vieilli en fait. Je crois que ce qui est important pour le metteur en scène, c’est l’observation. Comme je l’ai dit, le cinéma, c’est avant tout observer la vie. Pour moi, le cinéma, c’est un peu comme des peintures en mouvement. Chaque image, chaque scène, chaque plan, est un peu comme une peinture qui capte la vie. Donc, ce qui est important, à travers le regard, c’est l’objectif qui est mes yeux à moi qui essayent de d’attraper, de capturer des moments de la vie, des moments qui peuvent être de la beauté, de la tristesse, de la colère. Plus qu’un conseil, c’est d’apprendre à observer l’existence, chaque visage, chaque posture par rapport à la vie, c’est ce qui est central, l’observation. C’est la responsabilité du réalisateur de capturer les différents moments de la vie. Quand je fais un film, j’ai un peu l’impression d’écrire une lettre à un ami intime, de lui raconter mon état d’esprit du moment, mon regard sur la société, mes tristesses, mes joies. C’est cette idée-là que j’essaye de transmettre à travers mon œuvre. Il y a aussi quelque chose de fondamental quand on fait des films, c’est que comprendre soi-même ne suffit pas ; j’ai observé, j’ai mis sur l’écran ce que j’ai compris mais ce n’est pas assez. Il faut qu’une personne qui regarde ce que j’ai mis sur l’écran comprenne mon langage. Peut-être que je m’adresse à des gens qui ne comprennent pas ce que veux transmettre ou dire mais au moins, il y a quelqu’un qui peut me comprendre et qui peut propager ce discours. Quelque chose d’important aussi pour les films, c’est ce que j’évoquais tout à l’heure, un film, c’est comme une peinture, quand je l’ai terminé, je la donne à voir, elle ne m’appartient plus, chacun est libre de lire cette peinture comme il le souhaite, il peut y avoir des points de vue critiques, il peut y avoir des personnes admiratives. Moi, ce qui m’intéresse, c’est que chacun y mette son interprétation. On peut y lire par exemple un amour homosexuel entre les personnages, ce n’est pas forcément ce que j’ai voulu mettre sur l’écran mais peu importe finalement. Ce qui compte, c’est la manière dont les autres peuvent aussi comprendre des choses que j’ai essayé de montrer. Moi, je ne suis pas en décalage avec la société, on a plein de poins communs entre nous et donc, cette œuvre que je vous donne, c’est à vous à la lire à votre manière.
Qu’est-ce que vous regardez comme film ? Est-ce que vous vous tournez vers l’arrière avec votre passion pour les fims français ou êtes-vous plutôt sur le cinéma contemporain ? Y a-t-il une personnalité, une recommandation sur le cinéma actuel ?
En fait, je regarde surtout des vieux films, Kurosawa, Truffaut, peu de films récents. J’ai l’habitude chaque année de regarder une dizaien de films que j’ai déjà regardés. Je regarde bien moins le cinéma contemporain, notamment le cinéma hollywoodien. Je trouve que c’est un peu moins bon. J’ai plus de mal avec les films d’action contemporain. Je suis plutôt un classiciste, je regarde les classiques. Ce que je peux vous conseiller, si vous voulez des recommandations, c’est de regarder le cinéma européen, français, anglais, suédois, Ingmar Bergman et d’autres. Et dans chaque film que je vois et revois, pourtant je les ai revus un grand nombre de fois, je trouve des nouveaux concepts, des nouvelles idées, des nouvelles choses. Il y a aussi cette vertu-là à revoir les grands classiques.
[Movie; Lumière Festival 2025, John Woo***] Who’s Woo ?
For the first time, a masterclass is taking place at the Salle Molière at the Palais Bondy. There are still a few seats available. Gomes is interviewing, with an excellent Chinese translator who allows time to speak.
Hello, thank you for welcoming me to this city, Lyon, steeped in history and showing me what the great family of cinema means.
You are known for your action films. You had a difficult start to your career as a director. Can you tell us about your directorial debut before your triumph with The Crime Syndicate (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III: Zik yeung ji gor, 1989) ?
When I was young, I didn’t study film. So this image of a poster thief, of stealing books on film theory from the library. [feedback] This idea that cinema is learned through images, finding books on the subject, that’s what I learned, not at school but through posters and books. That’s how I managed, and that’s what marked my learning about cinema.
How did you discover French cinema ? How were films distributed in Hong Kong ?
You have to know that in the 1950s and 1960s, in Hong Kong, when you went to the cinema, you could see films shot in Mandarin, but it was generally a cultural desert: there wasn’t much choice. It was from the 1960s onwards that we were able to start seeing European cinema. For us, young cinema enthusiasts, it was a real revolution to see this French New Wave, for example, which worked with the simplest things, no studio, just a simple camera. And to be able to make cinema like that, that’s what really struck us at the time. My cinematic youth began with French films, François Truffaut, Jean-Luc Godard and Jacques Demy, notably The Umbrellas of Cherbourg (1964) … I like romanticism and love, love between people, for the world, for a tree, for a leaf falling from the tree, which emerge from these films, it had a profound impact on me. All of this has affected me in the romanticism that can emerge from them. You can find this by watching my films, including current ones, the romanticism, this romantic relationship with cinema that I inherited from French films.
Throughout the early days of your filmmaking career, Hong Kong cinema at the time was dominated by martial arts, wu xian pian, and comedies. You mentioned feeling lonely at that time because you couldn’t do exactly what you wanted, and you almost gave up on filmmaking. Can you tell us about that ?
At the time, it was very complicated to make films in Hong Kong. The film industry was monopolized by the genres you mentioned, families, and if you weren’t part of those families, those circles, it was even more complicated to make a place for yourself in cinema. You had to go through a certain number of stages, be an assistant director, ten, fifteen more to hope to become a director. I became a director accidentally. At the time, if you weren’t from the inner circle, you had to wait until you were 60 or 65, or even 70, to be able to start making films. If you started at 45, you were considered a very young director ! We very rarely went through film academies : we learned from directors who were already established, through a master-student relationship.
I started as an assistant director on Chang Cheh’s films, in particular because a producer wanted to flirt with one of the big Hong Kong stars of the time. So that’s how I was accidentally entrusted with my first film at 26, not so much to make cinema history as to allow this producer to approach the actress in question! In the end, I became a director, but the producer didn’t achieve his goal, because the actress was difficult [laughs] !
We had extremely limited resources, so we had cameras and equipment that didn’t allow us to capture proper sound; we could hear the engine running. For most of the films we shot, we had to film the scene first, then add the sounds behind it later.
I then learned one thing, « thanks » to this lack of equipment : the first thing to have when you’re a director is good eyes, a good look, that’s what matters most because we didn’t have high-performance equipment. At the time, we only had two or three lenses to shoot with the cameras we had available, maybe one more to shoot close-ups or close-ups, others to shoot wider shots, but that’s it. We didn’t have a monitor that allowed us to look at the result and adjust. I learned to develop a sense of vision and to choose shots and images through the impression I had myself and not through the screen, not just based on the images I could have seen on the monitor.
We were talking about the New Wave; at the same time, a « Chinese New Wave » was developing at the time. You developed a close friendship with director Tsui Hark. How did that meeting go ?
It was around 1975. Many directors returned to Hong Kong from abroad, mainly from France and Canada. It was a time when I needed friends, I wanted to meet new people. Tsui Hark and I got to know each other and we wanted to change Hong Kong cinema, a bit like the French New Wave, but the studios were not very open at the time. What interested them primarily was making money, not revolutionizing cinema.
These young directors were mainly shooting television series and had very little room for cinema. I remember seeing, in an episode of a series, a scene that struck me with its violence, with a saber and drops of blood falling. This shot made me want to know who the director was behind this scene, because I found that he had a cinematic mind, and not just a television series one. It was Tsui Hark, and I immediately wanted to meet him. For a year, I tried to recommend this director, although I only knew his name. But no one wanted to hear about him at the time.
The first time I saw him, he was with his girlfriend at the time (who later became his wife). He was wearing a coat full of holes, a beard, and very long hair, which gave him the look of a vagabond and an artist, and as soon as we met, there was a great connection between us. I said to him, « You really look too artistic. Maybe you should make commercial films first to earn money, and then you can do whatever you want. » His girlfriend advised him not to listen to me : she thought I was talking nonsense !
Tsui Hark and I often met in a bar in Hong Kong to have a beer together. It was an establishment with a magnificent view overlooking the harbor. And there, we said to each other that we would both make Hong Kong films better. For two years we made this promise to each other, and I took advantage of the creation of a new studio that had a bit of a reputation at the time to recommend Tsui Hark. That’s how his film career began !
It was the beginning of a new path for Hong Kong cinema, with new ideas and fresh ideas. It inspired other directors to do the same. I was happy for my friend. What’s more, he was also a great fan of French cinema !
The importance of this friendship, and even the love we had for one another, is fundamental to the creation of Hong Kong films. Tsui Hark is more talented than I am ! He himself helped other directors with editing, production, and other aspects, and I am very proud to have contributed to building this new hope for Hong Kong.
In The Crime Syndicate (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989) you mix Chinese, Japanese, and Western cinema. How did this project come about ?
On this film, beyond the various influences of Chinese or European cinema, the most important thing for me was the feeling to convey. In reality, at the time when Tsui Hark began to attract crowds and have success, it was a time when I was much less seen. I was even despised by the cinema. Some wanted me to retire already! Being marginalized to this extent, Tsui Hark himself took it badly. He said that I should be helped in turn, and that’s how he pushed me to make The Crime Syndicate (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989).
Initially, the script I wrote wasn’t very good. It was Tsui Hark who pushed me to rewrite the script and the dialogue, recommending that I dig deep within myself. He was the one who pushed me to « write myself » for this film, to portray the friendship of the two main characters, which represents the friendship between him and me, and to make it the heart of this film. That’s what’s important in cinema : having a friend who can support and back you up, to have something successful, beyond the technical aspect.
Emotion also comes a lot from your direction of actors. In The Crime Syndicate (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989), you blend several generations of actors. How did you work with this strange mix ?
I sometimes have a big problem : I don’t always find the words, the language, to be able to express to my actors what I expect of them. Even before writing the script, I meet and talk with them because I want to understand their perception of life, and, based on their gestures and their way of speaking, imagine the best angle. That’s when I write the script. I try to find what’s deep within myself. So when the actors receive the script, they immediately understand what I’ve written and what I want.
It’s something I borrowed a lot from the films I saw by François Truffaut : I felt the love he had for his actors and actresses. I feel that same feeling for my actors and actresses; sometimes, during a shoot, they are my lovers, my mistresses, and that’s the feeling that emerges for my actors, and it’s then felt on screen! I’ve already had one of my actors say to me : « What you wrote in the script, I’ve already said, expressed in life ! » When I’m shooting, I don’t need to say more; they understood it through the love I brought to the actors in the script.
You once made one of your actors, Ti Lung, who had a somewhat stiff, classical performance, believe that it was a rehearsal, but in fact you had left the camera rolling, so that it would look more real, natural, relaxed. Tell us about it…
You have to understand that Ti Lung was a big star ten years earlier in Hong Kong, and he was in decline at the time of filming. He was taking it very, very badly, in fact. When Tsui Hark went to find him to play this character, his goal was to transcribe on screen what his career had been like, including the decline. He plays a mafia boss who had his moment of glory but who is on the decline and finds himself in a complicated situation, which was the case for Ti Lung at the time. This actor was suffering from depression, alcoholism, and also had problems with his family, which was fully felt during filming. We wanted to have characters who could embody their own life, their own experience, and that’s what we wanted with Ti Lung : to have him play both his past and his present. Sometimes he didn’t really understand what was expected of him, it was complicated for him to explain it to him, and we didn’t want to undermine his honor. So it did happen that we took on expressions that were more awkward or depressed than what he would have liked to play at that moment.
Concerning Chow Yun-fat, who plays a somewhat secondary character compared to the first film : at the time of filming The Crime Syndicate (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989), were you aware, at that time, that you were going to make five films with him, and that he was going to become your alter ego ?
I already knew a little bit about Chow Yun-fat’s acting before he made The Crime Syndicate (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989); he’s an actor I really liked. He didn’t have the opportunity to give everything he knew how to do in previous films. I liked his beauty and his charisma, which reminded me of my idol Alain Delon. I perceived something in his eyes that allowed me to say a lot of things, so I tried to put everything I saw in him, in his eyes, but also his appearance, his way of dressing, his clothes, his suits, his sunglasses, everything I liked about Alain Delon. What I liked about him was that he acted in a natural, authentic way, there was a real side to his acting. I found myself, projected myself a little onto him : I wanted him to play what I wanted to be too. I understood while shooting that he was an actor who was going to be a great success. He himself was very keen for more scenes, to be more present because he could play to his full potential, he hadn’t been able to do that in previous films. So much so that I rewrote the script because he was a secondary character who had to shoot for a dozen days. So I ended up fleshing out the character more, adding elements, etc.
[SPOILER ALERT] Did you regret killing off the character he played at the end of the film ?
Actually, not so much, because at the time, I was a fan of those old Chinese stories, of Chinese tradition, sometimes very ancient, which told the story of assassins and fighters with martial arts. In these rather short stories, the hero very often died at the end, for example as a sacrifice or out of a desire to save others. It doesn’t bother me, because sometimes by having one character die, you can allow the other two characters to be saved and to salvage that relationship. By having him die, I wanted to convey something very Chinese, about combat, about that Chinese martial spirit.
In action cinema, unlike American films, you also don’t hesitate to show the flaws of male characters, to be vulnerable, especially to cry, which was quite rare at the time. Something that John Wayne or Bruce Willis never do, for example.
The standard at the time in many American films was that male protagonists never cried in front of the camera. Even in moments when they were supposed to show their emotions, they usually turned their backs to start crying, then turned back to face the camera only once the tears had drained away, looking into the lens. A kind of equation in American cinema at the time was linked to the fact that films were divided by genre, that there were two types of audience : one that went to see action films, and another that went to see art-house films. All of this was governed by strict rules. The first didn’t want to see tears, the other wanted an expression without tears… For me, it was very complicated. I needed to show all the characters’ emotions : all the anger, all the sadness, all the laughter… It was quite hard to do that at the time with American standards : American cinema was circumscribed, constrained by these rules. I’ll take the example of Face/Off, where the character played by Nicolas Cage wants to bring back memories for his partner. He was going to remind her, as a joke, of an experience with a dentist who had pulled the wrong tooth : it was written in the script. I said to him : « The moment you remind your partner of this episode (a slightly amusing but still moving passage, the sadness of not being recognized by your partner), could you, despite everything, try to shed some tears ? » Nicolas Cage asked me : « Are you sure I can? Because usually, the studios ask us not to do it. » I replied : « Of course, you have to, if that’s what you feel! If that’s the emotion you want to convey, go ahead, don’t hesitate, on the contrary, that’s what will touch the audience too ! » You also have to make the audience feel these emotions. So I kept both versions : the one where he was shedding a tear, and the one where he wasn’t. I showed them to him and asked him which he preferred. He replied that indeed, the one where he was shedding a tear was better because you could feel the expression better.
You convey everything through emotion, through eyes, tears, body language, everything that isn’t spoken language. You recently made a film, Silent Night (2023), in which the character can’t speak. Is this a reminder that in Hong Kong at the time, as you mentioned, the sound wasn’t recorded live, but rather the films were post-synchronized, and sometimes actors were dubbed by other actors ? Does that partly explain your distrust ?
Perhaps more in relation to this experience that I recounted earlier, where it was necessary to add sound in post-production or dubbing in Hong Kong, sometimes even dubbing for the dialogues between the characters. I was inspired by the work of Jean-Pierre Melville, Le Samouraï (1967) in particular and in his films in general, where the actors do not need a lot of dialogue, simply a calm and peaceful, almost silent atmosphere that expresses emotions more, if not better, with less dialogue, or even none at all. When I received the script for Silent Night (2023), I thought it was a great opportunity to pay homage to Melville by trying to express subjectively, just with what appears on the screen, the emotions expressed. It is more a tribute to Melville than the old Hong Kong experiences that influenced me.
Emotion is communicated through music. Music plays an important role in your films : even the assassin in The Killer (Dip Huet Seung Hung, 1989) plays the harmonica. Are you a musician ? Do you play an instrument ?
I love music a lot, but no, I’m not a musician. But it’s true that, for me, music is something important, and I try to feel it through the impressions that my eyes give me, to combine it with what I see. It’s almost instinctive. But indeed, I play a lot of music. It’s not uncommon, especially when I make my action films, for me to put on headphones and listen to music at the same time as the action scenes. It helps me give a rhythm, a dynamism to the scenes, to coordinate the rhythm of the action with that of the music; it’s something I really like to combine.
Do you listen to music while writing ?
Of course, I also listen to music when I write.
What kind of music ?
It’s often classical music, but also soundtracks from other films, especially by French composers, or composed by Ennio Morricone, so a lot of European film soundtracks.
Michel Legrand.
You’re known for your action and crime films, but you’ve also filmed a lot about war, and your war films are often darker than your crime films. How and why has war influenced you ?
I really love war films; I’ve seen many war films of all kinds myself. They allow me to explore all kinds of human emotions, such as sacrifice, the struggle for survival, or the inner conflict between sacrificing oneself for a cause and the desire to survive… This allows me to explore the most intense aspects of emotions. I want to continue making war films; I’m passionate about them, but they often require very large budgets. It’s a genre that fascinates me for that reason too.
Are there any personal family stories of war that also influenced you ? Your parents left China for Hong Kong before the 1950s, the Sino-Japanese War, and then the arrival of Mao. Were you influenced, or was it a cinematic fantasy ?
I was born in 1946, so after the Second World War. My father served in the army; we settled in Hong Kong with my family afterward. My family spoke to me a lot about stories of war, especially the one with Japan, and all the cruelty, the brutality of those times, so it’s something that stayed with me for a long time, and is hard to erase. Sometimes I try to convey that on screen. I like this idea of wanting to sacrifice oneself for one’s family, one’s friends, or for the love I portray, fighting and going to the end for an ideal, for a country; I have a lot of admiration for that. I am interested in this, and I have a lot of respect for the soldiers who fight to defend a country, for peace.
You depict a lot of violence in your films, for which you are celebrated even though you detest it. Why ? Has this influenced you to go further and further, particularly in the mutilation of characters, and to what extent ?
There’s a Chinese expression that says, « To combat violence, sometimes more violence is needed. » To denounce violence, to condemn it, we sometimes also need to go towards something more extreme. I was talking about this earlier: how the martial or traditional Chinese spirit is one of sacrifice : it consists of fighting against injustice, through cruelty or violence. There’s an aesthetic, even epic, dimension to showing how one can go to extremes, perhaps for laudable reasons, through something more intense in the violence. It’s my way of making a political and social statement by using violence in my films.
Your creative energy initially came largely from the system, from having to fight against teams that didn’t understand your approach or your art. Has that changed anything now that you’re considered a master in this field ? What do you identify with more : as a general on a battlefield or as a conductor ?
I’ve never really seen my career as a kind of struggle or conflict, going to war to defend my ideas. Besides, I don’t consider myself a war general or a conductor. What interests me most, what I’ve tried to do from the beginning, is to make friends by making my films, to create bonds of friendship, to express my love and kindness. Looking back, with this career, I feel more and more relieved and liberated, because I’ve managed to create relationships through my films, to have new supports, support and new friends, and ultimately, that’s enough for me. What may have changed in me is that I probably need less violence and action, less intensity to express the humanity that I want to convey. So perhaps I’m becoming less and less of an action filmmaker, less intense, less violent, because I’m finding other ways to express myself, differently.
You may have noticed : I have adapted very few novels or other stories to make my films. Most of my stories are based on life, because cinema is life, on things I have seen and heard around me, stories of friendship and family that have also been told to me. Of course, I have never been a member of the mafia. This allows me to express metaphorically, symbolically things I have seen and heard. For me, what is important is to show life in cinema. The important thing is to show reality in cinema, to express reality in cinema.
——————————————————————
Questions from the audience
How did you manage to create such magical and timeless images as Chow Yun-fat lighting a cigarette against a backdrop of fire, and the doves taking flight in a chapel ? What advice would you give to young filmmakers regarding your creativity ?
Thank you. I don’t feel like I’ve aged much, actually. I think what’s important for the director is observation. As I said, cinema is, above all, observing life. For me, cinema is a bit like moving paintings. Each image, each scene, each shot, is a bit like a painting that captures life. So, what’s important, through the gaze, is the lens, which is my own eyes trying to catch, to capture moments of life, moments that can be beautiful, sad, or angry. More than advice, it’s learning to observe existence, each face, each posture in relation to life; that’s what’s central, observation. It is the director’s responsibility to capture the different moments of life. When I make a film, I feel a bit like I am writing a letter to a close friend, telling them about my current state of mind, my view of society, my sadness, my joys. This is the idea that I try to convey through my work. There is also something fundamental when you make films, which is that understanding yourself is not enough; I observed, I put on the screen what I understood, but it is not enough. Someone who sees what I put on the screen must understand my language. Maybe I am addressing people who do not understand what I want to convey or say, but at least there is someone who can understand me and who can spread this message. Something also important for films, it’s what I mentioned earlier, a film is like a painting, when I’ve finished it, I show it, it no longer belongs to me, everyone is free to read this painting as they wish, there can be critical points of view, there can be admiring people. What interests me is that everyone puts their own interpretation into it. For example, we can read a homosexual love between the characters, it’s not necessarily what I wanted to put on the screen but it doesn’t matter in the end. What matters is the way in which others can also understand things that I tried to show. I’m not out of step with society, we have a lot in common between us and so, this work that I’m giving you, it’s up to you to read it in your own way.
What kind of films do you watch ? Do you look back with your passion for French films, or are you more interested in contemporary cinema ? Is there a personality or a recommendation for current cinema ?
In fact, I mostly watch old films, Kurosawa, Truffaut, few recent films. I usually watch about ten films each year that I’ve already seen. I watch much less contemporary cinema, especially Hollywood cinema. I find it a little less good. I have more trouble with contemporary action films. I’m more of a classicist, I watch the classics. What I can advise you, if you want recommendations, is to watch European cinema, French, English, Swedish, Ingmar Bergman and others. And in every film that I see and rewatch, even though I’ve seen them a great many times, I find new concepts, new ideas, new things. There’s also this virtue in rewatching the great classics.
[Película; Festival Lumière 2025, John Woo***] Who’s Woo ?
Por primera vez, se imparte una clase magistral en la Salle Molière del Palacio Bondy. Aún quedan algunas plazas disponibles. Gomes está entrevistando, con un excelente traductor de chino que le concede tiempo para hablar.
Hola, gracias por darme la bienvenida a esta ciudad, Lyon, llena de historia y por mostrarme lo que significa la gran familia del cine.
Es usted conocido por sus películas de acción. Tuvo un comienzo difícil como director. ¿Podría hablarnos de su debut como director antes de triunfar con El sindicato del crimen (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989)?
De joven, no estudié cine. Así que esta imagen de un ladrón de carteles, de robar libros de teoría cinematográfica de la biblioteca. [Retroalimentación] Esta idea de que el cine se aprende a través de imágenes, encontrando libros sobre el tema, eso es lo que aprendí, no en la escuela, sino a través de carteles y libros. Así es como lo logré, y eso es lo que marcó mi aprendizaje sobre cine.
¿Cómo descubrió el cine francés? ¿Cómo se distribuían las películas en Hong Kong?
Hay que saber que en los años 50 y 60, en Hong Kong, cuando se iba al cine, se podían ver películas rodadas en mandarín, pero generalmente era un desierto cultural: no había mucha variedad. Fue a partir de los años 60 que pudimos empezar a ver cine europeo. Para nosotros, jóvenes cinéfilos, fue una auténtica revolución ver esta nueva ola francesa, por ejemplo, que trabajaba con lo más sencillo, sin estudio, solo con una cámara sencilla. Y poder hacer cine así, eso fue lo que realmente nos impactó en aquel momento. Mi juventud cinematográfica comenzó con películas francesas: François Truffaut, Jean-Luc Godard y Jacques Demy, en particular Los paraguas de Cherburgo (1964)… Me gusta el romanticismo y el amor, el amor entre personas, por el mundo, por un árbol, por una hoja que cae del árbol, que emergen de estas películas; me impactó profundamente. Todo esto me ha afectado, en el romanticismo que puede surgir de ellas. Esto lo podéis comprobar viendo mis películas, incluidas las actuales, el romanticismo, esta relación romántica con el cine que heredé del cine francés.
Durante los inicios de tu carrera cinematográfica, el cine de Hong Kong estaba dominado por las artes marciales, el wu xian pian y la comedia. Mencionaste que te sentías solo en ese momento porque no podías hacer exactamente lo que querías, y casi abandonaste el cine. ¿Puedes contarnos algo al respecto?
En aquella época, era muy complicado hacer películas en Hong Kong. La industria cinematográfica estaba monopolizada por los géneros que mencionaste, las familias, y si no formabas parte de esas familias, de esos círculos, era aún más complicado hacerse un hueco en el cine. Tenías que pasar por varias etapas, ser asistente de dirección, diez, quince más para aspirar a ser director. Yo me convertí en director por accidente. En aquella época, si no pertenecías al círculo íntimo, tenías que esperar a los 60, 65 o incluso 70 años para poder empezar a hacer películas. Si empezabas a los 45, ¡te consideraban un director muy joven! Rara vez pasábamos por academias de cine : aprendíamos de directores ya consagrados, a través de una relación maestro-alumno.
I started as an assistant director on Chang Cheh’s films, in particular because a producer wanted to flirt with one of the big Hong Kong stars of the time. So that’s how I was accidentally entrusted with my first film at 26, not so much to make cinema history as to allow this producer to approach the actress in question! In the end, I became a director, but the producer didn’t achieve his goal, because the actress was difficult [laughs] !
Contábamos con recursos extremadamente limitados, así que teníamos cámaras y equipos que no nos permitían captar el sonido correctamente; podíamos oír el motor en marcha. En la mayoría de las películas que rodamos, primero tuvimos que filmar la escena y luego añadir los sonidos de fondo.
Entonces aprendí una cosa, « gracias » a esta falta de equipo : lo primero que hay que tener como director es buena vista, una buena mirada; eso es lo más importante, porque no teníamos equipo de alto rendimiento. En aquel entonces, solo teníamos dos o tres objetivos para rodar con las cámaras disponibles, quizá uno más para primeros planos, otros para planos más amplios, pero nada más. No teníamos un monitor que nos permitiera ver el resultado y ajustarlo. Aprendí a desarrollar el sentido de la vista y a elegir planos e imágenes a partir de la impresión que tenía de mí mismo y no a través de la pantalla, no solo basándome en las imágenes que podía ver en el monitor.
Hablábamos de la Nueva Ola; al mismo tiempo, se estaba gestando una « Nueva Ola China ». Desarrollaste una estrecha amistad con el director Tsui Hark. ¿Cómo fue esa reunión?
Fue alrededor de 1975. Muchos directores regresaron a Hong Kong del extranjero, principalmente de Francia y Canadá. Era una época en la que necesitaba amigos, quería conocer gente nueva. Tsui Hark y yo nos conocimos y queríamos transformar el cine de Hong Kong, un poco como la Nouvelle Vague francesa, pero los estudios no eran muy abiertos en aquel entonces. Lo que les interesaba principalmente era ganar dinero, no revolucionar el cine.
Estos jóvenes directores rodaban principalmente series de televisión y tenían muy poco espacio para el cine. Recuerdo haber visto, en un episodio de una serie, una escena que me impactó por su violencia, con un sable y gotas de sangre cayendo. Esta toma me hizo querer saber quién era el director detrás de esta escena, porque descubrí que tenía una mente cinematográfica, y no solo de series de televisión. Era Tsui Hark, y de inmediato quise conocerlo. Durante un año, intenté recomendar a este director, aunque solo conocía su nombre. Pero nadie quería saber nada de él en ese momento.
La primera vez que lo vi, estaba con su novia de entonces (que luego se convertiría en su esposa). Llevaba un abrigo lleno de agujeros, barba y el pelo larguísimo, lo que le daba el aspecto de un vagabundo y un artista, y en cuanto nos conocimos, conectamos a la perfección. Le dije : «Pareces demasiado artista. Quizás deberías hacer películas comerciales primero para ganar dinero, y luego hacer lo que quieras». Su novia le aconsejó que no me hiciera caso : ¡pensaba que estaba diciendo tonterías !
Tsui Hark y yo nos reuníamos a menudo en un bar de Hong Kong para tomar una cerveza. Era un establecimiento con unas vistas magníficas al puerto. Allí nos dijimos que ambos haríamos mejores películas de Hong Kong. Durante dos años nos hicimos esta promesa, y aproveché la creación de un nuevo estudio que por aquel entonces tenía cierta reputación para recomendar a Tsui Hark. ¡Así empezó su carrera cinematográfica!
Fue el comienzo de un nuevo camino para el cine de Hong Kong, con ideas nuevas y frescas. Inspiró a otros directores a hacer lo mismo. Me alegré por mi amigo. Además, ¡era un gran aficionado al cine francés !
La importancia de esta amistad, e incluso el cariño que nos teníamos, es fundamental para la creación de películas de Hong Kong. ¡Tsui Hark tiene más talento que yo! Él mismo ayudó a otros directores con la edición, la producción y otros aspectos, y estoy muy orgulloso de haber contribuido a construir esta nueva esperanza para Hong Kong.
En El sindicato del crimen (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik II I : Zik yeung ji gor, 1989) mezclas cine chino, japonés y occidental. ¿Cómo surgió este proyecto?
En esta película, más allá de las diversas influencias del cine chino o europeo, lo más importante para mí era el sentimiento que transmitía. En realidad, cuando Tsui Hark empezó a atraer público y a tener éxito, era una época en la que yo era mucho menos visto. Incluso el cine me despreciaba. ¡Algunos querían que me retirara ya! Al estar tan marginado, el propio Tsui Hark lo tomó mal. Dijo que yo también debía recibir ayuda, y así fue como me impulsó a hacer El sindicato del crimen (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989).
Al principio, el guion que escribí no era muy bueno. Fue Tsui Hark quien me animó a reescribirlo y los diálogos, recomendándome que reflexionara profundamente sobre mí mismo. Fue él quien me animó a « escribirme a mí mismo » para esta película, a retratar la amistad de los dos personajes principales, que representa la amistad entre él y yo, y a convertirla en el núcleo de la película. Eso es lo importante en el cine : tener un amigo que te apoye y te respalde para que algo tenga éxito, más allá del aspecto técnico.
La emoción también surge mucho de tu dirección de actores. En The Crime Syndicate (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989), mezclas varias generaciones de actores. ¿Cómo trabajaste con esta extraña mezcla?
A veces tengo un gran problema : no siempre encuentro las palabras, el lenguaje, para poder expresar a mis actores lo que espero de ellos. Incluso antes de escribir el guion, me reúno y hablo con ellos porque quiero comprender su percepción de la vida y, basándome en sus gestos y su forma de hablar, imagino el mejor ángulo. Ahí es cuando escribo el guion. Intento encontrar lo más profundo de mí. Así, cuando los actores reciben el guion, comprenden inmediatamente lo que he escrito y lo que quiero.
Es algo que tomé prestado mucho de las películas que vi de François Truffaut : sentí el amor que sentía por sus actores y actrices. Siento ese mismo sentimiento por mis actores y actrices; a veces, durante un rodaje, son mis amantes, mis amantes, y ese es el sentimiento que emerge en mis actores, ¡y luego se percibe en la pantalla! Ya he escuchado a uno de mis actores decirme : « ¡Lo que escribiste en el guion, ya lo dije, expresado en la vida! « . Cuando estoy rodando, no necesito decir más; lo entendieron a través del amor que transmití a los actores del guion.
Una vez hiciste creer a uno de tus actores, Ti Lung, que tenía una actuación algo rígida y clásica, que era un ensayo, pero en realidad dejaste la cámara grabando para que pareciera más real, natural y relajado. Cuéntanos sobre eso…
Hay que entender que Ti Lung era una gran estrella diez años antes en Hong Kong, y estaba en decadencia durante el rodaje. De hecho, lo estaba pasando muy mal. Cuando Tsui Hark lo buscó para interpretar a este personaje, su objetivo era plasmar en pantalla cómo había sido su carrera, incluyendo su declive. Interpreta a un jefe de la mafia que tuvo su momento de gloria, pero que está en decadencia y se encuentra en una situación complicada, como era el caso de Ti Lung en aquel entonces. Este actor sufría de depresión, alcoholismo y también tenía problemas familiares, algo que se sintió profundamente durante el rodaje. Queríamos personajes que encarnaran su propia vida, su propia experiencia, y eso es lo que queríamos con Ti Lung : que interpretara tanto su pasado como su presente. A veces no entendía bien lo que se esperaba de él, le resultaba complicado explicárselo, y no queríamos socavar su honor. Entonces sucedió que adoptamos expresiones que eran más incómodas o deprimidas que las que a él le hubiera gustado representar en ese momento.
Respecto a Chow Yun-fat, que interpreta a un personaje algo secundario en comparación con la primera película : en el momento del rodaje de The Crime Syndicate (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989), ¿era usted consciente, en ese momento, de que iba a hacer cinco películas con él, y que se convertiría en su alter ego ?
Ya conocía un poco la actuación de Chow Yun-fat antes de que hiciera The Crime Syndicate (Ying hung boon sik, 1986; II, 1987; III, Ying hung boon sik III : Zik yeung ji gor, 1989); es un actor que me gustaba mucho. No tuvo la oportunidad de dar todo lo que sabía hacer en películas anteriores. Me gustó su belleza y su carisma, que me recordaron a mi ídolo Alain Delon. Percibí algo en sus ojos que me permitió decir muchas cosas, así que intenté plasmar todo lo que vi en él, en sus ojos, pero también su apariencia, su forma de vestir, su ropa, sus trajes, sus gafas de sol, todo lo que me gustaba de Alain Delon. Lo que me gustaba de él era que actuaba de forma natural y auténtica, había un lado real en su actuación. Me encontré a mí mismo, me proyecté un poco en él : quería que interpretara lo que yo también quería ser. Durante el rodaje, comprendí que era un actor que iba a triunfar. Él mismo ansiaba más escenas, estar más presente para poder interpretar con todo su potencial, algo que no había podido hacer en películas anteriores. Tanto es así que reescribí el guion porque era un personaje secundario que tenía que rodar durante doce días. Así que terminé desarrollando más el personaje, añadiendo elementos, etc.
[ALERTA DE SPOILER] ¿Te arrepentiste de haber matado al personaje que interpretaba al final de la película?
En realidad, no tanto, porque en aquel entonces me encantaban esos viejos cuentos chinos, de tradición china, a veces muy antiguos, que contaban historias de asesinos y luchadores con artes marciales. En estas historias, bastante cortas, el héroe solía morir al final, por ejemplo, como sacrificio o por el deseo de salvar a otros. No me molesta, porque a veces, al morir un personaje, se puede permitir que los otros dos se salven y se salve esa relación. Al hacerlo morir, quería transmitir algo muy chino, sobre el combate, sobre ese espíritu marcial chino.
En el cine de acción, a diferencia del cine estadounidense, tampoco se duda en mostrar los defectos de los personajes masculinos, en mostrarse vulnerable, sobre todo en llorar, algo bastante raro en aquella época. Algo que John Wayne o Bruce Willis nunca hacen, por ejemplo.
El estándar en ese momento en muchas películas estadounidenses era que los protagonistas masculinos nunca lloraban frente a la cámara. Incluso en los momentos en que se suponía que debían mostrar sus emociones, solían darse la vuelta para comenzar a llorar, y luego volver a mirar a la cámara solo cuando las lágrimas se habían secado, mirando al lente. Una especie de ecuación en el cine estadounidense en ese momento estaba vinculada al hecho de que las películas estaban divididas por género, que había dos tipos de público : uno que iba a ver películas de acción y otro que iba a ver películas de cine independiente. Todo esto estaba regido por reglas estrictas. El primero no quería ver lágrimas, el otro quería una expresión sin lágrimas… Para mí, era muy complicado. Necesitaba mostrar todas las emociones de los personajes : toda la ira, toda la tristeza, toda la risa… Era bastante difícil hacer eso en ese momento con los estándares estadounidenses : el cine estadounidense estaba circunscrito, limitado por estas reglas. Tomaré el ejemplo de Cara a Cara, donde el personaje interpretado por Nicolas Cage quiere evocar recuerdos para su pareja. Iba a recordarle, en broma, una experiencia con un dentista que le había sacado la muela equivocada : estaba escrito en el guion. Le dije : «En el momento en que le recuerdes a tu pareja este episodio (un pasaje ligeramente divertido pero conmovedor, la tristeza de no ser reconocido por tu pareja), ¿podrías, a pesar de todo, intentar derramar algunas lágrimas ?». Nicolas Cage me preguntó : «¿Estás seguro de que puedo? Porque normalmente los estudios nos piden que no lo hagamos». Respond í : «¡Claro que tienes que hacerlo, si eso es lo que sientes! Si esa es la emoción que quieres transmitir, adelante, no lo dudes, al contrario, ¡eso también conmoverá al público !». También hay que hacer que el público sienta estas emociones. Así que conservé ambas versiones : la en la que lloraba y la en la que no. Se las mostré y le pregunté cuál prefería. Él respondió que efectivamente, era mejor aquella en la que se le escapaba una lágrima porque se podía sentir mejor la expresión.
Recientemente hiciste una película, Noche de Paz (Silent night, 2023), en la que el personaje no puede hablar. ¿Te recuerda esto que en Hong Kong, en aquella época, como mencionaste, el sonido no se grababa en directo, sino que las películas se sincronizaban posteriormente, y a veces los actores eran doblados por otros actores? ¿Eso explica en parte tu desconfianza?
Quizás más en relación con esta experiencia que conté antes, donde fue necesario añadir sonido en postproducción o doblaje en Hong Kong, a veces incluso doblando los diálogos entre los personajes. Me inspiré en la obra de Jean-Pierre Melville, Le Samouraï (1967) en particular y en sus películas en general, donde los actores no necesitan mucho diálogo, simplemente una atmósfera tranquila y apacible, casi silenciosa, que expresa más emociones, si no mejor, con menos diálogo, o incluso sin ninguno. Cuando recibí el guion de Noche de Paz (Silent night, 2023), pensé que era una gran oportunidad para rendir homenaje a Melville intentando expresar subjetivamente, solo con lo que aparece en pantalla, las emociones expresadas. Es más un homenaje a Melville que las antiguas experiencias de Hong Kong que me influyeron.
La emoción se comunica a través de la música. La música juega un papel importante en tus películas : incluso el asesino de The Killer (Dip Huet Seung Hung, 1989) toca la armónica. ¿Eres músico? ¿Tocas algún instrumento?
Me encanta la música, pero no, no soy músico. Pero es cierto que, para mí, la música es algo importante, e intento sentirla a través de las impresiones que me transmiten los ojos, para combinarla con lo que veo. Es casi instintivo. Pero, de hecho, escucho mucha música. No es raro, sobre todo cuando hago mis películas de acción, ponerme auriculares y escuchar música al mismo tiempo que las escenas de acción. Me ayuda a dar ritmo, dinamismo a las escenas, a coordinar el ritmo de la acción con el de la música; es algo que me gusta mucho combinar.
¿Escuchas música mientras escribes?
Por supuesto, también escucho música cuando escribo.
¿Qué tipo de música?
Suele ser música clásica, pero también bandas sonoras de otras películas, especialmente de compositores franceses o compuestas por Ennio Morricone, así como muchas bandas sonoras de películas europeas.
Michel Legrand.
Eres conocido por tus películas de acción y crimen, pero también has rodado mucho sobre guerra, y tus películas bélicas suelen ser más oscuras que las de crimen. ¿Cómo y por qué te ha influido la guerra?
Me encantan las películas bélicas; he visto muchas de todo tipo. Me permiten explorar todo tipo de emociones humanas, como el sacrificio, la lucha por la supervivencia o el conflicto interno entre sacrificarse por una causa y el deseo de sobrevivir… Esto me permite explorar los aspectos más intensos de las emociones. Quiero seguir haciendo películas bélicas; me apasionan, pero a menudo requieren presupuestos muy elevados. Es un género que me fascina también por esa razón.
¿Hay alguna historia familiar personal sobre la guerra que también te haya influenciado? Tus padres se fueron de China a Hong Kong antes de la década de 1950, de la guerra chino-japonesa y de la llegada de Mao. ¿Te influyeron o fue una fantasía cinematográfica?
Nací en 1946, después de la Segunda Guerra Mundial. Mi padre sirvió en el ejército; después nos establecimos en Hong Kong con mi familia. Mi familia me habló mucho de historias de guerra, especialmente la de Japón, y de toda la crueldad y brutalidad de aquellos tiempos, así que es algo que me quedó grabado en la memoria y es difícil de borrar. A veces intento transmitirlo en pantalla. Me gusta esta idea de querer sacrificarse por la familia, los amigos o por el amor que represento, luchar hasta el final por un ideal, por un país; siento mucha admiración por eso. Me interesa y siento un gran respeto por los soldados que luchan para defender un país, por la paz.
Representas mucha violencia en tus películas, algo por lo que eres reconocido a pesar de que la detestas. ¿Por qué? ¿Te ha influido esto para ir más allá, sobre todo en la mutilación de personajes, y en qué medida?
Hay una expresión china que dice : «Para combatir la violencia, a veces se necesita más violencia». Para denunciar la violencia, para condenarla, a veces también necesitamos ir hacia algo más extremo. Hablaba de esto antes : cómo el espíritu marcial o tradicional chino es de sacrificio : consiste en luchar contra la injusticia mediante la crueldad o la violencia. Hay una dimensión estética, incluso épica, en mostrar cómo se puede llegar a los extremos, quizás por razones loables, mediante una violencia más intensa. Es mi forma de hacer una declaración política y social mediante el uso de la violencia en mis películas.
Al principio, tu energía creativa provenía en gran medida del sistema, de tener que luchar contra equipos que no entendían tu enfoque ni tu arte. ¿Ha cambiado eso en algo ahora que te consideran un maestro en este campo? ¿Con qué te identificas más : como general en el campo de batalla o como director de orquesta?
Nunca he visto mi carrera como una lucha o un conflicto, como ir a la guerra para defender mis ideas. Además, no me considero un general de guerra ni un director de orquesta. Lo que más me interesa, lo que he intentado hacer desde el principio, es hacer amigos haciendo mis películas, crear lazos de amistad, expresar mi amor y mi bondad. Mirando hacia atrás, con esta carrera, me siento cada vez más aliviado y liberado, porque he logrado crear relaciones a través de mis películas, tener nuevos apoyos, apoyo y nuevos amigos, y en última instancia, eso me basta. Lo que puede haber cambiado en mí es que probablemente necesito menos violencia y acción, menos intensidad para expresar la humanidad que quiero transmitir. Así que quizás me estoy volviendo cada vez menos cineasta de acción, menos intenso, menos violento, porque estoy encontrando otras formas de expresarme, de forma diferente.
Quizás lo hayan notado : he adaptado muy pocas novelas u otras historias para hacer mis películas. La mayoría de mis historias se basan en la vida, porque el cine es vida, en cosas que he visto y oído a mi alrededor, historias de amistad y familia que también me han contado. Por supuesto, nunca he sido miembro de la mafia. Esto me permite expresar metafórica y simbólicamente lo que he visto y oído. Para mí, lo importante es mostrar la vida en el cine. Lo importante es mostrar la realidad en el cine, expresar la realidad en el cine.
—————————————————–
Preguntas del público
¿Cómo lograste crear imágenes tan mágicas y atemporales como la de Chow Yun-fat encendiendo un cigarrillo con el fuego como fondo y la de las palomas alzando el vuelo en una capilla? ¿Qué consejo les darías a los jóvenes cineastas sobre su creatividad?
Gracias. La verdad es que no siento que haya envejecido mucho. Creo que lo importante para un director es la observación. Como dije, el cine es, sobre todo, observar la vida. Para mí, el cine es como cuadros en movimiento. Cada imagen, cada escena, cada plano, es como una pintura que captura la vida. Así que, a través de la mirada, lo importante es la lente, que son mis propios ojos intentando capturar momentos de la vida, momentos que pueden ser bellos, tristes o de ira. Más que consejos, es aprender a observar la existencia, cada rostro, cada postura en relación con la vida; eso es lo central, la observación. Es responsabilidad del director capturar los diferentes momentos de la vida. Cuando hago una película, siento como si le escribiera una carta a un amigo cercano, contándole mi estado de ánimo actual, mi visión de la sociedad, mis tristezas, mis alegrías. Esta es la idea que intento transmitir a través de mi trabajo. También hay algo fundamental al hacer películas : comprenderse a uno mismo no es suficiente; observo, plasmo en la pantalla lo que entiendo, pero no es suficiente. Alguien que ve lo que pongo en pantalla debe comprender mi lenguaje. Quizás me dirijo a personas que no entienden lo que quiero transmitir o decir, pero al menos hay alguien que puede entenderme y difundir este mensaje. Algo también importante para el cine, como mencioné antes, es que una película es como un cuadro : cuando lo termino, lo muestro, ya no me pertenece. Cada uno es libre de leerlo como quiera; puede haber puntos de vista críticos, puede haber admiradores. Lo que me interesa es que cada uno le dé su propia interpretación. Por ejemplo, podemos interpretar un amor homosexual entre los personajes; no es necesariamente lo que quería mostrar en pantalla, pero al final no importa. Lo que importa es cómo otros también pueden entender lo que intenté mostrar. No estoy desfasado de la sociedad; tenemos mucho en común, así que esta obra que les presento depende de ustedes leerla a su manera.
¿Qué tipo de películas ves? ¿Recuerdas tu pasión por el cine francés o te interesa más el cine contemporáneo? ¿Tienes alguna personalidad o alguna recomendación para el cine actual?
De hecho, veo sobre todo películas antiguas : Kurosawa, Truffaut y algunas recientes. Suelo ver unas diez películas al año que ya he visto. Veo mucho menos cine contemporáneo, sobre todo de Hollywood. Me parece un poco menos bueno. Me cuesta más el cine de acción contemporáneo. Soy más clasicista; veo clásicos. Si quieres recomendaciones, te aconsejo que veas cine europeo, francés, inglés, sueco, Ingmar Bergman y otros. Y en cada película que veo y vuelvo a ver, aunque las haya visto muchísimas veces, encuentro nuevos conceptos, nuevas ideas, cosas nuevas. También existe esa virtud de volver a ver los grandes clásicos.
[In English in 2nd part; en espagnol en la parte 3; magyarul a 4. részben] Malgré des billets gratuits donnés au dernier moment, la salle n’est qu’à moitié pleine. Les gens sont des veaux : de même qu’il n’y avait personne pour Ostende et tout le monde pour Michel Drucker et les frères Bogdanoff au salon du livre de Metz, tout le monde s’est précipité auprès de Natalie Portman – les billets sont partis en quelque minutes, sur internet car un quota de billets physiques n’est pas réservé à la caisse à l’Institut Lumière à l’ouverture de la vente de billets, ou Sean Penn que je n’apprécie pas trop, il sent trop le travail et la technique lourde actor studio en plus d’être une grande gueule, bien que je partage ses idées, et un bad boy sans omettre ses films, somme toute académiques.
Irène Jacob, actrice et présidente de l’Institut Lumière, est dans la salle, ce que souligne Frémaux – cela nous fait de belles jambes. Une petite vieille me gênera en toussant beaucoup et en me refilant, sans se gêner, ses microbes. Un professeur d’économie et de management, flattera sa petite cour et fera un selfie avec Szabó. J’ai failli demander un autographe à l’oscarisé mais il était trop en mauvaise santé. Il arrive, assisté, avec une canne. Il est très bavard, beaucoup de mots pour dire des choses simples qui pourraient l’être en peu de mots. Le réalisateur débute en français puis continue en hongrois pour être plus précis.
Joël Chapron, qui interviewe, fait le palmarès et le décompte des films : oscar du film étranger pour Méphisto (Mephisto, 1981), 37 films dont 16, 18 longs-métrages. 12 se déroulent dans le passé, jusqu’au début du XXe siècle mais pas au-delà. Pourquoi ce retour au passé ?
Ce que j’ai filmé, ce sont les problèmes de ma génération – ce qui correspondait à un groupe de personnes qui avaient terminé l’université, comme on peut le voir dans Père (Apa, 1966), ceux de mes parents, leurs problèmes étaient plus importants de l’autre côté du rideau de fer. J’ai fait des films sur les rêves de mes parents car il est plus difficile de faire un film sur ses parents en tant que tels. Plus difficile également sur les grands-parents, l’empire austro-hongrois, la première guerre mondiale. Il faut être simple et clair : il faut trouver nous-même notre passé.
Ce qui compte, c’est de faire réfléchir les gens ?
Je ne suis pas une institutrice de maternelle. Je raconte une histoire pas seul avec mes problèmes. Voir les problèmes similaires, vivre, raconter : c’est mon travail ! Si le public y trouve quelque chose de touchant, c’est parfait. Au cinéma, le côté émotionnel prévaut.
Apprendre ?
Avoir une expérience émotionnelle, c’est tout car je ne sais pas quelle œuvre vous voulez vendre ou acheter.
On achète.
L’amour, l’amitié, ce sont des sentiments aussi importants que la raison. On découvre des choses et on s’en imprègne. L’amour, l’amitié me permettent de transmettre mes messages.
Hongrois. Qu’est-ce qu’un film ? est la question que je me suis posée. Littérature, peinture, théâtre : expression mais pourquoi ? La spécificité du cinéma, c’est le visage d’une personne et surtout l’émotion qui naît dessus avec le jeu, ses transformations. L’expression du visage évolue avec les émotions. Les regards d’un homme sur une femme : un homme regarde une femme ; une porte s’ouvre, une jolie femme entre, l’homme la regarde ; la femme du début passe de l’amour à la jalousie ; puis l’homme dit Je t’aime, alors, la femme, rassurée, passe de la jalousie à l’amour car il revient sur son visage. On voit la transformation du visage selon l’émotion. Seul le cinéma, avec ses images animées, peut capter ce passage de l’amour à la jalousie et inversement, c’est la magie du cinéma. On va au cinéma pour voir des acteurs pleurer et rire. Catherine Deneuve, Monica Vitti, Meryl Streep. L’histoire du cinéma est composée de visages. Chaque période du cinéma (gloire, crise) a ses visages propres. Le spectateur fait confiance, se retrouve dans des visages. Par exemple, qu’est-ce qu’il s’est passé dans les années 30 ? Greta Garbo. Pourquoi ? Il y avait Hitler, Staline, Franco en même temps. Les gens cherchaient à se défendre derrière un uniforme, le visage de Garbo. Elle était toujours elle-même, elle rayonnait de dignité. On restait toujours avec elle. Elle était crédiblement elle-même. Elle ne faisait jamais de compromis, elle était toujours égale, elle était toujours elle-même. La deuxième guerre arrive, on danse sur un volcan. Alors Marlène Dietrich apparaît. Avec la fin de la guerre, les gens ont compris qu’une balle peut tuer. Il faut vivre, faire l’amour, boire, manger. Il faut que le corps existe. Alors Marilyn Monroe apparaît. Et puis les guerres coloniales de Corée, du Vietnam. Les femmes manifestent pour leur droit, portent le drapeau et veulent leur liberté et la paix. Les coiffures sont courtes. Alors Jane Fonda apparaît. La femme rentre en politique. C’est comme la structure finale du film de Renoir, Une partie de campagne (1946). Il faut revoir les films avec Meryl Streep, elle incarne un autre type de femme. C’est la même chose avec les hommes. Robert Taylor qui montaient les rochers jusqu’à James Dean qui n’a jamais levé les yeux, incarnant la rébellion. Vous avez un visage tendre, féminin au sortir de la guerre : c’est Gérard Philipe. L’homme se plonge dans la politique : et vous avez Anthony Perkins. JFK et Martin Luther King sont assassinés. Les mathématiciens veulent se battre. Apparaissent Dustin Hoffman et Al Pacino. On passe du beau visage doux de Gérard Philipe au visage cassé du boxeur, c’est Belmondo, un visage de boxeur, au bon cœur, tendre. Et puis, c’est le visage d’Alain Delon, un visage glacé. Et puis vient visage froid, complexe, cynique : c’est Piccoli. Ce que je veux dire, c’est que les changements de l’histoire changent nos besoins et les attentes envers les visages avec lesquels s’identifier. Le public choisit ses acteurs préférés, pas les réalisateurs. Le public veut voir tout avec les visages car le visage représente le spectateur dans un âge spécifique. Le réalisateur intelligent le ou la choisit, celui un peu plus bête prend ses copines ou copains. [rires] Cette logique, je l’ai apprise en travaillant avec les acteurs.
A la maison, j’ai appris les langues, je n’étais pas bon élève. A la radio, il y avait de la musique classique. Après mon interview, ma mère me téléphone dix minutes après et me dit en Allemand : « quel manque de respect d’utiliser une langue qu’on ne connaît pas ; notamment le féminin et le masculin dans cette langue. » [rires] Du coup, quand je parle une langue étrangère, je pense à ma mère. Avec Glenn Close, il y avait une traductrice sur le plateau. Elle a supporté la situation 5mn, puis elle m’a dit : « regarde-moi et parle lentement, je verrai ce que tu veux ou pas. » C’est la grammaire. Irons était étonné que je le remercie. Puis, il me dit : « Tu n’as pas encore fait un gros plan sur moi ». Pour lui, on n’avait pas travaillé. Les acteurs comprennent très vite. On est à l’ère du regard. On ne voit pas au théâtre ; c’est une spécificité du cinéma. Dans le métier, c’est l’enjeu du gros plan. Le gros plan est le seul moyen de capter la lumière du regard chez un comédien. Et ça, au théâtre, on ne peut pas le voir, même en étant au premier rang !
Dans Colonel Reidl (Oberst Redl, 1985), Brandauer et une actrice allemande se regardaient. J’ai fait une, deux, trois prises, c’était mauvais. Je vais voir Brandauer, qui est un ami depuis Mephisto (1981). Je lui demande quel est le problème. Il me répond, elle me regarde en haut, en bas mais pas dans les yeux. Je vois qu’elle te regarde, toi, le réalisateur. Je vais voir l’actrice, je lui parle, c’était parfait. C’est ça le cinéma : un changement de regard implique un changement de sens. Depuis que je suis né (1938), j’ai assisté à 6 changements de régime avec des changements de noms de rue, sous le nazisme, le stalinisme, etc. Chaque régime avait ses idoles, on le voyait dans les noms de rue, et faire disparaître ceux d’avant. On l’a vu avec Elisabeth II.
J’ai tourné deux films qui se déroulent en 1936. C’était le même personnage, il s’agissait d’être au milieu et d’avoir la lumière sur soi. Deux renommées différentes cherchaient la lumière : il importait, pour lui, que Bálint soit reconnu. Il y a Brandauer et l’autre dans Adorable Julia (Being Julia, 2004). Il est possible de ruiner les autres par l’entourage. Ils vivaient dans le monde d’Hitler. Chaque acte a des conséquences. Une actrice hystérique qui casse les actrices concurrentes car on est dans une autre société. Où est le personnage car il est situé dans l’histoire ? Où est le talent ?
Jouvet au cinéma pouvait changer son jeu. Votre premier film est tourné en 1963. Vous avez filmé la finesse d’interprétation de l’amour. Vous avez tourné 6 films avec Bálint, 2 avec Brandauer. Vous avez une équipe fidèle, notamment le chef opérateur, Koltai.
Je suis fidèle, j’aime créer des liens d’amitié. Il s’agit de partager les mêmes idées sur le travail ; cela rend le travail plus intéressant. J’ai fait 6 films avec ?, 4 rôles principaux, le caractère, le physique représente quelque chose pour la couche sociale hongroise. Brandauer porte sur lui l’ambivalence de l’Europe centrale. Il nous fait aimer et détester Mephisto, Redl : il nous ressemble. C’est important pour moi. C’est agréable de travailler avec lui. Le rapport final.
Différents défis ? Différents besoins ?
Je travaille dans la langue de chaque comédien dans chaque film ; la façon de diriger est donc différente. Je communique avec eux dans leur langue maternelle. Quand ils sont en gros plans, ils utilisent leur langue maternelle : c’est plus sincère. Le reste est de l’art.
Avez-vous eu des problèmes de censures ? Avez-vous fait les films que vous vouliez ?
Depuis que je suis né en 1938, il y a déjà eu six changements de régime en Hongrie. J’ai connu les périodes fascistes, le stalinisme… Oui j’ai pu faire le film que je voulais, à ma manière … avec beaucoup de censure. Il s’agit d’éviter les collisions. Parfois, j’avais des problèmes quand je ne m’y attendais pas. Par exemple, Le Père (Apa, 1966), a été interdit après une première nationale. Selon les censeurs, les images de Staline vont gêner les Russes. C’était pourtant après la déstalinisation ; il était question qu’il ne sorte pas en salle. Alors, j’ai eu une idée : l’envoyer en compétition à Moscou. S’il est admis, et il le fut, j’ai obtenu le Grand Prix, c’est bon pour une sortie (inter)nationale, sans couper.
La première question qu’on me posait toujours est existe-t-il une censure en Hongrie ? Je répondais qu’il suffisait de regarder le début du film, il est notifié un numéro de censure. Comment tout dire ? Ne pas être censuré ? Il suffisait de ne pas dire de mauvaises choses sur le prolétariat, sur le régime. Aurez-vous des problèmes par rapport aux déclarations ? J’ai été convoqué deux semaines après par le responsable du cinéma au PC, un vieux monsieur communiste d’avant-guerre. Il y avait devant lui un paquet de journaux français. Il me dit qu’il a lu mes interviews à Cannes, qu’il m’a trouvé courageux. Il conclue que dans le futur, il faut que je sois courageux, que l’on voit que de l’autre côté du rideau de fer, il existe des artistes courageux. Je me suis dit : quelle erreur ai-je commise pour avoir tant de flatteries ? En Hongrie, on ne sait jamais à l’avance, c’est imprévisible.
Dans les festivals, des artistes dans les années 60, 70 ont été écartés par la censure.
————————————————————————————————-
Questions du public
En quoi le cinéma fait penser à l’histoire en ce qui concerne Géza von Radványi (1907-1986) ?
Je ne sais pas si j’ai un regard propre à moi, c’est une erreur en Français de dire cela. En France, on aime bien quand on est différent, il faut absolument être original, au moins une fois. Je ne suis pas obsédé par la forme. Ce qui comptait, ce qui compte, c’est l’histoire. De grands-parents au père, je suis d’une longue lignée de médecins : ce qui est important dans ma famille, c’est d’aider quelqu’un d’autre. Il s’agit de donner un médicament au public et de lui dire : tu n’es pas seul. Un film, c’est une cure à ses problèmes. C’est mon devoir depuis le début ; il n’y a rien d’artistique, il n’y a pas d’inspiration. L’aspect artistique du cinéma ne m’intéresse pas. Il s’agit de transmettre un message. Il faudrait peut-être que je me consacre plus à la forme. J’ai appris le plus des réalisateurs qui parlent simplement des problèmes dans le monde de tout le monde : Wajda, Bergman, Kurosawa, Ozu, Clair.Géza von Radványi, je l’ai bien connu, c’est un vieil homme gentil. Dans La confiance (Bizalom, 1980), je lui montre une photo d’une comédienne qui a le premier rôle [Ildikó Bánsági dans le rôle de Kata], il me dit « Tu aimes cette femme ? » Je lui réponds que c’est une grande actrice. Il me repose la même question. Puis il me dit : « Marie-toi mais surtout ne lui donne pas de rôle ! ».
J. Chaperon : L’Âge des illusions (Álmodozások kora, 1965) est une référence directe à Les quatre cents coups (1959) de Truffaut ?
J’ai une admiration pour Truffaut. On s’est vus à Cannes. Il me demandait simplement où était son chemin. Il était adorable, gentil, de petite taille, un beau visage. J’ai adoré ses films. Les quatre cents coups (1959) est l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma. Mais techniquement, celui qui m’a le plus appris, c’est Jules et Jim (1962), quand Jeanne Moreau descend l’escalier notamment ; les dialogues. Mon premier film, c’est L’Âge des illusions(Álmodozások kora, 1965), c’est un mélange de Les quatre cents coups(1959) et de Jules et Jim (1962).
La séance se termine à 12h31. A noter ceci dans Wikipédia : « Controverse sur ses activités d’informateur sous le régime communiste
Le 26 janvier 2006 éclate une polémique dans l’hebdomadaire hongrois Élet és Irodalom (« Vie et Littérature »). Le magazine affirme que Szabó était un « agent » de la police secrète de la république populaire de Hongrie, sous le régime de Kádár. Il devait écrire des rapports sur ses anciens camarades de classes de l’université d’art dramatique et cinématographique (il en aura rédigé 48). Placé sur liste noire à la suite de preuves compromettantes, Szabó fut obligé de travailler comme « agent » seulement un an après l’insurrection de Budapest de 1956.
Szabó reconnut les faits, dit avoir eu de telles pratiques « pour sauver de la potence son camarade révolutionnaire Pál Gábor et lui-même ». En février 2006, lors de la présentation de son film Rokonok, Lajos Koltai et quatre des anciens étudiants dénoncés tinrent une conférence de presse pour relater leurs mémoires sur la Hongrie post-révolutionnaire des années 1950 et déclarèrent n’avoir aucune colère contre Szabó. »
Despite free tickets given out at the last minute, the room is only half full. People are calves: just as there was no one for Ostend and everyone for Michel Drucker and the Bogdanoff brothers at the Metz book fair, everyone rushed to Natalie Portman – the tickets were gone in a few minutes, online because a quota of physical tickets is not reserved at the box office at the Lumière Institute when ticket sales open, or Sean Penn whom I don’t really like, he smells too much of work and heavy actor studio technique in addition to being a loudmouth, although I share his ideas, and a bad boy without forgetting his films, which are, after all, academic.
Irène Jacob, actress and president of the Lumière Institute, is in the audience, which Frémaux points out – it makes our legs look good. A little old lady bothers me by coughing a lot and unashamedly passing on her germs to me. A professor of economics and management flatters his entourage and takes a selfie with Szabó. I almost ask the Oscar winner for an autograph, but he was in too poor health. He arrives, assisted, with a cane : 87 years old. He is very talkative, with many words to say simple things that could be said in a few words. The director begins in French and then continues in Hungarian, to be more precise.
Joël Chapron, who is interviewing, lists the awards and counts the films : Oscar for Best Foreign Language Film for Mephisto (1981), 37 films, including 16, 18 feature films. 12 are set in the past, up to the beginning of the 20th century but not beyond. Why this return to the past ?
What I filmed were the problems of my generation—which corresponded to a group of people who had finished university, as you can see in Father (Apa, 1966), those of my parents; their problems were greater on the other side of the Iron Curtain. I made films about my parents’ dreams because it’s more difficult to make a film about one’s parents as such. It’s also more difficult about grandparents, the Austro-Hungarian Empire, the First World War. It has to be simple and clear : we have to find our own past.
What matters is to make people think ?
I’m not a kindergarten teacher. I’m telling a story, not alone in my problems. Seeing similar problems, experiencing them, telling them : that’s my job! If the audience finds something touching in it, that’s perfect. In cinema, the emotional side prevails.
Learning ?
Having an emotional experience is everything because I don’t know what work you want to sell or buy.
We buy.
Love and friendship are feelings as important as reason. We discover things and absorb them. Love and friendship allow me to convey my messages.
Hungarian. What is a film ? is the question I asked myself. Literature, painting, theater : expression, but why ? The specificity of cinema is a person’s face and, above all, the emotion that arises from it through acting, its transformations. Facial expression evolves with emotions. A man’s gaze on a woman : a man looks at a woman; a door opens, a pretty woman enters, the man looks at her; the woman initially goes from love to jealousy; then the man says, « I love you, » and the woman, reassured, goes from jealousy to love because it returns to her face. We see the transformation of the face according to the emotion. Only cinema, with its animated images, can capture this passage from love to jealousy and vice versa; that is the magic of cinema. We go to the cinema to see actors cry and laugh. Catherine Deneuve, Monica Vitti, Meryl Streep. The history of cinema is made up of faces. Each period of cinema (glory, crisis) has its own faces. The viewer trusts, finds himself in faces. For example, what happened in the 1930s ? Greta Garbo. Why ? There was Hitler, Stalin, Franco at the same time. People sought to defend themselves behind a uniform, Garbo’s face. She was always herself, she radiated dignity. We always stayed with her. She was credibly herself. She never compromised, she was always equal, she was always herself. The Second World War arrives, we dance on a volcano. Then Marlene Dietrich appears. With the end of the war, people understood that a bullet can kill. You have to live, make love, drink, eat. The body has to exist. Then Marilyn Monroe appears. And then the colonial wars of Korea, Vietnam. Women demonstrate for their rights, carry the flag and want their freedom and peace. Hairstyles are short. Then Jane Fonda appears. Women enter politics. It’s like the final structure of Renoir’s film, A Country Party (Une partie de campagne, 1946). We must rewatch the films with Meryl Streep, she embodies another type of woman. It’s the same with men. Robert Taylor who climbed the rocks to James Dean who never looked up, embodying rebellion. You have a tender, feminine face at the end of the war : it’s Gérard Philipe. The man immerses himself in politics : and you have Anthony Perkins. JFK and Martin Luther King are assassinated. Mathematicians want to fight. Dustin Hoffman and Al Pacino appear. We go from the beautiful, gentle face of Gérard Philippe to the broken face of the boxer; it’s Belmondo, a boxer’s face, kind-hearted, tender. And then there’s the face of Alain Delon, an icy face. And then comes a cold, complex, cynical face : it’s Piccoli. What I mean is that changes in history change our needs and expectations for faces to identify with. The public chooses its favorite actors, not the directors. The public wants to see everything with faces because the face represents the viewer at a specific age. The intelligent director chooses him or her, the slightly dumber one takes his or her girlfriends or boyfriends. [laughs] I learned this logic by working with actors.
At home, I learned languages; I wasn’t a good student. On the radio, there was classical music. After my interview, my mother called me ten minutes later and said in German : « What a lack of respect to use a language you don’t know; especially the feminine and masculine in this language. » [laughs] So, when I speak a foreign language, I think of my mother. With Glenn Close, there was a translator on set. She put up with the situation for 5 minutes, then she said to me : « Look at me and speak slowly, I’ll see what you want or don’t want. » It’s grammar. Irons was surprised that I thanked him. Then, he said to me : « You haven’t done a close-up on me yet. » For him, we hadn’t practiced. Actors understand very quickly. We’re in the age of the gaze. We don’t see in the theater; it’s a specificity of cinema. In the profession, it’s the challenge of the close-up. The close-up is the only way to capture the light in an actor’s eyes. And in the theater, you can’t see that, even if you’re in the front row !
In Colonel Reidl (Oberst Redl, 1985), Brandauer and a German actress were looking at each other. I did one, two, three takes, it was bad. I went to see Brandauer, who has been a friend since Mephisto (1981). I asked him what the problem was. He answered, she was looking up at me, down at me, but not in the eyes. I saw that she was looking at you, the director. I went to see the actress, I spoke to her, it was perfect. That’s cinema : a change of perspective implies a change of meaning. Since I was born (1938), I have witnessed 6 changes of regime with changes of street names, under Nazism, Stalinism, etc. Each regime had its idols, we saw it in the street names, and making the previous ones disappear. We saw it with Elizabeth II.
I made two films set in 1936. It was the same character, it was about being in the middle and having the spotlight on you. Two different celebrities were seeking the spotligh t : it was important for him that Bálint be recognized. There is Brandauer and the other in Being Julia (2004). It is possible to ruin others through your entourage. They lived in Hitler’s world. Every act has consequences. A hysterical actress who destroys competing actresses because we are in a different society. Where is the character because it is situated in the story ? Where is the talent ?
Jouvet’s cinematic approach could change his game. Your first film was shot in 1963. You captured the subtle interpretation of love. You shot six films with Bálint, two with Brandauer. You have a loyal crew, especially the cinematographer, Koltai.
I’m loyal; I like to build friendships. It’s about sharing the same ideas about the work; it makes it more interesting. I made six films with him, four leading roles; his character and physique represent something for the Hungarian social class. Brandauer embodies the ambivalence of Central Europe. He makes us love and hate Mephisto, Redl : he resembles us. That’s important to me. It’s a pleasure working with him. The final report.
Different challenges ? Different needs ?
I work in each actor’s language in each film; therefore, the way I direct is different. I communicate with them in their mother tongue. When they’re in close-ups, they use their mother tongue : it’s more sincere. The rest is art.
Have you had any problems with censorship ? Have you made the films you wanted ?
Since I was born in 1938, there have already been six regime changes in Hungary. I’ve experienced the fascist periods, Stalinism… Yes, I’ve been able to make the film I wanted, in my own way… with a lot of censorship. It’s about avoiding clashes. Sometimes I had problems when I least expected them. For example, The Father (Apa, 1966) was banned after a national premiere. According to the censors, the images of Stalin would bother the Russians. This was after de-Stalinization, however; there was talk of it not being released in theaters. So I had an idea : send it to the competition in Moscow. If it’s accepted, and it was, I’ve won the Grand Prix, which is good for an (inter)national outing, without any cuts.
The first question I was always asked was, is there censorship in Hungary ? I replied that all I had to do was watch the beginning of the film; it would have a censorship number. How could I say everything ? Not be censored ? It was enough not to say bad things about the proletariat, about the regime. Would you have problems with your statements ? I was summoned two weeks later by the head of cinema at the Communist Party, an old pre-war communist gentleman. There was a stack of French newspapers in front of him. He told me that he had read my interviews at Cannes and that he found me courageous. He concluded that in the future, I must be courageous, that people would see that on the other side of the Iron Curtain, there are courageous artists. I said to myself : what mistake did I make to receive so much flattery ? In Hungary, you never know in advance; it’s unpredictable.
At festivals, artists in the 1960s and 1970s were excluded by censorship.
————————————————————————————————————–
Questions from the audience
How does cinema evoke history when it comes to Géza von Radványi (1907-1986) ?
I don’t know if I have my own perspective; it’s a mistake in French to say that. In France, we like it when we’re different; we absolutely have to be original, at least once. I’m not obsessed with form. What mattered, what counts, was the story. From my grandparents to my father, I come from a long line of doctors : what’s important in my family is to help someone else. It’s about giving medicine to the audience and telling them : you’re not alone. A film is a cure for their problems. That’s been my duty from the beginning; There is nothing artistic, there is no inspiration. The artistic aspect of cinema does not interest me. It is about conveying a message. Perhaps I should devote myself more to the form. I learned the most from directors who simply talk about the problems in everyone’s world : Wajda, Bergman, Kurosawa, Ozu, Clair. I knew Géza von Radványi well; he’s a kind old man. In La Confiance (Bizalom, 1980), I showed him a photo of an actress who had the lead role [Ildikó Bánsági as Kata], and he asked me, « Do you love this woman ? » I told him she was a great actress. He asked me the same question again. Then he said, « Get married, but above all, don’t give her a role !«
J. Chaperon : Is The Age of Illusions (Álmodozások kora, 1965) a direct reference to Truffaut’s The 400 Blows (1959) ?
I admire Truffaut. We met in Cannes. He simply asked me where he was going. He was adorable, kind, short, and had a handsome face. I loved his films. The 400 Blows (1959) is one of the greatest films in the history of cinema. But technically, the one that taught me the most was Jules and Jim (1962), especially when Jeanne Moreau comes down the stairs; the dialogue. My first film was The Age of Illusions (Álmodozások kora, 1965), a mix of The 400 Blows (1959) and Jules and Jim (1962).
The screening ended at 12:31. Note this on Wikipedia : « Controversy over his activities as an informer under the communist regime
On January 26, 2006, a controversy erupted in the Hungarian weekly Élet és Irodalom (Life and Literature). The magazine claimed that Szabó was an « agent » of the secret police of the Hungarian People’s Republic, under the Kádár regime. He was required to write reports on his former classmates at the University of Drama and Film (he ultimately wrote 48). Blacklisted due to incriminating evidence, Szabó was forced to work as an « agent » only a year after the 1956 Budapest Uprising. Szabó admitted the facts, saying he engaged in such practices « to save his revolutionary comrade Pál Gábor and himself from the gallows. » In February 2006, during the presentation of his film Rokonok, Lajos Koltai and four of the denounced former students held a press conference to recount their memories of post-revolutionary Hungary in the 1950s and declared that they had no anger against Szabó. »
A pesar de que las entradas gratuitas se repartieron a última hora, la sala solo está medio llena. La gente está desbordada : igual que no había nadie para Ostende y todos para Michel Drucker y los hermanos Bogdanoff en la Feria del Libro de Metz, todos se apresuraron a ver a Natalie Portman; las entradas se agotaron en cuestión de minutos, en línea porque no se reserva un cupo de entradas físicas en la taquilla del Instituto Lumière cuando se abre la venta de entradas, o a ver a Sean Penn, a quien no me cae nada bien; huele a demasiado trabajo y a técnicas de estudio de actores, además de ser un bocazas, aunque comparto sus ideas, y un chico malo, sin olvidar sus películas, que, al fin y al cabo, son académicas.
Irène Jacob, actriz y presidenta del Instituto Lumière, está entre el público, algo que Frémaux señala : nos hace lucir bien las piernas. Una ancianita me molesta tosiendo mucho y contagiándome sus gérmenes sin ningún reparo. Un profesor de economía y gestión adula a su séquito y se toma una selfi con Szabó. Casi le pido un autógrafo al ganador del Óscar, pero su salud era muy delicada. Llega, asistido con un bastón : tiene 87 años. Es muy hablador, con muchas palabras para decir cosas sencillas que podrían decirse en pocas palabras. El director empieza en francés y luego continúa en húngaro, para ser más preciso.
Joël Chapron, quien entrevista, enumera los premios y enumera las películas : Óscar a la Mejor Película de Habla No Inglesa por Mefisto (Mephisto, 1981), 37 películas, incluyendo 16, 18 largometrajes. Doce están ambientadas en el pasado, hasta principios del siglo XX, pero no más allá. ¿A qué se debe este regreso al pasado?
Lo que filmé fueron los problemas de mi generación —que correspondían a un grupo de personas que habían terminado la universidad, como se puede ver en Padre (Apa, 1966)—, los de mis padres; sus problemas eran mayores al otro lado del Telón de Acero. Hice películas sobre los sueños de mis padres porque es más difícil hacer una película sobre los padres como tales. También es más difícil sobre los abuelos, el Imperio austrohúngaro, la Primera Guerra Mundial. Tiene que ser simple y claro : tenemos que encontrar nuestro propio pasado.
¿Lo que importa es hacer reflexionar a la gente?
No soy maestra de jardín de infancia. Estoy contando una historia, no estoy sola con mis problemas. Ver problemas similares, experimentarlos, contarlo s : ¡ese es mi trabajo! Si el público encuentra algo conmovedor, perfecto. En el cine, prevalece el lado emocional.
¿Aprender?
Tener una experiencia emocional lo es todo, porque no sé qué obra quieres vender o comprar.
Compramos.
El amor y la amistad son sentimientos tan importantes como la razón. Descubrimos cosas y las absorbemos. El amor y la amistad me permiten transmitir mis mensajes.
Húngaro. ¿Qué es una película?, me pregunté. Literatura, pintura, teatro : expresión, pero ¿por qué? La especificidad del cine reside en el rostro de una persona y, sobre todo, en la emoción que surge de él a través de la actuación, sus transformaciones. La expresión facial evoluciona con las emociones. La mirada de un hombre sobre una mujer : un hombre mira a una mujer; se abre una puerta, entra una mujer guapa, el hombre la mira; la mujer pasa inicialmente del amor a los celos; luego el hombre dice : «Te amo», y la mujer, tranquilizada, pasa de los celos al amor porque el amor vuelve a su rostro. Vemos la transformación del rostro según la emoción. Solo el cine, con sus imágenes animadas, puede capturar este paso del amor a los celos y viceversa; esa es la magia del cine. Vamos al cine a ver a los actores llorar y reír. Catherine Deneuve, Monica Vitti, Meryl Streep. La historia del cine está hecha de rostros. Cada época (gloria, crisis) tiene sus propios rostros. El espectador confía, se encuentra en los rostros. Por ejemplo, ¿qué pasó en los años 30? Greta Garbo. ¿Por qué? Estaban Hitler, Stalin, Franco al mismo tiempo. La gente buscaba defenderse tras un uniforme, el rostro de Garbo. Siempre fue ella misma, irradiaba dignidad. Siempre la acompañamos. Era creíblemente ella misma. Nunca se comprometía, siempre era igual, siempre era ella misma. Llega la Segunda Guerra Mundial, bailamos sobre un volcán. Entonces aparece Marlene Dietrich. Con el fin de la guerra, la gente comprendió que una bala puede matar. Hay que vivir, hacer el amor, beber, comer. El cuerpo tiene que existir. Entonces aparece Marilyn Monroe. Y luego las guerras coloniales de Corea y Vietnam. Las mujeres se manifiestan por sus derechos, portan la bandera y exigen libertad y paz. Los peinados son cortos. Entonces aparece Jane Fonda. Las mujeres entran en la política. Es como la estructura final de la película de Renoir, Una fiesta en el campo (Une partie de campagne, 1946). Debemos volver a ver las películas con Meryl Streep; ella encarna a otro tipo de mujer. Lo mismo ocurre con los hombres. Desde Robert Taylor, que escalaba las rocas, hasta James Dean, que nunca levantó la vista, encarnando la rebelión. Tienes un rostro tierno y femenino al final de la guerra : es Gérard Philippe. El hombre se sumerge en la política : y ahí está Anthony Perkins. JFK y Martin Luther King son asesinados. Los matemáticos quieren pelear. Aparecen Dustin Hoffman y Al Pacino. Pasamos del rostro bello y gentil de Gérard Philippe al rostro destrozado del boxeador; es Belmondo, el rostro de un boxeador, bondadoso, tierno. Y luego está el rostro de Alain Delon, un rostro gélido. Y luego viene un rostro frío, complejo y cínico : es Piccoli. Lo que quiero decir es que los cambios en la historia cambian nuestras necesidades y expectativas de rostros con los que identificarnos. El público elige a sus actores favoritos, no a los directores. El público quiere ver todo con rostros porque el rostro representa al espectador a una edad específica. El director inteligente lo elige a él o a ella, el un poco más tonto se lleva a sus novias o novios. [risas] Aprendí esta lógica trabajando con actores.
En casa, aprendí idiomas; no era buen estudiante. En la radio, ponían música clásica. Después de la entrevista, mi madre me llamó diez minutos después y me dijo en alemán : «Qué falta de respeto usar un idioma que no conoces; sobre todo el femenino y el masculino». [Risas] Así que, cuando hablo un idioma extranjero, pienso en mi madre. Con Glenn Close, había una traductora en el set. Aguantó la situación cinco minutos y luego me dijo : «Mírame y habla despacio, veré qué quieres o no quieres». Es gramática. A Irons le sorprendió que le diera las gracias. Entonces me dijo : «Todavía no me has hecho un primer plano». Para él, no habíamos practicado. Los actores comprendemos muy rápido. Estamos en la era de la mirada. En el teatro no vemos; es una característica específica del cine. En la profesión, es el reto del primer plano. El primer plano es la única manera de capturar la luz en los ojos de un actor. Y en el teatro, no puedes ver eso, ¡ni siquiera estando en primera fila !
En El coronel Reidl (Oberst Redl, 1985), Brandauer y una actriz alemana se miraban. Hice una, dos, tres tomas, y fue mal. Fui a ver a Brandauer, amigo mío desde Mefisto (1981). Le pregunté cuál era el problema. Me respondió que me miraba, pero no a los ojos. Vi que te miraba a ti, el director. Fui a ver a la actriz, hablé con ella, y fue perfecto. Así es el cine : un cambio de perspectiva implica un cambio de significado. Desde que nací (1938), he presenciado seis cambios de régimen con cambios en los nombres de las calles, bajo el nazismo, el estalinismo, etc. Cada régimen tenía sus ídolos; lo vimos en los nombres de las calles y en la desaparición de los anteriores. Lo vimos con Isabel II.
Hice dos películas ambientadas en 1936. Era el mismo personaje; se trataba de estar en el centro y ser el centro de atención. Dos celebridades diferentes buscaban el protagonismo : para él era importante que Bálint fuera reconocido. Está Brandauer y el otro en Adorable Julia (Being Julia, 2004). Es posible arruinar a otros a través de tu entorno. Vivían en el mundo de Hitler. Cada acto tiene consecuencias. Una actriz histérica que destruye a las actrices rivales porque vivimos en una sociedad diferente. ¿Dónde está el personaje, ya que está situado en la historia? ¿Dónde está el talento?
El enfoque cinematográfico de Jouvet podría cambiar su juego. Su primera película se rodó en 1963. Capturó la sutil interpretación del amor. Rodó seis películas con Bálint y dos con Brandauer. Cuenta con un equipo fiel, especialmente con el director de fotografía, Koltai.
Soy fiel; me gusta forjar amistades. Se trata de compartir las mismas ideas sobre el trabajo; lo hace más interesante. Hice seis películas con él, cuatro papeles principales; su carácter y su físico representan algo para la clase social húngara. Brandauer encarna la ambivalencia de Europa Central. Nos hace amar y odiar a Mefisto, Redl : se nos parece. Eso es importante para mí. Es un placer trabajar con él. El informe final.
¿Diferentes desafíos? ¿Diferentes necesidades?
Trabajo en el idioma de cada actor en cada película; por lo tanto, mi forma de dirigir es diferente. Me comunico con ellos en su lengua materna. Cuando están en primeros planos, usan su lengua materna : es más sincero. El resto es arte.
¿Ha tenido problemas con la censura? ¿Ha hecho las películas que quería?
Desde que nací en 1938, ya ha habido seis cambios de régimen en Hungría. He vivido los periodos fascistas, el estalinismo… Sí, he podido hacer la película que quería, a mi manera… con mucha censura. Se trata de evitar enfrentamientos. A veces tuve problemas cuando menos los esperaba. Por ejemplo, El padre (Apa, 1966) fue prohibida tras un estreno nacional. Según la censura, las imágenes de Stalin molestarían a los rusos. Sin embargo, esto fue después de la desestalinización; se habló de que no se estrenaría en cines. Así que tuve una idea : presentarla a concurso en Moscú. Si lo aceptan, y lo hicieron, habré ganado el Gran Premio, lo cual viene bien para una salida (inter)nacional, sin cortes.
La primera pregunta que siempre me hacían era : ¿hay censura en Hungría? Respondía que solo tenía que ver el principio de la película; tendría un número de censura. ¿Cómo podía decirlo todo? ¿Sin censura? Bastaba con no decir cosas malas del proletariado, del régimen. ¿Tendría problemas con sus declaraciones? Dos semanas después, me citó el director de cine del Partido Comunista, un viejo comunista de antes de la guerra. Tenía una pila de periódicos franceses delante. Me dijo que había leído mis entrevistas en Cannes y que me encontraba valiente. Concluyó que, en el futuro, debía ser valiente, para que la gente viera que al otro lado del Telón de Acero hay artistas valientes. Me dije : ¿qué error cometí para recibir tantos halagos? En Hungría, nunca se sabe de antemano; es impredecible.
En los festivales, los artistas de las décadas de 1960 y 1970 fueron excluidos por la censura.
———————————————————————————–
Preguntas del público
¿Cómo evoca el cine la historia cuando se trata de Géza von Radványi (1907-1986)?
No sé si tengo mi propia perspectiva; decirlo en francés es un error. En Francia, nos gusta ser diferentes; es absolutamente necesario ser originales, al menos una vez. No me obsesiona la forma. Lo que importaba, lo que contaba, era la historia. Desde mis abuelos hasta mi padre, vengo de una larga familia de médico s: lo importante en mi familia es ayudar a los demás. Se trata de dar medicina al público y decirles : no están solos. Una película es una cura para sus problemas. Ese ha sido mi deber desde el principio; no hay nada artístico, no hay inspiración. El aspecto artístico del cine no me interesa. Se trata de transmitir un mensaje. Quizás debería dedicarme más a la forma. Aprendí más de directores que simplemente hablan de los problemas del mundo de todos : Wajda, Bergman, Kurosawa, Ozu, Clair. Conocí bien a Géza von Radványi; es un hombre mayor y amable. En La Confianza (Bizalom, 1980), le enseñé la foto de una actriz que interpretaba el papel principal [Ildikó Bánsági como Kata], y me preguntó : « ¿Amas a esta mujer?« . Le dije que era una gran actriz. Me volvió a preguntar lo mismo. Luego dijo : « ¡Cásate, pero sobre todo, no le des un papel!« .
J. Chaperon : ¿Es La edad de las ilusiones (Álmodozások kora, 1965) una referencia directa a Los 400 golpes (1959) de Truffaut?
Admiro a Truffaut. Nos conocimos en Cannes. Simplemente me preguntó adónde iba. Era adorable, amable, bajito y tenía un rostro atractivo. Me encantaban sus películas. Los400 golpes (1959) es una de las mejores películas de la historia del cine. Pero técnicamente, la que más me enseñó fue Jules y Jim (1962), sobre todo cuando Jeanne Moreau baja las escaleras; el diálogo. Mi primera película fue La edad de las ilusiones Álmodozások kora (1965), una mezcla de Los 400 golpes (1959) y Jules y Jim (1962).
La proyección terminó a las 12:31. Anota esto en Wikipedia : « Controversia sobre sus actividades como informante bajo el régimen comunista
El 26 de enero de 2006, estalló una polémica en el semanario húngaro Élet és Irodalom (Vida y Literatura). La revista afirmó que Szabó era un « agente » de la policía secreta de la República Popular Húngara, bajo el régimen de Kádár. Se le exigió que escribiera informes sobre sus antiguos compañeros de la Universidad de Arte Dramático y Cine (escribió 48). Incluido en la lista negra debido a las pruebas incriminatorias, Szabó fue obligado a trabajar como « agente » tan solo un año después del Levantamiento de Budapest de 1956. Szabó admitió los hechos, afirmando que incurrió en tales prácticas « para salvar a su camarada revolucionario Pál Gábor y a sí mismo de la horca« . En febrero de 2006, durante la presentación de su película Rokonok, Lajos Koltai y cuatro de los antiguos estudiantes denunciados ofrecieron una rueda de prensa para recordar la Hungría posrevolucionaria de la década de 1950 y declararon no tener ningún resentimiento contra Szabó. »
Annak ellenére, hogy az utolsó pillanatban ingyenjegyeket osztottak, a terem csak félig telt meg. Az emberek borjúként teltek meg : ahogy a metzi könyvvásáron senki sem volt Oostendéért, és mindenki Michel Druckerért és a Bogdanoff fivérekért, mindenki Natalie Portmanhez rohant – a jegyek percek alatt elfogytak, online, mert a Lumière Intézet jegypénztárában nem tartanak fenn egy bizonyos mennyiségű fizikai jegyet a jegyértékesítés megnyitásakor, vagy Sean Pennhez, akit nem igazán kedvelek, túl sok munka és nehéz színészi stúdiótechnika szaga van, ráadásul nagypofájú, bár osztom az elképzeléseit, és rosszfiú, anélkül, hogy megfeledkeznénk a filmjeiről, amelyek végül is tudományosak.
Irène Jacob, színésznő és a Lumière Intézet elnöke a közönség soraiban van, amire Frémaux rámutat – ettől jól néznek ki a lábaink. Egy idős hölgy zavar azzal, hogy sokat köhög, és szégyentelenül átadja nekem a bacilusait. Egy közgazdaságtan és menedzsment professzor hízeleg a kíséretének, és szelfit készít Szabóval. Majdnem autogramot kérek az Oscar-díjastól, de túl rossz egészségi állapotban volt. Megérkezik, segítik, egy bottal : 87 éves. Nagyon beszédes, sok szava van, hogy egyszerű dolgokat is elmondjon, amelyeket néhány szóval el lehetne mondani. A rendező franciául kezdi, majd pontosabban magyarul folytatja.
Az interjút készítő Joël Chapron felsorolja a díjakat és megszámolja a filmeket : Oscar-díj a legjobb idegen nyelvű filmnek a Mephisto (1981) című filmért, 37 film, köztük 16, 18 nagyjátékfilm. 12 a múltban játszódik, a 20. század elejéig, de nem azon túl. Miért ez a visszatérés a múltba ?
Amit filmeztem, azok a generációm problémái voltak – ami megfelelt egy olyan csoportnak, akik egyetemet végeztek, ahogy az Apa (1966) című filmben is látható –, a szüleim problémái; az ő problémáik nagyobbak voltak a vasfüggöny túloldalán. Filmeket készítettem a szüleim álmairól, mert nehezebb filmet készíteni a szüleikről mint olyanokról. Nehezebb a nagyszülőkről, az Osztrák–Magyar Monarchiáról, az első világháborúról is. Egyszerűnek és világosnak kell lennie : meg kell találnunk a saját múltunkat.
Ami számít, az az, hogy gondolkodásra késztessük az embereket ?
Nem vagyok óvónő. Egy történetet mesélek, nem vagyok egyedül a problémáimmal. Hasonló problémákat látni, megtapasztalni őket, elmondani nekik : ez a munkám! Ha a közönség talál benne valami meghatót, az tökéletes. A moziban az érzelmi oldal érvényesül.
Tanulni ?
Az érzelmi élmény minden, mert nem tudom, milyen művet akarsz eladni vagy megvenni.
Veszünk.
A szerelem és a barátság ugyanolyan fontos érzések, mint az ész. Felfedezünk dolgokat és magunkba szívjuk őket. A szerelem és a barátság lehetővé teszi számomra, hogy közvetítsem az üzeneteimet.
Magyar. Mi a film ? – ezt a kérdést tettem fel magamnak. Irodalom, festészet, színhá z : kifejezés, de miért ? A mozi sajátossága az ember arca, és mindenekelőtt az érzelem, amely belőle a színészeten keresztül fakad, annak átalakulásai. Az arckifejezés az érzelmekkel együtt fejlődik. Egy férfi tekintete egy nőre : egy férfi egy nőre néz; egy ajtó kinyílik, egy csinos nő belép, a férfi ránéz; a nő kezdetben a szerelemből a féltékenységbe csap át; aztán a férfi azt mondja : „Szeretlek”, és a nő megnyugodva a féltékenységből a szerelembe megy át, mert az visszatér az arcára. Látjuk az arc átalakulását az érzelemnek megfelelően. Csak a mozi, animált képeivel, képes megragadni ezt az átmenetet a szerelemből a féltékenységbe és fordítva; ez a mozi varázsa. Azért megyünk moziba, hogy lássuk a színészeket sírni és nevetni. Catherine Deneuve, Monica Vitti, Meryl Streep. A mozi története arcokból áll. A mozi minden időszakának (dicsőség, válság) megvannak a maga arcai. A néző bízik bennük, arcokban találja magát. Például mi történt az 1930-as években ? Greta Garbo. Miért ? Ott volt Hitler, Sztálin, Franco egyszerre. Az emberek egyenruha, Garbo arca mögé bújva próbálták megvédeni magukat. Mindig önmaga volt, méltóságot sugárzott. Mindig mellette maradtunk. Hitelesen önmaga volt. Soha nem kötött kompromisszumot, mindig egyenlő volt, mindig önmaga volt. Elérkezik a második világháború, táncolunk egy vulkánon. Aztán megjelenik Marlene Dietrich. A háború végével az emberek megértették, hogy egy golyó ölhet. Élni kell, szeretkezni, inni, enni. A testnek léteznie kell. Aztán megjelenik Marilyn Monroe. És aztán jönnek a koreai és vietnami gyarmati háborúk. A nők a jogaikért tüntetnek, a zászlót viselik, és szabadságot és békét akarnak. A frizurák rövidek. Aztán megjelenik Jane Fonda. A nők belépnek a politikába. Olyan ez, mint Renoir filmjének, a Vidéki bulinak (Une partie de campagne, 1946) a végső szerkezete. Újra kell néznünk a filmeket Meryl Streeppel, ő egy másik típusú nőt testesít meg. Ugyanez a helyzet a férfiakkal is. Robert Taylortól, aki a sziklákra mászott, James Deanig, aki soha nem nézett fel, a lázadást testesítette meg. Gyengéd, nőies arcod van a háború végén : ez Gérard Philipe. A férfi belemerül a politikába : és ott van Anthony Perkins. JFK-t és Martin Luther Kinget meggyilkolják. A matematikusok harcolni akarnak. Feltűnik Dustin Hoffman és Al Pacino. Gérard Philippe gyönyörű, gyengéd arcától egy bokszoló megtört arcáig jutunk; ez Belmondo, egy bokszoló arca, jószívű, gyengéd. Aztán ott van Alain Delon arca, egy jeges arc. Aztán jön egy hideg, összetett, cinikus arc : ez Piccoli. Arra akarok kilyukadni, hogy a történelem változásai megváltoztatják az arcokkal való azonosulás iránti igényünket és elvárásainkat. A közönség választja ki kedvenc színészeit, nem a rendezőket. A közönség mindent arcokkal akar látni, mert az arc a nézőt egy adott korban képviseli. Az intelligens rendező őt választja, a kicsit ostobább a barátnőit vagy a pasijait. [nevet] Ezt a logikát színészekkel dolgozva tanultam meg.
Otthon nyelveket tanultam; nem voltam jó tanuló. A rádióban klasszikus zene szólt. Az interjú után tíz perccel később felhívott anyám, és németül azt mondta : „Micsoda tiszteletlenség egy olyan nyelvet használni, amit nem ismersz; különösen a női és férfi nemet ebben a nyelvben.” [nevet] Szóval, amikor idegen nyelven beszélek, anyámra gondolok. A Glenn Close-nál volt egy tolmács a forgatáson. Öt percig tűrte a helyzetet, aztán azt mondta nekem : „Nézz rám, és beszélj lassan, meglátom, mit akarsz vagy mit nem akarsz.” Ez nyelvtan. Irons meglepődött, hogy megköszöntem neki. Aztán azt mondta nekem : „Még nem csináltál rólam közeli felvételt.” Nála nem gyakoroltunk. A színészek nagyon gyorsan megértik. A tekintet korában élünk. A színházban nem látunk; ez a mozi sajátossága. A szakmában ez a közeli felvétel kihívása. A közeli felvétel az egyetlen módja annak, hogy megragadjuk a színész szemében rejlő fényt. És a színházban ezt nem láthatod, még akkor sem, ha az első sorban ülsz !
A Reidl ezredesben (Oberst Redl, 1985) Brandauer és egy német színésznő néztek egymásra. Felvettem egyet, kettőt, hármat is, borzalmas volt. Elmentem Brandauerhez, aki a Mephisto (1981) óta a barátom. Megkérdeztem tőle, mi a probléma. Azt válaszolta, hogy felnézett rám, lenézett rám, de nem a szemembe. Láttam, hogy rád, a rendezőre néz. Elmentem a színésznőhöz, beszéltem vele, tökéletes volt. Ez a mozi : a perspektívaváltás jelentésváltozást is jelent. Amióta megszülettem (1938), hat rendszerváltásnak voltam tanúja, utcanevek változásával, a nácizmus, a sztálinizmus stb. alatt. Minden rendszernek megvoltak a maga bálványai, ezt láttuk az utcanevekben, és abban, hogy az előzőeket eltüntették. Láttuk ezt II. Erzsébettel is.
Két filmet készítettem 1936-ban. Ugyanaz a karakter volt, arról szólt, hogy középen legyél, és rád irányítsd a figyelmet. Két különböző híresség vágyott a reflektorfényre : fontos volt számára, hogy Bálintot felismerjék. Ott van Brandauer, a másik pedig az Imádnivaló Júliában (Being Julia, 2004). Lehetséges másokat tönkretenni a kíséreteden keresztül. Hitler világában éltek. Minden tettnek következményei vannak. Egy hisztérikus színésznő, aki tönkreteszi a versengő színésznőket, mert egy más társadalomban vagyunk. Hol van a karakter, mert a történetben helyezkedik el ? Hol van a tehetség ?
Jouvet filmes megközelítése megváltoztathatja a játékát. Az első filmjét 1963-ban forgatták. Megragadta a szerelem finom értelmezését. Hat filmet forgattak Bálinttal, kettőt Brandauerrel. Hűséges stábjuk van, különösen az operatőr, Koltai.
Hűséges vagyok; szeretek barátságokat építeni. Arról van szó, hogy ugyanazokat az elképzeléseket osztjuk meg a munkáról; ettől érdekesebb. Hat filmet készítettem vele, négy főszerepet; a karaktere és a testalkata képvisel valamit a magyar társadalmi osztály számára. Brandauer megtestesíti Közép-Európa ambivalenciáját. Szerettetni és gyűlöltetni velünk Mephistót, Redl t: hasonlít ránk. Ez fontos számomra. Öröm vele dolgozni. A zárójelentés.
Különböző kihívások ? Más igények ?
Minden filmben a színészek nyelvén dolgozom; ezért más a rendezési módom is. Az anyanyelvükön kommunikálok velük. Amikor közeli felvételeken szerepelnek, az anyanyelvüket használják : ez őszintébb. A többi művészet.
Volt-e problémája a cenzúrával ? Elkészítette azokat a filmeket, amiket szeretett volna ?
Amióta 1938-ban megszülettem, már hat rendszerváltás volt Magyarországon. Megtapasztaltam a fasiszta időszakokat, a sztálinizmust… Igen, meg tudtam csinálni azt a filmet, amit szerettem volna, a magam módján… sok cenzúra mellett. Arról van szó, hogy elkerüljük az összecsapásokat. Néha akkor is voltak problémáim, amikor a legkevésbé számítottam rájuk. Például Az Apa (1966) című filmet betiltották egy országos premier után. A cenzorok szerint Sztálin képei zavarnák az oroszokat. Ez azonban a desztálinizáció után történt; szóba került, hogy nem kerül a mozikba. Így támadt egy ötletem : elküldeni a moszkvai versenyre. Ha elfogadják, és elfogadták, akkor megnyertem a Nagydíjat, ami egy (nemzetközi) versenyre jogosít, mindenféle megszorítás nélkül.
Az első kérdés, amit mindig feltettek nekem, az volt, hogy van-e cenzúra Magyarországon ? Azt válaszoltam, hogy csak a film elejét kell megnéznem; lesz rajta egy cenzúraszám. Hogyan mondhatnék el mindent ? Hogy ne legyek cenzúrázva ? Elég, ha nem mondok rosszat a proletariátusról, a rezsimről. Problémái lennének a kijelentéseivel ? Két héttel később behívatott a Kommunista Párt filmrészlegének vezetője, egy idős, háború előtti kommunista úriember. Egy halom francia újság volt előtte. Azt mondta, hogy olvasta a cannes-i interjúimat, és bátornak talál. Arra a következtetésre jutott, hogy a jövőben bátornak kell lennem, hogy az emberek lássák, hogy a vasfüggöny túloldalán is vannak bátor művészek. Azt mondtam magamnak : milyen hibát követtem el, hogy ennyi hízelgést kaptam ? Magyarországon soha nem lehet előre tudni; kiszámíthatatlan.
A fesztiválokról az 1960-as és 1970-es évek művészeit cenzúra zárta ki.
————————————————————————————————————
Kérdések a közönségtől
Hogyan idézi fel a mozi a történelmet Radványi Géza (1907-1986) kapcsán ?
Nem tudom, hogy van-e saját nézőpontom; franciául hiba ezt mondani. Franciaországban szeretjük, ha mások vagyunk; feltétlenül eredetinek kell lennünk, legalább egyszer. Nem vagyok a forma megszállottja. Ami számított, ami számít, az a történet volt. A nagyszüleimtől az apámig hosszú sorból származom : a családomban az a fontos, hogy segítsek valaki máson. Arról van szó, hogy gyógyszert adjak a közönségnek, és elmondjam nekik : nem vagy egyedül. A film gyógyír a problémáikra. Ez volt a kötelességem a kezdetektől fogva; Nincs benne semmi művészi, nincs benne inspiráció. A mozi művészi aspektusa nem érdekel. Arról szól, hogy üzenetet közvetítsek. Talán jobban kellene a formának szentelnem magam. A legtöbbet azoktól a rendezőktől tanultam, akik egyszerűen csak beszélnek mindenki világában jelenlévő problémákról : Wajdától, Bergmantól, Kurosawától, Ozutól, Clairtől. Jól ismertem Radványi Gézát; kedves öregúr volt. A Bizalom (1980) megmutattam neki egy fotót egy színésznőről, aki a főszerepet játszotta [Bánsági Ildikó Kata szerepében], és megkérdezte tőlem : „Szereted ezt a nőt ?” Mondtam neki, hogy nagyszerű színésznő. Újra feltette ugyanezt a kérdést. Aztán azt mondta : „Nősülj meg, de mindenekelőtt ne adj neki szerepet !”
J. Chaperon : Az Álmodozások kora (1965) közvetlen utalás Truffaut Négyszáz ütés (1959) című művére ?
Csodálom Truffaut-t. Cannes-ban találkoztunk. Egyszerűen csak megkérdezte, hová megy. Imádnivaló, kedves, alacsony és jóképű arcú volt. Imádtam a filmjeit. A 400 ütés (1959) a filmtörténet egyik legnagyobb filmje. De technikailag a legtöbbet a Jules és Jim (1962) tanított meg nekem, különösen amikor Jeanne Moreau lejön a lépcsőn; a párbeszédek. Az első filmem az Álmodozások kora (1965) volt, A 400 ütés (1959) és a Jules és Jim (1962) keveréke.
A vetítés 12:31-kor ért véget. Jegyezd meg ezt a Wikipédián : « Vita a kommunista rezsim alatti informátori tevékenységéről
2006. január 26-án vita robbant ki az Élet és Irodalom című hetilapban. A magazin azt állította, hogy Szabó a Kádár-rezsim alatt a Magyar Népköztársaság titkosrendőrségének „ügynöke” volt. Jelentéseket kellett írnia volt évfolyamtársairól a Színház- és Filmművészeti Egyetemen (végül 48-at írt). Terhelő bizonyítékok miatt feketelistára került Szabó mindössze egy évvel az 1956-os budapesti felkelés után kényszerült „ügynökként” dolgozni. Szabó elismerte a tényeket, mondván, hogy azért folytatta ezeket a gyakorlatokat, „hogy megmentse forradalmi elvtársát, Pált Gábort és önmagát az akasztófától”. 2006 februárjában, a Rokonok című filmjének bemutatóján Koltai Lajos és négy feljelentett volt diák sajtótájékoztatót tartott, hogy felidézzék az 1950-es évek forradalom utáni Magyarországáról alkotott emlékeiket, és kijelentették, hogy nincs haragjuk Szabó ellen. »
[In English in 2nd part, en Espagnol en la parte 3] Michael Mann, cheveux d’argent, pantalon et veste noirs sur baskets noires et blanches en déséquilibre sur la pente de la scène, vient présenter Révélations (The Insider, 1999) au Pathé Bellecour. Beaucoup de monde. Au deuxième rang pour un format 2:39. Mann est tellement perfectionniste qu’il lit un texte qu’il a rédigé pour l’occasion. Allouch traduit.
L’idée était très simple, l’idée était d’humaniser l’histoire vraie. Tout ce que vous allez voir est vrai, il s’agit de raconter les évènements comme ils se sont déroulés mais moi, ce que je voulais, c’est en avoir une version totalement subjective à travers le regard de ses deux hommes. Deux, trois chose sur ce qu’il s’est passé pour que vous ne soyez pas perdus, les choses sont très très différentes aux Etats-unis. Les compagnies de tabac ont prévu de rendre avec la cigarette les gens accrocs à la nicotine. Parce que plus ils sont addicts, plus ils achètent de cigarettes. Le docteur Jeffrey Wigand (Russell Crowe) était un des employés d’une société de tabac. C’était un chercheur, un scientifique, son travail était de rendre la nicotine, en la transformant, pour qu’elle soit plus addictive. Le film ne dit pas que fumer, c’est mauvais pour vous ; ça, vous le savez tous. Avec mon co-scénariste, on fumait tout le temps. Ça parle d’autre chose, je vais vous dire quoi. La menace qui a pesé sur les sociétés et les grands cigarettiers quand Jeffrey Wigand a été voir les gens de 60 minutes et de leur révéler ce que les sociétés faisaient, est financière car toutes ces sociétés étaient responsables de tout l’argent qui a été dépensé par les assurances pour indemniser les clients addicts à la nicotine. Et on ne parle pas d’une petite somme car on parlait d’une centaine de milliards de dollars. Ils se sont battus en se défendant mais en écrasant totalement Jeffrey Wigand. Et à l’époque, 60 minutes, c’était le maître-étalon en matière de journalisme, c’était le magazine le plus regardé et le plus cru aux USA. A l’époque de cette affaire, CBS était en pleines négociations pour être vendues à General electric. Et s’il y avait un procès avec les entreprises de cigarettes, cela pouvait faire écrouler ces négociations. CBS appartenait à l’époque à la famille Tisch. A qui appartient l’une des sept entreprises les plus importantes de cigarettes. Donc on peut comprendre que personne n’était content du travail de Bergman et Wigand dans cette émission. C’était le background. Voici un point technique concernant la loi : si jamais une affaire rentre dans le domaine public, n’importe quelle victime de cette affaire-là peut porter plainte et attaquer les sociétés en justice. J’étais ami avec Bergman 20 ans avant de faire le film. On travaillait sur un autre projet qui n’a rien à voir, sur un marchand d’armes. Quand Bergman m’a raconté toute cette histoire sur les cigarettes, je lui ai dit au téléphone, « on oublie complètement cette histoire de marchand d’armes. C’est passionnant, extraordinanaire ». Avec mon co-scénariste Eric Roth [d’après l’article de Marie Brenner The Man Who Knew Too Much paru dans Vanity Fair en mai 1996], on a écrit Insiders [Révélations]. On a utilisé les endroits du décor qui sont les vrais endroits du décor (la cour dans le Mississipi, la maison de l’avocat). On a tenu à ça, pas parce que c’était pratique mais juste que ce sont des endroits uniques. Jamais on n’aurait pu tourner ailleurs dans ce qui existe dans la réalité. C’est un drame, un thriller, un suspense mais de ce que voyez n’a été inventé. Merci, prenez du plaisir avec le film.
Le micro de la cabine, la seule au Pathé Bellecour encore outillée en projecteur 35mm, est branché, nous entendons tout dans un haut-parleur. Des petites vieilles, style Les Vamps, parlent. C’est un ballet de photographes. Un employé éteint le haut-parleur. Une jeune fille derrière n’arrêtera pas de parler en me donnant des coups dans le dos en (dé)croisant ses jambes. Le jeune d’à côté n’arrêtera pas, lui aussi, de bouger des doigts, symptôme de malaise d’état mental généralisé.
Michael Mann, silver hair, black pants and jacket over black and white sneakers, unbalanced on the slope of the stage, comes to present The Insider (1999) at the Pathé Bellecour. Lots of people. In the second row for a 2:39 format. Mann is such a perfectionist that he reads a text he wrote especially for the occasion. Allouch translates.
The idea was very simple, the idea was to humanize the true story. Everything you’re going to see is true, it’s about telling the events as they happened, but what I wanted was to have a completely subjective version through the eyes of these two men. Two or three things about what happened so that you don’t get lost, things are very, very different in the United States. Tobacco companies planned to make people addicted to nicotine with cigarettes. Because the more addicted they are, the more cigarettes they buy. Doctor Jeffrey Wigand (Russell Crowe) was one of the employees of a tobacco company. He was a researcher, a scientist, his job was to make nicotine, by transforming it, so that it would be more addictive. The film doesn’t say that smoking is bad for you; you all know that. With my co-writer, We smoked all the time. It’s about something else, I’ll tell you what. The threat that weighed on the companies and the big tobacco companies when Jeffrey Wigand went to see the people at 60 Minutes and revealed to them what the companies were doing, was financial because all these companies were responsible for all the money that was spent by insurance companies to compensate customers addicted to nicotine. And we’re not talking about a small amount because we were talking about a hundred billion dollars. They fought by defending themselves but by completely crushing Jeffrey Wigand. And at the time, 60 Minutes was the gold standard in journalism, it was the most watched and most believed magazine in the United States. At the time of this affair, CBS was in the middle of negotiations to be sold to General Electric. And if there was a lawsuit with the cigarette companies, it could collapse these negotiations. CBS belonged at the time to the Tisch family. Who owns one of the seven largest cigarette companies ? So you can understand why no one was happy with Bergman and Wigand’s work on that show. That was the background. Here’s a technical point about the law : if a case ever becomes public knowledge, any victim of that case can file a complaint and sue the companies. I was friends with Bergman for 20 years before we made the film. We were working on another, unrelated project about an arms dealer. When Bergman told me this whole story about the cigarettes, I told him on the phone, « Let’s completely forget this arms dealer story. It’s fascinating, extraordinary. » With my co-writer Eric Roth [based on Marie Brenner’s article « The Man Who Knew Too Much », published in Vanity Fair in May 1996], we wrote Insiders. We used locations from the set that are the real locations (the courtyard in Mississippi, the lawyer’s house). We insisted on this, not because it was practical, but simply because these are unique locations. We could never have filmed anywhere else in what exists in reality. It’s a drama, a thriller, a suspense, but nothing you see has been invented. Thank you, enjoy the film.
The microphone in the booth, the only one at Pathé Bellecour still equipped with a 35mm projector, is switched on, and we hear everything through a loudspeaker. Little old ladies, like those in Les Vamps, are talking. It’s a ballet of photographers. An employee turns off the loudspeaker. A young girl behind me won’t stop talking, poking me in the back and (un)crossing her legs. The young man next door won’t stop moving his fingers either, a symptom of generalized mental illness.
Michael Mann, con cabello canoso, pantalones y chaqueta negros sobre zapatillas blancas y negras, desequilibrado en la pendiente del escenario, llega a presentar The Insider (1999) en el Pathé Bellecour. Mucha gente. En la segunda fila, en un formato de 2:39. Mann es tan perfeccionista que lee un texto que escribió especialmente para la ocasión. Allouch traduce.
La idea era muy simple : humanizar la historia real. Todo lo que verán es real; se trata de contar los hechos tal como sucedieron, pero lo que quería era una versión completamente subjetiva desde la perspectiva de estos dos hombres. Dos o tres cosas sobre lo sucedido, para que no se pierdan: las cosas son muy diferentes en Estados Unidos. Las compañías tabacaleras planeaban hacer que la gente fuera adicta a la nicotina con cigarrillos. Porque cuanto más adictas son, más cigarrillos compran. El doctor Jeffrey Wigand (Russell Crowe) era uno de los empleados de una compañía tabacalera. Era investigador, científico, y su trabajo consistía en producir nicotina, transformándola, para que fuera más adictiva. La película no dice que fumar sea malo; todos lo saben. Con mi coguionista, fumábamos todo el tiempo. Se trata de otra cosa, te diré una cosa. La amenaza que pesaba sobre las empresas y las grandes tabacaleras cuando Jeffrey Wigand fue a ver a la gente de 60 Minutes y les reveló lo que hacían las empresas era financiera, porque todas estas empresas eran responsables de todo el dinero que las aseguradoras gastaban para compensar a los clientes adictos a la nicotina. Y no hablamos de una cantidad pequeña, sino de cien mil millones de dólares. Lucharon defendiéndose, pero aplastando por completo a Jeffrey Wigand. Y en ese momento, 60 Minutes era el referente del periodismo, la revista más vista y la más creída de Estados Unidos. En el momento de este asunto, CBS estaba en medio de negociaciones para su venta a General Electric. Y si hubiera una demanda con las tabacaleras, estas negociaciones podrían hundirse. CBS pertenecía en ese momento a la familia Tisch. ¿Quién es el dueño de una de las siete tabacaleras más grandes? Así que pueden entender por qué nadie estaba contento con el trabajo de Bergman y Wigand en esa serie. Ese era el contexto. Un punto técnico sobre la ley: si un caso se hace público, cualquier víctima puede presentar una denuncia y demandar a las empresas. Fui amigo de Bergman durante 20 años antes de hacer la película. Estábamos trabajando en otro proyecto, no relacionado, sobre un traficante de armas. Cuando Bergman me contó toda la historia de los cigarrillos, le dije por teléfono : « Olvidemos por completo esta historia del traficante de armas. Es fascinante, extraordinaria« . Con mi coguionista Eric Roth [basado en el artículo de Marie Brenner « El hombre que sabía demasiado », publicado en Vanity Fair en mayo de 1996], escribimos Insiders. Usamos localizaciones del set que son las reales (el patio en Mississippi, la casa del abogado). Insistimos en esto, no por practicidad, sino simplemente porque son localizaciones únicas. Nunca podríamos haber filmado en otro lugar con la realidad. Es un drama, un thriller, un thriller de suspenso, pero nada de lo que ven es inventado. Gracias, disfruten la película.
El micrófono de la cabina, el único en Pathé Bellecour que aún cuenta con un proyector de 35 mm, está encendido, y lo oímos todo por un altavoz. Unas viejecitas, como las de Les Vamps, hablan. Es un ballet de fotógrafos. Un empleado apaga el altavoz. Una joven detrás de mí no para de hablar, dándome empujoncitos en la espalda y descruzando las piernas. El joven de al lado tampoco para de mover los dedos, síntoma de una enfermedad mental generalizada.
[English in 2nd part; Espagnol en la parte 3; 第四部分(中文版] Je suis très excité, très heureux d’être ici, je vois d’anciens et de nouveaux amis. Beaucoup d’émotions.
Frémaux : Les souvenirs du tournage d’A toute épreuve (Hard Boiled, Lat sau san taam, 1992).
Au départ, ce que vous avez vu là, ce n’est pas la fin originale. En fait, au début Alan (Tony Leung Chiu-wai) mourait, la caméra s’envolait s’envolait, on comprenait qu’il était mort. Mais Tony Leung est tellement sympathique qu’on voyait les gens dans l’équipe qui pleuraient. Et du coup, je me suis dit, je ne vais pas faire cette fin-là, je vais aller vers autre chose. Et je vais le laisser vivre, ne pas le tuer. On travaille tous comme une famille. Les membres de cette famille sont passionnés par les films. Le film a été tourné en 1991, c’est une époque où la mafia régnait partout. Elle était bien plus puissante que la police. Ils faisaient venir des tueurs de l’étranger, ils tuaient des gens dans la rue, ils cambriolaient des banques, il y avait des affaires de contrebande, c’était quelque chose d’énormissime à l’époque. On était très en colère de voir à quel point la police de Hong Kong était si faible. J’ai donc essayé de les représenter autrement. Il aurait fallu, comme dans mon film, des policiers comme Clint Eastwood, des combattants, des justiciers. La première raison est de montrer des policiers en tant que héros. La deuxième raison, c’est qu’il y a eu un fait divers qui m’a complètement bouleversé, un bébé a été tué dans une attaque de supermarché. Du coup, c’est pour cela que vous voyez le bébé qui s’en sort à la fin du film. Et quand j’ai fait le film, j’étais plein de colère, j’effaçais cette dépendance envers la mafia, je voulais que ça s’arrête. C’est pour cela que l’on voit les policiers être très très durs avec les méchants, ils y vont à fond, je voulais montrer qu’il était possible que cela s’arrête pour la mafia. C’est pour cela que je tourne des séquences d’action, c’est pour me débarrasser de ma colère. Ces séquences d’action, c’était le moyen de leur rendre leur monnaie de leur pièce. C’est une façon de leur casser la gueule à ces méchants-là. C’est pour cela que les scènes sont si puissantes, j’y allais à fond.
F. : Est-ce que vous avez un film préféré dans cette période-là ?
C’est The Killer (Dip huet seung hung, 1989) qui est un de mes films qui me rend le plus heureux. Mais Hard boiled aussi, je ne savais pas qu’il aurait du succès à travers le monde entier. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que nous n’avions pas un script complet. Il y a eu un problème avec les scénaristes. Du coup, la deuxième partie de film, il n’y avait pas de scénario. Et bien sûr, je voulais trouver une façon de dédier le film à Jean-Pierre Melville. Vous vous souvenez quand dans le Melville[Le cercle rouge, 1970], Montand vise dans la serrure et tire dedans, il y a une scène dans Hard boiled qui y fait nettement référence : quand Chow Yun-Fat tire sur le tuyau mais aussi quand il tire vers la fin dans l’œil du méchant. Je l’ai piqué à Melville.
L’équipe a été à 120 %, ils m’ont dit, vous êtes un maître, on va vous aider; on tournait parfois 31 heures d’affilée. Ils ont réussi l’impossible, ils se sont sacrifiés. Ils ont même accepté de ne pas être payés car on avait dépassé le temps et le budget, notamment pour la deuxième partie, improvisée. C’est un tour de force, ils se sont mis en 4, je les remercie encore.Des risques ont été pris par les acteurs et les cascadeurs.
Vous savez, je suis très fier de mes films. Je suis très influencé par le cinéma français, notamment la Nouvelle vague. Je suis un très grand fan de François Truffaut, Jacques Demy, c’est grâce à eux que je tourne. Je partage une esthétique de l’image, il n’y a qu’un seul français qui compte : Truffaut. C’est une question de rythme, je ne sais pas d’où ça va partir mais c’est une expérience totalement inouïe.
F. : Avec Melville et Leone, Woo est le cinéaste est le plus influent, Tarantino l’a dit.
[Cinema, Lumière Festival 2025, meeting, Hard boiled ***] John Woo hard boiled
I’m very excited, very happy to be here. I’m seeing old and new friends. It’s very emotional.
Frémaux : memories of filming Hard Boiled (Lat sau san taam, 1992).
At first, what you saw there wasn’t the original ending. In fact, at the beginning Alan (Tony Leung Chiu-wai) was dying, the camera flew away, and we understood that he was dead. But Tony Leung is so sympathetic that we saw the people in the team crying. And so, I said to myself, I’m not going to do that ending, I’m going to go for something else. And I’m going to let him live, not kill him. We all work like a family. The members of this family are passionate about films. The film was shot in 1991, it was a time when the mafia ruled everywhere. It was much more powerful than the police. They brought in killers from abroad, they killed people in the street, they robbed banks, there was smuggling, it was something enormous at the time. We were very angry to see how weak the Hong Kong police were. So I tried to represent them differently. It would have been necessary, as in my film, to have police officers like Clint Eastwood, fighters, vigilantes. The first reason is to show police officers as heroes. The second reason is that there was a news story that completely shocked me: a baby was killed in a supermarket attack. So, that’s why you see the baby who survives at the end of the film. And when I made the film, I was full of anger, I was erasing this dependence on the mafia, I wanted it to stop. That’s why we see the police being very, very tough on the bad guys, they go all out, I wanted to show that it was possible for this to stop for the mafia. That’s why I shoot action sequences, it’s to get rid of my anger. These action sequences were a way to get back at them. It’s a way to beat the crap out of these bad guys. That’s why the scenes are so powerful; I went all out.
F. : Do you have a favorite film from that period ?
It’s The Killer (Dip huet seung hung, 1989), which is one of the films that makes me happiest. But Hard Boiled too; I didn’t know it would be such a success worldwide. What you also need to know is that we didn’t have a complete script. There was a problem with the screenwriters. As a result, for the second part of the film, there was no script. And of course, I wanted to find a way to dedicate the film to Jean-Pierre Melville. Do you remember when in Melville’s [The Red Circle (1970)], Montand aims at the keyhole and shoots it ? There’s a scene in Hard Boiled that clearly refers to him : when Chow Yun-Fat shoots the pipe, but also when he shoots the villain in the eye toward the end. I stole it from Melville.
You know, I’m very proud of my films. I’m very influenced by French cinema, especially the New Wave. I’m a huge fan of François Truffaut and Jacques Demy; it’s thanks to them that I make films. I share an aesthetic of the image; there’s only one Frenchman who matters : Truffaut. It’s a question of rhythm; I don’t know where it’s going to come from, but it’s a completely incredible experience.
F. : Along with Melville and Leone, Woo is the most influential filmmaker; Tarantino said so.
Hard Boiled (Lat sau san taam, 1992), finally released, like 126 Hong Kong films, for copyright reasons, will be the filmmaker’s last production in Hong Kong before his departure to Hollywood. John Woo belongs to the school of martial arts cinema. He was the assistant of Chang Cheh (1923-2002), one of the big names at Shaw Brothers. He joined director and producer Tsui Hark, and The Crime Syndicate (a group of comic book superheroes), in 1986, only to break away from them, Tsui Hark’s influence becoming increasingly important and therefore unbearable. It is clear that Infernal Affairs (Mou gaan dou, 2002; II, 2003, III, Jung gik mou gaan, 2003, Lau, Mak), among others, is clearly inspired by it, especially since Tony Leung Chiu-wai and Anthony Chau-Sang Wong have a common point.
A young bitch in front of me blocks my view, leaning over, despite my thoughtfulness, her thirty-something friends try to come to the rescue of the uncivil man who is bothering everyone by talking too loudly – a real disaster. A young man, who arrived late after the screening had started, would move his fingers wildly while saying a Namaste to his friend and talking while Woo was being interviewed, it seemed as if the young people would have had more important things to say.
[Cine, Festival Lumière 2025, encuentro, Infalible, Hard boiled ***] John Woo duro
Tras la asombrosa Infalible, Hard Boiled (Lat sau san taam, 1992), que no ha envejecido mucho salvo por la música, Frémaux llega con John Woo, quien tiene problemas para caminar debido a un dolor de rodilla, y el traductor Didier Allouch, quien no traduce todo, ni mucho menos. Pocos en el público conocen o han visto Infalible, Hard Boiled (Lat sau san taam, 1992); hay muchos jóvenes.
Frémaux : Recuerdos del rodaje de Hard Boiled (Lat sau san taam, 1992).
Al principio, lo que se veía no era el final original. De hecho, al principio, Alan (Tony Leung Chiu-wai) se estaba muriendo, la cámara voló y nos dimos cuenta de que estaba muerto. Pero Tony Leung es tan simpático que pudimos ver al equipo llorando. Así que me dije : « No voy a hacer ese final, voy a seguir adelante. Y voy a dejarlo vivir, no a matarlo. ». Todos trabajamos como una familia. Los miembros de esta familia son apasionados del cine. La película se rodó en 1991, una época en la que la mafia reinaba en todas partes. Era mucho más poderosa que la policía. Traían asesinos del extranjero, mataban gente en la calle, robaban bancos, había contrabando; era algo muy importante en aquella época. Nos enfureció mucho ver la debilidad de la policía de Hong Kong. Así que intenté retratarla de otra manera. Habría sido necesario, como en mi película, tener policías como Clint Eastwood, combatientes, justicieros. La primera razón es mostrar a los policías como héroes. La segunda es que hubo una noticia que me impactó por completo: un bebé murió en un ataque a un supermercado. Por eso se ve al bebé que sobrevive al final de la película. Y cuando hice la película, estaba lleno de ira; quería eliminar esta dependencia de la mafia; quería que terminara. Por eso vemos a la policía siendo tan dura con los malos, se entregan por completo. Quería demostrar que era posible detener a la mafia. Por eso grabo secuencias de acción: para desahogar mi ira. Estas secuencias de acción eran una forma de vengarme. Una forma de darles una paliza a estos malos. Por eso las escenas son tan impactantes, me entregué por completo.
F. : ¿Tienes alguna película favorita de esa época?
Es The Killer (Dip huet seung hung, 1989), una de las que más me alegran. Pero también Hard Boiled; no sabía que sería un éxito mundial. Lo que también debes saber es que no teníamos un guion completo. Hubo un problema con los guionistas. Como resultado, para la segunda parte de la película, no había guion. Y, por supuesto, quería encontrar la manera de dedicar la película a Jean-Pierre Melville. ¿Recuerdas cuando en El círculo rojo (1970) de Melville, Montand apunta a la cerradura y dispara? Hay una escena en Hard Boiled que claramente se refiere a él: cuando Chow Yun-Fat dispara a la tubería, pero también cuando le dispara al villano en el ojo hacia el final. Se la robé a Melville.
El equipo estuvo al 120%, me dijeron : «Eres un maestro, te ayudaremos». Rodamos 31 horas seguidas. Lograron lo imposible, se sacrificaron. Incluso aceptaron no cobrar porque nos habíamos excedido en tiempo y presupuesto, sobre todo para la segunda parte, que fue improvisada. Fue una proeza, se desvivieron, les agradezco de nuevo. Los actores y los especialistas corrieron riesgos.
Sabes, estoy muy orgulloso de mis películas. Estoy muy influenciado por el cine francés, especialmente por la Nouvelle Vague. Soy un gran admirador de François Truffaut y Jacques Demy; gracias a ellos hago películas. Comparto una estética de la imagen; solo hay un francés que importa : Truffaut. Es una cuestión de ritmo; no sé de dónde saldrá, pero es una experiencia absolutamente increíble.
F.: Junto con Melville y Leone, Woo es el cineasta más influyente; Tarantino lo dijo.
Hard Boiled (Lat sau san taam, 1992), finalmente estrenada, al igual que 126 películas de Hong Kong, por razones de derechos de autor, será la última producción del cineasta en Hong Kong antes de su partida a Hollywood. John Woo pertenece a la escuela del cine de artes marciales. Fue asistente de Chang Cheh (1923-2002), uno de los grandes nombres de Shaw Brothers. Se unió al director y productor Tsui Hark y a The Crime Syndicate (un grupo de superhéroes de cómics) en 1986, solo para separarse de ellos, ya que la influencia de Tsui Hark se volvió cada vez más importante y, por lo tanto, insoportable. Está claro que Infernal Affairs (Mou gaan dou, 2002; II, 2003, III, Jung gik mou gaan, 2003, Lau, Mak), entre otros, está claramente inspirada en ella, sobre todo porque Tony Leung Chiu-wai y Anthony Chau-Sang Wong tienen un punto en común.
Una jovencita frente a mí me bloquea la vista, inclinándose sobre ella, a pesar de mi consideración, mientras sus treintañeros amigos intentan acudir al rescate del hombre descortés que molesta a todos hablando demasiado alto: un verdadero desastre. Un joven, que llegó tarde después de que comenzara la proyección, movía los dedos frenéticamente mientras decía Namaste a su amigo y hablaba mientras Woo estaba siendo entrevistado, parecía como si los jóvenes tuvieran cosas más importantes que decir.
[English in 2nd part; Espagnol en la parte 3] Un ami, Valentin Debatisse, philosophe du cinéma, attend, arrivé 2e, depuis 6h30 pour obtenir un billet ; le fils d’une mère malade lui échange un billet contre monnaie. Le premier, restera penaud avec son bouquet pour Nath’, à parlementer en vain avec Allouche. Le patron du Pathé Bellecour a été sympa avec Matthieu, PMR, qui a réussi à avoir un billet au dernier moment ; une autre jeune fille en fauteuil sera présente.
Allouche pose les questions et traduit. Natalie Portman utilise un anglais simple. La rencontre ne durera qu’une heure quinze, pas de questions du publics, elle sera exfiltrée rapidement.
Je n’ai pas grandi avec le cinéma d’auteur mais avec du cinéma populaire comme Le Roi Lion (The Lion King, 1994, Roger Allers et Rob Minkoff), Mme Doubtfire (Mrs. Doubtfire, 1993, Chris Colombus), Dirty Dancing (Emile Ardolino, 1987), Pretty Woman (Garry Marshall, 1990), etc. Quand j’ai fait des films, les réalisateurs m’ont pas passé des films, c’est comme cela que j’ai découvert Cassavetes, etc. J’ai développé une diversité de goût, entre artistique et commercial.
La Diversité, c’est ça une actrice.
J’ai beaucoup de référence mais je songe d’emblée à Gena Rowlands, Une femme sous influence (A Woman Under the Influence, 1974, Cassavetes), Isabelle Hupper dans La pianiste (Michael Haneke, 2001), Julianne Moore dans Safe (1995) de Todd Haynes, Nicole Kidman dans Prête à tout (To Die For, 1995, Gus Van Sant), Reese Witherspoon dans L’Arriviste (Election, 1999, Alexander Payne). Je les étudie régulièrement.
Meryl Streep, Julianne Moore, Diane Keaton … Vous pouvez nous parler de cette dernière qui vient de mourir ?
Elle a défini à l’écran des rôles de femmes complexes, bizarres, drôles dans Le Parrain (Coppola, 1972, 74, 90), elle avait une étrangeté merveilleuse.
Léon (Besson, 1994) a fait un carton en France ; comment cela a formé le reste ?
J’étais bien considérée. A la cour de récréation, ça se passait bien. C’était un jeu, c’était ludique, le mot jouer est le même et double en français. Cela a mis en place ma carrière. Et puis, j’ai été dans des films plus sérieux, pour adultes. J’ai été gâtée. J’observais Reno, Oldman, je leur piquais des trucs, leur placement par rapport à la caméra, celle de la caméra elle-même.
C’était comme d’être child actor dans Mars attacks! (T. Burton, 1996), Heat (M. Mann, 1995) ? Je me suis toujours demandé, puisque je vous tiens. Est-ce que vous vous rendiez compte que vous jouiiez (acting) comme enfant ?
Le plus enfantin possible. Tous les enfants jouent.
Naturellement ?
Naturellement, oui, les enfants jouent, ils passent leur enfance à jouer, je le vois avec mes deux fils ; et puis, ils grandissent.
Le stress, la compétition, comment un enfant les vit ?
C’est gravé : il y a deux approches : avoir la peau dure dans la vie et être vulnérable sur commande devant la caméra par rapport à ses émotions, il faut être les deux, c’est le conseil d’une actrice.
Alors, Heat (Mann, 1995), être devant Al Pacino et Bob de Niro ?
J’avais 14 ans, j’étais trop jeune pour être intimidée. Ils étaient très inclusifs. C’était comme de faire partie d’une famille.
Ailleurs aussi ?
Ça dépend : avec Pacino, j’avais une relation proche. Jean Reno est gentil mais plus distancié, c’est son caractère. Il faut trouver la relation, s’adapter. Sean Penn le disait hier, ce qui compte, c’est l’adaptabilité. J’ai étudié la psychologie, les enfants qui ont beaucoup déménagé, j’ai remarqué, s’adaptent [c’est tout à fait faux [j’ai beaucoup déménagé, je ne m’adapte pas et n’y tiens pas, c’est une idée libérale teinté de darwinisme social mal digéré, je m’insurge contre cette idée par ailleurs dangereuse]. Les enfants de soldat (Chambers, Julianne Moore, etc.) s’adaptent, ça les aide.
Vous faites vos études à Harvard à l’acmé de votre carrière, fin 90 : pour l’envie d’étudier ? Faire une pause ?
Je n’ai pas eu le choix. Je suis d’une famille académique, d’universitaires. D’autre part, j’en avais besoin après le lycée, de changer un peu. Sur le campus, on acquiert son indépendance, on n’est plus dans sa famille, on fait sa lessive, on apprend à se faire à manger, on se fait des amis, les meilleurs, ils le sont encore. Bref, se construire.
Est-ce que cela change l’approche de vos personnages d’avoir étudié la psychologie ? Vous avez un angle différent, biaisé ?
C’est la même chose. Quand j’aborde un personnage, ce qui m’intéresse, ce sont ses sentiments, ce qu’il pense ; on observe, observe, observe.
Ça aide ?
Oui ça aide. Il faut apprendre à observer. J’ai eu des personnages qui ont des problèmes psychologiques, des narcissiques, des bipolaires. Il faut s’informer.
Pendant 4 ans, vous avez été dans la saga Star wars, vous avez été en haut de l’affiche. Et vous retournez à l’école.
C’était avant les réseaux sociaux, je pouvais vivre tranquille. Maintenant … J’ai su garder les pieds sur terre ; mes amis me taquinaient sur Star wars.
C’est une franchise où les femmes sont fortes, intelligentes, elles mènent : c’est cela qui vous a attiré ?
C’est extra, à 16 ans, d’être un leader, un chef, ça a une importance énorme : le pouvoir.
La figurine avec votre tête ?
C’était mon premier film tourné dirigé directement vers les enfants. Mes enfants ne regardent pas les films où je suis, ils n’y arrivent pas. Les amis de mes enfants leur en parlent.
Le succès et tout le tralala ?
Léon a marché ici, ça a été un bide aux USA. On vient m’en parler de ce film. Un film doit prendre le temps pour infuser. Je ne prend pas en compte les réactions immédiates, il faut laisser du temps.
Star wars, c’est énorme. Comment on le vit ?
C’est une expérience différente, nouvelle ; c’est le premier de la troisième trilogie. C’est digital, avec du green et blue screen, on est comme des enfants dans un vaisseau spatial. C’est très enfantin mais on manque d’interactions. Ce n’est pas facile de pleurer devant une balle de tennis. J’admire vraiment les acteurs dans ce genre de tournage.
Pourquoi tuer Jane dans Thor ?
C’est Marvel, elle revient après le générique.
Parlons technique : vous avez appris sur le tas, vous êtes passé d’un jeu instinctif à un jeu plus adulte, plus technique. C’est le théâtre avec Mike Nichols (1931-2014) ?
Oui, ça date du théâtre, La mouette de Tchekhov gratuit, en extérieur à Central park avec Meryl Streep, Phil Seymour Hoffman, le plus grand pour moi, Walken. J’ai pris des notes, il fallait une technique à développer.
Quelle technique ?
C’est frustrant. Je voyais lors de la pièce les acteurs travaillent, prendre des notes. Moi, j’ai dû crée rma propre technique selon mon expérience. C’est une façon d’être, trouver sa base, se planter, recommencer, trouver sa méthode à soi. Bien sûr, il y a la recherche, le travail de documentation, par exemple, le tuto Youtube sur le Voxtox et les excès de la kétamine, car je n’en prends pas ou apprendre à monter à cheval ou avoir l’accent anglais pour V pour Vendetta (V for Vendetta, 2005, James McTeigue), il faut puiser dans sa personnalité. Pour Kennedy par exemple. J’ai eu des trainings. J’ai deux profs essentiels : Gerry Grennell qui m’a appris à être à l’intérieur de mon corps par la méditation, les yeux, la respiration ; Kim Killigan avec une technique très particulière, je travaille avec mes rêves, je les écris au réveil, cela me permet de m’aider dans les interprétations, c’est une méthode à part qui verse d’un inconscient, le mien, à l’autre, celui d’un personnage.
Black Swan, il y a une ouverture de rêve avec Le lac des cygnes. Cette scène primordiale a été tournée en premier ? Elle est difficile, casse-gueule ?
Elle a été tournée à peu près à la moitié du film. Je me suis entraînée à danser mais j’ai été doublée par une danseuse étoile.
Dans Black Swan, ce qui est fascinant, c’est qu’auteur, thème et actrice se rejoignent avec la crise d’identité, le doublement de la personnalité, le côté horreur voire thriller. Comment cette alchimie a été rendue possible ? On s’en rend compte quand on tourne ?
Darren croit en sa vision, qui est exacte, sa qualité, c’est sa confiance en lui. Darren ne rejette pas une bonne idée, des techniciens, des acteurs. Il y va. Il incorpore tout. Avec Arco de Bienvenu, On va en parler c’est de la technique une semaine, l’autre semaine, c’est de la réalisation, c’est différent du live action. Darren, il créé une communauté.
Que reste-t-il du personnage de Black Swan, Nina Sayers ?
Des exercices pour les fesses [rires].
Mike Nichols : comment était-ce Entre adultes consentants (Closer, 2004) ?
Nichols est très important dans ma vie. Il parlait de tout, il guide même mes choix de vie. Je me suis rendue compte que c’était la même chose pour une cinquantaine de personnes. J’entame ma deuxième partie de carrière, je voudrais faire aux autres ce qui lui a fait pour moi. Pour les étudiants : trouvez-vous un mentor, surtout les femmes, les étudiantes. Devenez un mentor, prenez des jeunes, aidez-les. Dans la série Angels in America, les plus âgés sont préparés, les jeunes y vont d’instinct, ils y vont directement, très rapidement. Prépare bien vos rôles et foncez, allez-y.Sur Closer (Mike Nichols, 2004), a été castée la même personne que celle jouée pour le rôle de Moore. Mike Nichols m’a dit : « si tu as un truc qui revient, un tic, un gimmick, tue-le ». Par exemple, les larmes après le sourire.
Avec Jackie (Pablo Larraín, 2016), Mars attacks ! (T. Burton, 1996), vous jouez la first lady. Comment se fait-il ? Dans Jackie (Pablo Larraín, 2016), vous incarnez sans imiter.
Ah oui, je n’y avais pas pensé, vous avez raison. Je suis arrivée sur Jackie (Pablo Larraín, 2016), pour des raisons logistiques car je vivais à Paris, c’était plus simple pour moi. J’ai tout lu, vu tous les documentaires, j’ai littéralement avalé les images que je me repassais en boucle. Larraín a pris comme base la visite à la Maison Blanche que j’ai vu et revu jusqu’à épuisement. J’ai créé à partir de cela. Ce que Pablo voulait, c’est de créer tout le temps une tension, un drame, je parle au prêtre [John Hurt] qui est ailleurs, s’ennuie, n’est pas vraiment présent.
May December (2023) d’Haynes avec Moore ?
Le scénario est miraculeux. Julian est l’une de mes actrices préférées, comme personne également, c’est une amie proche. Elle m’aide à habiter ma propre existence.
C’est votre production la plus importante. Il y a Arco (Bienvenu, 2025) qui a eu le Cristal du Festival d’animation d’Annecy. Quand un acteur produit pour avoir un bon rôle selon Clooney ?
J’ai monté ma maison de production Montagne A (MountainA LLC) avec ma meilleure amie depuis 20 ans, Sophie [Mas] parce que tous les enfants ont un prénom qui commence par A ; mais elle a eu un enfant ensuite qui n’a pas un prénom qui commence par A. Elle était prête ; c’est une histoire dont j’avais envie.
Vous avez des projets de réalisation de film [elle a déjà réalisé, outre un court métrage et un segment, un long, Une histoire d’amour et de ténèbres, A Tale of Love and Darkness, 2015, Amos Oz, immense écrivain sur son histoire et son scénario d’après son roman] ?
Oui, diriger est une belle expérience. Pour l’instant pas de projet de réalisation en vue.
30 ans de carrière, déjà.
Il faut ressentir. J’ai une vie magnifique ; il y a des personnages qui reviennent, il y a comme une correspondance entre eux, je m’en suis aperçue de façon rétrospective, pas sur l’instant.
Il y a eu Planétarium (Planetarium, 2016, Rebecca Zlotowski). D’autres films français sont prévus ?
C’est une super expérience, retravailler avec Sophie [Mas], retravailler en France. Je suis très humble face aux actrices françaises ; c’est à moi de parler français. Je n’ai qu’un conseil : joue, éclate-toi.
[Festival Lumière 2025, Natalie Portman, Masterclass***] A simple woman, Portman
A friend, Valentin Debatisse, a film philosopher, has been waiting, second in line, since 6:30 a.m. to get a ticket; the son of a sick mother exchanges a ticket for change. The first one, sheepishly, remains with his bouquet for Nath’, arguing in vain with Allouche. The owner of the Pathé Bellecour was kind to Matthieu, a person with reduced mobility, who managed to get a ticket at the last minute; another young woman in a wheelchair will be there.
Allouche asks questions and translates. Natalie Portman uses simple English. The meeting will only last an hour and fifteen minutes; there will be no questions from the audience; she will be quickly removed. Portman is wearing just a simple black t-shirt.
I didn’t grow up with auteur cinema, but with popular films like The Lion King (1994, Roger Allers and Rob Minkoff), etc. When I made films, directors didn’t give me films; that’s how I discovered Cassavetes, etc. I developed a diversity of tastes, between artistic and commercial.
Diversity is what an actress is.
I have a lot of references, but I immediately think of Gena Rowlands in A Woman Under the Influence (1974, Cassavetes), Isabelle Hupper in The Pianist (Michael Haneke, 2001), Julianne Moore in Safe (1995) by Todd Haynes, Nicole Kidman in To Die For (1995, Gus Van Sant), Reese Witherspoon in Election (1999, Alexander Payne). I study them regularly.
Meryl Streep, Julianne Moore, Diane Keaton… Can you tell us about the latter, who just died ?
She played complex, bizarre, and funny female roles on screen in The Godfather (Coppola, 1972, 1974, 1990); she had a wonderful strangeness.
Léon (Besson, 1994) was a hit in France; how did that shape the rest ?
I was well regarded. In the playground, things were going well. It was a game, it was playful; the word « play » is the same and double in French. It set my career in motion. And then, I was in more serious films, for adults. I was spoiled. I watched Reno and Oldman, I stole things from them, their positioning in relation to the camera, that of the camera itself.
Was it like being a child actor in Mars Attacks! (T. Burton, 1996) or Heat (M. Mann, 1995) ? I’ve always wondered, since I’m talking about you. Did you realize you were acting like a child ?
As childish as possible. All children act.
Naturally ?
Naturally, yes, children act, they spend their childhood acting, I see it with my two sons; and then, they grow up.
Stress, competition, how does a child experience them ?
It’s etched in my mind: there are two approaches: having a thick skin in life and being vulnerable on command in front of the camera about your emotions. You have to be both, says one actress.
So, Heat (Mann, 1995), being in front of Al Pacino and Bob de Niro ?
I was 14, too young to be intimidated. They were very inclusive. It was like being part of a family.
Elsewhere too ?
It depends : I had a close relationship with Pacino. Jean Reno is kind but more distant; that’s his character. You have to find the relationship, adapt. Sean Penn said it yesterday, what matters is adaptability. I studied psychology, and I noticed that children who have moved around a lot adapt [this is completely false [I’ve moved around a lot, I don’t adapt and don’t care to, it’s a liberal idea tinged with poorly digested Social Darwinism; I protest against this otherwise dangerous idea]. Soldiers’ children (Chambers, Julianne Moore, etc.) adapt; it helps them.
You studied at Harvard at the height of your career, in the late 1990s : was it because you wanted to study ? To take a break ?
I didn’t have a choice. I come from an academic family, a family of academics. On the other hand, I needed a bit of a change after high school. On campus, you gain independence, you’re no longer with your family, you do your laundry, you learn to cook for yourself, you make friends—the best ones still are. In short, you build yourself.
Does having studied psychology change your approach to your characters? Do you have a different, biased perspective ?
It’s the same thing. When I approach a character, what interests me are their feelings, what they think; we observe, observe, observe.
Does that help ?
Yes, it helps. You have to learn to observe. I’ve had characters with psychological problems, narcissists, bipolar disorder. You have to educate yourself.
For four years, you were in the Star Wars saga, you were at the top of the bill. And now you’re going back to school.
That was before social media, I could live peacefully. Now… I’ve managed to keep my feet on the ground; my friends used to tease me about Star Wars.
It’s a franchise where women are strong, intelligent, and lead: is that what attracted you ?
It’s great, at 16, to be a leader, a boss; it has enormous importance: power.
The figurine with your head ?
It was my first film directed directly at children. My children don’t watch the films I’m in; they can’t get it. My children’s friends talk to them about it.
Success and all that ?
Léon worked here, it was a flop in the US. People come to me to talk about this film. A film needs time to infuse. I don’t take immediate reactions into account; you have to give it time.
Star Wars is huge. How do you experience it ?
It’s a different, new experience; it’s the first in the third trilogy. It’s digital, with green and blue screens; we’re like children in a spaceship. It’s very childlike, but there’s a lack of interaction. It’s not easy to cry in front of a tennis ball. I really admire the actors in this kind of filming.
Why kill Jane in Thor ?
It’s Marvel, she comes back after the credits.
Let’s talk technique: you learned on the job, you went from an instinctive style to a more adult, more technical style. Is it the theater with Mike Nichols (1931-2014) ?
Yes, it dates back to the theater, Chekhov’s The Seagull, free, outdoors in Central Park with Meryl Streep, Phil Seymour Hoffman, the greatest for me, Walken. I took notes; you needed a technique to develop.
What technique ?
It’s frustrating. I saw during the play the actors working, taking notes. I had to create my own technique based on my experience. It’s a way of being, finding your base, making mistakes, starting again, finding your own method. Of course, there’s research, documentation work, for example, the YouTube tutorial on Voxtox and ketamine excess, because I don’t take it, or learning to ride a horse or having an English accent for V for Vendetta (2005, James McTeigue), you have to draw on your personality. For Kennedy for example. I had training. I have two essential teachers: Gerry Grennell who taught me to be inside my body through meditation, the eyes, breathing; Kim Killigan with a very particular technique, I work with my dreams, I write them down when I wake up, this allows me to help me in the interpretations, it is a separate method which flows from one unconscious, mine, to another, that of a character.
Black Swan has a dream opening with Swan Lake. Was this crucial scene shot first ? Is it difficult, a real pain ?
It was shot about halfway through the film. I practiced dancing, but I was dubbed by a prima ballerina.
In Black Swan, what’s fascinating is that the author, theme, and actress come together with the identity crisis, the split personality, the horror, even the thriller aspect. How was this alchemy made possible ? Do you realize it while you’re shooting ?
Darren believes in his vision, which is precise; his quality is his self-confidence. Darren doesn’t reject a good idea, technicians, or actors. He goes for it. He incorporates everything. With Arco de Bienvenu, On va en parler (We’re going to talk about it), it’s about technique one week, and the next, it’s about direction; it’s different from live action. Darren creates a community.
What remains of the Black Swan character, Nina Sayers ?
Buttock exercises [laughs].
Mike Nichols : What was it like in Closer (2004) ?
Nichols is very important in my life. He talked about everything, he even guided my life choices. I realized it was the same for about fifty people. I’m entering the second half of my career, and I’d like to do for others what he did for me. For students: find a mentor, especially women, students. Become a mentor, take on younger people, help them. In the series Angels in America, the older ones are prepared, the younger ones go for it instinctively, they go for it directly, very quickly. Prepare your roles well and go for it, go for it.In Closer (Mike Nichols, 2004), the same person was cast as the one who played Moore. Mike Nichols told me, « If you have something that keeps coming back, a tic, a gimmick, kill it. For example, the tears after the smile. »
In Jackie (Pablo Larraín, 2016), Mars Attack s! (T. Burton, 1996), you play the first lady. How is that ? In Jackie (Pablo Larraín, 2016), you embody without imitating.
Oh yes, I hadn’t thought of that, you’re right. I came to Jackie (Pablo Larraín, 2016) for logistical reasons because I was living in Paris; it was easier for me. I read everything, watched all the documentaries, I literally devoured the images that I kept replaying over and over again. Larraín took as his basis the visit to the White House, which I watched over and over again until I was exhausted. I created from that. What Pablo wanted was to create tension and drama all the time. I’m talking to the priest [John Hurt], who is elsewhere, bored, not really present.
Haynes’s May December (2023) with Moore?
The script is miraculous. Julian is one of my favorite actresses, like no one else; she’s a close friend. She helps me inhabit my own existence.
It’s your most important production. There’s Arco (Bienvenu, 2025), which won the Cristal at the Annecy Animation Festival. When does an actor produce to get a good role, according to Clooney?
I started my production company Montagne A (MountainA LLC) with my best friend of 20 years, Sophie [Mas], because all children have a first name that begins with A; but she then had a child whose first name doesn’t begin with A. She was ready; it’s a story I wanted.
Do you have any plans to direct a film [she has already directed, in addition to a short film and a segment, a feature film, A Tale of Love and Darkness (2015), by Amos Oz, a renowned writer, on her story and the screenplay based on his novel]?
Yes, directing is a wonderful experience. For the moment, no directing projects are in sight.
A career spanning 30 years already.
You have to feel it. I have a wonderful life; there are characters who come back, there’s a kind of connection between them; I realized it in retrospect, not at the time.
There was Planetarium (2016, Rebecca Zlotowski). Are there any other French films planned ?
It’s a great experience, working with Sophie [Mas] again, working in France again. I’m very humbled by French actresses; it’s up to me to speak French. I only have one piece of advice: play, have fun.
[Festival Lumière 2025, Natalie Portman, Masterclass***] Una mujer sencilla, Portman
Un amigo, Valentin Debatisse, filósofo del cine, lleva esperando, segundo en la fila, desde las 6:30 a. m. para conseguir una entrada; el hijo de una madre enferma cambia una entrada por monedas. El primero, tímidamente, se queda con su ramo para Nath, discutiendo en vano con Allouche. El dueño del Pathé Bellecour fue amable con Matthieu, una persona con movilidad reducida, que consiguió una entrada en el último minuto; otra joven en silla de ruedas estará allí.
Allouche hace preguntas y traduce. Natalie Portman usa un inglés sencillo. La reunión solo durará una hora y cuarto; no habrá preguntas del público; la retirarán rápidamente. Portman lleva simplemente una camiseta negra.
No crecí con cine de autor, sino con películas populares como El Rey León (1994, Roger Allers y Rob Minkoff), etc. Cuando hacía cine, los directores no me daban películas; así fue como descubrí a Cassavetes, etc. Desarrollé una diversidad de gustos, entre artísticos y comerciales.
La diversidad es lo que caracteriza a una actriz.
Tengo muchas referencias, pero inmediatamente pienso en Gena Rowlands en Una mujer bajo la influencia (1974, Cassavetes), Isabelle Hupper en El pianista (Michael Haneke, 2001), Julianne Moore en Safe (1995) de Todd Haynes, Nicole Kidman en Por un sueño (1995, Gus Van Sant), Reese Witherspoon en Election (1999, Alexander Payne). Las estudio con regularidad.
No crecí con el cine de autor, sino con películas populares como El Rey León (1994, Roger Allers y Rob Minkoff), etc. Cuando hacía cine, los directores no me daban películas; así fue como descubrí a Cassavetes, etc. Desarrollé una diversidad de gustos, entre artísticos y comerciales.
Diversidad, eso es una actriz.
Meryl Streep, Julianne Moore, Diane Keaton… ¿Puedes hablarnos de esta última, fallecida recientemente?
Interpretó papeles femeninos complejos, extraños y divertidos en la pantalla en El Padrino (Coppola, 1972, 1974, 1990); poseía una maravillosa extrañeza.
Léon (Besson, 1994) fue un éxito en Francia; ¿cómo influyó eso en el resto?
Estaba bien considerada. En el patio, las cosas iban bien. Era un juego, era lúdico; la palabra « jouer » es la misma y doble en francés. Eso impulsó mi carrera. Y luego, aparecí en películas más serias, para adultos. Estaba consentido. Veía Reno, Oldman, y les robé cosas, su posición en relación con la cámara, la de la cámara misma.
¿Fue como ser un niño actor en Mars Attacks! (T. Burton, 1996) o Heat (M. Mann, 1995)? Siempre me lo he preguntado, ya que hablo de ti. ¿Te diste cuenta de que actuabas como un niño?
Lo más infantil posible. Todos los niños actúan.
¿Naturalmente?
Naturalmente, sí, los niños actúan, pasan su infancia actuando, lo veo con mis dos hijos; y luego, crecen.
Estrés, competencia, ¿cómo los experimenta un niño?
Lo tengo grabado en la mente : hay dos enfoques: tener la piel dura ante la vida y ser vulnerable ante la cámara ante tus emociones. Hay que ser ambas cosas, dice una actriz.
Entonces, ¿Heat (Mann, 1995), estar frente a Al Pacino y Bob de Niro?
Tenía 14 años, demasiado joven para sentirme intimidada. Eran muy inclusivos. Era como formar parte de una familia.
¿En otros lugares también?
Depende : tuve una relación cercana con Pacino. Jean Reno es amable, pero más distante; ese es su carácter. Hay que encontrar la relación, adaptarse. Sean Penn lo dijo ayer : lo que importa es la adaptabilidad. Estudié psicología y me di cuenta de que los niños que se han mudado mucho se adaptan [esto es completamente falso [me he mudado mucho, no me adapto ni me importa, es una idea liberal con tintes de darwinismo social mal asimilado; protesto contra esta idea, por lo demás peligrosa]. Los hijos de soldados (Chambers, Julianne Moore, etc.) se adaptan; les ayuda.
Estudiaste en Harvard en la cima de tu carrera, a finales de los 90: ¿fue porque querías estudiar? ¿Para tomarte un descanso?
No tuve elección. Vengo de una familia académica, una familia de académicos. Por otro lado, necesitaba un cambio después del instituto. En el campus, ganas independencia, ya no estás con tu familia, lavas la ropa, aprendes a cocinar, haces amigos; los mejores siguen ahí. En resumen, te construyes a ti mismo.
¿Haber estudiado psicología cambia tu enfoque sobre tus personajes? ¿Tienes una perspectiva diferente y sesgada?
Es lo mismo. Cuando me acerco a un personaje, lo que me interesa son sus sentimientos, lo que piensa; observamos, observamos, observamos.
¿Eso ayuda?
Sí, ayuda. Hay que aprender a observar. He tenido personajes con problemas psicológicos, narcisistas, trastorno bipolar. Hay que formarse.
Durante cuatro años, estuviste en la saga de Star Wars, eras el mejor de la lista. Y ahora vuelves a la universidad.
Eso fue antes de las redes sociales, podía vivir tranquilo. Ahora… he conseguido mantener los pies en la tierra; mis amigos solían burlarse de mí por Star Wars.
Es una franquicia donde las mujeres son fuertes, inteligentes y líderes: ¿eso fue lo que te atrajo?
Es genial, a los 16 años, ser líder, jefa; tiene una enorme importancia: el poder.
¿La figura con tu cabeza?
Fue mi primera película dirigida directamente a niños. Mis hijos no ven las películas en las que aparezco; no lo entienden. Los amigos de mis hijos les hablan de ello.
¿Éxito y todo eso?
Léon trabajó aquí; fue un fracaso en Estados Unidos. La gente viene a hablarme de esta película. Una película necesita tiempo para madurar. No me fijo en las reacciones inmediatas; hay que darle tiempo.
Star Wars es enorme. ¿Cómo la vives?
Es una experiencia diferente y nueva; es la primera de la tercera trilogía. Es digital, con pantallas verdes y azules; somos como niños en una nave espacial. Es muy infantil, pero falta interacción. No es fácil llorar delante de una pelota de tenis. Admiro mucho a los actores de este tipo de rodaje.
¿Por qué matar a Jane en Thor?
Es Marvel, regresa después de los créditos.
Hablemos de técnica: aprendiste sobre la marcha, pasaste de un estilo instintivo a uno más adulto y técnico. ¿Es el teatro con Mike Nichols (1931-2014)?
Sí, se remonta al teatro, La gaviota de Chéjov, gratis, al aire libre en Central Park con Meryl Streep, Phil Seymour Hoffman, el mejor para mí, Walken. Tomé notas; necesitabas una técnica que desarrollar.
¿Qué técnica?
Es frustrante. Durante la obra, vi a los actores trabajando, tomando notas. Tuve que crear mi propia técnica basándome en mi experiencia. Es una forma de ser: encontrar tu base, equivocarte, empezar de nuevo, encontrar tu propio método. Claro que hay investigación, trabajo de documentación, por ejemplo, el tutorial de YouTube sobre Voxtox y el exceso de ketamina, porque no la tomo, o aprender a montar a caballo o tener acento inglés para V de Vendetta (2005, James McTeigue); tienes que inspirarte en tu personalidad. Para Kennedy, por ejemplo, tuve formación. Tengo dos maestros esenciales: Gerry Grennell, que me enseñó a estar dentro de mi cuerpo a través de la meditación, la mirada, la respiración; Kim Killigan, con una técnica muy particular: trabajo con mis sueños, los escribo al despertar, lo que me ayuda en las interpretaciones. Es un método aparte que fluye de un inconsciente, el mío, a otro, el de un personaje.
Cisne Negro tiene un comienzo de ensueño con El Lago de los Cisnes. ¿Se rodó primero esta escena crucial? ¿Es difícil, un verdadero rollo?
Se rodó aproximadamente a la mitad de la película. Practiqué baile, pero me dobló una primera bailarina.
En Cisne Negro, lo fascinante es que el autor, el tema y la actriz se unen con la crisis de identidad, la doble personalidad, el terror e incluso el aspecto de suspense. ¿Cómo se hizo posible esta alquimia? ¿Te das cuenta de ello mientras estás rodando?
Darren cree en su visión, que es precisa; su cualidad es su confianza en sí mismo. Darren no rechaza una buena idea, ni a los técnicos, ni a los actores. Se lanza a por ello. Lo incorpora todo. Con Arco de Bienvenido, On va en parler (Vamos a hablar de ello), una semana se trata de técnica y la siguiente, de dirección; es diferente a la acción en vivo. Darren crea una comunidad.
¿Qué queda del personaje de Cisne Negro, Nina Sayers?
Ejercicios de glúteos [risas].
Mike Nichols : ¿Cómo fue en Entre adultos que consienten (Closer, 2004)?
Nichols es muy importante en mi vida. Hablaba de todo, incluso guió mis decisiones de vida. Me di cuenta de que era lo mismo para unas cincuenta personas. Estoy entrando en la segunda mitad de mi carrera y me gustaría hacer por los demás lo que él hizo por mí. Para los estudiantes: encuentren un mentor, especialmente mujeres, estudiantes. Conviértanse en mentores, atiendan a jóvenes, ayúdenlos. En la serie Ángeles en América, los mayores están preparados, los jóvenes se lanzan instintivamente, lo hacen directamente, muy rápido. Preparen bien sus papeles y ¡láncense, láncense!En Closer (Mike Nichols, 2004), la misma persona fue elegida para interpretar a Moore. Mike Nichols me dijo : « Si tienes algo que siempre vuelve, un tic, un truco, elimínalo. Por ejemplo, las lágrimas después de la sonrisa ».
En Jackie (Pablo Larraín, 2016), ¡Marte al ataque! (T. Burton, 1996), interpretas a la primera dama. ¿Cómo es eso? En Jackie (Pablo Larraín, 2016), encarnas sin imitar.
Ah, sí, no lo había pensado, tienes razón. Llegué a Jackie (Pablo Larraín, 2016) por razones logísticas, ya que vivía en París; era más fácil para mí. Leí todo, vi todos los documentales, literalmente devoré las imágenes que repetía una y otra vez. Larraín se basó en la visita a la Casa Blanca, que vi una y otra vez hasta quedar exhausto. Creé a partir de ahí. Lo que Pablo quería era crear tensión y drama constantemente. Estoy hablando con el sacerdote [John Hurt], que está en otro lugar, aburrido, ausente.
¿May December (2023) de Haynes con Moore?
El guion es maravilloso. Julian es una de mis actrices favoritas, como ninguna otra; es una amiga íntima. Me ayuda a vivir mi propia existencia.
Es tu producción más importante. Está Arco (Bienvenu, 2025), que ganó el Cristal en el Festival de Animación de Annecy. ¿Cuándo produce un actor para conseguir un buen papel, según Clooney?
Fundé mi productora, Montagne A (MountainA LLC), con mi mejor amiga de 20 años, Sophie [Mas], porque todos los niños tienen un nombre que empieza por A; pero ella tuvo un hijo cuyo nombre no empieza por A. Estaba lista; era una historia que yo quería.
¿Tienes planes de dirigir una película? [Ya dirigió, además de un cortometraje y un segmento, un largometraje, A Tale of Love and Darkness (2015), del reconocido escritor Amos Oz, basado en su historia y el guion basado en su novela].
Sí, dirigir es una experiencia maravillosa. Por el momento, no hay ningún proyecto de dirección a la vista.
Ya llevamos 30 años de carrera.
Hay que sentirlo. Tengo una vida maravillosa; hay personajes que regresan, hay una especie de conexión entre ellos; me di cuenta en retrospectiva, no en aquel momento.
Estuvo Planetarium (2016, Rebecca Zlotowski). ¿Tienes otras películas francesas planeadas?
Es una gran experiencia volver a trabajar con Sophie [Mas], volver a trabajar en Francia. Me siento muy honrada por las actrices francesas; depende de mí hablar francés. Solo tengo un consejo: juega, diviértete.
[English in 2nd part; Espagnol en la parte 3; パート4の日本語訳] J’ai vu La marque du tueur (Koroshi no rakuin, « La Marque du meurtre »), de Seijun Suzuki (1923-2017), sorti quelques mois avant Le Samouraï de Melville en 1967, sans les que les deux ne se rencontrent. Il n’était sorti qu’au Japon, la Nikkatsu l’a laissé à peine sortir une semaine sur les écrans pour l’en retirer aussitôt pour se débarrasser également du metteur en scène, viré (1956-67). Pour la Nikkatsu, le film est incompréhensible, honteux, invendable : Le grand sommeil, The big sleep nippon ? Le directeur, Kyusaki Hori, corporate, ajoute en déclarant dans la presse que « Seijun Suzuki tourne des films incompréhensibles. Par conséquent, ce ne sont pas de bons films, et continuer de les projeter serait la honte de la Nikkatsu. ».
« Le plus important, c’était de trouver des trucs pour surprendre et amuser. Je trouve insupportable les films où la même émotion est maintenue tout le long. Il faut sans cesse susciter des émotions nouvelles. Le rôle du réalisateur est dans la forme. L’espace et le temps n’ont absolument pas d’importance pour moi. On tournait une prise, avec un seul angle. Pas besoin de transition » selon Suzuki. Selon Christophe Bertrand, un passionné et collectionneur de Suzuki (affiches, dossiers de presse, photos, etc.), c’est la seule fois où Suzuki a la maîtrise du scénario, avec deux acolytes (Takeo Kimura et Atsushi Yamatoya) au sein d’un collectif en comportant 7 (le générique crédite Hachiro Guryu ou Guru Hachirô, c’est en fait un pseudonyme qui regroupe plusieurs auteurs dont Suzuki ; Jiku Yamatoya, qui débute comme réalisateur en parallèle pour Kôji Wakamatsu dans le milieu du cinéma « pink », et scénariste de nombreux films et de dessins animés, dont la série policière Lupin Sansei, diffusée en France sous le titre Edgar, le détective cambrioleur, Yuki Miyata, un mangaka, et Chûsei Sone, qui deviendra un réalisateur de pinku-eiga, peut-être le scénariste Mitsuhito Ishigami et le directeur artistique Takeo Kimura), qui se lâchent, d’où trois parties bien délimitées ; d’habitude, c’est le département du scénario de la Nikkatsu qui fournit la matière au metteur en scène ; montage d’une journée puisque Suzuki ne tourne que le nécessaire. Il y a eu deux moutures de scénarios, ou plus précisément de scripts : le premier a été rejeté, Christophe l’a lu, il s’agissait d’un ordinateur isolé sur une île qui contrôle tout. Aucun storyboard n’a été élaboré, ce qui est surprenant, eu égard à la modernité visuelle de ce film en Scope 2:35 en noir et blanc. Christophe se réfère à Histoire d’une prostituée (Shunpu den, 1965, magnifique film, d’après le livre de Tamura, couillu sur les femmes, japonaises et coréennes, de réconfort, avec des inserts expérimentaux comme un rêve où un homme est découpé avec des ciseaux par exemple, des ralentis silencieux et oniriques, des faux raccords qui démultiplient une action, des arrêts sur image, des combats comme des feux d’artifices, etc. ; Suzuki a été sous les drapeaux en 1943 et fit deux fois naufrage dans le Pacifique), dans le milieu de La trilogie de la chair, qui était prévu en couleur mais la Nikkatsu l’a finalement imposé en noir et blanc) . Suzuki n’est pas qu’une moto mais il est moteur : il a influencé, avec La marque de la chair, Tarantino (Reservoir Dogs, 1992 notamment), Refn, Wong Kar Wai, Park Chan-wook, Kiyoshi Kurosawa, Takeshi Kitano, Shinji Aoyama, Chazelle, Baz Luhrmann, Mandico, etc. Bref, pour cette raison, on pourrait le voir comme un Citizen kane nippon. Il inspire un pendant porno mis en scène par Yamatoya, Le Piège de la luxure (Aiyoku no wana, 1973), ainsi qu’une suite vaine en 2001, Pistol Opera (Pisutoru opera), réalisée par Suzuki pour la Nikkatsu, désormais très fière d’exposer l’ancien réprouvé qui fut, à cause d’eux, blacklisté dans les studios. Un coté Buñuel également – les surréalistes auraient adoré ce film-manifeste, quand l’ophtalmologiste arrache l’œil de verre, scène qui a inspiré celle de Ghost dog (1999) de Jarmusch où le tueur se sert de la plomberie pour exécuter son contrat; les femmes dénudées, cette étrange actrice japono-indonésienne, Annu Mari, fort gothique, qui, n’allant pas très bien, souffrait de racisme à cause de son métissage ; elle a tourné 19 films – jusqu’en 2016, ici, c’est son troisième ; toujours vivante, elle est née en 1948. Misako, eau et feu, éros/tanathos, est la muse, sous la pluie, dominante dans le film, qui se transforme en douche érotique puis est vue à travers une fontaine d’eau bruyante, le son, primordial, étant post-synchronysé. Le spectateur rit aussi avec la séquence où Hanada est ficelé à un tueur chargé de le surveiller avant son exécution et doit se déplacer avec lui aux toilettes. Les funérailles des roses (Funeral of the roses, Bara no sôretsu, Toshio Marsumoto, 1969), ce film hallucinant avec un œdipe inversé qui aurait inspiré, par moments, Orange mécanique de Kubrick (A Clockwork Orange, 1971), sort peu après. Un assistant (celui qui aime l’alcool et les putes, comme Suzuki et Ozu ?) aime les papillons ? Il y aura une scène visuellement forte avec des papillons morts, qui se décrochaient tout le temps, bien que cela dégoûtait l’actrice qui doit se dépatouiller avec. Ce film, c’est un peu aussi Le voyeur (Peeping Tom, 1960) de Powell. Des scènes de nu, audacieuses pour l’époque. Côté yakuzas, tuer ou être tué, c’est l’exécution d’un contrat entre un briquet publicitaire qui s’ouvre et se referme, fuite sur un ballon publicitaire, plans subjectifs. Zorn s’est inspiré de la bande son, un jazz pur polar, hard boiled. Un disque vinyle va sortir de la bande-son. L’acteur Jô Shishido a porté des prothèses sur le visage pour se donner une contenance de tueur. Après un succès médiocre dans les mélodrames de la Nikkatsu, il se fait opérer des joues pour se les faire artificiellement gonfler, ce qui lui donne une drôle de tête, de hamster, la chirurgie esthétique existe depuis longtemps dans les milieux artistiques.
L’histoire est simple : un tueur, qui ambitionne d’être le numéro 1 (critique du système concurrentiel japonais avec son culte de la réussite et de l’individualisme dans une société moderne déshumanisée et mécanique impliquant un fort taux de suicide ?) rate un contrat, les commanditaires doivent le tuer en retour. Il tombe amoureux d’une femme étrange. Un pur noir donc. On songe, comme le dit Christophe, au Point de non-retour (Point Blank, J. Boorman, 1967 d’après une série de romans de Westlake avec le récurrent Parker). Mais avec des inventions visuelles permanentes, malgré le peu d’argent et la théorie rigoriste de Suzuki sur les cadres (less is more), grâce à un planning surchargé de la Nikkatsu qui a donné, par intérêt économique, carte blanche. Le temps est limité : une semaine pour la préproduction, 25 jours pour le tournage et trois jours pour la postproduction. Les lieux sont vidés (jetée, bâtiment abandonné, appartements), la ville est réduite à une pure abstraction, comme mon Tôkyôto. Une scène sur une jetée est incroyable, il est surprenant que personne n’ait repris le moment où le tueur se glisse sous la voiture qu’il fait avancer grâce à un système de cordage menacé par les tirs ennemis. La scène finale dans un ring de boxe, dont on entend le son d’un match précédemment, est inédite : jamais un ring n’a été filmé de cette manière, même par Kubrick, qui débuta pourtant par un reportage photo pour Life, les cordages sont prétextes à un jeu d’abstraction, de lignes, d’avant-garde à la Richter. Scorsese s’en est-il inspiré pour Raging bull (1980) ? Comme le remarque Christophe, le tueur démarre impérial pour terminer terrassé, à ras de terre, mais pas à la Ozu, le spectateur également ; il bouge comme un pantin désarticulé. Le kabuki, en esthétique manga, est présent dans toutes les scènes, des références doivent nous échapper. Des images de trains et de lignes en infra-rouges. Un immense immeuble est filmé plusieurs fois en angle expressionniste hollandais, angle utilisé pour plusieurs scènes comme une phase hallucinée, on se demande si les scènes sont réelles, comme dans Point de non-retour (Point Blank, J. Boorman, 1967), souligne Christophe, dont on se demande si tout le film n’est pas un rêve déformé du Parker / Lee Marvin. Cadre dans cadre, profondeur de champ exagérée, objet proéminent placé au premier plan (les accessoires sont essentiels et révèlent des obsessions), effet de reflet, incrustation de dessins, caches, séquence projetée en négatif, montage privilégiant la rupture, cut-ups, collages, bégaiements à la radio, etc., c’est un peu le Seconds (Frankenheimer, 1966 ; trilogie de la peur) nippon. Ainsi ces oiseaux morts, un moineau transpercé d’une aiguille épaisse et accroché au rétroviseur d’une voiture de sport. Songer aux magnifiques photos en noir et blanc de corbeaux morts de Masahisa Fukase (1934-2012) à l’abbaye de Montmajour aux RIP d’Arles 2000, extraites de The solitude of ravens (1986) suite à dépression avec alcool à cause du divorce avec sa femme. Il y a aussi du placement de produit : la montre Oméga, la fine Napoléon (cocorico !), le whisky et surtout, le rice-cooker dont Goro hume sans arrêt, jusqu’au ridicule, l’odeur de riz cuit – chacun ses obsessions.
Vince Paul-Boncour, le directeur de Carlotta, teint en blond et avec extinction de voix (plus de 2000 personnes à son stand pour le marché du DVD hier), présente le film ; Pascal-Alex Vincent, qui a présenté L’histoire d’une prostituée (Shunpu den, 1965), est retourné donner ses cours en Sorbonne. Christophe a tanné Vincent, il a eu raison car les sorties il y a longtemps chez Elephant étaient insuffisantes. 5 Suzuki, numérisés en 4k, sont présentés au Festival 2025 pour des sorties nationales en 2026. C’est une première française de la restauration (copie parfaite) pour La marque du tueur (Vincent filme le début avec son portable); une première mondiale pour Carmen de Kawachi (Kawachi Karumen, 1966), jamais sorti en dehors du Japon. Il s’agit de films qui ne voyageaient pas. Ancien assistant, Suzuki devient réalisateur ; ses propres assistants deviendront parfois réalisateurs également. Entre 1956 et 1967, Suzuki tourne 42 films. Puis, c’est le point de rupture. Selon Christophe, Suzuki fait un procès à la Nikkatsu, ce qui est inédit, et gagne en 1971. Des réalisateurs – dont Ôshima qui s’en est sans doute inspiré, penchant subversif -, des étudiants et des critiques ainsi que d’autres personnes travaillant dans le cinéma se mobilisent pour Suzuki, précédant l’affaire Langlois. Un producteur organisera des projections itinérantes sous tente. Après 10 ans de traversée du désert, où il écrit des scripts qui ne seront pas tournés et fait des pubs et des séries télé, sa femme qui le fait vivre en ouvrant un restaurant, il reprend enfin les tournages en 1977. Vu comme un artisan, il est réhabilité à sa juste valeur dans les années 80 en France. Selon Christophe, un article très juste dans Midi-Minuit fantastique sera décisif : le cinéaste et critique belge Roland Lethem échangera une correspondance nourrie avec Suzuki, présenté comme le « Bénazéraf nippon », notamment La Barrière de chair (Nikutai no mon, 1963), le premier volet de La trilogie de la chair, dans le numéro 18-19. Un documentaire, en recherche de financement, sur Suzuki est en cours. Si, dans le monde anglo-saxon, il existe quelques menus livres sur Suzuki, rien en français. Un petit opuscule, écrit par un étudiant de Pascal-Alex, Romain Dabert, est distribué gratos par Carlotta. Même Rauger à la Cinémathèque française a refusé un centenaire de Suzuki en 2023 sous prétexte que sa filmographie serait pop tout en rédigeant sa notice nécro dans Le Monde, idem à la Maison de la culture du Japon … Un film à voir et à revoir, notamment dans les écoles d’art.
I saw The Mark of the Killer (Koroshi no rakuin, « The Mark of Murder« ), by Seijun Suzuki (1923-2017), released a few months before Melville’s Le Samouraï in 1967, without the two ever meeting. It was only released in Japan, Nikkatsu let it show for barely a week on screens only to immediately withdraw it to get rid of the director, who was fired (1956-67). For Nikkatsu, the film is incomprehensible, shameful, unsaleable : The Big Sleep Japanese ? The director, Kyusaki Hori, corporate, adds by declaring in the press that « Seijun Suzuki makes incomprehensible films. Consequently, they are not good films, and to continue showing them would be a shame for Nikkatsu.«
« The most important thing was to find ways to surprise and amuse. I find films where the same emotion is maintained throughout unbearable. You have to constantly arouse new emotions. The director’s role is in the form. Space and time have absolutely no importance for me. We shot one take, with a single angle. No need for transitions » according to Suzuki. According to Christophe Bertrand, a Suzuki enthusiast and collector (posters, press kits, photos, etc.), this is the only time Suzuki had control of the script, with two acolytes (Takeo Kimura and Atsushi Yamatoya) within a collective comprising 7 (the credits credit Hachiro Guryu or Guru Hachirô, it is in fact a pseudonym which brings together several authors including Suzuki; Jiku Yamatoya, who started as a director in parallel for Kôji Wakamatsu in the world of « pink » cinema, and scriptwriter of numerous films and cartoons, including the detective series Lupin Sansei, broadcast in France under the title Edgar, the Burglar Detective, Yuki Miyata, a mangaka, and Chûsei Sone, who will become a director of pinku-eiga, perhaps the scriptwriter Mitsuhito Ishigami and the artistic director Takeo Kimura), which let loose, hence three clearly defined parts; usually, it is the Nikkatsu script department which provides the material to the director; editing takes one day since Suzuki only shoots what is necessary. There were two drafts of the scripts, or more precisely of the scripts: the first was rejected, Christophe read it, it was about a computer isolated on an island which controls everything. No storyboard was developed, which is surprising, given the visual modernity of this film in Scope 2:35 in black and white. Christophe refers to The Story of a Prostitute (Shunpu den, 1965, a magnificent film, based on Tamura’s book, ballsy about Japanese and Korean women of comfort, with experimental inserts like a dream where a man is cut with scissors for example, silent and dreamlike slow motion, false connections which multiply an action, freeze frames, fights like fireworks, etc.; Suzuki was in the army in 1943 and was shipwrecked twice in the Pacific), in the middle of The Trilogy of Flesh, which was planned in color but Nikkatsu finally imposed it in black and white). Suzuki is not just a motorcycle, but it is an engine : it has influenced, with The Mark of the Flesh, Tarantino (Reservoir Dogs, 1992 in particular), Refn, Wong Kar Wai, Park Chan-wook, Kiyoshi Kurosawa, Takeshi Kitano, Shinji Aoyama, Chazelle, Baz Luhrmann, Mandico, etc. In short, for this reason, we could see it as a Japanese Citizen Kane. It inspired a porn counterpart directed by Yamatoya, The Trap of Lust (Aiyoku no wana, 1973), as well as a vain sequel in 2001, Pistol Opera (Pisutoru opera), directed by Suzuki for Nikkatsu, now very proud to exhibit the former outcast who was, because of them, blacklisted in the studios. There’s also a Buñuel side – the surrealists would have loved this manifesto film, when the ophthalmologist tears out the glass eye, a scene which inspired that of Jarmusch’s Ghost Dog (1999) where the killer uses the plumbing to carry out his contract; the naked women, this strange Japanese-Indonesian actress, Annu Mari, very gothic, who, not doing very well, suffered from racism because of her mixed race; she made 19 films – until 2016, this is her third; still alive, she was born in 1948. Misako, water and fire, eros/tanathos, is the muse, in the rain, dominant in the film, which turns into an erotic shower and is then seen through a noisy water fountain, the sound, primordial, being post-synchronized. The viewer also laughs with the sequence where Hanada is tied to a killer in charge of watching him before his execution and must move with him to the toilet. Funeral of the Roses (Bara no sôretsu, Toshio Marsumoto, 1969), this hallucinatory film with an inverted Oedipus complex which is said to have inspired, at times, Kubrick’s A Clockwork Orange (1971), comes out shortly after. An assistant (the one who likes alcohol and whores, like Suzuki and Ozu ?) likes butterflies ? There will be a visually powerful scene with dead butterflies, which were constantly falling off, although this disgusted the actress who has to deal with them. This film is also a bit like Powell’s Peeping Tom (1960). Nude scenes, daring for the time. For the yakuza, kill or be killed is the execution of a contract between an advertising lighter that opens and closes, an escape on an advertising balloon, and subjective shots. Zorn was inspired by the soundtrack, a pure, hard-boiled jazz thriller. A vinyl record will be released from the soundtrack. Actor Jô Shishido wore facial prosthetics to give himself the appearance of a killer. After mediocre success in Nikkatsu melodramas, he had his cheeks artificially inflated, which gave him a strange, hamster-like face. Cosmetic surgery has long existed in artistic circles.
The story is simple : a killer, who aspires to be number 1 (criticism of the Japanese competitive system with its cult of success and individualism in a dehumanized and mechanical modern society involving a high suicide rate ?) misses a contract, the sponsors must kill him in return. He falls in love with a strange woman. A pure noir then. We think, as Christophe says, of Point Blank (J. Boorman, 1967 based on a series of novels by Westlake with the recurring Parker). But with constant visual inventions, despite the lack of money and Suzuki’s rigorous theory on frames (less is more), thanks to an overloaded schedule from Nikkatsu which, for economic reasons, gave carte blanche. Time is limited : one week for preproduction, 25 days for shooting and three days for postproduction. The places are emptied (pier, abandoned building, apartments), the city is reduced to a pure abstraction, like my Tôkyôto. A scene on a pier is incredible, it’s surprising that no one has reshot the moment when the killer slides under the car, which he pushes forward thanks to a system of ropes threatened by enemy fire. The final scene in a boxing ring, where we hear the sound of a previous match, is unprecedented : a ring has never been filmed in this way, even by Kubrick, who started with a photo report for Life, the ropes are pretexts for a game of abstraction, lines, avant-garde à la Richter. Was Scorsese inspired by it for Raging Bull (1980) ? As Christophe notes, the killer starts off imperious and ends up flattened, at ground level, but not in the style of Ozu, the spectator neither; he moves like a disjointed puppet. Kabuki, in manga aesthetics, is present in all the scenes, references must escape us. Images of trains and lines in infrared. A huge building is filmed several times from a Dutch expressionist angle, an angle used for several scenes like a hallucinatory phase, we wonder if the scenes are real, as in Point Blank (J. Boorman, 1967), underlines Christophe, of which we wonder if the whole film is not a distorted dream of Parker / Lee Marvin. Frame within frame, exaggerated depth of field, prominent object placed in the foreground (the accessories are essential and reveal obsessions), reflection effect, incrustation of drawings, masks, sequence projected in negative, editing favoring rupture, cut-ups, collages, stuttering on the radio, etc., it is a bit like the Japanese Seconds (Frankenheimer, 1966; trilogy of fear). Thus these dead birds, a sparrow pierced by a thick needle and hanging from the rearview mirror of a sports car. Consider the beautiful black and white photographs of dead crows by Masahisa Fukase (1934-2012) at the Montmajour Abbey at the RIP of Arles 2000, taken from The Solitude of Ravens (1986) following a breakdown with alcohol due to the divorce with his wife. There is also product placement: the Omega watch, the fine Napoleon (cock-a-doodle-doo!), the whisky and above all, the rice cooker whose cooked rice smell Goro constantly inhales, to the point of ridicule – everyone has their own obsessions.
Vince Paul-Boncour, the director of Carlotta, dyed blond and with a voice loss (more than 2,000 people at his stand for the DVD market yesterday), presents the film; Pascal-Alex Vincent, who presented The Story of a Prostitute (Shunpu den, 1965), has returned to give his classes at the Sorbonne. Christophe pestered Vincent, and he was right because the releases long ago at Elephant were insufficient. 5 Suzuki films, digitized in 4k, are presented at the 2025 Festival for national releases in 2026. This is a French restoration premiere (a perfect copy) for The Mark of a Killer (Vincent films the beginning with his cell phone); a world premiere for Kawachi’s Carmen (Kawachi Karumen, 1966), never released outside of Japan. These are films that did not travel. A former assistant, Suzuki becomes a director; his own assistants sometimes become directors as well. Between 1956 and 1967, Suzuki made 42 films. Then came the breaking point. According to Christophe, Suzuki sued Nikkatsu, which was unprecedented, and won in 1971. comes out shortly after. An assistant (the one who likes alcohol and whores, like Suzuki and Ozu ?) likes butterflies ? There will be a visually powerful scene with dead butterflies, which were constantly falling off, although this disgusted the actress who has to deal with them. This film is also a bit like Powell’s Peeping Tom (1960). Nude scenes, daring for the time. On the yakuza side, kill or be killed, it’s the execution of a contract between an advertising lighter that opens and closes, escape on an advertising balloon, subjective shots. Zorn was inspired by the soundtrack, a pure, hard-boiled jazz thriller. A vinyl record will be released from the soundtrack. Actor Jô Shishido wore facial prosthetics to give himself a killer look. After a mediocre success in the Nikkatsu melodramas, he had his cheeks artificially inflated, which gave him a strange, hamster-like face; cosmetic surgery has existed for a long time in artistic circles. Directors – including Ôshima, who was undoubtedly inspired by him, with a subversive bent -, students, critics, and other people working in the film industry mobilized for Suzuki, preceding the Langlois affair. A producer organized traveling screenings in tents. After 10 years in the wilderness, where he wrote scripts that would never be filmed and made commercials and TV series, his wife supporting him by opening a restaurant, he finally resumed filming in 1977. Seen as a craftsman, he was rehabilitated at his true worth in the 1980s in France. According to Christophe, a very accurate article in Midi-Minuit fantastique was decisive : the Belgian filmmaker and critic Roland Lethem exchanged extensive correspondence with Suzuki, presented as the « Japanese Bénazéraf » notably The Barrier of Flesh (Nikutai no mon, 1963), the first part of The Trilogy of Flesh, in issue 18-19. A documentary on Suzuki is currently seeking funding. While there are a few small books on Suzuki in the English-speaking world, nothing in French. A small booklet, written by a student of Pascal-Alex, Romain Dabert, is being distributed free of charge by Carlotta. Even Rauger at the Cinémathèque Française refused a Suzuki centenary in 2023 on the pretext that his filmography would be pop, while writing his obituary in Le Monde, the same at the Maison de la culture du Japon…
Vi La marca del asesino (Koroshi no rakuin, « La marca del asesinato« ), de Seijun Suzuki (1923-2017), estrenada unos meses antes de El samurái de Melville en 1967, sin que ambos se conocieran. Solo se estrenó en Japón; Nikkatsu la exhibió apenas una semana en pantalla, pero la retiró inmediatamente para deshacerse del director, quien fue despedido (1956-1967). Para Nikkatsu, la película es incomprensible, vergonzosa, invendible : ¿El sueño eterno, El sueño eterno japonés? El director, Kyusaki Hori, corporativo, añade declarando a la prensa : « Seijun Suzuki hace películas incomprensibles. En consecuencia, no son buenas películas, y seguir exhibiéndolas sería una vergüenza para Nikkatsu« .
« Lo más importante era encontrar maneras de sorprender y divertir. Me resultan insoportables las películas donde se mantiene la misma emoción de principio a fin. Hay que despertar constantemente nuevas emociones. El papel del director reside en la forma. El espacio y el tiempo no tienen ninguna importancia para mí. Rodamos una sola toma, con un solo ángulo. No hubo necesidad de transiciones», según Suzuki. Según Christophe Bertrand, un entusiasta de Suzuki y coleccionista (pósteres, dossiers de prensa, fotos, etc.), esta es la única vez que Suzuki tuvo el control del guion, con dos acólitos (Takeo Kimura y Atsushi Yamatoya) dentro de un colectivo compuesto por 7 (los créditos acreditan a Hachiro Guryu o Guru Hachirô, de hecho es un seudónimo que reúne a varios autores, incluido Suzuki; Jiku Yamatoya, quien comenzó como director en paralelo para Kôji Wakamatsu en el mundo del cine « rosa », y guionista de numerosas películas y dibujos animados, incluida la serie de detectives Lupin Sansei, emitida en Francia bajo el título Edgar, el detective ladrón, Yuki Miyata, un mangaka, y Chûsei Sone, quien se convertirá en director de pinku-eiga, quizás el guionista Mitsuhito Ishigami y el director artístico Takeo Kimura), Lo cual dio pie a tres partes claramente definidas; normalmente, es el departamento de guion de Nikkatsu quien proporciona el material al director; la edición toma un día, ya que Suzuki solo filma lo necesario. Hubo dos borradores de los guiones, o más precisamente, de los guiones: el primero fue rechazado, Christophe lo leyó; trataba sobre una computadora aislada en una isla que lo controla todo. No se desarrolló ningún guion gráfico, lo cual es sorprendente, dada la modernidad visual de esta película en Scope 2:35 en blanco y negro. Christophe se refiere a La historia de una prostituta (Shunpu den, 1965, una película magnífica, basada en el libro de Tamura, atrevida sobre las mujeres japonesas y coreanas de confort, con inserciones experimentales como un sueño donde un hombre es cortado con tijeras por ejemplo, cámara lenta silenciosa y onírica, falsas conexiones que multiplican una acción, fotogramas congelados, combates como fuegos artificiales, etc.; Suzuki estuvo en el ejército en 1943 y naufragó dos veces en el Pacífico), en medio de La trilogía de la carne, que estaba prevista en color pero Nikkatsu finalmente la impuso en blanco y negro). Suzuki no es solo una motocicleta, sino un motor : ha influenciado, con The Mark of the Flesh, a Tarantino (Reservoir Dogs, 1992 en particular), Refn, Wong Kar Wai, Park Chan-wook, Kiyoshi Kurosawa, Takeshi Kitano, Shinji Aoyama, Chazelle, Baz Luhrmann, Mandico, etc. En resumen, por esta razón, podríamos verla como una especie de Ciudadano Kane japonés. Inspiró una contraparte porno dirigida por Yamatoya, The Trap of Lust (Aiyoku no wana, 1973), así como una vana secuela en 2001, Pistol Opera (ópera de Pisutoru), dirigida por Suzuki para Nikkatsu, ahora muy orgullosa de exhibir al antiguo paria que, por su culpa, fue incluido en la lista negra de los estudios. Hay también un lado Buñuel : a los surrealistas les habría encantado esta película manifiesto, cuando el oftalmólogo arranca el ojo de cristal, una escena que inspiró la de Ghost Dog (1999) de Jarmusch donde el asesino usa las tuberías para llevar a cabo su contrato; las mujeres desnudas, esta extraña actriz japonesa-indonesia, Annu Mari, muy gótica, que, no muy bien, sufrió racismo por su raza mixta; hizo 19 películas -hasta 2016, esta es la tercera-; aún con vida, nació en 1948. Misako, agua y fuego, eros/tanathos, es la musa, bajo la lluvia, dominante en la película, que se transforma en una ducha erótica y luego se ve a través de una ruidosa fuente, con un sonido, primordial, postsincrónico. El espectador también ríe con la secuencia en la que Hanada es atada a un asesino encargado de vigilarlo antes de su ejecución y debe acompañarlo al baño. El Funeral de las Rosas (Bara no sôretsu, Toshio Marsumoto, 1969), esta película alucinatoria con un complejo de Edipo invertido que se dice que inspiró, en ocasiones, La Naranja Mecánica (1971) de Kubrick, se estrena poco después. ¿A una asistente (la que disfruta del alcohol y las prostitutas, como Suzuki y Ozu) le gustan las mariposas? Habrá una escena visualmente impactante con mariposas muertas, que caen constantemente, aunque esto disgustó a la actriz que tiene que lidiar con ellas. Esta película también se parece un poco a El mirón de Powell (1960). Escenas de desnudos, atrevidas para la época. Para la yakuza, matar o morir es la ejecución de un contrato entre un encendedor publicitario que se abre y se cierra, una huida en un globo publicitario y tomas subjetivas. Zorn se inspiró en la banda sonora, un thriller de jazz puro y duro. Se lanzará un disco de vinilo de la banda sonora. El actor Jô Shishido usó prótesis faciales para dar la apariencia de un asesino. Tras un éxito mediocre en los melodramas de Nikkatsu, se infló las mejillas artificialmente, lo que le dio un rostro extraño, parecido al de un hámster. La cirugía estética existe desde hace mucho tiempo en los círculos artísticos.
La historia es simple : un asesino, que aspira a ser el número 1 (¿una crítica al sistema competitivo japonés con su culto al éxito y al individualismo en una sociedad moderna deshumanizada y mecánica que implica una alta tasa de suicidios?) incumple un contrato, los patrocinadores deben matarlo a cambio. Se enamora de una mujer extraña. Un noir puro entonces. Pensamos, como dice Christophe, en Point Blank (J. Boorman, 1967 basada en una serie de novelas de Westlake con el recurrente Parker). Pero con constantes invenciones visuales, a pesar de la falta de dinero y la rigurosa teoría de Suzuki sobre los encuadres (menos es más), gracias a una agenda sobrecargada de Nikkatsu que, por razones económicas, dio carta blanca. El tiempo es limitado: una semana para la preproducción, 25 días para el rodaje y tres días para la posproducción. Los lugares se vacían (muelle, edificio abandonado, apartamentos), la ciudad se reduce a una pura abstracción, como mi Tôkiôto. Una escena en un muelle es increíble, es sorprendente que nadie haya refilmado el momento en que el asesino se desliza debajo del coche, que empuja hacia adelante gracias a un sistema de cuerdas amenazadas por el fuego enemigo. La escena final en un cuadrilátero de boxeo, donde escuchamos el sonido de un combate anterior, es inédita: nunca se había filmado un cuadrilátero de esta manera, ni siquiera por Kubrick, que comenzó con un reportaje fotográfico para Life, las cuerdas son pretextos para un juego de abstracción, líneas, vanguardia à la Richter. ¿Se inspiró Scorsese en ella para Toro salvaje (1980)? Como señala Christophe, el asesino comienza imperioso y termina aplastado, a ras de suelo, pero no al estilo de Ozu, ni tampoco el espectador; se mueve como una marioneta desarticulada. El kabuki, en la estética del manga, está presente en todas las escenas, las referencias deben escaparnos. Imágenes de trenes y líneas en infrarrojo. Un enorme edificio se filma varias veces desde un ángulo expresionista holandés, un ángulo utilizado en varias escenas como una fase alucinatoria. Nos preguntamos si las escenas son reales, como en Point Blank (J. Boorman, 1967), subraya Christophe, y nos preguntamos si toda la película no es un sueño distorsionado de Parker/Lee Marvin. Fotograma dentro de fotograma, profundidad de campo exagerada, objeto prominente en primer plano (los accesorios son esenciales y revelan obsesiones), efecto de reflejo, incrustación de dibujos, máscaras, secuencia proyectada en negativo, montaje que favorece la ruptura, recortes, collages, tartamudeo en la radio, etc., es un poco como la película japonesa Seconds (Frankenheimer, 1966; trilogía del miedo). Así, estos pájaros muertos, un gorrión atravesado por una gruesa aguja y colgado del retrovisor de un deportivo. Consideremos las hermosas fotografías en blanco y negro de cuervos muertos de Masahisa Fukase (1934-2012) En la Abadía de Montmajour, durante el RIP de Arlés 2000, tomada de La Soledad de los Cuervos (1986), tras una crisis alcohólica a causa del divorcio de su esposa. También hay emplazamiento de producto : el reloj Omega, el elegante Napoleon (¡quiquiriquí!), el whisky y, sobre todo, la olla arrocera cuyo olor a arroz cocido Goro inhala constantemente, hasta el punto de ridiculizarlo. Cada uno tiene sus propias obsesiones.
Vince Paul-Boncour, el director de Carlotta, teñido de rubio y con pérdida de voz (más de 2.000 personas en su stand del mercado de DVD ayer), presenta la película; Pascal-Alex Vincent, quien presentó Historia de una prostituta (Shunpu den, 1965), ha regresado para dar sus clases en la Sorbona. Christophe insistió en Vincent, y tenía razón, porque los estrenos de hace tiempo en Elephant eran insuficientes. Cinco películas de Suzuki, digitalizadas en 4k, se presentan en el Festival 2025 para su estreno nacional en 2026. Este es un estreno francés restaurado (una copia perfecta) para La marca de un asesino (Vincent filma el comienzo con su teléfono celular); un estreno mundial para Carmen de Kawachi (Kawachi Karumen, 1966), nunca estrenada fuera de Japón. Estas son películas que no viajaron. Suzuki, un antiguo asistente, se convierte en director; sus propios asistentes a veces también se convierten en directores. Entre 1956 y 1967, Suzuki rodó 42 películas. Entonces llegó el punto de inflexión. Según Christophe, Suzuki demandó a Nikkatsu, algo sin precedentes, y ganó en 1971. Se estrena poco después. ¿A un asistente (ese al que le gusta el alcohol y las prostitutas, como Suzuki y Ozu) le gustan las mariposas? Habrá una escena visualmente impactante con mariposas muertas, que caían constantemente, aunque esto disgustó a la actriz que tiene que lidiar con ellas. Esta película también se parece un poco a Peeping Tom (1960) de Powell. Escenas de desnudos, atrevidas para la época. En el lado yakuza, matar o morir, es la ejecución de un contrato entre un mechero publicitario que se abre y se cierra, escape en un globo publicitario, tomas subjetivas. Zorn se inspiró en la banda sonora, un thriller de jazz puro y duro. Se lanzará un disco de vinilo de la banda sonora. El actor Jô Shishido usó prótesis faciales para darse un aspecto asesino. Después de un éxito mediocre en los melodramas de Nikkatsu, se infló las mejillas artificialmente, lo que le dio un rostro extraño, parecido al de un hámster; la cirugía estética ha existido durante mucho tiempo en los círculos artísticos. Directores — incluido Ôshima, sin duda inspirado por él, con una inclinación subversiva —, estudiantes, críticos y otros profesionales de la industria cinematográfica se movilizaron por Suzuki antes del caso Langlois. Un productor organizó proyecciones itinerantes en tiendas de campaña. Tras diez años en la naturaleza, donde escribió guiones que nunca se filmarían y realizó anuncios y series de televisión, con el apoyo de su esposa abriendo un restaurante, finalmente reanudó el rodaje en 1977. Considerado un artesano, fue rehabilitado en su verdadero valor en la década de 1980 en Francia. Según Christophe, un artículo muy preciso en Midi-Minuit fantastique fue decisivo : el cineasta y crítico belga Roland Lethem intercambió extensa correspondencia con Suzuki, presentado como el « Bénazéraf japonés« , en particular La barrera de la carne (Nikutai no mon, 1963), la primera parte de La trilogía de la carne, en los números 18-19. Un documental sobre Suzuki busca financiación. Si bien existen algunos libros breves sobre Suzuki en el mundo angloparlante, no hay ninguno en francés. Carlotta distribuye gratuitamente un pequeño folleto escrito por Romain Dabert, alumno de Pascal-Alex. Incluso Rauger, de la Cinemateca Francesa, rechazó un centenario de Suzuki en 2023 con el pretexto de que su filmografía sería popular, mientras escribía su obituario en Le Monde, al igual que en la Casa de la Cultura de Japón…
[In English in 2nd part; en Espagnol en la parte 3; 第四部分(中文版)] Un asiatique à la sortie guette pour un autographe. Pathé Bellecour, je discute avec un jeune qui travaille dans l’archéologie préventive, d’abord sur la Grèce antique puis, sa passion, sur les chantiers mayas ; un père, enseignant-chercheur, sur les jeux, créateurs d’iceux, notamment les jeux sérieux, qui n’a pu trouver qu’un poste à Berlin, c’était le début de la conversation (de la difficulté de trouver un poste de chercheur en France) ; un frère metteur en scène, quelques courts-métrages, qui circulent dans des festivals mais pas Clermont-Ferrand. Frémaux très en retard arrive en sueur et s’excuse car la séance est retardée à cause de lui. Laïus, un clip sur Shu Qi, d’abord lent puis avec accélération, elle court sur un pont, Millenium Mambo (Qian xi man bo, HHH, 2001). Shu arrive avec un long manteau léger noir, une chemise blanche à longue collerette aux poignets, boucles d’oreilles rouges (corail ?) ; 49 ans, belle femme qui ne semble pas vieillir, son rouge à lèvres laisse transparaître un sourire carnassier. Virginie Apiou interviewe, une bonne interprète de mandarin, cinquantenaire à tête d’universitaire, qui montrera des signes de fatigue vers la fin.
Apiou lance sur son premier film réalisé, Girl (Nühai, 2h05, elle a gagné le prix de meilleur metteur en scène au festival de cinéma de Busan, Corée du Sud). Shu Qi, nettement en promotion pour son film, avoue être stressée. Elle bouge beaucoup des mains. Elle est très expressive et spontanée avec ses moues drôles de sa bouche pulpeuse. C’est une survivante, entre sa dure enfance et ses débuts dans les films érotiques hongkongais. Elle est résilience.
Sans HHH, elle n’aurait pas réalisé. Déjà, à l’époque de Three Times (Zui hao de shi guang, 2005), on discutait, avec HHH du jeu des acteurs. Ici, c’est un film sur mon histoire. En amont de The Assassin, il fumait dans un coin et on discutait et il me disait : « et ton scénario ? ». J’étais étonnée, sidérée même, d’avoir été prise au sérieux et qu’il s’en souvienne. Mais je me demandais sur quel sujet. Je n’ai pas eu le temps sur 2 ans, j’étais trop occupée. Et puis, par quel bout prendre, que dire aux gens ? HHH me dit : prends un thème le plus proche de toi. Cette histoire, j’ai mis 10 ans à la préparer.
Il y a dans Girl des moments de joie et ceux difficiles voire subversifs (frontaux), rien n’est esquivé, il y a un balancement, les personnages ne sont jamais jugés.
Je suis partie de la petite fille. Qui a envie d’être une personne nocive ? Personne. Pourquoi les père et mère se comportent ainsi ? Dans mon enfance, il y avait beaucoup de violences conjugales entre mon père [famille modeste : père fonctionnaire] et ma mère [au foyer] et familiales [on comprend que Shu Qi a été battue par ses parents ; elle a beaucoup fugué et part de sa famille à 16 ans]. La complicité d’homme et femme va droit au cœur. Comment représenter les violences et surtout les traces indélébiles laissées chez l’enfant ? Si la douleur réelle, physique disparait, les traces psychologiques sont profondes chez l’enfant. Comment montrer la façon dont mon père me courait après pour me battre ? Je me réfugiais dans une penderie où je voyais, j’entendais tout, le programme tv, les voisins, le moteur de la moto de mon père qui arrivait et que je redoutais. J’ai choisi de passer par le son.
Le film est équilibré et solaire, les amitiés, la liberté : c’est un film sur la construction de soi, qui construit.
Le thème de l’amitié n’était pas central au début. L’histoire se déroule en 1988 à Taiwan. C’est l’envolée économique, la transition vers la nouvelle société ; on allait les une chez les autres, dans différentes familles. Moi, j’étais plus isolée, intériorisée, renfermée, je n’avais pas beaucoup d’ami.e.s, je parlais à ma poupée, je ne voulais et pouvais parler des violences familiales. Girl fait un choix différent eu égard à sa personnalité, c’est une clé pour aller vers l’avenir.
Le film est beau et fluide. Il contient des choses fortes. Dans Millenium Mambo (Qian xi man bo, HHH, 2001), il y a une ouverture de 4mn, vous êtes de dos en fumant une cigarette, les souvenirs reviennent. Comment HHH vous dirigeait ? Il utilisait quels stimuli ?
Lors de la première collaboration, je me suis demandée : « mais pourquoi avoir pensé à moi ? ». Il m’a vue dans une pub. Il a eu le sentiment de voir quelqu’un de libre et d’autres choses que je ne révélerai pas et que je garde pour moi. Il ne me donnait aucune indication : il me regardait, il m’observait et ne disait rien. Il voulait me mettre dans une situation, m’insérer dans un groupe d’ami, juste vivre ensemble. Il n’y avait pas de scénario. Pour la scène du pont, il me dit quelques mots, « Tu vas sur la passerelle », c’était griffonné sur un bout de papier : « Vickie, traverse une passerelle, elle est libre. ». HHH est fort dans l’organisation en amont, l’ambiance de toutes les scènes, jusque dans les moindres détails puis je suis jetée dans l’environnement avec lequel je suis devenue familier. Je deviens cette fille qui vit la nuit, boit de l’alcool, qui vit avec un dj qui se drogue ; j’étais maquillée au naturel. Tout coule de source, je suis le personnage. Les autres acteurs avaient plus d’informations. Il y avait juste un bout de papier. J’enrichis mon personnage à ma façon.
Vous étiez la seule à réagir sans texte écrit, pourquoi ?
Pour Millenium Mambo (Qian xi man bo, HHH, 2001), il était très observateur ; ce qui importait, c’était le ressenti entre les acteurs. Il y a une scène de plainte de Vickie, elle a été répétée des heures le même jour et puis on y revenait chaque semaine ensuite. Jusqu’à ne plus supporter. Je craquais, je trouvais que c’était une perte de temps. Patient, HHH en a tenu compte et a enlevé la pression. Il m’a alors dit une grande phrase, profonde, qui me sert tous les jours : « Si l’acteur ne joue pas bien, ce n’est pas de sa faute ; c’est celle du réalisateur. ». Alors, toutes les pressions s’évaporent.
Dans Three times (Zui hao de shi guang, 2005), il y a peu de dialogues, ce qui compte, c’est le lien ou l’amour dans trois films avec des jeunes gens. HHH parlait du sentiment amoureux au sens littéral.
Les sentiments nous poussent dans la vie : dans Three times (Zui hao de shi guang, 2005), il y a 3 histoires. Le thème important pour un chinois, c’est le temps d’une vie à l’autre : si on a un sentiment d’abandon lorsqu’on est quittée, on peut toujours se dire que l’on se retrouvera dans l’autre vie. Il y a 3 histoires d’amour dont un rêve de jeunesse ; il s’agit de 3 femmes différentes avec une histoire douloureuse. Ce film m’a amené à reconsidérer ma conception de l’amour.
Il y a de la mélancolie dans Three times (Zui hao de shi guang, 2005), ou Vickie dans Millenium Mambo (Qian xi man bo, 2001), The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015).
Three times(Zui hao de shi guang, 2005), se déroule, pour un segment, en 1911. C’est donc en costume ; c’est important. Une fois revêtu, ça se passe, il y a la couleur, ce qui transparaît. J’ai lu beaucoup de livres sur les courtisanes, HHH m’en a passé plein. C’était facile à incarner. L’autre est plus sombre, c’est dans la douleur, c’était difficile car je la ressentais aussi. J’étais tellement impliquée, qu’au bout de 12 jours, il fallait que je fasse une pause, que je me repose. HHH l’a senti. Il n’y a pas eu plus de discussion, on plonge dans l’environnement, il n’y a pas l’économie du temps qui fait les choses (les plans-séquences longs, le temps longs). Je ne sentais ni la caméra, ni l’éclairage. Je me sens libre. HHH est spécial et incroyable, je devais jouer d’un instrument de musique, je n’étais pas entraînée, il fallait un doigté particulier. Je n’ai pas fait un travail sérieux. Je me suis dit : « Il va falloir que je procède autrement, différemment ; il faut que je travaille. ». Le fait de ne pas être au point sur le plateau m’a révélé la présence d’un attirail, d’une machinerie, la caméra, les lumières. HHH est très prévenant : comment il arrive à comprendre la psychologie des acteurs ? J’étais très mal e, du coup, j’ai fait ce qu’il fallait.
La place de la caméra, du corps. Il y a souvent des interférences (la voix, une porte, une vitre, etc.) chez HHH. De même dans Three times (Zui hao de shi guang, 2005), Millenium Mambo (Qian xi man bo, 2001) et The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015) : il aide pour faire évoluer. HHH expliquait pourquoi il dirigeait les corps des comédiens de loin ?
La distance, pour nous acteurs, on ne la voit pas, on ne voit pas la caméra, il n’y a aucune perche, pas de lumière visible. Il n’y a aucun artifice, on est libres, il n’y a aucune contrainte. HHH demande en amont à son chef opérateur de se mettre dans un coin discret, comme les autres techniciens. On est dans la vie, on est libres. On se plonge dans un espace ; on se laisse aller.
Dans The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015), votre dernier film avec HHH, votre personnage est différent, elle est de stature droite, elle ne fait aucun bruit, avec une attention au Caracter. Vous faites vous-même les cascades. Quelle était la direction d’acteur ?
C’est un film d’époque, Tang. C’est le désir d’HHH, c’est une longue expérience ensemble. J’ai eu un scénario dans les mains pour la première fois avec HHH. J’allais enfin travailler avec un dialogue clair, un scénario … de 10 pages.Les personnages sont réalistes chez HHH, dans ce film aussi. C’est un film de genre, un wu xia pian ; il n’y a pas de combats classiques. Ce qui compte, c’est la façon dont créer une ambiance comme la sienne. En 3 coups, c’est plié ici en art martial. Ce qui est important, c’est l’environnement, la création de l’ambiance. Dans The Assassin(Cike Nie Yinniang, 2015), j’ai un regard de tueur ; c’est l’énergie qui la tient, ce qu’on lit sur son visage, assez impassible. J’ai suivi un entraînement intensif en arts martiaux. J’ai beaucoup travaillé sur l’énergie.
Dans The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015), c’est un film hybride : arts martiaux, des discussions politiques, la famille, l’amour. Tout est inversé : l’assassin est une femme. L’homme, aimé, Chen Chang, est assis. Est-ce un film féministe ? Politique ? Les hommes sont estimés ?
Ce film est tourné d’un point de vue, celui du personnage féminin : la princesse, la concubine, etc. HHH travaille l’histoire, lit beaucoup (connaissance historique, documentation), se plonge dans une époque avec plein de détails. HHH a la capacité à traiter une histoire d’amour à sa façon. Entre femmes, il y a des tensions ; les hommes, eux, sont simples et directs, ils aiment et font tout pour conquérir une femme ; les femmes passent par des sentiments complexes (sacrifice, etc.).
Dans Résurrection (Kuangye shidai, 2025) de Bi Gan, vous jouez une gardienne d’immeuble muette avec un homme comme créature de cinéma, une musique comme du temps du cinéma muet. C’est un créateur étrange.
Avec Bi Gan, il n’y a pas de scénario dialogué, c’est plus extrême. Il n’y a qu’une feuille avec quelques informations. L’expérience avec HHH m’a servi. J’ai mis un an avant de travailler. Le film, c’est 6 histoires différentes à 6 époques différentes. Personne ne savait ce qu’il en était. Bi Gan travaille de façon expérimentale, il n’y a pas de dialogue, c’est comme un film muet ; tout a été abordé comme une danse, une chorégraphie. On travaille avec les décors, les accessoires. On s’y raccroche. On rentrait en interaction avec les accessoires, on jouait avec : il fait appel au langage corporel (danser) sans faire voir que c’est de la danse. C’est formidable : on aborde des choses nouvelles, on est poussés dans nos retranchements.
Dans le marché occidental, on vous connaît mais il y a aussi des films populaires d’Hong Kong avec Jackie Chan, T . Lung, Lo, etc. Il y a des comédies policières, des films hybrides, de la SF, etc. Vous avez aussi choisi le cinéma populaire.
J’ai eu de la chance dans la vie, grâce à de belles collaborations. Après Three times(Zui hao de shi guang, 2005), je n’avais pas le moral, j’avais besoin de m’arrêter, de me ressourcer. HHH m’a dit, non, n’arrête surtout pas. J’ai eu des expériences différentes avec différents metteurs en scène, il s’agit d’avoir plus d’expérience. Pour avoir un rôle de meutrière, je me considère comme une page blanche sur laquelle le metteur en scène écrit, je n’ai pas besoin de tuer ! [rires]. HHH m’a donné espoir et plaisir.
————————————————–
Les questions du public.
A noter que les questions de jeunes femmes asiatiques sont longues voire bavardes.
1m88, une chanteuse de jazz joue dans Girl (Nühai, 2h05). D’autre part, HHH ne peut plus tourner [maladie neurologique à 78 ans], avez-vous des nouvelles ?
J’ai écrit le scénario, j’ai réalisé et je suis actrice. Au début, je devais jouer le rôle principal mais, comme j’ai mis 10 ans, je suis trop âgée, il fallait une actrice plus jeune, avec une personnalité forte, avec une expérience de mère, beaucoup de caractère, pas une mère au foyer.
Sur HHH, il continue à marcher, à se promener, il aime cela. Sa famille le préserve, je n’ai plus de nouvelles.
Il existe des rôles sombres dans le cinéma d’Hong Kong, par exemple, Portland Street Blues (Goo wak chai : Hung Hing Sap Sam Mooi, Yip Wai Man, 1998).
Récemment, j’ai joué un personnage sombre, une mère dont l’enfant est enlevé par un mafieux sur Neflix. Je suis intéressée par l’âme humaine, des gens violents avec part d’ombres mais il y a peu de réalisateurs qui viennent me voir pour un rôle de méchante.
A travers le récit biographique, quelle est votre place dans Girl (Nühai, 2025) ?
Il y a beaucoup de personnages différents. Chacun a ses raisons. Moi, je ne tue pas !
Apiou : Dans votre film Girl (Nühai, 2025), on voit votre tempérament
Au début, c’était plus mou, plus expérimental. De ma famille, de mon enfance, je m’en suis écartée.
Vous évoquez l’environnement. Dans Girl (Nühai, 2025), il s’agit de se débrouiller, d’influencer, profondément, elle a du caractère. Comment composer ?
Depuis petite, j’ai vécu des choses difficiles, y compris au cinéma ensuite. Maintenant, nous sommes beaucoup aux prises avec une énergie négative. A chacun de lui trouver ce qui lui convient. Je ne m’arrête pas sur le négatif, je ne retiens que le positif. Je chéris ce que j’ai acquis.
Girl (Nühai, 2025) estun film douloureux : qu’est-ce qui vous a poussé à tourner ce film et quelles sont les intentions ?
Tout le monde, le public, me dit que j’ai du courage. Mais je me deamnde pourquoi ? Il s’agit juste de raconter une histoire. Et puis, à force d’en parler, la souffrance et la douleur surgissent, c’est trop parfois, pour moi. C’est difficile. C’est un message vers les parents en général : comment éduquer et aimer ses enfants sans pressions ? Les êtres, dans le film, sont à la dérive, comme leur énergie. Il faut faire face, accepter, ne pas se résigner ou se sentir vaincue, il faut créer sa voie dans l’existence. Il faut vivre. Le thème est qu’il n’y a pas de réconciliation mère-fille. De toute façon, quoiqu’il en soit, les blessures restent.
HHH ne prévoit pas ce qu’il va découvrir chez les acteurs. Ce qui l’intéresse, c’est leur authenticité et ce qui se passe entre les gens sur le plateau.
An Asian man at the exit is waiting for an autograph. Pathé Bellecour, I’m talking with a young man who works in preventive archaeology, first on ancient Greece and then, his passion, on Mayan construction sites; a father, a teacher-researcher, on games, creators of them, especially serious games, who could only find a position in Berlin, that was the beginning of the conversation (about the difficulty of finding a research position in France); a brother who is a director, a few short films, which are shown in festivals but not Clermont-Ferrand. Frémaux, very late, arrives sweating and apologizes because the screening is delayed because of him. Laïus, a clip on Shu Qi, first slow then accelerating, she runs on a bridge, Millenium Mambo (Qian xi man bo, HHH, 2001). Shu arrives with a long, light black coat, a white shirt with a long collar at the wrists, red earrings (coral?); A 49-year-old, beautiful woman who doesn’t seem to age, her red lipstick reveals a carnivorous smile. Virginie Apiou is interviewing a good Mandarin interpreter, in her fifties with the face of an academic, who shows signs of fatigue towards the end.
Apiou launches into her first film, Girl (Nühai, 2h05, she won the Best Director award at the Busan Film Festival, South Korea). Shu Qi, clearly promoting her film, admits to being stressed. She moves her hands a lot. She is very expressive and spontaneous with her funny pouts from her luscious mouth. She is a survivor, between her harsh childhood and her debut in Hong Kong erotic films. She is resilient.
Without HHH, she wouldn’t have directed. Already, at the time of Three Times (Zui hao de shi guang, 2005), we were discussing the actors with HHH. This is a film about my story. Before The Assassin, he was smoking in a corner and we were talking and he said to me : « And your script ? » I was surprised, even stunned, to have been taken seriously and that he remembered it. But I wondered what the subject was. I didn’t have time over 2 years, I was too busy. And then, how to start, what to tell people ? HHH said to me: choose a theme closest to you. This story took me 10 years to prepare.
In Girl, there are moments of joy and difficult, even subversive (head-on) moments. Nothing is avoided, there’s a balance, the characters are never judged.
I started with the little girl. Who wants to be a harmful person? No one. Why do parents behave this way? In my childhood, there was a lot of domestic violence between my father [a modest family: a civil servant father] and my mother [a stay-at-home mother], and family violence [we understand that Shu Qi was beaten by her parents; she ran away a lot and left her family at 16]. The complicity between man and woman goes straight to the heart. How do you represent the violence and, above all, the indelible marks left on the child? If the real, physical pain disappears, the psychological scars are deep in the child. How do you show the way my father ran after me to beat me? I took refuge in a wardrobe where I saw and heard everything: the TV program, the neighbors, the engine of my father’s motorcycle arriving, which I dreaded. I chose to go through sound.
The film, Girl, is balanced and sunny, with friendships and freedom: it’s a film about self-construction, about building.
The theme of friendship wasn’t central at the beginning. The story takes place in 1988 in Taiwan. It’s the economic boom, the transition to the new society; we went to each other’s houses, to different families. I was more isolated, internalized, withdrawn, I didn’t have many friends, I talked to my doll, I didn’t want to and couldn’t talk about family violence. Girl makes a different choice given her personality; it’s a key to moving toward the future.
The film is beautiful and fluid. It contains powerful elements. In Millennium Mambo (Qian xi man bo, HHH, 2001), there’s a four-minute opening scene, you’re seen from behind, smoking a cigarette, and memories come flooding back. How did HHH direct you ? What stimuli did he use ?
During the first collaboration, I asked myself : « but why did you think of me ? » He saw me in an ad. He had the feeling of seeing someone free and other things that I will not reveal and that I keep to myself. He did not give me any indication: he looked at me, he observed me and said nothing. He wanted to put me in a situation, insert me into a group of friends, just live together. There was no script. For the scene on the bridge, he said a few words to me, « You go to the footbridge« , it was scribbled on a piece of paper: « Vickie, cross a footbridge, she is free. » HHH is strong in the organization beforehand, the atmosphere of all the scenes, down to the smallest details then I am thrown into the environment with which I have become familiar. I become this girl who lives at night, drinks alcohol, who lives with a DJ who takes drugs; I was made up naturally. Everything flows naturally; I am the character. The other actors had more information. There was just a piece of paper. I enrich my character in my own way.
You were the only one to react without a written text. Why ?
For Millennium Mambo (Qian xi man bo, HHH, 2001), he was very observant; what mattered was the feeling between the actors. There’s a scene of Vickie’s complaint; it was rehearsed for hours on the same day, and then we came back to it every week afterward. Until we couldn’t stand it anymore. I cracked; I thought it was a waste of time. Patiently, HHH took this into account and relieved the pressure. He then told me a great, profound phrase that I use every day : « If the actor doesn’t perform well, it’s not his fault; it’s the director’s. » Then, all the pressure evaporates.
In Three Times (Zui hao de shi guang, 2005), there is little dialogue; what matters is the connection or love in three films with young people. HHH spoke of romantic feelings in the literal sense.
Feelings drive us through life: in Three Times (Zui hao de shi guang, 2005), there are three stories. The important theme for a Chinese person is the passage from one life to the next: if we feel abandoned when we are left, we can always tell ourselves that we will meet again in the next life. There are three love stories, including a youthful dream; they are about three different women with a painful history. This film led me to reconsider my conception of love.
There is melancholy in Three Times (Zui hao de shi guang, 2005), or Vickie in Millennium Mambo (Qian xi man bo, 2001), The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015).
Three times (Zui hao de shi guang, 2005), takes place, for one segment, in 1911. So it’s in costume; that’s important. Once dressed, it happens, there’s the color, what shines through. I read a lot of books on courtesans, HHH gave me plenty. It was easy to embody. The other is darker, it’s in pain, it was difficult because I felt it too. I was so involved that after 12 days, I had to take a break, to rest. HHH felt it. There was no more discussion, we dive into the environment, there is no economy of time that makes things (the long sequence shots, the long time). II didn’t feel the camera or the lighting. I feel free. HHH is special and incredible, I had to play a musical instrument, I wasn’t trained, it required a particular fingering. I didn’t do a serious job. I said to myself : « I’m going to have to proceed differently, differently; I have to work. » The fact of not being on point on the set revealed to me the presence of equipment, of machinery, the camera, the lights. HHH is very considerate: how does he manage to understand the psychology of actors ? I was very unwell, so I did what was necessary.
The place of the camera, of the body. There are often interferences (the voice, a door, a window, etc.) in HHH’s work. The same goes for Three Times (Zui hao de shi guang, 2005), Millennium Mambo (Qian xi man bo, 2001), and The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015): he helps to evolve. HHH explained why he directed the actors’ bodies from afar ?
For us actors, we don’t see distance, we don’t see the camera, there are no booms, no visible lights. There are no artifices, we are free, there are no constraints. HHH asks his cinematographer beforehand to position himself in a discreet corner, like the other technicians. We are in life, we are free. We immerse ourselves in a space; we let ourselves go.
In The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015), your last film with HHH, your character is different, she is straight-legged, she makes no noise, with attention to character. You do the stunts yourself. What was the direction of the actors ?
It’s a period film, Tang. It’s HHH’s desire, it’s a long experience together. I had a script in my hands for the first time with HHH. I was finally going to work with clear dialogue, a script… of 10 pages. The characters are realistic in HHH, in this film too. It’s a genre film, a wu xia pian; there are no classic fights. What matters is how to create an atmosphere like his. In three moves, it’s wrapped up in martial arts here. What’s important is the environment, the creation of the atmosphere. In The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015), I have a killer’s gaze; it’s the energy that holds her, what you read on her face, quite impassive. I underwent intensive martial arts training. I worked a lot on energy.
In The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015), it’s a hybrid film : martial arts, political discussions, family, love. Everything is reversed: the assassin is a woman. The beloved man, Chen Chang, is sitting. Is it a feminist film ? Political ? Are men valued ?
This film is shot from one point of view, that of the female character: the princess, the concubine, etc. HHH works with history, reads extensively (historical knowledge, documentation), and immerses himself in a period with plenty of detail. HHH has the ability to approach a love story in his own way. Between women, there is tension; men, on the other hand, are simple and direct, they love and do anything to win a woman; women experience complex emotions (sacrifice, etc.).
In Bi Gan’s Resurrection (Kuangye shidai, 2025), you play a mute caretaker with a man as a cinematic creature, music from the silent era. He’s a strange creator.
With Bi Gan, there is no dialogued script, it’s more extreme. There is only a sheet with a few pieces of information. The experience with HHH was useful to me. It took me a year to work. The film is 6 different stories in 6 different eras. No one knew what was going on. Bi Gan works in an experimental way, there is no dialogue, it’s like a silent film; everything was approached like a dance, a choreography. We work with the sets, the props. We cling to them. We interact with the props, we play with them: he uses body language (dancing) without showing that it’s dance. It’s fantastic: we approach new things, we are pushed to our limits.
In the Western market, you’re well-known, but there are also popular Hong Kong films with Jackie Chan, T. Lung, Lo, etc. There are crime comedies, hybrid films, science fiction, etc. You’ve also chosen popular cinema.
I’ve been lucky in life, thanks to some great collaborations. After Three Times (Zui hao de shi guang, 2005), I was feeling down; I needed to stop, to recharge my batteries. HHH told me, no, don’t stop. I’ve had different experiences with different directors; it’s about gaining more experience. To play a murderer, I consider myself a blank page for the director to write on; I don’t need to kill ! [laughs]. HHH gave me hope and pleasure.
——————————————————————–
Questions from the audience.
Note that the questions from young Asian women are long, even wordy.
6’2″, a jazz singer stars in Girl (Nühai, 2h05). Also, HHH can no longer act [neurological illness at 78 years old]. Do you have any news?
I wrote the script, I directed, and I’m an actress. Initially, I was supposed to play the lead role, but since it took me 10 years, I’m too old. We needed a younger actress, with a strong personality, with experience as a mother, a lot of character, not a stay-at-home mom.
In HHH, he continues to walk, to go for walks; he loves that. His family protects him; I haven’t heard from him since.
There are dark roles in Hong Kong cinema, for example, Portland Street Blues (Goo wak chai : Hung Hing Sap Sam Mooi, Yip Wai Man, 1998).
Recently, I played a dark character, a mother whose child is kidnapped by a mobster on Netflix. I’m interested in the human soul, violent people with dark sides, but few directors approach me for a villain role.
Through the biographical narrative, what is your role in Girl (Nühai, 2025)?
There are many different characters. Each has their own reasons. I don’t kill !
Apiou : In your film Girl (Nühai, 2025), we see your temperament.
At first, it was softer, more experimental. I distanced myself from my family, from my childhood.
You mentioned the environment. In Girl (Nühai, 2025), it’s about getting by, influencing; she has a strong character. How do you deal with that ?
Since I was little, I’ve experienced difficult things, including in the movies. Now, we’re all grappling with negative energy. Each of us has to find what works for us. I don’t dwell on the negative; I only remember the positive. I cherish what I’ve learned.
Girl (Nühai, 2025) is a painful film: what prompted you to make it, and what were your intentions ?
Everyone, the audience, tells me I have courage. But I wonder why ? It’s just about telling a story. And then, by talking about it so much, the suffering and pain emerge; it’s sometimes too much for me. It’s difficult. It’s a message to parents in general : how to raise and love your children without pressure ? The people in the film are adrift, like their energy. You have to face it, accept it, not give up or feel defeated; you have to create your own path in life. You have to live. The theme is that there is no mother-daughter reconciliation. In any case, whatever happens, the wounds remain.
HHH doesn’t anticipate what he’ll discover in the actors. What interests him is their authenticity and what happens between the people on set.
Un hombre asiático a la salida espera un autógrafo. Pathé Bellecour, hablo con un joven que trabaja en arqueología preventiva, primero sobre la antigua Grecia y luego, su pasión, sobre las obras de construcción mayas; un padre, profesor-investigador, de videojuegos, creadores de ellos, especialmente juegos serios, que solo pudo encontrar un puesto en Berlín, ese fue el comienzo de la conversación (sobre la dificultad de encontrar un puesto de investigación en Francia); un hermano director, algunos cortometrajes, que se proyectan en festivales, pero no en Clermont-Ferrand. Frémaux, muy tarde, llega sudando y se disculpa porque la proyección se retrasa por su culpa. Laïus, un clip sobre Shu Qi, primero lento y luego acelerando, corre sobre un puente, Millenium Mambo (Qian xi man bo, HHH, 2001). Shu llega con un abrigo negro largo y claro, una camisa blanca con cuello largo en las muñecas, pendientes rojos (¿coral?); Una hermosa mujer de 49 años que no parece envejecer, su lápiz labial rojo revela una sonrisa carnívora. Virginie Apiou entrevista a un buen intérprete de mandarín, cincuentón con rostro académico, que muestra signos de fatiga hacia el final.
Apiou se lanza a su primera película, Girl (Nühai, 2h05, ganó el premio a la Mejor Dirección en el Festival de Cine de Busan, Corea del Sur). Shu Qi, claramente promocionando su película, admite estar estresada. Mueve mucho las manos. Es muy expresiva y espontánea, con sus graciosos pucheros en su sensual boca. Es una superviviente, entre su dura infancia y su debut en el cine erótico de Hong Kong. Es resiliente.
Sin HHH, no habría dirigido. Ya en la época de Tres Tiempos (Zui hao de shi guang, 2005), estábamos hablando de los actores con HHH. Esta es una película sobre mi historia. Antes de El Asesino, estaba fumando en un rincón y charlando, y me dijo : « ¿Y tu guion? ». Me sorprendió, incluso me dejó atónito, que me tomara en serio y que lo recordara. Pero me preguntaba de qué tema se trataba. No tenía más de dos años de tiempo; estaba demasiado ocupado. Y entonces, ¿cómo empezar, qué decirle a la gente? HHH me dijo: elige un tema que te resulte cercano. Esta historia me llevó 10 años de preparación.
Empecé con la niña. ¿Quién quiere ser dañino? Nadie. ¿Por qué los padres se comportan así?
En mi infancia, hubo mucha violencia doméstica entre mi padre [una familia modesta : un padre funcionario] y mi madre [una madre ama de casa], y violencia familiar [entendemos que Shu Qi fue golpeada por sus padres; huyó mucho de casa y dejó a su familia a los 16 años]. La complicidad entre hombre y mujer llega directo al corazón. ¿Cómo se representa la violencia y, sobre todo, las marcas indelebles que quedan en la niña? Si el dolor físico real desaparece, las cicatrices psicológicas son profundas en la niña. ¿Cómo se muestra cómo mi padre corría tras de mí para golpearme? Me refugié en un armario donde lo veía y lo oía todo: el programa de televisión, los vecinos, la llegada del motor de la motocicleta de mi padre, que me daba pavor. Elegí pasar por el sonido.
En Girl, hay momentos de alegría y momentos difíciles, incluso subversivos (directos). No se elude nada, hay equilibrio, los personajes nunca son juzgados.
La película es equilibrada y alegre; las amistades, la libertad: es una película sobre la autoconstrucción, que construye. El tema de la amistad no fue central al principio. La historia se desarrolla en 1988 en Taiwán. Es el auge económico, la transición a la nueva sociedad; íbamos a las casas de los demás, a diferentes familias. Yo estaba más aislada, interiorizada, retraída, no tenía muchos amigos, hablaba con mi muñeca, no quería ni podía hablar de violencia familiar. Girl toma una decisión diferente según su personalidad; es clave para seguir adelante.
La película es hermosa y fluida. Contiene un contenido poderoso. En Millennium Mambo (Qian xi man bo, HHH, 2001), hay un comienzo de 4 minutos, se te ve desde atrás fumando un cigarrillo, los recuerdos regresan. ¿Cómo te dirigió HHH? ¿Qué estímulos utilizó?
Durante la primera colaboración, me pregunté : « ¿Pero por qué pensaste en mí?« . Me vio en un anuncio. Tuvo la sensación de ver a alguien libre y otras cosas que no revelaré y que me guardo para mí. No me dio ninguna pista : me miró, me observó y no dijo nada. Quería ponerme en una situación, integrarme a un grupo de amigos, simplemente vivir juntos. No había guion. Para la escena del puente, me dijo unas palabras : « Ve a la pasarela », garabateadas en un papel : « Vickie, cruza la pasarela, es libre« . HHH es muy eficaz en la organización previa, en la atmósfera de todas las escenas, hasta en el más mínimo detalle. Luego me sumergí en el entorno con el que me había familiarizado. Me convierto en esta chica que vive de noche, bebe alcohol, que vive con un DJ que se droga; me maquillaron con naturalidad.
Todo fluye con naturalidad; yo soy el personaje. Los demás actores tenían más información. Solo había un papel. Enriquezco mi personaje a mi manera. Fuiste el único que reaccionó sin un texto escrito. ¿Por qué?
Para Millennium Mambo (Qian xi man bo, HHH, 2001), fue muy observador; lo que importaba era el sentimiento entre los actores. Hay una escena de la queja de Vickie; la ensayamos durante horas el mismo día, y luego la retomamos cada semana. Hasta que no pudimos soportarlo más. Me derrumbé; pensé que era una pérdida de tiempo. Con paciencia, HHH lo tuvo en cuenta y me alivió la presión. Entonces me dijo una frase grandiosa y profunda que uso a diario : «Si el actor no actúa bien, no es su culpa; es del director». Entonces, toda la presión se evapora.
En Three Times (Zui hao de shi guang, 2005), hay poco diálogo; lo que importa es la conexión o el amor en tres películas con jóvenes. HHH habló de sentimientos románticos en sentido literal.
Los sentimientos nos impulsan a través de la vida : en Tres Tiempos (Zui hao de shi guang, 2005), hay tres historias. El tema central para un chino es el paso de una vida a la siguiente: si nos sentimos abandonados cuando nos dejan, siempre podemos decirnos a nosotros mismos que nos volveremos a encontrar en la otra vida. Hay tres historias de amor, incluyendo un sueño de juventud; tratan sobre tres mujeres diferentes con una historia dolorosa. Esta película me hizo reconsiderar mi concepción del amor.
Hay melancolía en Tres Tiempos (Zui hao de shi guang, 2005), o Vickie en Millennium Mambo (Qian xi man bo, 2001), o en El Asesino (Cike Nie Yinniang, 2015).
Tres veces (Zui hao de shi guang, 2005), transcurre, durante un segmento, en 1911. Así que es con vestuario; eso es importante. Una vez vestida, sucede, ahí está el color, lo que brilla a través. Leí muchos libros sobre cortesanas, HHH me dio bastantes. Fue fácil de encarnar. La otra es más oscura, es dolorosa, fue difícil porque yo también lo sentí. Estaba tan involucrada que después de 12 días, tuve que tomarme un descanso, descansar. HHH lo sintió. No hubo más discusión, nos sumergimos en el entorno, no hay economía de tiempo que haga las cosas (las largas secuencias, el largo tiempo). No sentí la cámara ni la iluminación. Me siento libre. HHH es especial e increíble; tuve que tocar un instrumento musical, no tenía formación, requería una digitación particular. No hice un trabajo serio. Me dije : «Voy a tener que proceder de otra manera; tengo que trabajar». El hecho de no estar a la altura en el set me reveló la presencia del equipo, de la maquinaria, de la cámara, de las luces. HHH es muy considerado : ¿cómo logra comprender la psicología de los actores? Yo estaba muy mal, así que hice lo necesario.
Es una película de época, Tang. Es el deseo de HHH, es una larga experiencia juntos. Tenía un guion en mis manos por primera vez con HHH. Finalmente iba a trabajar con diálogos claros, un guion… de 10 páginas. Los personajes son realistas en HHH, también en esta película. Es una película de género, un wu xia pian; no hay peleas clásicas. Lo que importa es cómo crear una atmósfera como la suya. En tres movimientos, aquí está envuelto en artes marciales. Lo importante es el entorno, la creación de la atmósfera. En The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015), tengo la mirada de una asesina; es la energía que la sostiene, lo que lees en su rostro, bastante impasible. Me sometí a un entrenamiento intensivo en artes marciales. Trabajé mucho en la energía.
En The Assassin (Cike Nie Yinniang, 2015), es una película híbrida: artes marciales, discusiones políticas, familia, amor. Todo está al revés: la asesina es una mujer. El hombre amado, Chen Chang, está sentado. ¿Es una película feminista? ¿Política? ¿Se valora a los hombres?
Esta película está filmada desde un solo punto de vista: el del personaje femenino: la princesa, la concubina, etc. HHH trabaja con la historia, lee extensamente (conocimiento histórico, documentación) y se sumerge en una época con gran detalle. HHH tiene la capacidad de abordar una historia de amor a su manera. Entre las mujeres, hay tensión; los hombres, en cambio, son sencillos y directos, aman y hacen lo que sea por conquistar a una mujer; las mujeres experimentan emociones complejas (sacrificio, etc.).
En Resurrección de Bi Gan (Kuangye shidai, 2025), interpretas a un cuidador mudo con un hombre como criatura cinematográfica, música de la era del cine mudo. Es un creador peculiar.
Con Bi Gan, no hay guion dialogado, es más extremo. Solo hay una hoja con poca información. La experiencia con HHH me fue útil. Me llevó un año trabajar. La película son seis historias diferentes en seis épocas distintas. Nadie sabía qué estaba pasando. Bi Gan trabaja de forma experimental, sin diálogos, como una película muda; todo se abordó como una danza, una coreografía. Trabajamos con los decorados, la utilería. Nos aferramos a ellos. Interactuamos con la utilería, jugamos con ella: él usa el lenguaje corporal (bailando) sin que parezca que está bailando. Es fantástico: abordamos cosas nuevas, nos vemos obligados a superar nuestros límites.
En el mercado occidental, eres muy conocido, pero también hay películas populares de Hong Kong con Jackie Chan, T. Lung, Lo, etc. Hay comedias policiacas, películas híbridas, ciencia ficción, etc. También has optado por el cine popular.
He tenido suerte en la vida, gracias a algunas colaboraciones geniales. Después de Tres Veces (Zui hao de shi guang, 2005), me sentía deprimido; necesitaba parar, recargar las pilas. HHH me dijo : «No, no pares». He tenido diferentes experiencias con diferentes directores; se trata de ganar más experiencia. Para interpretar a un asesino, me considero una página en blanco para que el director escriba; ¡no necesito matar! [risas]. HHH me dio esperanza y alegría.
———————————————————————–
Preguntas del público.
Cabe destacar que las preguntas de las jóvenes asiáticas son largas, incluso verbosas.
Con 1,88 m de altura, una cantante de jazz protagoniza Girl (Nühai, 2h05). Por otro lado, HHH ya no puede actuar [enfermedad neurológica a los 78 años], ¿tienes alguna novedad?
Escribí el guion, dirigí y soy actriz. Al principio, se suponía que iba a interpretar el papel principal, pero como tardé 10 años, soy demasiado mayor. Necesitábamos una actriz más joven, con una personalidad fuerte, con experiencia como madre, con mucho carácter, no una ama de casa.
En HHH, sigue caminando, paseando; eso le gusta. Su familia lo está protegiendo, no tengo más noticias.
Hay papeles oscuros en el cine de Hong Kong, por ejemplo, Portland Street Blues (Goo wak chai : Hung Hing Sap Sam Mooi, Yip Wai Man, 1998).
Recientemente, interpreté un personaje oscuro, una madre cuyo hijo es secuestrado por un mafioso en Netflix. Me interesa el alma humana, las personas violentas con un lado oscuro, pero pocos directores me contactan para un papel de villana.
A través de la narrativa biográfica, ¿cuál es tu papel en Girl (Nühai, 2025)?
Hay muchos personajes diferentes. Cada uno tiene sus propias razones. ¡Yo no mato!
Apiou : En tu película Girl (Nühai, 2025), vemos tu temperamento.
Al principio, era más suave, más experimental. Me distancié de mi familia, de mi infancia.
Mencionaste el entorno. En Girl (Nühai, 2025), se trata de salir adelante, de influir; tiene un carácter fuerte. ¿Cómo lidias con eso?
Desde pequeña, he vivido momentos difíciles, incluso en el cine. Ahora, todos lidiamos con la energía negativa. Cada uno tiene que encontrar lo que le funciona. No me detengo en lo negativo; solo recuerdo lo positivo. Valoro lo que he aprendido.
Girl (Nühai, 2025) es una película dolorosa: ¿qué te impulsó a hacerla y cuáles eran tus intenciones?
Todo el mundo, el público, me dice que tengo coraje. Pero me pregunto por qué. Se trata simplemente de contar una historia. Y luego, de tanto hablar de ello, emergen el sufrimiento y el dolor; a veces es demasiado para mí. Es difícil. Es un mensaje para los padres en general: ¿cómo criar y amar a sus hijos sin presión? Los personajes de la película están a la deriva, como su energía. Hay que afrontarlo, aceptarlo, no rendirse ni sentirse derrotado; hay que crear el propio camino en la vida. Hay que vivir. El tema es que no hay reconciliación madre-hija. En cualquier caso, pase lo que pase, las heridas permanecen.
HHH no anticipa lo que descubrirá en los actores. Lo que le interesa es su autenticidad y lo que sucede entre la gente en el set.
[English in 2nd part; espagnol en la parte 3] Voir Sirāt un 7 octobre, anniversaire du massacre, pogrom du hamas sur des israéliens participants à une rave et menant à un génocide de palestiniens. Sirāt, « le chemin » ou « la voie » en arabe, c’est un hadith, des paroles attribuées au prophète, désignant un pont symbolique, « plus fin qu’un cheveu et plus tranchant qu’une épée », reliant l’enfer et le paradis, que les âmes doivent traverser après la mort le jour du Jugement dernier. Ce film est un « cri dans notre société qui refuse de voir la mort en face. ». Óliver Laxe, parlant huit langues, né à Paris de parents gardiens espagnols d’immeubles dans le 16e, est parti au Maroc, près d’un maître soufi (merveilleux proverbe : «Etre de ce monde sans l’être.»), s’est implanté avec une travelleuse dans une palmeraie de Skoura près d’Ouarzazate, après avoir été mannequin sans joie à Londres et suivi des études de communication audiovisuelle, non de cinéma, à Barcelone. Il est revenu à Os Ancares, le village de Galice où il a grandi, avec déclassement social vécu comme une blessure, et préside actuellement une coopérative formée avec ses voisins bergers, éleveurs et cultivateurs. Un ami de Laxe chante également, magnifiquement, une poétique sourate de Marie où le divin parle au pluriel : « Nous vous avons faits de peuples différents, afin que vous vous connaissiez les uns les autres. » En ces temps obscurs, il est nécessaire d’affirmer que le Coran est un texte magnifique. La troisième guerre mondiale est évoquée. Elle a en réalité commencé le 11 septembre 2001 avec l’émergence du XXIe siècle. Dans un parcours d’apocalypse (Fata Morgana de Werner Herzog, 1971, « Quand je marche, je suis un bison. Quand je m’arrête, je suis une montagne. » ; Le salaire de la peur, Clouzot, 1953, tourné en Camargue, et son remake, Le Convoi de la peur, Sorcerer, Bill Friedkin, 1977 pour la traversée du fleuve, les dangereux lacets montagneux, l’ensablement et, surtout, le voyage à haut risque de la fin; le magnifique et méconnu Oeil pour oeil d’André Cayatte, 1957 ; Point limite zéro, Vanishing Point, Sarafian, 1971 ; la saga Mad Max ; la trilogie eschatologique de Koyaanisqatsi, la prophétie, Koyaanisqatsi, 1982, documentaire de Geoffrey Reggio, un film culte avec la musique de Philip Glass ; La route, The Road, d’Hillcoat, 2009 – d’ailleurs Viggo a été envisagé pour Sirāt puisqu’il vit et parle Espagnol – d’après le livre marquant, nettement plus réussi, de Cormac McCarthy) – dialogue : « C’est ça qu’on ressent quand c’est la fin du monde ? » « Ça fait longtemps que c’est la fin du monde. » -, la révélation est au bout du parcours, un rituel de mort pour connecter avec la vie – comme dans Gerry (Gus Van Sant, 2002). Le train est une métaphore récurrente du cinéma depuis ses débuts. « Le film se désagrège à mesure qu’il avance » vers plus d’abstraction. Personnellement, je suis devenu très sceptique sur la cérémonie cinématographique, la communion, le côté messe : chacun pour soi, on le voit dans les comportements dans la salle où le collectif est volontairement ignoré, d’autant que la fréquentation des salles baisse en France de 15% cette année alors qu’elle était maximale et historique l’année d’avant le covid. Ce « cinéma de la cruauté » (H. Bazin qui se référait à Luis Buñuel, Alfred Hitchcock, Akira Kurosawa ou Carl Theodor Dreyer, auxquels Ducournau, Nicolas Winding Refn, Gaspar Noé, Coralie Fargeat, David Cronenberg, Paul Schrader se réfèrent) perd son énergie par des accumulations scénaristiques d’actions peu probables dans la longue séquence finale (le chien, Pipa, dont on ne sait comment il a réchappé du SUV, remplacé par des robots, a longtemps servi à dénicher les bombes), déjà entamée par un twist peu réaliste.
Nietzsche disait : « Je considère comme gaspillée toute journée où je n’ai pas dansé. ». « Dansez, dansez sinon nous sommes perdus » martelait la chorégraphe et danseuse Pina Bausch. « Le processus créatif a débuté avec des images : des camions qui traversent le désert. Ça remonte à 2012, 2013. » explicite Laxe qui a conçu son film en dansant lors de raves, entre Europe et Afrique du Nord. En dix ans, les scénarios se sont enchaînés, tous plus délirants les uns que les autres, avec des soldats vêtus de blanc dans le désert, une épidémie mondiale avant le Covid, des engins fantômes. Avec la procession des véhicules, on songe aux vers, Shai-Hulud ou Faiseur, dans Dune (D. Villeneuve, 2021, 2024) mais aussi au début de Shining (Kubrick, 1980) ! Les road-movies désenchantés du nouveau cinéma américain des années 1970 comme Easy Rider (Fonda-Hopper, 1969), Macadam à deux voies (Two-Lane Blacktop, Monte Hellman, 1971 et la Chevrolet 1955) et Zabriskie Point (Michelangelo Antonioni, 1970), mais aussi les films de Jodorowsky, d’accord : « Je pense que nous vivons un moment semblable aux années 1970. Une polarisation extrême, une société violente, un fort désir de spiritualité, l’usage des hallucinogènes dans les thérapies et l’extension de contre-cultures ». Mouais, comparaison n’est pas raison en Histoire, on nous sert aussi des années 30 en ce moment ; je suis plus pour 1787.
Si ce n’est pas un film sur la culture des teufeurs et des travellers, le sujet est nettement abordé. Selon Jade, il s’agit de jeu et d’improvisations avant l’interprétation du script et « le travail de réécriture avec Óliver qui s’est inspiré de nos histoires, de nos vécus, pour abonder au scénario ». Venus du monde de la rave, les acteurs non professionnels, remémorant L’Humanité de Dumont (1999), en font partie : Jade (Jade Oukid), Stephy (Stefania Gadda), Tonin (Tonin Janvier, il transforme, dans une scène drôle et déjà culte, applaudie à Cannes, son moignon de jambe manquante en marionnette pour chanter Le Déserteur de Boris Vian, chanson forte et indémodable), Bigui (Richard Bellamy, le pote de Laxe qui a perdu sa main lors d’une manifestation de gilets jaunes – Etat, vraiment « monopole de la violence légitime » Max Weber ?) et Josh (Joshua Liam Henderson) aux looks bien marqués (tatouages, etc.). Deux éclopés, c’est beaucoup pour une « communion de cicatrices ». Un freak, un pirate, un punk, un ancien hippie, c’est l’archétype qui vire à la caricature. Le scénario étant étique, laxe et le dialogue étant minimal – il a été coupé à la réécriture, on s’attache peu aux personnages, car le spectateur n’a pas le temps de les connaître et donc de s’identifier, à part Luis, López ressemblant de plus en plus à Sancho Panza, et son fils : « nous ne travaillons pas sur une dramaturgie classique, sur la psychologie des personnages, mais en terme d’énergies » (Positif n°775, septembre 2025). A partir d’une pellicule 16 millimètres pour obtenir plus de grains (la belle photo de Mauro Herce est, logiquement, granuleuse ; le 35mm aurait été trop cher), les zooms sont lents, sur le paysage fordien – la roche sous la lumière qui décline, les projections lasers de la rave qui la découpe -, sur les enceintes (homme/machine), comme des monolithes kubrickiens ; beaucoup de plans-séquences avec ces personnages isolés dans les plans larges de paysages arides d’eastern, des raccords en fondu enchaîné à la Lawrence d’Arabie (Lawrence of Arabia, 1962, David Lean, ). Mais pourquoi, malgré des moyens supérieurs à ses autres longs-métrages, ce format intermédiaire de 1:85 et non un 2:35 ? Pour rester près des protagonistes ?
Reste que l’ambiance free party, avec le collectif Drop’in Caravane pour organiser la rave du film dans le désert Teruel (Espagne) trois jours durant et la musique de Kangding Ray (David Letellier, ancien architecte, présent au montage), auréolé du Cannes Soundtrack Award, issu de la scène berlinoise avec son Solens Arc (2014) sur le génial label Raster-Noton, où le morceau fleuve Amber Decay est remixé pour les premières minutes, et dont la BO (En La Noche ou techno tribale et réverbérée par les immenses falaises de l’Atlas ; virage ambient avec Horizon et Desierto puis le dramatique The Fall et enfin les nuées stellaires dignes de Nils Frahm, Les Marches) sortira chez les Anglais Invada, est fidèle. Certes il y a l’esprit de solidarité, moins de hiérarchisation, une grande tolérance, mais ce qui me marqua, lors de mes longues années raves, c’est l’extrême individualisme, chacun ressent pour soi, certain.e.s., histrioniques, veulent sortir du lot, et, en même temps, un côté masse, collectif qui peut tendre vers la fusion mais aussi le totalitaire où la musique est imposée à des gens soumis. Toxicité (le LSD est abordé), apparences mais aussi communion, retour à l’essentiel, au fœtal, catharsis, purification, passage par les mouvements du corps, comme les derviches tourneurs. Si Laxe a jeté les premiers morceaux (scène de la fête), le musicien qui composa la bande-son avant le tournage, déclare : « J’ai milité pour que le diégétique, ça soit les gens dans la salle, pour qu’ils rentrent dans le film. Les enceintes de la salle de cinéma sont les enceintes dans la free party.». « Mon objectif, c’était de faire que le beat disparaisse progressivement et que la mélodie se dématérialise tout au long du film, de la même manière que le récit narratif entre en abstraction, de la même manière que le paysage devient de plus en plus un paysage intérieur, un paysage mental, un paysage sonore. » Le son est granuleux, sale (« dispositif à base de compresseurs à lampe, de distorsions analogiques ») mais high-fi. Personnage principal du film, avec le paysage, il participe de l’immersion totale, de l’expérience sensorielle. Il y a vibrations, y compris des sièges, du corps avec l’ampleur du son. « C’est pas fait pour entendre, c’est fait pour danser. », dit Jade : c’est ça, la musique techno.
Il s’agit plus d’une quête, le désert s’y prête, d’une perte de soi des survivants, dans la lignée d’Au coeur des ténèbres de Conrad (Apocalypse now, Coppola, 1979) ou Un thé au Sahara (The Sheltering Sky, B. Bertolucci, 1990, d’après le roman du beat Bowls). Luis (Sergi López, crevé par la chaleur et le sable soulevé et ingéré) retrouvera-t-il sa fille, Marina ? Le spectateur réalise vite que Laxe s’en fout, c’est un prétexte même si une fin ouverte est toujours bienvenue, comme dans Teorema de Pasolini (1968) : « Je n’ai pas tellement besoin de récits dans mes films. », c’est un peu le problème. « Il fallait dialoguer avec le cinéma populaire, avec l’ambition d’une grosse production. » déclare Laxe, posant ainsi le problème du film qui hésite entre deux pôles. C’est vrai qu’il existe un côté Le grand bleu (Besson, 1988) sauce sable dans désert : « j’ai voulu faire un cinéma jeune, pour attirer un public jeune. ». Un message ? « Le film est comme un massage qui agit à l’intérieur ». Mouais. Un peu idéaliste. Les genres mêlés – trop de choses – sont un peu un gloubi-boulga même si bien défini par le co-scénariste, le « philosophe » Santiago Fillol, sans perdre l’axe : « De même, le récit se dématérialise. On commence sur un documentaire, on va vers un film d’aventures, puis un drame, un survival. Et puis c’est le désert… » selon Laxe. Enfin, le côté donneur de leçons, oui la guerre, c’est mal, est irritant, ça soufi : « La vie ne te donne pas ce que tu cherches, elle te donne ce dont tu as besoin. ». Il semble prêt pour les sirènes américaines.
« Bresson, le père, la tête. Kiarostami, le fils [Le goût de la cerise, Ta’m e guilass, 1997], le cœur.Tarkovski, le Saint-Esprit… ». Classique. Si le film a été financé en partie par El Deseo (les frères Almodóvar), Arte et le CNC, avec le refus de l’avance sur recettes, ont tristement pris peur à cause de l’histoire. Laxe s’inscrit dans le minimalisme d’Albert Serra, avec cet aspect hypnotique, et Isaki Lacuesta. Vous êtes tous des capitaines (Todos vós sodes capitáns, 2010, prix de la Fipresci), grâce à Olivier Père d’Arte, Mimosas, la voie de l’Atlas, (Mimosas, 2016), couronnée du grand prix de la semaine de la critique à Cannes, Viendra le feu (O que arde, 2019 sur un paysan miséreux de Galice accusé d’être un pyromane), prix du jury Un Certain Regard et deux Goyas, et Sirāt, quatrième long métrage, grand prix du jury à Cannes, ex-æquo, qui cartonne en Espagne et en France. Craignons que Laxe devienne un réalisateur pour festivals ; tant mieux s’il rencontre enfin le public, pourtant partagé, et la critique.
See Sirāt on October 7, the anniversary of the massacre, a Hamas pogrom against Israelis participating in a rave that led to the genocide of Palestinians. Sirāt, « the path » or « the way » in Arabic, is a hadith, words attributed to the prophet, designating a symbolic bridge, « thinner than a hair and sharper than a sword » connecting hell and paradise, which souls must cross after death on the Day of Judgment. This film is a « cry in our society that refuses to face death. » Óliver Laxe, who speaks eight languages and was born in Paris to Spanish parents who were building caretakers in the 16th arrondissement, went to Morocco, to live with a Sufi master (wonderful proverb : « To be of this world without being of it.« ), settled down with a traveler in a palm grove in Skoura near Ouarzazate, after having been a joyless model in London and having studied audiovisual communication, not cinema, in Barcelona. He returned to Os Ancares, the village in Galicia where he grew up, with social decline experienced as a wound, and currently chairs a cooperative formed with his neighbors, shepherds, breeders and farmers. A friend of Laxe also sings, magnificently, a poetic surah of Mary where the divine speaks in the plural : « We have made you from different peoples, so that you may know one another. » In these dark times, it is necessary to affirm that the Koran is a magnificent text. The Third World War is evoked. It actually began on September 11, 2001 with the emergence of the 21st century. In an apocalyptic journey (Fata Morgana by Werner Herzog, 1971, “When I walk, I am a bison. When I stop, I am a mountain.”; The Wages of Fear, Clouzot, 1953, filmed in Camargue, and its remake, Sorcerer, Bill Friedkin, 1977 for the river crossing, the dangerous mountain bends, the silting up and, above all, the high-risk journey at the end; the magnificent and little-known Eye for an Eye by André Cayatte, 1957; Vanishing Point, Sarafian, 1971; the Mad Max saga; Koyaanisqatsi, 1982, documentary by Geoffrey Reggio, a cult film with music by Philip Glass; The Road, by Hillcoat, 2009 – besides, Viggo was considered for Sirāt since he lives and speaks Spanish – based on the striking, much more successful book by Cormac McCarthy) – dialogue : « Is this what it feels like when the world is ending ? » « It’s been the end of the world for a long time. » -, the revelation is at the end of the journey, a death ritual to connect with life – as in Gerry (Gus Van Sant, 2002). The train has been a recurring metaphor for cinema since its inception. « The film disintegrates as it moves forward » towards greater abstraction. Personally, I’ve become very skeptical about the cinematic ceremony, the communion, the mass aspect : every man for himself, as we see in the behavior in the theater where the collective is deliberately ignored, especially since theater attendance in France is down 15% this year, whereas it was at its highest and historically high the year before Covid. This « cinema of cruelty » (H. Bazin who referred to Luis Buñuel, Alfred Hitchcock, Akira Kurosawa or Carl Theodor Dreyer, to whom Ducournau, Nicolas Winding Refn, Gaspar Noé, Coralie Fargeat, David Cronenberg, Paul Schrader refer) loses its energy by scripted accumulations of unlikely actions in the long final sequence (the dog, Pipa, whose escape from the SUV is unknown, replaced by robots, has long been used to find bombs), already started by an unrealistic twist.
Nietzsche said : « I consider every day wasted when I haven’t danced. » « Dance, dance, or we’re lost » insisted choreographer and dancer Pina Bausch. « The creative process began with images : trucks crossing the desert. It goes back to 2012, 2013 » explains Laxe, who conceived his film while dancing at raves between Europe and North Africa. Over the course of ten years, the scenarios have followed one after the other, each one more delirious than the last, with soldiers dressed in white in the desert, a global epidemic before Covid, and ghost machines. With the procession of vehicles, we think of the verses in Dune (D. Villeneuve, 2021, 2024) but also the beginning of The Shining (Kubrick, 1980)! The disenchanted road movies of the new American cinema of the 1970s, such as Easy Rider (Fonda-Hopper, 1969), Two-Lane Blacktop (Monte Hellman, 1971, and the Chevrolet 1955), and Zabriskie Point (Michelangelo Antonioni, 1970), but also the films of Jodorowsky, agree : « I think we are living in a moment similar to the 1970s. Extreme polarization, a violent society, a strong desire for spirituality, the use of hallucinogens in therapies and the spread of counter-cultures. » Yeah, comparison is not reason in History, we are also served the 1930s at the moment; I am more in favor of 1787.
While this isn’t a film about party and traveler culture, the subject is clearly addressed. According to Jade, it’s about acting and improvisation before interpreting the script and « the rewriting work with Oliver, who drew inspiration from our stories and experiences to enrich the script. » Coming from the world of rave, the non-professional actors, reminiscent of Dumont’s L’Humanité (1999), are part of it : Jade (Jade Oukid), Stephy (Stefania Gadda), Tonin (Tonin Janvier, he transforms, in a funny and already cult scene, applauded at Cannes, his missing leg stump into a puppet to sing Boris Vian’s Le Déserteur, a powerful and timeless song), Bigui (Richard Bellamy, Laxe’s friend who lost his hand during a yellow vest demonstration – State, really « monopoly of legitimate violence » Max Weber ?) and Josh (Joshua Liam Henderson) with his well-defined looks (tattoos, etc.). Two cripples is a lot for a « communion of scars« . A freak, a pirate, a punk, a former hippie— it’s the archetype that turns into a caricature. The script is thin, lax, and the dialogue is minimal —it was cut during the rewrite— we don’t get attached to the characters, because the viewer doesn’t have time to get to know them and therefore identify with them, apart from Luis, López, who increasingly resembles Sancho Panza, and his son: « we’re not working on a classic dramaturgy, on the psychology of the characters, but in terms of energies » (Positif n°775, September 2025). Using 16mm film to obtain more grain (Mauro Herce’s beautiful photo is, logically, grainy; 35mm would have been too expensive), the zooms are slow, on the Fordian landscape – the rock in the fading light, the laser projections of the rave cutting it -, on the speakers (man/machine), like Kubrickian monoliths; many sequence shots with these isolated characters in the wide shots of arid oriental landscapes, cross-fade connections à la Lawrence of Arabia (1962, David Lean). The fact remains that the free party atmosphere, with the Drop’in Caravane collective organizing the film’s rave in the Teruel desert (Spain) for three days, and the music by Kangding Ray (David Letellier, a former architect, present in the editing), winner of the Cannes Soundtrack Award, from the Berlin scene with his Solens Arc (2014) on the brilliant Raster-Noton label, where the epic track Amber Decay is remixed for the first few minutes, and whose soundtrack (En La Noche, or tribal techno reverberated by the immense cliffs of the Atlas; an ambient turn with Horizon and Desierto, then the dramatic The Fall and finally the stellar clouds worthy of Nils Frahm, Les Marches) will be released by the English label Invada, is faithful. Certainly there is the spirit of solidarity, less hierarchy, a great tolerance, but what struck me, during my long rave years, is the extreme individualism, everyone feels for themselves, some, histrionic, want to stand out, and, at the same time, a mass, collective side which can tend towards fusion but also totalitarian where music is imposed on submissive people. Toxicity (LSD is discussed), appearances but also communion, a return to the essential, to the fetal, catharsis, purification, passage through bodily movements, like whirling dervishes. If Laxe threw the first pieces (party scene), the musician who composed the soundtrack before filming, declares : « I campaigned for the diegetic to be the people in the room, so that they enter the film. The speakers in the movie theater are the speakers in the free party. » « My goal was to make the beat gradually disappear and the melody dematerialize throughout the film, in the same way that the narrative story becomes abstract, in the same way that the landscape becomes more and more an interior landscape, a mental landscape, a soundscape. » The sound is grainy, dirty (« device based on tube compressors, analog distortions« ) but high-fi. The main character of the film, along with the landscape, contributes to the total immersion, the sensory experience. There are vibrations, including of the seats, of the body with the magnitude of the sound. « It’s not made for listening, it’s made for dancing » says Jade : that’s what techno music is.
It’s more of a quest, the desert lends itself to it, a loss of self for the survivors, in the vein of Conrad’s Apocalypse Now (Coppola, 1979) or The Sheltering Sky (B. Bertolucci, 1990, based on the novel by the beat writer Bowls). Will Luis (Sergi López, exhausted by the heat and the sand he’s stirred up and ingested) find his daughter, Marina? The viewer quickly realizes that Laxe doesn’t care; it’s a pretext, even if an open ending is always welcome, as in Pasolini’s Teorema (1968) : « I don’t really need stories in my films. » That’s a bit of a problem. « It was necessary to dialogue with popular cinema, with the ambition of a big production » declares Laxe, thus posing the problem of the film, which hesitates between two poles. It’s true that there’s a side to The Big Blue (Besson, 1988) with a touch of sand in the desert : « I wanted to make a young film, to attract a young audience. » A message ? « The film is like a massage that works on the inside. » Yeah. A bit idealistic. The mixed genres – too many things – are a bit of a mishmash, even if well defined by the co-writer, the « philosopher » Santiago Fillol, without losing the axis : « Similarly, the story dematerializes. We start with a documentary, we move towards an adventure film, then a drama, a survival. And then it’s the desert… » according to Laxe. Finally, the moralizing side, yes, war is bad, is irritating, it’s Sufi : « Life doesn’t give you what you’re looking for, it gives you what you need. » He seems ready for the American sirens.
« Bresson, the father, the head. Kiarostami, the son [The Taste of Cherry, Ta’m e Guilass, 1997], the heart. Tarkovsky, the Holy Spirit… » Classic. If the film was partly financed by El Deseo (the Almodóvar brothers), Arte and the CNC, with the refusal of the advance on receipts, sadly became afraid because of the story. Laxe is part of the minimalism of Albert Serra, with this hypnotic aspect, and Isaki Lacuesta. You Are All Captains (Todos vós sodes capitáns, 2010, Fipresci Prize), thanks to Olivier Père d’Arte, Mimosas, the Way of the Atlas (Mimosas, 2016), awarded the Grand Prize at the Critics’ Week in Cannes, Fire Will Come (O que arde, 2019 about a poor peasant from Galicia accused of being an arsonist), Un Certain Regard Jury Prize and two Goyas, and Sirāt, fourth feature film, joint Grand Prize of the Jury at Cannes, which is a hit in Spain and France. Let us fear that Laxe will become a director for festivals; so much the better if he finally meets the public, although divided, and the critics.
Vea Sirāt el 7 de octubre, aniversario de la masacre, un pogromo de Hamás contra israelíes que participaban en una fiesta rave que condujo al genocidio de los palestinos. Sirāt, « el camino » o « la vía » en árabe, es un hadiz, palabras atribuidas al profeta, que designan un puente simbólico, « más fino que un cabello y más afilado que una espada« , que conecta el infierno y el paraíso, y que las almas deben cruzar después de morir en el Día del Juicio Final. Esta película es un « grito en nuestra sociedad que se niega a afrontar la muerte« . Óliver Laxe, quien habla ocho idiomas y nació en París de padres españoles que eran porteros de edificios en el distrito 16, se fue a Marruecos a vivir con un maestro sufí (proverbio maravilloso : « Ser de este mundo sin ser de él« ), se instaló con un viajero en un palmeral de Skoura, cerca de Ouarzazate, tras haber sido un modelo sin alegría en Londres y haber estudiado comunicación audiovisual, no cine, en Barcelona. Regresó a Os Ancares, el pueblo gallego donde creció, con el declive social vivido como una herida, y actualmente preside una cooperativa formada con sus vecinos, pastores, ganaderos y agricultores. Un amigo de Laxe también canta, magníficamente, una poética sura de María donde lo divino habla en plural : «Os hemos hecho de diferentes pueblos, para que os conozcáis unos a otros». En estos tiempos oscuros, es necesario afirmar que el Corán es un texto magnífico. Se evoca la Tercera Guerra Mundial. En realidad, comenzó el 11 de septiembre de 2001 con la llegada del siglo XXI. En un viaje apocalíptico (Fata Morgana de Werner Herzog, 1971, “Cuando camino, soy un bisonte. Cuando me detengo, soy una montaña.”); El salario del miedo, Clouzot, 1953, filmada en Camarga, y su remake, El convoy del miedo, Sorcerer, Bill Friedkin, 1977 por el cruce del río, las peligrosas curvas de la montaña, la sedimentación y, sobre todo, el arriesgado viaje final; la magnífica y poco conocida Ojo por ojo de André Cayatte, 1957; Punto de fuga, Vanishing point, Sarafian, 1971; la saga Mad Max; la trilogía escatológica de Koyaanisqatsi, la profecía, Koyaanisqatsi, 1982, documental de Geoffrey Reggio, una película de culto con música de Philip Glass; La carretera, The road de Hillcoat, 2009 – además, Viggo fue considerado para Sirāt desde Vive y habla español – basado en el impactante, mucho más exitoso, libro de Cormac McCarthy) – diálogo : « ¿Es esto lo que se siente cuando el mundo se acaba? » « Hace mucho tiempo que es el fin del mundo. » -, la revelación está al final del viaje, un ritual de muerte para conectar con la vida – como en Gerry (Gus Van Sant, 2002). El tren ha sido una metáfora recurrente del cine desde sus inicios. «La película se desintegra a medida que avanza» hacia una mayor abstracción. Personalmente, me he vuelto muy escéptico respecto a la ceremonia cinematográfica, la comunión, el aspecto masivo : cada uno por sí mismo, como vemos en el comportamiento en el cine, donde se ignora deliberadamente al colectivo, sobre todo porque la asistencia al cine en Francia ha bajado un 15% este año, mientras que alcanzó su máximo histórico el año anterior a la COVID-19. Este «cine de la crueldad» (H. Bazin, quien mencionó a Luis Buñuel, Alfred Hitchcock, Akira Kurosawa o Carl Theodor Dreyer, a quien se refieren Ducournau, Nicolas Winding Refn, Gaspar Noé, Coralie Fargeat, David Cronenberg y Paul Schrader) pierde su energía por la acumulación, ya guionizada, de acciones improbables en la larga secuencia final (el perro Pipa, cuya huida del todoterreno es desconocida, reemplazado por robots, se ha utilizado durante mucho tiempo para encontrar bombas), ya iniciada por un giro irreal.
Nietzsche dijo : «Considero cada día perdido cuando no he bailado». «Baila, baila, o estamos perdidos», insistió la coreógrafa y bailarina Pina Bausch. «El proceso creativo comenzó con imágenes : camiones cruzando el desierto. Se remonta a 2012, 2013», explica Laxe, quien concibió su película mientras bailaba en raves entre Europa y el norte de África. A lo largo de diez años, los escenarios se han sucedido, cada uno más delirante que el anterior, con soldados vestidos de blanco en el desierto, una epidemia mundial antes de la COVID-19 y máquinas fantasma. Con la procesión de vehículos, pensamos en los versos de Dune (D. Villeneuve, 2021, 2024), ¡pero también en el comienzo de El Resplandor, Shining (Kubrick, 1980) ! Las road movies desencantadas del nuevo cine americano de los años 70, como Easy Rider (Fonda-Hopper, 1969), Two-Lane Blacktop (Monte Hellman, 1971, y Chevrolet, 1955) y Zabriskie Point (Michelangelo Antonioni, 1970), pero también las películas de Jodorowsky, coinciden : «Creo que vivimos en un momento similar al de los años 70. Polarización extrema, una sociedad violenta, un fuerte deseo de espiritualidad, el uso de alucinógenos en terapias y la difusión de contraculturas ». Sí, la comparación no es razón en la Historia, también estamos en la década de 1930 en estos momentos; yo soy más partidario de 1787.
Si bien esta no es una película sobre la cultura de las fiestas y los viajes, el tema se aborda claramente. Según Jade, se trata de la actuación y la improvisación antes de interpretar el guion y del «trabajo de reescritura con Oliver, quien se inspiró en nuestras historias y experiencias para enriquecerlo». Procedentes del mundo rave, los actores no profesionales, que recuerdan a L’Humanité (1999) de Dumont, forman parte de él : Jade (Jade Oukid), Stephy (Stefania Gadda), Tonin (Tonin Janvier, transforma, en una escena divertida y ya de culto, aplaudida en Cannes, el muñón de su pierna faltante en una marioneta para cantar Le Déserteur de Boris Vian, una canción poderosa y atemporal), Bigui (Richard Bellamy, amigo de Laxe que perdió la mano durante una manifestación de chalecos amarillos – Estado, ¿realmente « monopolio de la violencia legítima » Max Weber?) y Josh (Joshua Liam Henderson) con su apariencia bien definida (tatuajes, etc.). Dos lisiados es mucho para una « comunión de cicatrices« . Un bicho raro, un pirata, un punk, un exhippie : es el arquetipo que se convierte en caricatura. El guion es flojo, laxo, y el diálogo es mínimo — se cortó durante la reescritura —. No nos encariñamos con los personajes, porque el espectador no tiene tiempo de conocerlos y, por lo tanto, identificarse con ellos, salvo Luis, López, que cada vez se parece más a Sancho Panza, y su hijo : « no trabajamos en una dramaturgia clásica, en la psicología de los personajes, sino en términos de energías » (Positif n° 775, septiembre de 2025). Utilizando película de 16 mm para obtener más grano (la bella foto de Mauro Herce es, lógicamente, granulada; 35 mm habría sido demasiado caro), los zooms son lentos, sobre el paisaje fordiano – la roca en la luz que se desvanece, las proyecciones láser de la rave cortándola -, sobre los altavoces (hombre/máquina), como monolitos kubrickianos; muchos planos secuencia con estos personajes aislados en los planos generales de áridos paisajes orientales, conexiones en fundido cruzado a lo Lawrence de Arabia (David Lean, 1962). Lo cierto es que el ambiente festivo y libre, con el colectivo Drop’in Caravane organizando la rave de la película en el desierto de Teruel (España) durante tres días, y la música de Kangding Ray (David Letellier, exarquitecto, presente en el montaje), ganador del Premio a la Banda Sonora de Cannes, procedente de la escena berlinesa con su Solens Arc (2014) en el brillante sello Raster-Noton, donde el épico tema Amber Decay se remezcla durante los primeros minutos, y cuya banda sonora (En La Noche, o techno tribal que reverbera en los inmensos acantilados del Atlas; un giro ambiental con Horizon y Desierto, luego la dramática The Fall y finalmente las nubes estelares dignas de Nils Frahm, Les Marches) será editada por el sello inglés Invada, es fiel. Ciertamente, hay un espíritu de solidaridad, menos jerarquía, una gran tolerancia, pero lo que me impactó, durante mis largos años de rave, es el individualismo extremo, cada uno siente por sí mismo, algunos, histriónicos, quieren destacarse y, al mismo tiempo, un lado masivo, colectivo que puede tender a la fusión pero también totalitario donde la música se impone a personas sumisas. Toxicidad (se habla del LSD), apariencias pero también comunión, un retorno a lo esencial, a lo fetal, catarsis, purificación, paso a través de movimientos corporales, como derviches giratorios. Si Laxe lanzó las primeras piezas (escena de la fiesta), el músico que compuso la banda sonora antes del rodaje declara : «Hice campaña para que la diegética fuera la gente en la sala, para que entraran en la película. Los altavoces de la sala son los altavoces de la fiesta libre». «Mi objetivo era que el ritmo desapareciera gradualmente y la melodía se desmaterializara a lo largo de la película, de la misma manera que la historia narrativa se vuelve abstracta, de la misma manera que el paisaje se convierte cada vez más en un paisaje interior, un paisaje mental, un paisaje sonoro». El sonido es granulado, sucio («dispositivo basado en compresores de válvulas, distorsiones analógicas») pero de alta fidelidad. El personaje principal de la película, junto con el paisaje, contribuye a la inmersión total, a la experiencia sensorial. Hay vibraciones, incluso de los asientos, del cuerpo con la magnitud del sonido. « No está hecho para escuchar, está hecho para bailar« , dice Jade : eso es la música techno.
Es más bien una búsqueda, el desierto se presta a ella, una pérdida de identidad para los supervivientes, en la línea de Apocalipsis ahora (Coppola, 1979) de Conrad o El cielo protector (B. Bertolucci, 1990, basada en la novela del escritor beat Bowls). ¿Encontrará Luis (Sergi López, exhausto por el calor y la arena que ha removido e ingerido) a su hija, Marina? El espectador se da cuenta rápidamente de que a Laxe no le importa; es un pretexto, aunque un final abierto siempre es bienvenido, como en Teorema (1968) de Pasolini : «Realmente no necesito historias en mis películas». Eso es un pequeño problema. «Era necesario dialogar con el cine popular, con la ambición de una gran producción», declara Laxe, planteando así el problema de la película, que se debate entre dos polos. Es cierto que « El Gran Azul » (Besson, 1988) tiene un toque de arena en el desierto : « Quería hacer una película joven, para atraer a un público joven« . ¿Un mensaje? « La película es como un masaje que funciona por dentro« . Sí. Un poco idealista. La mezcla de géneros — demasiadas cosas — resulta un tanto mezquina, aunque bien definida por el coguionista, el « filósofo » Santiago Fillol, sin perder el eje : « De igual manera, la historia se desmaterializa. Empezamos con un documental, pasamos a una película de aventuras, luego a un drama, a una de supervivencia. Y luego llega el desierto…« , según Laxe. Finalmente, el lado moralizante — sí, la guerra es mala — es irritante, es sufí : « La vida no te da lo que buscas, te da lo que necesitas« . Parece estar listo para las sirenas americanas.
« Bresson, el padre, la cabeza. Kiarostami, el hijo [El sabor de la cereza, Ta’m e Guilass, 1997], el corazón. Tarkovski, el Espíritu Santo…« . Un clásico. Si bien la película fue financiada en parte por El Deseo (los hermanos Almodóvar), Arte y el CNC, al rechazar el anticipo de ingresos, lamentablemente sintieron miedo por la historia. Laxe forma parte del minimalismo de Albert Serra, con este aspecto hipnótico, e Isaki Lacuesta. Todos sois capitanes (2010, Premio Fipresci), gracias a Olivier Père d’Arte; Mimosas (2016), galardonada con el Gran Premio de la Semana de la Crítica de Cannes; O que arde (2019), sobre un campesino gallego acusado de pirómano, Premio del Jurado de Un Certain Regard y dos Goyas; y Sirāt, su cuarto largometraje, ganador del Gran Premio del Jurado en Cannes, un éxito en España y Francia. Cabe temer que Laxe se convierta en director de festivales; tanto mejor si finalmente se encuentra con el público, aunque dividido, y la crítica.
[English in 2nd part ; espagnol en la parte 3 ; italiano nella quarta parte] Je rencontre une vieille dame, lyonnaise, d’origine de la région de Naples, un rémouleur au XIXe, selon les recherches généalogiques, qui a vécu en Chine et en Inde (Rajasthan) entre autres, membre de l’association de l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne, qui va avoir enfin un directeur permanent, invitée par le cabinet franco-italien d’avocats d’affaires Castaldi, mécène, dont le directeur, vieux mâle alpha blanc, se déclare devant moi et sans complexe « un homme important ». Un type devant lira son portable pendant toute la séance. Voyage en lyonnaiseries. Mitoyen, au parc de la Cerisaie, un espace familial à foodtrucks écolo-bobo (la Croix-Rousse dans sa splendeur, les canuts en frémissent) avec moutons comme tondeuses, plus bêêêêle la vie, avec infrabasses, qu’on entend jusque dans la salle de conférence, qui vous transpercent. Une barrière sépare l’être-ensemble éphémère et la Villa Gillet. Scurati la franchira. Les échafaudages soutenant un balcon en train de s’écrouler comme les palais palermitains, des travaux vont être enfin initiés en juin 2026 par la ville pendant deux ans, ce qui ne fut pas le cas du temps de Bernard Fort, ce musicien à zozios du GMVL, et du glorieux temps de Walter et ses impressionnantes notes de frais qui lui ont valu son départ précipité après une bonne vingtaine d’années de services et de lustres apparents : toit qui fuit dans l’espace résidence d’écrivains, refaire la salle de conférence, obsolète. Scurati, grand de taille, imbu – comme sa signature le laisse transparaître -, et tête argentée, grosse bague dorée de mariage, arrive. Avec ses lèvres lippues, de profil, il n’a rien à envier à la tête ridicule de Mussolini quand il prend la pose : il tente d’en imposer.
Présentation de Lucie Campos, normalienne, empêtrée dans ses idées, agrégée de lettres modernes, a enseigné la littérature comparée et l’histoire des idées dans les universités de Poitiers, Caen, Toulouse, Reims et Sciences Po Paris ; elle a codirigé la collection Littérature, histoire, politique chez Classiques Garnier (2012-2022) ; après avoir travaillé pour le Centre du patrimoine mondial (UNESCO), l’Institut français Paris, l’Institut du monde contemporain du Collège de France, le Bureau du livre de Londres et le Booker International Prize, elle dirige la villa Gillet depuis 2019. Elle posera les questions. Entre Naples et Milan, Antonio Scurati, étudiant à l’EHESS, a été professeur de littérature comparée, d’écriture créative à Milan, chroniqueur pour La Stampa, Corriere della sera, il a plus de dix romans à son actif. En France, il est publié par les éditions Flammarion et maintenant par les éditions Les arènes. Il a été découvert avant avec Il tempo migliore della nostra vita (2015). M sur Mussolini depuis 2018 ; parution du quatrième tome, M, histoire d’un destin (1940-juillet 1943) [il reste encore un volume paraître en français].
Un roman historique : comment est-ce possible aujourd’hui ?
La jolie brune traductrice, excellente, carnet à la main, attaque. Ce n’est pas seulement possible, c’est nécessaire. Non pas par rapport à quelque chose qu’on devrait faire par rapport au passé, aux générations précédentes mais plutôt par obligation face à notre présent et face à l’avenir. Comme beaucoup de monde en ce moment, comme tout le monde peut-être, je n’ai pu m’empêcher ces derniers instants d’admirer, de trépigner pour ces hommes et ces femmes très courageuses qui ont navigué en risquant leur vie [applaudissements] – Merci pour ces applaudissements, ils sont pour eux – comme unique et seule valeur. C’est un acte de ce genre qui selon moi s’effectue si on fait face, si on affronte au présent sa modeste existence individuelle face à l’histoire. Si on ne le fait pas, on peut rester chez soi.
Responsabilité de l’écrivain. Comme si la fiction avait une force, une responsabilité qui permet de faire face à une nécessité, à une obligation. Il y a une histoire européenne de grands romanciers (Jonathan Littell) dont on a parlé hier, qui a travaillé entre le document et la fiction, Mathias Enard, d’autres grands écrivains qui ont écrit au XXe siècle avec un sens des responsabilités, un sens de l’histoire) qui se sont confrontés à une responsabilité, une obligation. Est-ce que vous vous sentez faire partie d’une tradition de responsabilité européenne littéraire face au siècle ?
Ma modestie me suggérerait de dire que non. Mais, finalement, comme la modestie n’a jamais été un de mes traits de caractère, je vous avoue que oui. Du petit antre où j’écris, oui, j’ai l’impression que je fais partie de cette noble tradition. Comme je le disais tout à l’heure de ces femmes et de ces hommes de la flottille, ils le font et j’espère le faire moi aussi en tant que romancier. Ils adoptent, ils assument une responsabilité, une dignité en se hissant au-dessus de tout cela en fait. Je me suis toujours senti comme faisant partie en fait de cette grande histoire il y a 20 ans. Quand je dis cela, cela ne signifie pas que l’on est, que je suis ou j’étais à la hauteur mais je crois que tous les êtres humains en fait pour s’élever de cet ordinaire de la vie, ils doivent pouvoir embrasser quelque chose de plus grand, faire partie de quelque chose de plus grand mais plus grand qui va les éloigner, des générations passées à celles futures.
Ces personnes-là veulent embrasser tout cela et si on ne rentre pas en résonance en fait avec un temps plus vaste que le seul présent et bien je crois qu’on n’écrit pas, on n’agit pas. Et c’est, pour moi, l’ordre d’un sentiment vital dans une époque, surtout comme la nôtre, comme on l’a beaucoup dit, qui a cette maladie de vivre dans le présent le plus proche et de ne pas, justement, élever le regard vers quelque chose de plus ample, vers de plus vastes horizons. Je voudrais faire une précision : il y a toujours un danger à parler du temps grand et vaste, de la grande Histoire, car c’est souvent l’alibi des dictateurs, y compris un alibi pour leurs crimes, y compris un dictateur actuel, pensons, par exemple, à l’idéologie impérialiste de Poutine qui vante la grandeur passée de la Russie. Non, moi je vois cela à hauteur d’homme en fait. Quelque chose qui ne transcende pas, on est ni au-dessus, ni au-dessous, je ne pense pas à quelque chose de surhumain, quelque chose qui, dans notre petite existence d’êtres humains, vous fait vous demander : « où est-ce que je me situe ? ». Et justement d’assumer des responsabilités face au passé, face au fascisme par exemple, même si on est pas nés à cette époque-là, mais après, une responsabilité que je définirais de métaphysique.
Tome 1 : 1919-1925 : de journaliste à chef de gouvernement. Tome 2 : 1925-1933, ascension de la mécanique du fascisme. Tome 3 : 1938-1940, pacte italo-allemand et l’entrée en guerre. Tome 4 : juillet 1943, arrestation de Mussolini. Chronologie implacable de la grande histoire. Entrée en guerre sur différents fronts, l’entrée dans le fascisme, sa légende, son impact à travers des personnages (soldats sur le front, des lieux différents, les femmes Edda, la fille de Mussolini, son amante, les bombardements au-dessus de Londres, des fragments d’histoire dans différents corps et personnages). Pas que la grande histoire, c’est l’histoire d’une époque, multiple, complexe. Le tout se lit facilement, avec simplicité et étonnement avec documents d’archives aux cotés de la fiction. Beaucoup de violence, de peur, de mal. Comment faites-vous pour utiliser les différents personnages ? Comment vous positionnez-vous en tant que romancier ? Comment gérez-vous l’empathie avec les personnages avec lesquels on s’identifie ? Comment l’auteur peut-il se servir de l’empathie ?
Cette question me fait rebondir aux origines de la saga quand j’ai eu cette intuition que je voulais et que je devais raconter l’histoire du fascisme, en inversant la perspective habituelle. A partir de 1945, on a raconté le fascisme par ses victimes, les antifascistes, par les persécutés en Italie. C’était une nécessité historique de la raconter de cette façon. Les admirations, les crimes du fascisme. C’était juste et nécessaire. Et effectivement, notre liberté est fondée sur cela, notre Constitution aussi même si ceux qui nous gouvernent voudraient ou pensent autrement. Moi, j’ai essayé de retourner, d’inverser cette perspective à travers celle de Mussolini notamment. Parce que je regardais autour de moi, je sentais, je voyais que ce refoulé autour de notre histoire passée affleurait de nouveau en Italie et aussi en Europe. Je voulais que mes lecteurs aient cette responsabilité, je voulais les plonger dans cette prise de conscience que, nous Italiens, avons été fascistes et ce n’est pas juste les autres, c’étaient les Italiens. Donc mettre au centre de mon histoire, le centre. Mais, bien sûr, je faisais cela de mon point de vue d’antifasciste que je suis, que j’ai été, que je serai. J’avais ce défi en fait avec le risque que le lecteur éprouve de l’empathie pour ces personnages du fascisme. C’était un risque évidemment puisque le romancier créé de l’empathie pour les personnages chez le lecteur. Alors, comment faire ? Ça a été mon défi pour cette saga (pentalogie). Et c’est pour cela que j’ai opté pour le roman documentaire où rien n’est inventé, où j’ai renoncé aux dialogues fictifs, tout ce qui, chez un romancier, peu créer de l’empathie justement, quand on dit ce que le personnage ressent, etc. Et je me le suis interdit à chaque fois. Toutes ces choses-là, tous ces expédients, je me les suis interdites.
Je voulais montrer les documents d’archives puisque je voulais montrer que les fascistes, le fascisme ont été le mal du siècle. Et donc, si je réussissais à adhérer à ce matériau historique, d’archives, ces documents, je considérais que mon lecteur, à la fin bien sûr du roman, à la fin de l’histoire, quand il sortait de la lecture de la saga, deviendrait peut-être antifasciste. S’il l’était déjà, les valeurs démocratiques seraient renforcées. Ça a été mon espoir, peut-être mon illusion que le lecteur devienne antifasciste.
On retrouve par exemple l’écriture blanche décrite par Albert Camus. Kertész a tenté, avec une écriture dénuée de sentiments, de sentimentalisme pour les bourreaux et pour les victimes, de faire la même chose dans son travail littéraire à lui. D’où cette question sur l’empathie car c’est un travail fréquent dans cette fresque historique. Ce tome-ci est un travail sur la guerre. Avez-vous eu l’impression de vous plonger dans les archives de la guerre pour travailler ce tome ? Il y a beaucoup de soldats, de courriers, de citations, de télégrammes qui tentent de restituer une temporalité lente de la guerre. Est-ce que vous avez fait un travail d’archives spécifiques ? Est-ce que vous vous êtes plongés dans cette histoire de la guerre ?
A chaque publication de nouveaux tomes, il y avait une résonance étonnante avec l’actualité politique. C’était une aventure mais aussi une mésaventure par rapport aux faits dramatiques qui se passaient. Il y a environ une douzaine d’années, j’ai conçu cette idée de consacrer beaucoup de temps de ma vie à conter l’histoire du fascisme. Les gens autour de moi trouvaient cela un peu étrange. La seule politique d’alors semblait très différente. En réalité, elle ne l’était pas autant que cela. Quand est sorti le premier volume, qui raconte, l’ascension du fascisme, le grand succès qu’il a eu, je ne me fais pas d’illusion, ce n’est pas parce qu’il était très bien écrit, c’est surtout qu’une centaine de lecteurs l’ont trouvé d’une absolue actualité.
Et ils s’en servaient pour déchiffrer en fait le présent, italien, européen et, actuellement, américain. Avec ce tome sur la guerre, l’Europe qui s’est fondée sur 70 ans de paix, s’est retrouvée assiégée, je dirais, et d’ailleurs en partie responsable d’une nouvelle guerre [?]. Qu’est-ce que nous apprend cette lecture de ce tome ? Un grand poète français, Paul Valéry, en parlant de la première guerre mondiale, écrivait «Les civilisations savent qu’elles sont mortelles ». L’Europe est déjà morte plusieurs fois, elle est morte dans les tranchées de la première guerre mondiale, dans les génocides coloniaux, après cette apocalypse qu’a été la seconde guerre mondiale. Et puis, bien sûr, il y a eu la renaissance de l’Europe et elle peut très bien mourir à nouveau, moralement, matériellement. Et nous, qui sommes assis, ici, ce soir, nous appartenons à une petite, une infime partie de l’humanité, qui est la plus privilégiée par rapport à toute autre époque et tout autre lieu, nous sommes la plus riche, nous sommes en très bonne santé, nous sommes les mieux habillés, surtout quand on vient de France ou d’Italie. Tous ces privilèges, cette bonne santé, nous ont distrait comme si nous étions des somnambules et que nous vivions en dormant par rapport à un noyau en fait hautement tragique, cruel, douloureux. Et je crois que c’est le temps du réveil. Mais attention pas le réveil prêché sur un ton biblique par certains leaders actuels, et je me tourne du côté des Etats-unis, mais un réveil civique est arrivé. J’ai vécu moi-même en paix, je ne connais pas la guerre. Bien sûr, je l’ai beaucoup étudiée, depuis mes années à Paris – mais de cela, je ne parlerai pas ce soir ; et pour ma santé mentale, je l’ai un peu trop étudiée – mais je crois que c’est par destin que nous devons non pas combattre, non pas faire la guerre mais nous réveiller pour lutter, lutter pour la paix, et contre la guerre. [applaudissements]
Du côté des lecteurs. Plaidoyer pour une connaissance de l’histoire, du fascisme, du populisme. Ce livre a rencontré ses lecteurs, des centaines de milliers, en Italie, en France, qui ont une conscience historique en éveil. Est-ce que quelque chose change depuis le début de la saga et jusqu’à aujourd’hui dans les réactions de vos lecteurs ?
Oui, beaucoup de choses ont changé, en pire, concernant l’histoire et la politique. Lors d’une présentation en Italie, et c’est véridique, quelqu’un s’est levé dans le public et m’a accusé de n’avoir pas empêché la victoire de l’extrême-droite en Italie. Ce n’est, bien sûr, pas mon but et je n’ai jamais fait de politique à proprement parler, mais c’est vrai, quand on regarde l’actualité, la démocratie libérale est corrompue. Il y a une menace sur les démocraties libérales. Alors que la démocratie est considérée comme quelque chose d’acquis, qui est là et sera toujours là. La démocratie libérale est récente, ce sont nos grands-parents, grand-mères et grands-pères, qui l’ont conquise. Mais je crois que devenir écrivain, c’est être un peu une figure, être exposé, avec des convictions politiques. Il n’y a pas de doute que depuis la publication de la saga et de leur traduction, les choses ont empiré, il y a beaucoup de menaces, d’ennemis de la démocratie libérale dans mon pays mais pas seulement dans mon pays, aux Etats-Unis. Il y a beaucoup de guerres, non seulement au Moyen-Orient mais aussi en Europe. Et alors ? Je vais vous raconter, j’ai deux filles, je suis devenu père sur le tard, une fille de 4 et demi et une fille de seize ans. Et aujourd’hui, juste avant d’entrer, ma fille de seize ans à Milan m’a appelé et elle m’a dit qu’elle a été manifester pour la Palestine [applaudissements]. Les millions de lecteurs de mon roman, certes ce n’est pas toute l’humanité, ce n’est sans doute pas la majorité, mais ils sont nombreux, doivent s’unir, ont envie de faire politique, de faire partie d’un tout. Au téléphone, elle me dit « Papa, il y avait plein de monde dans les rues, j’ai l’impression que je faisais partie de quelque chose de grand. ». Je lui ai dit : « Oui, c’est ça, quand on s’engage, on le sait. Tous ceux qui se sont engagés le savent. Maintenant, tu le sais aussi. » [applaudissements]
Campo résume. Nécessité d’écrire, de la responsabilité de l’écrivain, de la capacité de l’action à renverser les perspectives habituelles et arriver à changer les consciences historiques, les nourrir. Nous avons parlé de présentisme mais aussi de l’avenir, du passé. Nous avons lié les trois.
—————————————————
La censure de la tv italienne.
L’épisode s’est déroulé au printemps dernier. Il y a eu beaucoup d’échos en Italie. C’est la première fois que la société a réagi par rapport au gouvernement actuel. C’est un fait assez retentissant de censure, oui. En Italie, nous avons la RAI, qui est une tv publique, avec 3 chaînes. J’ai été invité à l’époque à participer par une journaliste, quelques jours avant le 25 avril qui est le jour où on célèbre la libération de l’Italie du nazisme et du fascisme. Et j’ai été invité pour un monologue comme les années précédentes où ils invitaient un écrivain pour célébrer la libération. J’envoie le texte, tout était parfait. J’avais l’hôtel et le billet de train réservés et j’allais me rendre à la gare. Le téléphone sonne et la journaliste, un peu agitée, que je n’ai jamais rencontrée, même après, me dit : « Je suis désolée, M. Scurati, mais la RAI a annulé votre participation ». Pourquoi ? Sans doute parce que dans ce discours, ce monologue, je célébrais la libération en rappelant que notre Président du Conseil refusait de nommer et citer les termes de résistance et d’antifascisme et refusais les valeurs de notre Constitution. Donc il y a toute une campagne contre moi, et également une campagne pour moi, en ma faveur, qui a débuté. Le Président du Sénat a porté une attaque personnelle contre moi. Imaginez Macron, quoique vous pensiez de lui, qui écrit un texte personnalisé contre un citoyen. Cet épisode malheureusement n’est pas isolé. Il y a beaucoup d’autres épisodes où on restreint l’espace pour dire son opinion.
Voici, relaté par Wikipédia : « En avril 2024, le nom de Scurati est entré dans les médias car, initialement invité le 20 avril à l’émission Chesarà…, diffusée sur Rai 3, dans lequel il était censé prononcer un monologue sur l’anniversaire de la libération de l’Italie ; l’intervention consistait en une version abrégée d’un article publié dans La Repubblica la veille,dans lequel l’auteur rappelait l’assassinat de Giacomo Matteotti et les massacres nazi-fascistes des Fosses Ardéatines [cf. Il était une fois la révolution de Leone], Sant’Anna di Stazzema et Marzabotto, accusant ainsi Fratelli d’Italia, un membre du parti de la majorité soutenant le gouvernement Meloni, de n’avoir jamais répudié son passé néofasciste.[Cependant, l’intervention de Scurati a été annulée par la suite, un choix critiqué par les partis d’opposition et par le syndicat interne Usigrai, ainsi que par la présentatrice de l’émission elle-même, Serena Bortone].
Le directeur du programme Approfondiment de la Rai, Paolo Corsini, et le Premier ministre, Giorgia Meloni, ont tous deux nié les accusations de censure, affirmant au contraire que le choix était dû à des désaccords sur la compensation financière à verser à Scurati ; cette version, cependant, a été démentie à la fois par l’auteur, qui affirme que le prix a été « convenu de manière consensuelle et parfaitement conforme à celui des écrivains qui m’ont précédé » et a qualifié le commentaire de Meloni de « violence » à son égard, et par Bortone, qui a néanmoins lu le monologue en personne pendant l’épisode de Chesarà….
En outre, une enquête de La Repubblica a révélé l’existence d’une communication interne à la Rai qui parlait explicitement de « raisons éditoriales » en référence à l’annulation de l’intervention. Le texte intégral de l’intervention de Scurati, également partagé par Meloni sur Facebook, a ensuite été republié par les journaux et également lu par Massimo Gramellini et Roberto Vecchioni lors de l’épisode du 20 avril de l’émission In altre parole, diffusée sur LA7. En conséquence de la controverse soulevée par l’affaire Scurati, la direction de la Rai a suspendu le présentateur de l’émission pendant six jours ; l’émission a ensuite été exclue de la nouvelle grille 2024-2025 et le présentateur a été rétrogradé au poste d’animateur radio. »
Sur un mur de ma ville, Genova, il y a écrit : « la guerre est une leçon de l’histoire que les gens n’apprennent pas assez ». Le fascisme est la leçon de la politique que personne n’a apprise. Il y a quelque chose qui n’a pas fonctionné. D’où le déluge de littérature antifasciste. Les efforts de la gauche politique ne sont pas arrivés à stopper presque partout, pas uniquement à Gaza.
Oui cela pose effectivement la grande question. Moi j’élargirai un peu la perspective, c’est-à-dire que je poserai la question : Comment est-il possible que cette humanité privilégiée soit séduite par les sirènes du populisme qui font écho à la force de séduction et de violence du fascisme. J’ai quelques réponses, provisoires, partielles ; j’ai écrit aussi un bref essai où j’ai réfléchi à cette question. Je n’ai pas le temps de beaucoup m’y arrêter maintenant ce soir mais je voudrais juste m’arrêter sur quelque chose dans votre commentaire et votre question. Vous disiez que malgré le déluge de publications antifascistes, on n’a pas réussi à. Je ne crois pas, il n’est pas tout à fait certain, certes, c’est vrai qu’il y ait un genre éditorial maintenant, tout un filon peut-être à la suite, qui plus ou moins adopte ces postures antifascistes, en fait, je crois surtout, moi, que depuis trop longtemps on s’est distraits, on s’est endormis, on a oublié. Le retour de la séduction du fascisme dans la séduction populiste est aussi, pour moi, le fruit d’un oubli, d’une distraction, du silence concernant les valeurs qui ont alimenté la démocratie. Je crois qu’il faut lutter. On n’a pas assez lutté. L’histoire de la démocratie, telle que le montre M, est toujours une lutte pour la démocratie. Donc continuons à lutter. [applaudissements]
Il y a une mini-série, M – L’Enfant du siècle (M : Il figlio del secolo, Joe Wright, 2024-2025), tirée de la saga M. Luca Marinelli, l’acteur incarnant Mussolini, disait qu’il avait souffert dans son interprétation. Et vous quels rapport avez-vous avec le personnage de Mussolini ? Avez-vous été séduit par un personnage que vous avez créé ?
Tout d’abord, je me pose une question : pourquoi cette mini-série italienne, qui est très réussie, très belle, n’est pas encore diffusée en France. C’est vraiment dommage et cela me désole. Pathé est l’un des producteurs donc j’espère qu’elle arrivera en France. Je dois avouer que je n’ai pas subi la fascination, le charme de M. J’ai peut-être été immunisé parce que j’ai appartenu à la dernière génération des enfants du siècle dernier qui ont encore été éduqués à l’antifascisme. Moi, j’ai grandi à Venise dans les années 80 quand il y avait un désengagement politique. Le samedi soir, on allait à des fêtes. L’antifascisme était quand même autour de nous, dans notre atmosphère. Je rêvais d’écrire un roman sur les antifascistes, les résistants, i partigiani, et je l’ai écrit, d’ailleurs bien écrit, j’en suis content, c’est peut-être l’un de mes très bons romans, Il tempo migliore della nostra vita(2015), sur Leone Ginzburg, un partigiano, non traduit en français mais ce serait bien qu’il le soit. J’ai vécu dix ans avec Mussolini mais je l’ai tenu à distance.
J’ai eu l’impression d’assister à un discours politique digne de Moretti fin 70, que le réalisateur dénonce lui-même dans son inutilité. A la dédicace, je lui dis : « la saga, c’est un roman politique ? ». Il me répond : « de fait, ça l’est devenu ». Mais alors, quel est son rapport avec les historiens, je songe à la biographie de référence sur Mussolini de Renzo De Felice, quand l’on voit par exemple Alexandre Dumas ou encore Michel Foucault ? Le rapport historiens et écrivains, littérature ? Pourquoi pas un essai historique ? Sa saga est-elle bien accueillie par la communauté d’historiens ? Que Scurati est-il venu chercher en optant pour l’angle littéraire, lui qui a étudié l’histoire à Paris ? Toucher plus de monde ? Quel est le rapport de la littérature et du témoignage, du document, et, surtout, à la vérité ? J’aurais voulu plus de détails sur la valeur du témoignage brut dans la littérature actuelle, que je qualifie de post-objectiviste, et surtout dans sa sélection dans l’articulation avec la fiction. Faire un choix, c’est prendre parti.
Antonio Franchini, né à Naples, éditeur (NN editore ? Après avoir travaillé à la Mondadori), de Scurati, et écrivain, mine pas tibulaire mais presque, tête de bandit, qui n’a pas sucé que des glaçons, s’incruste à la demande de Campo. Il raconte, trop longuement, sa rencontre avec Scurati, au vidéoclub à Milan, où l’écrivain de M, était un jeune violent et vindicatif, aspirant écrivain.
S’ensuit un magnifique buffet de Nello (mini-arrancini, des pâtes chaudes, tomates, pesto, des mini-sandwichs, ressemblant à ceux aux concombres en Angleterre, au pesto, cannoli, un Tiramisù à tomber, etc.) offert par le Consulat italien alors que le gouvernement de Meloni est d’extrême-droite … Je discute avec un ingé son qui a travaillé à radio Campus Grenoble puis au Périscope. Une grande italienne brune, malheureusement végétarienne, me lorgne de haut, de ses yeux pâteux d’un maquillage noir trop lourd mais sa copine, peu mature, est affreuse. Une jeune BCBG également habillée en rouge, avec son mec, dont il manque le pull noué sur son dos. Je discute avec Gwilherm, de la jeune librairie L’œil cacodylate qui s’étonne de ne connaître personne et que les lecteurs veulent tout, tout de suite, notamment en vacances. Un membre du personnel nous cause de la biennale d’architecture à Venise, où il n’a pas payé pour rentrer car il logeait plusieurs jours dans le centre et s’émeut de la belle Academia, et de Bologne, vidée, l’été, de ses étudiants et de ses deux tours fermées.
Italissimo, Antonio Scurati, Villa Gillet, October 3, 2025
I meet an old lady, from Lyon, originally from the Naples region, a knife grinder in the 19th century, according to genealogical research, who lived in China and India (Rajasthan) among other places, a member of the association of the Institute of Contemporary Art of Villeurbanne, which will finally have a permanent director, invited by the Franco-Italian business law firm Castaldi, patron, whose director, an old white alpha male, declares himself in front of me and without complex « an important man« . A guy in front will read his cell phone for the entire session. A journey through Lyonnaises. Adjacent to the Parc de la Cerisaie, a family space with eco-bobo food trucks (Croix-Rousse in all its splendor, the silk workers shudder) with sheep as lawnmowers, life more bleating, with infra-bass, which can be heard even in the conference room, piercing you. A barrier separates the ephemeral togetherness and the Villa Gillet. Scurati will cross it. The scaffolding supporting a balcony is collapsing like the palaces of Palermo, work will finally be initiated in June 2026 by the city for two years, which was not the case during the time of Bernard Fort, this musician with zozios from the GMVL, and the glorious Walter and his impressive expense reports which earned him his hasty departure after a good twenty years of service and apparent luster : a leaking roof in the writers’ residence, redoing the obsolete conference room. Scurati, tall, imbued – as his signature suggests – and with a silver head and a large gold wedding ring, arrives. With his full lips, in profile, he has nothing to envy of Mussolini’s ridiculous face when he poses: he tries to impress.
Presentation of Lucie Campos, graduate of the École Normale Supérieure, entangled in her ideas, agrégée in modern literature, taught comparative literature and the history of ideas at the universities of Poitiers, Caen, Toulouse, Reims and Sciences Po Paris; she co-directed the Literature, History, Politics collection at Classiques Garnier (2012-2022); after having worked for the World Heritage Centre (UNESCO), the Institut français Paris, the Institut du monde contemporain du Collège de France, the London Book Office and the Booker International Prize, she has directed the Villa Gillet since 2019. She will ask the questions. Between Naples and Milan, Antonio Scurati, a student at the EHESS, was a professor of comparative literature and creative writing in Milan, a columnist for La Stampa and Corriere della sera, and has written more than ten novels. In France, he is published by Flammarion and now by Les arènes. He was previously discovered with Il tempo migliore della nostra vita (2015). M on Mussolini since 2018; publication of the fourth volume, M, histoire d’un destin (1940-July 1943) [there is still one volume to be published in French].
A historical novel : how is it possible today ?
The pretty brunette translator, excellent, notebook in hand, attacks. It’s not only possible, it’s necessary. Not as something we should do in relation to the past, to previous generations, but rather out of obligation in the face of our present and the future. Like many people at this moment, like everyone perhaps, I couldn’t help but admire, in these last moments, these very courageous men and women who sailed, risking their lives [applause] – Thank you for this applause, it is for them – as their sole and only value. It’s an act of this kind that, in my opinion, is carried out if we face, if we confront in the present our modest individual existence in the face of history. If we don’t do it, we can stay at home.
The writer’s responsibility. As if fiction had a strength, a responsibility that allows one to face a necessity, an obligation. There is a European history of great novelists (Jonathan Littell, whom we talked about yesterday, who worked between documentary and fiction, Mathias Enard, other great writers who wrote in the 20th century with a sense of responsibility, a sense of history) who faced a responsibility, an obligation. Do you feel part of a tradition of European literary responsibility towards the century ?
My modesty would suggest I say no. But, ultimately, as modesty has never been one of my character traits, I confess that yes. From the little den where I write, yes, I have the impression that I am part of this noble tradition. As I said earlier about these women and men of the flotilla, they do it and I hope to do it too as a novelist. They adopt, they assume a responsibility, a dignity by raising themselves above all that in fact. I always felt like I was part of this great story 20 years ago. When I say this, it does not mean that one is, that I am or I was up to it, but I believe that all human beings, in fact, to rise above this ordinary life, they must be able to embrace something greater, to be part of something greater, but greater that will distance them, from past generations to future ones. These people want to embrace all of this, and if we don’t actually resonate with a time that’s broader than just the present, well, I think we’re not writing, we’re not acting. And that, for me, is the order of a vital feeling in an era, especially like ours, as has often been said, which has this illness of living in the closest present and not, precisely, raising its gaze towards something broader, towards broader horizons. I would like to make one clarification : there is always a danger in speaking of the great and vast time, of the great History, because it is often the alibi of dictators, including an alibi for their crimes, including a current dictator; let us think, for example, of Putin’s imperialist ideology which boasts of Russia’s past greatness. No, I see this at the human level, in fact. Something that does not transcend, we are neither above nor below, I am not thinking of something superhuman, something that, in our small existence as human beings, makes you ask yourself : » where do I fit in ? « . And precisely to assume responsibilities for the past, for fascism for example, even if we weren’t born at that time, but afterward, a responsibility that I would define as metaphysical.
Volume 1 : 1919-1925 : from journalist to head of government. Volume 2 : 1925-1933, rise of the mechanics of fascism. Volume 3 : 1938-1940, Italo-German Pact and entry into war. Volume 4 : July 1943, arrest of Mussolini. A relentless chronology of great history. Entry into war on different fronts, the entry into fascism, its legend, its impact through characters (soldiers on the front, different places, the women : Edda, Mussolini’s daughter, his lover, the bombings over London, fragments of history in different bodies and characters). Not just a great story, it’s the story of an era, multiple, complex. The whole thing is easy to read, with simplicity and surprise, with archival documents alongside fiction. There’s a lot of violence, fear, and evil. How do you use the different characters ? How do you position yourself as a novelist ? How do you manage empathy with characters we identify with ? How can the author use empathy ?
This question takes me back to the origins of the saga, when I had the intuition that I wanted and had to tell the story of fascism by reversing the usual perspective. From 1945 onwards, fascism was told through its victims, the anti-fascists, through those persecuted in Italy. It was a historical necessity to tell it this way. The admirations, the crimes of fascism. It was right and necessary. And indeed, our freedom is based on this, our Constitution too, even if those who govern us would like or think otherwise. I tried to return, to reverse this perspective, particularly through that of Mussolini. Because I looked around me, I felt, I saw that this repression surrounding our past history was surfacing again in Italy and also in Europe. I wanted my readers to have this responsibility, I wanted to immerse them in this awareness that we Italians were fascists and it wasn’t just the others, it was the Italians. So to put the center of my story, the center. But, of course, I did this from my point of view as the antifascist that I am, that I was, that I will be. I had this challenge in fact with the risk that the reader would feel empathy for these characters of fascism. It was a risk obviously since the novelist creates empathy for the characters in the reader. So, how to do it ? That was my challenge for this saga (pentalogy). And that’s why I opted for the documentary novel where nothing is invented, where I gave up fictional dialogues, everything that, in a novelist, can create empathy precisely, when you say what the character feels, etc. And I forbade myself from doing it every time. All these things, all these expedients, I have forbidden myself. I wanted to show the archival documents because I wanted to show that the fascists, fascism, were the evil of the century. And so, if I succeeded in embracing this historical material, these archives, these documents, I considered that my reader, at the end of the novel, of course, at the end of the story, when they came out of reading the saga, would perhaps become anti-fascist. If they already were, democratic values would be strengthened. It was my hope, perhaps my illusion, that the reader would become anti-fascist.
We find, for example, the blank writing described by Albert Camus. Kertész attempted, with writing devoid of feelings, of sentimentality for the executioners and the victims, to do the same thing in his own literary work. Hence this question about empathy, because it is a frequent element in this historical epic. This volume is a work about war. Did you feel like you were delving into war archives to work on this volume ? There are many soldiers, letters, quotes, and telegrams that attempt to reconstruct a slow temporality of the war. Did you do any specific archival work ? Did you delve into this history of the war ?
With each publication of new volumes, there was a surprising resonance with current political events. It was an adventure but also a misadventure in light of the dramatic events that were unfolding. About a dozen years ago, I conceived the idea of devoting a significant amount of time to telling the story of fascism. The people around me found it a little strange. The politics of the time seemed very different. In reality, it wasn’t that different. When the first volume came out, which tells the story of the rise of fascism, the great success it had, I had no illusions, it was not because it was very well written, it was above all because a hundred readers found it absolutely relevant. And they used it to decipher the present, Italian, European and, currently, American. With this volume on war, Europe, which was founded on 70 years of peace, found itself besieged, I would say, and moreover partly responsible for a new war [?]. What does this reading of this volume teach us ? A great French poet, Paul Valéry, speaking of the First World War, wrote « Civilizations know that they are mortal. » Europe has already died several times, it died in the trenches of the First World War, in colonial genocides, after the apocalypse that was the Second World War. And then, of course, there was the rebirth of Europe and it may very well die again, morally, materially. And we, who are sitting here tonight, belong to a small, tiny part of humanity, which is the most privileged compared to any other time and any other place, we are the richest, we are in very good health, we are the best dressed, especially when we come from France or Italy. All these privileges, this good health, have distracted us as if we were sleepwalkers, living in a state of sleep relative to a core that is in fact highly tragic, cruel, and painful. And I believe it is time for an awakening. But be careful, not the awakening preached in a biblical tone by certain current leaders, and I turn to the United States, but a civic awakening has arrived. I myself have lived in peace; I know nothing of war. Of course, I have studied it extensively, since my years in Paris—but I will not speak of that tonight; and for my sanity, I have studied it a little too much—but I believe it is by destiny that we must not fight, not wage war, but wake up to struggle, to fight for peace, and against war. [applause]
From the readers. A plea for an understanding of history, fascism, populism. This book has found its readers, hundreds of thousands of them, in Italy and France, who have an awakened historical consciousness. Has anything changed in your readers’ reactions since the beginning of the saga and up to today ?
Yes, a lot has changed, for the worse, in history and politics. During a presentation in Italy, and this is true, someone stood up in the audience and accused me of not having prevented the victory of the extreme right in Italy. This is, of course, not my goal and I have never been involved in politics strictly speaking, but it is true, when you look at current events, liberal democracy is corrupted. There is a threat to liberal democracies. While democracy is considered something taken for granted, something that is there and will always be there. Liberal democracy is recent; it was our grandparents, grandmothers and grandfathers, who conquered it. But I believe that becoming a writer means being a bit of a figure, being exposed, with political convictions. There is no doubt that since the publication of the saga and their translation, things have worsened. There are many threats, enemies of liberal democracy in my country, but not only in my country, in the United States. There are many wars, not only in the Middle East but also in Europe. So what ? I’ll tell you, I have two daughters, I became a father late in life, a four-and-a-half-year-old daughter and a sixteen-year-old daughter. And today, just before going in, my sixteen-year-old daughter in Milan called me and told me that she had gone to demonstrate for Palestine [applause]. The millions of readers of my novel, certainly not all of humanity, probably not the majority, but they are many, must unite, want to be political, to be part of a whole. On the phone, she said to me, « Dad, there were lots of people in the streets, I feel like I was part of something big. » I said to her, « Yes, that’s it, when you get involved, you know it. Everyone who has been involved knows it. Now you know it too. » [applause]
Campo summarizes. The need to write, the writer’s responsibility, the ability of action to overturn conventional perspectives and succeed in changing historical consciousness, nourishing it. We talked about presentism, but also about the future and the past. We linked the three.
—————————————————
Censorship of Italian TV.
The episode took place last spring. There was a lot of response in Italy. It was the first time that society reacted to the current government. It’s a fairly resounding act of censorship, yes. In Italy, we have RAI, which is a public television station with three channels. I was invited to participate at the time by a journalist, a few days before April 25, the day we celebrate Italy’s liberation from Nazism and fascism. And I was invited for a monologue like in previous years when they invited a writer to celebrate the liberation. I sent the text, everything was perfect. I had the hotel and train ticket booked and I was going to go to the station. The phone rang and the journalist, a little agitated, whom I had never met, even afterward, said to me : » I’m sorry, Mr. Scurati, but RAI has canceled your participation. » Why ? Probably because in this speech, this monologue, I celebrated the liberation by recalling that our President of the Council refused to name and cite the terms resistance and anti-fascism and rejected the values of our Constitution. So there is a whole campaign against me, and also a campaign for me, in my favor, which has begun. The President of the Senate launched a personal attack against me. Imagine Macron, whatever you think of him, writing a personalized text against a citizen. This episode unfortunately is not an isolated one. There are many other episodes where the space to express one’s opinion is restricted.
Here, as reported by Wikipedia : « In April 2024, Scurati’s name entered the media because, initially invited on April 20 to the program Chesarà…, broadcast on Rai 3, in which he was supposed to deliver a monologue on the anniversary of the liberation of Italy; the intervention consisted of an abridged version of an article published in La Repubblica the day before, in which the author recalled the assassination of Giacomo Matteotti and the Nazi-fascist massacres of the Ardeatine Follies [cf. Once upon a time the revolution, Leone], Sant’Anna di Stazzema and Marzabotto, thus accusing Fratelli d’Italia, a member of the majority party supporting the Meloni government, of never having repudiated his neo-fascist past. [However, Scurati’s intervention was subsequently canceled, a choice criticized by the opposition parties and by the internal trade union Usigrai, as well as by the presenter of the program herself, Serena Bortone].
Both the director of Rai’s In-Depth program, Paolo Corsini, and Prime Minister Giorgia Meloni have denied the accusations of censorship, claiming instead that the choice was due to disagreements over the financial compensation to be paid to Scurati; this version, however, has been denied both by the author, who claims that the award was « agreed consensually and in perfect accordance with that of the writers who preceded me » and described Meloni’s comment as « violence » towards him, and by Bortone, who nevertheless read the monologue in person during the Chesarà episode….
Furthermore, an investigation by La Repubblica revealed the existence of an internal communication at Rai that explicitly referred to « editorial reasons » in reference to the cancellation of the intervention. The full text of Scurati’s intervention, also shared by Meloni on Facebook, was then republished by newspapers and also read by Massimo Gramellini and Roberto Vecchioni during the April 20 episode of the program In altre parole, broadcast on LA7. As a result of the controversy raised by the Scurati affair, Rai management suspended the presenter from the program for six days; the program was subsequently excluded from the new 2024-2025 schedule and the presenter was demoted to the position of radio host. »
On a wall in my city, Genoa, is written : « War is a lesson from history that people don’t learn enough. » Fascism is the lesson of politics that no one has learned. Something hasn’t worked. Hence the deluge of anti-fascist literature. The efforts of the political left have failed to stop it almost everywhere, not just in Gaza.
Yes, that does indeed pose the big question. I will broaden the perspective a little, that is to say, I will ask the question : How is it possible that this privileged humanity is seduced by the sirens of populism that echo the seductive and violent force of fascism. I have some answers, provisional, partial; I also wrote a short essay in which I reflected on this question. I don’t have time to dwell on it much now this evening, but I would just like to focus on something in your comment and your question. You were saying that despite the deluge of anti-fascist publications, we haven’t managed to. I don’t think so, it’s not entirely certain, certainly, it’s true that there is a publishing genre now, a whole vein perhaps, which more or less adopts these anti-fascist positions, in fact, I believe above all, that for too long we have been distracted, we have fallen asleep, we have forgotten. The return of the seduction of fascism in populist seduction is also, for me, the fruit of forgetting, of distraction, of silence concerning the values which have fueled democracy. I believe that we must fight. We have not fought enough. The history of democracy, as M shows, is always a struggle for democracy. So let’s continue to fight. [applause]
There is a mini-series, M – Child of the Century (M : Il figlio del secolo, Joe Wright, 2024-2025), based on the M saga. Luca Marinelli, the actor who plays Mussolini, said that he suffered in his performance. And you, what is your relationship with the character of Mussolini ? Were you seduced by a character you created ?
First of all, I ask myself a question : why is this Italian mini-series, which is very successful, very beautiful, not yet broadcast in France ? It’s a real shame and it saddens me. Pathé is one of the producers, so I hope it will arrive in France. I must admit that I was not subject to the fascination, the charm of M. I may have been immune because I belonged to the last generation of children of the last century who were still educated in anti-fascism. I grew up in Venice in the 80s when there was a political disengagement. On Saturday nights, we went to parties. Anti-fascism was still around us, in our atmosphere. I dreamed of writing a novel about anti-fascists, resistance fighters, i partigiani, and I wrote it, well written, I’m happy about it, it’s perhaps one of my very good novels, Il tempo migliore della nostra vita (2015), about Leone Ginzburg, a partigiano, not translated into French but it would be good if it were. I lived ten years with Mussolini but I kept him at a distance.
I had the impression of attending a political speech worthy of Moretti in the late 70s, which the director himself denounces for its uselessness. At the book signing, I said to him : « Is the saga a political novel ? » He replied : « in fact, it has become one. » But then, what is his relationship with historians ? I think of the reference biography on Mussolini by Renzo De Felice, when we see, for example, Alexandre Dumas or Michel Foucault ? The relationship between historians and writers, literature ? Why not a historical essay ? Is his saga well received by the community of historians ? What was Scurati looking for by opting for the literary angle, he who studied history in Paris ? To reach more people ? What is the relationship between literature and testimony, the document, and, above all, the truth ? I would have liked more details on the value of raw testimony in current literature, which I call post-objectivist, and especially in its selection in articulation with fiction. Making a choice is taking sides.
Antonio Franchini, born in Naples, editor (NN editore? After having worked at Mondadori), of Scurati, and writer, not tubular but almost, with the face of a bandit, who has not only sucked ice cubes, intrudes at Campo’s request. He recounts, at too great a length, his meeting with Scurati, at the video club in Milan, where the writer of M, was a violent and vindictive young aspiring writer.
What follows is a magnificent Nello buffet (mini-arrancini, hot pasta, tomatoes, pesto, mini-sandwiches, similar to those with cucumbers in England, with pesto, cannoli, a Tiramisu to die for, etc.) offered by the Italian Consulate, even though Meloni’s government is far-right… I chat with a sound engineer who worked at Radio Campus Grenoble and then at Périscope. A tall, dark-haired Italian woman, unfortunately a vegetarian, looks down on me, her eyes caked with heavy black makeup, but her immature girlfriend is awful. A young, preppy girl also dressed in red, with her boyfriend, whose sweater is missing from his back. I chat with Gwilherm, from the young bookstore L’œil cacodylate, who is surprised that he doesn’t know anyone and that readers want everything, right away, especially on vacation. A member of staff tells us about the architecture biennale in Venice, where he didn’t pay to enter because he was staying in the center for several days, and is moved by the beautiful Academia, and by Bologna, emptied in the summer of its students and its two closed towers.
Italissimo, Antonio Scurati, Villa Gillet, 3 de octubre de 2025
Conozco a una anciana lionesa, originaria de la región de Nápoles, afiladora de cuchillos en el siglo XIX, según investigaciones genealógicas, que vivió en China e India (Rajastán) entre otros lugares, miembro de la asociación del Instituto de Arte Contemporáneo de Villeurbanne, que finalmente tendrá un director permanente, invitado por el bufete de abogados franco-italiano Castaldi, mecenas, cuyo director, un viejo macho alfa blanco, se declara delante de mí y sin complejos « un hombre importante« . Un hombre al frente leerá su celular durante toda la sesión. Un viaje por Lyonnaises. Junto al Parc de la Cerisaie, un espacio familiar con food trucks de eco-bobo (Croix-Rousse en todo su esplendor, los trabajadores de la seda se estremecen) con ovejas como cortadoras de césped, la vida más balido, con infragraves, que se escuchan incluso en la sala de conferencias, que te perforan. Una barrera separa la efímera convivencia de la Villa Gillet. Scurati la cruzará. El andamio que sostiene un balcón se derrumba como los palacios de Palermo; las obras finalmente serán iniciadas en junio de 2026 por el ayuntamiento durante dos años, algo que no ocurrió en la época de Bernard Fort, este músico con zozios del GMVL, y el glorioso Walter y sus impresionantes informes de gastos que le valieron su precipitada salida tras veinte años de servicio y aparente brillo. Un techo con goteras en la residencia de escritores, remodelando la obsoleta sala de conferencias. Scurati, alto, imbuido —como su firma sugiere —, con una cabeza plateada y un gran anillo de bodas de oro, llega. Con sus labios carnosos, de perfil, no tiene nada que envidiar al ridículo rostro de Mussolini cuando posa : un techo con goteras en la residencia de escritores, remodelando la obsoleta sala de conferencias. Scurati, alto, imbuido —como su firma sugiere —, con una cabeza plateada y un gran anillo de bodas de oro, llega. Con sus labios carnosos, de perfil, no tiene nada que envidiar al ridículo rostro de Mussolini cuando posa : intenta impresionar.
Presentación de Lucie Campos, graduada de la Escuela Normal Superior, enredada en sus ideas, agregada en literatura moderna, enseñó literatura comparada e historia de las ideas en las universidades de Poitiers, Caen, Toulouse, Reims y Sciences Po París; codirigió la colección Literatura, Historia, Política en Classiques Garnier (2012-2022); después de haber trabajado para el Centro del Patrimonio Mundial (UNESCO), el Institut français Paris, el Institut du monde contemporain du Collège de France, la London Book Office y el Premio Internacional Booker, dirige la Villa Gillet desde 2019. Ella formulará las preguntas. Entre Nápoles y Milán, Antonio Scurati, estudiante de la EHESS, fue profesor de literatura comparada y escritura creativa en Milán, columnista de La Stampa y Corriere della sera, y ha escrito más de diez novelas. En Francia, publica con Flammarion y ahora con Les arenes. Anteriormente, se le descubrió con Il tempo migliore della nostra vita (2015). M sobre Mussolini desde 2018; publicación del cuarto volumen, M, histoire d’un destin (1940-julio de 1943) [aún queda un volumen pendiente de publicación en francés].
Una novela histórica : ¿cómo es posible hoy en día?
La guapa y morena traductora, excelente, cuaderno en mano, ataca. No solo es posible, es necesario. No como algo que debamos hacer en relación con el pasado, con las generaciones anteriores, sino más bien por obligación ante nuestro presente y el futuro. Como mucha gente ahora mismo, como todos quizás, no pude evitar admirar, en estos últimos momentos, a estos hombres y mujeres tan valientes que navegaron, arriesgando sus vidas [aplausos] — Gracias por este aplauso, es para ellos — como su único y exclusivo valor. Es un acto de este tipo que, en mi opinión, se lleva a cabo si afrontamos, si confrontamos, en el presente, nuestra modesta existencia individual ante la historia. Si no lo hacemos, podemos quedarnos en casa.
La responsabilidad del escritor. Como si la ficción tuviera una fuerza, una responsabilidad que le permite afrontar una necesidad, una obligación. Existe una historia europea de grandes novelistas (Jonathan Littell, de quien hablamos ayer, que trabajó entre el documental y la ficción, Mathias Enard, otros grandes escritores que escribieron en el siglo XX con sentido de la responsabilidad, un sentido de la historia) que afrontaron una responsabilidad, una obligación. ¿Se siente parte de una tradición de responsabilidad literaria europea hacia el siglo?
Mi modestia me sugeriría decir que no. Pero, en última instancia, como la modestia nunca ha sido uno de mis rasgos de carácter, confieso que sí. Desde el pequeño estudio donde escribo, sí, tengo la impresión de formar parte de esta noble tradición. Como dije antes sobre estas mujeres y hombres de la flotilla, lo hacen y espero hacerlo también como novelista. Adoptan, asumen una responsabilidad, una dignidad al elevarse por encima de todo eso, de hecho. Siempre me sentí parte de esta gran historia hace 20 años. Cuando digo esto, no significa que uno lo sea, que yo esté o estuviera a la altura, sino que creo que todos los seres humanos, de hecho, para elevarse por encima de esta vida ordinaria, deben ser capaces de abrazar algo más grande, ser parte de algo más grande, pero más grande que los distanciará, de las generaciones pasadas a las futuras. Estas personas quieren abarcar todo esto, y si no conectamos con un tiempo más amplio que el presente, bueno, creo que no estamos escribiendo, no estamos actuando. Y ese, para mí, es el orden de un sentimiento vital en una época, especialmente como la nuestra, como se ha dicho a menudo, que padece la enfermedad de vivir en el presente más cercano y no, precisamente, de alzar la mirada hacia algo más amplio, hacia horizontes más amplios. Quisiera hacer una aclaración : siempre existe el peligro de hablar del gran y vasto tiempo, de la gran Historia, porque a menudo es la coartada de los dictadores, incluso una coartada para sus crímenes, incluso de un dictador actual; pensemos, por ejemplo, en la ideología imperialista de Putin, que se jacta de la grandeza pasada de Rusia. No, de hecho, lo veo a nivel humano. Algo que no trasciende, no estamos ni arriba ni abajo; no pienso en algo sobrehumano, algo que, en nuestra pequeña existencia como seres humanos, nos haga preguntarnos : « ¿Dónde encajo? ». Y precisamente asumir responsabilidades por el pasado, por ejemplo, por el fascismo, aunque no hubiéramos nacido entonces, sino después, una responsabilidad que yo definiría como metafísica.
Volumen 1 : 1919-1925: de periodista a jefe de gobierno. Volumen 2 : 1925-1933, auge de la mecánica del fascismo. Volumen 3 : 1938-1940, Pacto Ítalo-Alemán y entrada en la guerra. Volumen 4 : Julio de 1943, arresto de Mussolini. Una cronología implacable de la gran historia. Entrada en la guerra en diferentes frentes, la entrada en el fascismo, su leyenda, su impacto a través de personajes (soldados en el frente, diferentes lugares, las mujeres : Edda, la hija de Mussolini, su amante, los bombardeos sobre Londres, fragmentos de la historia en diferentes cuerpos y personajes). No es solo una gran historia, es la historia de una época, múltiple, compleja. Todo es fácil de leer, con sencillez y sorpresa, con documentos de archivo junto a la ficción. Hay mucha violencia, miedo y maldad. ¿Cómo utilizas a los diferentes personajes? ¿Cómo te posicionas como novelista? ¿Cómo logras la empatía con personajes con los que nos identificamos? ¿Cómo puede el autor usar la empatía?
Esta pregunta me remonta a los orígenes de la saga, cuando intuí que quería y debía contar la historia del fascismo invirtiendo la perspectiva habitual. A partir de 1945, el fascismo se contó a través de sus víctimas, los antifascistas, a través de los perseguidos en Italia. Era una necesidad histórica contarlo así. Las admiraciones, los crímenes del fascismo. Era justo y necesario. Y, de hecho, nuestra libertad se basa en esto, nuestra Constitución también, aunque quienes nos gobiernan quieran o piensen lo contrario. Intenté volver, invertir esta perspectiva, particularmente a través de la de Mussolini. Porque miré a mi alrededor, sentí, vi que esta represión que rodeaba nuestra historia pasada estaba resurgiendo en Italia y también en Europa. Quería que mis lectores asumieran esta responsabilidad, quería sumergirlos en la conciencia de que los italianos éramos fascistas, y no solo los demás, sino los italianos. Así que, para poner el centro de mi historia, el centro. Pero, por supuesto, lo hice desde mi punto de vista como el antifascista que soy, que fui y que seré. De hecho, me enfrenté al reto de que el lector sintiera empatía por estos personajes del fascismo. Era un riesgo, obviamente, ya que el novelista crea empatía en el lector por los personajes. Entonces, ¿cómo hacerlo? Ese fue mi reto para esta saga (pentalogía). Y por eso opté por la novela documental, donde nada se inventa, donde renuncié a los diálogos ficticios, a todo lo que, en un novelista, puede crear empatía precisamente, cuando dices lo que siente el personaje, etc. Y me prohibí hacerlo cada vez. Todas estas cosas, todos estos recursos, me los he prohibido. Quería mostrar los documentos de archivo porque quería demostrar que los fascistas, el fascismo, eran el mal del siglo. Y así, si lograba comprender este material histórico, estos archivos, estos documentos, pensé que mi lector, al final de la novela, por supuesto, al final de la historia, al terminar de leer la saga, quizás se volvería antifascista. Si ya lo era, los valores democráticos se fortalecerían. Era mi esperanza, quizás mi ilusión, que el lector se volviera antifascista.
Encontramos, por ejemplo, la escritura vacía descrita por Albert Camus. Kertész intentó, con una escritura carente de sentimientos, de sentimentalismo hacia los verdugos y las víctimas, hacer lo mismo en su propia obra literaria. De ahí esta cuestión de la empatía, porque es un elemento frecuente en esta epopeya histórica. Este volumen es una obra sobre la guerra. ¿Sentiste que estabas hurgando en archivos de guerra para trabajar en este volumen? Hay muchos soldados, cartas, citas y telegramas que intentan reconstruir una temporalidad pausada de la guerra. ¿Realizaste algún trabajo de archivo específico? ¿Profundizaste en esta historia de la guerra?
Con cada publicación de nuevos volúmenes, se producía una sorprendente resonancia con la actualidad política. Fue una aventura, pero también una desventura, a la luz de los dramáticos acontecimientos que se estaban desarrollando. Hace unos doce años, concebí la idea de dedicar una cantidad considerable de tiempo a contar la historia del fascismo. A mi alrededor, la idea me pareció un poco extraña. La política de la época parecía muy diferente. En realidad, no era tan diferente. Cuando salió el primer volumen, que narra la historia del ascenso del fascismo, y el gran éxito que tuvo, no me hacía ilusiones; no fue porque estuviera muy bien escrito, sino sobre todo porque cien lectores lo encontraron absolutamente relevante. Y lo usaron para descifrar el presente, italiano, europeo y, actualmente, estadounidense. Con este volumen sobre la guerra, Europa, fundada en 70 años de paz, se vio asediada, diría yo, y además, en parte responsable de una nueva guerra [?]. ¿Qué nos enseña esta lectura de este volumen? Un gran poeta francés, Paul Valéry, hablando de la Primera Guerra Mundial, escribió : « Las civilizaciones saben que son mortales ». Europa ya ha muerto varias veces : murió en las trincheras de la Primera Guerra Mundial, en los genocidios coloniales, tras el apocalipsis que fue la Segunda Guerra Mundial. Y luego, por supuesto, se produjo el renacimiento de Europa, y muy bien podría morir de nuevo, moral y materialmente. Y nosotros, que estamos sentados aquí esta noche, pertenecemos a una pequeña, diminuta parte de la humanidad, que es la más privilegiada en comparación con cualquier otro tiempo y lugar; somos los más ricos, gozamos de muy buena salud, somos los mejor vestidos, especialmente cuando venimos de Francia o Italia. Todos estos privilegios, esta buena salud, nos han distraído como sonámbulos, viviendo en un estado de sueño en relación con un núcleo que, de hecho, es sumamente trágico, cruel y doloroso. Y creo que es hora de un despertar. Pero cuidado, no se trata del despertar predicado con tono bíblico por ciertos líderes actuales, y me dirijo a Estados Unidos, sino de un despertar cívico que ha llegado. Yo mismo he vivido en paz; no sé nada de la guerra. Claro que la he estudiado extensamente desde mis años en París —pero no hablaré de eso esta noche; y para mi cordura, la he estudiado demasiado—, pero creo que es por destino que no debemos luchar, no hacer la guerra, sino despertar a la lucha, a luchar por la paz y contra la guerra. [Aplausos]
De los lectores. Un llamado a la comprensión de la historia, el fascismo, el populismo. Este libro ha encontrado a sus lectores, cientos de miles de ellos, en Italia y Francia, con una conciencia histórica despierta. ¿Ha cambiado algo en las reacciones de tus lectores desde el comienzo de la saga y hasta hoy?
Sí, mucho ha cambiado, para peor, en la historia y la política. Durante una presentación en Italia, y es cierto, alguien del público se levantó y me acusó de no haber impedido la victoria de la extrema derecha en Italia. Este no es, por supuesto, mi objetivo y nunca he estado involucrado en política propiamente dicha, pero es cierto que, si observamos la actualidad, la democracia liberal está corrompida. Existe una amenaza para las democracias liberales. Mientras que la democracia se considera algo que se da por sentado, algo que existe y siempre existirá. La democracia liberal es reciente; fueron nuestros abuelos quienes la conquistaron. Pero creo que convertirse en escritor significa ser un poco figura, estar expuesto, tener convicciones políticas. No cabe duda de que desde la publicación de la saga y su traducción, la situación ha empeorado. Hay muchas amenazas, enemigos de la democracia liberal en mi país, pero no solo en mi país, sino en Estados Unidos. Hay muchas guerras, no solo en Oriente Medio, sino también en Europa. ¿Y qué? Les cuento, tengo dos hijas, fui padre ya mayor : una de cuatro años y medio y otra de dieciséis. Y hoy, justo antes de irme, mi hija de dieciséis años me llamó desde Milán y me dijo que había ido a manifestarse por Palestina [aplausos]. Los millones de lectores de mi novela, ciertamente no toda la humanidad, probablemente no la mayoría, pero son muchos, deben unirse, querer ser políticos, formar parte de un todo. Por teléfono, me dijo : «Papá, había mucha gente en la calle, siento que formé parte de algo grande». Le dije : «Sí, así es. Cuando te involucras, lo sabes. Todos los que han estado involucrados lo saben. Ahora tú también lo sabes». [Aplausos]
Campo resume. La necesidad de escribir, la responsabilidad del escritor, la capacidad de acción para revolucionar las perspectivas convencionales y lograr cambiar la conciencia histórica, alimentándola. Hablamos del presentismo, pero también del futuro y el pasado. Conectamos los tres.
—————————————————
Censura en la televisión italiana.
El episodio tuvo lugar la primavera pasada. Hubo mucha reacción en Italia. Fue la primera vez que la sociedad reaccionó al gobierno actual. Es un acto de censura bastante contundente, sí. En Italia, tenemos la RAI, una cadena de televisión pública con tres canales. Un periodista me invitó a participar en aquel momento, unos días antes del 25 de abril, día en que celebramos la liberación de Italia del nazismo y el fascismo. Me invitaron a un monólogo, como en años anteriores, cuando invitaban a un escritor a celebrar la liberación. Envié el texto y todo salió perfecto. Tenía el hotel y el billete de tren reservados e iba a la estación. Sonó el teléfono y el periodista, un poco alterado, a quien no conocía, ni siquiera después, me dijo : «Lo siento, Sr. Scurati, pero la RAI ha cancelado su participación». ¿Por qué? Probablemente porque en este discurso, este monólogo, celebré la liberación recordando que nuestro Presidente del Consejo se negó a mencionar los términos resistencia y antifascismo y rechazó los valores de nuestra Constitución. Así que ha comenzado toda una campaña en mi contra, y también una campaña a mi favor. El Presidente del Senado lanzó un ataque personal contra mí. Imaginen a Macron, piensen lo que piensen de él, escribiendo un texto personalizado contra un ciudadano. Este episodio, por desgracia, no es aislado. Hay muchos otros en los que se restringe el espacio para expresar la propia opinión.
Aquí, según Wikipedia : «En abril de 2024, el nombre de Scurati saltó a los medios tras ser invitado inicialmente el 20 de abril al programa Chesarà…, emitido por Rai 3, donde debía pronunciar un monólogo sobre el aniversario de la liberación de Italia. La intervención consistió en una versión abreviada de un artículo publicado en La Repubblica el día anterior, en el que el autor recordaba el asesinato de Giacomo Matteotti y las masacres nazifascistas de las Locuras Ardeatinas [cf. Érase una vez la Revolución Leonesa], Sant’Anna di Stazzema y Marzabotto, acusando así a Fratelli d’Italia, miembro del partido mayoritario que apoyaba al gobierno de Meloni, de no haber repudiado nunca su pasado neofascista. [Sin embargo, la intervención de Scurati fue posteriormente cancelada, una decisión criticada por los partidos de la oposición y por el sindicato interno Usigrai, así como por la propia presentadora del programa, Serena Bortone].
Tanto el director del programa In-Depth de la Rai, Paolo Corsini, como la primera ministra Giorgia Meloni han negado las acusaciones de censura, afirmando en cambio que la elección se debió a desacuerdos sobre la compensación económica que se pagaría a Scurati; esta versión, sin embargo, ha sido desmentida tanto por el autor, que afirma que el premio fue « acordado consensualmente y en perfecta conformidad con el de los escritores que me precedieron » y calificó el comentario de Meloni de « violencia » hacia él, como por Bortone, que sin embargo leyó el monólogo en persona durante el episodio de Chesarà….
Además, una investigación de La Repubblica reveló la existencia de una comunicación interna en la Rai que mencionaba explícitamente « razones editoriales » para la cancelación de la intervención. El texto completo de la intervención de Scurati, también compartido por Meloni en Facebook, fue republicado posteriormente por periódicos y leído por Massimo Gramellini y Roberto Vecchioni durante el episodio del 20 de abril del programa « In altre parole », emitido por LA7. A raíz de la polémica suscitada por el caso Scurati, la dirección de la Rai suspendió al presentador del programa durante seis días; posteriormente, el programa fue excluido de la nueva programación 2024-2025 y el presentador fue degradado a locutor de radio. »
En un muro de mi ciudad, Génova, está escrito : «La guerra es una lección de la historia que la gente no aprende lo suficiente». El fascismo es la lección política que nadie ha aprendido. Algo no ha funcionado. De ahí la avalancha de literatura antifascista. Los esfuerzos de la izquierda política no han logrado detenerlo en casi todas partes, no solo en Gaza.
Sí, eso plantea la gran pregunta. Ampliaré un poco la perspectiva, es decir, me preguntaré : ¿Cómo es posible que esta humanidad privilegiada se deje seducir por las sirenas del populismo que evocan la fuerza seductora y violenta del fascismo? Tengo algunas respuestas, provisionales, parciales; también escribí un breve ensayo en el que reflexioné sobre esta cuestión. No tengo tiempo para profundizar mucho en ello esta noche, pero me gustaría centrarme en algo de su comentario y su pregunta. Decías que, a pesar del aluvión de publicaciones antifascistas, no lo hemos conseguido. No lo creo, no es del todo seguro, desde luego, es cierto que ahora existe un género editorial, quizá toda una corriente, que adopta en mayor o menor medida estas posturas antifascistas. De hecho, creo, sobre todo, que durante demasiado tiempo hemos estado distraídos, nos hemos dormido, hemos olvidado. El regreso de la seducción del fascismo en la seducción populista es también, para mí, fruto del olvido, de la distracción, del silencio sobre los valores que han alimentado la democracia. Creo que debemos luchar. No hemos luchado lo suficiente. La historia de la democracia, como demuestra M, es siempre una lucha por la democracia. Así que sigamos luchando. [Aplausos]
Hay una miniserie, M – El niño del siglo (M : Il figlio del secolo, Joe Wright, 2024-2025), basada en la saga M. Luca Marinelli, el actor que interpreta a Mussolini, dijo que sufrió en su interpretación. Y tú, ¿cuál es tu relación con el personaje de Mussolini? ¿Te sedujo algún personaje que creaste?
Antes que nada, me pregunto : ¿por qué esta miniserie italiana, tan exitosa y hermosa, aún no se emite en Francia? Es una verdadera lástima y me entristece. Pathé es una de las productoras, así que espero que llegue a Francia. Debo admitir que no me fascinó ni me fascinó M. Quizás fui inmune porque pertenecí a la última generación de niños del siglo pasado que aún se educaban en el antifascismo. Crecí en Venecia en los años 80, cuando había una desconexión política. Los sábados por la noche íbamos de fiesta. El antifascismo aún estaba presente, en nuestro ambiente. Soñé con escribir una novela sobre antifascistas, luchadores de la resistencia, i partigiani, y la escribí. Está muy bien escrita, me alegra. Es quizás una de mis mejores novelas, Il tempo migliore della nostra vita (2015), sobre Leone Ginzburg, un partigiano. No está traducida al francés, pero sería genial si lo estuviera. Viví diez años con Mussolini, pero lo mantuve a distancia.
Tuve la impresión de asistir a un discurso político digno de Moretti a finales de los 70, que el propio director denuncia por su inutilidad. En la firma de libros, le pregunté : « ¿Es la saga una novela política?« . Respondió : « De hecho, se ha convertido en una« . Pero entonces, ¿cuál es su relación con los historiadores? Pienso en la biografía de referencia sobre Mussolini de Renzo De Felice, cuando vemos, por ejemplo, a Alexandre Dumas o Michel Foucault. ¿La relación entre historiadores y escritores, la literatura? ¿Por qué no un ensayo histórico? ¿Tiene buena acogida su saga entre la comunidad de historiadores? ¿Qué buscaba Scurati al optar por el ángulo literario, él que estudió historia en París? ¿Llegar a más gente? ¿Cuál es la relación entre la literatura y el testimonio, el documento y, sobre todo, la verdad? Me habría gustado más detalles sobre el valor del testimonio crudo en la literatura actual, que denomino posobjetivista, y especialmente en su selección en articulación con la ficción. Elegir es tomar partido.
Antonio Franchini, nacido en Nápoles, editor (¿NN editore? Tras haber trabajado en Mondadori) de Scurati, y escritor, no tubular, pero casi, con cara de bandido, que no solo ha chupado cubitos de hielo, se entromete a petición de Campo. Relata, con demasiada extensión, su encuentro con Scurati en el videoclub de Milán, donde el autor de M era un joven aspirante a escritor, violento y vengativo.
Lo que sigue es un magnífico bufé Nello (mini-arrancini, pasta caliente, tomates, pesto, mini-sándwiches, similares a los de pepino en Inglaterra, con pesto, cannoli, un tiramisú para morirse, etc.) ofrecido por el Consulado de Italia, a pesar de que el gobierno de Meloni es de extrema derecha… Charlo con un ingeniero de sonido que trabajó en Radio Campus Grenoble y luego en Périscope. Una mujer italiana alta y morena, por desgracia vegetariana, me mira desde arriba, con los ojos cubiertos de un pesado maquillaje negro, pero su novia inmadura es horrible. Una chica joven y pija también vestida de rojo, con su novio, al que le falta el jersey de la espalda. Charlo con Gwilherm, de la joven librería L’œil cacodylate, que se sorprende de no conocer a nadie y de que los lectores quieran todo, ya mismo, sobre todo en vacaciones. Un miembro del equipo nos habla de la bienal de arquitectura de Venecia, donde no pagó la entrada porque se alojaba varios días en el centro, y se conmueve con la bella Academia, y con Bolonia, vaciada en verano de sus estudiantes y con sus dos torres cerradas.
Italissimo, Antonio Scurati, Villa Gillet, 3 ottobre 2025
Incontro un’anziana signora, lionese, originaria della regione di Napoli, arrotinatrice nel XIX secolo, secondo le ricerche genealogiche, vissuta tra l’altro in Cina e in India (Rajasthan), membro dell’associazione dell’Istituto d’arte contemporanea di Villeurbanne, che avrà finalmente un direttore permanente, invitato dallo studio legale franco-italiano Castaldi, mecenate, il cui direttore, un vecchio maschio alfa bianco, si dichiara davanti a me e senza complessi « un uomo importante« . Un tizio davanti leggerà il suo cellulare per l’intera sessione. Un viaggio attraverso i lionesi. Adiacente al Parc de la Cerisaie, uno spazio familiare con food truck eco-bobo (Croix-Rousse in tutto il suo splendore, i lavoratori della seta rabbrividiscono) con pecore come tosaerba, la vita più belata, con i bassi infrarossi, che si sentono persino nella sala conferenze, che ti trafiggono. Una barriera separa l’effimero insieme da Villa Gillet. Scurati la attraverserà. L’impalcatura che sostiene un balcone sta crollando come i palazzi di Palermo, i lavori saranno finalmente avviati dal Comune nel giugno 2026 per due anni, cosa che non avvenne ai tempi di Bernard Fort, questo musicista con zozios del GMVL, e del glorioso Walter e le sue impressionanti note spese che gli valsero la sua frettolosa partenza dopo ben vent’anni di servizio e apparente lustro : toit qui fuit dans l’espace résidence d’écrivains, refaire la salle de conférence, obsolète. Scurati, grand de taille, imbu – comme sa signature le laisse transparaître -, et tête argentée, grosse bague dorée de mariage, arrive. Avec ses lèvres lippues, de profil, il n’a rien à envier à la tête ridicule de Mussolini quand il prend la pose : il tente d’en imposer.
Presentazione di Lucie Campos, laureata all’École Normale Supérieure, immersa nelle sue idee, laureata in letteratura moderna, ha insegnato letteratura comparata e storia delle idee presso le università di Poitiers, Caen, Tolosa, Reims e Sciences Po Paris; ha co-diretto la collezione Letteratura, Storia, Politica presso Classiques Garnier (2012-2022); dopo aver lavorato per il Centro del patrimonio mondiale (UNESCO), l’Institut français Paris, l’Institut du monde contemporain du Collège de France, il London Book Office e il Booker International Prize, dirige la Villa Gillet dal 2019. Sarà lei a porre le domande. Tra Napoli e Milano, Antonio Scurati, studente all’EHESS, è stato professore di letteratura comparata e scrittura creativa a Milano, editorialista per La Stampa e il Corriere della Sera, e ha scritto più di dieci romanzi. In Francia, è pubblicato da Flammarion e ora da Les arènes. Era stato precedentemente scoperto con Il tempo migliore della nostra vita (2015). M su Mussolini dal 2018; pubblicazione del quarto volume, M, storia di un destino (1940-luglio 1943) [manca ancora un volume in uscita in francese].
Un romanzo storico : com’è possibile oggi ?
La bella traduttrice bruna, eccellente, taccuino in mano, attacca. Non è solo possibile, è necessario. Non come qualcosa che dovremmo fare in relazione al passato, alle generazioni precedenti, ma piuttosto per obbligo di fronte al nostro presente e al futuro. Come molte persone in questo momento, come tutti forse, non ho potuto fare a meno di ammirare, in questi ultimi momenti, questi uomini e donne coraggiosi che hanno navigato, rischiando la vita [applausi] – Grazie per questo applauso, è per loro – come il loro unico e solo valore. È un atto di questo tipo che, a mio parere, si compie se affrontiamo, se affrontiamo, nel presente, la nostra modesta esistenza individuale di fronte alla storia. Se non lo facciamo, possiamo restare a casa.
La responsabilità dello scrittore. Come se la narrativa avesse una forza, una responsabilità che permette di affrontare una necessità, un obbligo. C’è una storia europea di grandi romanzieri (Jonathan Littell, di cui abbiamo parlato ieri, che ha lavorato tra documentario e narrativa, Mathias Enard, altri grandi scrittori che hanno scritto nel XX secolo con senso di responsabilità, senso della storia) che hanno affrontato una responsabilità, un obbligo. Ti senti parte di una tradizione di responsabilità letteraria europea nei confronti del secolo ?
La mia modestia mi suggerirebbe di dire di no. Ma, in definitiva, poiché la modestia non è mai stata uno dei miei tratti caratteriali, confesso di sì. Dal piccolo antro dove scrivo, sì, ho l’impressione di far parte di questa nobile tradizione. Come ho detto prima a proposito di queste donne e uomini della flottiglia, lo fanno e spero di farlo anch’io come romanziere. Adottano, si assumono una responsabilità, una dignità elevandosi al di sopra di tutto ciò. Mi sono sempre sentito parte di questa grande storia 20 anni fa. Quando dico questo, non significa che uno lo sia, che io lo sia o che io fossi all’altezza, ma credo che tutti gli esseri umani, in realtà, per elevarsi al di sopra di questa vita ordinaria, debbano essere in grado di abbracciare qualcosa di più grande, di essere parte di qualcosa di più grande, ma più grande, che li allontanerà dalle generazioni passate a quelle future. Queste persone vogliono abbracciare tutto questo, e se non ci mettiamo in risonanza con un tempo che è più ampio del solo presente, beh, credo che non stiamo scrivendo, non stiamo agendo. E questo, per me, è l’ordine di un sentimento vitale in un’epoca, soprattutto come la nostra, come è stato spesso detto, che ha questa malattia di vivere nel presente più prossimo e di non, appunto, alzare lo sguardo verso qualcosa di più ampio, verso orizzonti più ampi. Vorrei fare una precisazione : c’è sempre un pericolo nel parlare del tempo grande e vasto, della grande Storia, perché spesso è l’alibi dei dittatori, incluso un alibi per i loro crimini, incluso un dittatore attuale; pensiamo, ad esempio, all’ideologia imperialista di Putin che si vanta della passata grandezza della Russia. No, io lo vedo a livello umano, in effetti. Qualcosa che non trascende, non siamo né sopra né sotto, non penso a qualcosa di sovrumano, qualcosa che, nella nostra piccola esistenza di esseri umani, ti fa chiedere : « dove mi colloco ? ». E proprio per assumersi responsabilità per il passato, per il fascismo ad esempio, anche se non siamo nati allora, ma dopo, una responsabilità che definirei metafisica.
Volume 1 : 1919-1925 : da giornalista a capo del governo. Volume 2 : 1925-1933, ascesa dei meccanismi del fascismo. Volume 3 : 1938-1940, Patto italo-tedesco ed entrata in guerra. Volume 4 : luglio 1943, arresto di Mussolini. Una cronologia incessante di grande storia. L’entrata in guerra su diversi fronti, l’ingresso nel fascismo, la sua leggenda, il suo impatto attraverso i personaggi (i soldati al fronte, i diversi luoghi, le donne : Edda, la figlia di Mussolini, la sua amante, i bombardamenti su Londra, frammenti di storia in corpi e personaggi diversi). Non solo una grande storia, è la storia di un’epoca, molteplice, complessa. Il tutto è facile da leggere, con semplicità e sorpresa, con documenti d’archivio accanto alla narrativa. C’è molta violenza, paura e malvagità. Come utilizzi i diversi personaggi ? Come ti posizioni come romanziere ? Come gestisci l’empatia con i personaggi con cui ci identifichiamo ? Come può l’autore usare l’empatia ?
Questa domanda mi riporta alle origini della saga, quando ho avuto l’intuizione di voler e dover raccontare il fascismo ribaltando la prospettiva consueta. Dal 1945 in poi, il fascismo è stato raccontato attraverso le sue vittime, gli antifascisti, attraverso i perseguitati in Italia. Era una necessità storica raccontarlo in questo modo. Le ammirazioni, i crimini del fascismo. Era giusto e necessario. E in effetti, su questo si fonda la nostra libertà, anche la nostra Costituzione, anche se chi ci governa vorrebbe o pensasse il contrario. Ho cercato di tornare, di ribaltare questa prospettiva, in particolare attraverso quella di Mussolini. Perché mi guardavo intorno, sentivo, vedevo che questa repressione che circondava la nostra storia passata stava riemergendo in Italia e anche in Europa. Volevo che i miei lettori avessero questa responsabilità, volevo immergerli nella consapevolezza che noi italiani eravamo fascisti e che non erano solo gli altri, erano gli italiani. Quindi, mettere al centro della mia storia, il centro. Ma, naturalmente, l’ho fatto dal mio punto di vista di antifascista che sono, che ero, che sarò. Ho affrontato questa sfida, in effetti, con il rischio che il lettore provasse empatia per questi personaggi del fascismo. Era un rischio ovviamente, dato che il romanziere crea empatia per i personaggi nel lettore. Quindi, come farlo ? Questa è stata la mia sfida per questa saga (pentalogia). Ed è per questo che ho optato per il romanzo documentario, dove nulla è inventato, dove ho rinunciato ai dialoghi di finzione, a tutto ciò che, in un romanziere, può creare empatia proprio quando si dice ciò che il personaggio prova, ecc. E mi sono proibito di farlo ogni volta. Tutte queste cose, tutti questi espedienti, me li sono proibiti. Volevo mostrare i documenti d’archivio perché volevo dimostrare che i fascisti, il fascismo, erano il male del secolo. E quindi, se fossi riuscito ad abbracciare questo materiale storico, questi archivi, questi documenti, ho pensato che il mio lettore, alla fine del romanzo, naturalmente, alla fine della storia, una volta terminata la lettura della saga, sarebbe forse diventato antifascista. Se lo fosse già stato, i valori democratici ne sarebbero stati rafforzati. Era mia speranza, forse una mia illusione, che il lettore diventasse antifascista.
Ritroviamo, ad esempio, la scrittura vuota descritta da Albert Camus. Kertész ha tentato, con una scrittura priva di sentimenti, di sentimentalismo per i carnefici e le vittime, di fare lo stesso nella sua opera letteraria. Da qui la questione dell’empatia, perché è un elemento frequente in questa epopea storica. Questo volume è un’opera sulla guerra. Per lavorare a questo volume, hai avuto la sensazione di scavare negli archivi di guerra ? Ci sono molti soldati, lettere, citazioni e telegrammi che tentano di ricostruire una lenta temporalità della guerra. Hai svolto un lavoro d’archivio specifico ? Hai approfondito questa storia della guerra ?
Con ogni pubblicazione di nuovi volumi, si è verificata una sorprendente risonanza con gli eventi politici attuali. È stata un’avventura, ma anche una disavventura, alla luce dei drammatici eventi che si stavano svolgendo. Circa una dozzina di anni fa, ho concepito l’idea di dedicare una notevole quantità di tempo a raccontare la storia del fascismo. Le persone intorno a me lo trovavano un po’ strano. La politica dell’epoca sembrava molto diversa. In realtà, non era poi così diversa. Quando uscì il primo volume, che racconta la storia dell’ascesa del fascismo, il grande successo che ebbe, non mi feci illusioni, non perché fosse scritto molto bene, ma soprattutto perché un centinaio di lettori lo trovarono assolutamente attuale. E l’hanno usato per decifrare il presente, italiano, europeo e, attualmente, americano. Con questo volume sulla guerra, l’Europa, che si è fondata su 70 anni di pace, si è trovata assediata, direi, e per di più in parte responsabile di una nuova guerra [?]. Cosa ci insegna questa lettura di questo volume ? Un grande poeta francese, Paul Valéry, parlando della Prima Guerra Mondiale, scrisse : « Le civiltà sanno di essere mortali« . L’Europa è già morta più volte, è morta nelle trincee della Prima Guerra Mondiale, nei genocidi coloniali, dopo l’apocalisse che fu la Seconda Guerra Mondiale. E poi, naturalmente, c’è stata la rinascita dell’Europa e potrebbe benissimo morire di nuovo, moralmente, materialmente. E noi, che siamo seduti qui stasera, apparteniamo a una piccola, minuscola parte dell’umanità, che è la più privilegiata rispetto a qualsiasi altro tempo e a qualsiasi altro luogo, siamo i più ricchi, godiamo di ottima salute, siamo i meglio vestiti, soprattutto se veniamo dalla Francia o dall’Italia. Tutti questi privilegi, questa buona salute, ci hanno distratti come se fossimo sonnambuli, vivendo in uno stato di sonno rispetto a un nucleo che è in realtà altamente tragico, crudele e doloroso. E credo che sia giunto il momento di un risveglio. Ma attenzione, non il risveglio predicato in tono biblico da alcuni leader attuali, e mi rivolgo agli Stati Uniti, ma un risveglio civico è arrivato. Io stesso ho vissuto in pace; non so nulla della guerra. Certo, l’ho studiata a fondo, fin dai miei anni a Parigi – ma non ne parlerò stasera; e per la mia sanità mentale, l’ho studiata un po’ troppo – ma credo che sia destino che non dobbiamo combattere, non fare la guerra, ma svegliarci per lottare, per lottare per la pace e contro la guerra. [applausi]
Dai lettori. Un appello alla comprensione della storia, del fascismo, del populismo. Questo libro ha trovato i suoi lettori, centinaia di migliaia, in Italia e in Francia, che hanno una coscienza storica risvegliata. È cambiato qualcosa nelle reazioni dei tuoi lettori dall’inizio della saga a oggi ?
Sì, molto è cambiato, in peggio, nella storia e nella politica. Durante una presentazione in Italia, ed è vero, qualcuno si è alzato in piedi tra il pubblico e mi ha accusato di non aver impedito la vittoria dell’estrema destra in Italia. Questo, ovviamente, non è il mio obiettivo e non mi sono mai occupato di politica in senso stretto, ma è vero, se si guarda all’attualità, la democrazia liberale è corrotta. C’è una minaccia per le democrazie liberali. Mentre la democrazia è considerata qualcosa di scontato, qualcosa che c’è e ci sarà sempre. La democrazia liberale è recente; sono stati i nostri nonni, nonne e nonni, a conquistarla. Ma credo che diventare uno scrittore significhi essere un po’ una figura, essere esposti, con convinzioni politiche. Non c’è dubbio che dalla pubblicazione della saga e dalla sua traduzione, le cose siano peggiorate. Ci sono molte minacce, nemici della democrazia liberale nel mio Paese, ma non solo nel mio Paese, negli Stati Uniti. Ci sono molte guerre, non solo in Medio Oriente ma anche in Europa. E allora ? Ti dirò, ho due figlie, sono diventato padre tardi, una di quattro anni e mezzo e una di sedici. E oggi, poco prima di entrare, mia figlia sedicenne mi ha chiamato a Milano e mi ha detto che era andata a manifestare per la Palestina [applausi]. I milioni di lettori del mio romanzo, certamente non tutta l’umanità, probabilmente non la maggioranza, ma sono tanti, devono unirsi, voler essere politicizzati, essere parte di un tutto. Al telefono, mi ha detto : « Papà, c’era molta gente per strada, mi sento come se fossi parte di qualcosa di grande« . Le ho detto : « Sì, è così, quando ti coinvolgi, lo sai. Tutti quelli che sono stati coinvolti lo sanno. Ora lo sai anche tu. » [applausi]
Campo riassume. La necessità di scrivere, la responsabilità dello scrittore, la capacità dell’azione di ribaltare le prospettive convenzionali e riuscire a cambiare la coscienza storica, alimentandola. Abbiamo parlato di presentismo, ma anche di futuro e passato. Abbiamo collegato i tre.
—————————————————
Censura della TV italiana.
L’episodio si è svolto la scorsa primavera. C’è stata molta risposta in Italia. È stata la prima volta che la società ha reagito all’attuale governo. È un atto di censura piuttosto clamoroso, sì. In Italia abbiamo la RAI, che è un’emittente televisiva pubblica con tre canali. All’epoca fui invitato a partecipare da un giornalista, pochi giorni prima del 25 aprile, giorno in cui si celebra la liberazione dell’Italia dal nazismo e dal fascismo. E sono stato invitato a un monologo come negli anni precedenti, quando invitavano uno scrittore a celebrare la liberazione. Ho inviato il testo, tutto era perfetto. Avevo prenotato l’hotel e il biglietto del treno e stavo per andare alla stazione. Il telefono squillò e il giornalista, un po’ agitato, che non avevo mai incontrato, nemmeno in seguito, mi disse : « Mi scusi, signor Scurati, ma la RAI ha annullato la sua partecipazione« . Perché ? Probabilmente perché in questo discorso, in questo monologo, ho celebrato la liberazione ricordando che il nostro Presidente del Consiglio si è rifiutato di nominare e citare i termini resistenza e antifascismo e ha rigettato i valori della nostra Costituzione. Quindi c’è tutta una campagna contro di me, e anche una campagna per me, a mio favore, che è iniziata. Il Presidente del Senato ha lanciato un attacco personale contro di me. Immaginate Macron, qualunque cosa pensiate di lui, che scrive un testo personalizzato contro un cittadino. Questo episodio purtroppo non è isolato. Ci sono molti altri episodi in cui lo spazio per esprimere la propria opinione è limitato.
Ecco, come riportato da Wikipedia : « Nell’aprile del 2024, il nome di Scurati entrò nei media perché, inizialmente invitato il 20 aprile al programma Chesarà…, in onda su Rai 3, in cui avrebbe dovuto pronunciare un monologo in occasione dell’anniversario della liberazione d’Italia; l’intervento consisteva in una versione ridotta di un articolo pubblicato su La Repubblica il giorno prima, in cui l’autore ricordava l’assassinio di Giacomo Matteotti e le stragi nazifasciste delle Fosse Ardeatine [cfr. C’era una volta la Rivoluzione, Leone], Sant’Anna di Stazzema e Marzabotto, accusando così Fratelli d’Italia, esponente del partito di maggioranza che sosteneva il governo Meloni, di non aver mai rinnegato il suo passato neofascista. [L’intervento di Scurati venne però successivamente annullato, scelta criticata dai partiti di opposizione e dal sindacato interno Usigrai, oltre che dalla stessa conduttrice del programma, Serena Bortone].
Sia il direttore del programma Approfondimenti Rai, Paolo Corsini, sia il Presidente del Consiglio Giorgia Meloni hanno smentito le accuse di censura, sostenendo invece che la scelta sia dovuta a divergenze sul compenso economico da corrispondere a Scurati; questa versione, però, è stata smentita sia dall’autore, che sostiene che il premio è stato « concordato consensualmente e in perfetto accordo con quello degli autori che mi hanno preceduto » e ha definito il commento della Meloni « violento » nei suoi confronti, sia da Bortone, che ha comunque letto personalmente il monologo durante la puntata di Chesarà….
Inoltre, un’inchiesta di La Repubblica ha rivelato l’esistenza di una comunicazione interna alla Rai che faceva esplicito riferimento a « ragioni editoriali » in riferimento all’annullamento dell’intervento. Il testo integrale dell’intervento di Scurati, condiviso anche da Meloni su Facebook, è stato poi ripubblicato dai giornali e letto anche da Massimo Gramellini e Roberto Vecchioni durante la puntata del 20 aprile del programma In altre parole, in onda su LA7. A seguito delle polemiche sollevate dalla vicenda Scurati, la dirigenza Rai ha sospeso il conduttore dal programma per sei giorni; il programma è stato successivamente escluso dal nuovo palinsesto 2024-2025 e il conduttore è stato declassato al ruolo di conduttore radiofonico. »
Su un muro della mia città, Genova, c’è scritto : « La guerra è una lezione della storia che la gente non impara abbastanza« . Il fascismo è la lezione della politica che nessuno ha imparato. Qualcosa non ha funzionato. Da qui il diluvio di letteratura antifascista. Gli sforzi della sinistra politica non sono riusciti a fermarla quasi ovunque, non solo a Gaza.
Sì, questo pone effettivamente la grande domanda. Amplierò un po’ la prospettiva, cioè mi chiederò: come è possibile che questa umanità privilegiata sia sedotta dalle sirene del populismo che riecheggiano la forza seduttiva e violenta del fascismo ? Ho alcune risposte, provvisorie, parziali; ho anche scritto un breve saggio in cui riflettevo su questo interrogativo. Non ho tempo di soffermarmi molto questa sera, ma vorrei solo concentrarmi su un aspetto del tuo commento e della tua domanda. Dicevi che, nonostante il diluvio di pubblicazioni antifasciste, non ci siamo riusciti. Non credo, non è del tutto certo, certo, è vero che ormai c’è un genere editoriale, un filone intero forse, che più o meno adotta queste posizioni antifasciste, anzi, credo soprattutto che per troppo tempo ci siamo distratti, ci siamo addormentati, abbiamo dimenticato. Il ritorno della seduzione del fascismo nella seduzione populista è anche, per me, frutto dell’oblio, della distrazione, del silenzio sui valori che hanno alimentato la democrazia. Credo che dobbiamo lottare. Non abbiamo lottato abbastanza. La storia della democrazia, come dimostra M, è sempre una lotta per la democrazia. Quindi continuiamo a lottare. [applausi]
Esiste una miniserie, M – Il figlio del secolo (Joe Wright, 2024-2025), basata sulla saga di M. Luca Marinelli, l’attore che interpreta Mussolini, ha dichiarato di aver sofferto nella sua interpretazione. E tu, che rapporto hai con il personaggio di Mussolini ? Sei stato sedotto da un personaggio da te creato ?
Innanzitutto mi pongo una domanda : perché questa miniserie italiana, che ha avuto molto successo, è bellissima, non è ancora stata trasmessa in Francia ? È un vero peccato e mi rattrista. Pathé è uno dei produttori, quindi spero che arrivi in Francia. Devo ammettere che non ho subito il fascino, il fascino di M. Forse ne sono stato immune perché appartenevo all’ultima generazione di bambini del secolo scorso, ancora educati all’antifascismo. Sono cresciuto a Venezia negli anni ’80, quando c’era un disimpegno politico. Il sabato sera andavamo alle feste. L’antifascismo era ancora intorno a noi, nella nostra atmosfera. Sognavo di scrivere un romanzo sugli antifascisti, sui partigiani, sui partigiani, e l’ho scritto, ben scritto, ne sono contento, è forse uno dei miei romanzi più belli, Il tempo migliore della nostra vita (2015), su Leone Ginzburg, un partigiano, non tradotto in francese ma sarebbe bello se lo fosse. Ho vissuto dieci anni con Mussolini ma l’ho tenuto a distanza.
Ho avuto l’impressione di assistere a un discorso politico degno di Moretti alla fine degli anni ’70, che lo stesso regista denuncia per la sua inutilità. Alla presentazione del libro, gli ho chiesto : « La saga è un romanzo politico ?« . Mi ha risposto : « In effetti, lo è diventata« . Ma allora, qual è il suo rapporto con gli storici ? Penso alla biografia di riferimento su Mussolini di Renzo De Felice, quando vediamo, ad esempio, Alexandre Dumas o Michel Foucault ? Il rapporto tra storici e scrittori, la letteratura ? Perché non un saggio storico ? La sua saga è ben accolta dalla comunità degli storici ? Cosa cercava Scurati, lui che ha studiato storia a Parigi, optando per l’angolazione letteraria ? Raggiungere più persone ? Qual è il rapporto tra letteratura e testimonianza, il documento e, soprattutto, la verità ? Avrei gradito maggiori dettagli sul valore della testimonianza cruda nella letteratura attuale, che chiamo post-oggettivista, e soprattutto nella sua selezione nell’articolazione con la narrativa. Scegliere significa schierarsi.
Antonio Franchini, napoletano, direttore (NN editore? Dopo aver lavorato in Mondadori) di Scurati, e scrittore, non tubolare ma quasi, con la faccia da bandito, che non ha solo succhiato cubetti di ghiaccio, si intromette su richiesta di Campo. Racconta, fin troppo diffusamente, il suo incontro con Scurati, al videoclub di Milano, dove l’autore di M, era un giovane aspirante scrittore violento e vendicativo.
Segue un magnifico buffet Nello (mini-arrancini, pasta calda, pomodori, pesto, mini-sandwich, simili a quelli inglesi con i cetrioli, al pesto, cannoli, un tiramisù da urlo, ecc.) offerto dal Consolato italiano, nonostante il governo Meloni sia di estrema destra… Chiacchiero con un tecnico del suono che ha lavorato a Radio Campus Grenoble e poi a Périscope. Una donna italiana alta, mora, purtroppo vegetariana, mi guarda dall’alto in basso, con gli occhi truccati di nero, ma la sua ragazza immatura è orribile. Una giovane ragazza preppy, anche lei vestita di rosso, con il suo ragazzo, a cui manca il maglione sulla schiena. Chiacchiero con Gwilherm, della giovane libreria L’œil cacodylate, che è sorpreso di non conoscere nessuno e che i lettori vogliano tutto, subito, soprattutto in vacanza. Un membro dello staff ci racconta della Biennale di architettura di Venezia, dove non ha pagato l’ingresso perché è rimasto in centro per diversi giorni, e si commuove per la bellissima Accademia, e per Bologna, svuotata in estate dei suoi studenti e delle sue due torri chiuse.
[English in 2nd part; Espagnol en la parte 3] Le spectacle, Entre-temps, a pris deux ans avec des trous. Il s’est intitulé provisoirement Temps. C’est la clôture, en fanfare, de la biennale de la danse.
Decouflé, venu de Cunningham et, surtout, d’Alwin Nikolais (Angers) mais aussi d’Isaac Alvarez (mime) et d’Annie Fratellini (cirque), maîtrise autant la lumière que les costumes. Une horloge en haut à gauche, un grand rideau rouge en carton en trompe l’œil. Le rideau rouge cramoisi en tissu a disparu. So British Phil Decouflé, long corps dégingandé de 63 ans remémorant le regretté circassien et président de Groland, Salengro, coiffé comme Lynch voire Jarmusch, veste et pantalon noirs, cravate à motifs, chaussettes noires et blanches dans derbies noirs, danse à la bourg’ sur Proud Mary des Turner, Papa Was a Rollin’ Stone des Temptations, Modern love de Bowie (un titre qui donne la pêche, que j’écoutais chaque matin avant d’aller à Sciences Po, le ventre noué et n’ayant pas réussi à dormir, d’angoisses ; une dame derrière évoque la reprise de l’inévitable Zaho de Sagazan à Cannes que je n’ai pas tellement aimé car de l’énergie s’est perdue entre temps; enfin Decouflé a chorégraphié Wiebo pour l’expo Bowie is à la Philarmonie de Paris), le génial Sign o’ the times de Prince (un inédit de cette tournée vient de ressortir sur les toiles). Un grand, derrière, me donne des coups insupportables dans le dos. C’est une première à la biennale de la danse de Lyon – c’est d’ailleurs la première fois que Decouflé livre du clé-en-main : encore faux, Entre-temps a été joué le 15 avril 2025 à la Scène Nationale Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles (33), où il était en résidence 3 semaines ; en juin à Châteauvallon chez les amis Komatis. Ces fausses premières semblent une habitude.
Pierre Planchenaut.
20h37 pour un spectacle d’1h50. Les tableaux se succèdent. Nous observons des corps de danseurs de différents âges, de 38 à 72 ans. Magnifique Michèle Prélonge, passée par Chopinot dont elle gère les archives à La Rochelle. « J’ai travaillé d’abord sur le sentiment de déjà-vu, puis sur la répétition, sur la marche et j’ai cherché des variations sur ce thème » selon Philou. L’introduction est longue. Un fond amovible de rideau bleu électrique en trompe l’œil, les fausses perspectives remémorent l’univers onirique et fantastique de Gustave Doré. Un sol rouge. L’horloge à gauche régresse quand des carrés noirs passent ; l’acteur apparaît, disparaît, réapparaît. Les chaises craquent comme dans Symphonie pour un homme seul des Pierre Schaeffer et Henry, qui fut l’occasion d’une création par Béjart. Le public rit. Les corps se rencontrent peu. Puis les aiguilles voguent entre 8h et 8h59. La chorégraphie de groupe sur Boing Boom Tschak de Kraftwerk (Electric Café, 1986), est un peu simple et truffée de facilités. Elle est plus réussie et subtile sur Avec le temps de Léo Ferré. Gwendal Giguelay joue, et parfois improvise (le chambriste s’adonne aux performances, concerts-BD et films muets, ce qui correspond à l’univers de Decouflé) – ce qui est rare pour un pianiste classique, sur un piano droit et synthé. Il apparaît parfois debout sur scène. Puis O superman de Laurie Anderson (ma première rétrospective au MAC Lyon, The Record of the Time en 2002), l’occasion d’un solo facile mais ludique d’Eric Martin, pas toujours en rythme, même avec ses biceps. On songe à Bob Wilson qui vient de décéder. Puis, logiquement, Einstein on the beach, avec des facilités de Dominique Boivin, un historique de la compagnie depuis les années 80, qui décompte avec les mains, les danseurs entourent le pianiste glassien pour chanter. L’horloge se dérègle désormais sur 10h-11h. Une voix de danseuse, Catherine Legrand, dans les haut-parleurs, évoque la mémoire du corps et cite Bagouet (on songe à C’était bien (au petit bal perdu) chanté par Bourvil, cette chanson qui me tire inexplicablement des larmes, la chorégraphie ludique de Decouflé, auteur du court-métrage, évoque déjà la nostalgie du temps perdu). A noter la générosité de Decouflé qui retrace son parcours avec d’autres chorégraphes (Bagouet, Chopinot, Monnier, etc., cette nouvelle danse française, pionnière dans les années 80). Les intermittents lumière sont parfois sur le plateau, derrière des rideaux noirs. Alice Roland, une ancienne danseuse de la compagnie DCA (Diversité, Camaraderie, Agilité) a composé les excellents montages audio (bruits de respiration, mots en boucle, répétés, expressions musicales comme « je ne me souviens pas », expressions à l’envers à la George Martin à Abbey road, notamment pour la voix de Jacques Chancel pour Radioscopie, etc.), remémorant la poésie sonore ou encore la musique ludique et savante d’Hugues Le Bars avec Béjart (sur 9 ballets dont, par exemple, Musiques pour Malraux, 1986 ; 1789… ET NOUS, 1989 sur lequel je l’ai connu, J’en ai marre en 1991 avec la voix de Ionesco). Un superbe solo de la magnifique danseuse espagnole Meritxell Checa Esteban (Alias Compagnie, Suisse, Tanztheater Wuppertal von Pina Bausch et Johannes Wieland dans le Staatstheater Kassel, Allemagne, Stopgap Dance Company, Angleterre), en robe noire et blanche. Un danseur manie le twirling bâton de majorette à la perfection ; c’est le seul moment pendant le spectacle qui sera applaudi. Pour un solo, une autre danseuse, en veste rouge, reprend un geste de chacun de ses spectacles précédents tout en se calant sur la bande-son. La première partie se clôt sur une danse bretonne pour finir sur An Dro façon fest-noz. Un clin d’œil à La Danse des sabots lors du défilé du bicentenaire de la Révolution française à Paris mis en scène par Jean-Paul Goude ? Dommage de ne pas entendre le piano du pauvre, l’accordéon. La première partie semble trop longue et mériterait d’être resserrée.
Un entracte de 12 mn à 21h39 – ce qui est rare chez Decouflé ; une musique pour sirtaki puis Nina Simone, My Baby Just Cares for Me. Avec la lumière allumée, sur un air de piano, un homme en femme de ménage en rouge joue avec son ballet. Et pourquoi pas I want to break free de Queen ? Mais non. Elle mimera les aiguilles du temps. L’horloge oscille entre 4h et 6h. Lever de rideau rouge, superbe tableau, plus complexe, peut-être un peu long : faux miroirs, douche, salle de bain au fond ; un type en rayure dans son lit joue avec son long chapeau de dormeur à pompon. La isla bonita de Madonna, plutôt incongrue, s’est, selon Meritxell, imposée dès la première semaine de création : il fallait choisir une musique et faire un solo ; se remémorer sa jeunesse, Madonna, c’était la cour de récré avec une chorégraphie avec les copines, quelque chose de naïf qui évoque la pure enfance. Un tango, une femme en homme, un homme en femme, Dominique Boivin, plus de 70 ballets (« c’est bientôt la retraite ? », pioché lors de discussions initiées par Decouflé pour 3 groupes de danseurs), robe scintillante lamée noire, c’est la mode. Un cabaret berlinois beau mais long avec Lili Marlène, Ich Bin Die Fesche Lola dans L’ange bleu (Der blaue Engel, Josef von Sternberg ,1930), l’air, Peer Gynt par Grieg, d’M le maudit (M – Eine Stadt sucht einen Mörder, 1931), comme une mise en garde pour la période actuelle (que je trouve plus proche de 1787 que de 1934 même si comparaison n’est pas raison), avec des bruits de guerre en fond. La scène de fin est majestueuse : le tout est inversé, avec quelques considérations astrophysiques fumeuses (le temps est courbe), un intermittent qui fait valser le piano, avec des amateurs de tous âges formant un public au fond (en réalité des personnes, recrutées selon un texte descriptif, âge et taille puis un workshop pour la boum), applaudissant le majorette, une danseuse change son costume devant nous, un Supertramp pas très bien chanté (Dreamer) et la fin sur I will survive Gloria Gaynor, un morceau de pure musique baroque selon le pianiste Giguelay, où tout le monde se déchaîne comme en discothèque. Les corps se lovent enfin. Les trois bons hommes en pulls rayés rouges et bonnets de bain remémorent les fameuses kodakettes de la pub Polaroïd de Jean-Paul Goude, chorégraphiée par Decouflé et primée à Cannes. Le fidèle Jean Rabasse recycle un décor minimal ; Anatole Badiali récupère les costumes précédents. Tout le monde salue dans un grand S, même les non professionnels. C’est généreux, riche, populaire (pop et Avery + BD, du Legrand sauce Les demoiselles de Rochefort, Demy, 1967, finalement proche d’Haendel, du Gershwin, etc.), l’univers fantaisiste de Decouflé retrouvé, de beaux moments de grâce dans un océan de facilités. Un Fenêtre sur cour de la danse. On en a pour son argent. On se remémore les spectacles riches qui commencent à se raréfier par manque d’argent. Le public ressort avec la banane.
Une rencontre se déroule ensuite avec Meritxell Checa Estebann une danseuse arrivée plus tard dans le processus de création, le costumier, le pianiste et quatre danseuses amatrices. Est-ce un spectacle-testament ?
[Dance Biennale 2025, Lyon; « Meanwhile », Philippe Decouflé] As in himself
The show, Entre-temps, took two years to complete, with gaps. It was provisionally titled Temps. It closed the dance biennial with a flourish. Decouflé, who came from Cunningham and, above all, from Alwin Nikolais (Angers), but also from Isaac Alvarez (mime) and Annie Fratellini (circus), mastered both lighting and costumes. A clock at the top left, a large red cardboard curtain in trompe l’oeil. The crimson red fabric curtain has disappeared. So British Phil Decouflé, a long, lanky 63-year-old reminiscent of the late circus artist and president of Groland, Salengro, with hair like Lynch or even Jarmusch, black jacket and trousers, patterned tie, black and white socks in black derbies, dancing like a bourgeois to Proud Mary by the Turners, Papa Was a Rollin’ Stone by the Temptations, Modern Love by Bowie (a song that gives you energy, which I listened to every morning before going to Sciences Po, with a knot in my stomach and having been unable to sleep, with anxiety; a lady behind me mentions the cover of the inevitable Zaho by Sagazan in Cannes which I didn’t really like because some energy was lost in the meantime), the brilliant Sign o’ the times by Prince (an unreleased track from this tour has just been re-released on the web). A tall man, behind me, is giving me unbearable blows in the back. It’s a first at the Lyon Dance Biennale – it’s also the first time that Decouflé has delivered a turnkey performance: still fake, Entre-temps was performed on April 15, 2025 at the Scène Nationale Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles (33), where he was in residence for 3 weeks; in June at Châteauvallon. These false premieres seem to be a habit.
8:37 p.m. for a 1-hour-50-minute show. The scenes follow one another. We observe the bodies of dancers of different ages, from 38 to 72. The magnificent Michèle Prélonge, who worked with Chopinot, whose archives she manages in La Rochelle. « I worked first on the feeling of déjà vu, then on repetition, on walking, and I looked for variations on this theme. » The introduction is long. A removable backdrop of electric blue trompe l’oeil curtains, the false perspectives recall the dreamlike and fantastical world of Gustave Doré. A red floor. The clock on the left regresses as black squares pass by; the actor appears, disappears, reappears. The chairs creak like in Symphony for a Single Man by Pierre Schaeffer and Henry, which was the occasion for a premiere by Béjart. The audience laughs. The bodies meet briefly. Then the hands sail between 8:00 and 8:59. The group choreography for Kraftwerk’s Boing Boom Tschak (Electric Café, 1986) is a bit simple and full of easy tricks. It is more successful and subtle on Léo Ferré’s Avec le temps (With the time). Gwendal Giguelay plays, and sometimes improvises (the chamber musician devotes himself to performances, comic book concerts, and silent films, which corresponds to Decouflé’s universe) – which is rare for a classical pianist, on an upright piano and synthesizer. He sometimes appears standing on stage. Then O Superman by Laurie Anderson (my first retrospective at the MAC Lyon, The Record of the Time in 2002), the occasion for an easy but playful solo by Eric Martin, not always in rhythm, even with his biceps. We think of Bob Wilson who has just died. Then, logically, Einstein on the Beach, with the facility of Dominique Boivin, a company veteran since the 80s, who counts with his hands, the dancers surround the glass pianist to sing. The clock now goes wrong at 10:00-11:00. A dancer’s voice, Catherine Legrand, in the loudspeakers, evokes the memory of the body and quotes Bagouet (one thinks of C’était bien (au petit bal perdu) sung by Bourvil, this song which inexplicably brings tears to my eyes, the playful choreography of Decouflé, author of the short film, already evokes the nostalgia of lost time). Note the generosity of Decouflé who retraces his journey with other choreographers (Bagouet, Chopinot, Monnier, etc., this new French dance, pioneer in the 80s). The intermittent lighting technicians are sometimes on stage, behind black curtains. Alice Roland, a former dancer with the DCA company (Diversity, Camaraderie, Agility) composed the excellent audio montages (breathing sounds, looped, repeated words, musical expressions like « I don’t remember« , etc.), recalling the sound poetry or the playful and learned music of Hugues Le Bars with Béjart (on 9 ballets including, for example, Musiques pour Malraux, 1986; 1789… ET NOUS, 1989 on which I met him, J’en ai marre in 1991 with the voice of Ionesco). A superb solo by the magnificent Spanish dancer Meritxell Checa Esteban (Alias Compagnie, Switzerland, Tanztheater Wuppertal von Pina Bausch and Johannes Wieland in the Staatstheater Kassel, Germany, Stopgap Dance Company, England), in a black and white dress. A dancer perfectly wields a majorette’s baton twirl; it’s the only moment during the show that will be applauded. For a solo, another dancer, in a red jacket, repeats a move from each of her previous shows while keeping time with the soundtrack. The first part ends with a Breton dance, ending with An Dro in a fest-noz style. A nod to La Danse des sabots during the bicentennial parade of the French Revolution in Paris, directed by Jean-Paul Goude ? It’s a shame not to hear the poor man’s piano, the accordion. The first part seems too long and could do with being tightened up.
A 12-minute intermission at 9:39 p.m. – which is rare for Decouflé; music for sirtaki then Nina Simone, My Baby Just Cares for Me. With the lights on, to a piano tune, a man dressed as a cleaning lady in red plays with his ballet. And why not I want to break free by Queen ? But no. She will mime the hands of time. The clock fluctuates between 4 and 6 a.m. The red curtain rises, a superb scene, more complex, perhaps a little long: fake mirrors, shower, bathroom in the background; a man in stripes in his bed plays with his long sleeper hat with a pompom. Madonna’s La isla bonita, rather incongruous, was, according to Meritxell, imposed itself from the first week of creation : it was necessary to choose a piece of music and do a solo; remembering her youth, Madonna, it was the playground with a choreography with friends, something naive that evokes pure childhood. A tango, a woman as a man, a man as a woman, Dominique Boivin, more than 70 years (« Is retirement coming soon ?« , picked up during discussions initiated by Decouflé for 3 groups of dancers), a shimmering black lamé dress, it’s the fashion. A beautiful but long Berlin cabaret with Lili Marlène, Ich Bin Die Fesche Lola in The Blue Angel (Der blaue Engel, Josef von Sternberg, 1930), the aria, Peer Gynt by Grieg, from M the cursed (M – Eine Stadt sucht einen Mörder, 1931), as a warning for the current period (which I find closer to 1787 than to 1934 even if comparison is not reason), with sounds of war in the background. The end scene is majestic : everything is reversed, with some hazy astrophysical considerations (time is curved), a part-timer who makes the piano waltz, with amateurs of all ages forming an audience in the background (in reality people, recruited according to a descriptive text, age and size then a workshop for the party), applauding the majorette, a dancer changes her costume in front of us, a Supertramp not very well sung (Dreamer) and the end on I will survive Gloria Gaynor, a piece of pure baroque music according to the pianist Giguelay, where everyone goes wild like in a disco. The bodies finally curl up. The three good men in red striped sweaters and swimming caps recall the famous kodakettes from Jean-Paul Goude’s Polaroid ad, choreographed by Decouflé and awarded at Cannes. The faithful Jean Rabasse recycles a minimal set; Anatole Badiali recovers the previous costumes. Everyone salutes with a capital S, even the non-professionals. It’s generous, rich, popular (pop and Avery + comics, Legrand with Les demoiselles de Rochefort, Demy, 1967, ultimately close to Handel, Gershwin, etc.), the fanciful universe of Decouflé rediscovered, beautiful moments of grace in an ocean of facilities. A Rear Window of dance. You get your money’s worth. We recall the rich shows that were starting to become scarce due to lack of money. The audience left with a smile. A meeting then took place with Meritxell Checa Estebann, a dancer who arrived later in the creative process, the costume designer, the pianist, and four amateur dancers. Is this a testamentary show ?
[Bienal de Danza 2025, Lyon; « Mientras tanto », Philippe Decouflé] Como en sí mismo
El espectáculo, Entre-temps, tardó dos años en completarse, con lagunas. Se tituló provisionalmente Temps. Cerró la bienal de danza con broche de oro. Decouflé, procedente de Cunningham y, sobre todo, de Alwin Nikolais (Angers), pero también de Isaac Alvarez (mimo) y Annie Fratellini (circo), dominó la iluminación y el vestuario. Un reloj arriba a la izquierda, una gran cortina roja de cartón en trampantojo. La cortina de tela rojo carmesí ha desaparecido. Así pues, el británico Phil Decouflé, un hombre de 63 años, largo y desgarbado, que recuerda al difunto artista de circo y presidente de Groland, Salengro, con el pelo como Lynch o incluso Jarmusch, chaqueta y pantalones negros, corbata estampada, calcetines blancos y negros con zapatos derby negros, bailando como un burgués al son de Proud Mary de los Turners, Papa Was a Rollin’ Stone de los Temptations, Modern Love de Bowie (una canción que da energía, que escuché todas las mañanas antes de ir a Sciences Po, con un nudo en el estómago y sin haber podido dormir, con ansiedad; una señora detrás de mí menciona la portada del inevitable Zaho de Sagazan en Cannes que no me gustó mucho porque se perdió algo de energía mientras tanto), el genial Sign o’ the times de Prince (un tema inédito de esta gira acaba de ser reeditado en la web). Un hombre alto, detrás de mí, me da golpes insoportables en la espalda. Es la primera vez en la Bienal de Danza de Lyon; también es la primera vez que Decouflé presenta una función llave en mano: todavía falsa, Entre-temps se representó el 15 de abril de 2025 en la Scène Nationale Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles (33), donde estuvo en residencia durante tres semanas; en junio en Châteauvallon. Estos estrenos falsos parecen ser una costumbre.
20:37 para un espectáculo de 1 hora y 50 minutos. Las escenas se suceden. Observamos los cuerpos de bailarines de diferentes edades, desde los 38 hasta los 72. La magnífica Michèle Prélonge, quien trabajó con Chopinot, cuyos archivos gestiona en La Rochelle. «Primero trabajé en la sensación de déjà vu, luego en la repetición, en la marcha, y busqué variaciones sobre este tema». La introducción es larga. Un telón desmontable de cortinas azul eléctrico en trampantojo, las falsas perspectivas evocan el mundo onírico y fantástico de Gustave Doré. Un suelo rojo. El reloj de la izquierda retrocede al pasar los cuadrados negros; el actor aparece, desaparece, reaparece. Las sillas crujen como en la Sinfonía para un hombre soltero de Pierre Schaeffer y Henry, que dio lugar al estreno de Béjart. El público ríe. Los cuerpos se encuentran brevemente. Entonces, las manecillas oscilan entre las 8:00 y las 8:59. La coreografía grupal de Boing Boom Tschak (Electric Café, 1986) de Kraftwerk es algo simple y llena de trucos fáciles. Es más lograda y sutil en Avec le temps de Léo Ferré. Gwendal Giguelay toca, y a veces improvisa (el músico de cámara se dedica a performances, conciertos de cómics y películas mudas, lo cual corresponde al universo de Decouflé), algo inusual para un pianista clásico, con un piano vertical y un sintetizador. A veces aparece de pie en el escenario. Luego, O Superman de Laurie Anderson (mi primera retrospectiva en el MAC Lyon, The Record of the Time en 2002), la ocasión para un solo fácil pero juguetón de Eric Martin, no siempre rítmico, ni siquiera con sus bíceps. Pensamos en Bob Wilson, quien acaba de morir. Luego, lógicamente, Einstein on the Beach, con la facilidad de Dominique Boivin, un veterano de la compañía desde los años 80, que cuenta con las manos, los bailarines rodean al pianista de cristal para cantar. El reloj se desvía ahora a las 10:00-11:00. La voz de una bailarina, Catherine Legrand, en los altavoces, evoca la memoria del cuerpo y cita a Bagouet (uno piensa en C’était bien (au petit bal perdu) cantada por Bourvil, esta canción que inexplicablemente me hace llorar; la coreografía lúdica de Decouflé, autor del cortometraje, ya evoca la nostalgia del tiempo perdido). Cabe destacar la generosidad de Decouflé, quien reconstruye su trayectoria con otros coreógrafos (Bagouet, Chopinot, Monnier, etc., esta nueva danza francesa, pionera en los años 80). Los técnicos de iluminación, intermitentes, a veces están en escena, tras cortinas negras. Alice Roland, exbailarina de la compañía DCA (Diversidad, Camaradería, Agilidad), compuso los excelentes montajes de audio (sonidos de respiración, bucles, palabras repetidas, expresiones musicales como « No me acuerdo« , etc.), evocando la poesía sonora o la música lúdica y erudita de Hugues Le Bars con Béjart (en nueve ballets, incluyendo, por ejemplo, Musiques pour Malraux, 1986; 1789… ET NOUS, 1989, donde lo conocí, y J’en ai marre en 1991 con la voz de Ionesco). Un magnífico solo de la magnífica bailarina española Meritxell Checa Esteban (Alias Compagnie, Suiza; Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch y Johannes Wieland en el Staatstheater Kassel, Alemania; Stopgap Dance Company, Inglaterra), con un vestido blanco y negro. Una bailarina maneja a la perfección el giro de batuta de majorette; es el único momento del espectáculo que será aplaudido. Para un solo, otra bailarina, con chaqueta roja, repite un paso de cada uno de sus espectáculos anteriores al ritmo de la banda sonora. La primera parte termina con una danza bretona, y termina con An Dro en un estilo festivo. ¿Un guiño a La Danse des sabots durante el desfile del bicentenario de la Revolución Francesa en París, dirigido por Jean-Paul Goude? Es una pena no escuchar el piano del pobre, el acordeón. La primera parte parece demasiado larga y le vendría bien un poco más de precisión.
Un intermedio de 12 minutos a las 21:39, algo poco habitual en Decouflé; música para sirtaki y luego My Baby Just Cares for Me de Nina Simone. Con las luces encendidas, al son de una melodía de piano, un hombre vestido de señora de la limpieza de rojo toca con su ballet. ¿Y por qué no I want to break free de Queen? Pero no. Ella imitará las manecillas del tiempo. El reloj fluctúa entre las 4 y las 6 de la mañana. Se levanta el telón rojo, una escena soberbia, más compleja, quizás un poco larga : espejos falsos, ducha, baño al fondo; un hombre a rayas en su cama juega con su gorro de dormir largo con pompón. La isla bonita de Madonna, bastante incongruente, se impuso, según Meritxell, desde la primera semana de creación: era necesario elegir una pieza musical y hacer un solo; recordando su juventud, Madonna, era el patio de recreo con una coreografía con amigos, algo ingenuo que evoca la infancia pura. Un tango, una mujer como hombre, un hombre como mujer, Dominique Boivin, más de 70 annos (« ¿Se acerca la jubilación? », retomado durante las conversaciones iniciadas por Decouflé para tres grupos de bailarines), un vestido de lamé negro brillante, la moda. Un hermoso pero largo cabaret berlinés con Lili Marlène, Ich Bin Die Fesche Lola en El ángel azul (Der blaue Engel, Josef von Sternberg, 1930), el aria Peer Gynt de Grieg, de M la maldita (M – Eine Stadt sucht einen Mörder, 1931), como advertencia para el período actual (que me parece más cercano a 1787 que a 1934, aunque la comparación no sea razonable), con sonidos de guerra de fondo. La escena final es majestuosa : todo está al revés, con algunas consideraciones astrofísicas nebulosas (el tiempo está curvado), un trabajador a tiempo parcial que hace el vals del piano, con aficionados de todas las edades formando una audiencia en el fondo (en realidad personas, reclutadas según un texto descriptivo, edad y tamaño, luego un taller para la fiesta), aplaudiendo a la majorette, una bailarina se cambia de traje frente a nosotros, un Supertramp no muy bien cantado (Dreamer) y el final de I will survive Gloria Gaynor, una pieza de música barroca pura según el pianista Giguelay, donde todos se vuelven locos como en una discoteca. Los cuerpos finalmente se acurrucan. Los tres buenos hombres con suéteres de rayas rojas y gorros de baño recuerdan las famosas kodakettes del anuncio Polaroid de Jean-Paul Goude, coreografiado por Decouflé y premiado en Cannes. El fiel Jean Rabasse recicla un conjunto minimalista; Anatole Badiali recupera el vestuario anterior. Todos saludan con S mayúscula, incluso los no profesionales. Es generoso, rico, popular (pop y Avery + cómics, salsa Legrand Les demoiselles de Rochefort, Demy, 1967, en última instancia cerca de Handel, Gershwin, etc.), el universo fantasioso de Decouflé redescubierto, hermosos momentos de gracia en un océano de instalaciones. Una ventana trasera de danza. Obtienes el valor de tu dinero. Recordamos los espectáculos de alto nivel que empezaban a escasear por falta de dinero. El público se marchó con una sonrisa. Entonces se reunió con Meritxell Checa Estebann, una bailarina que llegó más tarde en el proceso creativo, la diseñadora de vestuario, el pianista y cuatro bailarines aficionados. ¿Es este un espectáculo testamentario?
[English in 2nd part; espagnol en la parte 3] Biennale de la danse 2025 de Lyon alors que le Festival d’automne bat son plein à Paris. Arriver à accéder au MAD (pas le musée des Arts décoratifs en cette année de centenaire de l’art déco, fort présent à Lyon), une architecture particulière de Pierre Bourdeix, élève de Tony Garnier (agencement de vastes espaces de circulation, grand vide architectural), fusionnée avec celle de la mairie du 8e, rénovée par Pierre Maurice (sobriété, prépondérance de la matière brute et massive, importance des espaces de circulation, mise en scène du bâtiment de l’extérieur avec chaleur et modularité) malgré travaux à cause des écolos : Lyon, éventrée, c’est Beyrouth ou Kaboul, les prochaines municipales sont en point de mire. Une jauge de 1100 places environ. J’ai réussi à obtenir une place sur liste d’attente : à côté de la console technique. Une femme devant rit comme Fabienne Pascaud, ou rire forcé de l’ancienne actrice, fille de militaire, devenue directrice de Télérama. Une petite fille devant moi avec sa mère. Un homme au bouc qui salue les intermittents. Une vieille insupportable, grande, qui semble danser, avec son Jules à mocassins à côté, parlent sans arrêt. Deux lusitaniens à côté dont un avec des cheveux bleus. Retrouver ce grand rideau rouge cramoisi bombé. Grand souvenir de Letter to a Man du regretté Bob Wilson avec Mikhaïl Baryshnikov sur Nijinski dans le cadre des Nuits de Fourvière 2016, spectacle gâché par une dame assistante qui évoquait tous les mouvements à une aveugle. Tragédie de Dubois avec danseurs et danseuses nu.e.s, une révélation comme Stravinsky ou les ballets russes début XXe. L’homme à tête de chou de Gallotta avec la chaise vide de Bashung en 2009. Tiago Guedes, qui remplace Dominique Hervieu, au management contestable et qui s’est occupée des chorégraphies des JO 2024, dirige la Maison de la Danse et, côté artistique, la Biennale de la Danse, co-dirige la Biennale de Lyon. Soirée Dresden Frankfurt Dance Company que Forsythe créa et dirigea (1984-2004), même s’il a désormais créé sa propre compagnie depuis 2005. Premier retour à la Frankfurt Dance Company. La salle frémit pour ce beau cadeau : Forsythe en création mondiale (c’est faux, la pièce a été exécutée au RomaEuropa Festival début septembre, hum !). Grand souvenir d’In the Middle, Somewhat Elevated au palais des Papes à Avignon en 1994, l’un des plus beaux moments du festival, avec la musique incroyable de Thom Willems et avec le Ballet de l’Opéra national de Paris dont Aurélie Dupont.
Undertainment donc. Apprécier le jeu de mot. Des corps différents avec des costumes banals en haut vif. Il s’agit plus d’une étude à partir d’improvisations, peut-être un peu trop collées sans unité autre que le langage chorégraphique bien connu de Forsythe (danse contact, investissement plein, rapidité des figures enchaînées). Aucune musique : c’est un manifeste. J’entends les régurgitations internes du lusitanien voisin; comme dans la pièce de Cage, bruit de toux automnales abondantes et communicatives, à cause du changement brusque de température. Des danseurs, inspirés par la poésie sonore depuis dada et la linguistique depuis Saussure émettent des voyelles comme rythme. Nous retrouvons l’alphabet de corps, des gestes amples, fluides, mathématiques et organiques ; Schlemmer pointe son nez. L’IA va être d’un apport certain pour Forsythe, notamment pour les simulations de chorégraphies possibles. L’influence japonaise point avec la sobriété, la ponctuation par des cris, comme une énergie primale (le cri primal de Janov qui parcourt toute la pop culture), la libération de l’énergie, le chi, qui sépare différentes scènes, un danseur noir tape sa main dans son poing. Puis le bruit des mains lancées en avant, le bruit du fléchissement des genoux sur la scène, les claquements de doigts comme dans West side story d’autant qu’une rangée se situe sur chaque bord de scène. Parfois, les danseurs se réalignent. Solo, duos, trio, groupe (l’atomique comme lien social dans l’anomie), tout y passe. Un grand danseur avec une tresse, un autre grand majestueux : la technique est sidérante et impeccable, du grand art. Forsythe se plonge dans le radical, pas de concessions, si ce n’est son vocabulaire, rôdé, qui peut se répéter. C’est brut, abstrait, et, partant, décevant. Ce spectacle de quarante minutes, riche et dépouillé, devrait être un peu plus filé.
Après un entracte pour se remettre de cette leçon dans un cours de danse, Ioannis Mandafounis, directeur actuel du Dresden Frankfurt Dance Company, est présent au salut avec ses petites lunettes à la Trotski. Son Lisa, créé en 2024, est beaucoup plus abordable mais va beaucoup moins loin. Sur des musiques de Gabriel Fauré avec un piano à queue noir joué en direct, les poèmes d’Osip Mandelstam, un poète génial et martyrisé (ne change pas avec Poutine actuellement : on voit le clin d’œil) sont évoqués, souvent en dansant, d’abord en russe (avec sous-titrage) puis en français puis en anglais les artistes évoluent en costumes des années 1930, deux danseurs avec des chaussettes à carreaux Burlington, le reste en baskets. Expression du bonheur, de la joie, un côté joué choral. Je sens nettement le vocabulaire d’un Forsythe – continuité – abordable mêlé de break dance ou danse hip-hop qui se généralise dans la danse contemporaine (déjà Cherkaoui avec C. de la B., Merzouki évidemment, etc.). C’est plus chaleureux mais moins fort. La fin se résout avec une pluie blanche, en Babel où les danseurs éructent dans différentes langues avec une musique trop forte. J’aurais inversé l’ordre des spectacles. Le débat sur lequel est intervenu William Marx sur se priver ou non de la culture russe à l’heure de Poutine est vain. Janké avait tort. Se priver de penser est se priver tout court. Par contre boycotter les acteurs de la scène culturelle russe, quel que soit leur talent, proches de Poutine, je comprends.
Dance Biennale 2025. Getting into the MAD, a unique architecture by Pierre Bourdeix, a student of Tony Garnier (arrangement of vast circulation spaces, large architectural void), merged with that of the 8th arrondissement town hall, renovated by Pierre Maurice (sobriety, preponderance of raw and massive materials, importance of circulation spaces, staging of the building from the outside with warmth and modularity) despite work due to the ecologists : Lyon, gutted, is Beirut or Kabul, the next municipal elections are in focus. A capacity of around 1,100. I managed to get a place on the waiting list : next to the technical console. A woman in front laughs like Fabienne Pascaud, or the forced laugh of the former actress, daughter of a soldier, who became director of Télérama. A little girl in front of me with her mother. A man with a goatee who greets the intermittent workers. An unbearable, tall old woman who seems to be dancing, with her Jules in loafers next to her, talking non-stop. Two Lusitanians next to her, one with blue hair. Finding that big, curved crimson red curtain. A great memory of Letter to a Man by the late Bob Wilson with Mikhail Baryshnikov on Nijinsky as part of the Nuits de Fourvière 2016, show ruined by a female assistant who was explaining all the movements to a blind person. Dubois’ tragedy with naked dancers, a revelation like Stravinsky or the early 20th century Russian ballets. Gallotta’s The Cabbage-Headed Man with Bashung’s Empty Chair in 2009. Tiago Guedes, who replaced Dominique Hervieu, whose management was questionable and who was in charge of the choreography for the 2024 Olympic Games, director of the Maison de la Danse, co-director of the Lyon Biennale and artistic director of the Biennale de la Danse. Dresden Frankfurt Dance Company evening that Forsythe created and directed (1984-2004), even though he has now created his own company. The room quivers at this beautiful gift : Forsythe in a world premiere (it’s false, the piece was performed at the RomaEuropa Festival in early September, hum). Great memory of In the Middle, Somewhat Elevated at the Palais des Papes in Avignon, one of the best memories of the festival, with the incredible music of Thom Willems.
Undertainment, then. Appreciate the play on words. Different bodies with banal costumes in bright colors. It’s more of a study based on improvisations, perhaps a little too tightly packed, with no unity other than Forsythe’s well-known choreographic language (contact dance, full investment, rapidity of linked figures). No music : it’s a manifesto. I hear the internal regurgitations of the Lusitanian; as in Cage’s piece, the sound of abundant and communicative autumnal coughs, due to the sudden change in temperature. Dancers, inspired by sound poetry since Dada and linguistics since Saussure, emit vowels as rhythm. We find the alphabet of bodies, ample, fluid, mathematical and organic gestures; Schlemmer points his nose. AI will be of definite benefit to Forsythe, particularly for simulations of possible choreographies. The Japanese influence is evident in the sobriety, the punctuation of screams, like a primal energy (Janov’s primal scream that runs through all pop culture), the release of energy, the chi, that separates different scenes, a black dancer claps his hand in his fist. Then the sound of hands thrown forward, the sound of knees bending on the stage, the snapping of fingers like in West Side Story, especially since a row is located on each edge of the stage. Sometimes the dancers realign themselves. Solo, duets, trio, group (the atomic as a social bond in anomie), everything is there. A great dancer with a braid, another great majestic : the technique is astounding and impeccable, great art. Forsythe plunges into the radical, no concessions, except for his vocabulary, well-rehearsed, which can be repeated. It is raw, abstract, and, therefore, disappointing. This rich and stripped-down show should be a little more spun.
After an intermission to recover from this lesson in a dance class, Ioannis Mandafounis, current director of the Dresden Frankfurt Dance Company, is present at the bow with his little Trotsky-esque glasses. His Lisa, created in 2024, is much more accessible but goes much less far. To music by Gabriel Fauré with a black grand piano played live, the poems of Osip Mandelstam, a brilliant and martyred poet (no change with Putin currently: we see the wink) are evoked, often while dancing, first in Russian (with subtitles) then in French then in English the artists perform in 1930s costumes, two dancers with Burlington plaid socks, the rest in sneakers. An expression of happiness, of joy, a choral side. I clearly sense the vocabulary of a Forsythe – continuity – approachable mixed with break dance or hip-hop dance which is becoming widespread in contemporary dance (already Cherkaoui with C. de la B., Merzouki obviously, etc.). It is warmer but less strong. The end is resolved with a white rain, in Babel where the dancers belch in different languages with music that is too loud. I would have reversed the order of the shows. The debate in which William Marx intervened about whether or not to deprive oneself of Russian culture in the era of Putin is futile. Janké was wrong. To deprive oneself of thought is to deprive oneself altogether. On the other hand, boycotting the actors of the Russian cultural scene, whatever their talent, who are close to Putin, I understand.
Bienal de Danza 2025. Entrando en el MAD, una arquitectura única de Pierre Bourdeix, alumno de Tony Garnier (disposición de amplios espacios de circulación, gran vacío arquitectónico), fusionada con la del ayuntamiento del distrito 8, renovado por Pierre Maurice (sobriedad, preponderancia de materiales crudos y masivos, importancia de los espacios de circulación, puesta en escena del edificio desde el exterior con calidez y modularidad) a pesar del trabajo debido a los ecologistas : Lyon, destripado, es Beirut o Kabul, las próximas elecciones municipales están en la mira. Un aforo de alrededor de 1.100. Conseguí un lugar en la lista de espera : junto a la consola técnica. Una mujer al frente ríe como Fabienne Pascaud, o la risa forzada de la ex actriz, hija de un militar, que se convirtió en directora de Télérama. Una niña frente a mí con su madre. Un hombre con perilla que saluda a los trabajadores intermitentes. Una anciana alta e insoportable que parece estar bailando, con su Jules con mocasines a su lado, hablando sin parar. Dos lusitanos a su lado, uno de pelo azul. Encontrar esa gran cortina curva de color rojo carmesí. Un gran recuerdo de la Carta a un Hombre del difunto Bob Wilson con Mijaíl Baryshnikov sobre Nijinsky, en el marco de las Nuits de Fourvière de 2016, Espectáculo arruinado por una asistente que le explicaba todos los movimientos a una persona ciega. La tragedia de Dubois con bailarines desnudos, una revelación como Stravinsky o los ballets rusos de principios del siglo XX. El hombre con cabeza de col de Gallotta con La silla vacía de Bashung en 2009. Tiago Guedes, quien reemplazó a Dominique Hervieu, cuya gestión fue cuestionable y quien estuvo a cargo de la coreografía para los Juegos Olímpicos de 2024, director de la Maison de la Danse, codirector de la Bienal de Lyon y director artístico de la Bienal de la Danse. Noche de la Compañía de Danza Dresden-Frankfurt que Forsythe creó y dirigió (1984-2004), aunque ahora ha creado su propia compañía. La sala se estremece ante este hermoso regalo : Forsythe en un estreno mundial (es falso, la pieza se representó en el Festival RomaEuropa a principios de septiembre, hum). Gran recuerdo de In the Middle, Somewhat Elevated en el Palais des Papes de Avignon, uno de los mejores recuerdos del festival, con la increíble música de Thom Willems.
Undertainment, entonces. Aprecien el juego de palabras. Diferentes cuerpos con trajes banales de colores brillantes. Es más bien un estudio basado en improvisaciones, quizás demasiado compactas, sin otra unidad que el conocido lenguaje coreográfico de Forsythe (danza de contacto, inversión total, rapidez de figuras enlazadas). Sin música: es un manifiesto. Escucho las regurgitaciones internas del lusitano; como en la pieza de Cage, el sonido de toses otoñales abundantes y comunicativas, debido al repentino cambio de temperatura. Los bailarines, inspirados por la poesía sonora desde el dadaísmo y la lingüística desde Saussure, emiten vocales como ritmo. Encontramos el alfabeto de los cuerpos, gestos amplios, fluidos, matemáticos y orgánicos; Schlemmer señala con la nariz. La IA será sin duda beneficiosa para Forsythe, sobre todo para simular posibles coreografías. La influencia japonesa es evidente en la sobriedad, la intensidad de los gritos, como una energía primigenia (el grito primigenio de Janov que recorre toda la cultura pop), la liberación de energía, el chi, que separa las diferentes escenas. Un bailarín negro aplaude con el puño. Luego, el sonido de manos que se lanzan hacia adelante, el sonido de rodillas flexionándose en el escenario, el chasquido de dedos como en West Side Story sobre todo porque hay una fila a cada lado del escenario. A veces, los bailarines se reorganizan. Solistas, dúos, tríos, grupos (lo atómico como vínculo social en la anomia), todo está presente. Un gran bailarín con trenza, otro gran majestuoso: la técnica es asombrosa e impecable, un gran arte. Forsythe se sumerge en lo radical, sin concesiones, salvo en su vocabulario, bien ensayado, que puede repetirse. Es crudo, abstracto y, por lo tanto, decepcionante. Este espectáculo, rico y despojado, debería ser un poco más elaborado.
Tras un intermedio para recuperarse de esta lección en una clase de baile, Ioannis Mandafounis, actual director de la Compañía de Danza Dresden Frankfurt, está presente en la proa con sus pequeñas gafas trotskistas. Su Lisa, creada en 2024, es mucho más accesible, pero va mucho más allá. Con música de Gabriel Fauré y un piano de cola negro tocado en directo, se evocan los poemas de Osip Mandelstam, un poeta brillante y mártir (sin cambios con Putin actualmente : vemos el guiño), a menudo mientras bailan, primero en ruso (con subtítulos), luego en francés y finalmente en inglés. Los artistas actúan con trajes de los años 30, dos bailarines con calcetines a cuadros Burlington, el resto con zapatillas deportivas. Una expresión de felicidad, de alegría, un toque coral. Percibo claramente el vocabulario de un Forsythe — continuidad — accesible mezclado con break dance o hip-hop, que se está extendiendo en la danza contemporánea (ya Cherkaoui con C. de la B., Merzouki, obviamente, etc.). Hace más calor, pero menos fuerte. El final se resuelve con una lluvia blanca, en Babel, donde los bailarines eructan en diferentes idiomas con música demasiado alta. Habría invertido el orden de los espectáculos. El debate que William Marx inició sobre si deberíamos o no privarnos de la cultura rusa en la era de Putin es inútil. Janké se equivocaba. Privarnos del pensamiento es privarnos por completo. Por otro lado, entiendo que se boicotee a los actores de la escena cultural rusa, independientemente de su talento, que son cercanos a Putin.
[English in 2nd part; espagnol en la parte 3] Queue des petits jours. Radiohead, Arcade fire, LCD soundsystem pour attendre. L’avenir musical viendra décidément des Belges. J’étais allé à Musilac rien que pour Ghinzu, un groupe belge pas loin des célèbres belges Deus, découvert grâce à Nicolas, bassiste du groupe post-rock messin, Mélatonine : fabuleux, un début avec la musique de Williams de Star wars, une voix et une musique très riches. Incroyable Electronic jacuzzi (2000, 2005) qui m’a marqué; grand charisme de John Stargasm, chanteur, claviériste (piano, synthétiseur) et basse. Très peu de public pour eux malgré du rock, punk, électro et jazz pointus : un plaisir d’esthète. Mais, à Aix-les-Bains en 2009, il y avait également Birdy Nam Nam, Les Wampas, l’électrique et électrique Beth avec The Gossip et The Prodigy (voir le chanteur déjanté, possédé, Keith Flint avant sa mort ; avoir dansé sur The fat of the land, avec sa pochette mythique, avec Ivan, fils du créateur Mathis de Châteauvallon et danseur et création lumière de la compagnie de danse Kubilai Khan investigation de Micheletti) ; malheureusement Camille, cette chanteuse pour bobo, issue de Sciences Po, pompant chez les brésiliens, la jazzeuse portugaise Maria João et les poètes sonores avec cinquante ans de retard. Une première partie très professionnelle de Warhaus. 21h30. Très bonne scénographie avec un rond suspendu pour projections lumières. Le charismatique Maarten Devoldere, un géant style Michael Hutchence (INXS), est, très à l’aise, chanteur et trompettiste. Il est habillé comme un mafieux, un costume blanc à rayures. Il a débuté dans Balthazar (2010) puis développe son projet perso, Warhaus (2015). Le guitariste se révèle percussionniste ; le claviériste, tromboniste ; cinq guitares. A part deux morceaux (l’un électrisant à la Göransson de Tenet, Nolan, 2020, avec trompette, trombone et synthé), j’accroche assez peu – douceur et fragilité avec groove -, même si dans la continuité de Leonard Cohen, Tom Waits, Lou Reed, Dylan et les ballades de Serge Gainsbourg. Un type de la régie lui apporte une lampe portative, Maarten joue avec. Sa connaissance de la variété française est grande puisqu’il ose un karaoké géant depuis la fosse avec un prompteur pour entonner un Aline (1965) de Christophe. Il termine en faisant chanter une mélodie complexe au public. Lors du concert, une vieille dame est évacuée sur un brancard. Pour patienter, Falling in love d’Elvis chanté par un autre, tout comme Manish boy, affadi par un blanc, Jack White qui fait monter la tension.
Kills, kills, kills
Après Kraftwerk, on reste dans l’électro et la boîte à rythme mais, non comme Prince dans la version funk, dans la version rock. Théâtre antique complet comme un œuf. Y’a des amplis Marshall sur scène. De l’électricité dans l’air. Chance, devant, une jolie ado, petite taille, poils (mode atroce de non épilation des jambes ?) au-dessus des gamine socquettes dans lourdes babies noires, yeux noirs dans belle bouille poupine mais sébum et boutons sur dos dénudé sur longs beaux cheveux bruns tirant vers le roux ; bel ensemble bleu, très court, comme les yeux de sa mère, rousse. 22h30, jeux de lumières. Le guitariste anglais Jamie Hince arbore un pull limite moche, tissé par mère-grand, lignes rouges sur blanc avec une tête hideuse verte qui tire une longue langue rouge au milieu. Il ressemble à un vieux beau ravagé, un Frankenstein, un survivor du rock. « Hélas, c’est la dernière nuit de notre tournée, mais c’est dans un bel endroit » depuis God Games, fin 2023. Il n’arrête pas de se passer la main dans les cheveux. Alison tourne sans cesse, notamment entre les chansons, dans le vide comme une lionne en cage. Si on ressent le rock au plus profond (c’est l’ancienne formule qui est adoptée : deux guitares et une boîte à rythme, le reste sur ordi), on ne peut s’empêcher de penser qu’ils n’ont pas sucé que des glaçons. Peut-être sont-ils crevés de leur tournée. Jamie joue parfois faux. Un gros en bermuda et lunettes lui apporte les guitares. Alison, toujours malheureusement teinte en blonde (cela ne lui va pas du tout), se tord dans tous les sens. Elle se donne à fond. Un bref moment, elle sera étendue comme morte. The kills est rock car ça sent le sexe. Une fois, Alison, assise sur un ampli retour de devant, se verra décocher un chaste baiser en tournant la tête au public. Alison se lovera en lui un bref moment. Belle complicité pour les ex-amants. Pour ouvrir, lumières rouges, boîte à rythmes comme métronome, riffs de guitare psyché de Kissy Kissy (Kean on your mean side, premier album en 2003). Alison à la guitare, haut noir et blanc, pantalon moulant noir, assez simple. Rose. Alison sert son pied de micro. Plantage sur l’excellent U.R.A. Fever (Midnight boom, 2008) : les torsions d’Alison paraissent vaines. Jamie fait signe de monter le son. Il sera volontairement pourri, saturé : boules Quiès nécessaires. Pas mal de public part pendant les morceaux. En fosse, ça shoote sec à coup de portables. Pendant un morceau, une nana survole le public, Alison lui tend les bras de loin. Public électrisé : seuls les afficionados, en surnombre, restent. Un Black Balloon (Midnight boom), fiévreux; Jamie travaille le larsen direct sur l’ampli. Les coussins, parfois trempés de bière, tombent par centaines. Les deux exultent : beau final pour eux et pour nous, non ?
[Music, Nights of Fourvière; The kills, Warhus***] Electric kills
Warhaus is warlus
Queue of the early days. Radiohead, Arcade fire, LCD soundsystem to wait. The musical future will definitely come from the Belgians. I went to Musilac just for Ghinzu, a Belgian band not far from the famous Belgians Deus, discovered thanks to Nicolas, bassist of the Metz post-rock band, Mélatonine: fabulous, a debut with the music of Williams from Star Wars, a very rich voice and music. Incredible Electronic Jacuzzi (2000, 2005) which left a lasting impression on me; great charisma of John Stargasm, singer, keyboardist (piano, synthesizer) and bass. Very few audiences for them despite cutting-edge rock, punk, electro and jazz: an aesthete’s pleasure. But, in Aix-les-Bains in 2009, there was also Birdy Nam Nam, Les Wampas, the electric and electric Beth with The Gossip and The Prodigy (see the crazy, possessed singer, Keith Flint before his death; having danced to The fat of the land, with its mystical cover, with Ivan, son of the creator Mathis de Châteauvallon and dancer and lighting designer of the dance company Kubilai Khan investigation of Micheletti); unfortunately Camille, this singer for bobo, from Sciences Po, copying the Brazilians, the Portuguese jazzer Maria João and the sound poets fifty years late. A very professional first part of Warhaus. 9:30 p.m. Very good scenography with a suspended circle for light projections. The charismatic Maarten Devoldere, a giant like Michael Hutchence (INXS), is very comfortable, singer and trumpeter. He is dressed like a mafioso, a white striped suit. He started in Balthazar (2010) then developed his personal project, Warhaus (2015). The guitarist reveals himself as a percussionist; the keyboardist, a trombonist; five guitars. Apart from two pieces (one electrifying like Göransson from Tenet, Nolan, 2020, with trumpet, trombone and synth), I don’t really like it – softness and fragility with groove -, even if in the continuity of Leonard Cohen, Tom Waits, Lou Reed, Dylan and the ballads of Serge Gainsbourg. His knowledge of French variety is extensive, as he dares to perform a giant karaoke session from the pit with a teleprompter to sing Christophe’s Aline (1965). He finishes by having the audience sing a complex melody. To keep him entertained, Elvis’s Falling in Love is sung by someone else, just like Manish Boy, dulled by a white man, Jack White, who builds up the tension.
Kills, kills, kills
After Kraftwerk, we stay with electro and drum machines, but not like Prince in the funk version, in the rock version. Ancient theater packed to the rafters. There are Marshall amps on stage. Electricity in the air. Chance, in front, a pretty teenager, small in stature, hair (atrocious fashion for not waxing legs ?) above the childish socks in heavy black baby shoes, black eyes in a beautiful baby face but sebum and spots on a bare back on long beautiful brown hair tending towards red; beautiful blue outfit, very short, like the eyes of his mother, a redhead. 10:30 p.m., lighting effects. English guitarist Jamie Hince sports a sweater that’s almost ugly, green lines on white with a red face in the middle. He looks like a ravaged old beau, a Frankenstein, a rock survivor. « Alas, this is the last night of our tour, but it’s in a beautiful place » since God Games, at the end of 2023. He keeps running his hand through his hair. Alison spins constantly, especially between songs, in the void like a caged lioness. If we feel the rock at its deepest (it’s the old formula that’s adopted : two guitars and a drum machine, the rest on a computer), we can’t help thinking that they haven’t been sucking on ice cubes. Maybe they’re exhausted from their tour. Jamie sometimes plays out of tune. Alison, still unfortunately dyed blonde (it doesn’t suit her at all), writhes in all directions. She gives it her all. For a brief moment, she’ll be lying there as if dead. The Kills is rock because it smells of sex. Once, Jamie, on his knees, will blow a chaste kiss. Alison will curl up inside him for a brief moment. Beautiful complicity for ex-lovers. To open, red lights, drum machine as metronome, psychedelic guitar riffs from Kissy Kissy (Kean on your mean side, first album in 2003). Alison on guitar, black and white top, tight black pants, quite simple. Pink. Alison uses her microphone stand. Crash on the excellent U.R.A. Fever (Midnight boom, 2008) : Alison’s writhing seems futile. Jamie signals to turn up the volume. It will be deliberately rotten, saturated: earplugs required. Quite a few audience members leave during the songs. In the pit, it’s a blast with cell phones. During one song, a girl flies over the audience, Alison reaches out to her from afar. The crowd is electrified: only the overcrowded aficionados remain. A feverish Black Balloon (Midnight boom). Cushions, sometimes soaked with beer, fall by the hundreds. The two exult : a great finale for them and for us, right ?
[Música, Noches de Fourvière; Los asesinatos, Warhus; ***] Muertes eléctricas
Warhaus es warlus
La cola de los primeros días. Radiohead, Arcade Fire y LCD Soundsystem, a esperar. El futuro musical vendrá sin duda de los belgas. Fui a Musilac solo por Ghinzu, una banda belga cercana a los famosos Deus, descubierta gracias a Nicolas, bajista de la banda de post-rock de Metz, Mélatonine: fabuloso, un debut con la música de Williams de Star Wars, una voz y música muy ricas. Increíble Electronic Jacuzzi (2000, 2005), que me marcó; gran carisma de John Stargasm, cantante, teclista (piano, sintetizador) y bajo. Muy poco público para ellos a pesar del rock, punk, electro y jazz de vanguardia: un placer para la estética. Pero, en Aix-les-Bains, en 2009, también estaban Birdy Nam Nam, Les Wampas, la eléctrica y eléctrica Beth con The Gossip y The Prodigy (véase al cantante loco y poseído, Keith Flint antes de morir; después de haber bailado The fat of the land, con su legendaria versión, con Ivan, hijo del diseñador Mathis de Châteauvallon y bailarín y diseñador de luces de la compañía de danza de investigación Kubilai Khan de Micheletti); desgraciadamente Camille, esta cantante de bobo, de Sciences Po, tomando prestado de los brasileños, de la jazzista portuguesa Maria João y de los poetas sonoros cincuenta años tarde. Una primera parte muy profesional de Warhaus. 21:30 h. Muy buena escenografía con un círculo suspendido para proyecciones de luz. El carismático Maarten Devoldere, un gigante como Michael Hutchence (INXS), se muestra muy cómodo, cantante y trompetista. Viste como un mafioso, con un traje blanco de raya diplomática. Empezó en Balthazar (2010) y luego desarrolló su proyecto personal, Warhaus (2015). El guitarrista se revela como percusionista; el teclista, trombonista; cinco guitarras. Salvo dos piezas (una electrizante como Göransson de Tenet, Nolan, 2020, con trompeta, trombón y sintetizador), no me gusta mucho su suavidad y fragilidad con groove, aunque en la continuidad de Leonard Cohen, Tom Waits, Lou Reed, Dylan y las baladas de Serge Gainsbourg. Un chico de la sala de control le trae una lámpara portátil, y Maarten juguetea con ella. Su amplio conocimiento de la variedad francesa lo lleva a realizar una gigantesca sesión de karaoke desde el foso con un teleprompter para cantar Aline (1965) de Christophe. Termina haciendo que el público cante una melodía compleja. Durante el concierto, sacan a una anciana en camilla. Para entretener, suena Falling in Love de Elvis, cantada por otra persona, y Manish Boy, interpretado por un hombre blanco, Jack White, que aumenta la tensión.
Kills, kills, kills
Después de Kraftwerk, nos quedamos con electro y cajas de ritmos, pero no como Prince en la versión funk, sino en la versión rock. Un teatro antiguo lleno hasta los topes. Hay amplificadores Marshall en el escenario. Electricidad en el aire. Chance, al frente, un adolescente guapo, pequeño, peludo (¿moda atroz para no depilarse las piernas?) por encima de los calcetines infantiles con pesados zapatos negros de bebé, ojos negros en una hermosa cara de bebé pero sebo y manchas en una espalda desnuda en un largo y hermoso cabello castaño que tira al rojo; un hermoso atuendo azul, muy corto, como los ojos de su madre, una pelirroja. 10:30 p.m., espectáculo de luces. El guitarrista inglés Jamie Hince usa un suéter casi feo, tejido por su abuela, líneas rojas sobre blanco con una horrible cabeza verde que saca una larga lengua roja por el medio. Parece un viejo galán destrozado, un Frankenstein, un superviviente del rock. «Ay, esta es la última noche de nuestra gira, pero es en un lugar precioso» desde God Games, a finales de 2023. Se pasa la mano por el pelo sin parar. Alison da vueltas sin parar, sobre todo entre canciones, en el vacío como una leona enjaulada. Si sentimos el rock en su máxima expresión (es la vieja fórmula la que se ha adoptado: dos guitarras y una caja de ritmos, el resto en un ordenador), no podemos evitar pensar que no han estado simplemente chupando cubitos de hielo. Quizás estén cansados de la gira. Jamie a veces toca desafinado. Un hombre gordo con bermudas y gafas le trae las guitarras. Alison, todavía teñida de rubio por desgracia (no le sienta nada bien), se retuerce en todas direcciones. Lo da todo. Por un breve instante, estará allí tumbada como muerta. The Kills es rock porque huele a sexo. Una vez, a Alison, sentada en un amplificador de monitor frontal, le lanzarán un beso casto mientras gira la cabeza hacia el público. Alison se acurrucará en él por un breve instante. Hermosa complicidad para ex amantes. Para abrir, luces rojas, caja de ritmos como metrónomo, riffs de guitarra psicodélicos de Kissy Kissy (Kean on your mean side, primer álbum de 2003). Alison a la guitarra, top blanco y negro, pantalones negros ajustados, bastante sencillo. Rosa. Alison usa su pie de micrófono. Crash en la excelente U.R.A. Fever (Midnight Boom, 2008). Los giros de Alison parecen inútiles. Jamie hace señas para subir el volumen. Estará deliberadamente podrido, saturado: se requieren tapones para los oídos. Mucha gente se marcha durante las canciones. En el foso, el sonido de los celulares estalla. Durante una canción, una chica vuela sobre el público; Alison le extiende los brazos desde lejos. Público electrizado: solo quedan los aficionados, en exceso. Un Globo Negro febril (Midnight boom); Jamie trabaja la retroalimentación directamente en el amplificador. Los cojines, a veces empapados de cerveza, caen a cientos. Los dos exultan : un gran final para ellos y para nosotros, ¿verdad?
20 éjaculations par mois contre le cancer de la prostate. Coca l’âne, « Ne buvez pas idiot, buvez engagé » au fronton du château de Coca® en Ségovie : boire du wahl-cola – pruneaux marinés à la cannelle avec de l’eau gazeuse – mieux que le fada cola®, le kofola®, le coca colla®, le breizh cola® passé sous proprio normand, le beuk cola®, le britt cola®, le bougnat cola®, l’alpa cola®, le biarnés cola®, chtilà cola®, elsass cola®, cola’rdèche®, l’ehka cola®, le corsica cola®, liger cola®, loère cola®, vexin cola®, mecca cola®, l’imazighen cola®, le qibla cola®, zelal cola®, zam zam cola®, tukola®, selecto®, l’inca cola®, l’opencola®, ubuntu cola®, le jolly cola®, kola real®, 1642 cola® versus le pepsi colapse® très à la mode en ces temps.
Vomi est mot vie. Travailler son massif périnée – vérité en deçà. Pensée positive comme méthode Coué® : « je séropositive ». Reprogrammation neurolinguistique. Certains pauvres qui glanent après les marchés, dont les patates, à la Varda, se jettent sur les restes de seins coupés suite aux tumeurs. En sus quand le chirurgien Fuzz se trompe de sein. Ajout d’herbes sèches conseillé. Les jours se lèvent, Hum !, les nuits tombent indifféremment. Aux complotistes : le soleil ne se lève et ne se couche pas parce que je le regarde, voilà pour la différence entre lien, corrélation et causalité – ces deux derniers étant sans cesse confondus. Ascenseur soupire. Colonne sèche. Asthme l’inspire. Ennui, durée vécue pleinement comme le sucre dans l’absinthe avec iris absente. Avoir le temps est un luxe selon Apollinerf, surtout quand Cravan conchie la Laurencin. Air sur noir sur blanc. Chaque jour révolu rapproche de la mort dans la vie. Ecouter The death is not the end sur la cassette de The death is not the end sur le label The death is not the end. Depuis la naissance. Vivre tue. Heildegger, ce beauf avec chapeau et chaussettes tyroliens dans sa cahute faussement campagnarde, reprend poncif. Chute des feuilles, chut ! petites morts. Chien à la porte donc. Mort dans vie. Soupirs. C’est écrit. Noir sur blanc.
Je t’aime : performatif intransitif ne souffrant aucun adjectif ; comme « made in China », n’apporte aucune garantie. Nul Don Juan pourtant. Commandeur cloné. Indifférent.e. aime le beau. Des enceintes. A la masse ? Trouple perceptible sur son visage : trouble dans les genres[3]. Elles : hommes immatures, trop d’ego, toujours en avant, à se valoriser, maman trop, infidèles, pensent queue, rationnels, manquent d’empathie & d’écoute. Petite typologie des mâles hétérosexuels après #MeToo de Chloé Delaume : relou, couard essentialisé, verrat visibilisé, réactionnaire en sandales, masculin révulsé, séducteur en laisse, « purple fucker », faux allié, ouin-ouin, flippé, fabriquant de déni, éveillé tardif, ver galant, Je-suis-féministe-mais, géniteur dessillé, dépatriarcalisé. Il faut beaucoup aimer les hommes. Râle, sève ! Il se fait agrandir le pénis, allonger, à Las Vegas, Montréal ou en Turquie en low cost, les jambes – implantation d’un système autour d’un clou, allongé via une télécommande externe par le patient lui-même, dans le fémur ou le tibia et le péroné, s’appuyant sur les principes de distraction osseuse par régénération découverts par le soviétique Ilizarov et son fixateur, cette cage ronde métallique composée de tiges qui percent le membre -, avec risque de mauvaise union de l’os, infection ou embolie, passe son temps en musculation pour torse bomber et pectoraux affleurer, Bombez le torse bombez ! Prenez des forces bombez ! Ça c’est my way, se fait poser des implants capillaires à Istamboul, refaire les dents en Hongrie. Elles abandonnent les couettes comme des rideaux bonne femme tenus par des embrasses, elles aiment être dessous mais plus à n’importe quel prix. Carne : coq-porn partout. Utérus, organe sans âge, générerait des hystériques où les femmes étaient manipulées, par Charcot et d’autres, à coup de cérémonial autour du baquet de Mesmer. Avant-garde et arc hystérique : Sarah Bernhardt puisque des actrices participaient au bal des folles à Saint-Anne, femmes de Mucha, postures de la chanteuse Y. Guilbert. Papillomavirus. Hystérectomie. Endométriose. Congrès de la vulve à Copenhague avant le syndrome de Stockholm. Des clitos – détectés par Soranos et Rufus d’Ephèse[4], là où la femme-fontaine ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve selon Héraclitoris – en 3D, comme un sot-l’y-laisse, en boucles d’oreilles ou en sculpture de rond-point. Au troisième millénaire, une cinquantaine d’années après le premier pas sur la lune, découvrir enfin[5] que le mamelon du diable=clitoris=la nymphée=lampe amoureuse=praline=petite éminence, ce bonnet d’évêque innervé comme le gland mâle, mesure une dizaine de centimètres – à clitoriser. Terrible excision, infibulation, mutilations pratiquées sur le seul organe féminin, du clitoris à la vulve en passant par les lèvres, consacré au plaisir. Humains (dys)fonctionnels. Les hommes chaussent des souliers dont les bouts sont offensifs à taper dans les parties de l’adversaire ; les femmes portent des faux ongles longs comme ceux des princesses chinoises. Les fonctionnaires ponctionnaires fonctionnent – comme ils peuvent. L’intelligence artificielle dépossède de la virilité dans les travaux physiques du type manutention. Heureusement, nous sommes en train d’en finir avec cette mulierbrité où « Les femmes sont soupières, c’est dire l’importance du plumeau ».
Eux : elles ont des problèmes avec papa, trop voyeuses[6], trop dans l’émotion, parlantes, doutes, compliquées, besoin d’être rassurées[7] (homme = doudou ou bouillote ?), jamais contente de leur physique ou trop, surcharge mentale, dépensières ; « les emmerdantes, les emmerdeuses, les emmerderesses » selon Valéry qui a souffert à la fin de sa vie à cause de sa maîtresse libérée. Toutes ne sont pas des Cannary. Elles intériorisent les poncifs masculins dans Sois belle et tais-toi de D. Seyrig : femme = soins. Il faut beaucoup aimer les femmes qui sont l’avenir de l’homme. 😕 Et mes rognons, tu les aimes mes rognons ; mon poumon, tu l’aimes, dis ? Se passer ses cheveux plus ou moins longs entre les doigts. L’œil dit américain se meut vite=ginginer comme le chante Bowie, le champ de vision est plus étendu pour la sélection du mâle : elle mouchaille, renucle. Atroce regard oblique=à la borgnette bloqué du poisson mort=quart d’œil entre faux cil, eye-liner et mascara – France, championne de la cosmétique ; spécialité française – mater sans être observé, hypocrisie ou torticoli=tortcou élevée en art comme politesse. Se teindre les poils du nez, gonfler les seins, fesses ou lèvres, refaire les grandes lèvres du « derrière du devant »[8], liposucer – une infirmière mexicaine s’est tuée en tentant de s’autoliposucer -, ravaler la façade, blanchir son anus qu’elle aura fait toutefois bronzer en diverses contorsions de yoga puis le mouler en chocolat qu’elle mangera et offrira pour la Saint Valentin. S’accepter comme best-seller. Malentendus : Mars mal Vénus[9], l’un dans l’autre ; exoplanètes par milliers – Copernic sa mère. Est ainsi soit-il. Sommes os & eau + carbone. Mosper Périmé, loto du patrimoine dérivé de son but : ravalement de façade à la duchesse d’Albe pour la cougar, parfois dès l’adolescence, cet âge cochon. Ne pas aimer les flatteries. Apprécier les mûr.e.s – pour un homme, un peu comme les chiens, avoir 70 ans correspond en valeur médiane à l’adolescence mentale. Libéré.e.s d’obligations. Sous pressions. Trop de tabac, seule égalité réelle gagnée par les femmes : vivre moins longtemps, baisse de l’espérance de vie durement gagnée, poumons ravagés, crises cardiaques. PMA, avoir un bébé toute seule – l’homme n’est plus or mais hors -, GPA. Homme : que géniteur ? Le père s’éclipse partielle puis totale. Parent 1, parent 2 = parent d’, parangon de la modernité. Jeu du chat et de la souris. Garder ses chaussettes pendant augmente la possibilité d’orgasme, avec fort ambitus, qu’elle simule d’après IRM, scanner. Les bottes près du lit : promesses. Fini bukkake.
Se plonger en taches blanches de crépi écru comme nuages. Fixer. Répulsion en swinging London grammar. murseressèrent. Un couloir de bras-chandeliers de Bérard à La belle & la bête. Position d’odalisques ; creux des reins, clef des songes sur fond de contrebasse. Café du commerce, conception femme-homme. Sommes bien peu. Pas compagnon ou compagne : impôts frappent (animaux décimés, air irrespirable, armement nucléaire) – réduire empreinte carbone, ginks=nul enfant car, Swift[10] is green, bonus Malthus, réduction de l’émission de CO2 égale le recyclage des déchets par 700 adolescents pendant toute leur vie, 180 000€ économisé en moyenne. Etiquette femme, pression sociale : nullipare, corbeau. Bombe démographique, transition.
Pas de voiture, pas de portable, pas de tv, pas d’ordi : une personne AZERTY en vaut deux, Jean-Christophe. Ileli est membre du Luddite club où le smartphone est banni. Inscrit.e à aucune asso. Aucun sport, revendique l’asthmatique fumant un Churchill. – J’adore quand un plan se déroule sans accroc répète Peppard avec son barreau de chaise dans la bouche dans Agence tous risques, le même que dans Déjeuner chez Tiffany’s avec la fée Audrey et le cabotin Rooney -. Premier et dernier rendez-vous chez le psychiatre scannant du regard le manteau noir à la coupe stricte : « Pas de compagne ou compagnon, pas d’enfant, pas d’animal de compagnie, vous avez raté votre vie ». Le synesthésique russo-franco-germano-americano-suisse, épiléptique, avait raison. Les psychiatres sont les derniers classés, avec les pédiatres, en trop faible nombre, et la médecine générale – reconnue tardivement comme spécialité -, de l’internat (ECN) de Médecine, voilà qui est rassurant ! Pas de responsabilités, nulles contraintes. Etre zéro, kamikazé. Un Dude. Le grand rien du grand tout. Parti de rien, arrivé.e à rien. Hikikomori=retirant=syndrome de Bartleby te salutant comme dans De l’autre côté de la porte de Thrush.
La plaque électrique fait masse. Les plombs sautent. Amleto par Castellucci. Véhémente extériorité du mollusque qui s’exerce à plier l’espace-temps. Tous se drogassent : trop d’anxiolytiques partout, B.Z.D. notamment (C9H8N2)[11], kétamine remplace Prozac®. Le ronronnement du chat calme paraît-il, comme le cheval ou le bébé phoque robot pour quinquado ou les doudous=objets transitionnels de femmes adulescentes – la vie s’allonge surtout pour qui est né un 29 février (c’est le meilleur mois car c’est le plus court=moins de bêtises sont dites).
Les félins prolifèrent. Certains sont utilisés, comme du temps de la guerre froide où le pionnier se fit écraser d’entrée, pour espionner avec l’aide d’implants. A l’instar de la Chine, le gouvernement instaure la politique du chat unique à cause d’écosystème déséquilibré & de raréfaction des oiseaux. Les heureux félins sont fixés : FELIX. Les chattes, trop en sinanthropisation, se suicident en masse. Un ingénieur s’ingénie à torturer son chat : condamné. Depuis Da funk, les canidés pullulent. Ils se sont révoltés à l’hémisphère gauche sud, téléguidés par Fuzz. La rébellion est circonscrite même si les CRS mâles, de glace, se sont portés pâles car ayant mal à l’épaule nord à cause du burn out. Trop de médicaments, trop d’animaux.
Voir en face. Psyché réfléchit trop. Vivre in naturalibus. Peeping tom n’aime pas se voir. Rear window, les fenêtres sont des cases d’échiquier – une veuve, cette fille qui danse devant son écran, un macho sur son vélo d’appartement puis son babyfoot sur son balcon, une poitrine généreuse en aube d’été chaud & clair, un jeune couple nus à la Masaccio juste après l’amour, une femme sur son balcon en pleurs à cause d’un burn out et surcharge mentale devant ses deux enfants qui la regardent sans comprendre -, pas de cour, pas de chien déterrant des ossements humains, L’Homme de fer a fait son coming out, nul Arizona dream. Playtime again, Sam. Des vieux trompent l’ennui derrière leurs rideaux. Les miroirs sont condamnés. Play it against, Sam. Ne pas être photographié pour ne pas avoir l’âme aspirée. Tout est image. Encore moins s’entendre. Etre quadra – cercle. Ne pas s’étendre. Face-à-face.
Eau & gaz à tous les étages, Sokolov. Magnéto, Serge. Un nouveau compteur d’électricité, dénoncé par la Cour des Comptes, et d’eau malgré des détracteurs. Enième théorie du complot. Des on-dits. Les imbus éclatent. Outre les ondes hertziennes à modulation de fréquences, vu à l’origine comme maléfiques, baigner dans les ondes électromagnétiques. WIFI is WTF. Vivre avec un sac plastique cancérigène et non biodégradable sur la tête pour protéger des ondes : 8e continent. Perturbateurs endocrinières même dans les cheveux en quatre sur la soupe d’écolos. Pas de cellulaire et d’étrangers exploités dans les mines, parfois clandestines, dangereuses – cyanure, lithium, cuivre, silicium -, pas sous l’oreiller adonc avec le manque de sommeil, en chute piéton chut !, au resto avec comparse face-à-face devant l’écran idem, sans discussion continue. Rebel, rebelle. Apprendre à voir, flâner. Océan technologique. Métier Jacquard dont les cartes perforées servent pour des œuvres contemporaines abstraites, des motifs de robes ; révolte des cervelles de bombyxiers=canuts. Luddisme non ludique, Rage against the machine, Thiers, Guizot.
[1] Le planning familial a suscité une polémique à cause d’une affiche avec un trans enceint.
[2] Se référer de la statuaire grecque jusqu’au chanteur Anthony Hegarty / Anohni en passant par les « onnagata » du kabuki, l’opéra chinois, Shakespeare (y compris l’Hamlet de Jahaty), Louise Labé, le castrat Farinelli par Barthes pour la guérison de la léthargie mystique de Philippe V ou au cinéma, une photo de Nadar, la pensée du Sâr Joséphin Péladan, – ce « prêtre de l’idée », envoyé du Mont-Salvat et du Chevalier du Graal, distinct du Sâr au palais d’hiver où les protagonistes étaient ivres après un dîner chez Marius, un bouchon.-, les suffragettes, les flappers, Orlando de Woolf revisité par Wilson avec Huppert, Fil d’or de Suzy Solidor, La grande illusion de Renoir, le cabaret, berlinois ou parisien, les glams Bolan de T. Rex, Bowie et son acolyte K. Nomi, Certains l’aiment chaud de Billy Wilder (Some like it hot, 1959), Phantom of the paradise de B. de Palma (1974), le groupe Indochine, Titane de J. Ducournau (2020, Palme d’or).
[3] « All gender is like drag, or is drag. » (« Tout genre est semblable au travestissement, ou est travestissement. » (Butler, Ces corps qui comptent : De la matérialité et des limites discursives du « sexe ». Paris : Ed. Amsterdam, 2009. p. 236, traduction par C. Nordmann de Bodies That Matter : On the Discursive Limits of “Sexe”. New York : Routledge, 1993. p. 234 in Marty, Eric. Le sexe des modernes : Pensée du Neutre et théorie du genre. Paris : Seuil, 2021. Fiction et Cie. Note 4. p. 233). L’angle mort de la pensée de Judith Butler, valet à la Wodehouse, Jeeves, de sa propre pensée, c’est le trans comme le souligna le Fuck you Judith Butler de cette trans FtM. Pour elle, la dynamique de développement n’est qu’un calque du management assassin : agency (capacité d’agir), empowerment (autonomisation), enabling (encapacitation).
[4] Hippocrate, Galien et Vésale, corrigeant les erreurs de Galien, n’ont rien vu contrairement à l’italien Eustache, le lyrique Colombo – le Colomb du clito passé à côté de cette terra incognita – et surtout Fallope. Ne pas oublier les bulbes du vestibule.
[5] Que dire sur la petite prostate féminine. La femme-fontaine reste un mystère non élucidé pour l’heure.
[6] Soit elles sont complexées à cause de leur éducation ou la dictature de la mode façon photoshop, soit elles paradent.
[7] « Chez toutes les filles – y compris les mieux réussies de l’espèce – on trouve ce besoin de jouer la sécurité avant tout. » (Wodehouse, P. G. op. cit. p. 61).
[8] Cette expression proviendrait du baron Dudevant – mari divorcé, à la demande et à l’avantage de la dame qui aimait, comme son mari, tout ce qui avait trait du derrière – de George Sand.
[9] « Fielding nous dit que l’homme est de feu et la femme d’étoupe, et que le Prince des Ténèbres les enflamme. » Dickens, Charles. Les papiers posthumes du Pickwick Club, Chap. VIII. Traduction de Sylvère Monod.
[10]Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à charge à leurs parents ou à leur pays et pour les rendre utiles au public, écrit absurde de 1729 du prêtre irlandais, descendant de la chanteuse Taylor Swift, présent dans l’Anthologie de l’humour noir (1940) de Breton.
Seul.e plutôt que mal accompagné.e[1]. Nulle zone humide : ne pas confier son sexe, My precious, aux mains étrangères avec force bactéries. Solution hydroalcoolique agréée AAA–. Les chiées=chiures de mouches sur le plafond composent, tel le bon âne Boronali de Sichuan, l’arte povera virant vers le land art. Ne pas faire l’école de la propreté ou l’école de la rue Monsieur , où il est inscrit au fronton « Les femmes font et défont les maisons », centrée sur les arts ménagers réclamant productivité et polyvalence, en vue du concours, de « la Fée du logis » organisé par l’union nationale des caf, avec l’épreuve physique chronométrée de transfert de poubelle à roulettes dans un parking pour spic et span comme dans un bon épisode de Chapeau melon et bottes de cuir, chez Walser via les frères Quay ou dans La bonne épouse de Provost où Binoche serine dans l’école, « La bonne épouse est avant tout la compagne de son mari. Ce qui suppose oubli de soi, et bonne humeur. ». Si le singe – et sa brachiation -, réprouvé par les créationnistes depuis l’acmé du procès US des années 20, ou l’intelligence artificielle, pouvait écrire homèrshakespeare[2], Tolstoïevski, intégrerait-il l’écriture inclusive et les successives réformes d’orthographe ? Les féministes luttent contre le dominant accord masculin trop patriarcal pendant qu’icelui se bat pour la parité avec le mot sage-femme, maïeuticien n’étant pas satisfaisant. Nénuphar, nénufar. Monet for nothing car atteint de problèmes ophtalmiques. L’homme descend du singe qui, selon McKenna consommait des champignons hallucinogènes à l’ère glaciaire, descend de l’arbre – BOUM. One vision, one chicken ; selon Darwin : Keith de pierre qui roule avec le logo de la langue tirée, habitué à renouveler son sang de camé, a failli avoir un crâne sans bandana fendu par la noix de coco – le gagner, le cocotier. Anthroposcène.
Chaussettes noires et blanches sur un radiateur blanc : sempiternelles variations Goldberg. Pas de point G avec le musicien canadien autiste – le grand dadais au tabouret scié – contrepoint à la ligne. Enclume sur les touches de piano sonnant comme un clavecin comme Thelonious et ses chapeaux ridicules. Torture à la Ludwig van d’un Funeral Parade of Roses quand Le monde est bleu comme une Orange mécanique, Wendy. Des coups sur les mains lors de l’exercice Chopin trop peu porté sur la chose selon Aurore(=George) pas de nowhere mais de Nohant. Charme funèbre. Un bémol : Bach, dont les contrepoints, ou contresujets comme des chants polyrythmiques de peuple poli, grand comme mon poing=pygmées, comportent nombre d’erreurs selon Moondog, est rigide oxydant – Bach est barbaque : Killing Bach de Filidei avec perceuse et taser – que contrecarrent Karlheinz Stockhausen avec son kontra-punkte, achtung gamelans balinais, respirations inuits, bien assimilées par Björk et incompris de Prigent, chants de gorges profondes en diatoniques tchouvaches. Ecosystème fruste mais vivace. Tout animal de compagnie est interdit : le chien, avec un muscle facial en sus du loup pour apitoyer l’humain afin d’atteindre son but surtout après son yoga immersif quotidien, et chat, du Cheshire, Potasson[3], Alexandre Vladimirovitch ou de Schrödinger[4] posant quelques problèmes de traitement dans l’hôpital pour chats après visite d’îles aux chats, nippones comme Tashirojima ou Aoshima, ou indonésiennes, envahies de touristes ; avec poils, hamster, rat, cochon d’Inde, belette, écureuil, lémurien ; sans poils, caméléon, serpent, mangouste, tatou, pangolin et autres créatures domestiquées en arche de Noé. Le monde se divise en deux : les animaux de compagnie qui chiaillent=pleurent leur maître ; ceux qui les mangent ; ceux qui le divise en deux et les autres ; toi, tu creuses la question. Psychotiques, névrosés. Epizooties, zoonoses, épidémies, Everybody knows : morts en masse.
Ventrose malgré apocalypse. Nous sommes ce que nous mangeons en somme. Vous n’aimez pas l’astringent ? L’acide ? L’âcre ? L’aigre ? L’amer ? L’âpre ? L’épicé ? Le relevé ? Le fort ? Le fade ? Le doux ? Le fruité ? Le sucré ? Le chaud ? Le froid ? Le tiède ? Allez vous faire foutre ! dit-il à bout de souffle. Sortir Opinel® de survivor. Mmmmm, MIAM, l’onomatopée envoie le goût vers l’arrière-bouche. Umami=osmazôme[5]=saveur délicieuse, salivante comme la dominante glutamate de sodium dès le lait maternel ou dans le parmigiano reggiano® ou un comté 36 mois, avec le dashi=bouillon Knorr®[6] (E621) bio bonite et kombu, bouillon de poule, tomates séchées – l’affaire tomates-crosnes – ou avec l’ail noir de la Drôme. Les asperges,[7] vertes craquantes, ou blanches, récoltées à la gouge sur butte, au Gorgonzola dolce selon cette recette de cuisine en copier-coller malencontreux dans une loi belge. C’est le seul moment où le pipi, qui se boirait pour sa santé selon certains, dans la lunette se sent pour moitié humain : acide asparagusique dégradé en soufrés de méthanethiol, où le nez souffre comme pour un putois, + sulfure de diméthyle. De l’inconvénient d’être nez, tirade de Cyrano de Bergerac comprise, surtout avec lunettes. Bien que plein de casseroles, comme certains politiques, ileli ne sait pas cuisiner. En faire, pavé d’intentions bonnes, un black Angus Young[8]. Alphitomancie comme Alf : selon la farine d’orge, nous allons tous mourir, les impôts arrivent.
Malgré le camping gaz, un nomade figé, manger-bouger, nourrir le microbiote du deuxième cerveau peuplé de millions de bactéries, régulièrement décimées par les antibiotiques malgré les ultra-levures anti mise en bière polonaise au goût de vagin, avec dîner aux chandelles, les bougies parfum vagin de Gwyneth Paltrow – cette actrice dans le raté Two lovers de Gray d’après Dostoïevski – ou belge au bacon, avec boîtes de conserve[9] roides – il Appert que les vitamines C sont préservées paraît-il dans les boîtes malgré les sucres additifs et l’huile de palme non académique, trop de Buitoni® rue Nicolas-Appert. La carence en vitamine D est un problème de santé public. A fortiori si sont portés drapé céphalique=voile, burqa ou burkini® comme les habits de bain proustiens façon 1900, facce d’elle, ce débat hexagonal surprend le monde anglo-saxon – dégrossir le gigot, comme l’impro de Piccoli imitant le coléreux tchékhovien Sautet, se coupe toujours debout -, qui rendent la femme si érotique sauf quand elles bloquent leur téléphone portable dedans pour raconter leur vie ou faire des courses. Retour de l’huile de foie de morue, ce cauchemar d’enfance. L’une après l’autre dans l’antre. Mieux vaut doigts de mort=salsifis – ceux des frères Marcon vers le Velay avec vue sur les Alpes plutôt que la cantine de triste souvenir – que le salafisme – pasdamalgame. De la panse vient la danse même si nulle carrante. Alimentation d’égale humeur.
Les dieux sont dans la cuisine selon Héraclite : être un cordon bleu est son fil rouge. Faire ses courses au Radis radieux où McCartney croque du céleri, à la Carotte qui dépote of course. Boubouille ou Pot-bouille pour réfection de dessous le nez. David Sylvian sur un mix d’Akira Rabelais. Gus Le Breton faisait le tour de la table=se caressait l’Angoulême=chargeait pour la Guadeloupe=tortorait=morfilait=regatait=riflait=trognait=tortillait (du bec)=bribait=morfiait=affutait, graissait ses meules=faisait trimer les mathurins=babouinait=bauffrait=béquillait=morfignait=se calait les joues, les badigoinces, les amygdales, les soupapes=passait à biffre=se fourrait dans le tube=emplissait le bocal=se flanquait une bosse=bourrait le canon, la paillasse=chargeait la cannonière=se mettait quelque chose dans le, allait se refaire le, nourrir son cadavre=travaillait des mâchoires, pour les Jules=se passait par le coco=carrelait le ventre=se garnissait, remplissait le coffre, le jabot=estropiait un anchois=faisait feu des dents=astiquait le corridor=jouait des dominos, aux Osanores=tordait le cou à un lapin, à une gibelotte=tapait sur les vivres=se refaisait le torse=avait un trou sous le nez (qui coûtait cher)=mettait à la caisse d’épargne=se poussait un excellent=était en train de bien faire=biffrait=jaffait=morfiaillait=mastéguait=clapotait=gouffiait=morganait du Picard®. Les chips sont meilleures dans un bol bleu, l’étude est formelle.
Le bonheur – o tempura, ô morilles enthousiastiques – est un sang de poisson=olaf=une huile de La Fare, Nyons, Perdisacca – avec une ardance parfaite, saporeuse, à partir de l’olive Rosignola – d’Illyrie dans La nuit des Rois où il y rit, de la famille Martin à la Magnanerie en Ardèche tournée côté Cévennes, vers Gard et sa cuvée cosmos d’olives toscanes telles que leccio del corno – avec frais et végétal au nez remémorant amande verte et avocat, fruité intense et long en bouche, complexe sur des notes de garrigues, amer et piquant – sur argile rouge du tertiaire, Munoz n° sur un fenouil[13], voire, comme un panda avec le bambou, de jeunes pousses, ou des petits poireaux à peine cuits avec le tchaIkou Anji bai cha – tataki l’a quitté -, fort en diarulité, ou des filets de galinettes=rougets saupoudrés de voatsiperiferi malgache. Engloutir, comme tapas, onigiri – offrande pour les dieux ou protection contre le mauvais sort -, cubiques ou ronds, chauds ou froids, 120 calories, à l’umeboshi, l’œuf, au kombu, thon mayonnaise, saumon, tarama, steack, shiitake, chou fermenté, aux légumes, des petites patates de Noirmoutier, protégées par la nicotine, l’huile de goudron ou par le fiel de lézard vert, et salées naturellement grâce au sel marin, sautées, sans être pelées, directement à la poêle. Eviter chicon=endive Arhol. L’affaire tomates-crosnes. S’offre parfois un palatable et saporeux cassoulight bio[14] avec des gonfles=bougres=gaziers=boulots=pétards=bourre-coquins=gargousses de la canonnière=musiciens=manches à balles=berlingot avalé en poste comme l’affirme Joséphine-au-plus-beau-cul-du-monde concernant Nabotléon, ou une fondue savoyarde (Beaufort, hiver, d’été, d’alpage, de force 5 à 7, Comté, Gruyère, les deux derniers n’étant pas à dédaigner dans une gratinée au Madère, considére comme une torture dans MadHeidi avec l’ébouillanté à la fondue avouant être intolérant au lactose), avec, même si remis aux calendos grecs, un appareil design ressemblant à un chatBot, en pleine canicule d’été, le jeu consistant à regarder la sueur sur le front[15]. Le potophore Bocuse sacre le pot-au-feu avec moelle. Café décaféiné ou thé rooibos. Mettre les petits plats dans les grands : serviettes natives. Ileli mange de l’ail pour obtenir une bonne odeur d’aisselles. Se shooter au pain au pavot. Les cervelles d‘agneau – délogées par les cabocheurs ou pourfendeurs dans les caves – tourangelles au beurre, en carpaccio à la elBulli, après les rillons, en fouace ou non, comme ileli l’a appris à la Cravandière. Un bouillon de poulet aux os cassants, en miso Gucci® comme probiotique sur base soja. S’enfiler à sec un castré de Bresse en demi-deuil – kitchen is chicken – ou géline de Racan – préférer la chair du cou. Caprin de Coimbra. A la réception de l’impôt sur le revenu déclenchant une hernie fiscale, manger des linguinales au foie gras, avec de la gelée de foin parfumé à la cistre du Vivarais, et à la figue, sur fond jazz d’Artie Show. Penser à ce lapin Rex du Poitou confit entier au gin, enrobé d’une fine farce au lard de Colonnata avec gnocchi de pomme de terre aux épices douces, les berlingots avec coulant au crémeux de chèvre de Banon, fumé, consommé au cresson infusé au gingembre et à la bergamote, les célèbres homard bleu rôti au beurre de homard, dashi aux fruits rouges, fumé, chutney de cerises à l’épine-vinette, betteraves jaunes ou turbot côtier cuit meunière, crémeux de petits pois à l’oseille, cardamone verte, bouillon des cosses au café vert de Anne-Sophie Pic, pour la réhabilitation du topinambour et du panais au bord de la nationale 7 à Valence. Saupoudrer les pâtes longues – soba=au sarrasin, ou non -, des spaghettis sardes par exemple, de gustuelle karazumi=wuyuzi=boutargue=poutargue râpée, – œufs de muges=mulets en gutturation iodé, très gustuel, suave et amer, pêchés aux calens malgré l’étang de Berre pollué par l’industrie et l’excès d’eau douce rejetée par la centrale EDF de Saint-Chamas – des martéguaux, entre Aragon et Maurras avec Tarkos entre. Les figues turques au foie gras opimes avec ratafia ou Pineau des Charentes, dont le queutard François Ier, « fol qui s’y fie », servi au Ritz®, sont à savourer par temps de grippe aviaire. Ghostwriter tord le cou à une négresse pour se rincer le corgnolon en songeant à la mère Cottivet : Côte-rôtie®, Vosne-romanée®, Nebbiolo avec pendule comme Véra Kundera afin d’éviter les allergies au visage; pourquoi pas un champagne de l’exécuteur des basses œuvres ? Une crème de cidre du très-connu-malgré-lui Seznec ou une de Calvados du père Jules. Du chèvre du Rove pour tyromantie avec du saké ou un thé vert d’Anhui, le Tai ping hou kui pour la diarulité. Un clafoutu d’écrous – pulpeux, rouges carmins, pourpres noirs, roses claires ou jaunes presque blancs ; agriote ou griotte, guigne, bigarreau, Napoléon, burlat -, « c’est simple comme un clafouti » dit-elle dans Edward aux mains d’argent de T. Burton, ou un wagashi, sans compter les pâtisseries en Lego®. Un banana split, long comme le sourire de Lio qui excitait les pédophiles et le péquin frustré devant sa tv ou sa radio, riche comme la revue de poésie de Giraudon-Viton, dont la paternité est disputée : le restaurateur Hazard à Wilmington (Ohio, traditionnel Banana Split Festival) pour séduire les étudiant.e.s de l’université voisine ou le pharmacien Strickler en 1904 à Latrobe (Pennsylvanie et sa Banana Split Brigade pour l’ Independance day) ? Pour le menu alternatif, il est possible de songer à la sauce aïoli, aux huîtres, smoothies au kiwi et morito (deux cuillères à café de sucre ; rhum, trois doigts ; glace pilée ; limonade jusqu’en haut du verre ; rajoutez du sucre glace au sperme ; faire mousser le sperme onctueux comme des œufs en neige ; rajouter le sperme sur les glaçons), entre autres, au sperme selon les recettes de Photenhauer dans Natural harvest – a collection of semen-based recipes (2008) et Semenology – The Semen Bartender’s Handbook. Pour tasser le tout, une glace à la Chartreuse – ce liquide de 130 herbes, dont l’agencement est jalousement secret, depuis le XVIIe – de chez Caresse & Câline dans les Belledonne en se référant à Tarantino en barman dans Boulevard de la mort, clamant à son auditoire que la « Chartreuse, [est] la seule liqueur tellement bonne qu’une couleur porte son nom. ». Nourrir, mourir.
Son penchant pour Raoul Ponchon – rendons à César ce qui est à César -, ce poète prolixe de plus de 120 000 vers, conduit à entonner ce poncif international devenu proverbe des piliers de bar : Quand mon verre est vide, je le plains ; quand mon verre est plein, je le vide. 3 ou 4 verres de vin, ça sulfite, par semaine, 2 ballons par jour pour vivre longtemps selon lobbying – ou ne pas boire de molécules selon le sinistre de l’agriculture sous la pression des bouilleurs de cru qui eurent la peau de Mendès France, même si les vignes bourguignonnes, au taux d’alcool élevé, moins acides, plus confiturées et avec un goût affirmé de fruits mûrs, auront disparu comme la Bretagne qui se met désormais à la vigne – la Grande-Bretagne rempile côté vinicole ; les barbus, vénètes, sont implantés en Scandinavie. Savourer la cuvée bio d’Alicia des Appremonts cévenols.
[1] « Il ne pouvait pas espérer, bien sûr, s’en débarrasser totalement – les femmes ayant la sale manie, on le sait, de surgir de nulle part à n’importe quel moment – mais il savait encore courir vite quand il était pressé, et sa stratégie – consistant à pratiquer l’art de l’éclipse avec la promptitude du canard en plongée – avait souvent donné d’excellents résultats, si bien qu’il était maintenant à peu près admis de tous, dans le cercle réduit de ses parents et proches, qu’il n’était pas un homme à femmes – et toute personne du genre opposé qui tentait de lui faire lâcher un ou deux mots courtois le faisait à ses risques et périls. » (Wodehouse, P. G. op. cit., p. 61).
[2] Les deux faisant sa poire branle-lance au gant de velours ont-ils existé selon le débat récurrent comme un serpent de mer façon loch Eliot Ness ?
[3] Comme Linossier-Bibi-la-bibiste, Larbaud, Satie, Poulenc-l’éléphant, Beach, selon Fargue et Monnier, Fleurus 25.05, et sa confrérie. L’indépendante George Sand n’aimait pas les chats, na, contrairement à Colette qui n’a jamais recueilli, contrairement à Léautaud, de bison en surnombre.
[4] Ce chat a été entrevu entre Noël et le jour de l’an, alors que, sur le tard, Schrödinger fut saisi par le démon de midi avec sa jeune amante.
[5] Composé à partir d’odeur et jus, bouillon. Brillat-Savarin (cet auteur néologue – comme siroter, à partir de to sip, en anglais, puisqu’exilé en Amérique à cause de la Révolution qui ne vit pas que Lafayette, confabuler – et musicien, de l’aphorisme XIV, « Un dessert sans fromage est une belle à qui il manque un œil. » ou « Tout se rattache à l’âme humaine, même le soufflet au fromage. »; « L’osmazôme est cette partie éminemment sapide des viandes, qui est soluble dans l’eau froide, et qui se distingue de la partie extractive en ce que cette dernière n’est soluble que dans l’eau bouillante. […] L’osmazôme se retire surtout des animaux adultes à chairs rouges, noires, et qu’on est convenu d’appeler chairs faites. », Physiologie du goût, ou méditations de gastronomie transcendante, Méditation V, Des aliments) et Dumas – en conflit avec Rossini, l’auteur du tournedos et de Le quiproquo extravagant, L’heureux stratagème, L’occasion fait le larron ou l’échange de la valise, Bruschino ou le fils par hasard, La Gazette ou le mariage par concours, lors de la guerre des macaronis où, pour la farce, outre jambon, tomate, oignons, beurre, parmesan et bouillon, Porthos opte pour 1 kg de paleron et gîte de noix de bœuf cuit pendant 7h, avec Sauternes, huile d’olive, thym, laurier, persil, ail et poivre quand le Macaroni mélodique dérive, à l’aide d’une seringue en argent, avec du Xérès vieux voire du Champagne, du foie gras, des truffes du Piémont, de la viande, de la crème et du gruyère pour un macaroni chargé qui se goûte par succion -, confirmés par l’Académie française. Le chimiste Louis Jacques Thénard et Justus von Liebig ont apporté leur contribution.
[6] Que certaines se fourrent dans le cul en suppo pour exciter les amateurs, -trices de grosses fesses à la Kim Kardashian.
[8] Cet écossais d’origine – dont le prénom remémore le comte dont les partisans enlevèrent le fils de Marie Stuart, Jacques VI d’Ecosse, futur roi d’Angleterre sous le nom de Jacques Ier – devenu australien avec le pays au chardon dans son cartable derrière son riff.
[11] Sont épargnés : les singes, trop proches des hommes ; les lions et les tigres, trop dangereux; les hippopotames, trop chers. Un avant-goût du repas de Noël au Café Voisin par le chef Alexandre Choron – probablement un descendant du Professeur – sous l’occupation prussienne en 1870 après le salami de rats à la Robert – « le rat, s’il était désagréable à toucher,donnait une viande d’une formidable qualité, quoique fine et un peu fade, mais parfaite si elle était bien assaisonnée. Thomas Genin servit des terrines de rat avec une farce de chair et de graisse d’âne. » raconte Jean Vitaux, médecin, auteur de Les petits plats de l’Histoire parmi plusieurs ouvrages sur la gastronomie, mot inventé par l’humoriste, maire et juge de paix, Joseph de Berchoux pour qui « Un poëme jamais ne valut un dîner. » (La gastronomie, 1801); la peinture à l’huile Le Vendeur de rats pendant le siège de Paris de Narcisse Chaillou en 1871 témoigne avec le mulot mort sur un étal de fortune, bricolé à partir d’une chaise au dossier de laquelle est accroché un drapeau français – au Jockey Club ? Hors d’œuvre Tête d’âne farcie Potage Consommé d’éléphant Entrées Le chameau rôti à l’anglaise Le civet de kangourou Côtes d’ours rôties sauce poivrade Rots Cuissots de loup sauce chevreuil Le chat flanqué de rats La terrine d’antilope aux truffes. Passons sur la patte d’ours polaire – dégustée par Dumas en Russie avec le lait de jument fermenté -, la trompe d’éléphant ou la cervelle de singe – peut-être venue d’Indiana Jones – dans Le festin chinois de Tsui Hark (1995).
[12] La musique contient une fréquence de résonance naturelle des disques durs ; une fois propulsées via les haut-parleurs, les ondes sonores de la chanson sont capables de dérégler le disque dur.
[13] Symbole grec de victoire après la déroute des Perses à Marathon en 490 av JC.
[14] De grands chefs s’y mettent tout en conservant le goût. Le cassoulet serait né lors d’un siège pendant la guerre de Cent ans. Gambetta en serait mort d’indigestion : Il n’y a pas loin des canards du Capitol à la roche Tarpéienne.
[15] Ceci n’est pas sans rappeler l’ordre de la mouche à miel de la Duchesse du Maine à Sceaux (L.BAR. D. SC. D. P. D. L. O. D. L. M. A. M.), relaté par Alexandre Dumas dans Le Chevalier d’Harmental : « Jurer et promettre d’apprendre incessamment à danser toute contredanse comme furstemberg,derviches, pistolets, courantes, sarabandes, gigues et autres, et de les danser en tout temps, mais encore plus volontiers, si faire se peut, pendant la canicule, et de ne point quitter la danse, si cela n’est ordonné, que les habits ne soient percés de sueur, et que l’écume n’en vienne à la bouche. »
Darwin awards (suite) : le roi de la pizza, pas le mafieux rangé des voitures de Saint-Etienne, comme deux randonneurs ailleurs, a été foudroyé sur son vélo électrique ; une mère s’étouffe à mort lors d’un concours d’engloutissement de guimauves ; un saoudien est mort en s’amusant à faire le Bébel de balcon en balcon, en tombant finalement du 10e étage du Hilton à Cannes ; même s’il n’y avait pas le feu au lac, il n’a pas survécu, sur le balan mais sans caluger, au bisou – mouillé -, à la coite en pleine tiaffe, au jet d’eau du lac Léman – J’étais gant de crin, geyser / Pour un peu je trempais / Histoire d’eau; il s’est étouffé mortellement en avalant le soutien-gorge pailleté de la strip-teaseuse arraché avec ses dents ; un homme ouvre sa lettre piégée, retournée par la poste car sans timbre – BOUM ; en Alaska, il lance un bâton de dynamite sur le lac gelé, son chien, bien dressé – Flike d’Umberto D. -, le lui a rapporté – AÏE ; un policier est poignardé par son collègue en démontrant que la veste Kevlar® résistait aux coups de couteau ; sauter de l’avion pour filmer les parachutistes, sans porter de parachute – BING ; l’egoportrait l’emporte dans le précipice ; électrocutée l’influenceuse, en rechargeant son cellulaire dans son bain en écoutant Cloclo comme ce joueur du Benfica dans son jacuzzi ; il canne en tentant de siphonner une voiture électrique ; mourir à moto en défilant sans casque pendant la manifestation contre le port obligatoire du casque ; crever de froid en dormant dans la rue pour raconter une histoire au clodo ; le cheval Sweet kiss a gagné, grâce à kiss kiss bank bank, en rentrant bredouille, le jocker mourrant d’une fracture du myocarde ; le sport ne réussit pas car une équipe congolaise a été décimée par la foudre à cause de crampons vissés alors que l’équipe adverse a été sauvée grâce à des crampons moulés – juste fais-le ; faisant selfish, il est mangé par un requin à la Réunion sur la musique de John Williams ; nourrissant son tamagotchi®, elle se crashe en voiture contre le mur façon César ; aviné dans le zoo, il est avalé par ce lion en cage – chaîne alimentaire.
Tv on the radio. Sur fond d’inévitable Esotérik Satie[3], la Callas mitée et son mufle=os à moelle=sabot=éteignoir=tubercule=reniflant=blaireauteau=nazicot ou, foi d’Echenoz, du BeauZéro, effroyable espagnolade, du puceau AvRel de Monfort-l’Amaury, avec un ton condescendant, pour faire culture : telle peinture est retrouvée après spoliation, une autre dans une poubelle pour des raisons de droit d’héritage et celle-là dans un grenier prouvant ainsi que les historiens d’art s’étaient encore une fois trompés comme pour ce Léonard qui n’a été peint que par son atelier. Dans la lignée de The square, une œuvre invisible italienne, Io sono de Garau a été vendue à 15 000 €[4] ; l’artiste américain Tom Miller l’a attaqué pour plagiat suite à une « exposition » de son œuvre Nothing en 2016. La fin du film Titanic est encore divulgâchée par les critiques de cinéma peu scrupuleux, échaudés par la mission de riches dans un sous-marin qui a implosé sous la pression ; l’un soutient que les riches sont morts de rire à cause de cette blague gainsbourgienne, « Iceberg ? Encore un juif ! ». Débat : Ceci n’est pas une pipe de Magritte est-elle une peinture pompière ? Magritte a-t-il baillé mornifle sur les lèvres du roi=produit du carme à l’estoque=le mornifle tarte avec les invalides ? A la question du grand oral « Qui est Delacroix ? », la réponse datée « L’effigie d’un billet en francs. » est-elle recevable ? La reine de la country, Dolly, ce clone connu au nom de caméra entonne, contre Emilou, un yodel pour sa vaccination anti-covid ou pour chasser les UFO[5] comme dans Mars attacks ! de Burton. Après A bout de souffle, largement inspiré de Gun crazy, le démon des armes de Lewis avec la pétulante Peggy, Godard travaille sur Bonnie and Clyde mais. Munster class avec l’anartiste Ungerer en son musée strasbourgeois.
Data est or. Le péquin produit ses propres données qui nourrira l’intelligence artificielle, sa propre cage, l’enclosure=enfermement algorithmique, la matrice : quand c’est gratuit, tu es le produit. L’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (OICN) veille. « Dites donc, messieurs, est-ce qu’on ne pourrait pas l’envoyer valdinguer, toute cette raison, d’un seul coup de pied, seulement pour envoyer ces algorithmes au diable, et pour vivre à nouveau selon notre liberté stupide ? »[10] . Une étude dans The Lancet Planetary Health montre que le nombre de tweets haineux suit les variations de températures. De nombreux travaux scientifiques attestent d’une corrélation, dans le monde physique, entre la chaleur et l’agressivité qui conduit aux conflits depuis la théorie des climats chez Montesquieu. Les votes, facilement truqués, actes délictueux anticipés. Dur d’être hors. Fuzz siphonne les données sur le darknet puis les revend avec ses potes data brokers, notamment de OTDH. La vie est chiffres & nombres depuis les jésuites tentant de bouleverser l’ordre monarchique. Maladie du siècle : le tatouage sur le bras homologué par IBM® pour classer les humains avec cartes perforées dans les « zones d’intérêts »=camps de travail – tout est tatou aujourd’hui ; tout est data dans tout et réciproquement. La division de l’information, causant anomie et aliénation, succède à celle du travail. La notation est trafiquée en donnant une commission ridicule à la monoparentale en lieu périphérique permettant un bon référencement du produit chinois. Le notateur est à son tour noté sans le savoir : un site écran impose une note au lambda avec son historique à la Truman show du web ; une société sous-traitée note la dangerosité d’activistes sur les risques évalués au profit de la police ; les entreprises privées, via le Health Data Hub, donnent une note de santé, invisible au péquin, sur ses risques vitaux projetés dans le futur, afin de proposer leurs produits les mieux ciblés possibles. Sur Tripadvisor®, un faux resto est créé avec succès grâce à une fausse page facebook ; la fumisterie est poussée plus avant lorsque, malgré des produits surgelés patents et des boîtes de conserve à la Kaurismäki, les clients renvoient un avis excellent, concurrençant ainsi les 3 étoiles les plus sérieux. L’eau est siphonnée, comme pour Coca®, pour refroidir, en sus des circuits de refroidissement qui pompent l’électricité, le data center, parfois en plein centre-ville, à 65 DB, le bruit de la ruche, et sa salle blanche attaquée par des terroristes sous la férule de Fuzz. Rivière asséchée, peuple assoiffé, bilan carbone lourd ; journée d’information, la politique publique est régentée par des statistiques[11] – contrôle -, qu’il est laid Quételet. Flux. Quantofrémie. La cryptographie traîne malgré la découverte de l’intrication quantique : le message du serial killer le Zodiac n’a été décodé qu’en 2020 ! Fuzz s’invente un cryptage quantique pour donner ses ordres, parfois envoyés en pneumatiques[12] dans un réseau complexe de tuyaux, concernant ses nombreux méfaits.
Donnez-moi des nouvelles données : les œuvres d’art les plus chères sont vendues 9 fois moins quand les auteurs sont des femmes. La corrélation est établie entre la consommation de chocolat per capita et le nombre de lauréats du prix Nobel pour dix millions d’habitants dans un total de 23 pays. Pourquoi le dindon préfère le cou de la femelle alors que la poule sans tête est attirante pour son mâle ? Pourquoi la constipation après autotomie affecte la reproduction des scorpions (Ananteris balzani, Amérique du Sud) ? Pourquoi la crème glacée prévient les mucosités buccales par inflammations sous chimiothérapie ? Quelle est la meilleure façon d’utiliser ses doigts pour tourner une poignée ? Combien y a-t-il de poils dans les narines d’un cadavre ? André Game sera une synthèse en allant au charbon façon scotch avec du graphène (Nobel), cette matière très résistante qui s’étend grâce aux cônes de Dirac et la lévitation de la grenouille grâce au gaz liquide (igNobel auréolé d’un billet de 10 000 milliards d’anciens dollars zimbabwéens comme monnaie de singe ou guinée). La sillyconne valley travaille, c’est clair, sur l’éclaircissement des nuages pour sauver les coraux. L’hydrogène métallique a été créé avec des pointes de diamants. Est étudié un cas de lait maternel sortant de la vulve. Un bébé irakien est né avec 3 pénis. Les femmes mangeant= intussusception des pâtes et du riz ont leur ménopause plus tôt qu’avec des poissons bleus comme une orange. Cyberattaques russes, chinoises, aaaaaaaaaatchoum, c’est le printemps. Un mormon ne fait pas le printemps. Allergique au bouleau, ses pollens, et au boulot. Le rhume des foins, virus à foison, Fuzz s’y emploie. Dieu, yahvé, allah, etc. est un algorithme comportant nombre de biais. Votre banque vous verse. Voici vos retraits. Menaces. Fishing sans mouches. Un compte peut être vidé d’un laps. Les calculs des mouvements de l’œil – marketing par l’iris. Tout est facial, de la reconnaissance à l’éjaculation. Odeur de pop-corn ou de viennoiseries pour titiller les sens primaires et l’hippocampe dit faussement « reptilien ». La mission essentielle de l’étrange lucarne : vendre du temps disponible. Idem pop-up. Vous aimez Lewis Carroll alors vous aimerez La méthode bibi-binaire de Bobby Lapointe et le logicien Quine, logique – la Queen s’y est laissée prendre, mat. La police des mœurs veille. Sweeney décoiffe. Quine, Colombo au pays de Shakespeare, Fellini, zobie Zorba. Gainsbourg force sur le pantoum façon Hugo autour de la paire de Levi’s®. Comme une boule de flipper de Christophe roule et amasse. Faire tilter l’appareil disparu. Silver ghost en marche arrière. Le juke-box débite son son pourri pour tous par compression, idem avec l’image numérique à mauvaise résolution dont l’icônomie, l’image distributive dominée par Getty® et Corbis® de Bill Gates, ou la démocratie de façade, le nivellement par le bas. Creuser son sillon en vinyle : profondeur des basses; retour à la galette. Afin de respecter le son, Dr. Dre et Neil Young vendent leur casque audio, respectivement Beats® et Pono player®. Le CD, en voie de disparition, n’a qu’une durée de vie moyenne de 70 ans. S’en contenter.
Ici, sérail, air intérieur naturablement pollué : relenteur. Déposer les trottignoles=reniflantes=grollons=trottines (feuilletées)=cuirs de brouette=passides=sorlots=boîtes à violon=estivallets=passifs=esclots=fafiots secs=galettes=cocos=passifles=trottinets=auverpinches=riflards=tatrines=passades=caliges=rigadin=ripatons=tinettes=rigodons=salaires=mains-courantes=rigodins=passes=gants de pieds=gâteauxfeuilletés=escaffignons=paffiers=philosophes=luisants=paffes=chtibbes=diamants=prisons de Saint-Crépin=pafs=bobelins=bateaux=passants=housés=croquenots vernos=portes pages=grolles dans le genkan comme les suisses ou cette française d’origine serbe, traumatisée, racontant avec emphase que les ennemis montaient des colliers avec les restes des Serbes lors de la guerre à nos portes, en ex-Yougoslavie. Bunker salace hôtel, Arno. Architecture oblique de Virilio-Parent. Voyage autour de sa chambre. Emmobilier avec des poignées de porte en cuivre, virucide. De la peinture violette dont la lumière froide réfléchie sur la peau permet de conserver de la fraîcheur. Des tapis de champis sur les murs par vapeurs d’eau à cause d’une perspirance peu perspicace : constellations intérieures. Microcosme / macrocosme à tout instant. Jeu Miró. Philokalie. Horizon des évènements : murs crépis blancs tapissés de mythes et de papillons de riz et artes=mites écrasés. L’art contemporain est à la portée de tous. Pas de papier peint sans arsenic, sans son afférent façon maison de Pierre Henry sur modèle Satie, avec couples copulant à la Bowie chez Ashley® – censuré : murs nus. Frissons de timidité. Les nuages passent jusqu’à leur disparition prévue. Odeur âcre du.de la célibattant.e empeste, probablement. Intérieur nuit. Les poils d’aisselles ont une odeur poivrée d’eucalyptus. La mode de la non épilation alors que l’intégrale, comme l’œuvre, se répand. Frifri en danger selon doc gynéco et son gynécée ? Le nez, habitué, ne se sent plus. Quand l’ag(n)osie sert ses gloses, il reste le goût. Sauf si l’un et l’autre disparaissent avec la pandémie de corona.
[1] Dont les fonctionnaires européens et nationaux empêchent les vieux paysans irlandais l’utilisation pour se chauffer au nom de l’écologie malgré la crise de l’énergie.
[2] La floue convention ENMOD, résolution A/RES/31/72 de l’Assemblée Générale de l’ONU, le 17 décembre 1976. Quilleré-Majzoub, Fabienne. « ‘A qui appartiennt les nuages ?’ (essai de définition d’un statut des nuages en droit international public) », Annuaire Français de Droit international, 2004, I, 50, p. 653-667.
[3] De « Monsieur le pauvre », Les Gnôssiennes et rarement Je te veux ; Embryons desséchés ; Sonatine bureaucratique ; Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes) : choral hypocrite ; Aperçus désagréables ; Airs à faire fuir ; Les 3 valses distinguées du précieuxdégoûté : sa taille, son binocle, ses jambes ; Danses maigres (à la manière de ces messieurs) ; Prélude canin ; Véritables préludes flasques (pour un chien) ; Fugue à taton ; Fantaisie musculaire ; Affolements granitiques ; Avant-dernières pensées. Recommandations : très lent svp ; du bout des yeux et retenu d’avance ; ne me faites pas rire, brin de mousse, vous me chatouillez ; plein de subtilité, si vous m’en croyez ; sans bruit, croyez-moi encore ; hypocritement ; sans rougir du doigt ; sans orgueil ; un peu chaud ; rébarbatif et hargneux ; sec comme un coucou ; léger comme un œuf ; lourd comme une truie ; comme un rossignol qui aurait mal aux dents.
[4] Dans le prolongement de la Zone de Sensibilité Picturale Immatérielle de Klein achetée en partie par le galeriste Blu de Milan.
[5] A l’ère technologique, les UFO sont comme les licornes à l’époque.
[6] « Tout le monde connaît cet état d’esprit désagréable, dans lequel une sensation de lassitude physique lutte en vain contre l’incapacité à trouver le sommeil. » Dickens, Charles. Les papiers posthumes du Pickwick Club, Chap. XI. Traduction de Sylvère Monod.
[8] Selon la légende grecque, reprise dans l’Odyssée (chant XIX, v. 562) et l’Énéide (chant VI, v. 894), les songes trompeurs sortent d’une porte d’ivoire tandis que les songes véritables passent par la porte de corne. BBAA, Note 8, Chap. V, Ada ou l’ardeur in Nabokov, Vladimir. Œuvres romanesques complètes. Paris : Gallimard 2020. Bibliothèque de la Pléiade, Tome 3, p. 1397.
[9] « La vie, le rêve, c’est pareil. » dit Prévert à travers le pantomime Baptiste Deburau dans Les enfants du paradis de Carné.
[10] D’après Dostoïevski. Les carnets du sous-sol. Le sous-sol. Chap. VII.
[11] Labiche se moquait déjà de la possibilité et de l’inutilité de connaître le nombre de passage de veuves sur le Pont neuf en 1860. Quelqu’un (Churchill, Coluche, possiblement Aaron Levenstein) aurait affirmé : « Les statistiques sont comme le bikini : elles sont intéressantes mais cachent l’essentiel. ».
[12] Grâce à l’invention de l’écossais Murdoch – était-il radin avec lui-même -, sans doute pour s’envoyer à lui-même de l’argent.
Le Père Noël[1] est lassé des cheminées, les rennes en extinction – échappés du Kvarnen en Södermalm – sont en grève, la zoophilie augmente tout comme le cancer du gland -Pey évoque ces canards, mis dans des tiroirs, enculés dès la tête coupée dans le sud-ouest. 40 % des hommes se pognent au travail, 30 % des femmes : clavier pas tempéré. Le tiers des cadres font l’amour pendant le télétravail. La norme depuis ladite libération sexuelle. Difficile liberté. Injonction du jouir, le culte de la performance. Mode échangisme puis sado-maso puis trouple ou le rêve en catalogue CAMIF®, Jacquie & Michel® comme Jacob & Delafon®, Marx & Engels. Au pays du chocolat, la femme préfère lesdites douceurs à l’amour. Un bon placement.
Ainsi son clone mort sans humour de clown : greffe rejetée. Autre, cet antre. Ileli aime l’odeur de pisse rance des printanières glycines en cabinet, fait main comme gloriette, au fond du jardin[3] – écommuns=toilettes sèches sans le moustachu d’Astaffort – ou dans la cuvette parentale nocturne, des traces rouges, ses lunes=époques=classiques=camélias=soviets=coquelicots=rougets=mâles semaines=mois=triqueniques=le petit clown saigne du nez=ses babouins=elle a le nez cassé=fait relâche=son échéance de fin de mois=afficher complet au Grand-Guignol=elle casse la gueule à son porteur d’eau=bande sur l’affiche=à cheval sur un torchon=se bourre la dinde=fait de la sauce=a l’hémorragie à la cheville=son drapeau en berne=repeint sa grille en rouge=le fourrier de la lune a marqué le logis=s’est taché la moquette=a des ennuis de plomberie=de la visite=reçoit sa famille, ses cousins, tante Rose (un vrai Cluedo® !)=a son prince russe=son américain=l’armée rouge est en ville=elle reçoit un courrier de Rome=a son cardinal=logée à la grande motte=voit Sophie=pavoise=a les confitures=sa rue barrée=son calendrier rubriqué=la pluie des mois=les anglais ont débarqué=la balançoire à Mickey=jouer oncle Vania pocket® – Julianne Moore chez le dernier Malle, Drive my car d’Hamaguchi -, love. What’s up, Doc ?
Un tabloïd intello, Voiçà traduit de Ecce homo, sur le rebord : Elsa Morante a sucé l’homosexuel notoire Visconti ; Aragon a fini comme une vieille folle communiste ; Les yeux d’Elsa ont été écrits, selon Tavernier, pour la mère de Bebert, femme du revuiste, éditeur et résistant, et non pour la Triolet qui en a éprouvé une extrême jalousie ; l’auteur de Sur la route n’avait pas le permis ; Freud était passionné de chows-chows ; Heidegger s’est tapé son élève juive Hannah Arendt avant de devenir nazi, il gardait ses chaussettes tyroliennes pendant ses ébats ; Mauriac, de la famille de Proust par alliance, était un homo refoulé avant de perdre sa voix ; le macho Nougaro a eu des relations homosexuelles ; entouré de femmes, Langlois, le tyrannique et peu méthodique directeur de la cinémathèque, était un homo avide devenant un homme de poids ; Camus n’aimait pas le Meurseault ; après une relation rapide avec la chanteuse et actrice Streisand, Roth-queutard-Portnoy s’est fait poser un lapin magistral par l’actrice Kidman hors griffes de la scientologie; la chaude Nico a rejeté le queutard Léonard Cohen car elle aimait les beaux mecs, du coup il s’est fait sucer par Janis dans le Beat hotel ; pour Houellebecq, il est important de baiser avec deux femmes, une qui lèche les couilles quand l’autre suce ; rencontres ratées entre Proust, ce fils et frère de médecin se plaignant de son ventre, et Joyce[4] évoquant sa vue qui baisse, Céline et Renoir à propos de La grande illusion, Céline et Artaud, Breton et Freud, Dali et Freud, Bowie et Warhol, etc.
Selon le souffreteux et branleux philologue Fred Nicht[5] : « Mieux est ‘dors’ », phrase amplement commentée. Pas du matute, pas de l’après-midi – piquer son chien=sa place -, pas noctambule non plus. Réactance : landore pour rabasseur. Ileli n’a qu’un soupir de vigueur. La nuit remue. Se renverser : tenter de dormir=repiquer=fermer les châssis=taper l’œil=faire Michaux=voir en dedans. Rester interdit, inédit, hors saison, √5 + 2i. S’emplir de la chaleur de son corps unique. Vie est coquille. Comme Eurydice selon Jellinek, « Je ne suis rien. Je suis ». Comme l’écrit personne=Pessoa ou l’un de ses hétéronymes, « Je ne suis rien. / Je ne serai jamais rien. / Je ne peux vouloir être rien. / À part ça, j’ai en moi tous les rêves du monde. ». Tendre vers un beau zéro tout rond. Invention fondamentale : mayas►indiens d’Inde►Al-Khwârizmî et l’algèbre et son algorithme►zéphirum de Gerbert d’Aurillac devenu pape►Léonard de Pise, et son penchant, dit Fibonnacci usité dans les compositions de Stockhausen. Abeilles comme Maya, décimées[6], connaissent le zéro. Saint-Simon Mande ville. Découverte d’une lettre d’Einstein adressée à un éthologue où il établit que les forces magnétiques terrestres ont une influence sur l’orientation des abeilles. Miel, met international selon le spécialiste mondial du droit de l’environnement sis sur un site jurassique de faitières=coguenaudes=stryges=guenaudes=saganes=sorcières jurassiennes – le démon ne chasse pas le démon selon le Malleus Maleficarum de Sprenger et Institoris aka Kramer (1487) ou De la démonomanie des sorciers (1580), ou le Tableau de l’inconstance des mauvais anges ou démons (1612) de Pierre de Lancre, Nicolas Remy (1595), Martino Del Rio (1599), Henry Boguet (1602) – amatrices du sabbat mater avec force stigma diaboli et pacte de taciturnité, vain dieu jaune – satori en pissée=lance de bain qui chauffe=farinante d’estivale avec turbine=arge=pluie avec odeur de terre mouillée ou humer le petrichor à partir d’huile végétale sécrétée et particules de géosmine – fragrance terreuse et musquée produites, selon Bear et Thomas en 1964, par les actinobactéries et les cyanobactéries telluriques.
Dans la verdure, piocher une tige épaisse et charnue de belladone de la tristesse[7] – souffrir pour être belle, ô vénitiennes, avec la dilatation des pupilles, jusqu’à mourir ;-( par atropine. Distanciation sociale ni kantienne ni brechtienne vaut mieux deux ton aura. La plénitude de nulle chose[8]. S’effacer, se vider pour être une éponge. Vivre dans l’éolienne comme Joyce dans sa tour Martello en tête à Sandy Cove – roque ?
Inspirer, coller le nombril près du sol. L’un dans l’autre, plus d’échanges financiers avec force algorithmes que de copulations par seconde. Se coucher en chapon, en position fœtale – conseillée par divers praticiens – dans le bardanier qui croque. L’occasion fait le larron : solstice, pleine lune, éclipse. Rave, rêve, grid, pattern. La spiritualité des derviches tourneurs, l’épidémie de tarantella en 1518, le mal des ardents avec l’ergot de seigle.
Voix à la radio, bloquée sur la même station, berce à s’en cogner la tête. Ce générique de Jarre pour le TNP ; un morceau de Vladimir Cauchemar avant le Sacre du Tympan. Apprendre sans effort. Inframince. Sur les rayons, rangés sans ordre, dardent les babillards de Sceptique de Fos, Sterne, du groupe Oblomoff, Lafargue, Stevenson[13], Coppée, Perec, l’anthologie des poètes scandalistes chez Nique les éditeurs, Le Ponge de Soliphile, Henri -avec hasch inspiré- Chie-mots avec morphine et tétrachlorure de carbone et al. Tcha-tcha, Bruce lit, réchappé d’Il était une fois Hollywood, Opération dragon versus drag queen, jusqu’à sentir un choc dans le plexus solaire avec sa cage thoracique bloquée. Cellulose et lignine du papier libèrent des composés organiques dont l’arôme est la vanille, l’amande[14], les douceurs (éthylbenzène, éthylhexanol). On ne se baigne jamais deux fois dans le même effluve, la vague sans fin modifiée emmène sur le sable ; développer le macrosmatique. Des livres qui se lisent d’une main, d’autres qui vous tombent des deux comme Selle du baigneur du Cohen, ce roman de 1968 ultra contemporain, à côté de Tout sur ma merde proche de L’Art de péter, ce best-seller d’Hurtaut qui heurte sur le tard, chez Florent Q, rue Pet-en-gueule, au Soufflet, en Westphalie dédicacé en cette ville de double Collomb par cet amateur de pet-de-nonne Pujol=pétomane de Phocée qui débuta à Chave pour aller à chai, du Merdiana et du Péteriana,[15]Le rouge et le noir, c’est un Stendhal selon le secrétaire général du PC, outré que le noir soit finalement accolé au rouge, l’ésotérique Au-dessous du volcan, merci Nadeau, retraduit en Sous le volcan de Lowry[16] ou 1984 du didactique et idéologue Orwell où la novlangue, inventée par la femme d’Audiberti, a disparu de la nouvelle traduction. Affres de la tombée dans le domaine public. Mein Kampf est publié, en français avec un appareil critique, pour la fête des pères ; il est le best-seller de l’été – silicone et neurone ne vont pas de pair. L’intelligence artificielle – là où l’humain est, réside l’emmerde, l’erreur – est otium du peuple.
Désordre est création. La Fonction du balai, héritée de Méditation sur un balai de Swift, selon l’écrivain-tennisman suicidé David Foster Wallace. Letou Match point ? Pas de côté comme crabe : être isocèle. Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. Couenne de lard=brosse à cheveux Alexandre® en poil de sanglier dans le verre tulipe à whisky, Port Charlotte® 10 – 40 PPM en Bruichladdich® d’Islay, ce qui n’est que billevesée à côté d’un Octomore® – ou Ledaig® 10 ans de Tobermory d’île de Mull, parfait pour le personnel Je sais où je vais de Powell-Pressburger chez leur Archer ou The Wicker Man d’Hardy, Révolte dans la vallée de Wilcox d’après le Walsh de L’homme tranquille adapté par Ford – l’origine du whisk(e)y est irlandais. Fourchette dans chaussure. Couteau pour beurre pour trancher menu l’ail.
Porte abat-jour comme portemanteau. Chaussettes gauches trouées comme maniques. Chou-fleur dans l’escarpin du fétichiste Avida Dollars en Gala. Souris noire compatible IBM® avec ail de Provence, bien enlever le germe, les flageolets de la Belle époque attendront. Malgré sa théorie de la réémergence des objets, escape game quotidien pour retrouver son bien, sans omettre le principe d’échange de Locard – ce crimilologue hématophobe=ayant peur du sang. Pas gaie, la pagaille. 120 BPM et beat qui bronze avec la voix aiguë de l’écossais Somerville remixé par le colosse Zend Avesta aka Rebotini aux cheveux gominés. Vie est art.
Les voix de la radio invitent à l’imaginaire. Passons Radio Meuh où Enjoy Music from Roblochon land. A la radio, l’écran est plus grand que celui de ciné selon Orson de La guerre des mondes où l’Amérique était soi-disant terrifiée, la presse se défendant contre le nouveau média, la radio, après la conférence de presse dudit Orson. Fantômes peuplent. Le service public existait encore. Le Collège de France sur l’éthique à nikomouk est son MOOC. Une dette envers TEDx. Autre est ondes. Les rusées sœurs Fox n’en disconviennent aucunement. Les mêmes invité.e.s du CNRS, EHESS ou autres issu.e.s des grandes écoles ou d’institutions=sachants en pantalon à velours côtelé et chandail végane en laine au col non Mao périmé de chemise ouverte. Champ lexical de sélection : « polysémie », « dichotomie », « acception », « quasi », « nonobstant », « aporie », « schème », « paradigme », « eschatologie », « sémantique », « cristalliser », « axiologie », « sém(é)iotique », « heuristique », « idiosyncrasie », etc. Nécro d’oublié.e.s sortie des tiroirs. zzzzzzzzzzz
Zzzzzzzzzzzzzzzz
Nous nous excusons pour ce dérangement, Zbigniew, pour ce brouillage d’ondes. Capter une suite de Fibonacci sur une station de nombre. Fin de la crise : hausse des ventes de rouge à lèvres, baisse d’achat de caleçons homme dont la fertilité décline, baisse de la natalité, réarmement démographique. Lors du confinement à cause de la pandémie, les claquettes chaussettes sont haussières à 100% alors que le cidre dégringole comme le pétrole et l’électricité. Grève chez Fauchon[17], soutenu par le collectif Sauvons les riches, manifeste pour toast : analyse, profondeur historique, perspective. Le syndicat des filles & fils à papa, plus colonne Cerruti que Duruti, revendiquent : ils sont contre. Les Bisounours® manifestent contre leur monde trop caricaturé, toujours pris en exemple négatif. Trop de roux en Roumanie. Un roumain assigne dieu, non sujet de droit à l’adresse inconnue – serait-il adroit ?-, en justice pour escroquerie, abus de confiance, corruption et trafic d’influence quand un américain se juge lui-même devant le jury alors qu’un autre, indien, intouchable peut-être, este en justice contre ses parents[18] pour préjudice, n’ayant pas demandé à naître, préférant n’être. Vive le witz !
Un homme décapite sa mère qui finit dans le four avec une sauce gribiche. Un récent divorcé – jugement plus d’Abraham que de Salomon – coupe tout en deux y compris son fils, pas de jaloux. Il a sans doute trop vu Le grand amour d’Etaix. Contre la peine de mort, Hugo, exilé pour raisons fiscales et politiques – Napo-le-petit – dans l’île anglo-normande de Guernesey[19] à s’empiffrer de poulets en crapaudine, opte pour les fenêtres à la française contre celles à la guillotine, favorisant ainsi les infiltrations d’eau ; dans l’autre île d’à côté, il a fait venir la dame blanche sur la grève en faisant tourner la table pendant deux ans. Courteline, Labiche et Feydeau se sont étripés pour savoir si Napoléon avait un bon aparté ; pour Jacques Brunius, Napoléon et Bonaparte sont deux personnes différentes. Le facteur Cheval, découvert par le même Brunius, était-il timbré ? Porter son pull sur les épaules est-il de droite ? Selon les gigantologues, le Néandertalien était-il dépressif ? Le grand remplacement est-il celui du néandertalien par l’homo sapiens ? Robert le pieu, ce roi de l’an mille était-il glabre ? Que révèle l’expertise des cheveux de Charles le Chauve ? Hitler était-il vraiment végétarien ? Quel est le point commun avec Léautaud ? Langue au chat : ils se prêtaient – comme les dauphins – à ce que leur compagne pratique l’ondinisme=urolagnie. Les associations lgbtqiabcdzqy+ s’insurgent contre la reconstitution de la voix de Léonard de Vinci, celui par qui Le don diVin créa, ressemblant à Serrault dans La cage aux folles modifiant ainsi l’image du génie sans bouillir.
La Cédille qui sourit, la galerie de Ben et Filliou avait pour programme : « Echange insouciant d’information et d’expérience ; ni élève, ni maître ; parfaite licence, parfois parler, parfois se taire ». Inauguration en pays francophone du Musée de la chaussette orpheline dont celle de l’Archiduchesse, de Sarah Bernhardt – qui tua son serpent, d’espèce Harrison Ford, avalant son croco -, du soldat inconnu et de son amant[23], du capitaine Acab, rose de Moncorgé cotée à 305 € selon un commissaire-priseur, technologique, à rendre jaloux Lapidus, envoyé par le Massachaussettes ; à noter cette pièce consacrée à l’uchronie : quel serait le monde sans chaussettes ? Succèdent celui du musée des nuages où tout le monde lève la tête le 29 mars, journée internationale des nuages grâce à l’ex baveux Simonet, le musée de la constipation où il est indiqué « Poussez fort » en gros sur la porte d’entrée, et « Tirer » pour sortir, sans omettre le Sulabh international Toilet museum en Inde, The plumbing museum à Watertown (USA), jeter un oeil au musée du pénis avec des phallus, empaillés ou dans le formol, provenant de mammifères tels que hamsters ou humains en passant par 17 espèces de baleines en faisant un détour par le Shin Yokohama Ramen Museum ou musée nippon de la nouille après avoir visité le musée mondial du cure-dents (Laval, Québec) en faisant un crochet au Bowlin museum (St Louis, Missouri) ; passer par le musée du vagin à Londres, par celui intitulé Museum of broken relationships – robe de mariée enfermée dans un pot de confiture, un morceau de papier glissé noté « Fais attention à moi » dans une poche de manteau, des calculs rénaux, le ticket de ce musée, un lapin mécanique par les créateurs du musée, un écureuil en peluche affublé d’un bonnet et de gants roses, une boîte de cornichons, des pailles, un nain de jardin au nez éraflé, une paire de menottes en fourrure rose, un fouet de cuisine d’Helsinki, une courge en forme de pénis, un test de grossesse positif, un cachet dans un sachet, une boîte de pop-corn, un grille-pain – avec une antenne à L.A. avec prothèses mammaires, de jambe, l’équipement de parachutisme d’un militaire tué, puis le musée Kiseichu des parasites au pays du soleil levant, puis l’Asphalt museum de Sacramento, puis au MOBA, Museum of Bad art (Dedham, Massachussetts), puis voir la serinette, le paléophone de Cros[24] (1877), auteur d’une communication avec les planètes, d’une synthèse des pierres précieuses, avec une boîte à cigare au musée de la parole en respectant le « Silence » intimé à l’entrée alors qu’un restaurant est adjoint pour plus de rentabilité afin que personne ne s’exclame : « J’ai les crocs, Charles ». Le Musée des tanks ne peut que se fendre d’un « tank you » à la sortie pour remercier le curieux – peu de femmes sont intéressées – de sa visite. Quant au Musée de la procrastination, le public était sempiternellement refoulé par une pancarte énonçant : « Exposition remise à plus tard. ». En archéologue du futur, Moncorgé créé, contre les écologistes – soit vert versus rose -, un musée du désastre et de l’accident avec un couple homo pris dans la lave du Vésuve, les restes calcinés lors de l’accident du train de Melun où il finit en mesclun, le dernier chirurgien-major de l’Hôtel dieu, Jaboulay, la série Chernobyl en boucle derrière des veaux à quatre pattes et deux têtes dans le formol, des tubes de vieux ordinateurs®[25] éclatés par des mouches causant des bugs, une porte de la voiture de Baquié parodiant Duchamp vandalisée par les habitants de La Rose contre le 1% culturel à Marseille ; Museum of failure, un musée dédié aux échecs commerciaux par West en Suède, de l’Apple Newton à la Kodak® Digital Camera en passant par les lasagnes au bœuf surgelées Colgate®, le stylo Bic® pour les femmes – Bic for her -, le jeu de plateau « Trump the game », « I’m back and you’re fired » (1989), les Google glass (2014), le Coca cola blak avec du café, les petits chocolats coupe-faim Ayds dont le slogan « Lose weight deliciously with the aid of Ayds » fut fatal lors des aids’s years ou années du sida ; un musée de conservation du sac plastique car générateur de vie sans oublier un musée du corbillard, de la mort, de la sorcellerie, des sorcières, de l’inquisition, de la torture, du vaudou, de l’obscurité, des prophéties, des objets rejetés par la mer, des numéros de dressage de mouettes, vivant du flipper, du doute par Ben, du lavage et du repassage, des arts buissonniers, d’histoires pas naturelles puis de poche Méliès, de l’art maladroit, du savon, initium et finis, des sculptures sous-marines, des plus petites versions des plus grandes choses au monde, de l’espionnage, du cryptage, des Amériques, du scooter, de la Vespa, des microbes, des aliments, de la saucisse au curry, de la frite, du spam, de la salière et la poivrière, Haribo, de la banane, du pain d’épices, de la gaufre, MIAM, de la coiffe, des coiffures, des coiffeurs et barbiers, du peigne, des cheveux, des chauves, du verre, des égouts, des cires et maladies de peau, des illusions, de la chasse et de la nature, des chats, du collier à chien, des cultures taurines, des monstres marins, du Loch ness, de la cryptozoologie, des vampires (et monstres de l’imaginaire), de la poupée hantée, des échecs, de glace, des ovni, de la lèpre, du préservatif, du hash, de l’opium, de l’éventail, du parapluie, des ciseaux, du papier peint, de l’art phosphorescent, du scaphandre, de l’absinthe, du tire-bouchon, de l’insolite, des châteaux en allumettes, du fumeur, de la contrefaçon, de l’hydravion, de la brosse et du plumeau, de la cloche et de la sonnaille, de la cafetière en taule émaillée, de la porte et de la ferronnerie, des gardes suisses, de la fraise, du son enregistré, du vitrail, des commerces et des marques, des eaux de vie, des coquillages, de nains de jardin unique, de la police, de la motobécane, des meubles miniatures, de la chemise et de l’élégance masculine, de la cravate, des fers à repasser, de la cornemuse, du clou, des aveugles, de la demeure du chaos. Au musée de « Le Mange-cailloux », organisation d’un concours de création de créatures mangeuses de cailloux. Un challenge entre musées sur twitter #bestmuseumbum, #meilleuresfessesdemusées : des photos de derrières d’œuvres d’art pour le plus beau cul du monde pour attirer les touristes. Loin du championnat du monde de ricochet sur l’île écossaise d’Easdale dans la mer des Hébrides, de celui du cri de cochon ou de crachat de pépins de melon dans les archives de la Gaumont, le concours international du pull moche est consacré à la Joconde. Destruction du Palais de la découverte, tant pis, à cause de la formule de John Machin, où ont été détectées des erreurs sur 200 décimales de pi, les 32 premières décimales étant écrites sur la tombe de son découvreur, Ludolph Van Ceulen au XVIIe; finis, les cheveux dressés par l’électricité statique en chantant Voyage voyage de Desireless[26] en Compartiment n°6. Un défilé de mode au PC du PC, rue du Colonel-Fabien, avec la très attendue chemise déchirée du DRH d’Air France®, plus radicale que la série dans la collection de Galiano inspirée de clochards, reprise par McQueen.
Pourquoi Pierre Roche, inspiré de la vie sexuelle des pierres vivantes avec les priapolithes et les hysterapetræ selon Pierre Borel au XVIIe, est-il nul en géologie ? Un platiniste invente une fusée et meurt heurté par elle comme un boomerang : il n’a pas pu prouver que la terre n’est pas ronde. Jalouse de ses frontières, la France a perdu 2,2 m en 2021 à cause d’un agriculteur belge qui a déplacé une borne. Jacques Pédehontaà, ce participant au Paris-Dakar en tracteur, véhicule qu’il utilise pour son pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compost/elle, est prince de la principauté béarniaise de Laàs en invoquant les Fors de Béarn qui donnaient, jusqu’en 1789, des libertés aux citoyens : postes de douane aux entrées du village ; passeport pour des « citoyens d’honneur » ; mariage princier organisé dans le château local avec transport en carrosse et petit tour dans le « yacht » de la principauté – une ancienne barque de pêcheurs naviguant sur le Gave ; son « Grand Prix », comme à Monaco, mais la course se fait en brouette ; un « Laàs-Vegas Boulevard » avec son walk of fame parsemé d’étoiles en hommage à des célébrités, de Vianney à Manu Chao et Maxime Le Forestier, qui ont tous participé au festival de musique locale, créé pour fêter la transhumance ; son cabaret, dans l’ancienne chapelle désacralisée, La Fourmi rouge. Kenny, fils d’universitaire, est tant à l’west qu’il affirme que « Lire, c’est comme manger des choux de Bruxelles. ». Une couille dans la science, chez les féministes : compte tenu des protéines, le cerveau est le plus proche d’un testicule dans le corps humain, voilà qui rassure l’homme, ce couratier, qui pense queue. Aller sur Mars grâce à un nouveau Frank Einstein décodant le dossier CIA déclassifié de Tesla ou celui du FBI relatant l’appel à un medium pour communiquer avec les martiens. A peine élu, le doyen de l’humanité – encore un homme – meurt[29]. Ne plus utiliser d’éponge depuis qu’un ver marin avec une centaine d’anus détachables peuvent vivre dedans. Les girafes n’ont pas de faux col, je répète, les girafes n’ont pas de faux col. Grâce à la ligue animale, obligation suisse d’assommer le homard avant de l’ébouillanter. Homard m’a tuer. Mireille m’a thieu. Dans la même journée : une nouvelle espèce humaine sur une île façon King Hong-Kong ou, Copens – Lucie, – à toutes les sauces ; première image, floue, d’un trou noir, rouge, c’est troublant[30]. Pour la Saint-Valentin, un zoo avec scarabée Agra schwarzeneggeri, la mouche Scaptia beyonceae, l’arraignée Calponia harrisonfordi ainsi que Aphonopelma johnnycashi et la guêpe Aleiodes shakirae, courbant son hôte chenille avant de la momifier,propose de donner le prénom de son ex à un cafard, Ovide-les-naseaux et Kafka-l’étique auraient apprécié.
Marronnier : les carambolages, maigrir pour la plage ; les fusillades, attentats, guerres ; que manger pour les fêtes ? Boucheries dévastées, véganes condamnés, louchébem aphasique, garçons bouchers aphones. Le gang des rillettes a encore frappé dans le pays de ce candidat conservateur malheureux à la présidentielle dans la Sarthe – suggérant la vente de rillettes sur la place rouge, ne ramenant que le rpix de l’humour politique : des distributeurs vandalisés à Solesmes, et son abbaye, Saint-Jean-de-la-Motte, le 1er juin et Saint-Vincent-du-Lorouër où la rillette est honorée de la médaille d’or au Salon de l’agriculture de 2019. Dans les annales : arrestation d’un berruyer noir qui rentrait dans les voitures d’autrui, des Bourges en particulier, et jouissait en s’enfonçant le levier de vitesse dedans à toute vitesse. Se faire simultanément vibrer la virgule. Prendre vit en main. Chacun.e son plaisir. Un autre s’enfonce un obus de poilu dans le fion ; si l’eau bue éclate, il n’a pas le cul bordé de nouilles car il a fini à l’hôpital avant d’avoir pu se finir. Fist édition pour les nuls. L’univers se dilate chez B’Hubble et le ministre de l’économie Le Maire.
They don’t care about us. Des enfants jouent dans des déchèteries en Egypte, Brésil et. Murs : Chypre, Bangladesh, Chine, Mexique, Israël, Corée, US. Lego® prolonge la vie. Brexit : l’Angleterre, comme le chat du Cheshire – exule-t-il ? – hésitant lorsque la porte est ouverte, lâche la proie pour Londres ; la clef et la crème ne sont plus anglaises. Enfants, femmes, hommes, chiens et rats comme kamikazes. Terreur, sidération puis habitude. Drones de vies. 300 victimes indemnisées. Jour de deuil. Hommage national au pays des commémorations.
Bande-son inspirée de la méthode forte d’interrogatoire=no-touch torture : Wanted Dead or Alive de Bon Jovi et The End de The Doors pour que les américains délogent, en 1989, Manuel Antonio Noriega, le dictateur panaméen, de l’ambassade du Vatican ; Kim du rappeur Eminem, du heavy metal avec lumière stroboscopique à Guantánamo ; Born in the USA de Bruce Springsteen et America de Neil Diamond, des titres de Limp Bizkit, AC/DC, Tupac, Britney Spears, Nine Inch Nails, Queen, Skinny Puppy Dr. Dre, Enter Sendman de Metallica ou Rage Against the Machine dans « la discothèque », à Mossoul ou Babylon de David Gray à Abu Ghraib; Thin Lizzy ou The Offspring pour anéantir en 2010 les talibans dans les montagnes afghanes ; Mamma mia d’Abba et Believe de Cher pour l’ukrainien entre les mains de séparatistes russes ; les internautes, friands de playlists noires, ont désigné dans le Chicago Tribune, Muskrat Love de Captain & Tennille, comme la pire torture possible.
[1] Il a été l’objet de vives polémiques après avoir été brûlé à Dijon à cause d’un prêtre, qui a eu la moutarde qui lui a monté au nez, champion de France du karting des prêtres financé par la famille Bolloré, désavoué par l’Evêque du cru, Cesbron contre Barjavel, Cocteau – ce soutien de sculpteur nazi en son vernissage, choquant Jean Marais – contre Mauriac, Claude Lévi-Strauss, qui a des avis CuLturels, y a été de son étude ethnologique, Dolto également, l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Dijon l’ayant définitivement réhabilité.
[2] Césarienne généralisée, souvent de confort, n’arrange rien et encore moins le corps de la femme.
[3] Certaines affectionnent bien les rejets de cachalot en bijou.
[4] « Un illettré dont toutes les citations sont incorrectes. Ses quelques allusions en grec sont fausses. Ses quelques essais de tourner une phrase en gaélique absolument monstrueux. » (Myles na Gopaleen, Cruiskeen Lawn, 16/06/1954 ; « Un petit homme morose plein d’inhibitions. (…) C’est un parasite qui a l’habitude de taper les gens et qui a trouvé Sylvia Beach et cette autre bonne femme pour vivre à leurs crochets. » (Richard Wale, Town Magazine, vol. 6, n°7, septembre 1965).
[5] Qui franchit le delta du Nihil où naquit la philosophie selon Assaad et ses Préfigurations.
[6] Drônes et chômeurs avec de minuscules pinces, dont une retrouvée dans l’urètre, pourvoient à la pollinisation.
[7] Jeanne parlant comme le bunraku, dans la trilogie Animerama yamamoto de Fukai, venu du gekiga – Fukuda et Tezuka – d’après Michelet avec psyché orgue, pédale wah-wah et trompette Satô, annonçant Hantai et Ecchi.
[11] M²=I² : Comme le musicien Michel Magne en concert qui verrouilla les portes, le public se tordit de douleurs – ventre, cou – à cause des infrasons tandis que le lettriste Isidore cria au génie sur l’estrade.
[12] Met, légume, condiment, à usage médicinal, aimé des dieux chez les Grecs, Romains et Égypiens, donnant accès à la connaissance, ayant le pouvoir de combattre le démon, de conjurer le sort et d’éloigner les sorcières.
[13] Son Apologie des oisifs dans le Cornhill Magazine (1877).
[14] Benzaldéhyde avec valence hédonique comme dans la colle Cléopâtre® en primaire.
[15] Au Pays des Bonnes-Odeurs : Pète en l’Air Libraire-Editeur, 1883. In-12, frontispice, 127 p., demi-chagrin bleu-nuit à la bradel : pets de province, d’huître verte, pucelles, demoiselles, jeunes-filles, femmes mariées, de ménage, bourgeoises, paysannes, bergères, vieilles femmes, boulangers, de potier de terre, tailleurs, géographes, cocus (volontaires), de maître d’armes. Sans doute ce livre a-t-il inspiré Gas is best de B. Gyorfy avec L. Tierney : un super héros se déplace dans les airs en pétant.
[16] Le film de Huston suffira avec l’époustouflant Finley et sexy Jacky.
[17] « Ainsi la distance qui sépare le riche du reste des citoyens s’accroît chaque jour, & la pauvreté devient plus insupportable par la vue des progrès étonnants du luxe qui fatigue les regards de l’indigent. La haine s’envenime (…). » (Mercier, Louis-Sébastien. Tableau de Paris. Amsterdam : 1783. Nouvelle édition corrigée & augmentée. Tome 1. Chap. XV Au plus pauvre, la besace, p. 23.
[19] A Jersey, île voisine, officiait une série de crimes et se cachait un ermite.
[20] « Les jurys littéraires sont autant de temples où va s’agenouiller le conformisme. » (Fallet, René. Journal de 5 à 7. Paris : Editions des Equateurs, 2021. p. 119).
[21] Défini par les linguistes, généticiens, pratiquant de l’IA comme, entre autres, la fréquence caractéristique des articles, prépositions et connecteurs notamment. Ainsi la pièce La Francesa Laura a-t-elle été détectée comme création de Lope de Vega.
[22] Gallimard a confié à quelqu’un qui conteste l’existence de Louise Labé, l’édition du volume de la poétesse dans la collection de La bibliothèque de la Pléiade !
[23] Un slogan Lgbtqi+, emprunté au MLF : « Il y a plus inconnu que le soldat inconnu, son mec ».
[24] Cet huluberlu, fumiste, de la famille de Druon, l’auteur de Les Rois maudits, co-auteur avec Kessel de Le chant des partisans – écrit non dans le Sussex mais le Surrey, pour Sablon, cette interprète de Mon légionnaire et amante officielle de Jef, à partir d’un chant de guerre russe intitulé Partisansky puis Guerilla Song par Anna Marly -, homme de gauche ayant viré nettement à droite.
[25] Le treme provient d’un professeur latiniste de la Sorbonne pour IBM® qui piocha dans le vocabulaire théologique, l’ordinateur étant dieu qui est décidément partout.
[26] Reconvertie dans l’huile essentielle en Ardèche.
[28] Ce en quoi le Conseil d’Etat mit rapidement un terme au nom des droits de l’homme (Arrêt Commune de Morsang-sur-Orge, Conseil d’Etat, Assemblée du 27 octobre 1995, 136727) au grand désespoir desdits nains interjetant appel à la Cour européenne des droits de l’homme qui les débouta (Commission, deuxième chambre, Wackenheim c. la France, 16 octobre 1996, 29961/96).
[29] Nous sommes programmés pour vivre 120, 130 ans, somme moyenne de l’obsolescence de l’humain mais les transhumanistes tentent de prolonger la date de péremption voire la supprimer en cherchant du côté de la petite méduse, de la baleine boréale, du requin du Groenland, de l’axolotl, et du végétal. Le problème avec l’immortalité, c’est que les cons seront également immortels à force d’être sur orbite. CQFD. Si, selon Woody, « L’éternité, c’est long surtout sur la fin. », c’est également vrai pour le début, Dante aurait dû en tenir compte.
[30] Des milliers d’années pour diffuser un … anus, une échographie d’utérus, un pétard ou une cigarette allumés dans la nuit – Jah est grand -, un œil de chat dans son énième réincarnation, un donut ou un bagel.
[31] Les vulcanologues alsaciens Katia et Maurice Krafft ont été engloutis dans une coulée pyroclastique crachée par le mont Unzen, au Japon, en 1991.
[32] Au côté de la chambre à brouillard, – offrant un titre à un livre de l’autofictif et drôlatique Chevillard, ce chroniqueur viré du journal Le Monde par le financier de gauche Bergé, pour avoir critiqué justement le dégingandé flâneur parisien et attachant Nobel Modiano, incapable de teminer ses phrases, ce hérisson, creusant le même sillon paresseux, selon la classification de Berlin -, inventée par le physicien écossais Charles Wilson en 1911, passionné de nuages au point de les reconstituer en laboratoire afin de rendre visible la trajectoire des particules élémentaires.
Comme on fait son lit – expédié à coups de poings -, on se touche. La nuit porte sommeil. Sauf insomnies en somme. Le lot nocturne quotidien. Lune pleine=luisante=moucharde=cachet effervescent=cymbale. Crimes & loups-garous. Grosse lune=pain à cacheter=lune silente=veau de la lune[1]=monstre de lune. Marées, castagnettes de pinces de crabes entre les détritus en plastique, baisse du temps de sommeil. Eclipse chorizo. Se faire couper les tifs comme Déméter sarments. Bois luné incassable. Rêvation de Dark side of the moon, de la face cachée de la nulle, désoccultée par les chinois[2] après la tête de la femme de Méliès[3], énorme dans le ciel pur noir, loin du noir résolu des imprimeurs, prolongé par les montagnes de neiges éternelles saupoudrées au son de Quand la musique est bonne de J.-J. Goldman – BOUM ; year, au soleil menstruel[4], les flamants roses de Camargue en camarde car trop saline à cause de la montée des eaux – Le salaire de la peur succède aux westerns. Miami Inherent vice, impuni, à force de lire. De la brune sous mimosas. De la coke sous les palmiers. Les vieux se la coulent douce. Page est Pamela Anderson ou Bilitis sa toile, Don’t beat it Dirty Diana, princesse. Aleister dos crawlé sur Pessoa ou Led Zep voire Bowie pour lutter contre la cambrure congénitale.
Ne pas fêter son non-anniversaire transposé le jour marquant de la fusée Saturn V lors de la mission Apollo 11 aboutissant finalement au premier pas sur la lune filmé dans la pseudo version alternative de Kubrick. Moonwalk one de Jackson, Moonraker avec Lonsdale échappé de chez Duras, évoquée dans Destination : lune. Un Petipa pour l’home en sweet-shirt et claquettes chaussettes – manger-bouger. Odeur des bougies à peine éteintes – mèches courtes – sauf quand un plaisantin leur substitue celles qui se rallument automatiquement. Poser un lièvre[5] qui mange un Mars® quand court la haze. Quoi de neuf, docteur ?
// j’aime le lit car c’est le seul endroit où comme le chat je puis faire le mort en respirant tout en étant vivant //Les acariens peuplent sa filasse=galette=son matelas=mouton=serpentin soldé trop vieux où, langueur oblige, ileli, hommelette[6], glandouneux, -euse, sans secousse, s’étale, évaché.e, à longueur de journée ou l’art de faire du lard=d’avoir la chienne=fader=se radasser=s’accagnarder=balocher depuis sa maladie du baiser=mononucléose infectieuse et échange de 80 millions de bactéries tout en actionnant un nombre impressionnant de muscles. Nul besoin de coach paresse. Au-dessus, une reproduction du péché capital par Teniers le jeune : jouer sa carte. Dessous, la phrase de l’égyptien exilé Cossery, ami du peuple, « L’oisiveté est indispensabe à la réflexion. » depuis l’hôtel Louisiane où ileli fit l’amour avec une poétesse – classique, avec jeux de mots – portugaise, pharmacienne, chercheuse en théorie du design. C’est un lézard, un hareng, la gouape, une fenasse, un flan mou, un.e saint.e lâche, un.e malade du pouce, un.e sublime. Trône un diplôme ès paresse du primus inter paresse de la confrérie du cigalon – « se faire un pénéquet après s’être pété le bédelet » – encadré avec des tickets de caisse, matière première à poésie populaire malgré l’abstraction comme posture. La vie est croûte.
Puces de lits=satanées bardanes s’étendent. Les dompter comme Charlot. Méridienne sans pause malgré le syndrome de l’anus sans repos. Récamier sans salon, mariée avec son père. Dark side of the mom : black Freuday, à sa solde, être esclave de la consommation. Surmoi trop présent, c’est ça. Le lit est son QG. Avoir le moral dans les chaussettes orphelines. Nul panneau de liège avec des poudres projetées et Céleste qui veille. Pas feu au QG malgré la lune pleine. Gare au Garou, Notre-Dame en feu, cancellé=effacé=lessivé, l’auteur de la kitsch flèche, Viollet-le-Duc, désirait restaurer les Alpes après sa chute dans la crevasse, vu que le sommet du Mont Blanc évolue. William inspire une fois qu’il expire. Juste la photo de la pochette de vinyle de U2, War, cet enfant irlandais grave aux yeux clairs qui vous fixent, gravée dedans – Un missile a élu domicile. Ileli n’aime pas les affiches de fan placardées au mur. Seules les constellations des deux hémisphères en pastilles fluo comme des noix=lobes de cerveau au mur. Tout de même, trône en NFT acheté sur le site OpenSea et Showtime avec la mention « Hope you like it ! », la photo agrandie de la radio d’un avant-bras transpercé d’une balle de kalachnikov, issue du dossier médical d’une rescapée du Bataclan, par un chirurgien, heureusement condamné.
§ : La phrase est un système planétaire, avec des trous noirs entre les mots ; être dense comme une étoile à neutrons avant de devenir supernova, avec sursauts Lorimer. Le radiotélescope d’Arecibo s’écroule comme son monde. Des deux mots, choisir le moindre. La poésie est admissible[7] si les silences sont malaxés en verbi-voco-visuel[8]. Comme la majoritaire antimatière, le silence creuse les sens puisque le mot n’est que le haut de l’iceberg – tropisme. Colère l’habite – foie. La poésie, à bout de souffle, a tenté de puiser sans succès sa création dans les arts plastiques causant un bref rebond[9] ; le pire étant les plasticiens qui se targuaient et se piquaient de poésie, une catastrophe. Une bombe derrière chaque mot. Arc électrique avant arc narratif. Stormy weather. La foudre gouverne toutes choses [frag. LXIV][10]. Temps malade : il fait d’orage. Prendre le pourpre, la turbine, la foudre, l’éclair, l’élicie, l’arge, le lanciz : convection de cumulonimbus en enclume – ascendance dedans -, en ligne de grain avec chapelet ; claquage – effet dans plasma – d’isolant à l’état ionisé ; traceurs en double arborescence. Sphères jaune-orange en ionosphère. TLE=elphes, TGF=flashs gamma ; sprite=sylphes rouges=méduse inverse=jets bleus. Hydroxyles et hydropéroxyles nettoyeurs. Purple rain. Mots sont fougères=figure de Lichtenberg=arborescence électrique. Fulguration. Enterrement rituel de la foudre avec du sel à Pompéi. Nulle aubépine dans le bocage. Tesla, cette guignolante bobine incarnée par Bowie, sensible comme une chauve-souris, né pendant les orages, se protégeait des vibrations avec un lit reposant sur des socles en caoutchouc.
Rentabiliser loyer trop cher par un taux d’occupation maximum jusqu’aux reproches – Trop pot-au-feu ! – du proprio FN/RN qui s’en vante, ___sieur vautour[11], du dessus pour lui payer sa résidence secondaire chez ses congénères racistes dans le Gard, ses fringues à la Barclay pour sauver les apparences, ses voitures polluantes comme sa 4*4, ses motos, ses vélos et son buggy, ce quad de Crown des-bacs-à-sable sorti deux fois par an jusqu’à faire trembler les voisins du quartier, masquant une retraite chiche après avoir arrêté de travailler à moins de quarante ans – toujours un gamin, le vieux. Pastis & boules – il ne baise jamais le cul de Fanny, même pas celui de sa flanquée=bague=brodeuse=chandelière=fenne=marmotte=panuche=digue=cocodète=douillarde=juteuse=YL=vieille rouge, plate, coquette, qui tape du talon et porte la culotte, que le macho engueule tout le temps avec des velléités de démon de midi avouées au creux de l’oreille. Il arrondit sa retraite avec sa rente d’appart’ et son orchestre de reprise de Johnny et Eddy – qui trouve Bowie ridicule -, Delpech, etc. ‘C’sont pas les noirs qu’ont apporté l’rythme qu’ils l’ont d’jà dans la peau, hein ? – Faisant trop de bruit, un voisin, complotiste, collectionneur de briquets, fumant compulsivement du haschich, alors que son proprio, invisible, est flic, se présente, fulminant, en déclarant un duel avec le choix entre la machette et le sabre japonais. Pays d’héritiers en monarchie élective. Suis mouchique à sec. Se camisoler : ourserie. Murs fins comme papier à cigarette – OCB, Oxyde Carton Blindé où elle tire la langue – soit plus un Malaparte[12] qu’un Bonaparte. S’acagnarder. Ailes d’ange anatomique, inspirant Prévert, comme l’aigle de sang, torture viking, en manches derrière – grenouilles, abats de renne sauvage, estomac de porc, tentacules de poulpe.
Un voisin efféminé, la soixantaine sonnante mais pas trébuchante, teint en blonde, moins beau qu’Helmut Berger mais plus que dans La cage aux folles. Assurancetourix chante avec une voix aiguë jusqu’aux whistles. Derrière un galandage fin comme du papier à cigarette, un noyé de clopes et d’alcool, un ancien d’assurance gémit – il y a de l’oignon – de douleurs dépressives à peine adoucies en tronchant diverses femmes qui s’exercent à gémir d’autant pour exciter le mâle. Après l’amour pisser sagaie : terminer inévitablement dans le buen retiro=fientoire=une caisse des dépôts et consignations=un numéro 100=être à droite=aller où le roi n’envoie personne=un cabinet des grimaces=aller où le roi ne va qu’à pied=wc où il lâche de l’eau=fait le petit=lancequine=change l’eau des olives=fait pleurer son aveugle=lance=écluse=change son poisson d’eau=quimpe la lance=lascaille=pleut=arrose les pissenlits puis flushe la toilette. Vos luttes partent en fumées. Un couple musulman : le boxeur gémissant se taillade devant sa femme en pleurs. Ils se défoncent sur les lames du plafond, passé l’orage. Boy meet girl, Modern love et plus si lovés.
Jeunette genre, selon les canons actuels (indice de masse corporelle, rapport cuisses/hanche, entre cuisses, taille/seins/fesses), odeur vanillée, cheveux de jais longs attentivement lissés et talons hauts dans une collection pléthorique de chaussures (Encyclopédie Comprendre la femme : vol. 1 Les pompes), avec force talons aiguilles pour montrer la hauteur de son exigence sexuelle et de distinction sociale avant de devenir un sac à patates en baskets à la Lolita, ébranlant l’immeuble chaque matinée, pour faire comme et appeler le mâle – éthologie -, astigmate comme le télescope spatial Hubble. La fille de militos découvre le sexe via Tinder® avec un chauve style chimio de son âge sien puis une armoire à glace barbue, déjà passé de mode, façon hipster à la Garibaldi pour affirmer sa virilité au poil[13], sur fond de musique radio, mode porno. Faire comme. Les mêmes cris étouffés avec des mecs différents. Faire comm. Cendrillon ne trouve pas Saussure à son pied qu’elle ne prend pas. Une française sur trois est insatisfaite : coq écorné.
[2] Après Frau im Mond de Lang, les chinois ont envoyé un enfant dans l’espace alors que les USA ont donné enfin sa chance pour la première fois à un trans.
[3] Jehanne d’Arcy façon La bataille du siècle avec Laurel & Hardy et la scène finale, dans le décor d’Adam, censurée dans Le Dr Folamour.
[7] Ishaghpour, Youssef. Le poncif d’Adorno. Le poème après Auschwitz. Paris : Editions du Canoë, 2018. 91 p.
[8] La poésie, par essence intermédia (aède, troubadours, comptines, glossolalie, chanson, poésie sonore, visuelle, électronique) selon Philippe Castellin à la suite de Dick Higgins, utilisant les divers systèmes de communication, se doit de s’opposer à la communication, de l’interroger. Elle est « Une machine de destruction de la langue majoritaire. » (Frank Smith).
[9] Certains perdurent comme S. Calle, V. Mréjen et L. Mauvignier.
[10] Héraclite in Dumont, Jean-Paul (éd. scientifique). Les Présocratiques. Paris : Gallimard, 1988, 2004. Bibliothèque de la Pléiade. p. 160-161. Selon Hippolyte (Réfutation de toutes les hérésies, IX, 10 où le prêtre d’Ephèse précise : « le feu est doué de conscience et cause de l’ordonnance de toutes choses. »), le nom de foudre est donné au feu éternel.
[11] Curieuse confinité, Neighborhood d’Arcade fire sur Funeral après Fuck the neighbors d’Iron Reagan.
[12] Quoique sa villa à Capri dans Le Mépris de Jean-cul God suscite l’envie.
[13] Des bactéries dans la barbe – le Père Noël, rénové par Coca® dans les années 30, est une ordure.
Caresser le dos, la couverture, pour le Daumal. Shön brune Say Say Say Shōnagon. Passe ton Bashō, banane ! Faire les Feuillantines. Chemins verts de Greenaway qui ne mènent parfois nulle part, no way out Hölderlin en sa tour. Wozu ? To lose, en ville rose, Losey blacklisté – vil. Beauté des plats en reliure dorée sur tranche avec nerfs. Microcosme des pages de garde marbrées. La monomanie du maroquin détectée chez le baron hollandais Westreenen van Tielland.
Les pages réunies dessinent parfois une figure sur la tranche. Flipbook=folioscope=feuilletoscope=feuilleur fait flipper – pouce. Spins. Une bibliothèque est un tout organique, en évolution, qui crée son propre écosystème. Mots en chats de Schrödinger ou du Cheshire. Le bibliomane de Nodier, le Dico des mots du sexe. Spinoza encule Hegel – il serait plus juste d’y substituer Descartes, Aristote ridiculise Platon qui éclate Parménide, Hipparque nique Ptolémée, Rimb’ encule Verlaine[1], Philosophie de la misère et Misère de la Philosophie, Marx nique Proudhon, France sodomise Proust, Fantaisie militaire. Bière et mise en bière. Le dico du diable comme bible[2]. L’érudition est une poussière tombant d’un livre dans un crâne vide. Des tapisseries causent vieux françois lors de la guerre des ligues. Le grand couloir au Vatican s’anime avant la chapelle Sixtine – !Zitti Shut up crié et répété en haut-parleurs. Hapax. Jeff Séquelles et Jelle de Bour. Une partition ronéotypée trèspeulue par un obscur catholique polonais en Suite suisse : Du triunisme en tapuscrit, l’ère de trois n’aura pas lieu. Apax. Isthme d’-ismes. Suis-tu ?
[§ : ? – : En moi, coule l’Arno. Jamais vecchio, le ponte. Le fleuve charrie la boue du réel en son épaisseur en tableaux synoptiques dans Calculs[3] que corrobore le Cinéma intérieur de Naccache. Vitesses : paradoxe de Zénon. Que nul n’entre s’il n’est schmidtomètre. – Sujet pour thésard : confronter la conception du temps chez Bergson et Schmidt (notre autodidacte hurlerait de rire !-)) – Anneaux de Berechnungen. ? : Sa tératologie — Entre autres : trilogie des Enfants de nobodaddy + Soir bordé d’or : une farce-féerie : 55 tableaux des confins rust(r)iques pour amateurs de crocs-en-langue. Hommage à Nadeau et alii jusqu’à Tristram (: éditeur, race tant adorée par schmidt !). Entrer en schmidtie, c’est se nourrir du rire du chaos en jubilation des mots ; la peau du monde à l’étal noir sur blanc ; digresser en abîmes ; plurivers singuliers. Après Sterne, c’est la star. —
Schmidt, c’est comme Dupont, Martin, Moretti ou Smith ? – : Oui mais celui-là est vraiment spécial. Pasbanallebougre. Chancelier Helmut ~ — ! Les journaleux écrivent : c’est le Joyce allemand – cliché ! cliché ! Schmidt, c’est la cantatrice chauve à la voix discordante de l’Allemagne. Supernova du crépuscule. C’est l’escrimeur qui touche juste, toujours. D’où la ponctuation inédite et adéquate. Nicht die nacht notte nicht die nacht night nicht die nacht noche. En chambre de discernement avec force remue-méninges, trotte à toute vitesse la phrase de Celan « La mort est un maître d’Allemagne. ». Schmidt tripote l’humus de la mauvaise conscience allemande, déterre les cloportes au grand jour. C’est celle-là, la voie de la cantatrice. Schmidt est un solœil lucide. Les journaleux écrivent : le Bern hard[4] allemand – cliché ! cliché ! Une lampe de poche dans le tunnel d’Oxydant. Jean Wahl Jean l’a écrit son Malheur de la conscience dans la philosophie de Hegel, l’élève juif de Bergson, introducteur d’Heildegger en France qui refusa de serrer la main de Martin. Il l’a évité de justesse l’arbeit macht frei grâce à un royaliste membre de l’Action française. De la transascendance chez Schmidt, affirme le thésard. Mais qui en _rance – depuis bien longtemps, notre pays a perdu sa majuscule – aurait les c_______ de dire que nous sommes un pays profondément antisémite ?? Où sont nées les idéologies totalitaires ,, Qui ? ! Pendu haut et court _ . Oui, oui la patrie des droits de l’homme, bien sûr. BHL ? BHV de la pensée. Schnaps Schmidt brûle les boyaux pour notre plaisir.
A défaut de GWF, parlons de JW von. C’est sans pitié qu’il le cancelle. Quel culot, l’Arno ; c’est revigorant. Il lui préfère Wieland, Holberg, Moritz, Schnabel, Tieck, Wezel, Cooper, Swift, Scott, Cramer. Etre noir d’amis d’entre temps : la librairie d’autodidacte, son château Eyquem ; à la main Magna servitus est magna fortuna. Il va vers l’épiquaresque, l’ours du lande de Lunebourg – ça sonne, ça : ♪ lande de Lunebourg ♫ lande de Lunebourg. Mieux vaut Fouqué que Fouquet. Alors, il s’y consacre, l’enfant terrible. Il traduit Cooper more and more. Et problèmes pour pornographie, pour remises en cause – censures encore et encore. Arno passe outre les on-dines. Il est comptable à personne, l’exhaustif. Un esprit libre – la liberté a un prix. La droiture du subversif : Schmidt & Wesson. Se con fesse au renard. Schmidt = posture.
Un jour Beckett conseilla à Federman d’écrire à fond sans se soucier de. D’outre-tombe ;;depuis 1979 ; A.S. intime. Et j’ai tiré la bonne carte : « Poète, écris à coups de poing », c’est dans Aus dem Leben eines Fauns – ça c’est comme gravé là. Arno m’a légué le courage d’écrire, d’aller jusqu’au bout sans concession. Cryogénie au panthéon personnel. Serendipity. En moi, coule l’Arno. Mon maître est venu d’Allemagne « Un crime derrière chaque mot ! » écrit Novarina[5] dans Le drame de la langue française dans Le théâtre des paroles. Arno, c’est de la bonne. Les débuts de phrase sont des injections – ! sic : dixit lui -, un fixe sur papier. Les mots sont en guêpière. Et là, c’est l’extase. Arno est un contrepoison en cornue. Arno abat les cloisons, les murs, même de Berlin.
! : Et la poésie, quelle poésie. La lune est déclinée comme jamais[6], comme jamais – lande de Lunebourg. C’est mordant, c’est tordant. Bargfeld follies. Télécharger son Riehl player – travail de titan pour la traduction dudit. Il est dur de restituer le réel digéré et vomi d’Arno – de Lillo rêve d’écrire un livre sur trois minutes de la vie d’une personne avec sa somme d’affects, avec les sommes de nos nous. Arno l’a fait. Pour paraphraser Adorno : il est impossible d’écrire après ArSchmidt. Arno est un passeur, Jirgl – prix Büchner – s’en inspire. Arno est le ponte vecchio, frais debout. Un jour, un magnat lui donna la $omme égale au Nobel. De la dynamite car c’était nécessaire, Arno. an = bn + cn. Il inciterait presque à me mettre à l’allemand – ne pas connaître uniquement blaß mir einen. Premier mot : weltanschauung. Puis : volksgeist. Arno militerait-il pour le maintien du ß ? Parles-tu le Schmidt ?]
§ : La basse de Flea des Radote chili peppers. Etre à sauts et à gambades avec vitesse[7] à la Tsvetaïeva en mode urgence, à la façon de l’éborgné à coup d’agrafeuse, Tex Avery – Gimme some more de Busta Rhymes, de blocs piochés dans un Pet words à la Good vibrations des Beach boys, dont Brian Wilson, ou dans le Journal de mes sons de Pierre Henry, des connexions inédites du logiciel son en acousmonium de pièces d’Aperghis et de LouBez, de John Zorn en buvant Eyquem[8], ce célèbre auteur d’un livre sur le rugby[9] sur l’ongle, Les essais, inspirant Proust[10], dont l’intérêt, outre d’interminables descriptions[11] dignes, parfois, d’un collégien maladroit[12], inspiré par l’historien d’art anglais, éculé jusque dans sa grammaire et sa syntaxe, un skin russe ennemi de Whistler, est la translation de sens et de sensations sur fond, à compte d’auteur avec force complaisances et lobbying[13], de critiques de salons[14] et sexualités[15] en société en mutation, anticipant le sexe des modernes[16]. Gare ! Montagnes russes avec ou sans cigarette. Mieux vaut profiteroles que paperolles=béquets=retombes=post-it® [inserts : copier/coller]. Jean Sans œil n’a qu’un œil. Proust générera nombre de pseudo[17] – légitimation – en République des lettres. J’ai pleuré quand j’ai terminé La Recherche, dit-elle. Manger avec Houang (Kia-tcheng), ce chinois, prêtre catholique à Saint-Eustache, spécialiste du bouddhisme en France, des raviolis chinois magnifiques, complexes, au goût multiple chez Du côté de Tché-Souan.
A la recherche du pain perdu, ce french toast. Ne plus petit-déjeuner depuis la révélation que, en palimpseste, la madeleine fut, dans une version antérieure, du pain rassis, grillé, une biscotte[18]. A sa décharge à 320v, le grille-pain est l’invention complexe la plus inutile de l’anthropocène ; les archéologues du futur, perplexes, s’interrogeront sur la fonction et l’utilité de cet appareil. Les plombs ont sauté. Les hommes politiques sont des fusibles. Perfection par le taxidermiste : un lapin mort, élevé en cuniculture, transformé en grille-pain. La carotte[19] est trop sucrée pour être mangée par un chechoï=lapin. What’s up, Doc ?
La poussière entre les pages jamais ouvertes déclenche derechef une allergie. Chiures d’acariens à vue de nez. Ileli est asthme. Y viendra aux livres électroniques : la santé et le manque de place. Ancien et nouveau cohabitent, un classique : oral-manuscrit, passage dénoncé par Platon, manuscrit-imprimé, ce dernier imitant cela puis devenu indépendant. Ceci tuera cela. Le petit immortel goncourisé à moustache ou koala[21] – à force de s’arracher les cheveux – au pseudo emprunté à Le rivage des Syrtes de Gracq et sa dénonciation de la littérature sans estomac -, fit faillite – avoir raison trop tôt.
Faire courtine avec les pages attachées. Shibari à gorge déployée. Cyprine noir sur blanc. Plaisir des découvertes. Sens s’arrache. Illusion de l’osmose. Croyance magique : la totalité du contenu d’un livre aspirée d’un coup d’œil. Le MIT développe la caméra à rayonnements térahertz avec algorithme – encore un – selon la fréquence émise par la page fermée dans le livre. Ses préférés livres sont sous blister comme l’ultime, érotique, du suisse Ches$ex. Le Bayard évoque avec sapience les livres non lus pour le dîner mondain. Ça s’imprime, là, le livre. Révélateur. Lis assis dos sur lit. Tu me dis comment tu t’installes en lisant, dans quelle position et où, je te dirai qui tu es. Lit est page : de naissance à roupille dans le nanot=grand=pageot=portefeuille ; commencer en couches et bavoir, en landau, terminer, 8e incontinent, en couches, déambulateur, en fauteuil roulant puis expirer seul en linceul entre murs blancs[22] : né plusieurs, mort un seul[23], l’humain fait sa rêvolution. 2001 L’odyssée de l’espace, inspiré du non polaque Ikarie XB1 avec les intervalles atonaux, concurrencé par la commande de l’URSS[24]. L’homme n’est que poussière, c’est dire l’importance du plumeau selon le chroniqueur de La Montagne, traducteur du fantaisiste Kafka Et c’est ainsi qu’Allah est gant, Fuzz.
[1] Deux coups de feu, dormeur Duvel®, deux doigts de whisky.
[3] Cf. Roses & poireau. Un nouvel apport concernant les flux de conscience semble décisif comme la première vague au XXe siècle, sur fond de freudisme, avec l’écriture automatique, et de psychologie comportementaliste de James : Faulkner, Joyce et Woolf.
[4] Pour paraphraser Martin Amis à propos de Tom Wolfe : « On dirait que sa machine à écrire ne marche pas bien. On soupçonne un fonctionnement défectueux de la touche “répétition”. »
[6] « lune de béton », « lune comme une éponge dans un caillot de nuées », « masque mortuaire de la lune », « verdâtre la lune comme un insecte dans le rose du soir », couleur « crâne rasé de Mongol », Bouquet, Stéphane. Ibid., p. 93.
[8] A-t-il été mangé par les poux et la gale voire la vérole, ce collectionneur de calculs, dans la tombe de plomb dans les réserves ou le cénotaphe du musée de Bordeaux – s’il s’agit bien de lui ?
[9] Cette ville où étudia brièvement et avec souffrance Lewis Carroll.
[10] Ce « psychologue original » (Le petit Larousse, 1925). Ni dieu ni maître ni naissance ni animaux dans son œuvre.
[11] Avec une phrase record de 931 mots et, avec une moyenne de 35 mots par phrase, Proust bat Mme de Sévigné (32), Chateaubriand (28) ou Stendhal (24) mais pas le Huysmans d’A rebours.
[12] Il n’y a pas que les pavés de la basilique Saint-Marc de Venise qui sont inégaux (à noter que dans l’avant-nef, la mosaïque de la Création du monde magnifie, selon Lacan, « sublimement l’idée infernale de Dieu » imposant à l’Adam Kadmon (le Un), de la kabbale en illustration de couverture, d’avoir une compagne issue de son corps (Un divisé en deux), inspirant le $/a dans La logique du fantasme (Le Séminaire, Livre XIV, 1966-67 avec force schémas pseudo scientifiques, logiques notamment avec le paradoxe de Russell, la structure algébrique de Boole, les intersections de De Morgan, les calculs de prédicats de Frege, la théorie des ensemble de Cantor, la topologie des groupes de Klein). Proust torturait, selon la légende trop belle, rapportée par l’homme de Chaminadour, Jouhandeau (La vie comme une fête, Entretiens. Paris: J.-J. Pauvert, 1977, p. 139-140) – mais comme le suggérait l’us-irish Ford à travers une réplique de L’Homme qui tua Liberty Valance (1962), imprimons la légende -, des rats avec une aiguille de chapeau, qui finissaient par s’entredévorer, dans le bordel homo, l’hôtel Marigny, tenu par Albert Le Cuziat.
[13] C’est son côté proustitué, Proust ma chère comme le personnel disait en commère au Ritz. Le questionnaire de Proust n’était pas sa tasse de thé.
[14] Wharton, ô Hyères – ville adorée par Stevenson -, beaucoup plus douée, adaptée en 1924, 1934 et surtout par Scorsese pour Le temps de l’innocence (The age of innocence, 1993) avec les ultimes Bass et Hermann. Elle rend hommage à Proust en ces termes : « exquise délicatesse de touche ».
[15] Un bottin de Qui suce qui ?, voire plus. Quant à Totor, c’est l’ancêtre de Tintin.
[16] D’Eric Marty. Colette, – « autresse », entre autre, de Le pur et l’impur, aidée par le partouseur mari Willy, initiateur, qui l’exploita -, loua chez Proust sa description de l’inverti notamment entre Jupien et de Charlus.
[17] La Donnadieu, fille de prof, se révèlera une piètre analyste de Proust, ce passage obligé. La Quierez a écrit des romans surannés avec passé simple et imparfait du subjonctif pour Bonjour sesterces, d’après le dionysien Eluard – cette copie ennuyeuse de bonne élève -, en absence complète de psychologie, loin de Camus et Beckett tout en captant l’esprit du temps, pied nu sur le champignon de la Jaguar® dont les médias étaient friands, jouant à la pétanque avec Pompidou à Brégançon, Mitterrand devant financer la ruinée par le casino et la drogue ; sa seule œuvre, révélatrice de sa générosité, sera son interview hilarante par Desproges.
[18] Selon l’écossais Stevenson – fin observateur, les français savent beurrer le pain toujours du bon côté – leur côté cartésien, sans doute. Quelle ne fut pas la surprise d’apprendre également que Nirvana envisagea, pour la pochette de Nevermind, d’accrocher à un hameçon dans la piscine un CD, steak, burrito, billet attirant un bébé qui demandera, trente ans plus tard, réparations pour pédopornographie.
[20] Partition créée par I. Berlin, à propos de Tolstoï, reprise par S. Hoffmann.
[21] Homme à femmes, petit-fils de Monsieur Maille qui m’aille, neveu d’un banquier, gendre d’un éditeur de Gallimard, extirpé de son bateau, le breton qui édicta une charte des valeurs pour Bolloré avant de se rebeller contre lui en un pamphlet vieillot – pardocadémin, voltairien – qui ressemble à un coup d’épée d’académicien dans l’eau en espérant réinventer la roue, le bobo sherpa-qui-ne-sert-plus, économiste des matières premières qui lui donnent la moutarde au nez, d’un résident florentin PS, nul en économie, amateur de Barrès, Chardonne, Rebatet et Morand.
Bruit du moteur du frigo®, gaz rare polluant, le fréon[1], chez chacun.e : émettre de la chaleur pour produire du froid, attention aux éons, Chevalier, aux orgons, Reich. Avec de l’eau chaude, les glaçons se constituent inexplicablement plus vite. Age du congelé ; avoir un coup de vieux quand les musiques d’enfado=d’enfance sont remixées et le vouvoiement énoncé systématiquement par les jeunes qui vous cèdent parfois la place dans les transports.
Moderne catharsis : schéma Z de La lettre volée de Lacan-dira-t-on[2] à la carrière politique éclipsée avec, dans commodités=fiantoir=restaurant à l’envers=cagadou=wc, une maîtresse rousse avec l’atelier de la génération, de Vénus=le tablier de forgeron, de sapeur=le théâtre des opérations=le quartier de devant=la caverne d’Ali baba=l’étui à clarinette=le petit Mozart=le rouge et le noir=la chatière=la crête de dindon=le croucougnou=la moniche=le trou punais=le museau de tanche=le baveux=le sourire édenté=le maître-autel=le beau dédale=le morceau friand, le guillevard=le guilboquet=le sadinet=le guillenard=le calibristi=le middle=le morveau=le trésor à crinière=la berlingue=la belouse=le biribi=le mirliton=le tirliberly=la salle des fêtes=le corridor des braves=la lampe amoureuse=la pièce du milieu=la porte cochère=le vieux grognard, pneu=la ligne Maginot=le petit appétit=l’Empire du Chicotin=la bouteille à miel=le cripsimen=le grobis=le dauph=le lèchefrite=le distributeur Gillette®=le vaisseau accoutumé=l’autoroute du Sud=les demoiselles d’Avignon=le Café aux deux Colonnes=le carrefour des enrhumés=le barathre noir, hypnotisée par Fuzz, disputée avec Whistler[3], L’origine du monde, Gustave Courbet[4] derrière le paysage suggestif du beau-frère Masson comme dans l’expo de Jean Clair, Freud, du regard à l’écoute[5] où trônait le baquet de Mesmer. Ayant, selon la formule de Jeanson, fait Kafka dans sa culotte, l’étron=mouscaille=factionnaire=poudre de Diamerdis est la couleur primaire : nous sommes donc tous peintres sans le savoir. Escherichia coli et entérocoques.
Ring de vie – tératologie, Wagner, Dupuytren : syndrome de Protée, elephant-Merrick[6]-Hurt-man, chez Lynch, salue le rôle au théâtre par Bowie ; côtés rectangle, carré parfois, quatre pour yeux deux, quadrature du cercle ou Calcul rare du détraQué parfois, section Dico des fous littéraires. Espace vital est parallépipède. Jeu de forces. Impossible n’est pas français. Pas de pétrole mais des idées. – Je pense donc tu suis -. Hypoténuse. Théorème limite. Sa marelle à la jamberotte. Peu d’enfer[7] dans la bibliothèque grandissante en arborescence jusqu’à la saturation. Recueils de signes. Etre isocèle. Prendre la tangente : vecteurs. Tir arc tendu. Paradoxe de Russell, les crocs, chemins de la liberté. Gödel, ses théorèmes d’incomplétude en réponse au programme de Hilbert, tutoie dieu.
Force est de constater : n’aime pas lire. Peu scalaire. Aucune congruence. Triste obligation scolaire. Trop d’efforts. Tout prof n’est pas Pennac ou Luchini, Le cercle des poètes disparus ; Green lit, comme anglais, Racine et La Fontaine dans son jus – jeu, set et match. Mal aux yeux. Epidémie de myopie à cause de la position de l’oreiller pendant le sommeil. « Epidémie » de glaucome dans le 69. Quadra presbyte guette now. Opération banale de la cataracte sous hypnose à partir du magnétisme animal et harmonia universalis – mesmerising[8]. Constance est plus un lac qu’une vertu où l’amour est plus froid. Mesmer[9], financeur de Bastien et Bastienne de Mozart, cité dans Cosi fan tutte, sera expulsé à cause de la jeune pianiste aveugle von Paradis – attouchements. Myopie résolue par la dioptrie – Descartes, Scopa ! crie Sordi – la vieille Bette ne crachera pas son fric, j’te fiche mon atout, sur un air de Nino Ferrer.
Hautecombe, Lamartine sur la réserve depuis la branlée des élections, Tresserve au bord du lac Paul Bourget[10] où se déroule le salon de l’aviation avec les avions renifleurs, des hydravions, une réplique du Concorde®, un Rafale®. La Saint Point du corps matin, de la famille du poète, femme du critique de ciné – « 7e art » – Canudo, prône le viol pendant la guerre dans son manifeste futuriste[11] avant sa conversion à l’islam. Les intellectuel.le.s français.es sont doué.e.s pour la myopie quand les yeux se battent en duel=regardent le diable au poirier=quand un œil dit merde à l’autre=un œil se crisse de l’autre=les carreaux sont brouillés=les chasses sont à l’estorgue – le pire d’entre eux. Jean-Sol[12], concurrençant « cinq minutes, douche comprise », détestait les tomates et révérait le Munster au grand dam des dames. Fallait-il avoir raison avec Aron même quand il craignait l’invasion des chars soviétiques dès l’élection du socialiste-à-dents-longues-limées en 81 avec des communistes dans son gouvernement ?
Duras, cette amatrice de roman-photos – sur Ramona chantée par Tino Rossi -, qui aimait faire dégorger le poireau[13] pour sa recette favorite malgré la main tremblante d’alcool, est l’une des plus grandes comiques du XXe siècle quand la pseudo pythie pour paumé.e.s[14] faisait mouche contre la vitre avec moult descriptions devant le petit cercle ébahi – tout est dans le débit, y compris de boissons ; débile, forcément débile, la duraille, celle qui se regardait écrire et qui filma[15] pour s’occuper et nous ennuyer. Duras-Platini : match vraiment nul, adapté en théâtre, sur fond de We will rock you et We are the Champions de Queen, l’appel contre la pluie à Woodstock[16], « Ce soir, on vous met le feu » d’après la polka transposée du tchèque Polka, Seven Nation Army de The White Stripes, popopopopopopopo. Rien, elle ne donne à dieu mais tout aux autres. Sa voix trafiquée à la fin de sa vie à cause du cancer de la gorge à force de cloper comme dans Alphaville de Jeancul God, L’année du dragon de Cimino ou Cérémonie secrète de Losey.
Livres audio, inspirés par la machine à faire parler les livres avec son je-ne-sais-quoi de métal de Savinien de Cyrano de Bergerac : oralité primordiale. Economiser l’œil, Peter. Difficile de capter le gueuloir, notamment chez pue-la-sueur Gustave[17] pourtant admiré par le russe exilé, synesthésique, négociant avec Pivot, qui le pourchassait depuis des années, du whisky dans une théière pour faire comme, chasseur de papillons et son verrat. Rien sur La chambre obscure de Clouzot sur le scénar dudit russe[18] avec l’aveugle Jouvet torturé par un couple façon La rue rouge de l’autoritaire Fritz FreLang, remake de La chienne de Renoir.
§ : Création est camera obscura. What’s up, Doc ? L’artiste est anarchique et tire dans le noir, selon Mahler[19], et construit des échafaudages dans le vide[20]. Un film avance comme un train dans la nuit. L’artiste est auxiliaire de vide. Pour vivre heureux, vivre caché. Seul Céline[21] abuse des points de suspension[22] pour figurer une oralité reconstruite. Voyage au bout jamais adapté en film.
§ : Rabelais, il a perdu, certes. Icigo, devine : il[23] sort ses gryphes en publiant Pantagruel et Gargantua ; l’éditeur Dolet en douleurs sur le bûcher. Ripolin®Amyot, Vaugelas, fils de juge : barre-les crie Rabelais. Il ne faut pas pousser la grammaire dans les orties, juste la syntaxe. Il faut écrire mal armé, Stéphane, mais avec curiosité et rigueur, comme Beckett, ce La Fontaine d’avant-garde sans moral, qui inventa une langue en décidant, en exil, d’écrire en français. Pas de ci pas de ça, la France ne signe pas la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Bretons, Corses, Occitans, Picards et al. Collectionner les brichetons=mots selon. Sur rivage, saisir les derniers tremblements, comme un principe d’incertitude d’Heisenberg, du papillon rare eupithecia nabokovi au virage. L’avenir de la littérature française réside dans les apports des francophonies, Caraïbes notamment[24], Caramba. Caresser la peau du monde – Prigent récuse cette expression alors que le phénoménologue Merleau-Ponty évoque la « chair du monde » – compte-tenu du paradoxe de Russell et de l’inadéquation des mots au monde – sens sont dans béances. Déjeuner avec Wittgenstein, Ludwig inspire Stein.
§ : Les auteurs de littérature française, soit des bons élèves bien appliqués=poesy, soit des cancres fiers de leur posture, ne savent que recracher leur leçon – avec huître=crachat, achtung Artaud au gamelan contre Bach, ou non. Obligation de clarté, des bons mots, la maîtrise d’une langue unifiée[25], la perfection étroite qui se souhaite, en toute illusion, universelle[26], jeu d’étiquettes et entregent avec carnet d’adresses, classement sec, chacun dans sa case, chacun son stéréotype. Créer, c’est ruer dans les brancards donc ne correspondre à aucun créneau voire, encore mieux, de l’inventer.
Longtemps l’impression, malgré l’enfilade de mouillantes=bouillantes=soupes avec des lettres d’alphabet pour soupatoire, de ne pas savoir lire=comprendre les imprimés à cause de diverses méthodes scolaires[30], sujets d’âpres débats comme la France les aime, au gré des déménagements et des changements politiques. Ratures littérales = litté-rature[31]. Peur de crucifier les papillons-mots, eupithecia nabokovi, bulles de savon irisées en vanité, pâte-mot selon SokraTe mort en costard, dont la grammaire, truffée d’exceptions comme le brie=côtelette de perruquier, de vache, de menuisier=entrecôte de lingère, de brodeuse – ce «roi des fromages » selon Talleyrand au Congrès de Vienne -, méldois (AOP), meluniais (AOP), columérien du tout, nangissien et tien ou provinois, est un mille-pattes. Seule l’odeur âcre des livres anciens, hérités dans la bibliothèque d’acajou, avec confiture d’abricot=beurre d’oreilles=cérumen sur pattemouille en peau de siamois, comme encaustique afférent comme le parquet de bois craquelant, chevauché prudemment avec des patins infligés par une TOC du côté du Pont de la Révolte dionysien, vers chez Cavanna et Daeninckx, l’embaumera. Chaque volume exhale un parfum différent. Inégalité soucieuse[capital culturel].
[1] Dont le logicien Gödel avait grande peur, l’empoisonnement étant sa terreur.
[2] De l’ivre nul dans le caniveau sans lune par un nœud pape nabot psy, marié à une actrice de Renoir, qui jouait de l’escarpolette à la Frago, Une partie de campagne – Maupassant sur fond sonore de Tellier -, ex-compagne du chartiste Bataille, plus intéressé par l’enfer de sa bibliothèque.
[3] L’une chasse l’autre : Jeanne ou plus probablement Constance selon le spécialiste des Dumas – qui détestaient Courbet -, Claude Schopp.
[4]Ce vagin où Goutte l’ombre d’un désir selon l’anagramme trouvée par Klein et Perry-Salkow dont Sales rêves est parsemé. L’homme de la colonne Vendôme, peintre de cette toile censurée sur la toile par facebook. A noter qu’il existe L’origine du monde d’Hugues Dufourt, un musicien contemporain spectral.
[5] Merci Orsay en L’heure d’été d’Assayas où le musée VGE succéda à Orson dans Le procès de Kafka.
[6] On a le squelette qu’on Merrick (1862-1890), l’exosquelette venant s’ajouter. L’emplacement de l’enterrement à Londres a été découvert au XXIe siècle.
[7] Photo de l’hermaphrodite par Nadar, les plaques médicales Lumière Polka d’athlètes nu.e.s. La Cauchoise ou Mémoires d’une courtisane imprimée à Libidinus « Chez Sensualité, à la Délicatesse, rue du Tempérament », où une bibliothèque érotique énumérant d’autres titres libertains dans un chapitre, jouxte Vénus en rut, imprimé à Luxurville chez Hercule [celui qui aime quand on …] Tapefort.
[8] Par exemple « La célèbre Karsavina dansait devant le public mesmerisé du théâtre Mariinsky » (Memoirs of a Professionnal Cad, G. Sanders, 1960, Mémoire d’une fripouille, trad. R. Slocombe, 2004, 2023).
[9] Son baquet : « huit tiges de fer articulées (…) un cercle de laiton isolé par quarte tiges de verre et qui servait de communication avec l’intérieur (…) intérieur : 1° une couche supérieure et faisant le tour composée de lavande (Lavandula spica) ; 2° huit paquets d’hyssope (Hyssopus officianalis) formant deux couches ; 3° sept branches de verveine (Verbena officianalis) et deux paquets de chèvrefeuille ; 4° une couche épaisse de feuilles de tilleul et de feuilles d’oranger mêlées ; 5° une couche épaisse de menthe poivrée (Mentha) ; 6° une couche très mince de plantes en poussière mêlées de baies de genièvre ; 7° une couche épaisse de centaurée (Erythrea centaurella) ; 8° dix-sept bouteilles vides de différentes formes et grosseurs, formant une couche, le fond des bouteilles étant dirigé vers la circonférence du baquet ; 9° une couche épaisse de centaurée (Erythrea centaurella) ; 10° seize bouteilles vides arrangées comme celles-ci-dessus ; 11° une dernière couche très épaisse de centaurée (Erythrea centaurella) couvrant le fond du baquet » selon le Procès-verbal du 27/03/1846 de l’ouverture du baquet de Mesmer en possession de M. Beckensteiner.
[10] « Si j’avais la gloire de Paul Bourget je me montrerais tous les soirs en cache-sexe dans une revue de music-hall et je vous garantis que je ferais recette. », A. Cravan, Maintenant, n°3.
[11] Cravan viendra, avec sa stature de boxeur, à sa rescousse lors de la conférence du 27 juin 1912 à la salle Gaveau.
[12] Nommé ainsi par Vian car le binoclard, coureur d’amours contingents mais peu connu pour ses performances sexuelles, le trompait avec sa femme.
[13] « Rien, dans la cuisine française, ne rejoint la simplicité, la nécessité de la soupe aux poireaux. […] Dans les maisons son odeur se répand très vite, très fort, vulgaire comme le manger pauvre, le travail des femmes, le coucher des bêtes, le vomi des nouveau-nés. » (Duras, M. Outside, A. Michel, 1981, POL, 1984 ; Duras, M. La cuisine de Marguerite, B. Jacob, 1999). Le « poireau » est le ruban vert de l’ordre du mérite agricole.
Après avoir longtemps laissé la porte de l’hôtel ouverte au possible inconnu en rut ; elle était fière de vivre avec un homo, dont elle réinventa le nom, pour son palmarès sexuel. Ainsi savoura-t-elle sa danse avec lui sur Capri c’est fini du giton du secrétaire de J. Moulin, Cordier alias Caracala, Hervé Hilare.
[14] Ignorant qu’elle coécrivit – un Vichy, s’il vous plaît – un livre colonialiste sur la Cochinchine sur la demande de Mandel au Ministère des colonies et rejoindre à la 25e heure – fin 1943, début 44 – la Résistance. Pire, elle participa à la commission qui décida des quotas de papier à attribuer aux éditeurs, sous le contrôle de la Propagandastaffel, le service chargé de la propagande allemande en France.
[15] « Marguerite Duras n’a pas écrit que des conneries, elle en a aussi filmées. », résume Sieur Cyclopède.
[16] Ce compte du XIVe dans Les rois maudits de Druon.
[17] Le « neveu », Guy, doué mais queutard que jamais soit dit au Maupassant, peignant la vérole sur son service trois pièces, rattrapé par la syphilis m’était contée avec dédoublement à la Hors-là.
[18] Le film existera tout de même – rien ne se perd, tout se transforme – avec Tony Richardson comme metteur en scène ou la solitude du coureur de fondu enchaîné.
[19] « Archer qui tire dans le noir. » paraphrasa A. Co[h]en dans sa lettre du 27/03/1978 à D. R. Goitein-Galpérin. Godard reformule : chercher du « définitif par hasard ». Ou alors : la création, « Un savon dans une main mouillée. » (D. Makavejev).
[20] « Créer, c’est donner des bords au chaos. » (Pascal Dusapin).
[21] Dit « 6 lignes dont 5 antisémites ». Docteur haineux de banlieue – au point de se plaindre auprès d’Abetz qu’Hitler ne massacre pas assez de juifs ; il aurait fallu roquer avec Brasillach -, cumulard de punchlines avec des touches, mentant constamment comme un arracheur de dents lors d’interviews, bronzant à poil dans le jardin de sa maison de Meudon, pour se mettre en état malgré sa plaque de métal dans la tête suite aux éclats d’obus de la grande guerre des ders. Reste à examiner les feuillets subtilisés à Montmartre de La Volonté du roi Krogold, roman médiéval refusé par Denoël, Guerre, le plus intéressant, Londres et Le casse-pipe augmenté.
[24] Comme l’art africain pour la création des avant-gardes du début du XXe siècle. L’alternative à la mondialisation est, foi d’archipel menacé par la montée des eaux, le Toutou-monde.
[25] Richelieu, Versailles, jardins Le Nôtre beaux comme une chatte bien rasée, rien ne dépasse – le vôtre, de plaisir ne comptant point. Exemples devenus désormais anglo-saxons à l’encontre du jardin anglais, faussement profonds genre R. Padgget et la Nobel Louise Glück.
[26] Le coq, ergots et ego, le seul animal qui chante avec les pieds dans la merde, Coluche avait raison.
[27] Des pistes ont été ouvertes avec Tandis que j’agonise de Faulkner, dans le champ théâtral avec S. Kane, cette fille de l’Essex d’un père journaliste de tabloïd, à partir de Manque, sur fond d’E. Bond, suicidée par pendaison avec ses lacets de chaussures dans les toilettes ; Jon Fosse mis en scène par Claude Régy. Certains films de Lynch, 71 fragments d’une chronologie du hasard (71 Fragmente einer Chronologie des Zufalls, 1994) de Haneke, les vibrations chez les frères Quay, pour le cinéma. P. Bayard inaugure, à partir de Borgès, la critique quantique. La mode est à l’appropriation artistique de la théorie des supercordes et ses plurivers.
[28] Les scientifiques se sont inspirés de Joyce-qui-dit-oui.
[29] On tombe tellement dans la langue française, tant les expressions abondent, que la gravitation aurait dû être découverte par un.e français.e.
[30] Les méthodes d’apprentissage de la lecture varient, de la globale ou reconnaissance automatique des mots par entrée de mots entiers et l’anticipation ou la devinette de leur sens d’après Decroly, Freinet et Foucambert à l’apprentissage syllabique et phonologique en passant par les méthodes de lecture mixtes. Avec le temps, comprendre que l’école ment, dépendante du savoir contemporain : la localisation du goût dans la bouche se révèlera fausse ; la composition de l’atome comme système planétaire, comme une première topique psychanalytique, est une erreur ; rien sur La Commune, la rafle de Marseille, même si l’esclavage ou le colonialisme pointent enfin dans les cours d’histoire.
[31] Littérature est un des rares mots dont l’étymologie est ignorée. Humour français ?
Chiche ! Bocal. Tous ont une mémoire de poisson rouge, trop swallow, où la tension est fonction de la stratégie de l’attention, au pays des Bisounours® mangeant des chamallows®. Intérieur nuit américaine. La nuit est noire en son sein. Complexée par sa truffe, la battante Nath’. Assistant jurassien, Stévenin est harassé jusqu’à ce qu’il tourne un film d’entrain qui avance dans l’ennui. Suite armoricaine. Des blousons dorés, coureurs de nuit, défilent façon Fellini roma. Restif, poissard, typographe et imprimeur graphomane, le « Jean-Jacques Rousseau des Halles », le « Voltaire des femmes de chambre », grave de nuit sur les ponts et nuit aux murs en latin – Le monstre est parti aujourd’hui – dont celui d’Y. Adrien – île[2] : il bûche. Genou, hibou, chouette de Minerve, la tournée du grand-duc, caillou. Timide comme un arbre. Nuit livre. Trop d’arbres tués – râles, sève : se vengent à la Seigneur des Agneaux[3]. Plongé.e dedans. C’était écrit. Script. Noir sur blanc.
Ouverture au cornet à bouquin[15]. Les livres seront son marquis. Pas de bourquin mais des bouquins, trop. Pour Lévinas, l’homme est un être-pour-le-livre. Gardant ses poils sous ses aisselles, ileli sent aussi le bouquin : acide acétique – vinaigre, furfural – biscuits sucrés, benzaldéhyde (amande) ou vanilline (vanille) pour le papier vieilli. Ileli est d’un caractère de grande police. Ne pas enduire son doigt de salive – surtout le doigt médical – ne pas souiller le livre, ne pas. Lui tourner le feuillet, la page=donner dans le noir=emproser=ruer des feuilles=enfuir entre deux parenthèses. C’est sale. Des bactéries partout. Ph non neutre. The pillow book, pile. Peau acide : versicolor. Homo homini lupus est. Tous tatoués ; ileli tatou gratuit tente de chanter Daho, les fourmis à la Phase IV se planquent.
Pas lago les livres anglais du XIXe reliés en peau humaine ou basane, avec un cuir jaune à gris clair épais et grené, ambiance à la Dickens par Lean noir et blanc, les Mystères de Sue par Poutouille, Des destinées de l’âme d’Houssaye ( ?-: Houghton Library, Harvard – Darnton) ou Lacassagne fils reliant les confessions de condamnés à mort avec la peau d’icelui, rapport qu’il n’en a pas[16] – COUIC. la bibliopégie anthropodermique : La philosophie dans le boudoir reliée en peau de vierges, very sade ; la danse de Wygman, cette sorcière pendue, Bateman, finie en jambon d’York sans Robin pour le chic Hurt of sedition de Sir Cheeke et The arcadian princess de Braithwaite ; Westcomb d’Exeter couvrira Paradise lost de Milton, l’humain relié l’a perdu, le paradis ; Le scarabée d’or de Poe chez un collectionneur qui caresse sans cesse la couverture ; Les Terres du ciel et La pluralité des mondes habités de Flammarion avec sa maîtresse enamourée qui lui fit du plat jusqu’à sa couverture, qu’elle tira à elle, jeune épouse du comte de Saint Ange, femme d’origine polonaise morte de tuberculose ; passons sur les allusions des Goncourt, réhabilitant Frago, Le blason du tétin de Marot[17], Kieffer pour le docteur Cornil, professeur d’anatomie pathologique, avec L’éloge du sein des femmes de Mercier de Compiègne où la peau de téton[18] – et non de conil -, est incrustée en médaillon central dans le maroquin du plat ; idem pour Justine. Le livre comme sein des seins. Fuzz crée ses gants à partir de la peau de la main de l’assassiné.e.
Atteint par la goutte[21], façon moulage en cire de Baretta – dont un enasé, un autre à l’air pas beau à la Baudelaire[22] – du musée de Saint-Louis de dermato pathologique pour initier les étudiants ; taches logiques dans Swift par Grandville ayant fini fou à cause de la syphilis, aussi connu dans Innuendo de Queen – tous les chemins mènent au ROM : Freddy art déco, force pop, I want to break free. Show must go on. Boire un Pam-Pam®. L’acide tue la page. Prendre des gants en tissu, en coton. Après pso-pss-oasis-ras-psoriasis comme Staline, Updike, Nabokov et Cyndi Lauper, Time after time. La poupée de porcelaine cassée, se méfier des Bellmer. Collectionneur d’Unica, L’homme-jasmin, de curiosa à deux Louÿs, érotomane sodomite[23] en compagnie de la lectrice Musidora, amie de Colette. Moi-peau de vache. Contre-poison, read, read : papier neutre comme le pays du coucou selon Rose Buddy Holly Orson dans Le 3e homme[24] : la Suisse a connu la fraternité, 500 ans de démocratie et de paix. Et ça a donné quoi ? … Le coucou ! L’argent nazi fructifiait pendant le Cabaret Voltaire à Zurich où le voisin Lénine n’est jamais venu ; un commando juif tenta un casse chez les nases, Inglourious Basterds.
S’immiscer dans. Tendance no wash. L’acide tue les bonnes bactéries. Une boîte de Petri de bonnes intuitions. Ecosystème dans les poils paresseux. Quoi de neuf, docteur ? Technique du doigt mouillé, ma belle. Agent de zone humide. Du vent, Joris. Sayat nova. Page humide, livre abîmé. Principe constitutionnel de précaution grâce à la Charte de l’environnement intégrée au préambule. Tourner les pages – sans page Turner, Proud Mary – comme observer les étoiles : passé – poire (turbiné pear, disappear, Shakespeare, Jambonlaissé) avec singularité – se mire. Flashback : les sonorités du mot « convoitise » évoquent sans décesser un conil gentil[25] dans un manuel scolaire éclairé en isocèle par les rayons de soleil, comme les miroirs ardents d’Archimède ou de Villette, à l’inexorable ciel sec en boîte en fer blanc. Char détraqué de coulées de fonte hurlante[26]. What’s up, Doc ? Tout se débloquait d’un laps. Rembrandt n’était pas qu’un frigo® sans magnet. Gagnez une nuit devant La ronde de nuit. Secouez, Secouez-moi, boisson à la Tulp, quinquina pour quinquado.
[1] Selon Sceptique de Fos, là où il y a Eugène, il y a du plaisir.
[2] Le barbier et le pâtissier de la rue des Marmousets s’entendaient de conserve pour offrir leur tourte, tant adorée par le roi, à base de chair humaine – « le boucher a été très correct » selon Délicatessen (Jeunet, Caro).
[3] Les Beatles avaient acquis les droits pour adapter au cinéma la trilogie de Tolkien, avec les membres du groupe qui auraient joué différents rôles. Les ayants droit ont refusé.
[4] Vieux projet, ambiance à la Schnitzler, Vienne-New York de studio, fin de siècle. Arthur hante Eyes wide shut d’après une Traumnovelle : ce masque sur l’oreiller, est-ce un rêve ?
[5] Mise en scène du kiosquier à la mort de Roosevelt.
[9] La deuxième vague de cutter age fut le cut up ; l’échantillonnage ou sample, invariant, est pourtant un signe de modernité.
[10] Keitel, ingérable, puis Sheen et son attaque cardiaque.
[11] Tout comme Renata n’importe quoi de Catherine Guérard : le pauvre pigeon, symbole de bêtise, n’a pas le beau rôle dans la littérature, sauf quand il est messager – et encore puisqu’il est docile. A cause de ses nuisances, à cause de ses déjections, le pigeon, nourrit, malgré l’interdiction par l’article 120 du Règlement Sanitaire Départemental, par les enfants, personnes âgées, touristes et clochards, est l’objet d’élimination, jusqu’à son martyre, Giuseppe Belvedere (appartement►expulsion►voiture►camion) : poison (grain de maïs, blé), picots, petits pics (de type pics à brochettes), fils en métal tendus, effarouchage (objets qui réfléchissent la lumière tels que des vieux CD, de l’aluminium, des objets qui bougent comme un petit épouvantail en forme de moulin à vent, un vieux t-shirt sur un cintre ou encore des rapaces en plastique), cage mortifère de triste mémoire (électrocution, gaz), stérilisation, dispositifs électroniques avec certaines fréquences (boîtiers à ultrasons), fauconnerie, chasse à la carabine, plaques dites bouche-tuiles, ballons comme gros yeux, spray répulsif anti-pigeons.
[12] Expression inventée par Edgar Morin, l’intellectuel centenaire, qui rabâche les poncifs.
[13] Le mécanisme de la chasse d’eau connectée à l’assainissement, breveté au XVIIIe siècle en Angleterre s’est répandu dans les logements bourgeois français au XIXe siècle avant de se développer progressivement dans l’ensemble des foyers dans l’après-guerre.
[14] Les toilettes apparaissent, brièvement, dans La Foule de King Vidor en 1928.
[16] Ainsi Louis Rambert qui légua son corps en 1934 avec son compagnon d’infortune, Gustave Mailly.
[17] Ce poète maudit en ce qu’il transposera de l’Italie – cette feuille de chêne selon Pline à la botte dès le XVIIe -l’accord du participe passé malgré l’auxiliaire avoir, si le COD précède, rappelez-vous.
[18] Pour Sagawa – son frère aimait se planter des fils de fer et des feux d’artifice dans le bras – à Paris, ce sera un sein cuit de l’hollandaise Renée, « belle à croquer », au goût de poisson cru, sur un lit de petits pois (Albert Fish évoquait le « goût du délicieux petit cul rôti » dans une lettre aux parents de la petite fille assassinée « par le menu » puis mangée ; Toole, le « cannibale de Jacksonville » préférait la sauce barbecue); après le forfait, il ira voir West side story de Wise et continuera le dépeçage ensuite. Nicole Caligaris, étudiante dans la même promotion et buvant quelques verres avec eux, l’a échappé belle ; elle entretiendra une correspondance où il lui offrira Eloge de l’ombre de Tanizaki. Claude Sarraute se rebellera dans Le Monde contre le transfert de Sagawa au Japon. Il sera libéré, sera invité à nombre d’émissions, animera un programme tv culinaire, tiendra des conférences, écrira ses mémoires, peindra en signant avec une fourchette et un couteau ensanglantés.
[19] Il semble que dieu, s’il existe, joue finalement aux dés contrairement à ce qu’affirmait Einstein qui s’est heurté à ses propres limites concernant la piste féconde de la mécanique quantique.
[20] La cible n’est point Balzac – ce qui ne tient pas chez Robbe-Grillet, qui a le mérite, via Kierkegaard, de favoriser la reprise comme les insistances chez Stein, puisque le texte est tissé, contre la variation et la répétition, et où Boudu, Michel Simon, dans Boudu sauvé des eaux de Renoir, crache sur la Comédie humaine – mais Houellebecq ou Michel-pue-du-bec et ses écrits classiques post-balzaciens, peu pérennes, comme des rapports de sociologie, dont la profondeur et le style simple, empruntés à un domaine désormais supplanté par l’économie appliquée ici au sexe, n’atteindront jamais ceux de l’excellent Bove, sur fond de décadence fin XIXe et, parfois, de la SF. Michou est guidé par la haine à cause de sa laideur générant un besoin inextinguible de reconnaissance, de sa mère baba, peu aimante, convertie à l’islam.
[21] « la goutte, c’est une maladie qu’on a quand on vit trop bien et qu’on s’en fait pas assez. » Dickens, Charles. Les papiers posthumes du Pickwick Club, Chap. XX. Traduction de Sylvère Monod. Dans Les illusions perdues de Balzac, le père de Lucien de Rubempré, Chardon, ancien chirurgien reconverti en pharmacien, tente de créer et développer un médicament contre la goutte. Eviter 40 plats qui donnent la goutte (1935) de de Pomiane.
[23] Qui fit passer Molière pour Corneille, fixé sur les filles du parnassien de Hérédia, à faire frémir Michel Simon du pays neutre et ses photos pornos.
[24] Le prodige poupin aurait écrit le peu de dialogue dans sa brève apparition dans la pénombre. Il a cependant oublié que, comme les Suisses l’ont rappelé, l’horloge à coucou a été inventée par un allemand !
[26] Schmidt, Arno. Aus dem Leben eines Fauns. Bouquet, Stéphane. « Arno météo. 6 notes sur A. S. », TxT, 36, juillet 2023. On a marché sur la langue, p. 95.
Où trouver une simple baguette souple et craquante avec de la mie compacte[1] – patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO en attendant le béreeeeeet comme l’énonçait Jacques Brunius dans L’affaire est dans le sac de Pierre Prévert – dans une boulangerie, souvent des chaînes sans âme, proposant nonobstant des pains au piment d’Espelette housewives, au albedo=zeste=ziste de yuzu – vert, acide et herbacé, ou jaune, d’humus à fraise, rentré en 2016 dans le Larousse -, main de bouddha, combava, citron caviar qui papille, au café torréfié, au chocolat, au lard ? Où trouver une simple et bonne blanquette de veau faite maison dans un troquet de base ? Street food, fooding, bistronomie, nouvelle cuisine, cuisine moléculaire, being bar … Au milieu des petites pierres brutes qui butent où des déporté.e.s avec cv sont dedans pour une trop fugitive remembrance, des dalles de trottoirs-en-couilles-du-pape[2] à tête de grands chefs de cuisine avec une toque tous les 3,14 cm fignolées pour les touristes qui battent en ruine, notamment celles qui ont un Bocuse. Tesla aurait été en grande souffrance puisqu’il comptait ses pas dont le nombre devait être divisible par 3.
Doubles tranches=files clandestines sur les trottoirs. Enfilades de musées aux façades rénovées.
– !: Salluste
– ?-!!A Plutarque
Un quartier classé UNESCO, dans l’angle entre la 10e et 11e avenues, sauvé des appétits de Zizi Béton. Un horloger ; un crieur au quartier de l’apocalypse à côté de capitaine Cap, dont le programme était « Loin d’être l’apanage de certains, l’assiette au beurre doit être le privilège de tous. », de Ferdinand Lop – professeur, journaliste, éditeur, poète, peintre, politologue, candidat pérpetuel à la présidence, au physique de Saturnin Fabre, clamant « Vive le Front lopulaire ! », « Le char de l’Etat a besoin de la roue d’un Lop. », tout en voulant supprimer les wagons de queue dans le métro, décréter l’extinction du paupérisme dès 22h, interdire la vente des bidets, couper l’eau à partir de 21h afin d’encourager la natalité, explorer les Lop nord et sud -, Mouna et son journal (« le Mou’nana pour les sœurs ») en criant « La grossesse à 6 mois ! La retraite à quinze ans ! », Mercante, fan de Proust, voulant dans les débuts années 1990, rendre les Champs-Elysées aux chevaux et calèches. Icigo chaque année, les fa, qui ont leur école nationale Fuzz pignon-sur-non-rue à Confluence, avec option harcèlement sexuel, et antifa se ruent sur le sol et se castagnent rituellement et si et mi. Librairie anar’ saccagée.
Hausse mécanique de la fréquentation touristique : faire du chiffre. Un nouveau parcours Fuzz « se mettre dans la peau d’un clodo », pardon SDF – les français aiment les acronymes[3] – pour 80 €. Sens interdits. Des commerces hideux gâchent les façades – ne plus pouvoir lever les yeux. La zone piétonnière en urbanistique tactique – expérience parfois en temps limité. Les bars résistent. Malgré les pressions des voisins (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, AVC). Que de pressions sur les bars. Les rares oiseaux réveillent en chantant trop fort – effet Lombard. La loi son avec capteurs méduse suivant les deux roues=scooter®. Le nombre de bars se réduit comme peau de chagrin. Sociabilité réduite. Des voisins vieillissants comme la population globale se plaignent du bruit des gentrifiés d’à côté. Densité de la population disséminée. Halles en béton, agora de marché en plein air, seule apparition des politiques lors d’élection.
Ventre : du quai avec Subs pour sel, reconverties en école des Beaux-arts, où les artistes-communicants apprennent à se vendre[4], via Marché-gare, où les concerts se succèdent, à la Sucrière où les expos s’empilent, dont l’itinérante Human body® fit scandale[5] ou Hyperréalisme avec des visites de nudistes, et la boîte électro-techno branchouille en haut avec roof top à bobos – drog, drog, drog, Abyssal zone de Djedjotronic en boucle ; le marché de gros au sud est près de l’amigo technologique=centre de détention (CDD), sous gobelet où portes – Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux – s’ouvrirent automatiquement par erreur tout comme les bracelets électroniques à cause d’un bug – coup d’hacking de Fuzz -, remplaçant une des prisons, où Lacassagne visita Kropotkine dans sa cellule, bondées, les plus vétustes, régulièrement tancée par les organisations internationales pour manque d’humanité, convertie en fac catho high tech, murmures de murs en murs encore gravés.
Sociétés de services. Bureaux vides en tours aseptisées – crise du logement – aux fenêtres translucides accuei‼ant open spaces et coworking, construites par Zizi Béton, vomissent la fourmillante de pendulaires en méridienne et en heures de pointe.
[Champ] ?- :- Conne journée
[Contrechamp] !- Merci, ce n’est pas pire, benne journée, rebrique-t-elle en barbe.
?- Et toi, ça va
[Plan séquence] : – Mieux que bien, blézimarde-t-il.
Mine – hôtel-alvéoles ocre et rond par Cossutta via Pei, comme tourelles renaissantes à la Giotto, poumon-ruche au sommet et vue panoramique à la Néron depuis le bar comme là où se terre Bill Murray à Nishishinjuku, Kabukichô – et cutter (haut : O2 sans H, bar à alcools – la bartender, après le Manhattan au goût boisé et le Cutter’s way qui n’a pas de mal à passer, crée sur mesure et selon l’inspiration[6], la trousse est pleine – la tour signale : ensemble capitaliste copié, rutilants radiateurs en fonte empilés ou piles d’agrafes imbriquées, empire de pics à glace érigés à l’acmé juste avant le krach. Accolée, une brutaliste cité administrative, arêtes abruptes et formes simples et massives, où tout est intégré sous béton brut se fissurant : étoile noire. Je suis ton parent 1 dit Zizi Béton, cet assureur de bagnoles avant d’être bourgmestre=condé avec sa sous-ventrière. A côté, l’auditorium où il est possible d’entendre le triton[7]=diabolus in musica, symbole du diable, du mal et de la mort dans la symphonie n° 2, en ut mineur, op. 27, Asraël de Suk, le gendre de Dvořák, dans l’opéra de chambre L’Empereur d’Atlantis de Viktor Ullmann, composé dans le camp de concentration de Terezín où mourut, entre autres, Desnos.
Deux abris antiatomiques en béton armé, pouvant héberger une cinquantaine de personnes, construits dans les années 50 de guerre froide, enterrés à 3m dans le sol et dotés d’épaisses portes blindées de 25 cm. Des infrastructures en partenariat public-privé de lieux séquentiels comme ces stades onéreux privatisés au nom d’entreprise qui accueillit, grâce au préfet, souparfait et contre les élus, la Juventus® de Fiat® quand Turin et le Piémont étaient confinés à cause du covid 19. Au milieu des tifosi, Fuzz propagea le virus – promo sur les abords avec cette odeur persistante de graillon : « 1 Corona® pour 2 Mort subite® » selon le patient 0 dont le traçage a été perdu. Un nu-vite=streaker au poil, sévèrement nuqué en coupe mulet, désormais interdite en Corée du Nord, plaqué par des stadiers, est embarqué avec une couverture par des policiers.
Des hypermarchés, « village » lisse. Des fruits d’antipodes moins chers que ceux d’alentours en circuit court. Retirer le lait en poudre industriel car il s’est révélé nocif. Des noix de Saint-Jacques à la noix gonflées d’eau, sans goût. De moins en moins d’huîtres qui réapparaîtront dans deux millions d’années. Du thon pourri, en sus des métaux lourds et des microparticules de plastique, recoloré en rouge, du saumon toxique comme au bon vieux temps des maquilleurs de poissons au pavillon Criée des Halles Baltard. Revenir au plancher des vaches : vaches folles, steack tire-fiacre=cheval de pays périphériques via Fuzz, ainsi que ses abats en mariage de blancs, grippe aviaire, fin gras du Mézenc[8], persillé, fin et tendre grâce à la cistre ou « fenouille des Alpes », sous la burle, salmonelles selon Schwob. La rupture de la chaîne du froid ne laisse pas de glace. – Les boules et cornets de glace bio avec coques, laissent songer au Big Freeze : le monde mourra dans le froid, l’enfer de Dante -. Des crottes de rat, avec risque d’histoplasmose, dans les tartes au chocolat chez Ikea® alors que les clients s’amusent à rester dans les lits quand le magasin est fermé. C’est l’aventure moderne.
Périphériques engorgés. Klaxons®. Quelques rares restes d’industries encore viables – Ghost town des Specials. Squats mutants. Ruines rouillent. L’autoroute d’oseille – ravi, bison futé® est noir et envoie mille bisous – vers la côte d’Az-au-soleil-de-toc pour cure d’Azote avec – punaise ! – la fatigante cymbalisation des cigales, qui ont vaincu le scat d’Ella, parfois diffusée par haut-hurleurs, où les touristes, comme Eggar dans sa Ford Thunderbird® automatique bleue dans le dernier Litvak[10], attendus de pied ferme au bout du tunnel bouché avec le pouvoir d’achat en bandoulière plutôt que le flingue ou le braquemard. Des traces de bretelles sur des corps pourris et calcinés, retournés pour toute beauté – mélanomes. Avoir sa dose. Le pubard hâlé à la face de calzone décrète que ta vie est ratée si tu n’as pas de Rolex® après 50 ans. Selon le résident de la République, épinglant les sans-dents=chauves de la gueule, qui a la rue du bec mal pavée, et ceux mangeant avec les doigts, est riche toute personne gagnant au-dessus de 4 000 € par mois alors que le centriste-aux-grandes-oreilles, le benêt-qui-n’a-jamais-eu-de-Pau déclare que c’est un salaire de, selon la traduction de La Politique d’Aristote par Champaigne, classe mitoyenne des fortunes=citoyens de fortune moyenne=citoyens d’état médiocre=classe moyenne. La vérité est en deçà des pires aînés. Un ancien ministre se plaint de ne vivre chichement qu’avec un salaire de prof de 3 000 €. Michel Chevallet, le journliste pseudo scientifique ressasse avec dégoput son salaire de 5 000 €. Passer du temps avec la radio ou le portable, deux en un, écrans à cran. Absorbés en jeux débiles.
Chômage de masse pourtant : jeunes – génération woke on the wild side -, comme variable d’ajustement des politiques publiques, et vieux sont régulièrement sacrifiés dans le même panier par les gouvernants selon les directives de Fuzz. A 80 ans, ils travaillent encore pour compléter leur retraite parfois en logeant sous une tente ou dans une caravane. Ambiance de studio post-apocalypse dans un souterrain cramé puant la pisse où des gens dormaient sous une tente – la pietà contemporaine est une rom, une réfugiée économique, politique ou climatique, avec un enfant dans les bras. L’IA met nombre de gens sur le carreau : les caissières, le dos cassé par les produits lourds, encensées parce qu’en 1ère ligne lors d’épidémie, seront remerciées sans ménagement par le management. Un train chasse l’autre, Schumpeter a bon dos avec sa destruction créatrice – IA, blockchain, énième G de portable, ordi quantique – et son entrepreneur sentant le Job, le Musk et son parfum de poil brûlé, le Bezos, se tirant la bourre pour le tourisme spatial.
A chaque édile son traîne-fesses=tram, bondé, après travaux d’éventrés. Le tram Kahlo facilite l’accès au shit dealé façon The wire dans la ville-où-la-mayo-est-mise-sur-tout par les bandes de Fuzz. Métro irrégulier. Les têtes du matin enfarinées : zombies land. Plateformes multimodales avec leur hub. Des métros en retard, erreur, panne d’aiguillage, d’électricité. Incidents voyageurs : viols, altercations, agressions, rixes, suicides, accidents, attentats, etc. Peu réagissent. Quais trop étroits. Seuls les pieds plats sont réformés. Des clans se bastonnent. Blouson noir, c’est noir.
[1] La Yourcenar, cette amatrice de gazon qui taclait sans cesse Green, vendait avec son accent aristocratique snob son pain ou œuvre au blé, dans le Maine.
[2] Comme dans un village classé – à côté de l’aéroport où Renoir fit son baptême de l’air, où Saint-Ex eut son diplôme d’aviateur – où, après avoir tourné Marquise des Anges et Les trois Mousquetaires, les mariées se faisaient photographier, voire shooter, avant de participer à un concours, dit l’enfer du Nord au Centre, de talons hauts sur les rugueuses et pointues couilles du pape, avec un mastard à l’arrivée avec un drapeau de F1 qui crie : « Bon divorce ».
[3] Egalement ailleurs comme en témoigne Allez coucher ailleurs (I was a male war bride, H. Hawks, 1949) dans le Berlin de l’immédiat après-guerre.
[4] La grotte de Platon, la reproductibilité selon Walter fucking Benjamin, réel/virtuel, regardeur, immersif, etc.
[6] Un whisky lorrain avec bitter et zeste d’orange appliqué sur le bord et épinglé avec une mini-pince à linge sur le pied du verre, le Catherine II soit un rye au goût très vanillé avec bitter, un glaçon rond massif, une crème de mandarine à la bombe, et le Savage avec du Bunnahabhain, quelques gouttes de bitter, Worcester sauce et du Noilly-Prat.
[7] Intervalle, de trois tons, de quarte augmentée.
[8] Le steack « Ça se rate toujours comme la tragédie. » (Duras, M. La cuisine de Marguerite, B. Jacob, 1999). Quelques autres perles pour le plaisir : les boulettes Pojardsky soi-disant, « Mélangez […] de la kacha. […] Le reste, je ne l’ai pas noté. Je l’ai noté seulement pour le mot kacha, je ne sais pas ce que c’est. » ; – le polygonacée=sarrasin ayant été importé lors des croisades dans l’hexagone et ailleurs, avant que l’onomastique hypnotise l’ « autresse », peu dotée en sarrasines, même si une tuile provençale lui est tombée sur la tête, qui fonctionne ainsi, la kacha semble être du sarrasin torréfié, au goût de noisette, très utilisé dans les pays de l’est – ; les boulettes sans nom « Jamais mangé. » ; le bortsch bâtard à la française sans crème, « Je n’ai jamais essayé de faire ce bortsch. Je crois qu’il faut faire macérer des betteraves rouges mais dans quoi, je ne sais pas, ni combien de temps et prendre le jus. ».
[9] Ce roi des animaux détrôné, au profit du lion, par la chrétienté pour lubricité ; animal mal aimé de Buffon.
[10]La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil d’après le phocéen polardeux Rossi.
[11] « On estime à près de la moitié la part du lexique anglais empruntée à l’ancien français ou au normand. » (3 « Le Français n’est pas « envahi » par l’anglais » in Les linguistes atterrées. Le français va très bien, merci. Paris : Gallimard, 2023. Tracts ; n° 49. p. 18.
Concentration mondiale de centrales nucléaires – éculées, au bord de montagnes jeunes qui montent comme nos ongles, autour du Mont Pourri[1], sur plaques en mouvement ; lors de canicules, l’important, c’est l’arrose pour que la température tombe. Fuzz comme Zorine avec walkman® à San Andreas, vers Frisco ou San Fran selon le snobisme, active, comme Lex Luthor par Gene Hackman avec les missiles dans le premier Superman de Donner, la faille avec des explosifs – Big one – et engloutit la Sillyconne valley. Eau vive de Giono sans Béart : barrages hydroélectriques, bientôt privatisés alors que l’hydroélectrique est producteur de méthane, menacent de rupture – avec l’aide de Fuzz en plus. Où est le regard bleu intense de Lee Remick ?
Croiser sans fréquenter. Ami.e.s et couples avachis sur leur cellulaire-aux-métaux-rares-arrachés-dans-mines-clandestines, avec nomophobie, devant leur verre Duralex® sed sex de chez Pyrex® au grand réfectoire où subsiste encore leur écho que subsume la cuisine d’inspiration créole de Ravin avec la mode de la cuisson à basse température payée sans contact, comme l’amour et les fantômes nippons comme yokai – nagori. Ils ne savent plus voir : ni au-dessus – cette plaque satanique d’ancêtre de Fuzz ; une autre, dans un resto de luxe, du guérisseur star[6], de l’hémophile tsarévitch, où il fabriqua son héliosine -, ni devant – cette dalle rouge du président[7] rebouisé (cher acteur du TNP), dans son landau à coups de poignard[8] par l’anarchiste italien et néanmoins boulanger vengeant l’exécution de Ravachol lors de l’expo universelle où les personnes des colonies étaient capturées et exhibées dans des cages, cela allait de soie -, encore moins autour. Heureux qui communique selon du Bellay. Communiquer n’est pas échanger. Moshi moshi. Des cabines téléphoniques végétalisées, devenues au mieux des boîtes à livres, abandonnées, taguées, enlevées.
Le 22 fév.1526, fête de Fuzz, chaire de Saint Pierre, Meriadeg, Saint Bernard après l’extinction de chandelles et de cloche en détestation sonne : Dario, Dario, von Sydow dare-dare dans le parc, exorcisme par Portalenqui avec l’abbé de Montalembert sous François II de Rohan sur l’esprit frappeur – margaude=lève-groin=poutrône feu sœur Alice=Alix de Theizé=Télieux[9] qui tac-tac-tac cognait sous les pieds et genoux en traçant de nuit, le signe de croix sur le visage effleuré, alors que le chien jaune de Basketville, venu de la Drôme, rôdait dans la nuit avec ses yeux de feu – en riche femme damnée=tâtant de la brioche infernale Antoinette de Glosée, où les poules du licencieux couvent – ratichonnière Saint-Pierre-les-Nonnains, devenu palais (des Arts, Saint-Pierre) puis musée (Saint-Pierre)=MBA – couvent – avec des fœtus et des cadavres d’infanticides dessous – après déni de grossesse comme dans La maison de la rue en pente – retrouvés après la destruction par le protestant baron des Adrets. Des partouses sataniques de l’abbé Boulard[10] ; gare au traité de sorcellerie Vauderye en brief sous Charles VII et à l’échec de l’inquisition dominicaine quant à la chasse aux sorcières et leur sabbat. Quelle idée de nommer sa fille Häxan selon l’étrange film, censuré, de Christensen. Des messes noires dans les recoins.
Rituels sataniques de Fuzz. Les féministes manifestent encore contre la venue du réalisateur de Rosemary’s baby[11], où Mia-Maison-des-bois prépare, en chantant sur une musique de Komeda, comme Ophélie qui ne fait pas d’Hamlet aux huîtres à la taïwanaise sans casser les œufs, du romarin dans le Bram(Stoker)ForDakota, près de Central park Sodome à l’odeur de Charter arms Undercover.39 Special de Chapman, éclipsant le suicide par overdose du punk Crash des Germs, vers l’Annie Lennox Avenue, là où Lennon fut assassiné par Chapman qui fut au premier rang de la pièce Elephant man dont le rôle-titre fut joué magistralement par Bowie, et divorça par téléphone pendant le tournage avec son (ex-)mari mafieux, The Voice[12], Franck psalmodié dans une rave des Nuits sonores par Miss Kittin & the Hacker.
Sos amor et la verte=gonorrhée à Sodomorrhe-sur-Babylone more : échangismes dans les coins en adéquation avec l’idéologie politique et économique, La vie sexuelle de Catherine M., jalouse, pionnière du droit d’importuner en temps de #MeToo, avide de viol pour prouver sa résilience, aimant vit et directrice d’Art press-purée venue voir derrière les jalousies la directrice des Beaux-Arts. Ayant trop le feu au cul, la boîte à culs, trois étoiles dans GQ, flamba=en charbonaille dans la presqu’îl de la belle ville en archipel, trop d’îles flottantes avec l’orgue de barbarie. Traczire dans le bouic. Rue de l’épée, un club d’arts martiaux, anciennement un lieu d’accueil de bordeliers=bobinard=cambrouse=bouc=garcerie=beule=claque, parmi 32 dont 26 maisons de RDV, moins regardantes, le Panier fleuri pour ne plus compter fleurettes : coursive intérieure supérieure pour plonger voir s’il y a du monde au balcon avant de tester la marchandise – Palper là cet épiderme / Qui fait que je me dresse; sur la façade extérieure, le balcon, loin du pont des soupirs, attenant aux appartements de la baillive=maquerelle. Possibilité de laisse is mord pour l’option d’un S.M. minimal ; « J’ai d’autres chattes à fouetter. » dit la maîtresse Jeanne de Berk[15]. Sans omettre les rapports d’émigré.e.s de Gomorrhe dans l’immeuble de rapport vers l’avenue Q près de Ginza street. Pas de J’accuse aux jacuzzis. Feu au QG, coups de Fuzz. Emprunter le pont d’échangisme pour fouler une petite île verdoyante, contenant une belle église partagée entre plusieurs appartements, où l’échangisme en plein air se pratique 7 jours sur 7. Comme Casino®. Se sustenter d’une tarte à la praline chez Ejacteur avant de goûter le gigot de JC2A.
Les pistes cyclables[16] sont partout – étendues temporaires=coronapistes pendant les pandémies quand tout va à vé-lo. Inondables malgré normes. Piétons perdus versus mob et mode doux[17] à tout va. Les verts virent les boîtes à livres d’occasion, malheureusement pas classés Unesco, pour les pistes : le monde doux aura la peau des romans durs. Les boutiques de réparation de vélo pullulent comme les cafés-vélos où il est possible de se lover moyennant lovés. Les trottoirs végétalisés débordent en ZFE.
Dans le métro – !: Attentifs ensemble : des godes et des culottes féminines trouvés entre les rails -, les médiateurs guettent pour éviter les piétinements et écrasements des rencognés qui ont la comprenure difficile lors des heures de pointe – un mort déjà, poussé par Fuzz. Le lapin Serge s’épuise à clamer dans l’indifférence Fais attention. Tu risques de te faire pincer [au cul] très fort. Une religieuse portugaise défroquée, concurrencée par les familles roms, qu’elle jalouse d’un racisme à fond catholique, vend des canettes pour son frère dépendant d’opérations chirurgicales coûteuses, à côté de dingues sortis d’hôpitaux psychiatriques ou de jeunes désœuvrés. Beaucoup prennent exemple sur Chirac – qui ne prenait jamais le métro, comme Balladur, Kosciusko-Morizet ou Pécresse en campagne, sauf pour la pose, cela va de soi – pour éviter de payer en surmontant le tourniquet d’entrée=Sigmund Fraud, ou en passant à travers les portes derrière vous, en vous collant tout en assurant vos arrières, les jeunes vous tançant si vous n’acquiescez pas, certains demandent la permission – les français seraient plus coopérants que les allemands. Les femmes – l’une a un t-shirt rose fluo : « l’amour est déclaré » – se mirent dans la vitre en face avec force grimaces. L’une, ayant une partie de ses longs cheveux prise dans la porte, a le nez frotté par le chignon d’une rousse dressé à l’arrière de la casquette. Damoches et damottes. L’odeur de livres neufs des corps aseptisés à cause de l’identique lait de corps[18] détraquant tout parfum et le corps à cause de perturbateurs endocriniens. Elles causent des bleus aux alentours à cause de la vie indépendante de leur sac à main ou accessoire, comme bombarde, à marqueur social, où ce qu’elles cherchent se situe forcément au fond. Les bouches pincées se mordent de dedans la bouche – visage plastique. Une femme-araignée roumaine, marchant sur ses moignons inverses, quête. Ça mate en triple bande. Nombreux déblatèrent en soliloque logorrhéique. Tou.te.s autistes=zombies avec casque, avec portable ou non, les hommes exhibant leurs couilles autour de leur cou ; en mains, souvent féminines ou autistes reading, des livres parfois[19]. Seuls ensemble. Distribution quotidienne de journaux gratuits dirigés par des épiciers fortunés pour conditionner – A quoi ça sert qu’ils se décarcassent ? -, Fuzz l’a compris : forger l’opinion. Obésité généralisée – non prévue dans les places de transports en commun -, solutions propophiles pour le deuxième cerveau. L’amplitude de l’écartement des jambes masculines=manspreading, souvent gênante, est supérieure à celle des femmes même si Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie et les pellicules de cinéma recyclées en talons de chaussures.
Un couloir souterrain, condamné depuis le passage du métro, surveillé par les little red cornettes dans la guérite, pour les patients passant de vie à trépas entre l’hôpital et le médico-légal amphi Lacassagne avec une forte odeur d’autopsie[23] où des scènes de polar comme Les rivières pourpres de Kassovitz ont été tournées. Parfois le solliceur de lacets=balai=chandelier=QRM 22=gendarme accompagnateur tourne de l’œil. Le grand réseau souterrain reste inexpliqué : les arêtes se prenaient par la rue des Fantasques – dépôt de monnaies romaines, couloirs secrets pour l’armée, tombes, trésor des Templiers ou autre ?
Rendez-vous clandé du speakeasy Fuzz avec force chandeliers. Après EnCuledo®, jeu d’arcades : passages=allées pour celles et ceux qui pratiquent le plus vieux métier du monde, passe-murailles=espions maussades aux initiales de mauvais whisky, de dissidents chinois[24]hush hush aux scores sociaux au crédit négatif visible par tous, suite à l’édiction d’un kompromat, après les Résistants very hush hush, RDV avec X. Rue Constantine, rue clandestine.
Icicaille : secret des cours. Vidéosurveillance intelligente dont caméras-dômes – focus. Des rebel.le.s avec du scotch noir ou du maquillage dazzle asymétrique sur le visage, maigre tribu en degré de liberté, pour parer le pointage, l’identification faciale – fleuron français : des clowns tristes d’une tribu amérindienne inconnue ; Raoni reste sans voix avec plateau labial bloqué, Sting s’est cassé la voix déjà fausse – Message in the bottle. Fuzz use de split screen façon Conversation secrète de Coppola et Phantom of the paradise, Blow out, Snake eyes de de Palma. Identification faciale, à l’iris, visage, voix ou par le microbiote intestinal, par les selles, par le phallus pour la prédiction des criminels – K. Dick K. Dick – avec algorithme biaisé de racismes, dans la ville où naquit la police scientifique par le médecin, amateur d’opérettes et opéras, hématophobe[25], à l’origine de l’association du Merle blanc. Bombe artisanale Fuzz en safe city friendly dans la grande rue commerçante malgré. Tolérance zéro.
Des manifestants, dont certains payés pour manifester à leur place font grève, notamment du haka, à leur tour, dans un rassemblement statique – avec dispositifs sonores portatifs=casseroles en téflon®, fabriqués en Haute-Savoie, ce PFAS nocif pour la santé -, étudié par un foulologue mention fouloscopie, après un référé liberté, pour une énième cause légitime – tique, torche, lorgne, Ray-la-matraque ; au milieu des lacrymos, grenades de désencerclement, gaz incapacitants, des armes non létales projetées par des auteurs de science-fiction dans le projet Red Team avec filets immobilisants japonais et menottes électriques chinoises piochés dans le Milipol, des fumigènes bleus, blancs, rouges ennuagés de pales d’hélicos de surveillance et d’odeur âcre, des éborgnés, des mains arrachées par les balles LBD[27] – pourchassés pour une comparution immédiate. On ne se prend jamais une baigne dans le même fleuve. Une bombe spécifique aspire les mots dits gros, les slogans et les revendications. Un tag rouge sur un mur borgne : « Cellulite finale ». Plus loin : « ni dieu ni maître ni troglycérine » « ni dieu ni maître … même nageur » à côté de « travail famine pâte-riz », « Les riches ont les couilles en or, les pauvres, les nouilles encore » et de « Ils ont la police. On a la peau dure ». Tournent, drones – reconvertis, pour ceux qui ont échappé aux canons à confettis des rebelles, en reportages Géo grâce à la caméra aéroportée -, blessent, chassés par les gypaètes nichant grâce à la Ligue de Protection des Oiseaux dans la tour. Faisons l’amour avant de nous dire adieu chante l’ex de Bougrain-Dubourg. Les militaires surveillent à cause des attentats, fama du famas, privilège de l’uniforme.
[1] Pas la montagne noire d’Aude, cette mine d’or d’Etat recouverte, avec arsenic pur qui se déverse à chaque inondation, notamment dans une école adjacente.
[2] Pangolin en écailles de métal sur squelette de béton : toute ville veut son obéliscal Guggelbao, gare au Gehry all Wright, cette araignée d’eau.
[3] Pour Wang Wei (VIIIe), c’était au lavis. Les prédécesseurs directs sont les Scapagliati en Italie.
[4] L’« autresse » (Rétif de la Bretonne ; mot oublié malgré l’appui de l’Académie française, cette « glorieuse maison de retraite » selon Jean Dutourd de L’Académie par un des Quarante), virée de P.O.L, pourtant amante de l’éditeur, qui inventa ce concept fumeux, à propos d’un enfant mort devenu sujet de fiction, critiqua fortement une autoresse, article à l’appui, afin qu’elle cède sa place à son compagnon, qui s’y substitua de bonne grâce, sur la liste du prix Goncourt, dont il fut finalement exclu dans un bref sursaut d’honnêteté arborée – le conflit d’intérêt étant trop flagrant. L’« autresse » vigilante et déboutée, aura tout de même son Quarto, antichambre de la Pléiade.
[5] IKB (International Klein Blue) pucerons. Dans le bleu peint en bleu de Domenico Volare Modugno, inspiré par Chagall.
[6] Annonçant le général Murat, le mouloujik & sa femme, Raspoutine-Depardieu. La tombe du thaumaturge et maître Philippe, garçon-tripier, apprenti boucher, créateur de l’École pratique de magnétisme et de la « Philippine », une eau et pommade pour conserver ses cheveux et le « Dentifrice Philippe », en poudre et liquide, dont était féru Lacassagne, est la plus fleurie du cimetière. Celle de Kardec, comportant la mention « Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi. », est fleurie après chaque vœu exaucé, selon le souhait du maître.
[7] Rose $Selavy, Sadi, prénom prédestiné pour l’œil persan ; pas d’hasard, Lazare.
[8] Reproduit une centaine de fois comme un produit dérivé, au centre du monde selon Dalí.
[9] Préfigurant Sœur Raphaëlle=Madame Delaunay=Madame du Lac=Madame de Florainvalle=sœur Eugénie Guillou de la congrégation des sœurs de Sion, hors château de Louvières, qui, à la Belle Epoque, fit, bien que « petite, brune, pas belle », sa publicité en aguichant « Recevoir le fouet estchez moi une passion, un besoin. Si vous pouvez me trouver un monsieur aisé aimant fesser la femme, je vous dédommagerai généreusement. » à domicile ou dans son Beauty Salon avec force martinets.
[10] « C’est d’ici que le vénérable Boulard enlevait tous les jours un mètre de raretés toisé à sa canne de mesure, pour lequel ses six maisons pléthoriques de volumes n’avaient pas de place en réserve. » par le franc-comtois et bibliothécaire de l’Arsenal Charles Nodier. Le bibliomane. Paris : Librairie L. Conquet, Imprimerie générale Lahure, 1894. 24 compositions de Maurice Leloir ; gravées sur bois par F. Noël. Préface de R. Vallery-Radot. p. 16 in Contes de la veillée.
[12] 45 % de bite selon Ava à Ford, choqué, qui la taquina pourtant sur le sujet.
[13] Un apothicaire mort centenaire, Lanoix, y développa le principe électrique à coups de bouteilles de Leyde.
[14] Comme lavande, hyssope, verveine, chèvrefeuille, tilleul et feuilles d’oranger mêlés, menthe poivrée, baies de genièvre et centaurée.
[15] Longtemps mariée à un ingénieur-écrivain – le publicitaire, fils de pétainistes adorés, de nouveau, ramant, siégeant dans un ancien bordel avec force œilleton pour le voyeur-, impuissant, piètre réalisateur, épée, hors fourreau, refusée de l’immortel, supplanté par une femme pour fin de vie.
[16] Les cyclades, envahies de touristes, ne sont qu’en Grèce.
[17] Dont La Landru, motorisée jusqu’à devenir tricycle, par le serial killer bien connu.
[18] Préférer, selon Semen Cosmetics : The complete guide to making semen-based bath, body and beauty products (2022) de Photenhauer, pour le visage, le sperme composé de liquide séminal, des macrophages polynucléaires, des hormones de croissance, des cellules souches, des nutriments, des oligoéléments et des cellules épithéliales, outre les spermatozoïdes. Le masque facial : une cuillère de gel à l’aloe vera – de préférence des Canaries, une cuillère d’argile, une giclée de sperme frais, sinon du concentré de thé vert, gyokuro initié à température ambiante pour l’umami, de préférence.
[19] Produits surtout par des personnes dont le talent est souvent inversement proportionnel au nombre d’exemplaires vendus. Ces livres sont édités pour les distributeurs en fonction des ventes potentielles, non selon les lecteurs. « Les littératures démocratiques fourmillent toujours de ces auteurs qui n’aperçoivent dans les lettres qu’une industrie, et, pour quelques grands écrivains qu’on y voit, on y compte par milliers des vendeurs d’idées » (Alexis de Tocqueville. De la démocratie en Amérique. Tome second. Paris : Gallimard, 1961. p. 66) ; « Avec nos mœurs électorales, industrielles, tout le monde, une fois au moins dans sa vie, aura eu sa page, son discours, son prospectus. » (Sainte-Beuve. De la littérature industrielle. Paris : Allia, 2003) in Olivier Bessard-Banquy (Sous la dir.). Splendeurs et misères de la littérature : Ou la démocratisation des lettres, de Balzac à Houellebecq. Paris : Armand Colin, 2022. p. 25-26.
[20] Le funazushi, apparu dès le VIIIe siècle, est composé de poisson funa (genre carassius), notamment l’espèce nigorobuna, écaillé, vidé, salé puis mariné puis fourré et recouvert de riz cuit puis fermenté.
[24] Alors que leur président, après la visite du premier institut franco-chinois, se sustenta d’une selle d’agneau du Limousin fondante dans la paille fumante par JC2A de l’auberge de l’île échangiste.
[25] Locard, le « sorcier du crime », le « flic de province », le Pic de la Mirandole, auteur d’un article sur « Les sécrétions mammaires de l’inverti », joua un rôle, grâce à une expertise graphologique – qui s’opposa par sa méthode à celle de l’antisémite Bertillon qui se discrédita dans l’affaire Dreyfus -, dans l’affaire de l’œil du tigre (inspirant sans doute le tube de Survivor pour Rocky) de Tulle, qui fut à la source de Le Corbeau de Clouzot, tourné dans la ville de Ravel, à la Continentale, autour de l’anonymographe, film aussi détesté par les français (cote 6 : au-delà d’à proscrire selon la centrale catholique vichyssoise), dont les Résistants, que par les nazis.
[26] Cette auteure – Orlando furiosa -, trop consciente de sa classe sociale dite upper upper=supérieure, à coup de ouistiti Mitz, où, foi de Toynbee, place to be or not place to be est plus important que to be or not to be, qui se regardait écrire dans sa Chambre à soi, heureuse uniquement lorsqu’elle fabrique du pain, antisémite mariée au juif Léonard, en rivalité avec sa sœur peintre Belle, qui n’a, sauf Cap Canaille vers Cassis et St Yves (Cornouailles), dépassé Picadilly que pour se noyer bien que la phalène aimait la pêche – préférer Bloom à Bloomsbury ainsi que Conrad.
[27] Plus nombreuses que les masques chirurgicaux ou protection FFP2. Les responsables des forces de l’ordre, ce soi-disant « monopole de la violence légitime » (Max Weber), font leur marché dans le salon du LBD à Angoulême.
La seule mythologie contemporaine, se sont les témoignages de tournages de cinéma avec force anecdotes. Festivals avec public en cosplay[3] dans un hangar – ancien abattoir art déco, méritant la projection de Le sang des bêtes, où les vaches suivaient des courbes pour moins stresser afin d’offrir une viande de meilleure qualité – devant les people, parfois des croulants hagards avec leur nécro sous le coude[4] tout en sucrant les fraises, une actrice à la peau étirée façon Los Angeles 2016 ou Brazil à coups de kobido et guasha, Cimino – dear my deer, poupée plastique avec une transformation en femme ratée, maquillage de Tuttle loupé – opéré par Fuzz comme pour Bambi Jackson après sa pub Pepsi®, postérieur à son complexe du tube=picou=blair=caillou=nazaret=chandelier=décognoir=piffard=tasseau=blaireauteau=piton=tarin dès l’enfance, marchant millimètre par millimètre avec son Stetson® et ses châssis=lunettes fumées, sur l’estrade suscitant ennui comme un crouton de pain derrière la malle, Huppert, Tip top, fait la potiche en lâchant deux mots banals. Le grimpion[5], agresseur de caméraman tv, s’improvisant en Monsieur Loyal, sans son vélo, nous met ippon vomitif à force de dialectique-à-la-évêque-d’Hippone, de jeter de la poudre aux yeux surmontés de Rimmel® en forçant la voix selon l’indéboulonnable et abstème présentateur de tv, Michel Druncker. Si – cette plaie belge – les frères Dardenne, ces cinéastes-aux-deux-Palmes-d’or-qui-dardent en utilisant la caméra avec l’éreintante tremblante du mouton sur fond réaliste de thèse catho, sont des habitués[6], nul Jean Jacques Rousseau par Jean Jacques Rousseau, ce réalisateur belge néanmoins ouvrier maçon.
Biennulles pour l’image dont les points de Kuzama. Art volatil en demi-deuil près de la Bresse : danse dans le parking, défilé des crapauds=dorelots=fieulx=abaris=flos=chiards=moucherons=QRP=babolets=péchons (de Ruby)=fabricants de moutarde=bessons=diableteaux de chœur=bocons=charipes=bougeons=fifis=grabotons=jargilles=molécules=morjons=sampille=champis, des manifestants avec panneaux ; les poules colorées dans l’ancienne usine à soie avec l’odeur de déjections de volatiles – évolutif : des plantes grasses dans le tunnelier, du jasmin et des araignées exotiques avec des toiles guidées avec une captation sonore dans des cubes translucides pleins de lumière UV. Des installations écraniques. Les médiatrices commentent comme elles peuvent. Relationnel, paraît-il. Un squat arty tenu par un marchand de tapis=d’art coté en bourse avec carcasses d’avion et hommes en suspension et femmes empaquetées en shibari avec cire chaude de bougies sur le corps.
Urbex. Vinciffageland. Tractations Fuzz-qui-fuse. Transformer patrimoine en tiroir-caisse : Hôtel-Dieu[7] cinq étoiles, que ville vive ! Nez rouge est icicaille gastronomique, comme son prix. Dessous, une royale tombe, majesté inconnue devant les archéologues désemparés[8], recouverte illico – ni vu ni connu je t’=archéologie préventive, quand c’est INRAP, c’est râpé. Dôme reconstruit depuis la destruction de la guerre n’aspire plus les miasmes mais les monnaies et devises sonnantes & trébuchantes=fiat ou cryptoactifs=cryptomonnaies comme dogecoin, Ada ou l’ardeur d’acheter, déclinées en monnaie locale telle que gonette, tissou, doume, sol-violette, épi, abeille, nissart, galleco. Le yamakazi s’est tué en glissant du toit : un crash cinq étoiles. Soufflot, qui n’assista pas à la fin des travaux à cause de l’appel du Roi Soleil à Versailles, s’en retourne dans sa tombe. Monuments hystériques complaisants. En faillite, la Cité gastro dite interactive sur le modèle du musée des microbes à Amsterdam près du Botanique. Désillusion du musée des illusions à cause du prix peu magique du billet.
[ambiance : avant Musique pour aéroport d’Eno-l’ambient-stratégie oblique – aéroport (où zone, en transit une dizaine d’années, tel un fantôme, l’iranien Sir Alfred) nommé Toine (et cet homme planté, attendant un voyageur, avec un panneau indiquant « En attendant Godot »), il a été construit avec des escalators trop courts et impraticables, des terminaux inactifs, des circuits de refroidissement d’eau sous les câbles électriques sous le faux plafond et inauguré pendant le confinement -, musique pour meurtres d’Hitch inspirant le rap d’Eminem et son flow rapide comme l’asthmatique et clopeur Busta Rhymes Gimme some more avec le sample d’Herrmann dans Psycho].
Amarrée icigo lors du siècle positiviste et hygiéniste, la morgue flottante, à cause de maires-médecins raspis=rapiamus=avec oursins, hérissons=fers barbelés dans les poches au mépris de l’hygiène, avec boulanger remercié en tant que gourdés=noyés[11] ou qu’assassinés au choix pour identification comme dans Thérèse Raquin de Zola ; ancien bateau=plate, dirigé par un plattier gueulard, pour poules d’eau=sautes-fleuve=relaveuses=lavandières battant batillon et baquets insolents, peu enchanteur, pourrissant et puant, à côté des carpes et des brochets[12] en surnombre évidées et des bèches d’où plongeaient quelques nageurs dont des carabins – visité les week-ends par les enfants d’humeur baladoire avec leurs parents ; parfois le criminel venait admirer le résultat de son crime et se faisait capturer – échoua, go fast, en vallée de la chimie à cause de la grande crue centennale.
Et l’eau des fontaines Wallace pleure après le marchand d’oublies »
— Louis Aragon, qui commença la plume à la main et finit une plume dans le cul, in Les Feux de Paris, poème mis en chanson par Jean Ferrat qui tabasse sur l’album Ferrat 95.
[2] Hitch à cause de The lady vanishes, où ni Trop d’ski tue le ski ni Paul en ski, à cause des féministes.
[3] Free hug et léchéors en règle à en avoir des aphtes, même la brosse à reluire provient de chez Alexandre®. La merveilleuse famille du cinéma : 2 membres du métier, dont Mocky qui s’en offusqua, présents pour l’enterrement en été de Bernadette Lafont.
[4] Leur (auto)bio, écrit souvent par un nègre, se nomme frigo®=chambre froide.
[5] Bobo de banlieue, pour des raisons politiques et non de salaires – mensonge initial sur le storytelling, devenu nabab, Yes, we Cannes ! sur fond du lassant extrait en boucle du Carnaval aux animaux de Debussy.
[6] Jusqu’à être une solution de repli l’année de la pandémie ou du rat de métal.
[7] Bail emphytéotique comme la Punta della dogana à Venise par Pinault-simple-fric et Ando.
[8] Dont le mari d’Agatha-whodunit après le « troyen » Winckelmann né Stendhal. Si celle-la disparut mystérieusement pendant quelques jours, elle semblait « voir des individus sinistres dans tous les coins ! » (Wodehouse, P. G. L’oncle Galahad)..
[9] Ou sorcière selon l’expression de Mona Chollet, dans son livre, Sorcière, la puissance invaincue des femmes.
[11] Réanimés parfois au siècle des Lumières avec du tabac – fort prisé au point d’être volé – dans l’anus grâce au soufflet afférent. Se référer à « Les mœurs des noyés » de Jarry dans La chandelle verte.
[12] Au point de les recycler en quenelles [prononcer qu’nelles]|.
[13] Ce poisson excommunié par bulle papale à cause de sa prolifération dans le lac Léman.
[14] Ce n°1000 de Thompson dans la Série noire, collection nommée par Prévert, qui perdit quelques âmes dans la traduction française.
[16] Examinons ces menus de paquebots transatlantiques ; « Pour votre toutou, Madame, le plat de Médor : consommé de boeuf, toast et légumes » ou, au choix, « la gâterie Normandie : carottes, viande hachée, épinards et toasts ».
Papillotes[1] et billets doux vers la place d’hétéro avec sa Société d’études psychiques, après la rue de la do-Ré, avec chère fontaine, destinée à une autre ville – Bordeaux refusa la fontaine chère de Bartholdi bâtie sur celle de Moreau, identique à celle dans l’Avenida 9 de Julio à Buenos aires, elle-même construite sur celle du dragon de Piot -, par l’auteur de la Statue de la Liberté tant bafouée[2], déplacée comme les temples d’Abou Simbel à cause de Buren, l’homme aux rayures pas rayé de la liste des artistes d’Etat, biaisé tant l’eau manque, perdant son procès pour sa demande de droits photos et réclamant la réhabilitation au burin impliquant l’onéreux nettoyage quotidien d’Onet® – ballet de voitures-balais – aux grands frais des contribuables bastonnés. Loin far niente breton en fog au soleil-smog sur chaises longues des Wet legs, dolce vita sur la place – jadis, hélas.
Myrlingues : abaknon abau abaza abé, abénaqui abidji abinomn abipón abom abon abouré abron abu’ arapesh abui abun abung aceh achagua achang achi acholi achuar achumawi adang adangme adi adioukrou adyguéen adynyamathanha adzera aekyom afade afar afrihili afshar agarabi aghem aghu agni agnou aguaruna agul agta central agta dupaningan aguaruna ahanta a hmao ahom ahtna ai-cham aikanã ainbai aïnou aiton äiwoo aja aja-gbe ajië ajumbu aka aka-bea aka-cari aka-kede akan akateko akébou akei akha akhvakh aklanon akoose akroá-mirim akum akwa alaba alabama alagwa alamblak alas alawa aléoute algonquin alioutor alladian altaï alune alur alutiiq alyawarra ama amahuaca amaimon amal amami du Nord amami du Sud amanab amara amarakaeri amazighe amba ambae de l’Ouest ambae de l’Est ambai ambelau ambele amblong ambo ambrym du Nord ambrym du Sud-Est ambulas amdo amele amharique amis amo ampeeli amto amuzgo anal anamuxra anang andai andaquí andi andoa andoke andra-hus anejom anêm aneme wake angaatiha angaité angami angas angba angor angolar anii anindilyakwa anjouanais anong anuak anufo anus anuta ao a’ou apalai apatani apinajé apindji apma ap ma apro a-pucikwar apurinã arabana arabela aragonais arakanais araki aralle-tabulahan araméen arammba aranama arandai araona arapaho arawak arboré are areare arekuna arhö arhuaco ari aribwatsa arikara arop-lokep arosi aroumain arrernte artchi asi asmat assamais assiniboine asturien asu asumboa asuriní ata atakapa atayal athpare atikamekw atohwaim atong atsina atsugé attié atong au auishiri aulua aushi auslan auyana auye ava-guarani ava-guarani avar avatime avestique avikam avokaya awa awadhi awakateko awara awaswas awing awngi awtuw awyi axamb ayapaneco ayizo-gbe aymara ayoreo ayuru azéri aari baale baba babanki babatana babine babungo babuza baca bachkir badaga bade badiaranké badimaya baeggu baelelea baetora bafanji bafaw-balong bafia bafut baga Bagri bagwalal baha baham baheng bahinemo bahing bahnar bahonsuai bai baibai baima baining baïnouk bajau baka bakairí bakaka bakako baki bakole bakor bakweri balangao balangingi sama balantak balante baldemu balo baloutche balti baluan-pam bamali bambalang bambam bambara bambili-bambui bamoun bamu bamunka bamunkumbit bana banawá bandjalang bangala banggai barngarla bangime baniwa bankon bannoni bantik baoulé barai barambu barasana bardi baré bari barí bariba barma bassa bassari batak alas-kluet, angkola, dairi, karo, mandailing, simalungun, toba bathari bats bau baure bauzi bawm bayso bedja beembe bekwel belhare bemba benabena beng benga bengali béothuk bhodjpouri bichelamar bierebo big nambas bonan bondei bonggi bouriate bourouchaski brahoui bukiyip bukusu bulu bungainbutmas-tur burmbar, etc.
N’eussent été les borgnes d’Hollywood, yeux deux admirent la paire de fleuves – croquer les brouillards de l’un comme de la barbe à papa à côté de mangeur de nuages – Igor et Grichka charriant force PVC, tritium, per- et polyfluoroalkylées=PFOS, PFNA, PFOA, PFDA, PFHxA et PFHS=PFAS=polluants éternels via fluorés d’Arkema®, condamnée, et Daikin®, antibiotiques et médocs, en sus de l’amiante, déversés par la troupe de Fuzz, avec des poissons morts en surface[4]. Requin OrqueDauphinBaleine Béluga® échoué.
Côté Igor, l’ouvre-boîte, patrimoine culturel immatériel, baisait le cul de la vieille quand le bouquineur, rarement flanelle mais astiqueur de virgules surtout quand le typographe a chié dans le cassetin aux apostrophes, porta son attention sur celui qui est en dare édité au Puits-Pelu, une grosse bouteille=un pavé – un rhinocéros=une histoire de la Chine -, une vraie drouille=panouse, un bouillon=rossignol avec cabochon qu’aura finalement déboulonné son proprio souriant. Chiner La Disparition de Perec et sa quinzaine de traductions, dont une en finnois par le traducteur Ville Keynäs, qui ne s’est pas privé de « a », un lipogramme de plus, la lettre la plus fréquente dans sa langue, mais de « ä » puisque le titre est Häviäminen, avec un pied-failli=une coquille où le e apparaît dans la boîte de Marco-râle, ce punk et libraire de la famille Canson® succédant au papetier Montgolfier d’Ardèche avec la première montgolfière qui décolla d’Annonay. Ce corsaire du quai pratique pourtant un métier inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco, n’eussent été les écologistes désirant les remplacer par une piste cyclable.
[2] Déjà le premier projet en Egypte pendant la fameuse campagne coloniale après avoir battu les mamelouks de l’Empire Ottoman, le retour de flamme de l’amiral Nelson, la rébellion des arabes du cru qui sodomisèrent et décapitèrent quelques soldats prisonniers, Napoléon en pratiquant de même en symétrie.
[3] Le maire – que Collomb repose en pets – marque de sa patte au forceps comme Staline-Mao-Hitler au pied des laids Antigone, Polygone de Bofill en ville médicale septantenaire en Septimanie.
[4] Selon Sans pitié du pays qui clame ses matins calmes où règnent ichtyophages « : !J’aime pas les pouascailles, t’as l’impression que les flottants se foutent de ta gueule et qu’ils racontent des conneries. »
[5] Physiognomonie de Lavater précédant la phrénologie de Gall dont il est resté la caboche à X=la bosse des maths=la bosse des affaires. Ces fumisteries, dont le mesmerisme ou magnétisme animal, ont inspiré Balzac (Louis Lambert, Ursule Mirouët), Barbey d’Aurevilly (Une histoire sans nom), Nerval, Baudelaire, Musset, Saint-Point de Lamartine (Le Tailleur de pierres), Camille Flammarion (Stella), Twain (Tom Sawyer), Dumas (Le collier de la Reine), Sue (Les Mystères de Paris) et bien d’autres.
[6] Chienne colley, héroïne d’un roman d’Eric Knight, paru aux Etats-Unis en 1940, Lassie, chien fidèle(Lassie Come-Home), à ne pas confondre avec la boisson indienne, a connu un grand nombre d’adaptations au cinéma et à la télévision.
[7] Eternelle jeunesse comme Paloma chez Boro ou la Báthory-Seyrig en Lèvres rouges dans un bain de sang de vierges en Ostende-en-Carpates, Flottez hippocampes droits comme des i Laissez-vous porter par l’extrême obligeance ou les escalopes sur les joues de d’Ormesson à l’affût ou encore la chiure d’oiseau comme crème anti-rides, concurrençant celles de Raoult, pour l’éternel jeune Cruise qui ressemble deplus en plus à un beauf américain. Le chanteur Arno, alors cuisinier, servait des plats à Marvin Gaye, se reposant de ses tournées et de ses addictions, pour y composer Sexual healing.
[8] La mode revient comme les comètes depuis Oort avec yoyos®, Rubick’s cubes® ou jupes et pantalons, chemises ou vestes façon bûcheron, à carreaux, pantalons à pattes d’éph’.
[9] Candidat aux municipales à côté d’un aristocrate libertaire proche du benjaminien et dramaturge belge Bruno Teckels.
[10] L’ancêtre provient des fournaises à pardon=fours mobiles des oubloyers qui, dès 1270, se sont constitués en corporation afin de vendre des oublies=gaufrettes de pâte légère sans levain entre deux fers portés au rouge.
[11] Cette denrée rare, comme l’huile de tournesol pour la friture et les frites ou les pois chiches, depuis la guerre en Ukraine, générant nombre de manifestations qui dégénèrent : « ventre vide n’a pas d’oreille ».
[English in 2nd part] J’avais vu Kraftwerk aux Nuits sonore à Lyon en 2014 au Marché de Gros élargi à la Halle Girard. Le concert aux Nuits de Fourvière en 2025 est identique (mêmes versions, trop au goût du jour par moments – quand Kling Klang fait BOUM BOUM, depuis leur Mix de 1991, visiblement révisé, pour Radioactivity, il y avait déjà Fukushima ; améliorée en images et son pour Trans-Europe Express – ma préférée, cela me remémore le générique de l’émission de la Belge Christine Ockrent et le sample de Planet rock d’Afrika Bambaataa and Soulsonic Force, pont entre l’ancien et le nouveau monde, entre la kosmische musik et la techno; délicieusement rétro dans l’image pour Autobahn) mais plus intimiste et l’ordre des morceaux diffère. J’y avais aperçu une insupportable jeune conservatrice de bibliothèque aux dents longues, membre d’une association consacrée à Napoléon. Trop de fêtards aux Nuits sonores ; idem pour James Blake (mais d’insupportables youyous, inappropriés, dans le théâtre antique). J’écoute en attendant Rock it d’Herbie Hancock (album Future Shock, 1983, produit par Material, le groupe de Bill Laswell et Michael Beinhorn sans omettre le vidéoclip réalisé par Kevin Godley et Lol Creme du groupe 10cc avec plusieurs prix aux MTV Video Music Awards en 1984). Bowie également, période jungle (Earthling, 1997, détesté par les fans de Bowie ; un morceau dans son dernier album The black star, 2016), qui voulut mettre, alors qu’il vivait avec Iggy, camé, à Berlin (ils sont cités de TEE; la fameuse trilogie de Berlin dont deux albums ont été enregistrés au Château d’Hérouville de Magne en Normandie), le grappin sur Kraftwerk qui déclina l’invitation piège du vampire-éponge.
Il a un peu plu lors de la file d’attente. Pas de première partie, plus de 60 eur. Quatre musiciens (Ralf Hütter, seul survivant mais Florian Schneider-Esleben, mort en 2020, s’était retiré depuis 2008 ; Henning Schmitz, Fritz Hilpert et Falk Grieffenhagen) abstraits en jaune pixelisé avec agrégation stochastique. Foi de Volkswagen – qui n’a pas été inventée par Hitler, la Deutsche Qualität en prend un coup : une minute de retard : 21h31. Le concept intégré Kling Klang ou art total hérité de Wagner (musique électronique / vidéo / graphisme, du filaire au futurisme russe / costume à la Tron, Steven Lisberger, 1982 avec … Jeff Bridges) est d’une modernité folle. On songe à Kurt Schwitters, également graphiste. Quatre tables blanches légèrement inclinées, neutres comme le mégalithe de 2001. On ne pourra pas voir le pitch pour l’effet doppler lors du passage du train (TEE) ou de la voiture (Autobahn). 1,2,3,4,5,6,7,8 au vocoder, les musiciens arrivent avec leur costume en quadrillage de fibres optiques jaune : Numbers (remix 2009) de l’album Computer word. Un beat qui me remémore les années 80, Bad de Michaël Jackson (clip de … Scorsese) notamment. Ou Prince, par exemple I feel for you écrit pour Chaka Khan en 1984 – avec harmonica de Wonder. Une voisine quadra, insupportable, traduit en allemand pour son mec qui n’arrêtera pas de parler et de me gâcher le concert. Chaque époque depuis les années 70 est marquée par une boîte à rythmes. Le « Mensch » (homme et esprit – ce que man ne rend pas en anglais) y est : c’est de la poésie sonore, Anne-James Chaton ne l’a pas oublié pour UniAcronym avec Alva noto / Carsten Nikolai, nous passons de Düsseldorf (RFA, non seulement Kraütrock mais aussi l’école de photo de la Nouvelle objectivité avec les Becher avec le génial Gursky comme disciple) à Kemnitz (RDA). On passe des chiffres objectivés en allemand, anglais, italien, japonais (pas espagnol) à des ondulations vertes de nombres. C’est vrai que c’est la dictature du nombre, a fortiori avec l’IA. Computer word 2 : Interpol (Lyon au lieu de Divonne-les-bains grâce à un coup de Beaujolais et de charcuteries du cru), FBI, CIA, KGB, Scotland Yard, Deutsche Bank. Superbe visuel avec force rectangles colorés, jeux de verticales et horizontales pour It’s more fun to compute. On se retrouve dans l’espace (Air a pompé le visuel l’année dernière dans son cube blanc) pour Spacelab (The Man-Machine, 1978), Lyon est localisée, photo de Lyon, la soucoupe volante atterrit dans le théâtre antique. Le public, chauvin, en délire. Noir et blanc, images d’oscilloscopes : Airwaves de Radioactivity (5e album, 1975). Rouge, noir, blanc, lignes, carrés, rectangles, triangles, cercles futuristes russes ou constructivistes, entre El Lissitzky et Mondrian, le visuel, minimal, le plus réussi : The Man-Machine / Die Mensch-Maschine (The Man-Machine). Le graphisme de l’album se retrouve sur écran. Un morceau non identifié de Radioactivity ou Tour de France (Atomik, Kultur physik, Aerodynamik), musiciens pixelisés dans rectangles blancs, j’accroche moins musicalement. Puis Autobahn avec Volkswagen, la BMW de Düsseldorf, la Mercedes de Stuttgart dans un visuel éculé volontairement assumé ; Ralf Hütter, 78 ans et ne les faisant pas avec sa teinte de cheveux (la même que François Hollande au brou de noix ?) se fend de sa voix au micro, le seul à avoir ce privilège. Computer love évidemment en rose, du beat plus électro actuel. Un visuel plus fouillé avec une femme fantasmée dans des montages de films en noir et blanc The Model / Das Modell (The Man-Machine). Un visuel particulièrement riche pour une musique austère dans le même album, les costumes passent du rose au bleu avec raies de lumière à l’arrière, mais pas d’arc en ciel : Neon Lights / Neon Licht. Foi de Buget, Geiger Counter et Radioactivity, avec une intro particulièrement réussie. C’est bien la seule fois où le graphisme de la pochette originale de l’album est projeté. Un moment pacman (les atomes) et plus électro, au goût du jour. Jour de repos au Tour de France, le terrible Ventoux est attaqué le lendemain ; Pogačar mène allégrement. Alors Tour de France, album que j’aime moins mais j’adore le beat et l’intégration concrète de la respiration (le pneume poétique) et d’éléments du vélo, le son reconstitué du débrayeur. Des images d’archives, des graphiques bâton de son. Puis nous ondoyons dans du bleu à la Saville, le fameux graphiste pour Unknown pleasures de Joy division. L’acmé en noir et blanc avec Trans-Europe Express, un train en fonction de 1957 jusqu’aux années 80 avec reprise en 1993-95, un pont en filaire. Un passage carrément indus. Pourquoi pas l’avion ? Il aurait été plus pertinent de tabler sur l’Airbus, symbole des actions de l’Europe, plutôt que le Concorde, qui se crasha. Beau fond psyché vert, un morceau super électro avec gros beat, Detroit, Germany, probablement Electric café, l’album que je connais le moins ; on se croirait dans une rave début 90. Puis Boing Boom Tschak d’Electric café avec des bulles d’onomatopées de BD et avec des notes en noir et blanc en 3D qui bougent. Puis Musique Non Stop où chaque musicien part, pause. Puis reprise et conclusion avec The Robots / Die Roboter dans The Man-Machine / Die Mensch-Maschine. Fin du concert, robot-ratif, à 23h30.
I saw Kraftwerk at Nuits sonores in Lyon in 2014 at the Marché de Gros, expanded to the Halle Girard. The concert at Nuits de Fourvière in 2025 is identical (same versions, too up-to-date at times, since their 1991 Mix, visibly revised, for Radioactivity, there was already Fukushima; improved in images and sound for Trans-Europe Express – my favorite, it reminds me of the theme song of the Belgian Christine Ockrent’s show and the sample of Planet rock by Afrika Bambaataa and Soulsonic Force, a bridge between the old and the new world, between kosmische musik and techno; deliciously retro in the image for Autobahn) but more intimate and the order of the pieces is different. I saw an unbearable young library curator there with a lot of teeth, a member of an association dedicated to Napoleon. Too many partygoers at Nuits sonores; the same goes for James Blake (but unbearable youyous, inappropriate, in ancient theatre). While waiting, I’m listening to Herbie Hancock’s Rock It (album Future Shock, 1983, produced by Material, the band of Bill Laswell and Michael Beinhorn, not forgetting the video clip directed by Kevin Godley and Lol Creme of the band 10cc, which won several awards at the MTV Video Music Awards in 1984). Bowie too, jungle period (Earthling, 1997, hated by Bowie’s fans; a track in his last album The Black Star, 2016), who wanted to get his hands on Kraftwerk while living with Iggy, a junkie, in Berlin (the famous Berlin trilogy, two albums of which were recorded at the Château d’Hérouville de Magne in Normandy), who declined the vampire-sponge’s trap invitation.
It rained a little during the queue. Four musicians (Ralf Hütter, the only survivor, but Florian Schneider-Esleben, who died in 2020, had been retired since 2008; Henning Schmitz, Fritz Hilpert, and Falk Grieffenhagen) abstract in pixelated yellow with stochastic aggregation. Volkswagen’s faith —which wasn’t invented by Hitler—Deutsche Qualität takes a hit : a minute late, 9:31 p.m. The integrated Kling Klang concept (electronic music / video / graphics, from wireframe to Russian futurism / Tron-style costume, Steven Lisberger, 1982 with… Jeff Bridges) is wildly modern. Four slightly inclined white tables, neutral like the megalith of 2001. 1,2,3,4,5,6,7,8 with the vocoder, the musicians arrive with their yellow fiber optic grid costumes: Numbers (2009 remix) from the album Computer Word. A beat that reminds me of the 80s, Bad by Michael Jackson (video by … Scorsese) in particular. An unbearable forty-something neighbor translates into German for her boyfriend who won’t stop talking and ruining my concert. Every era since the 70s has been marked by a drum machine. The « Mensch » is there : it’s sound poetry, Anne-James Chaton hasn’t forgotten it for UniAcronym with Alva noto / Carsten Nikolai, we go from Düsseldorf (FRG, not only Kraütrock but also the New Objectivity school of photography with the Bechers with the brilliant Gursky as a disciple) to Kemnitz (GDR). We go from objectified figures in German, English, Italian, Japanese to green undulations of numbers. It’s true that it’s the dictatorship of numbers, even more so with AI. Computer word 2 : Interpol (Lyon instead of Divonne-les-bains thanks to a glass of Beaujolais and local charcuterie), FBI, CIA, KGB. Superb visual with a lot of colored rectangles, vertical and horizontal interplay for It’s more fun to compute. We find ourselves in space (Air copied the visual last year in its white cube) for Spacelab (The Man-Machine, 1978), Lyon is located, photo of Lyon, the flying saucer lands in the ancient theater. The audience, chauvinistic, delirious. Black and white, images of oscilloscopes : Airwaves by Radioactivity (5th album, 1975). Red, black, white, lines, squares, rectangles, triangles, Russian or constructivist futuristic circles, between El Lissitzky and Mondrian, the most successful visual, minimal : The Man-Machine / Die Mensch-Maschine (The Man-Machine). An unidentified piece from Radioactivity or Tour de France (Atomik, Kultur physik, Aerodynamik), pixelated musicians in white rectangles, I’m less musically interested. Then Autobahn with Volkswagen and the BMW of Düsseldorf in a deliberately assumed hackneyed visual; Ralf Hütter, 78 years old and not showing it with his hair color (the same as François Hollande with walnut stain?) cracks his voice into the microphone, the only one to have this privilege. Computer love obviously in pink, more current electro beat. A more detailed visual with a fantasized woman in black and white film montages The Model / Das Modell (The Man-Machine). A particularly rich visual for austere music in the same album, the costumes go from pink to blue with streaks of light in the background, but no rainbow : Neon Lights / Neon Licht. Buget, Geiger Counter, and Radioactivity, with a particularly successful intro. This is the only time the original album cover artwork is projected. A Pacman moment (the atoms) and more electro, in keeping with the times. A rest day at the Tour de France, the terrible Ventoux is attacked the next day; Pogačar leads happily. So Tour de France, an album I like less but I love the beat and the concrete integration of breathing (the poetic pneume) and elements of cycling. Archival images, sound stick graphics. Then we undulate in blue à la Saville, the famous graphic designer for Unknown Pleasures by Joy Division. The climax in black and white with Trans-Europe Express, a train in operation from 1957 until the 80s with a reprise in 1993-95, a wireframe bridge. Beautiful green psychedelic background, a super electro track with a big beat, Detroit, Germany, probably Electric café, the album I know the least; it feels like an early 90s rave. Then Boing Boom Tschak by Electric café with black and white 3D notes that move. Then Musique Non Stop where each musician leaves, pauses. Then a reprise and conclusion with The Robots / Die Roboter in The Man-Machine / Die Mensch-Maschine. End of the concert, robot-ratif, at 11:30 p.m.
[English in 2nd part; espanol en la parte 3] Si mon père, tiré de sa banlieue dyonisienne grâce à Gérard Philipe au TNP à Chaillot Chaillot et à Marie Belle – qui joua au Français dans la création, une version de 5h, du Soulier en 1943 avec Barrault alors qu’à peu près au même moment la sœur Camille, excellente sculptrice, mourait de faim dans un hôpital psychiatrique, vit en Avignon Les derniers jours de l’humanité du génial et trop méconnu Karl Kraus, la regrettée écrivaine et philosophe égyptienne, amie de la famille, Fawzia Assaad, assista en 1985 au Mahābhārata par Brook dans l’incroyable carrière Boulbon (souvenirs de Bartabas avec bougies dans la nuit tombante pour entrer, Le songe d’une nuit d’été par Savary qui me convenait vu mon jeune âge, Pippo del Bono avec l’inévitable Bobò, microcéphale et sourd-muet, un Shakespeare version Vassiliev sauce Kurosawa), j’avais assisté, à la Cour d’honneur du Palais des Papes, à une pièce longue en 1991, les Comédies Barbares de Ramon del Valle-Inclan mise en scène par Jorge Lavelli. Commençant en 1989 – La Célestine de Fernando de Rojas, traduction Florence Delay, mise en scène Antoine Vitez avec Jeanne Moreau et Lambert Wilson, j’avais raté, au Palais des Papes, la fameuse version de 1987 de Le soulier de satin par Vitez, où joua Sandre en Rodrigue et la divine Ludmila Mikaël en Doña Prouhèze, Hamlet par Chéreau, et le cheval sur scène. Mon plus grand souvenir à la Cour d’honneur du Palais des Papes est certainement Dom Juan de Molière par l’incroyable Lassale, aux prises avec la Comédie française qui le vira – cet acteur polonais incarnant Dom Juan qui me parla au premier rang ; et In the Middle, Somewhat Elevated de William Forsythe ; pas pu avoir de place pour Pina, après. J’ai principalement connu les années de l’énarque Faivre d’Arcier qui officie désormais aux archives municipales de Lyon. Ma meilleure année ? 2005, année Archabault & Baudrier, plutôt performances (Je suis sang de Jan Fabre dans la cour d’honneur, La mort de Danton, quoiqu’un peu didactique, par Sivadier, Abramovic, Last landscape de Nadj, Needlapb 10 de l’inventif Jan Lauwers, Kroum de Levin par Warlikowski, etc.), celle vouée aux gémonies par les théâtreux.
Après 2h30 de TER où j’assistais au blues d’un contrôleur corse, marié à une russe, ayant arrêté net sa formation de conducteur, et à un défilé de clodos puants et avinés en quête, je file, faisant un détour au cloître Saint-Louis où je me remémore le marseillais Jean-Michel Bruyère de la Fabriks, LFKs (Enfants de nuit en 2002, des jeunes de Dakar enfermés dans des cages – référence aux expositions coloniales mais cela fit scandale à l’époque) et le regretté philosophe marseillais Curnier, à la Mirande (hôtel particulier du XVIIe), resto gastronomique et hôtel de luxe 5 étoiles. Restaurant divin, vue du Palais des Papes depuis la cour, j’y avais goûté un somptueux pigeon. Je n’obtiens que Le Mirage, ou restaurant éphémère, une taverne avec canapés et beaux tableaux, dans la cave, assez sombre mais préservée de la chaleur : le garage, la remise des hippomobiles au XIXe et des voitures au XXe siècle et jadis le grand tinel de la livrée cardinalice de Saint Martial. J’y avais vu Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard. J’avais passé une Saint Sylvestre dans la troisième salle du bas grâce à l’ami du cru et poète Cyrille Martinez, avec son ex pote, le DJ Sonora Baker, revenu d’Angleterre, qui se camait en direct à la coke. Là, cuisine avec une magnifique cheminée ou four à bois de 1860 avec dessus en faïence et casseroles en cuivres accrochées – quelque chose de rustique, provençal. Thomas Longuesserre, d’Avignon, – The Dorchester, le Great Eastern Hotel à Londres, l’Auberge de Noves -, y officie, donne ses ordres. Au menu : carpaccio de taureau A.O.P. & vinaigrette Gardiane (je félicite le chef car, ayant vécu à Nîmes, le type est authentique : la pointe d’anchois qui apporte la salinité ; il me dit qu’il est diplômé pour son travail sur la race taurine) ; tartare de veau et thon rouge, sauce gribiche et poivron, juste grillé, divin avec magnifiques frites à la texture intéressante; soupe de pêche à la verveine et madeleine, non, langue de chat. Je découvre un jus de fruits abricot de Boulbon. Fatales câpres, vinaigrette et moutarde (le gyokuro ou thé vert japonais pour tenir la nuit n’a pas aidé), mal m’en pris : une crise de goutte m’envahit le long des cinq heures de pièce (1h30 + 1h30 + 2h et 40mn puis deux fois 30mn d’entractes) !
Claudel, pas ma came. Dans un long podcast à France culture, Claudel, aux avis tranchés réjouissants, dégomme l’alexandrin, sauf chez Racine (Phèdre notamment ; la version incroyable de Chéreau avec Dominique Blanc et Grégory), se réfère aux psaumes de la Bible, aux iambes chez Homère et les tragiques grecs, à Aristote via Saint Thomas, à Virgile, à Dante, à Shakespeare, un peu Hugo (L’homme qui rit). Beaucoup Rimbaud ; j’avais été saisi par l’essai de Claudel, Réflexions sur la poésie (1963) en Folio essai. J’avais vu, dans une magnifique cour en Avignon centre, L’échange en 1991 dans une mise en scène de Jean Negroni, avec Michaël Lonsdale. Anticipant les 5 Molière, Le soulier de satin, hélas pas une création, est, de façon anticipée, puis vérifiée sur place, un des grands évènements du Festival qui resteront non seulement dans les mémoires mais dans l’histoire.
Tels des pèlerins après une longue file, nous sommes fouillés deux fois. Exposition Othoniel, dont je déteste le kitch – rien que l’entrée du métro Palais royal, pas loin de la Comédie française. Remember La beauté en 2000 ! Rang Y. Les sièges sont nettement plus confortables qu’il y a vingt ans. Tant mieux car, 30mn avant mon arrivée en Avignon, je reçois un mail comme quoi j’aurais pu apporter des coussins. Pas de décor, la cour d’honneur du Palais des Papes nue. « Il faut que tout ait l’air provisoire, en marche, bâclé, incohérent, improvisé dans l’enthousiasme ! Avec des réussites, si possible, de temps en temps, car même dans le désordre il faut éviter la monotonie. L’ordre est le plaisir de la raison : mais le désordre est le délice de l’imagination. » selon Claudel (des maquettes de caravelles et galions espagnols dignes du trésor de Rackham le rouge seront-elles suffisantes ?). Les trompettes de Maurice Jarre résonnent, un écho en plus ; si un petit orchestre est présent (piano, violon, violoncelle, scie musicale; Vincent Leterme à la direction musicale, Ingrid Schoenlaub, Anna Woloszyn et Aurélia Bonaque Ferrat), rien du Honegger de la création. Lors de la venue de la queen, la reine Elisabeth et l’hommage au théâtre élisabethain, un célèbre morceau est joué, en écho au Barry Lindon de Kubrick. Ça danse et chante également, en italien ; la conclusion sera « dormire ».
L’Annoncier, incarné en blanc avec humour par Serge Bagdassarian, énonce le sous-titre de la pièce : «Le pire n’est pas toujours sûr ». Calderón de la Barca, qui est cité nommément, ainsi que Lope de Vega, plante le non décor : le Siècle d’or espagnol. On reconnaît le traité de Tordesillas – c’est aussi le nom d’un assistant metteur en scène, membre de l’académie de la Comédie française, Charles Quint, Philippe II dans une enfilade de costumes, parfois somptueux, parfois rapiécés de restes, de Christian Lacroix à la Ménines de Velázquez – que je vis au Prado (je me suis toujours demandé pourquoi il était porté tant d’intérêt à ce peintre). Didascalie, « La scène de ce drame est le monde » : il nous faut combiner notre imaginaire (Mogador, un palais de Panama, un jardin de Sicile, cour d’Angleterre, château de Nagoya, etc.) avec une bonne connaissance historique et géopolitique. Bagdassarian excelle en Monsieur Loyal et allège, avec sa comparse, le marathon qui nous attend : « Écoutez bien, ne toussez pas et essayez de comprendre un peu. C’est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau.« . Il a beau dire d’éteindre les portables, une vieille mitraille à outrance pendant qu’un autre y va de son appareil photo à l’ancienne numérique.
Claudel, tu m’as conquis j’t’adore
Une chatte en chaleur miaule longtemps. Des applos, des cris et des chants à l’extérieur. La première partie n’est pas assez sonorisée, des spectateurs se plaignent à la régie de ne pas entendre, quelques larsens laissent à désirer. L’espace est plus qu’investi puisque les acteurs passent de nombreuses fois dans les gradins : un ange gardien noir annonciateur ; qui prend la tête d’un spectateur dans les bras ; Doña musique qui fait chanter le public, très bon moyen pour le maintenir éveillé et signifier que la musique est en nous – j’arrive à des basses insoupçonnées, proches d’un moins tibétain ; Marina Hands, pieds nus, pétrie de Sainte Thérèse d’Avila, dont on voit, à côté, la sueur sur le front (superbe dialogue Rodrigue / Doña Prouhèze), elle se plante deux fois en commençant trop tôt ses répliques sur celle du partenaire – c’est la première ici, même si la pièce a été jouée à la Comédie française dans la dernière et même mise en scène d’Eric Truffe qui, ici, s’adapte. Grande leçon pour l’acteur : écouter son partenaire. Le public est souvent éclairé. Ce qui est sidérant, c’est la limpidité, la fluidité du phrasé claudélien : « Dieu écrit droit avec des courbes. » souligne l’Annonciateur. J’ai repéré seulement une courte phrase pleine d’allitérations (en s). Les acteurs de la Comédie française offrent une leçon magistrale de diction, élèvent leur art vers les étoiles. Je souhaitais, comme une pièce de Novarina (où il y a beaucoup de théologie, ici, émasculée), être traversé par la langue ; non seulement ce fut fait mais Hands paraît transpercée, foudroyée par cette langue et investie par une mission qui la dépasse, elle rentre en transe. Stocker est volontairement ridicule dans son costume rond cramoisi comme le Baron Vladimir Harkonnen incarné par Mcmillan dans Dune de Lynch. Il sera impérial en empereur romain alors que Rodrigue, vice-roi des Indes occidentales, tombe dans la déchéance en clochard céleste et unijambiste mais, tel Saint François d’Assise, habité par Dieu. Avec sa voix de stentor, Sandre (78 ans comme Ludmila) incarne le cocu, don Pélage, puis un chancelier ridicule à nous tordre de rire qui n’a plus la force d’articuler (Claudel a fini par investir un fauteuil à l’Académie française) dans la quatrième partie alors qu’un comédien à côté porte haut une fraise énorme. Doña Prouhèze confiant son soulier de satin rouge à la Vierge, s’envole dans les airs à l’aide d’un ballon. Lorsque les étoiles sont invoquées, la petite ours s’est déportée, le cygne a vogué. Une jeune mère me gêne en se baissant sur son siège. Sa fille d’une dizaine d’années m’emmerdera tout du long en toussant, en faisant tintinnabuler sans cesse sa boîte à cachou avec sa thermos en métal puis en bougeant en essayant de dormir – la jeunesse n’est plus aussi endurante ! Un couple insupportable de vieux bobos prend ses aises avec leurs foutues jumelles.
Je suis d’accord avec la fille de Valérie Diome, compagnie Akté, metteure en scène de A la barre à la Manufacture au tribunal sur les violences faites aux femmes dans le off, la belle Amalia Blasco, fan de Birane Ba (faire passer un noir pour un chinois, Koltès n’aurait pas aimé), qui a tourné dans Regarde de Poulain-Arnaud, ma voisine, dont la famille habite Grenade : la troisième partie est éblouissante, au point que la quatrième peut paraître fade. C’est la phase où beaucoup de spectateurs dorment dans leur siège ou, au fond, s’étendent de leur long sur plusieurs sièges. Si nous n’avons droit ni au dialogue de l’ombre double (il faudra se reporter à Boulez, dont on commémore l’anniversaire, avec une dédicace au génial Berio) ni à la lune, le superbe dialogue entre Rodrigue (Baptiste Chabauty) et Camille (Christophe Montenez) est traité en théâtre d’ombres chinoises sur le mur du Palais des Papes.
5h du mat’, je ne monte pas le son mais j’ai des frissons et je chausse mon gilet. Un petit panneau à gauche pour la traduction des surtitres en anglais (quand on entend pas, on s’y réfugie, détectant des shaekespearismes). Dans le cloître Benoît XII, où trône une sphère kitsch d’Othoniel, exceptionnellement ouvert pour la buvette lors de l’entracte, une table avec champagne s’attend à accueillir nos marathoniens de la langue claudélienne. Troquons le ballet baroque pour les balayeurs.
If my father, pulled from his suburbs of Dionysius thanks to Gérard Philipe at the TNP in Chaillot and Marie Belle – who played in the creation, a 5-hour version, at the Français du Soulier in 1943 with Barrault while at about the same time the sister, an excellent sculptor, was dying of hunger in a psychiatric hospital, saw in Avignon The Last Days of Humanity by the brilliant and too little-known Karl Kraus, the late Egyptian writer and philosopher, friend of the family, Fawzia Assaad, attended in 1985 the Mahābhārata by Brook in the incredible Boulbon career (memories of Bartabas with candles in the falling night to enter, A Midsummer Night’s Dream by Savary which suited me given my young age, Pippo del Bono with the inevitable Bobò, microcephalic and deaf-mute, a Shakespeare version of Vassiliev with Kurosawa sauce), I had attended, in the Cour d’honneur of the Palais des Papes, to a long piece in 1991, the Barbarian Comedies by Ramon del Valle-Inclan directed by Jorge Lavelli. Beginning in 1989 – La Célestine by Fernando de Rojas, translated by Florence Delay, directed by Antoine Vitez with Jeanne Moreau and Lambert Wilson, I had missed, at the Palais des Papes, the famous 1987 version of Le soulier de satin by Vitez, where Sandre played Rodrigue and the divine Ludmila Mikaël, who is currently playing at 78 years old with Arditi, as Doña Prouhèze, Hamlet by Chéreau, and the horse on stage. My greatest memory in the Cour d’honneur of the Palais des Papes is certainly Dom Juan by Molière by the incredible Lassale, struggling with the Comédie Française who fired him – this Polish actor playing Dom Juan who spoke to me in the front row; and In the Middle, Somewhat Elevated by William Forsythe; couldn’t get a place for Pina, after. I mainly knew the years of the ENA graduate Faivre d’Arcier who now works at the municipal archives of Lyon. My best year? 2005, the year of Archabault & Baudrier, mostly performances (Je suis sang, I’m blood by Jan Fabre in the courtyard of honor, La mort de Danton, The death of Danton although a little didactic, by Sivadier, Abramovic, Last landscape by Nadj, Needlapb 10 by the inventive Jan Lauwers, Kroum by Levin by the excellent Warlikowski, etc.), the one condemned to the pillory by theater people.
After 2h30 on the TER where I witnessed the blues of a Corsican controller, married to a Russian, having suddenly stopped his driver training, and a parade of stinking, drunken bums in search, I leave, making a detour to the Saint-Louis cloister where I remember the Marseilles Jean-Michel Bruyère of the Fabriks, LFKs (Enfants de nuit, Children of night in 2002, young people from Dakar locked in cages – a reference to colonial exhibitions but it caused a scandal in the early 2000s) and the late Marseilles philosopher Curnier, at the Mirande (a 17th century mansion), a gourmet restaurant and 5-star luxury hotel. A divine restaurant, with a view of the Palais des Papes from the courtyard, I had tasted a sumptuous pigeon there. I only get Le Mirage, or ephemeral restaurant, a tavern with sofas and beautiful paintings, in the cellar, quite dark but protected from the heat: the garage, the shed for horse-drawn carriages in the 19th century and for cars in the 20th century and formerly the large tinel of the cardinal’s livery of Saint Martial. I had seen Luncheon at Wittgenstein’s by Thomas Bernhard there. I had spent a New Year’s Eve in the third room downstairs thanks to the local friend and poet Cyrille Martinez, with his ex-friend, the DJ Sonora Baker, returned from England, who was getting high on coke. There, kitchen with a magnificent fireplace or wood-burning oven from 1860 with a faience top and hanging copper pans – something rustic, Provençal. Thomas Longuesserre, from Avignon – The Dorchester, the Great Eastern Hotel in London, the Auberge de Noves -, officiates there, gives his orders. On the menu: A.O.P. bull carpaccio & Gardiane vinaigrette (I congratulate the chef because, having lived in Nîmes, the guy is authentic: the anchovy tip that brings the salinity; he tells me he graduated for his work on the bull breed); veal and red tuna tartare, gribiche sauce and pepper, just grilled, divine with magnificent fries with an interesting texture; peach soup with verbena and madeleine, no, cat’s tongue. I discover an apricot fruit juice from Boulbon. Fatal capers, vinaigrette and mustard (gyokuro or Japanese green tea to last the night didn’t help), bad luck: a gout attack invaded me throughout the seven hours of the play !
Claudel, not my thing. In a long podcast on France Culture, Claudel, with his delightfully strong opinions, blasts the Alexandrine, except in Racine (Phèdre in particular; the incredible version by Chéreau with Dominique Blanc and Grégory), refers to the psalms of the Bible, to the iambs in Homer and the Greek tragedians, to Aristotle via Saint Thomas, to Virgil, to Dante, to Shakespeare, a little Hugo (The Man Who Laughs). A lot of Rimbaud; I was captivated by Claudel’s essay, Reflections on Poetry (1963) in Folio essai. I saw, in a magnificent courtyard in the center of Avignon, The Exchange in 1991, directed by Jean Negroni, with Michaël Lonsdale. Anticipating the 5 Molières, The Satin Slipper is, anticipated and then verified on site, one of the major events of the Festival which will remain not only in memories but in history.
Like pilgrims after a long line, we are searched twice. The Othoniel exhibition, whose kitsch I hate—just the Palais Royal metro entrance, not far from the Comédie Française. Remember Beauty in 2000 ! Row Y. The seats are much more comfortable than twenty years ago. So much the better because, 30 minutes before my arrival in Avignon, I receive an email saying I could have brought cushions. No scenery, the main courtyard of the Palais des Papes bare. Maurice Jarre’s trumpets resonate, an echo at that; if a small orchestra is present (piano, violin, cello, musical saw), there is nothing of the Honegger of the creation. During the arrival of the queen, Queen Elizabeth and the homage to Elizabethan theater, a famous piece is played, echoing Kubrick’s Barry Lindon. There is also singing, in Italian; the conclusion will be « dormire. »
The Announcer, humorously played in white by Serge Bagdassarian, states the subtitle of the play : « The worst is not always certain. » Calderón de la Barca, who is cited by name, as well as Lope de Vega, sets the scene : the Spanish Golden Age. We recognize the Treaty of Tordesillas, Charles V, Philip II in a series of costumes, sometimes sumptuous, sometimes patched together from scraps, from Christian Lacroix to Velázquez’s Las Meninas – which I saw at the Prado (I always wondered why there was so much interest in this painter). Stage direction, « The stage of this drama is the world » : we must combine our imagination (Mogador, a palace in Panama, a garden in Sicily, a court of England, Nagoya Castle, etc.) with a good historical and geopolitical knowledge. Bagdassarian excels as the ringmaster and, with his sidekick, lightens the marathon that awaits us: « Listen carefully, don’t cough and try to understand a little. It’s what you won’t understand that is the most beautiful. » He may say to turn off cell phones, an old machine gun goes on a rampage while another goes for his old-fashioned digital camera.
Claudel, you won me over, I adore you
A cat in heat meows for a long time. Applos, shouts, and songs outside. The first part isn’t well-sounded, some spectators complain to the stage manager that they can’t hear, some feedback leaves something to be desired. The space is more than occupied since the actors pass through the stands numerous times: a black guardian angel, announcing the news; who takes a spectator’s head in his arms; Doña music that makes the audience sing, a very good way to keep them awake and signify that the music is within us – I arrive at unexpected bass notes, close to a Tibetan minus; Marina Hands, barefoot, steeped in Saint Teresa of Avila, whose sweat on her forehead can be seen next to her, she messes up twice by starting her lines too early on her partner’s – it’s the first time here, even if the play was performed at the Comédie Française in the last and same production by Eric TRUFfe who, here, adapts. A great lesson for the actor : listen to his partner. The audience is often enlightened. What is astounding is the clarity, the fluidity of Claudel’s phrasing : « God writes straight with curves » underlines the Announcer. I only noticed a short sentence full of alliterations (in s). The actors of the Comédie Française offer a masterful lesson in diction, elevating their art to the stars. I wanted, like a Novarina play (where there is a lot of theology, here, emasculated), to be traversed by the language; not only was this done, but Hands seems transfixed, struck down by this language and invested by a mission that surpasses her. Stocker is deliberately ridiculous in his round crimson costume like Baron Vladimir Harkonnen played by Mcmillan in Lynch’s Dune. He will be imperial as a Roman emperor while Rodrigue, viceroy of the West Indies, falls into decline as a celestial, one-legged tramp. With his stantor voice, Sandre embodies the cuckold, Don Pelagius, then a ridiculous chancellor who makes us laugh until we’re half-drunk, who no longer has the strength to speak in the fourth part while an actor nearby carries a huge strawberry high. Doña Prouhèze, entrusting her red satin slipper to the Virgin, flies into the air with the help of a balloon. When the stars are invoked, the little bear has moved away, the swan has sailed. A young mother bothers me by bending down in her seat. Her ten-year-old daughter annoys me throughout by coughing, constantly jingling her cachou box with her metal thermos, then moving while trying to sleep – youth is no longer so enduring ! An unbearable couple of old bobos make themselves comfortable with their damned twins.
I agree with the daughter of Valérie Diome, Akté company, director of A la barre at the Manufacture au tribunal on violence against women in the off, the beautiful Amalia Blasco, who acted in Regarde by Poulain-Arnaud, ma voisine, whose family lives in Grenade : the third part is dazzling, to the point that the fourth can seem bland. If we are treated neither to the dialogue of the double shadow (we will have to refer to Boulez, whose anniversary we are commemorating, with a dedication to the brilliant Berio) nor to the moon, the superb dialogue between Rodrigue (Baptiste Chabauty) and Camille (Christophe Montenez) is treated as a Chinese shadow theater on the wall of the Palais des Papes.
5 a.m. I don’t turn up the volume, but I do put on my cardigan. In the Benedict XII cloister, where a kitsch Othoniel sphere sits, exceptionally open for refreshments during intermission, a table with champagne awaits our marathoners of the Claudel language. Let’s swap baroque ballet for street sweepers.
[teatro, 79° Festival de Aviñón, La zapatilla de raso, Paul Claudel; Comedia Francesa, Eric Ruf; patio principal del Palacio de los Papas ****] ¡Satén, tira!
Un momento mágico en los anales
Si mi padre, sacado de sus suburbios de Dionisio gracias a Gérard Philipe en el TNP de Chaillot Chaillot y Marie Belle – que interpretó al francés en la creación, una versión de cinco horas, de La zapatilla en 1943 con Barrault mientras que aproximadamente al mismo tiempo Sor Camille, una excelente escultora, se moría de hambre en un hospital psiquiátrico – vio en Avignon Los últimos días de la humanidad del genial y demasiado poco conocido Karl Kraus, la difunta escritora y filósofa egipcia, amiga de la familia, Fawzia Assaad, asistió en 1985 al Mahābhārata de Brook en la increíble carrera Boulbon (recuerdos de Bartabas con velas en la noche que cae para entrar, Sueño de una noche deverano de Savary que me vino bien dada mi corta edad, Pippo del Bono con el inevitable Bobò, microcéfalo y sordomudo, una versión shakespeariana de Vassiliev con salsa Kurosawa), yo había asistido, en la Cour d’honneur del Palacio de los Papas, una obra de teatro de 1991, las Comedias Bárbaras de Ramón del Valle-Inclán dirigida por Jorge Lavelli. A partir de 1989 — La Celestina, o Tragicomedia de Calisto y Melibea de Fernando de Rojas, traducida por Florence Delay, dirigida por Antoine Vitez con Jeanne Moreau y Lambert Wilson —, me perdí, en el Palacio de los Papas, la famosa versión de 1987 de La zapatilla de raso de Vitez, donde Sandre interpretó a Rodrigue y la divina Ludmila Mikaël interpretó a Doña Prouhèze, Hamlet de Chéreau y el caballo en escena. Mi mejor recuerdo de la Corte de Honor del Palacio de los Papas es, sin duda, Don Juan de Molière, del increíble Lassale, luchando con la Comédie Française que lo despidió —este actor polaco interpretando a Dom Juan y que me habló en primera fila—; y En el medio, algo elevado, de William Forsythe; después de eso, no pude conseguir un asiento para Pina. Conocí principalmente los años de Faivre d’Arcier, graduado de la ENA, quien ahora trabaja en el archivo municipal de Lyon. ¿Mi mejor año? 2005, el año de Archabault y Baudrier, principalmente representaciones (Soy sangue por Jan Fabre en el patio de honor, La mort de Danton, aunque un poco didáctica, por Sivadier, Abramovic, Último paisaje de Nadj, Needlapb 10 del ingenioso Jan Lauwers, Kroum de Levin de Warlikowski, etc.), el año que fue condenado a la picota por la gente del teatro.
Tras 2 horas y media en el TER, donde presencié la melancolía de un controlador corso, casado con una rusa, que había interrumpido repentinamente su formación, y un desfile de vagabundos borrachos y apestosos al acecho, me marcho, desviándome hacia el claustro de Saint-Louis, donde recuerdo al marsellés Jean-Michel Bruyère de los Fabriks, LFK (Niños de noche en 2002, jóvenes de Dakar encerrados en jaulas; una referencia a las exposiciones coloniales, pero que causó un escándalo en su momento) y al difunto filósofo marsellés Curnier, en el Mirande (una mansión del siglo XVII), restaurante gourmet y hotel de lujo de 5 estrellas. Un restaurante divino, con vistas al Palacio de los Papas desde el patio, donde probé un suntuoso pichón. Solo me quedo con Le Mirage, o restaurante efímero, una taberna con sofás y hermosos cuadros, en el sótano, bastante oscuro pero protegido del calor: el garaje, el cobertizo para carruajes de caballos en el siglo XIX y para carruajes en el siglo XX, y antiguamente la gran bóveda de cañón de la caballeriza del cardenal de San Marcial. Allí había visto Almuerzo en casa de Wittgenstein de Thomas Bernhard. Pasé la Nochevieja en la tercera habitación de la planta baja gracias a mi amigo local y poeta Cyrille Martinez, con su ex amigo, DJ Sonora Baker, de vuelta de Inglaterra, que se estaba colocando con cocaína en directo. Allí, una cocina con una magnífica chimenea u horno de leña de 1860 con una tapa de loza y sartenes de cobre colgantes, algo rústico, provenzal. Thomas Longuesserre, de Avignon, – The Dorchester, el Great Eastern Hotel en Londres, el Auberge de Noves -, oficia allí, da sus órdenes. En el menú : carpaccio de toro A.O.P. y vinagreta de Gardiane (felicito al chef porque, habiendo vivido en Nîmes, el tipo es auténtico: la punta de anchoa aporta la salinidad; me dice que está cualificado para su trabajo con la raza de toros); tartar de ternera y atún rojo, salsa gribiche y pimientos, recién asados, divinos con magníficas patatas fritas de textura interesante; Sopa de melocotón y verbena y magdalena, no, lengua de gato. Descubrí un zumo de albaricoque de Boulbon. Alcaparras, vinagreta y mostaza fatales (el gyokuro, o té verde japonés para aguantar la noche, no ayudó). Me equivoqué : ¡un ataque de gota me invadió durante las cinco horas de la obra (1h30 + 1h30 + 2h y 40min, y luego dos veces 30min de intermedios) !
Claudel, no es lo mío. En un largo podcast en France Culture, Claudel, con sus opiniones deliciosamente firmes, critica duramente el alejandrino, excepto en Racine (en particular en Fedra; la increíble versión de Chéreau con Dominique Blanc y Grégory), menciona los salmos de la Biblia, los yambos de Homero y los trágicos griegos, Aristóteles pasando por Santo Tomás, Virgilio, Dante, Shakespeare y un poco de Hugo (El hombre que ríe). Mucho Rimbaud; me cautivó el ensayo de Claudel, Reflexiones sobre la poesía (1963), en Folio essai. Vi, en un magnífico patio del centro de Aviñón, La Bolsa en 1991, dirigida por Jean Negroni, con Michaël Lonsdale. Anticipando los 5 Molières, La zapatilla de satén, desgraciadamente no una creación, es, anticipada y luego verificada in situ, uno de los grandes acontecimientos del Festival que permanecerá no sólo en la memoria sino en la historia.
Peregrinos, tras una larga fila, nos registran dos veces. Exposición de Othoniel, cuyo kitsch detesto; solo la entrada del metro del Palais Royal, no lejos de la Comédie Française. ¡Recuerden la Belleza del 2000! Fila Y. Los asientos son mucho más cómodos que hace veinte años. Mucho mejor porque, 30 minutos antes de mi llegada a Aviñón, recibo un correo electrónico diciendo que podría haber traído cojines. Sin escenografía, el patio principal del Palacio de los Papas vacío. «Todo debe parecer provisional, en movimiento, descuidado, incoherente, ¡improvisado con entusiasmo! Con éxitos, si es posible, de vez en cuando, porque incluso en el desorden hay que evitar la monotonía. El orden es el placer de la razón: pero el desorden es el deleite de la imaginación», según Claudel (¿bastarán las maquetas de carabelas y galeones españoles dignos del tesoro de Rackham el Rojo?). Las trompetas de Maurice Jarre resuenan, con un eco añadido; si hay una pequeña orquesta (piano, violín, violonchelo, sierra musical; Vincent Leterme como director musical, Ingrid Schoenlaub, Anna Woloszyn y Aurélia Bonaque Ferrat), nada del Honegger de la creación. Durante la llegada de la reina Isabel y el homenaje al teatro isabelino, se interpreta una pieza famosa, que evoca a Barry Lindon de Kubrick. También hay baile y canto, en italiano; la conclusión será « dormire« .
El Locutor, interpretado con humor en blanco por Serge Bagdassarian, enuncia el subtítulo de la obra : «Lo peor no siempre es cierto». Calderón de la Barca, citado por su nombre, al igual que Lope de Vega, nos presenta la escena : el Siglo de Oro español. Reconocemos el Tratado de Tordesillas —también es el nombre de un ayudante de dirección, miembro de la Academia de la Comédie Française, Carlos V, Felipe II— con una serie de trajes, a veces suntuosos, a veces remendados con retales, desde Christian Lacroix hasta Las Meninas de Velázquez, que vi en el Prado (siempre me he preguntado por qué había tanto interés en este pintor). Dirección de escena : «El escenario de este drama es el mundo» : debemos combinar nuestra imaginación (Mogador, un palacio en Panamá, un jardín en Sicilia, la corte inglesa, el Castillo de Nagoya, etc.) con un buen conocimiento de la historia y la geopolítica. Bagdassarian destaca como maestro de ceremonias y, con su compañero, aligera el maratón que nos espera : «Escuchen con atención, no tosan e intenten comprender un poco. Lo más hermoso es lo que no entienden». Puede que les diga que apaguen los celulares, una vieja ametralladora se descontrola mientras otro va por su anticuada cámara digital.
Claudel, me conquistaste’adoro.
Una gata en celo maúlla largo rato. Aplausos, gritos y cánticos en el exterior. La primera parte no está lo suficientemente insonorizada; los espectadores se quejan a la sala de control de no poder oír; algunas acoples dejan mucho que desear. El espacio está más que invertido, ya que los actores se cruzan numerosas veces en las gradas : un ángel guardián negro anunciando; quien toma la cabeza de un espectador en sus brazos; Doña Música, que hace cantar al público, una excelente manera de mantenerlos despiertos y significar que la música está en nosotros; llego a un bajo insospechado, cercano a un negativo tibetano; Marina Hands, descalza, moldeada como Santa Teresa de Ávila, cuyo sudor en la frente se puede ver a su lado (magnífico diálogo entre Rodrigue y Doña Prouhèze), comete el error dos veces al comenzar sus líneas demasiado pronto que las de su compañero; es la primera vez aquí, a pesar de que la obra se representó en la Comédie Française en la última y misma producción de Eric Trufa, quien, aquí, la adapta. Una gran lección para el actor : escuchar a su compañero. El público a menudo se ilumina. Lo asombroso es la claridad y la fluidez del fraseo de Claudel : «Dios escribe recto con curvas», enfatiza el Locutor. Solo noté una frase corta llena de aliteraciones (en s). Los actores de la Comédie Française ofrecen una magistral lección de dicción, elevando su arte a las estrellas. Quería, como en una obra de Novarina (donde hay mucha teología, aquí, emasculada), ser traspasado por el lenguaje; no solo lo logré, sino que Hands parece paralizada, impactada por este lenguaje e investida por una misión que la trasciende, entra en trance. Stocker es deliberadamente ridículo con su redondo traje carmesí, como el barón Vladimir Harkonnen, interpretado por Mcmillan en Dune, de Lynch. Será imperial como un emperador romano, mientras que Rodrigue, virrey de las Indias Occidentales, cae en la decadencia como un vagabundo celestial con una sola pierna, pero, como San Francisco de Asís, habitado por Dios. Con su voz resonante, Sandre (78 años como Ludmila) interpreta al cornudo Don Pélage, luego a un ridículo canciller que nos hace reír hasta la borrachera, que ya no tiene fuerzas para articular palabra (Claudel acabó ocupando un asiento en la Academia Francesa) en la cuarta parte, mientras un actor cercano lleva una enorme gorguera. Doña Prouhèze, confiando su zapatilla de satén rojo a la Virgen, vuela por los aires con la ayuda de un globo. Cuando se invocan las estrellas, el osito se ha alejado, el cisne ha volado. Una joven madre me molesta agachándose en su asiento. Su hija de diez años me molesta todo el tiempo tosiendo, tintineando constantemente su caja de cachou con su termo de metal, y luego moviéndose mientras intenta dormir. ¡La juventud ya no es tan duradera! Una pareja insufrible de viejos burgueses se acomoda con sus malditas hijas gemelas.
Coincido con la hija de Valérie Diome, de la compañía Akté, directora de A la barre en la Manufacture, en el juicio sobre la violencia contra las mujeres en la calle, la bella Amalia Blasco, fan de Birane Ba (que a Koltès no le habría gustado hacer que un hombre negro parezca chino), quien actuó en Mira, de Poulain-Arnaud, mi vecino, cuya familia vive en Grenade: la tercera parte es deslumbrante, hasta el punto de que la cuarta puede resultar insulsa. Esta es la fase en la que muchos espectadores se duermen en sus asientos o, básicamente, se despatarran en varios. Si no nos deleitan ni el diálogo de la doble sombra (tendremos que referirnos a Boulez, cuyo aniversario se conmemora, con una dedicatoria al genial Berio) ni la luna, el soberbio diálogo entre Rodrigue (Baptiste Chabauty) y Camille (Christophe Montenez) se presenta como un teatro de sombras chino en la pared del Palacio de los Papas.
5 a. m. No subo el volumen, pero tiemblo y me pongo la rebeca. Un pequeño cartel a la izquierda muestra la traducción al inglés de los subtítulos (cuando no los oyes, te refugias allí, detectando shakespearianos). En el claustro de Benedicto XII, donde se encuentra una esfera kitsch de Otoniel, excepcionalmente abierta para refrigerios durante el intermedio, una mesa con champán espera a nuestros maratonistas de la lengua claudiana. Cambiemos el ballet barroco por barrenderos.
Une société de divertissement, propriétaire de la rue Glosée, abandonnée en hypercentre[3], organisant des meetings en dépassement de comptes de campagne pour le Président de la République élu, pourtant avalisés par un énième comité Théodule à la solde qui reconnut des falsifications antérieures pour le bien de la république – passé crème. Malheur aux vaincus. Fact-checking des fastes. Selon un cocktail, des Cocteau[4], Les français sont des italiens de mauvaise humeur ; la corruption est ici plus diffuse à tous les niveaux – rien qu’à la Commission municipale des balmes ou à celle des cadrans solaires.
Haut du panier de crabes. West Point Godwin. L’élite, multiple et différenciée, pantoufle jusqu’à « conflicter », se reproduit en toute consanguinité dans les rallyes pour enfanter après Tcherno[12], têtes de pine=Spoke=Vol 714, « le meilleur d’entre-nous » ou La tentation de neVise – dans le placard doré du conseil constitutionnel après la direction de Bordeaux Chesnel®[13] après quelques lacunes, condamnation et exil québécois mais Dumas[14], n’était pas un saint non plus, avec ses pompes Berluti® en peau de ______ à la peau des fesses, ses œuvres d’art issus de vols, comme Malraux[15], sa « putain de la république », La fille sur la balançoire de Fleischer, La fille coupée en deux de Chabrol, qui balance sur La garçonnière, tout comme le responsable mais pas coupable de La tête et les jambes Fabius Pictor dédouané[16] par ses pairs=cour de justice de la réplique en jury croupion pour le sang contaminé, pas plus que Debré[17], le porte-flingue du Chi contre Sharko se découvrant comme auteur de polar puis comédien sur le tard -, avec cuillère en rageant, lobbyistes, politiques et journalistes avec crâne de Toulouse win-win – Sky is not a limit I’m bad Common à l’accordéon par Yvette Horner en Gaultier® – issus des mêmes grandes écoles sélectives, mandarinat éculé, favorisant l’endogamie, dit le creuset avec l’ascenseur social en panne malgré la tyrannie de la méritocratie, tropdicieux=rentiers qui multiplient leurs gains – crémasters & chrématistique – dont ils ne peuvent profiter en une seule vie tel Jabba le Hutt. Toujours, toujours plus=pléonexie. Malgouvert. Capitain Kirk, Entreprise connaît pas la crise, avant d’être envoyé dans l’espace par une société privée déclenchant overview effect=spleen, chante la reprise de Common people dans Different Class de Jarvis Cocker de Pulp inspiré du film de Redford et son Ordinary people, maigre consolation. Mortifère égalitarisme. Pothain, martyrs en mémoire. Irénée renaît rue des Martyrs (Les 400 coups puis Arditi).
Autown. L’empereur – beau comme quincaillier – incarné comme son ongle[18] pour onymantie[19] – par Laughton, Quasimodo-mais-presque qui a été marqué en B comme bancanne=a l’as de carreau dans le dos=un moule à melon=un porte-belle=est échappé d’Esope dans l’inachevé « von » Sternberg, film A, gambille=bancane=cloche=fait cinq et trois font huit=est tortillard=zigzag=fait six et trois font neuf : la table, cette pierre de Rosette comme le jésus, sous les vignes renaissantes, rouges d’automnes=opora=gaïn=après-août autonomes, sur La colline [qui] a des yeux ; les gaulois sont représentés par paquets. Untel a reconnu son pied amputé en dessous de Vivre nuit gravement à la santé. Vivre tue. Etre au monde pour mourir. What’s up, Doc ?
Pour qui sonne le glas ? Eglise éclaboussée par la pédophilie de Fuzz et le silence d’archipointus=prunes de Monsieur=grands bonnets=évêques[20], dont un, manipulé, condamna La dernière tentation du christ de Scorsese, dont un autre, définitivement disculpé et relaxé en appel, finit, Grâce à dieu, tout de même par démissionner – Hosanna Ozon. Merci pour ce moment ;-(
[1] Ce réparateur de voitures, ancien chauffeur, paraît-il, de Sir Doyle, dont l’enseigne du garage à Saint Saint clamait « Vous pouvez tous crever ! ». D’où l’expression « macache bono ».
[2] Spectateurs criant ?-! SAC, SAC, SAC sur les bips du film censuré de Boisset, avec le météore Dewaere et la mannequin reconvertie Clément (.) (.) ( ‖ )1.
1 La même, nue, dans la scène de la colonie française dans Apocalypse now redux et final cut, versions pour financer la cuvée de vin Director’s cut d’un Coppola soi-disant Renaissant.
[3] Où, PAN dans Le Bec, officia un chef étoilé entubé, expatrié en Chine, par la classe politique locale via Fuzz alors qu’un ancien maire, devenu ministre pour services rendus, alors que les locaux complotaient dans son dos, emmenait tout le gouvernement se sustenter du HTV=homard tête de veau de Têtedoie sur les hauts du pain de sucre.
[4] Préfacier, en tant que dépendant de drogues et de soirées ou salons, de Les cocktails sont un jeu d’enfant de Michel Oliver ou guide de la lèche-babine.
[6] Cet homo refoulé, misogyne, dramaturge raté, antidreyfusard en ville négrière, auteur du célèbre Géographie de la Corse.
[7] Confirmé par les satellites sans déterminer toutefois s’il s’agit d’un animal, d’un minéral ou d’un végétal. Cheveux longs, pensée courte mais porte-monnaie plein. De la musique permet le retour des poissons qui revitalisent lesdits coraux.
[8] Selon Albert Londres dans Japon (1922), la ville est une « cité décourageante », « née de l’union d’un typhon et d’un tremblement de terre ».
[9] Introduits pour sa chaire blanche et sans arêtes au profit de l’industrie du surgelé.
[10] Il était une fouille …Tout paysage est horizon des évènements, des sols – passé-présent-futur -, non en flèche mais en vis platinées avec plurivers simultanés ou une pelote de laine, comme la face du Mont Cindre, Sainte-Victoire, sans éoliennes, par Cézanne, Bibémus papam et, au pied, château de Vauvenargues de Picasso, avec le spectre qui rôde de la bataille des Cimbres comme la rizière de Sekigahara où gagna l’armée de l’Est, sous les couleurs de Tokugawa Ieyasu.
[11] A noter que, de l’autre côté, la croix dite de Lorraine était l’emblème des ducs de Guise – dont celui assassiné qui fut le sujet de l’un des premiers films de fiction du cinéma -, responsables, avec d’autres, du massacre de la Saint-Barthélémy, nom gravé dans une île caribéenne ou paradis fiscal où est enterré notre Johnny national – mais pas pour payer les impôts.
[12] Le nuage radioactif de Tcherno s’arrêta à la douane sans se faire de bile grâce à l’anticyclone sur les indications de Fuzz, aucune condamnation. Autour de la centrale ukraignos, pourléchée pendant la pandémie par un incendie à cause de la sécheresse, le tourisme du tour-operator Fuzz se développe grâce à la série US aboutissant à des jeunettes à poil en selfie, avec atomes crochus et plus si affinités sur du deutérium 235 sur fond de survivalisme.
[13]Nous n’avons décidément pas les mêmes valeurs argue la voix de canard Chaban et sa Nouvelle satiété.
[14] Que Genet, avec le circassien et romanesque Romanès, avait dévalisé en grimpant sur le mur dudit baveux=blanchisseur.
[15] Celui qui a suivi La voie royale a souvent joué à Stop ou Angkor avec case résidence surveillée option sursis.
[16] A noter que malgré son réseau, son pouvoir et son ascendant, Olivier Duhamel, constitutionnaliste, professeur à Sciences Po, président de la Fondation nationale des sciences politiques et du très sélect Siècle, avocat associé du cabinet de Me J. Veil, revuiste avec Pouvoirs, directeur de collection chez Dalloz et journaliste, rentre dans la Série noire en ayant été dénoncé dans La Familia grande de Camille Kouchner pour pédophilie sur l’un de ses beaux-enfants issus de Kouchner. Pisier inanimée dans la piscine. Duhamel ne convoitera donc plus un poste au Conseil constitutionnel.
[17] Vilain petit canard de la dynastie républicaine dont Carrington fut le premier sinistre d’une République qu’il créa de toute pièce, à partir d’Uriage, avec cette école de hauts factionnaires, l’ENUL devenue INSP où ils ont tous des problèmes psy. Constance Debré, auteure avec peau sur la table, est la fille du vilain petit canard de ladite dynastie. Mise en abyme.
[18] Il fera donc l’objet d’un livre d’autofriction à succès►poche►occas’►vide-grenier avant le pilon en un laps ou circuit court de la non-création pour terminer en essuie-tout, papier toilette ou carton.
[19] Ainsi que la libanomantie ou art d’interpréter l’encens comme Mademoiselle Lenormand.
[20] « Par la bérézina le vit d’un archevêque / au fromage a donné le nom de Pont-L’Évêque », répond à poétride, Labé, ce Scève, selon certaines thèses – dont celle qui s’occupe de l’édition en Bibliothèque de la Pléiade -, de la Belle cordière, férue de clystère barbarin : « d’or barbarin et d’argent de copelle ».
[21] Changeux ne devrait se consacrer, pour changer, qu’à la peinture française du XVIIe.
[22] L’inventeur de l’essai randomisé en médecine, défendit ladite industrie car il était fumeur.
Jeanne Chérhal a du peps, un vibrato à la Sanson ; ici deux synthés (un fender roads rôde ; Romain tâte du clavier et de la trompette) disposés comme deux pianos en demi-queue tête-bêche qu’elle surmonte. Frémaux, qui l’invite souvent à chanter au Festival Lumière, Cinéma (ici elle entame La maman et la putain), arrive à 21h. Elle est souple (ancienne danseuse ? yoga ?), sexy en faut doré lamé or et pailleté puis en noir, longues jambes sous jupe au ras de la touffe, talon hauts noirs, rouge à lèvres écarlate sur dents de cheval. 47 ans, sa beauté s’étiole ; belles jambes mais grosses cuisses et genoux cagneux. On sent qu’elle s’est faite jetée par un amant qui a dû en prendre une sexy plus jeune. Elle est venue ici il y a 20 ans Elle est à l’aise sur scène, qu’elle domine facilement. Elle est complice avec le public. Plusieurs chansons sur le comportement des hommes comme des porcs, dont la dernière Les loups. Un vieux beau à la batterie fait décoller le concert dans un moment disco à Charley, le temps qu’elle se change. 5 guitares. C’est vraiment une femme, naturelle, abordable, à l’aise, que l’on a envie de rencontrer : une bonne nature. Elle prend une guitare pour une chanson. Elle chante Jean, il chante Jeanne.
Voulzy
L’année dernière Souchon, cette année Voulzy, sa 4e fois aux Nuits de Fourvière. Assis au 7e rang en orchestre. Voulzy avait fait une apparition au Natura de Metz début 2000. Comme l’affirme une spectatrice, « C’est probablement la dernière fois qu’on le voit ». Il s’approche, seul, le cousin de Pascal Légitimus. Je ne le reconnais pas : grosse masse qui a du mal à marcher, à chausser ses guitares, engoncé dans un haut de marin militaire ridicule, double menton, visage bouffi, look de jet-set avec chaussures blanches neuves montantes et jean délavé artistiquement troué. Après églises, cathédrales et basiliques, le spirituel entame une autre tournée. Le concert est poussif avec beaucoup de gestes pour dire à la régie de monter ou descendre le son, beaucoup de larsens : pas très pro même si bonne ingé son. Voulzy commence avec Bubble star à la guitare / voix ; il manque les chœurs, empruntés aux Beachs boys, spécificité de Voulzy. Les musiciens le rejoignent : sauvant la mise, Michel Amsellem, excellent clavier sur son Hammond modernisé, qui a composé pour toute la variété, chanson française, des trente dernières années. Un gars au violoncelle et à la batterie, ce qui n’est pas courant. Se présente d’abord un pad, déception. Une harpiste, guitariste (bleue horizon, la guitare) et violoniste, voix, Karen. Et un bassiste, avec 4 basses, et voix, assez aiguë. Voulzy lit son prompteur même pendant les textes de transition entre les chansons ; aucune spontanéité. Ses gestes sont outranciers et ridicules, bouger, même s’il ne peut plus trop, le pelvis comme un ado, faire des grands gestes téléguidés des mains, faire des grands yeux forcés en boules de loto pour faire croire que le public, participatif, est exceptionnel. Il est aussi juste que des jeunes parents ou les grands-parents avec un jeune bébé. Il massacre Cœur grenadine, tousse. Sa mère, chanteuse, morte il y a trois ans, n’aurait pas été fière. Le concert décolle avec des musiques Caraïbes, Le soleil donne, etc. Les nuits sans Kim Wilde (face A de l’album avec Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante) met le feu mais, pour Voulzy, l’esprit n’y est plus. Jeanne, un reste d’opéra sur Jeanne d’arc : on voit que, comme Sheller (j’aurais dû le voir en concert aux Nuits mais ce fut malheureusement annulé, pour des raisons de santé, alors que, exception de sa chanson L’enfant laboureur pour Barbara, c’est l’un des meilleurs auteur-compositeur français, même si la voix n’est pas exceptionnelle), il a une base classique. Pour Rockollection, tous les musiciens se mettent à la guitare. Des images projetées sur 5 panneaux. En hommage à Brian Wilson, vu avec les Beach boys aux Nuits de Fourvière (Voulzy avait collé le morceau sans demander leur avis ; il a décoché un gros chèque pour entente à l’amiable), je pousse les aigus ; pour Gloria de Von Morrison, également, on me regarde (la version change de celle que je vis ici par Patti Smith). Lorsque j’entame Satisfaction des Rolling Stones, je n’arrête pas de pleurer jusqu’à la fin du concert : je chantais « et les cailloux chantaient » – c’était drôle pour moi, car cela ne voulait rien dire, c’était absurde, j’avais moins de 10 ans – dans le jardin à Manthelan (Indre-et-Loire, près de Tours) avec mon regretté grand-père (travaillant à l’EDF, il est probablement mort jeune du cœur à cause des lignes à haute tension mais cela n’a malheureusement jamais été prouvé ; en outre, il était martyrisé et battu par sa femme, mis plus bas que terre alors qu’il fut un Résistant émérite). En rappel, Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante, peut-être l’une des plus belles chansons du répertoire français, elle me tire des larmes à chaque fois. Les quatre musiciens arborent des drapeaux au vent.
Le poli chant du styrène de Resnais d’après Queneau[4] à partir de la raffinerie. Smog dans le couloir=la vallée de la chimie, entre acide sulfurique, produits fluorés[5] et médicaments en passant par la lessive, où trônent les torchères en jeu de dames pour les phobiques de Fogg. Au marteau de Babinski en Armory show, lever de coude pour le (dé)zingueur avec des pousses-au-crime en coups d’arrosoir, Un tomahawk sur l’armoire, en brèves de comptoir, ‘Ahlàonvaaubar éructe Fuzz fiché S, maître de chai, J’sais pas pas pas : tour du monde en 80 ballons[6] pour buvaisons dont Brouilly®, Saint-Amour®, Juliénas®, Morgon®, Fleurie®, Moulin-à-vent®, Chiroubles®, Chénas®, Régnié®, Saint-Jo®, Crozes-hermitage®, Condrieu®, Côte-rôtie®, Givry®, Mâcon® du pays de James Brown, qui parfois remplace Little Richard, et alii, ces petits jésus en culotte de velours avec les dents du fond qui baignent,
– Ce vin nature a un goût Didier !
– C’est-à-dire ?
– Il sent la merde, le temps de décanter.
– Mercy pour ce vin inclusif, moi qui croyais que le Beaume-de-Venise était une tête de
gondole.
« C’est plus des vins, c’est des souks ! » s’exclame Pivot, ce journaliste beauf et bon vivant, spécialiste des grumes dans le jarlot, initiateur de l’ère du clash, après Polac, avec Bigeard versus Brassens, Bombardier versus Matzneff, Leys versus la proMao, dans Apostrophes consacré à Couleurs, senteurs et saveurs, justement attaqué par le doué et esseulé Raymond Cousse, redécouvreur de Bove, ainsi que par Murray. 20 morts, peau de zébi, que tchi, peau de balle, que pouic, nada, macache (bono), nib, que dalle, peau de zob, oualou, des nèfles pour qui empile les slips et caneçons sous les couches-culottes devant les 75 vierges en Californication dreamin’ ou les 11000 verges.
Arracher le chiendent=aller au persil : casse de durailles=diams=rapes d’Orient à coups de pressons et de percerettes en longs plans-séquences à la Melville et en split screen façon Thomas Crown avec BB F. Dunaway – cherchez la femme -, barbot Fuzz, bijoute – vol à aumône -, fait le flic-flac, écorne un boucard avec RPG=bazooka et AK=kalach en plein jour – voilà le chiendent – par les avales-tout-cru pour qui en croque ; y’a de la graisse pour la grenouille, plus d’un million – bousin bouffe grenouille, le scorpion et la grenouille, hypothèque pour apothèque. Trier les bijoux d’exposition car, selon Cartier, il existe des diams aussi vrais que ceux du Canada, surtout ceux qui émettent des sons comme cette rappeuse salafiste revendicatrice désormais voilée. Y’a du schproum ! Un blessé. Envers et contre tous, T’as voulu voir Anvers, t’as vu Montmartre. In media res, le fait divers se retrouve dans la seconde dans les médias en boucle. Le gang des papys contre l’influenceuse au popotin proéminent. Fuir en plein jour, sous l’effet Dunning-Kruger=biais de confirmation, en s’enduisant le visage, à découvert, de jus de citron afin d’être invisible devant les caméras de surveillance comme pour l’encre sympathique – le polaroïd faisant foi, sans chômer en trottinette électrique, atteint du syndrome de l’écureuil, puis aller au moulin chez le carreur=fourga=crossin=receleur pour le restant malgré. Disséminer de la crotte de lion lyophilisée pour perturber l’odorat des alarmistes=tambours=boules=clebs.
Taramis, le ciel tombe sur la tête pour Jules l’Averne non loin des Allobroges dans un nanar français[7] aux trois bidets d’or avec Christophe Lambert, tourné en Bulgarie avec des rugbymen. Cul sec, le vin rouge dans Les Folies gauloises, cette taverne à putes. Tunnel enfumé à la jonction d’autoroutes et aux abords d’un amphithéâtre édenté antique. Un goût de revenez-y façon Reverzy et vice-versa.
Rite icigo : tout être vivant porte son faux visage ou son masque[15] comme le masculin Fuzz – épidémies, air filtré taxé à des points de recharge – pour devenir une personne. Avant Trinità voire Django par le réalisateur polyflemmes, foi de Nemo, travaillé du cyclope ou n’a qu’un œil, où il n’y a pas de Réveillon chez Bob le flambeur, son nom est personne selon le test de Valéry ou de Turing façon moutons éclectiques !Almería chante Gainsbourg en tilde dans le désert avançant alors que les figurants provenant de l’armée de Franco s’affairent pendant que Serge se tape BB, feulant dans une version originale et inédite de Je t’aime, moi non plus tout en étant mariée au playboy allemand Sachs, aménageant, pour Bardot, 5 bis rue de Verneuil dans cette boutique obscure d’antiquités dans un noir total à la Dalí grâce à l’astrakan mural ébène – châsse d’occase=œil de verre tombant sur le toit des Galeries Lafayette® comme dans Peur sur la ville avec musique angoissante en accords plaqués de piano d’Ennio. Se méfier de celle-là, c’est une masque affirme celui qui chante La beauté cachée des laids[16]. Boire un milkShakespeare : le monde est une scène, Fruit et Bourreur[17]. That’s all, Faulkner !
[1] Entre 20000 selon Alonzo de la police et 65127 selon Alex du syndicat. La naissance se joue entre W. P. Eno (USA, 1905) et Eugène Hénard (L’Etoile, Paris, 1907). Selon le Certu, le rond-point doit se conformer à 13 conditions dont voici la première : « Un carrefour giratoire est tout d’abord un carrefour. ». Spéciale dédicace aux poètes Jean-Michel Espitallier et Cédric Lerible dont les ronds-points ont été un sujet cental.
[2] La fusée de Tintin (Chabeuil, Drôme), la Porte d’harmonie d’Annemasse (Haute-Savoie), l’Opinel® de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), le Kiwi de Peyrehorade (Landes), les vaches bleues – et non la madeleine – de Commercy (Meuse), l’Ours de fer de Gramat (Lot), la Mante religieuse de Sérignan-du-Comtat (Vaucluse), la Chaufferie avec cheminée à Vitry-sur-Seine (Jean Dubuffet, Val-de-Marne), les Panneaux à Villeurbanne (Patrick Raynaud, Rhône), la Main jaune à Châtellerault (Francis Guyot, Vienne). Plé se consacre à l’art giratoire en polyuréthane ou mousse PU : Hommage aux cycles à Saint-Quentin (siège des usines Motobécane®, Aisne); Charrette & Tonneaux à Aigre-Villejésus (Charente); Le tonneau (rond-point d’Archiac, entre Charente-Maritime et Charente); L’Enfant et l’Huître à Marennes-Hiers-Brouage (Charente-Maritime); Les Cagouilles charentaises à Lorignac (capitale mondiale de l’escargot petit-gris, Charente-Maritime); Les Bateaux de papier à La Tremblade (Charente-Maritime); Les Chaînes brisées à Cayenne (Guyane); Le Ramasseur degalets à Saint-Jouin-Bruneval (Seine-Maritime); La Baigneuse aux goélands à Mers-les-Bains (Somme).
[3] « Chacun a secrètement l’idée de Dieu, comme chacun a un cabinet. », A. Cravan, Notes. Le papier Q étant plein de PFAS=polluants éternels, le nettoyage par bidet revient à la mode, pour les hommes notamment, tout comme le chiotte nippon avec sa douchette d’eau – The perfect day de Wenders y contribue.
[4] Italo Calvino meurt à Sienne en 1985 en pleine traduction.
[5] Mousse anti-incendie, peintures, pesticides, poêles en Teflon®, papier cuisson, emballage alimentaire, textiles, cosmétiques, etc.
[6] Selon l’érudit Gabriel Peignot, dans un mémoire, intitulé, Philotésie, présenté en 1835 à l’Académie de Dijon, le vin « réveille l’esprit, électrise l’imagination, dispose à la gaieté, à la franchise, aux sentiments généreux. »
[8] Ville qui ne s’est jamais remise du passage du Roi Soleil – où le fou chantant,, est rattrapé par un scandale sexuel, La chance aux chansons – et de Chabrol, attiré par le manger provençal, sur le Cours Mirabeau, coule la scène, et alentours pour A double tour.
[9] -:- C’est sans danger, dixit Laurence Olivier – échappé de Shakespeare & Rebecca mais pas des mains du Marlon-à-voile-et-à-vapeur, et Leigh – sur Dustin.
[10] Cette disquaire et musicienne punk devenue autrice à succès, féministe devenue Virginie Violente, sans pour autant réaliser sa résilience dans une société de plus en plus violente.
[11] « Les idées préconçues ressurgissent et meurtrissent la conscience féministe / Manifs de cathos, crackettes à problème d’ego / Parlent et parlent sans crainte de se tromper d’ennemi / Amalgament et sèment le doute dans les esprits / La mémoire courte, la femme libérée s’appauvrit. » dans We are at war.
[12] Gensoul, contre l’anesthésie, protégea les blessés ; Liszt chez Sand en rescousse en esprit.
[13] Le mot est de Vian, car un tube, c’est creux.
[14] Triage de lapins de garenne, lièvres, chevreuils, marcassins, biches, cerfs, poulets de Bresse, canards mulards, cailles et pigeons des Dombes, colverts, faisans, perdreaux, palombes, grouses d’Ecosse, viande – pas de la gorre – de porc, ris de veau, foie gras, truffes radioactives du Tricastin pour truffivores, pistaches ; marinage, préparation, garnissage, confection de farces, choix d’aromates et de couleurs, travail de la pâte et décor de la surface, montage, répartition, composition de la coupe et des couleurs, équilibre de l’ensemble, cuisson 8h et refroidissement à cœur d’un jour.
[16] Comme Jeanne de France (1464-1505), Charles II d’Espagne, la princesse Palatine (1652-1722) se décrivant comme « carrée comme un dé », Danton cul, Toulouse-Lautrec fort bien pourvu, « la séduction de crapaud » de Sainte-Beuve, le cabotin Mickey Rooney dans Diamants sur canapé, d’Edwards (1961), la femme à barbe Jane Barnell, la gueule cassée Alain Jugon.
[17] Comme l’écrira le sudiste US et alcoolique d’us, scénariste à Hole-y-wood, le Nobel Bill posant pendant sa jeunesse rif-raf en faux lieutenant blessé de la R.A.F. pour faire comme.
[18] Pas d’expiation du massacre de la Commune comme au sommet de Montmartre avec cet os de seiche pour touristes, plus que « blême comme un navet » (Paris au mois d’août, René Fallet) ou « crâne de ville orné d’un panache blanc » (Les XXarrondissements de Paris, Léon-Paul Fargue) pour boule à neige.
[19] Après Apollinaire, Cendrars, Jacob, Cocteau, Aragon, Breton, Artaud, le baveux=lessivant=habillé de noir=avocat=lessiveur finissant dans une roulotte, Moerman, ce versificateur belge de Fantômas 33 et filmeur de Monsieur Fantômas (1937) avec musique de Ledent pour 6 saxophones, pose sa chique dans la roulotte -, avec Jean Mi – pronier=daron du figurant dans Les diaboliques de Clouzot d’après « Barbemada de Torquevilly »= « Lord Anxious »=Barbey d’Aurevilly : Lidl® des jeunes, ?- : Quoi ma gueule finissant en sculpture de Lavier, une Harley® sur manche de guitare causant la furie des bikers – Eh dis donc David fils de pute – en Fantômas en smoking et chapeau claque. Le tout doublé de La complainte de Fantômas de Desnos, ce poète radiophonique, mort du typhus dans les camps, interprété par Bashung dans L’imprudence. Rappel pub :
FANTÔMAS !
Vous dites ?
Je dis … FANTÔMAS !
Cela signifie quoi ?
Rien et tout.
Pourtant. Qu’est-ce que c’est ?
Personne. Mais cependant quelqu’un.
Enfin que fait-il ce quelqu’un ?
Il fait PEUR.
[20] D’après un danois, le même qui composa une symphonie avec trois chiens.
[22] Badinter-Hugo-Escaich-Py d’après Claude Gueux d’Hugo.
[23] Les Muses, « Illustres gueuses du Parnasse », avec la robe « coupée au cul » (Oeuvres de Maynard, Paris, Courbé, 1646) : dépenaillées et courtes vêtues.
[24] L’hautboïste, l’air de rien, brasse du vent comme un homme politique, bât, bas de l’air en maniant du badelaire comme Baudelaire qui, poète dit maudit, battait de l’aile, tel L’Albatros. Crénom ! Fargue ajoute « Ah ! l’urbanisme va plus vite que la lumière ». (Léon-Paul Fargue, op. cit.).
[25] Duras, M. Madame Dodin. Paris : Gallimard, 1954 in Duras, M. La cuisine de Marguerite. « Les poubelles » de Madame Dodin Paris : B. Jacob, 1999. p. 61.
[English in 2nd part; espanol en la parte 3] Après Beth Hart, très à l’aise, et, entre autres, sa superbe reprise, impériale, d’un morceau de Led Zeppelin, à l’Amphi 3000 à la Cité internationale à Lyon, Beth Gibbons. Mais il y a aussi Beth Orton et tant d’autres. J’avais raté, il y a onze ans, Portishead aux mêmes Nuits de Fourvière : elle a dû déjà apprécier ce théâtre antique de 3 600 places sur 4 200 ce jour. Quelqu’un me souffle que le concert n’est pas complet. Diable, le gotha est là : Assayas (SCOOP : Very good trip continue; Laurent Goumarre devient Directeur des programmes de France inter), Eudeline, etc.
Beth, née à Exeter (Devon), a pris son envol solo post trip hop Portishead, accompagnée par Rustin Man, pour deux albums mi-Nick Drake mi-Nina Simone, une folk fantomatique, sur Lonely carousel aux côtés de Rodrigo Leão (ex-Madredeus), extrait de l’album Cinema d’icelui, des collaborations, avec Jane Birkin (Strange melody sur Rendez-vous ; My secret sur Fictions), Kendrick Lamar avec Mother I Sober, ou le traumatisme généré par les abus sexuels commis sur des générations, sur Mr. morale & the big steppers ou le chef d’orchestre Krzysztof Penderecki (1933-2020), auquel elle offre sa voix de soprano, alors que celle de Beth est plutôt contralto, en 2019 pour une version discutée de la Symphonie n°3 dite Symphonie des chants plaintifs d’Henryk Górecki (1933-2010) – une prière à la Vierge Marie écrite par une prisonnière de 18 ans sur un mur de sa cellule au siège central de la Gestapo, à Zakopane, durant la Seconde Guerre mondiale. D’autres collaborations : O.rang, Joss Stone, Fried, Annie Lennox et sa superbe voix, JJ Doom, Gonjasufi. Elle lutte pendant l’été 2023 contre les talibans en chantant avec le groupe de jeunes Afghanes Miraculous Love Kids, Atmosphere de Joy Division et Heroes de David Bowie.
Canicule. Plein soleil, les nuages noirs s’amoncellent. Climat lourd. La pluie est annoncée depuis une semaine. Peu de monde dans les files d’attente à 18h15 pour un concert à 20h30. Je discute, à partir d’une de mes saillies, sur la cherté des billets de concerts (plus 60% en 10 ans selon Le Monde), modérée au regard de ceux d’autres pays (Américains et Philippins sont venus à Décines, près de Lyon, pour voir Taylor Swift au LDLC car, tout combiné, c’est moins cher ; le gars interviewait), sur les tarifs flottants sur Tickmaster, dont pour, cas d’école, Oasis, avec un gars d’Euronews au fort accent, pointu sur la musique, une anglo-saxonne ado blonde et boutonneuse le rejoint ; lui aussi a vu Fontaines DC mais ne pourra être présent pour raisons professionnelles à The Kills, il a une place presse pour Kool and the gang dont un membre vient de mourir récemment. Un Marseillais s’immisce et évoque ses concerts dont un ratage monstrueux de The National à Montreux. Un Suisse embraye : peu de jazz à Montreux, un festival cher ; The National ennuyeux. Il a vu John Zorn trois jours d’affilée. Ce n’est pas la première fois que je vois un Suisse venir aux Nuits de Fourvière : c’est ici beaucoup moins cher. Le Marseillais m’apprend qu’un concert de Nine inch nails à Lyon est supprimé alors qu’ils passent ailleurs la veille. Contrairement à Cypress hill, des coussins sont distribués à l’entrée. Il nous est indiqué que les pierres glissent ; en fait, ils veulent éviter que l’on court.
Au quatrième gradin au centre, je discute avec une dame qui s’occupait de faire venir des clients d’entreprises à Lyon. Elle sort une banane tigrée d’un porte-banane jaune à trous. Une pure lyonnaise qui vit à la Croix-Rousse depuis trente-cinq ans. En dessous, une Marseillaise, native de Phocée vers la Blancarde, vit à Lyon en passant par Lille qu’elle n’a pas aimé. Elle aussi a vu Sonic Youth au théâtre du Moulin, où j’avais été par hasard le jour de mon anniversaire, il restait des places : une déflagration. Un anglo-saxon âgé, très grand et dégingandé, plus maladroit que Pierre Richard, s’installe avec sa femme ; il m’emmerdera avec son sac à dos – plus grand de taille que de cerveau, il comprendra que son sac mouillera par terre. Derrière, un grand avec handicap amyotrophique et collier de barbe comme chez Daumier ou un dessin animé japonais de années 80.
Tête de l’art
Soirée musique savante et jeunes soixantenaires. A part Nick Drake (River man est certainement l’une des plus belles chansons du monde) et, pour sa voix, Joan Baez, vue par hasard et gratuitement à Montpellier, la folk n’est vraiment pas ma came. En attendant la première partie et pendant, la pluie tombe drue, parfois à la limite des grêlons. Une belle jeune fille brune, accompagnant une vieille, s’amuse, bien que sans rien et prenant l’eau, et prend des photos de la marée de ponchos, désormais distribués gratuitement, notamment dans le grand carré, hué, d’invités (un Jésus blond, pieds nus, façon Led Zep, avec un sac léopard en bandoulière). Assez tard, le grand Bill Callahan (né William Rahr Callahanen), alias Smog, chemise verte et pantalon bleu, le cowboy goûtant peu la modernité s’installe tranquillement avec sa guitare telecaster blanche au centre marron, une boîte à rythmes et une Charley qu’il utilise assez peu. Un dispositif on ne peut plus minimal pour un seul en scène en bord de scène malgré la pluie rageuse. Bill est imperturbable ; il cause tout de même de la pluie. Sa voix caverneuse qu’il module parfois en cris du coyote nous promène dans l’Americana. On dirait le cow-boy dans le bowling de The big Lebowski (Frères Coen, 1998). Après plusieurs morceaux, il chausse son médiator. C’est un guitariste émérite : un moment, nous croyons à des distorsions indiennes à la Doors. Pauvre, le public est plus obnubilé par l’enlèvement du poncho à remettre dès que quelques grosses gouttes pointent. Un vieux à côté de la jeune, qui dodeline également de la tête, imite le cowboy à cheval, à la limite du ridicule. Les femmes sont sexy avec la pluie qui colle les vêtements contre la peau.
La belle est la Beth
Arrêt magique de la pluie. Les éclairs intenses et inoffensifs à droite tout le long du concert ajoutent à la magie du spectacle. La rouquine britannique, entre Glastonbury (Somerset) et la Philharmonie de Paris pour le festival Days Off, ne se dépare point, en toute simplicité, de son débardeur noir et jean, pieds nus. Elle entame dans l’obscurité, en arrivant avec ses sept musiciens, Tell Me Who You Are Today (« Si je pouvais guérir mon corps »), une lente mélopée folk avançant par vague sur des violons lancinants sur paysages décharnés entre Drake ou Jansch, l’ouverture de Lives Outgrown (Vies Dépassées), un album étalé sur dix ans, loin des facilités (basses fréquences, bing pour Portishead), joué en intégralité (temps assassin, ménopause – un « audit massif » qui « vous coupe les genoux », amis qui partent, corps déclinant, mort). Un écrin pour sa voix, fluette, intense et envoûtante dans la tradition du folk anglo-saxon (Sandy Denny, Vashti Bunyan, Linda Perhacs), sept musiciens, polyvalents, émérites placés en demi-cercle dans le proscenium; selon les notes de Michka Assayas : le grand Howard Jacobs, habillé à l’orientale en kimono blanc my house et longue barbe, aux percussions, glockenspiel ou vibraphone, saxo baryton longiforme (une rare impro free pour Whispering Love avec note soutenue par harmonium, un violon à la Ellis ou A. Part), flûte traversière psyché à la Night in white satin (The Moody Blues, 1967) et scie musicale; Eoin Rooney à la guitare; Tom Herbert, contrebassiste chevronné de jazz (en vrac Floating points, Beck, Yoko Ono mais aussi Grace Jones, Frank Ocean, Adele, Thom Yorke et The Smile, David Gilmour, Beth Orton, le regretté Tony Allen) qui se la joue d’entrée Page avec archet; Sophie Hastings, comme la bataille (1066), conservatoire de Birmingham, remplaçant au pied levé Lee Harris (ex-Talk Talk ; Beth chante également Tom the Model, entre folk et soul, on dirait un tube des années 60 avec son orgue Hammond, et Mysteries – superbe vocalise, puissante pour une chanson poignante, deux morceaux empruntés de folk extraits de l’album Out of Season enregistrés il y a plus de vingt ans avec l’ancien bassiste Paul Webb aka Rustin Man) qui, avec Ford (Simian Mobile Disco avec We Are Your Friends remixé par Justice est devenu un tube mondial, Fontaines DC, Artic Monkeys, Blur, Depeche Mode, Pet Shop Boys, Kylie Minogue, etc.), travaillent le son de son premier album ; Jason Hazeley journaliste et auteur de livres humoristiques, aux claviers, dont un Roland, un Farfisa, un son à l’orgue Hammond, un Mellotron; Emma Smith, officiant également chez Pulp, qui sort enfin un album, au violon et clarinette; Richard D. Jones, et non James, qui sort un nouvel album attendu, à l’alto et guitare. Le dulcimer est-il présent ? Enorme concentration, ça plaisante pas, ça joue. Un type surnage en fosse en imitant la brasse et le crawl. Paix et joie dans ton cœur : « Le fardeau de la vie ne nous laisse jamais tranquille… » (Burden Of Life, comme le triste Bang Bang de Nancy Sinatra). « Je flotte sur un moment / Je ne sais pas combien de temps / Personne ne sait, personne ne peut rester… » (Floating On A Moment) chante-t-elle voûtée, rivée à deux mains au micro. L’orchestral Oceans à la Scott Walker (« L’ovulation s’est déroulée sans qu’il n’y ait de bébé en moi. Et mon cœur était fatigué et usé »), la beauté sépulcrale de Lost Changes avec sifflements, proche de la géniale Tori Amos ou de Drive de REM. Son Rewind, avec inflexions arabisantes, des distorsions de guitares, la saturation de la voix au micro, des bouts à l’envers comme Martin pour les Beatles, un sax baryton free, flirte avec Dead Can Dance;Liz Frazer, la bref nana de Jeff Buckley, de Cocteau Twins n’est pas loin – elles ont collaboré ensemble en 2018. Beth, émue, dite timide, se fend deux fois d’un « Thank you Lyon », « Rain » émerge. Avant le fantomatique For Sale, des percussions façon Afrique du Nord à la Led Zep, flirtant avec The Mercy Seat de Nick Cave, les musiciens, tels Star wars, font tournoyer des boomwackers ou bâtons fluorescents. Le jeu de lumière, travaillé, comme le son, est magnifique, même si souvent il nous éblouit. Ma voisine m’indique que c’est la seule différence avec le live à la Bourse du travail, un théâtre à l’italienne, fin mai 2024 : si les instruments ne sont pas identiques, la set list est la même ; elle partira avant le rappel. Un début de Floating on a moment laisse songer à PJ Harvey basse-guitare du début, ajouté de son « clavecin », le reste de Lives Outgrown, du dernier album I Inside the Old Year Dying ; dans Burden Of Life, fin d’album et de concert, quelques gazouillis d’oiseaux comme PJ dans le Somerset dans son dernier album et spectacle intimiste. « Merci » en français et anglais puis « Amazing« , « Fantastical« , à l’adresse des musiciens. Selon Michka, la musique a gagné en profondeur par rapport à Pleyel.
En rappel, le public, contenu, se lâche en délires, pour Roads ou la solitude maudite, et Glory Box (la partie percus en transition change de l’original en mieux ; le public entonne, comme un besoin d’expulser les émotions : « Give me a reason to love you / Give me a reason to be a woman / I just wanna be a woman » avec son intonation à la Janis; je me souviens de ce CD en tirage spécial acheté chez un disquaire messin près de chez moi) de Portishead – je me remémore d’avoir anticipé, grâce à France inter, la venue de ce courant important en France et ailleurs. Les spectateurs seront privilégiés : pour des raisons de droits, ces morceaux ne seront pas radiodiffusés. Fin avec Reaching Out avec scie musicale. 23h10, fin du concert. Beth fait troupe pour le salut sous lumières crues. Exubérante, elle se lâche : « Merci beaucoup », « Treasure » à l’égard des musiciens ; le colosse Jacobs prend des photos du public. Les coussins mouillés sont balancés en signe d’approbation, spécificité des Nuits de Fourvière.
Malgré l’interdiction de filmer avec son portable (Jack White interdisait l’utilisation de téléphone qu’il fallait déposer à l’entrée), ces 80 minutes de grâce, en apesanteur, ont été gâchées par des filmeurs impénitents pendant toute la durée des chansons. J’ai essayé d’en alpaguer un devant en lui expliquant que j’avais payé pour un concert et non pour voir son écran. Une dame à gauche utilise des jumelles. Un grand type mince derrière, avec son t-shirt rouge, gâche mon concert en tant que Manu Katché des bacs à sable en faisant les percus avec ses cuisses. J’ai trouvé le son très mauvais, notamment la balance voix / instruments, le son sourd de la batterie, la basse grésillante ; avec des Boules Quiès, cela passe mieux. Le type de France inter, qui a fait un tour en fosse, me dit que le son était bon. Bon.
Dans le métro, je tombe sur le bassiste de Fox Paradox avec sa boucle d’oreille façon Renaissance à l’oreille gauche, mode quand tu nous tiens ; une groupie de grande taille, pointes de couleurs sur longs ongles de pieds, boucles d’oreilles dorées bourges. Une photographe, mi rasée avec Docs se faufile dans la Maison Prune à côté de chez moi.
After Beth Hart, very at ease, and, among other things, her superb, imperial cover of a Led Zeppelin song, at the Amphi 3000 at the Cité internationale in Lyon, Beth Gibbons. But there is also Beth Orton and so many others. I missed, eleven years ago, Portishead at the same Nuits de Fourvière: she must have already appreciated this ancient theater of 3,600 seats out of 4,200. Someone tells me that the concert is not sold out. Hell, the elite are there: Assayas, Eudeline, etc.
Heatwave. Full sun, dark clouds gathering. Heavy weather. Rain has been forecast for a week. Few people in the queues at 6:15 p.m. I discuss, based on one of my sallies, the high cost of concert tickets (up 60% in 10 years according to Le Monde), moderate compared to those in other countries (Americans and Filipinos came to Décines, near Lyon, to see Taylor Swift at the LDLC because, all in all, it’s cheaper; the guy was interviewing), the floating prices on Tickmaster, including for, a textbook case, Oasis, with a guy from Euronews with a strong accent, knowledgeable about music, a blonde, pimply Anglo-Saxon teenage girl joins him; he also saw Fontaines DC but will not be able to attend The Kills for professional reasons, he has a press slot for Kool and the Gang, a member of which recently died. A Marseille resident interjects and mentions his concerts, including a monstrous failure by The National in Montreux. A Swiss man follows up: little jazz in Montreux, an expensive festival; The National is boring. This isn’t the first time I’ve seen a Swiss come to the Nuits de Fourvière: it’s much cheaper here. The Marseille resident tells me that a Nine Inch Nails concert in Lyon has been canceled, even though they were playing elsewhere the day before. Unlike at Cypress Hill, cushions are distributed at the entrance.
In the fourth row, in the center, I’m chatting with a woman who was in charge of bringing corporate clients to Lyon. A true Lyonnaise who has lived in Croix-Rousse for thirty-five years. Below, a Marseillaise, born in Phocée near Blancarde, lives in Lyon by way of Lille, which she didn’t like. She too saw Sonic Youth at the Théâtre du Moulin, where I had gone by chance on my birthday; there were still tickets left: a blast. An elderly Anglo-Saxon, very tall and gangly, more clumsy than Pierre Richard, sits down with his wife; he’ll bother me with his backpack—bigger in height than in brain, he’ll understand that his bag will wet the floor.
Head of Art
An evening of classical music and young sixty-somethings. While waiting for the opening act and during it, the rain is falling heavily, sometimes bordering on hailstones. A beautiful young brunette, accompanying an old woman, is having fun, despite being completely naked and getting wet, and is taking photos of the sea of ponchos, now distributed free of charge, especially in the large, booed square of guests. Fairly late, the great Bill Callahan (born William Rahr Callahanen), aka Smog, a green shirt and blue pants, the cowboy with little taste for modernity, settles down quietly with his white Telecaster guitar with a brown center, a drum machine, and a hi-hat he rarely uses. A setup that couldn’t be more minimal for a one-man band at the edge of the stage despite the raging rain. Bill is unflappable; he still makes rain. His cavernous voice, which he sometimes modulates into coyote cries, takes us on a journey through Americana. He puts on his pick. He’s a skilled guitarist: for a moment, we think he’s playing Doors-style Indian distortion. Poor guy, the audience is more obsessed with taking off their ponchos and putting them back on as soon as a few heavy drops appear. An old man next to the young woman, who’s also nodding his head, imitates a cowboy on horseback, bordering on ridiculous.
Beauty is Beth
The rain stops, magic. The harmless lightning on the right adds to the magic of the show. The British redhead, between Glastonbury (Somerset) and the Philharmonie de Paris for the Days Off festival, wears her black bodysuit and jeans, barefoot, in all simplicity. She begins in the darkness, arriving with her seven musicians, Tell Me Who You Are Today, the opening of Lives Outgrown, played in its entirety. A showcase for her voice, seven distinguished musicians; according to the notes of Michka Assayas: the great Howard Jacobs, dressed in oriental style in a white « my house » kimono and long beard, on percussion, baritone sax, transverse flute, and musical saw; Eoin Rooney on guitar; Tom Herbert, a seasoned jazz double bassist (in bulk Floating points, Beck, Yoko Ono but also Grace Jones, Frank Ocean, Adele, Thom Yorke and The Smile, David Gilmour, Beth Orton, the late Tony Allen) who plays Page with a bow; Sophie Hastings, like the battle (1066), Birmingham Conservatory, replacing at short notice Lee Harris (ex-Talk Talk; Beth also sings Tom the Model and Mysteries – superb vocals, powerful for a poignant song, two pieces borrowed from folk taken from the album Out of Season recorded more than twenty years ago with the former bassist Paul Webb aka Rustin Man) who, with Ford (Fontaines DC, Artic Monkeys, etc.), are working on the sound of his first album; Jason Hazeley, journalist and author of humorous books, on keyboards, including one by Roland; Emma Smith, also working with Pulp, who is finally releasing an album, on violin and clarinet; Richard D. Jones, not James, who is releasing a new, anticipated album, on viola and guitar. Enormous concentration, it’s not joking, it’s playing. Peace and joy in your heart : « The burden of life never leaves us alone… » (Burden Of Life). « I’m floating on a moment / I don’t know how long / No one knows, no one can stay… » (Floating On A Moment) she sings into the microphone with both hands. The orchestral Oceans à la Scott Walker, the sepulchral beauty of Lost Changes. Her Rewind flirts with Dead Can Dance. Beth, said to be shy, cracks a « thank you Lyon« . Before the ghostly For Sale, the musicians, like Star Wars, twirl fluorescent sticks. The play of light, worked, like the sound, is magnificent, even if it often dazzles us. The beginning of a piece brings to mind PJ Harvey, bass-guitar; in Burden Of Life, the end of the album and concert, a few birds chirps like PJ in Somerset in his latest album and intimate show.
As an encore, the audience, restrained, goes wild for Roads and Glory Box (the percussion section in transition is a change from the original for the better; the audience sings, as if they need to let loose : « Give me a reason to love you / Give me a reason to be a woman / I just wanna be a woman » with its Janis-like intonation) by Portishead. The spectators will be privileged: for copyright reasons, these songs will not be broadcast. Ending with Reaching Out. 11:10 p.m., end of the concert. Beth joins forces for the salute under harsh lights. Wet cushions are thrown around in approval. Despite the ban on filming with cell phones, these 80 minutes of weightless grace were spoiled by unrepentant filmers throughout the songs. I tried to accost one of them by explaining that I had paid for a concert and not to see his screen. A woman on the left is using binoculars. A tall, thin guy in the back, wearing a red t-shirt, plays the Manu Katché of the sandboxes, drumming with his thighs. I found the sound very poor, especially the balance of voice and instruments, the muffled sound of the drums, and the crackling bass; with earplugs, it comes across better.
On the subway, I bump into the bassist from Fox Paradox with his Renaissance-style earring in his left ear, a fashion statement; a tall groupie, with colored dots on long toenails and bourgeois earrings. A photographer, half-shaven with Docs, sneaks into the Maison Prune next door to my place.
Después de Beth Hart, muy a gusto, y, entre otras cosas, su magnífica e imperial versión de una canción de Led Zeppelin, en el Amphi 3000 de la Cité Internationale de Lyon, Beth Gibbons. Pero también está Beth Orton y tantas otras. Hace once años, me perdí a Portishead en las mismas Nuits de Fourvière: ya debía de haber disfrutado de este antiguo teatro con 3600 asientos de un total de 4200. Alguien me dice que el concierto no está agotado. ¡Rayos, la élite está allí!: Assayas, Eudeline, etc.
Ola de calor. Sol pleno, nubarrones acercándose. Tiempo pesado. Se pronostica lluvia para una semana. Poca gente en las colas a las 18:15. Comento, basándome en una de mis ocurrencias, el alto precio de las entradas para conciertos (un 60% más en 10 años según Le Monde), moderado comparado con el de otros países (estadounidenses y filipinos vinieron a Décines, cerca de Lyon, a ver a Taylor Swift en el LDLC porque, en definitiva, es más barato; el chico estaba dando una entrevista), los precios variables de Tickmaster, incluyendo el de un caso de libro de texto, Oasis, con un chico de Euronews con fuerte acento, entendido en música, al que se une una adolescente anglosajona rubia y llena de granos; también vio Fontaines DC, pero no podrá asistir a The Kills por motivos profesionales; tiene un espacio de prensa para Kool and the Gang, un miembro del grupo falleció recientemente. Un marsellés interviene y menciona sus conciertos, incluyendo un fracaso estrepitoso de The National en Montreux. Un suizo me sigue: hay poco jazz en Montreux, un festival caro; el National es aburrido. No es la primera vez que veo a un suizo venir a las Nuits de Fourvière: aquí es mucho más barato. El marsellés me cuenta que han cancelado un concierto de Nine Inch Nails en Lyon, aunque tocaron en otro lugar el día anterior. A diferencia de Cypress Hill, se reparten cojines en la entrada.
En la cuarta fila, en el centro, charlo con una mujer encargada de traer clientes corporativos a Lyon. Una auténtica lionesa que lleva treinta y cinco años viviendo en Croix-Rousse. Abajo, una marsellesa, nacida en Phocée, cerca de Blancarde, vive en Lyon pasando por Lille, lo cual no le gustó. Ella también vio Sonic Youth en el Théâtre du Moulin, donde yo había ido por casualidad el día de mi cumpleaños; aún quedaban entradas: ¡una pasada! Un anglosajón mayor, muy alto y desgarbado, más torpe que Pierre Richard, se sienta con su mujer; me molestará con su mochila —más grande en altura que en cerebro—, comprenderá que su bolso mojará el suelo.
Jefe de Arte
Una noche de música clásica y jóvenes sesentones. Mientras se espera el acto inaugural y durante él, llueve a cántaros, a veces rozando el granizo. Una hermosa joven morena, acompañando a una anciana, se divierte, a pesar de estar completamente desnuda y mojada, y toma fotos del mar de ponchos, ahora distribuidos gratuitamente, especialmente en la gran plaza de invitados, abucheada. Bastante tarde, el gran Bill Callahan (nacido William Rahr Callahanen), alias Smog, con camisa verde y pantalones azules, el vaquero con poco gusto por la modernidad, se acomoda tranquilamente con su guitarra Telecaster blanca con el centro marrón, una caja de ritmos y un hi-hat que rara vez usa. Una configuración minimalista para un hombre orquesta al borde del escenario a pesar de la lluvia torrencial. Bill se mantiene imperturbable; sigue haciendo llover. Su voz cavernosa, que a veces modula en gritos de coyote, nos lleva a un viaje por la cultura americana. Se pone la púa. Es un guitarrista habilidoso: por un momento, pensamos que está tocando una distorsión india al estilo de The Doors. Pobrecito, el público está más obsesionado con quitarse los ponchos y ponérselos en cuanto suenan unas gotas fuertes. Un anciano junto a la joven, que también asiente con la cabeza, imita a un vaquero a caballo, rozando lo ridículo.
La belleza es Beth
La lluvia cesa, ¡mágico! El inofensivo relámpago a la derecha se suma a la magia del espectáculo. La pelirroja británica, entre Glastonbury (Somerset) y la Filarmónica de París para el festival Days Off, viste su mono negro y vaqueros, descalza, con toda sencillez. Comienza en la oscuridad, llegando con sus siete músicos. Tell Me Who You Are Today, el comienzo de Lives Outgrown, interpretado en su totalidad. Un escaparate para su voz, siete músicos distinguidos; según las notas de Michka Assayas: el gran Howard Jacobs, vestido al estilo oriental con un kimono blanco « de mi casa » y larga barba, a la percusión, saxo barítono, flauta travesera y sierra musical; Eoin Rooney a la guitarra; Tom Herbert, un experimentado contrabajista de jazz (entre otros, Floating Points, Beck, Yoko Ono, pero también Grace Jones, Frank Ocean, Adele, Thom Yorke y The Smile, David Gilmour, Beth Orton, el difunto Tony Allen) que interpreta a Page con un arco; Sophie Hastings, como The Battle (1066), el Conservatorio de Birmingham, que sustituye con poca antelación a Lee Harris (ex-Talk Talk; Beth también canta Tom the Model y Mysteries : una voz soberbia, potente para una canción conmovedora, dos piezas tomadas del folk del álbum Out of Season, grabado hace más de veinte años con el exbajista Paul Webb, alias Rustin Man), quien, junto con Ford (Fontaines DC, Artic Monkeys, etc.), trabaja en el sonido de su primer álbum; Jason Hazeley, periodista y autor de libros de humor, a los teclados, incluyendo uno de Roland; Emma Smith, también colaborando con Pulp, que por fin publica un álbum, a violín y clarinete; Richard D. Jones (no James), quien publica un nuevo y esperado álbum, a viola y guitarra. Una concentración enorme; no es broma, es tocar. Paz y alegría en el corazón : «La carga de la vida nunca nos deja solos…» (Burden Of Life). « Flotando en un momento / No sé cuánto tiempo / Nadie lo sabe, nadie puede quedarse… » (Flotando en un momento), canta al micrófono con ambas manos. Los Océanos orquestales a lo Scott Walker, la belleza sepulcral de Lost Changes. Su Rewind coquetea con Dead Can Dance. Beth, de quien se dice tímida, suelta un « gracias, Lyon« . Antes del fantasmal For Sale, los músicos, como en Star Wars, hacen girar luces fluorescentes. El juego de luces, trabajado como el sonido, es magnífico, aunque a menudo nos deslumbre. El comienzo de una pieza evoca a PJ Harvey, bajo; en Burden Of Life, el final del álbum y del concierto, algunos pájaros cantan como PJ en Somerset en su último álbum y espectáculo íntimo.
Como bis, el público, comedido, se descontrola con Roads and Glory Box (la sección de percusión en transición es un cambio positivo respecto a la original; el público canta, como si necesitara soltarse : «Give me a reason to love you / Give me a reason to be a woman / I just wanna be a woman» con su entonación a lo Janis) de Portishead. Los espectadores tendrán un privilegio : por derechos de autor, estas canciones no se emitirán. Terminando con Reaching Out. 23:10, fin del concierto. Beth une fuerzas para el saludo bajo una luz intensa. Se lanzan cojines mojados en señal de aprobación. A pesar de la prohibición de grabar con móviles, estos 80 minutos de gracia etérea fueron estropeados por filmadores impenitentes durante las canciones. Intenté acosar a uno de ellos explicándole que había pagado por un concierto y que no viera su pantalla. Una mujer a la izquierda usa binoculares. Un tipo alto y delgado al fondo, con camiseta roja, toca el Manu Katché de los areneros, tamborileando con los muslos. El sonido me pareció muy pobre, sobre todo el equilibrio entre la voz y los instrumentos, el sonido apagado de la batería y el bajo crepitante; con tapones para los oídos, se escucha mejor.
En el metro, me encuentro con el bajista de Fox Paradox, con su pendiente renacentista en la oreja izquierda, toda una declaración de estilo; una groupie alta, con lunares de colores en las uñas largas y pendientes burgueses. Un fotógrafo, medio afeitado con Docs, se cuela en la Maison Prune, al lado de mi casa.
[English in 2nd part; espanol en la parte 3] Cypress Hill sur la colline qui prie. Après HHH d’Iam, c’est hasch ! J’avais vu le live sur arte en clôture d’Hellfest 2025, je trouvais ça désincarné. Canicule. Pierres chaudes du théâtre antique. 5e gradin central. Une cultureuse obèse, accompagné de son fils de quatorze ans, resté assis tout du long, qui s’en foutra et partira avant la fin, fume. Je lui explique qu’à partir de ce jour, les cigarettes sont interdites dans les parcs, plages, écoles maternelles, à cause du tabagisme passif, et autres. Pendant le concert, j’aurais, en tant qu’asthmatique et allergique au tabac, de la cendre sur ma pompe ; elle lance un « détends-toi ». Les femmes d’à côté, sans gêne (un quart du rang réservé – un type derrière prend leur défense, j’explique que c’est une question de mentalité et d’individualisme français ; un panneau « Réservé » déplacé, les amis qui arrivent par dizaine, une bonne femme à la voix particulièrement forte pendant les concerts, etc.), ont entendu la mise en demeure – l’une, avec une superbe robe bleue et grains de beauté dans le dos, dansera de façon « bourgeoise » et ridicule, elle n’arrêtera pas de soulever ses cheveux arrière pour dégager sa nuque à cause de la chaleur ; un type particulièrement vulgaire travaille au Périscope. Devant, une lesbienne asiatique tatouée qui fume, heureusement petite, qui n’arrête pas de bouger les bras comme sa soumise, avec sa casquette « tortue géniale » d’Akira; j’ai dû lui dire de baisser son téléphone portable qui filme, elle me répond que je n’ai qu’à me lever (j’ai un lumbago). J’aurais plus vu ses bras, son portable et son verre en plastique que le concert ! Derrière, une obèse, qui s’est étalée, s’est assise sur les lanières de mon coussin ; j’aurais plus de coups involontaires du type derrière qui s’excuse. Des italiens, en haut, à côté, sont particulièrement bruyants. 20h30, un bon duo de Tours avec rap anglais et un scratcheur live honorable, vocoder à tube à la Tupak. Encore une bonne première partie, chance ! Backstage, le régisseur arbore son bras tatoué, une femme en robe à poix verts dodeline de la casquette ; Tito en haut.
21h40. La bannière des Cypress Hill se lève, avec une belle feuille de cannabis pour ce groupe de rap west coast, californien, militant pour la beuh – la France est l’un des pays les plus répressifs en Europe. Le DJ black (DJ Muggs ?) à lunettes noires scratche dix minutes, brillant, un dieu : Daft punk – petit hommage à la France, Immigrant song de Led Zep, Metallica, Smells Like Teen Spirit de Nirvana, etc. Ça enchaîne ! Le théâtre est chauffé bouillant. Un.e photographe habillé.e en ninja noir shoot dans le public puis sur la scène, jusqu’à prendre les régisseurs qui s’éclatent backstage.
B-Real, Louis Freese – américain d’origine mi-mexicaine mi-cubaine, vlan pour Trump (qui n’est pas dénoncé lors du concert) ! -, ancien dealer dans un gang, s’étant pris une balle dans un poumon, est crâne rasé, t-shirt sobre et lunettes noirs. Poumon, il aura, avec des flows longs à l’asthmatique Busta Rhymes, sa voix aigüe et nasillarde (quand il parle, sa voix est grave) et son phrasé haché si caractéristique. El « loco », comme le présente B-Real, Sen Dog, cubano-US, très noir, chemise noire sur t-shirt noir, un bob dont une moustache émerge. Eric Correa dit Eric Bobo, fils du légendaire Willie «Bobo» Correa, percussionniste d’origine portoricaine ayant joué en début de carrière avec Tito Puente, pour ensuite collaborer dans les années 1960 et 1970 avec Cal Tjader, Miles Davis, Dorothy Ashby, Wes Montgomery, Herbie Mann et Chico Hamilton, qui rejoignit définitivement Cypress en 1994 après les Beasties boys (Check Your Head en 1992 et collaboration sur leurs albums Ill Communication et Hello Nasty), joue et de la batterie, comme un bourrin façon métal ou hardcore, et des percussions à rendre jalouse Sheila E, Sheila Escovedo, avec Prince. Des régisseurs s’affairent sans arrêt autour de la batterie et des percussions, c’est à se demander s’il y a des problèmes. Bobo enflamme littéralement le théâtre. Caliente. Ce qui est très surprenant et génial, c’est la combinaison scratchs, percussions et même, pour un morceau, batterie (qui joue pour cet éphémère 5e membre ?). Un moment B-Real s’attèle, debout, à la rythmique aux drums tout en rappant. Le public est debout tout le long du concert, sauf à la fin, où B-Real demande que nous nous accroupissions ou assoyons pour le fameux Jump around, chanson du groupe de hip-hop américain House of Pain et premier single tiré de leur album House of Pain (Fine Malt Lyrics) en 1992, sur laquelle DJ Muggs avait à l’origine composé le beat de la chanson pour Cypress Hill. Les tubes Insane In The Brain (de Black Sunday), connus même des vingtenaires, How Could I Just Kill A Man (du premier album, 1991) ou Rock Superstar s’enchaînent, Tequila sunrise, Hits from the bong. Et puis Hand on the Pump, Latin Lingo, When the Shit Goes Down, Throw Your Set in the Air, Boom Biddy Bye Bye, que le public reprend en chœur, du troisième album, Cypress Hill III : Temples of Boom (1995), A 22h40, le DJ fait un mix avec scratchs haletants de plus de 5 minutes, le temps que les deux MCs se reposent. Un morceau avec B-Real en solo, un peu plus faible. B-Real conspue les politiques. Les deux MCs font une battle de public, droite, gauche, Vers la fin du concert, un blanc un peu gênant, B-Real, qui a clopé pendant le live, s’adresse au DJ qui lui envoie une grosse taffe (de beuh ?). Un bref moment reggaeton. Prophets of Rage, un morceau à la Rage against the machine. Are you funkie ? Grosse basse. Un morceau métal inédit. Le concert se termine à 23h10. B-Real fait la pub pour le nouvel album sorti début joint : Cypress Hill et le London Symphonic Orchestra grâce à un épisode des Simpson en 1992 ! Retour vers le futur avec le fabuleux concert de Public ennemy au Transbo.
Cypress Hill on the hill that prays. After HHH by Iam, it’s hash! I saw the live performance on Arte at the closing of Hellfest 2025, and I found it disembodied. Heatwave. Hot stones of the ancient theater. 5th central tier. An obese culturalist, accompanied by her fourteen-year-old son, who remained seated throughout, who won’t care and will leave before the end, is smoking. I explain to her that from this day on, cigarettes are banned in parks, beaches, nursery schools, because of passive smoking, and other things. During the concert, as an asthmatic and allergic to tobacco, I would have ash on my pump; she says, « Relax. » The women next to them, without embarrassment (a quarter of the reserved row – a guy behind defends them, I explain that it is a question of French mentality and individualism; a “Reserved” sign out of place, friends arriving by the dozen, a woman with a particularly loud voice during concerts, etc.), have heard the formal notice – one, with a superb blue dress and beauty spots on her back, will dance in a “bourgeois” and ridiculous way, she will not stop lifting her hair back to clear her neck because of the heat; a particularly vulgar guy works at the Periscope. In front, a tattooed Asian lesbian who smokes, fortunately small, who keeps moving her arms like her submissive, with her « awesome turtle » cap from Akira; I had to tell her to put down her cell phone which is filming, she tells me that I should just get up (I have lumbago). I would have seen more of her arms, her cell phone and her plastic cup than the concert! Behind, an obese woman, who has sprawled, sat on the straps of my cushion; I would have had more involuntary blows from the guy behind who apologizes. Some Italians, upstairs, next to me, are particularly noisy. 8:30 p.m., a good duo from Tours with English rap and a respectable live scratcher, tube vocoder like Tupak. Another good opening act, lucky! Backstage, the stage manager shows off his tattooed arm, a woman in a green polka-dot dress nods her cap; Tito at the top.
9:40 p.m. The Cypress Hill banner rises, with a beautiful cannabis leaf for this West Coast rap group, Californian, militantly pro-weed – France is one of the most repressive countries in Europe. The black DJ (DJ Muggs?) in dark glasses scratches for ten minutes, brilliant, like a god : Daft Punk – a little homage to France, Immigrant Song by Led Zep, Metallica, Smells Like Teen Spirit by Nirvana, etc. It goes on! The theater is boiling hot. A photographer dressed as a black ninja shoots into the audience then on stage, until he catches the stage managers having a blast backstage.
B-Real, Louis Freese – American of half-Mexican, half-Cuban origin, bang for Trump (who is not denounced during the concert) ! -, a former dealer in a gang, having taken a bullet in the lung, has a shaved head, a sober t-shirt and black glasses. Lung, he will have, with long flows like the asthmatic Busta Rhymes, his high-pitched and nasal voice (when he speaks, his voice is deep) and his characteristic chopped phrasing. El « loco », as B-Real presents him, Sen Dog, Cubano-US, very black, black shirt over black t-shirt, a bob from which a mustache emerges. Eric Correa, known as Eric Bobo, son of the legendary Willie « Bobo » Correa, a percussionist of Puerto Rican origin who played early in his career with Tito Puente, and then collaborated in the 1960s and 1970s with Cal Tjader, Miles Davis, Dorothy Ashby, Wes Montgomery, Herbie Mann and Chico Hamilton, who joined Cypress definitively in 1994 after the Beasties boys (Check Your Head in 1992 and collaboration on their albums Ill Communication and Hello Nasty), plays both drums, like a metal or hardcore brute, and percussions that would make Sheila E, Sheila Escovedo, jealous, with Prince. Stage managers are constantly busy around the drums and percussion, you might wonder if there are any problems. Bobo literally sets the theater alight. Caliente. What is very surprising and brilliant is the combination of scratching, percussion, and even, for one song, drums (who plays for this short-lived 5th member ?). At one point, B-Real is working on the drum rhythm while rapping. The audience is standing throughout the concert, except at the end, when B-Real asks us to squat or sit for the famous Jump around a song by the American hip-hop group House of Pain and the first single from their 1992 album House of Pain (Fine Malt Lyrics), on which DJ Muggs had originally composed the beat for Cypress Hill. The hits Insane In The Brain (from Black Sunday), known even to twenty-somethings, How Could I Just Kill A Man (from the first album, 1991) or Rock Superstar follow one another, Tequila sunrise, Hits from the bong. And then Hand on the Pump, Latin Lingo, When the Shit Goes Down, Throw Your Set in the Air, Boom Biddy Bye Bye, which the audience sang in chorus, from the third album, Cypress Hill III : Temples of Boom (1995). At 10:40 pm, the DJ does a mix with breathless scratching for over 5 minutes, while the two MCs rest. B-Real jeers at the politicians. The two MCs have a public battle, right, left. Towards the end of the concert, a slightly embarrassing white man, B-Real, who had smoked during the live performance, addresses the DJ who gives him a big hit (of weed ?). A brief reggaeton moment. Prophets of Rage, a Rage Against the Machine-style track. Are you funkie ? Big bass. A previously unreleased metal track. The concert ends at 11:10 pm. B-Real advertises the new album released at the beginning of the joint : Cypress Hill and the London Symphonic Orchestra thanks to an episode of The Simpsons in 1992 ! Back to the future with the fabulous Public Enemy concert at the Transbo.
Cypress Hill, en la colina que reza. Después de HHH de Iam, ¡es hachís! Vi la actuación en directo de Arte en la clausura del Hellfest 2025 y me pareció incorpórea. Ola de calor. Piedras calientes del antiguo teatro. Quinta grada central. Una culturalista obesa, acompañada de su hijo de catorce años, que permaneció sentado todo el tiempo, a quien no le importará y se irá antes del final, está fumando. Le explico que, a partir de hoy, los cigarrillos están prohibidos en parques, playas y guarderías, por el tabaquismo pasivo y otras cosas. Durante el concierto, como asmática y alérgica al tabaco, tendría ceniza en el extractor; ella dice: «Tranquila». Las mujeres a su lado, sin vergüenza (un cuarto de la fila reservada – un tipo detrás las defiende, le explico que es una cuestión de mentalidad francesa e individualismo; un cartel de “Reservados” fuera de lugar, amigos que llegan por docenas, una mujer con una voz particularmente fuerte durante los conciertos, etc.), han escuchado el aviso formal: una, con un magnífico vestido azul y lunares en la espalda, bailará de manera “burguesa” y ridícula, no dejará de levantarse el cabello hacia atrás para despejarse el cuello a causa del calor; un tipo particularmente vulgar trabaja en Periscope. Delante, una lesbiana asiática tatuada que fuma, por suerte bajita, no para de mover los brazos como su sumisa, con su gorra de tortuga « genial » de Akira; tuve que decirle que dejara el móvil, que estaba grabando, y me dijo que me levantara (tengo lumbago). ¡Habría visto más sus brazos, su móvil y su vaso de plástico que el concierto! Detrás, una mujer obesa, despatarrada, estaba sentada sobre las correas de mi cojín; habría recibido más golpes involuntarios del tipo de atrás, que se disculpaba. Unos italianos, arriba, a mi lado, son particularmente ruidosos. 20:30, un buen dúo de Tours con rap inglés y un scratcher en directo respetable, un vocoder de tubo como Tupak. ¡Otro buen telonero, qué suerte! Entre bastidores, el regidor muestra su brazo tatuado, una mujer con un vestido verde de lunares asiente con su gorra; Tito en la cima.
21:40. Se iza la pancarta de Cypress Hill, con una hermosa hoja de cannabis para este grupo de rap de la Costa Oeste, californiano, militantemente pro-marihuana. Francia es uno de los países más represivos de Europa. El DJ negro (¿DJ Muggs?) con gafas oscuras hace scratch durante diez minutos, brillante, como un dios: Daft Punk (un pequeño homenaje a Francia), Immigrant Song de Led Zeppelin, Metallica, Smells Like Teen Spirit de Nirvana, etc. ¡Y sigue! El teatro está ardiendo. Un fotógrafo vestido de ninja negro dispara al público y luego al escenario, hasta que sorprende a los directores de escena pasándoselo bomba entre bastidores.
B-Real, Louis Freese —estadounidense de origen mitad mexicano, mitad cubano, ¡un éxito para Trump (que no es denunciado durante el concierto)!—, ex traficante de una pandilla, tras recibir un disparo en el pulmón, lleva la cabeza rapada, una camiseta sobria y gafas negras. Pulmón, tendrá, con largos flow como el asmático Busta Rhymes, su voz aguda y nasal (cuando habla, su voz es profunda) y su característico fraseo entrecortado. El « loco », como lo presenta B-Real, Sen Dog, cubano-estadounidense, muy negro, camisa negra sobre camiseta negra, corte bob del que emerge un bigote. Eric Correa, conocido como Eric Bobo, hijo del legendario Willie « Bobo » Correa, percusionista de origen puertorriqueño que tocó al principio de su carrera con Tito Puente, y luego colaboró en las décadas de 1960 y 1970 con Cal Tjader, Miles Davis, Dorothy Ashby, Wes Montgomery, Herbie Mann y Chico Hamilton, quien se unió definitivamente a Cypress en 1994 después de los chicos de los Beasties (Check Your Head en 1992 y colaboración en sus álbumes Ill Communication y Hello Nasty), toca tanto la batería, como un bruto del metal o el hardcore, como unas percusiones que pondrían celosas a Sheila E, Sheila Escovedo, con Prince. Los directores de escena están constantemente ocupados con la batería y la percusión, y uno se pregunta si hay algún problema. Bobo literalmente incendia el teatro. Caliente. Lo sorprendente y brillante es la combinación de scratching, percusión e incluso, en una canción, batería (¿quién toca para este efímero quinto miembro?). En un momento dado, B-Real está trabajando en el ritmo de la batería mientras rapea. El público permanece de pie durante todo el concierto, excepto al final, cuando B-Real nos pide que nos sentemos o nos pongamos en cuclillas para el famoso « Jump around », una canción del grupo estadounidense de hip-hop House of Pain y el primer sencillo de su álbum de 1992, House of Pain (Fine Malt Lyrics), en el que DJ Muggs compuso originalmente la base para Cypress Hill. Los éxitos Insane In The Brain (de Black Sunday), conocido incluso por veinteañeros, How Could I Just Kill A Man (del primer álbum, 1991) o Rock Superstar se suceden, Tequila Sunrise y Hits from the bong. Y luego Hand on the Pump, Latin Lingo, When the Shit Goes Down, Throw Your Set in the Air, Boom Biddy Bye Bye, que el público cantó a coro, del tercer álbum, Cypress Hill III : Temples of Boom (1995). A las 10:40, el DJ hace una mezcla con scratching intenso durante más de 5 minutos, mientras los dos MC descansan. B-Real se burla de los políticos. Los dos MC tienen una pelea pública, derecha, izquierda. Hacia el final del concierto, un hombre blanco un poco vergonzoso, B-Real, que había fumado durante la actuación en vivo, se dirige al DJ, quien le da una buena calada (¿de marihuana?). Un breve momento de reggaetón. Prophets of Rage, un tema al estilo de Rage Against the Machine. ¿Eres funki? Big bass. Un tema de metal inédito. El concierto termina a las 11:10. B-Real anuncia el nuevo álbum lanzado al principio del concierto: ¡Cypress Hill y la Orquesta Sinfónica de Londres gracias a un episodio de Los Simpson de 1992! Regreso al futuro con el fabuloso concierto de Public Enemy en el Transbo.
[English in 2nd part; espanol en la parte 3] Des gamins se baignent lors de la première vague de canicule dans les bassins entre Hôtel de ville et TNP. TNP, je mange un gaspacho verde sur la grande table noire façon trattoria. Une belle dame cinquantenaire l’attend longtemps pendant que les amis de mon voisin, qui arrivent en surnombre, deviennent vite invasifs. Salle comble. Première fois que je vois un spectacle des Chiens de Navarre. Ma mère croit qu’ils sont Belges. C’est sûr qu’ils ont fumé, c’est foutraque et, parfois, jubilatoire voire drôle. En 2015, aux Subsistances, ils avaient joué Les armoires normandes, une farce sur les rapports sociaux. En 2017, aux Nuits de Fourvière, ils s’étaient attaqués au sujet explosif de l’identité nationale, Jusque dans vos bras. En 2022, au théâtre de la Renaissance, ils étaient à Oullins pour La vie est une fête, créée pour Les nuits de Fourvière dont il ne reste maintenant que la belle Charlotte Laemmel en meneuse d’émission radio – fort turn-over, est-ce bon signe ? Tout le monde ne peut pas être orphelin, etc.
Jean-Christophe Meurisse, comédien formé à l’École Régionale d’Acteurs de Cannes (ÉRAC), metteur en scène de films moyens (Il est des nôtres, 2013 ; Apnée, 2016 ; Oranges sanguines, 2021 ; Les pistolets en plastique, 2024), est le metteur en ordre de la troupe fondée en 2005. Avec Saladin, qui n’était pas ici présent, il y a une continuité avec les Deschiens de Deschamps. « J’écris les situations, j’amène les thématiques, les esthétiques et nous travaillons avec les comédiens qui improvisent et ensuite je garde les répliques qui nous amusent. C’est une association d’univers. Je crée le dialogue avec l’univers que le comédien apporte et puis, ensuite, on fixe un canevas pour la représentation sur lequel ils peuvent broder. » selon Meurisse.
“Rire grâce au pire” disait Beckett
Les chiens de Navarre au TNP, rien de plus logique, le P de populaire. Un message avec une grosse dizaine de membres de l’équipe du TNP : inquiétudes sur les baisses de budget ; une programmation revue à la baisse ; un poste supprimé. Le départ de Bellorini, pitoyable directeur et metteur en scène (comment peut-on massacrer Novarina à ce point-là ?; on n’était pas plus gâté avec Schiaretti), n’est pas mentionné.
Il est notifié par mail et sur le programme : « violences conjugales et sexuelles et comporte notamment une scène choquante, traitée frontalement et sans humour. Spectacle fortement déconseillé aux moins de 16 ans ».
Un bureau devant le rideau fermé, scénographie sobre de François Gauthier-Lafaye. Dans cette création I will survive (reprise populaire de Cake d’après Gaynor ; Everybody’s Gotta Learn Sometime de Beck, ce fils de fluxus, d’après The Korgis), c’est la justice qui est jugée. Je me méfie des institutions et des effets de système. Les flics, pour qui j’ai peu d’appétence, en fêtards et picoleurs, qui se foutent de tout (il est vrai que l’enregistrement des viols était folklorique mais les formations ont été développées, la police a nettement progressé sur le sujet, même si elle partait de loin), et les acteurs de la justice (un Procureur sanguinaire, l’insupportable Anthony Paliotti et ses biscottos, à la voix de monstre dont il est possible, quand on est placé près, d’entendre la vraie voix ; un avocat haineux, en colère – impossible en vrai, les gens applaudissent ; des membres du public mutiques en jurés – parité non respectée : plus de femmes que d’hommes dans un procès sur une femme, la sensible Delphine Baril, passée chez hum Palmade, qui a tué son mari violent sur une musique de Wendy Carlos pour Shining, le Dies Iræ du local Berlioz – quelle utilité, ce faux participatif qui nous ronge, au regard de L’ennemi du peuple d’Ibsen par Ostermeier de la Schaubühne de Berlin au TNP en 2013 ? ; un avocat qui affirme qu’il n’y a que des vieux dans le public alors qu’il y avait plein de jeunes ; se moquer d’un type qui se nomme Bourgeois et qui ne se présentera pas), sont caricaturés de façon éhontée et sans la subtilité du comique de Molière. J’ai été parfois extrêmement indisposé et énervé par le populisme exposé, peut-être parce que je suis fils de magistrat (juge de proximité). La manifestation de féministes à pancartes (Anne-Cécile Bonhotal, Clémence Denis, Anne Dornier, Garance Le Seaux) pendant le procès est réussie. Le plaidoyer sensible de l’avocate, superbe Lula Hugot, est beau à pleurer et fort applaudi. Le problème est que ce mode d’exposition entame la confiance, baissière, dans les institutions, dont la justice. On est plus dans le gros théâtre de rue, avec des gros sabots.
Sur un comique qui dérape, l’excellent Fred Tousch, né en Italie, passé par le cirque Archaos, remémorant Daniel Morin sur France inter, un metteur en scène qui se nomme Meurisse, hum ! L’éviction du comique de France inter fut lamentable, d’autant qu’il avait raison trop tôt. Demorand, avec sa voix péremptoire de chien aboyeur, s’étend partout avec courage sur sa bipolarité. Outre sa direction contestable à Libération, qui dit qu’il a aidé à faire virer trois comiques dont deux, excellents, qui ont gagné aux prud’hommes (Guillon, qui se répand pour essayer de réintégrer les mass média, et Porte), Beigbeder n’ayant en effet rien foutu et, surtout, n’étant pas drôle ? Son « warning » seriné, par l’acteur improvisateur, bien vu : quand le comique est attaqué, les budgets de la culture rognés, c’est notre société qui est en danger – et que sera-ce quand quelqu’un du RN sera élu à la présidence de la République. Le jeu sur le mot « podcast » est drôle. Mais terminer avec des hommes en majorettes en lamé or, est-ce une marque populiste de déconstruction ?
Les deux histoires sont bien tressées, pour les violences conjugales, il y a même un flashback. Une scène très réussie, une scène de rêve du comique en taule – présentation évidemment caricaturale des prisonniers où l’on voit tout de même les conditions déplorables (l’un défèque dans une tinette, une cuvette en plastique) dans un pays régulièrement condamné par la CEDH. L’humour Hara-kiri, Charlie Hebdo, j’adore. Voir un faux Coluche enculer l’abbé Pierre, c’est drôle. Mais voir l’acteur à poil, Paliotti, se branler (pas un spectacle des Chiens de Navarre sans quéquette à l’air), est-ce bien nécessaire ? Bref, s’il y a de bonnes choses, je n’ai globalement pas aimé. Ce genre de spectacle, dénonçant les violences (la représentation de la violence au théâtre est un vrai sujet – Ed. Bond a repoussé les limites grâce à Françon), les suscite, c’est le paradoxe. Un type n’arrête pas de donner des coups dans le dos. Ce n’est pas le Théâtre du Soleil … Du mauvais André Cayatte. Ce spectacle a reçu le Molière 2026 du théâtre public.
The Dogs of Navarre : From Popular Theatre to Populist Theatre
First time I’ve seen a show by the Chiens de Navarre. My mother thinks they’re Belgian. They’ve definitely smoked, it’s crazy and, at times, exhilarating, even funny. In 2015, at the Subsistances, they performed Les armoires normandes, a farce about social relations. In 2017, at the Nuits de Fourvière, they tackled the explosive subject of national identity, Jusque dans vos bras. In 2022, at the Théâtre de la Renaissance, they were in Oullins for La vie est une fête, created for Les nuits de Fourvière, of which only the beautiful Charlotte Laemmel remains as the radio show host – high turnover, is that a good sign ? Not everyone can be an orphan, etc.
Jean-Christophe Meurisse, an actor trained at the Cannes Regional School of Actors (ÉRAC), director of average films (Il est des nôtres, 2013; Apnée, 2016; Oranges sanguines, 2021; Les pistolets en plastique, 2024), is the director of the troupe founded in 2005. With Saladin, who was not present here, there is a continuity with Deschamps’ Deschiens. « I write the situations, I bring the themes, the aesthetics and we work with the actors who improvise and then I keep the lines that amuse us. It’s an association of universes. I create the dialogue with the universe that the actor brings and then, afterwards, we establish a canvas for the performance on which they can embroider. » according to Meurisse.
“Laugh at the worst” said Beckett
The Hounds of Navarre at the TNP, nothing more logical, the P for popular. A message with a dozen or so members of the TNP team : concerns about budget cuts; a position eliminated. The departure of Bellorini, a pitiful director and stage manager (how can Novarina be so badly massacred ?; we weren’t any better off with Schiaretti), is not mentioned.
It is notified by email and on the program : « domestic and sexual violence and notably includes a shocking scene, treated head-onand without humor. Show strongly not recommended for those under 16.«
An office in front of a closed curtain, understated set design by François Gauthier-Lafaye. In this creation, I Will Survive (a popular cover of Cake based on Gaynor; Everybody’s Gotta Learn Sometime by Beck, that son of fluxus, based on The Korgis), it is justice that is judged. I am wary of institutions and the effects of systems. The cops, for whom I have little appetite, as party-goers and boozers, who don’t give a damn about anything, and the actors of justice (a bloodthirsty prosecutor, the unbearable Anthony Paliotti and his biscottos, with the voice of a monster whose real voice it is possible, when you are placed close, to hear; a hateful, angry lawyer – impossible in reality, people applaud; mute members of the public as jurors – parity not respected: more women than men in a trial of a woman, the sensitive Delphine Baril, who passed by hum Palmade, who killed her violent husband to music by Wendy Carlos for Shining, the Dies Iræ of the local Berlioz – what use is this false participatory that eats away at us, in light of Ibsen’s The Enemy of the People by Ostermeier from the Schaubühne in Berlin to the TNP in 2013 ? ; a lawyer who claims that there are only old people in the audience when there were plenty of young people; making fun of a guy named Bourgeois who won’t run), are caricatured shamelessly and without the subtlety of Molière’s comedy. I was sometimes extremely indisposed and annoyed by the populism on display. The demonstration of feminists with placards (Anne-Cécile Bonhotal, Clémence Denis, Anne Dornier, Garance Le Seaux) during the trial was successful. The sensitive plea of the lawyer, the superb Lula Hugot, is beautiful enough to make you cry and loudly applauded. The problem is that this mode of exposition undermines the trust, which is declining, in institutions, including justice. We are no longer in the big street theater, with big boots.
On a comedian who goes off the rails, the excellent Fred Tousch, born in Italy, who worked for the Archaos circus, a director named Meurisse, hum! The comedian’s ouster from France Inter was lamentable, especially since he was right too soon. Demorand, with his peremptory barking dog voice, courageously dwells everywhere on his bipolarity. Besides his questionable management at Libération, which says he helped get three comedians fired, two of whom were excellent, who won in labor court (Guillon, who is spreading his wings to try to reintegrate the mass media, and Porte), Beigbeder having in fact done nothing and, above all, not being funny ? His « warning » repeated by the improvising actor, well-seen : when comedy is attacked, cultural budgets are cut, it is our society that is in danger – and what will it be like when someone from the RN is elected President of the Republic. The play on the word « podcast » is funny. But ending with men in gold lamé majorettes, is that a populist brand of deconstruction ?
The two stories are well woven, for the domestic violence, there’s even a flashback. A very successful scene, a dream scene of the comedian in jail – obviously a caricatured presentation of the prisoners where we see all the same the deplorable conditions in a country regularly condemned by the ECHR. Hara-kiri humor, Charlie Hebdo, I love it. Seeing a fake Coluche buggering Abbé Pierre is funny. But seeing the naked actor, Paliotti, jerking off, is it really necessary ? In short, if there are good things, I didn’t like it overall. This kind of show, denouncing violence (the representation of violence in the theater is a real issue – Ed. Bond pushed the limits thanks to Françon), provokes it, it’s the paradox. A guy keeps blowing people in the back. This is not the Théâtre du Soleil… This show received the 2026 Molière Award for public theatre.
Les chiens de Navarre : del teatro popular al teatro populista
Es la primera vez que veo un espectáculo de los Chiens de Navarre. Mi madre cree que son belgas. Sin duda han fumado; es una locura y, a veces, emocionante, incluso divertido. En 2015, en el festival Subsistances, presentaron Les armoires normandes, una farsa sobre las relaciones sociales. En 2017, en las Nuits de Fourvière, abordaron el explosivo tema de la identidad nacional, Jusque dans vos bras. En 2022, en el Théâtre de la Renaissance, estuvieron en Oullins para La vie est une fête, creada para Les nuits de Fourvière, de la que solo la bella Charlotte Laemmel sigue como presentadora. ¿Es buena señal que haya mucha rotación? No todos pueden ser huérfanos, etc.
Jean-Christophe Meurisse, actor formado en la Escuela Regional de Actores de Cannes (ÉRAC), director de películas de género mediocre (Il est des nôtres, 2013; Apnée, 2016; Oranges sanguines, 2021; Les pistolets en plastique, 2024), es el director de la compañía fundada en 2005. Con Saladin, quien no estuvo presente, existe una continuidad con Deschiens de Deschamps. «Escribo las situaciones, propongo los temas, la estética, y trabajamos con los actores que improvisan y luego conservo los diálogos que nos divierten. Es una asociación de universos. Creo el diálogo con el universo que aporta el actor y después, creamos un lienzo para la representación sobre el que pueden plasmar su obra», según Meurisse.
“Ríete de lo peor”, dijo Beckett
Los Sabuesos de Navarra en el TNP, nada más lógico, la P de popular. Un mensaje con una docena de miembros del equipo del TNP : preocupación por los recortes presupuestarios; la eliminación de un puesto. No se menciona la marcha de Bellorini, un director y regidor de escena lamentable (¿cómo puede Novarina ser tan brutalmente masacrada?; no estábamos mejor con Schiaretti).
Se notifica por correo electrónico y en el programa : «Violencia doméstica y sexual, e incluye, en particular, una escena impactante, tratada de frente y sin humor. No se recomienda la obra a menores de 16 años».
Una oficina frente a una cortina cerrada, una discreta escenografía de François Gauthier-Lafaye. En esta creación, I Will Survive (una popular versión de Cake basada en Gaynor; Everybody’s Gotta Learn Sometime de Beck, ese hijo de Fluxus, basado en The Korgis), se juzga la justicia. Desconfío de las instituciones y de los efectos de los sistemas. Los policías, por los que tengo poco apetito, como fiesteros y borrachos, a quienes todo les importa un comino, y los actores de la justicia (un fiscal sanguinario, el insoportable Anthony Paliotti y sus musclos, con la voz de un monstruo cuya voz real es posible, cuando uno se acerca, oír; un abogado odioso y colérico -imposible en la realidad, la gente aplaude; miembros mudos del público como jurados -paridad no respetada: más mujeres que hombres en el juicio de una mujer, la sensible Delphine Baril, que pasó de largo Palmade, que mató a su violento marido con música de Wendy Carlos para El Resplandor, el Dies Iræ del Berlioz local -, ¿de qué sirve esta falsa participación que nos corroe, a la luz de El enemigo del pueblo de Ibsen de Ostermeier de la Schaubühne de Berlín al TNP en 2013 ? Un abogado que afirma que solo hay ancianos en el público cuando había muchos jóvenes; burlándose de un tipo llamado Bourgeois que no se presenta), son caricaturizados sin pudor y sin la sutileza de la comedia de Molière. A veces me sentí extremadamente indispuesto y molesto por el populismo exhibido. La manifestación de feministas con pancartas (Anne-Cécile Bonhotal, Clémence Denis, Anne Dornier, Garance Le Seaux) durante el juicio fue un éxito. La sensible súplica del abogado, el soberbio Lula Hugot, es tan hermosa que te hace llorar y recibe fuertes aplausos. El problema es que este modo de exposición socava la confianza, que está decayendo, en las instituciones, incluida la justicia. Ya no estamos en el gran teatro callejero, con grandes botas.
Sobre un comediante que se descarrila, el excelente Fred Tousch, nacido en Italia, quien trabajó para el circo Archaos, un director llamado Meurisse, ¡hum! Su destitución de France Inter fue lamentable, sobre todo porque acertó demasiado pronto. Demorand, con su voz perentoria y ladradora, insiste con valentía en su bipolaridad. Además de su cuestionable gestión en Libération, que dice haber contribuido al despido de tres comediantes, dos de ellos excelentes, que ganaron en el tribunal laboral (Guillon, quien se esfuerza por reintegrar los medios de comunicación, y Porte), ¿Beigbeder, en realidad, no ha hecho nada y, sobre todo, no es gracioso? Su « advertencia », repetida por el actor improvisador, bien vista: cuando se ataca la comedia, se recortan los presupuestos culturales, es nuestra sociedad la que está en peligro, ¿y qué pasará cuando alguien de la RN sea elegido presidente de la República? El juego de palabras con « podcast » es gracioso. Pero terminar con hombres vestidos con majorettes de lamé dorado, ¿es eso una forma populista de deconstrucción?
Las dos historias están bien entrelazadas; para la violencia doméstica, incluso hay un flashback. Una escena muy lograda, una escena de ensueño del cómico en la cárcel; obviamente, una representación caricaturesca de los presos donde, a pesar de todo, vemos las deplorables condiciones en un país condenado regularmente por el TEDH. Humor haraquiri, Charlie Hebdo, me encanta. Ver a un falso Coluche sodomizando al Abbé Pierre es gracioso. Pero ver al actor desnudo, Paliotti, masturbándose, ¿es realmente necesario? En resumen, si bien tiene cosas buenas, en general no me gustó. Este tipo de espectáculo, que denuncia la violencia (la representación de la violencia en el teatro es un problema real; Ed. Bond superó los límites gracias a Françon), la provoca; es la paradoja. Un tipo no para de hacerle sexo oral a la gente. Esto no es el Théâtre du Soleil… Este espectáculo recibió el Premio Molière 2026 de teatro público.
[English in 2nd part; espagnol en la secunda parte] 21h10. Suis assis en fosse. Certains obtiennent un texte d’intentions; d’autres, pas – c’est mon cas. A gauche, des amplis sont empilés, un micro à l’ancienne. Ulysse Zangs, longue chemise rose sur grand corps effilé (était-il nécessaire d’affubler cet excellent danseur d’une robe lamée noire à la mode ?) et crâne tondu, joue de la guitare et triture ses pédales d’effets, entre Sonic Youth et Christian Fennesz – ambiant. (Curieux cette mode de commencer les spectacles lorsque les spectateurs se placent, comme une continuité avec la vie). Tout le monde s’en fout : les gens sont des veaux. Un gros mec met constamment les doigts devant mes yeux pour indiquer, il finit quand même par s’excuser. Sa respiration nasale, lourde et irrégulière (apnée du sommeil ?), me gênera lors des moments de silence. Juste devant, un type à la tronche de Mad aux yeux bleus façon Elisha Cook dans Rosemary’s baby, passe son temps à regarder le public ; grâce au dingue, une place à côté de lui sera libre, me dégageant le champ visuel ; il me gênera en dodelinant de la tête en rythme ou en filmant avec son portable. Une bonne femme, quadra avec sa bouche de merlan frit, venue tardivement rejoindre ses copines, repasse devant nous au moins huit fois. Les spectateurs finiront par se taire quand une danseuse en habit ample des nineties s’assied sur le canapé central, prend le micro et lit des extraits du journal intime de Jeff (« Nous sommes nés pour vivre, nous sommes nés pour comprendre. Nous sommes nés pour perpétrer un modèle maudit et être transformé par la douleur. », « Je n’écris pas ma musique pour Sony, je l’écris pour les gens qui crient dans la rue, pleurant sur une chaîne hi-fi branchée à plein volume ») publié par sa mère doublement endeuillée – veuve, le fils a peu connu le père, guitariste et compositeur émérite ; Jeff s’est noyé, deux ans après Grace, dans le Mississipi, berceau du blues et du rock, alors qu’un bateau à roues à aubes passa comme du temps de Twain. J’ai dû rabrouer deux jeunettes qui continuaient de parler comme si de rien n’était.
Grace est un album important qui, comme Benji (Buckley donnait, ce qu’il ignorait alors, des concerts au proche cabaret irlandais Sin-é dans l’East Village, au sud de Manhattan), m’a accompagné toute ma vie. Je l’avais écouté à sa sortie en 1994 en boucle à Marseille dans un Virgin dans une ancienne banque : rarement, j’ai eu la sensation en direct de connaître un album qui marquerait de façon certaine l’histoire du rock. Jimmy Page ne s’y est pas trompé. Plus que sa voix d’ange, qui fit tant d’émules, inspirée d’Oum Kalthoum, travail sur les microtons et modulations, j’ai été sidéré par son jeu complexe de guitare que j’ai mis longtemps à analyser. Sous-titre du spectacle de Benji : « Jeff Buckley Dances »
Installé depuis 2022 à Paris, Benji a baptisé sa troupe, fondée en 2023 avec Solenne du Haÿs Mascré, The Grace Company. Ici, dix tableaux, tous amplement applaudis, une vingtaine de chansons (dont des extraits d’You and I, album posthume de recueils de morceaux acoustiques qui ont été un déclic pour Benji), une dizaine de danseurs pour saisir la psychologie complexe et mystérieuse de Jeff, une atmosphère, héritée de Robbins (spontanéité, spontanéité, spontanéité), à la fois éthérée, où se mêlent pulsion de vie (j’ai été très surpris de ne point entendre mon morceau préféré, Eternel life, qui aurait pu offrir une très belle chorégraphie de groupe) et mélancolie (Non, Jef, t’es pas tout seul chantait Brel dans Jef), grâce à la lumière rasante de Lucy Carter. La chorégraphie est traversée de cette liberté qui a inspiré la gestuelle venue des chorégraphes américain.e.s.
« J’ai commencé à trouver des correspondances entre sa vie et ses chansons. J’ai grandi avec ces rythmes d’où ce rapport au rythme qui est dans mes chorégraphies, qui viennent de tous ces rites de l’Afrique de l’Ouest dans lesquels j’ai été bercé. » La chorégraphie, pour ce fils de champion de décathlon, est très physique, notamment pour le musculeux tatoué Loup Marcault-Derouard, ce soliste venu du Ballet de l’Opéra de Paris, incarnant Jeff dans de superbes solos, ou pour de nombreux portés efficaces notamment pour les duos. Sur « If you knew how I miss you » [Si tu savais combien tu me manques en français], Benji a créé un pas de deux sensuel et émouvant.
La dramaturgie est réalisée en collaboration avec Christian Longchamp. Plus de deux heures. Une première partie, plus longue, avec les saillantes reprises de Calling you (Jevetta Steele, 1987, pour le film nouveau réaliste voire pop Bagdad café, Out of Rosenheim, Percy Adlon, 1987 avec un Palance surprenant) et du superbe Hallelujah de Cohen, avec force murmures et sorties de portables pour filmer ou photographier. La séquence débute avec Song to the Siren du père Tim Buckley. Une scène de pas arrêtés avec jambe tendue tremblante au début. 19 minutes d’entracte. Une seconde partie, plus courte, plus sombre, torturée, moins réussie, n’eût été l’époustouflant solo rock d’Eva Galmel (présente dans le court métrage Moi aussi, réalisé par Judith Godrèche en 2024), avec force moonwalk, cette danseuse de 24 ans en coupe mulet 80 avec pose Blondie et kickers d’étudiante peu fortunée pour celle qui a mis longtemps à aimer ses pieds (cambrure de la voûte plantaire, notamment sur son pied droit : « Pas assez souple au niveau de la cheville. », « Un coup de pied trop bas. », « Si tu avais eu deux pieds gauches, tu aurais pu poursuivre à l’Opéra »), venue du classique (école de danse de l’Opéra de Paris, Conservatoire national supérieur de Paris) puis de la danse contemporaine en intégrant en 2020 le master de danseur interprète au Conservatoire de Paris sous la direction de Cédric Andrieux. Technicité impeccable, grâce, énergie, charisme : une sacrée revanche pour Eva. Le morceau de bravoure de la chorégraphie de Millepied, le reste est assez connu et se répète. Une fin facile avec effets stroboscopiques – l’origine du cinéma avec la décomposition de mouvement par E-J. Marey.
Un lit, un décor mobile de panneaux avec construction, par les danseurs eux-mêmes, d’architectures légères, une chambre, une pièce terminale avec couple déchiré. Le fidèle et mobile Olivier Simola est à la caméra, projetant sur la grande surface plane du milieu en haut. La famille en attente derrière une fenêtre comme dans un Giotto, des images en poupées russes, des panoramiques, la visite des coulisses, un gros plan magnifique sur Caroline Osmont, autre transfuge de l’Opéra de Paris, l’amoureuse pleurant, Moore. C’est moins réussi que dans l’inclusif Roméo et Juliette : le caméraman peut gêner la vision du spectateur en se positionnant devant le danseur ; le film en hauteur est toujours intéressant, le problème étant que les magnifiques duos évoluent le plus souvent hors cadre ; l’image n’apporte pas fondamentalement plus dans la narration. Salutations sur Whole Lotta Love de Led Zeppelin puisque Jeff, un drame à l’époque, s’est noyé dans le Mississippi où il était allé nager tout habillé en chantant ce tube hard. Longues ovations à la maison.
Millepied, pour Grace, aurait gagné en dépouillement pour offrir une atmosphère de recueillement. La superbe danseuse Oumrata Konan, jouant avec ses nattes rouges, ne révolutionnera pas le blues. En tout cas, ce quasi opéra est prêt pour Broadway. Après m’avoir marché deux fois dessus, un type avec une chemise ridicule me pousse du bras à la sortie du funiculaire au métro Saint Jean.
[Dance, Nuits de Fourvière***] Millepied gives Grace to Buckley
9:10 p.m. I’m sitting in the pit. Some get a text of intentions, others don’t—that’s me. To the left, amps are stacked, an old-fashioned microphone. Ulysse Zangs, in a long pink shirt over a tall, slender body (was it necessary to dress this excellent dancer in a fashionable black lamé dress ?) and with a shaved head, plays guitar and fiddles with his effects pedals, somewhere between Sonic Youth and Christian Fennesz – ambient. (This fashion of starting shows when the audience is taking their seats is strange, like a continuation of life.) Nobody cares : people are calves. A fat guy constantly puts his fingers in front of my eyes to indicate, but he ends up apologizing anyway. His nasal breathing, heavy and irregular (sleep apnea?), will bother me during moments of silence. Right in front, a guy with the face of Mad and blue eyes, like Elisha Cook in Rosemary’s Baby, spends his time looking at the audience; thanks to the madman, a seat next to him will be free, clearing my field of vision; he will bother me by nodding his head in time or filming with his cell phone. A woman in her forties with a mouth like a fried whiting, who arrived late to join her friends, walks past us at least eight times. The audience will eventually fall silent when a dancer in a baggy nineties outfit sits on the central sofa, takes the microphone and reads excerpts from Jeff’s diary (« We were born to live, we were born to understand. We were born to perpetrate a cursed model and be transformed by pain.« , « I don’t write my music for Sony, I write it for the people screaming in the street, crying on a hi-fi system turned up full volume« ) published by his doubly bereaved mother – widowed, the son knew little of his father, a skilled guitarist and composer; Jeff drowned, two years after Grace, in the Mississippi, cradle of blues and rock, while a paddle steamer passed by as if in Twain’s time. I had to tell off two young girls who continued to talk as if nothing was wrong.
Grace is an important album that, like Benji (Buckley, unbeknownst to him, played concerts at the nearby Irish cabaret Sin-é in the East Village, south of Manhattan), has been with me my whole life. I listened to it on repeat when it came out in 1994 in Marseille at a Virgin in a former bank : rarely have I had the sensation live of experiencing an album that would definitely mark the history of rock. Jimmy Page was not mistaken. More than his angelic voice, which has so many imitators, inspired by Oum Kalthoum, work on microtones and modulations, I was stunned by his complex guitar playing that took me a long time to analyze. Subtitle of Benji’s show : « Jeff Buckley Dances ».
Based in Paris since 2022, Benji has named his troupe, founded in 2023 with Solenne du Haÿs Mascré, The Grace Company. Here, ten tableaux, all widely applauded, around twenty songs (including excerpts from You and I, a posthumous album of collections of acoustic pieces that were a turning point for Benji), around ten dancers to capture the complex and mysterious psychology of Jeff, an atmosphere, inherited from Robbins (spontaneity, spontaneity, spontaneity), both ethereal, where the pulse of life (I was very surprised not to hear my favorite piece, Eternel life, which could have offered a very beautiful group choreography) and melancholy mingle, thanks to the raking light of Lucy Carter. The choreography is crossed by this freedom which inspired the gestures coming from American choreographers.
« I began to find connections between his life and his songs. I grew up with these rhythms, hence this connection to rhythm that is in my choreographies, which come from all these West African rites in which I was rocked. » The choreography, for this son of a decathlon champion, is very physical, notably for the muscular, tattooed Loup Marcault-Derouard, this soloist from the Paris Opera Ballet, embodies Jeff in superb solos, or for many effective lifts, notably for the duets. On « If you knew how I miss you, » Benji created a sensual and moving pas de deux.
The dramaturgy is produced in collaboration with Christian Longchamp. More than two hours. A first part, longer, with the salient revivals of Calling you (Jevetta Steele, 1987, for the new realistic or even pop film Out of Rosenheim, Percy Adlon, 1987 with a surprising Palance) and of Cohen’s superb Hallelujah, with many murmurs and taking out cell phones to film or photograph. The sequence begins with Song to the Siren by Father Tim Buckley. A scene of stopped steps with a shaky outstretched leg at the beginning. 19 minutes of intermission. A second part, shorter, darker, tortured, less successful, had it not been for the breathtaking rock solo by Eva Galmel (present in the short film Moi aussi, directed by Judith Godrèche in 2024), with a strong moonwalk, this 24-year-old dancer with an 80s mullet with Blondie pose and kickers of a student with little money for someone who took a long time to love her feet (arch of the foot, especially on her right foot : « Not flexible enough at the ankle.« , « A kick too low.« , « If you had two left feet, you could have continued at the Opera« ), coming from classical dance (dance school of the Paris Opera, Conservatoire national supérieur de Paris) then to contemporary dance by joining the master of dancer performance at the Conservatoire de Paris in 2020 under the direction of Cédric Andrieux. Impeccable technique, grace, energy, charisma: a real revenge for Eva. The bravura piece of Millepied’s choreography, the rest is quite well known and is repeated. An easy ending with stroboscopic effects – the origin of cinema with motion decomposition by E-J. Marey.
A bed, a mobile set of panels with lightweight architectures constructed by the dancers themselves, a bedroom, a final room with a torn couple. The faithful and mobile Olivier Simola is at the camera, projecting onto the large flat surface in the middle at the top. The family waiting behind a window like in a Giotto, Russian doll images, panoramic shots, a tour of the wings, a magnificent close-up of Caroline Osmont, another defector from the Paris Opera, the weeping lover, Moore. It’s less successful than in the inclusive Romeo and Juliet: the cameraman can obstruct the viewer’s vision by positioning himself in front of the dancer; the film from above is always interesting, the problem being that the magnificent duets most often evolve out of frame; the image does not fundamentally add more to the narrative. Greetings to Led Zeppelin’s Whole Lotta Love since Jeff, a tragedy at the time, drowned in the Mississippi where he had gone swimming fully clothed while singing this hard-core hit. Long standing ovations at home.
Millepied, for Grace, would have benefited from a more stripped-down feel to create a more contemplative atmosphere. The superb dancer Oumrata Konan, playing with her red braids, won’t revolutionize the blues. In any case, this quasi-opera is ready for Broadway. After stepping on me twice, a guy in a ridiculous shirt nudges me with his arm as I exit the funicular at the Saint Jean metro station.
[Danza, Nuits de Fourvière***] Millepied le da gracia a Buckley
21:10. Estoy sentado en el foso. Algunos reciben un mensaje de intenciones; otros no, ese soy yo. A la izquierda, hay amplificadores apilados, un micrófono antiguo. Ulysse Zangs, con una camisa larga rosa sobre un cuerpo alto y esbelto (¿era necesario vestir a este excelente bailarín con un vestido de lamé negro a la moda?) y con la cabeza rapada, toca la guitarra y trastea con sus pedales de efectos, a medio camino entre Sonic Youth y Christian Fennesz – ambient. (Esta moda de comenzar los shows cuando el público toma asiento es extraña, como una continuación de la vida). A nadie le importa: la gente son pantorrillas. Un tipo gordo constantemente pone sus dedos delante de mis ojos para indicar, pero termina disculpándose de todos modos. Su respiración nasal, pesada e irregular (¿apnea del sueño?), me molestará durante los momentos de silencio. Justo delante, un tipo con una cara como de Mad y ojos azules, como Elisha Cook en La semilla del diablo, se pasa el tiempo mirando al público; gracias al loco, un asiento a su lado quedará libre, despejando mi campo visual; me molestará asintiendo con la cabeza a tiempo o filmando con su celular. Una mujer de unos cuarenta años con la boca como una merlán frita, que llegó tarde para reunirse con sus amigas, pasó ante nosotros al menos ocho veces. Los espectadores finalmente se quedaron en silencio cuando una bailarina con un traje holgado de los noventa se sentó en el sofá central, tomó el micrófono y leyó fragmentos del diario de Jeff (« Nacimos para vivir, nacimos para comprender. Nacimos para perpetuar un modelo maldito y ser transformados por el dolor.« , « No escribo mi música para Sony, la escribo para la gente que grita en la calle, llorando con un equipo de música a todo volumen« ), publicado por su madre, doblemente desconsolada : viuda, el hijo apenas conoció a su padre, un hábil guitarrista y compositor; Jeff se ahogó, dos años después de Grace, en el Mississippi, cuna del blues y el rock, mientras un barco de vapor pasaba como si fuera la época de Twain. Tuve que reprender a dos jovencitas que seguían hablando como si nada.
Grace es un álbum importante que, al igual que Benji (Buckley daba conciertos en el cercano cabaret irlandés Sin-é, en el East Village, al sur de Manhattan), me ha acompañado toda la vida. Lo escuché una y otra vez cuando salió en 1994 en Marsella, en un Virgin ubicado en un antiguo banco : pocas veces he tenido la sensación en directo de experimentar un álbum que marcaría definitivamente la historia del rock. Jimmy Page no se equivocaba. Más que su voz angelical, que tiene tantos imitadores, inspirada por Oum Kalthoum, su trabajo con microtonos y modulaciones, me impresionó su compleja forma de tocar la guitarra, que me llevó mucho tiempo analizar. Subtítulo del espectáculo de Benji : « Jeff Buckley baila ».
Benji, residente en París desde 2022, bautizó su compañía, fundada en 2023 con Solenne du Haÿs Mascré, como The Grace Company. Aquí, diez cuadros, todos ampliamente aplaudidos, una veintena de canciones (incluyendo fragmentos de You and I, un álbum póstumo de colecciones de piezas acústicas que marcaron un antes y un después para Benji), y unos diez bailarines capturan la compleja y misteriosa psicología de Jeff, una atmósfera, heredada de Robbins (espontaneidad, espontaneidad, espontaneidad), a la vez etérea, donde el pulso de la vida (me sorprendió mucho no escuchar mi pieza favorita, Eternel life, que podría haber ofrecido una coreografía de grupo muy hermosa) y la melancolía (No, Jef, you’re not alone cantó Brel en Jef), gracias a la luz penetrante de Lucy Carter. La coreografía está atravesada por esta libertad que inspiró los gestos de los coreógrafos estadounidenses.
“Empecé a encontrar conexiones entre su vida y sus canciones. Crecí con estos ritmos, de ahí esta conexión con el ritmo presente en mis coreografías, que provienen de todos estos ritos de África Occidental en los que me mecieron”. La coreografía, para este hijo de un campeón de decatlón, es muy física, especialmente para el musculoso y tatuado Loup Marcault-Derouard, solista del Ballet de la Ópera de París, encarna a Jeff en magníficos solos, o en muchos y efectivos movimientos, sobre todo en los duetos. En « If you knew how I miss you« , Benji creó un sensual y conmovedor pas de deux.
La dramaturgia se produce en colaboración con Christian Longchamp. Más de dos horas. Una primera parte más larga, con las destacadas reposiciones de Calling You (Jevetta Steele, 1987, para la nueva película realista, incluso pop, Bagdad Café), Out of Rosenheim, Percy Adlon (1987, con un sorprendente Palance) y el soberbio Aleluya de Cohen, con numerosos murmullos y el uso de teléfonos móviles para filmar o fotografiar. La secuencia comienza con Song to the Siren del Padre Tim Buckley. Una escena de pasos detenidos con una pierna estirada temblorosa al principio. 19 minutos de intermedio. Una segunda parte, más corta, más oscura, torturada, menos lograda, no habría sido el impresionante solo de rock de Eva Galmel (presente en el cortometraje Moi aussi, dirigido por Judith Godrèche en 2024), con un potente moonwalk, esta bailarina de 24 años con un mullet de los 80 con pose de Blondie y patadas de una estudiante mediocre para alguien que tardó mucho en amar sus pies (arco del pie, especialmente en su pie derecho : « No lo suficientemente flexible en el tobillo« , « Una patada demasiado baja« , « Si hubieras tenido dos pies izquierdos, podrías haber continuado en la Ópera« ), venue du classique (école de danse de l’Opéra de Paris, Conservatoire national supérieur de Paris) puis de la danse contemporaine en intégrant en 2020 le master de danseur interprète au Conservatoire de Paris sous la direction de Cédric Andrieux. Technicité impeccable, grâce, énergie, charisme : une sacrée revanche pour Eva. Le morceau de bravoure de la chorégraphie de Millepied, le reste est assez connu et se répète. Une fin facile avec effets stroboscopiques – l’origine du cinéma avec la décomposition de mouvement par E-J. Marey.
Una cama, un conjunto móvil de paneles con los propios bailarines construyendo una arquitectura ligera, un dormitorio, una última estancia con una pareja desgarrada. El fiel y móvil Olivier Simola está ante la cámara, proyectando sobre la gran superficie plana central en la parte superior. La familia espera tras una ventana como en un Giotto, imágenes de muñecas rusas, tomas panorámicas, un recorrido por los bastidores, un magnífico primer plano de Caroline Osmont, otra desertora de la Ópera de París, el amante lloroso, Moore. Es menos acertado que en la inclusiva Romeo y Julieta : el camarógrafo puede obstruir la visión del espectador colocándose frente al bailarín; la película desde arriba siempre es interesante, el problema es que los magníficos duetos suelen salirse de encuadre; la imagen no aporta nada a la narrativa. Saludos a Whole Lotta Love de Led Zeppelin, ya que Jeff, una tragedia en aquel momento, se ahogó en el Mississippi, donde había ido a nadar completamente vestido mientras cantaba este éxito incondicional. Largas ovaciones en casa.
Millepied, para Grace, habría mejorado con un aire más minimalista para crear una atmósfera más contemplativa. La magnífica bailarina Oumrata Konan, jugando con sus trenzas pelirrojas, no revolucionará el blues. En cualquier caso, esta cuasi-ópera está lista para Broadway. Tras pisarme dos veces, un tipo con una camisa ridícula me da un codazo al salir del funicular en la estación de metro de Saint Jean.
[English 2nd part, espagnol en la secunda parte] Chaleur printanière, ciel bleu. Comme nombre d’ascenseurs, un escalator au métro Saint Jean, digne de la station Saint Michel à Paris, en panne comme des centaines d’autres dans les métros du TCL. J’ai écrit à Castex (RATP) : ils datent d’il y a 20 ans, changements de contrat (Sytral vers RATP). Un jeune type bodybuildé aux aisselles qui puent sous son t-shirt blanc moulant obstrue l’entrée de la rame de funiculaire avec son foutu vélo. Je vois, avec son pote, Colin, qui a vu Kompromat, avec le local Agoria, aux Nuits sonores. Je m’installe devant, 3e gradin. Une Milf (femme fontaine ?) tannée par ses poussées de chaleur me dit qu’une place est réservée, ce que j’avais remarqué avec son haut de jean placé. Sa copine, probablement divorcée, au maquillage pailleté atroce aux bouts des yeux en fera des tonnes en bougeant ses bras bobo de façon ridicule pendant le concert.
Been Stellar
20h30. Une bonne première partie, ce qui est rare (l’excellente Amyl and the sniffers avant les hallucinants King Gizzard l’année dernière et Bandit bandit avant les phénoménaux Idles aux Nuits de Fourvière en 2024). Been Stellar, en référence à l’acteur Ben Stiller, est un groupe de teens imberbes, Sam Slocum dit SS (leader vocal, tambourin) et Skyler Knapp dit SK1 (guitare) se sont rencontrés en 2017 dans un lycée du Michigan, le groupe, qui se la pète avec les guitaristes aux lunettes noires, s’est étoffé à la New York University. A noter Gigi Giobbi, une jeune fille – qui ressemble à un mec à la coupe mulet, qui fait peu de passes aux drums, à la batterie assez rock / disco avec travail sur la charley. Malgré une bonne énergie efficace, rien de bien neuf, du sous Strokes. Danny Carey, collaborateur régulier de Fontaines DC, a créé le son de leur premier album, Scream from New York, NY (Dirty Hit, 2024) : copinage.
Automatique Fontaines DC
Lune magnifique. DC, inspiré par un personnage du Parrain, comme Dublin City. Le cœur doré gonflé à l’hélium avec, imprimé dessus, une femme qui pleure à la Cocteau en noir, tête étirée à la Aphex Twin Come to daddy, tournée longue et harassante Romance, album d’août 2024, parsemé de références joyciennes, plus consensuel, moins brut, grâce à la collaboration de James Ford, qui a travaillé avec Depeche Mode, Artic Monkeys et Pulp. 21h28. Les musiciens s’installent. A noter Conor Deegan III, le bassiste, en avant, ce qui est rare : il chante souvent. Dieu avait mis le kilt : entre Bono et Kerr, Grian Chatten, chaussé de lunettes noires, arrive avec kilt au tartan léger, carreaux noirs sur blancs, sur longues chaussettes blanches Puma, un hoodie noir à capuche informe avec manches trop longues sur t-shirt « Up ». Ni fait ni à faire. On a l’impression de voir le Billie Eilish d’un punk affadi. Il joue avec ses manches trop longues, lève les bras pour motiver le public assez diversifié à tendance au mieux quadra. Parfois, il agrippe un tambourin, souvenir des longues tournées de pubs. Loin, les étudiants barbus et intellos, inspirés de la Beat generation, rencontrés au British and Irish Modern Music Institute (BIMM) de Dublin. Le guitariste de gauche, Conor Curley, se la joue Jarvis de Pulp avec sa chemise blanche et ses lunettes noires. Une batterie Greisch. A droite, Carlos O’Connell, le seul à ne pas être irlandais, cheveux rouges, est impressionnant tant à la guitare Fender, avec quelques rares distorsions ou larsens, qu’aux synthés à l’avant-scène, dont un Mellotron, notamment pour le dernier morceau (un son à la Portishead, normal, Ford a travaillé pour Beth Gibbons), un excellent rap (Kendrick, Madvillain ; proches du trio de hip-hop belfastois Kneecap, cf. film émonyme de Rich Peppiatt, 2024), Starburster sur Romance, avec rupture à la Brit pop, Blur pour qui travailla Ford, pompé sur la nouvelle pente d’Idles version Godrich, Talbott ayant été dj rap. Certains accents sont rock progressif. Au bout de quelques chansons, Chatten, avec son phrasé à la The Fall ou Morrissey, enlève enfin ses lunettes. Rarement, il endosse une guitare sèche. Le concert décolle au bout de seulement une demi-heure. Une grosse tape le rythme sur le cul de son gros mec, qui se ressemble s’assemble. Le public retrouve son enthousiasme avec un premier tube, Televised Mind, puis A Hero’s Death Lyrics, plus brut et authentique, les deux sur A Hero’s Death. Un seul morceau, brut, sans doute du premier Dogrel, largement au-dessus des autres, m’a levé de ma léthargie. Peu d’effets lumières. Chaque musicien joue sa partie, les techniciens changent souvent les guitares, gros son, pas de plaisir, ils ne se regardent pas, pilote automatique : la tournée les a épuisés, 11 ans au compteur, pas la mer à boire. C’est bien gentil mais c’était idem pour la dernière date pour Nick Cave and the Bad seeds à Paris, on ne paye pas pour voir des types épuisés et lessivés sur scène. Sur des ballades niaiseuses, le public sort les lumières de portables, je repère un briquet en fosse où les jeunes, dont une fille aux cheveux longs, surélevés par la foule, se laissent glisser.
Après l’entracte, où un nombre impressionnant de techniciens s’agitent – je n’avais jamais vu cela, même pour le concert de Jack White -, Curley tombe enfin les lunettes, sa magnifique guitare bleue Fender en bandoulière. Chatten chausse la baffle retour, façon fente, à la Tablott. Beaucoup plus d’effets lumières à la tombée de la nuit. Le néon Fontains DC prend parfois une couleur irlandaise. Un peu comme U2, il est bon de le rappeler tant leur musique, venue des Liberties à Dublin, pour DC a muté. Un jeune couple, piercé et tatoué, se glisse devant nous au dernier moment : nous verrons, malgré le fait d’avoir prévenu la fille, plus leur téléphone pour filmer le concert que le concert lui-même. Le lendemain, je discute dans une pharmacie avec une quadra qui a été au concert ainsi que celui de Mogwai (2014), elle verra Amyl and the sniffers à Musilac (Aix-les-Bains).
Spring warmth, blue sky. Like many elevators, an escalator at the Saint Jean metro station, worthy of the Saint Michel station in Paris, is broken like hundreds of others in the TCL metros. I wrote to Castex (RATP): they date from 20 years ago, contract changes (Sytral to RATP). A young bodybuilder with stinky armpits under his tight white t-shirt is blocking the entrance to the funicular train with his damn bike. I see Colin, who saw Kompromat, with the local Agoria, at Nuits Sonores, and his friend. I sit down in front, in the 3rd row. A Milf, tired of her heat waves, tells me that a seat is reserved, which I had noticed with her denim top.
Been Stellar
8:30 p.m. A good opening act, which is rare (the excellent Amyl and the Sniffers before the mind-blowing King Gizzard last year and Bandit Bandit before the phenomenal Idles at Nuits de Fourvière in 2024). Been Stellar, in reference to the actor Ben Stiller, is a group of young people, Sam Slocum (lead vocals, tambourine) and Skyler Knapp (guitar) met in 2017 in a high school in Michigan, the group, which shows off with guitarists in dark glasses, expanded at New York University. Note Gigi Giobbi, a young girl, who does few passes on the drums, on the fairly rock / disco drums with work on the hi-hat. Despite a good effective energy, nothing really new, from under Strokes. Danny Carey, regular collaborator of Fontaines DC, created the sound of their first album.
Automatic Fountains DC
Magnificent moon. The golden heart inflated with helium, printed on it, a woman crying à la Cocteau in black, exhausting Romance tour, August 2024 album more consensual, less raw, thanks to the collaboration of James Ford, who worked with Depeche Mode. 9:28 p.m. The musicians are taking their places. Note Conor Deegan III, the bassist, at the front, which is rare : he often sings. God had put on the kilt : between Bono and Kerr, Grian Chatten, wearing dark glasses, arrives in a light tartan kilt, black on white checks, over long white Puma socks, a shapeless black hoodie with overlong sleeves over an « Up » t-shirt. Neither done nor to be done. We have the impression of seeing the Billie Eilish of a faded punk. He plays with his overlong sleeves, raises his arms to motivate the rather diverse audience, tending towards forty at best. The guitarist on the left, Conor Curley, plays Jarvis from Pulp with his white shirt and dark glasses. On the right, Carlos O’Connell, with red hair, is impressive both on the guitar, with a few rare distortions or feedbacks, and on the synths at the front, including a Mellotron, especially for the last song, an excellent rap, Starburster on Romance, pumped on the new slope of Idles version Godrich, Talbott having been a rap DJ. Some accents are progressive rock. After a few songs, Chatten, with his phrasing like The Fall or Morrissey, finally takes off his glasses. The concert takes off after only half an hour. The audience regains its enthusiasm with a first hit, Televised Mind, then A Hero’s Death Lyrics, more raw and authentic, on A Hero’s Death. Only one song, raw, undoubtedly from the first Dogrel, well above the others, woke me from my lethargy. Few lighting effects. Each musician plays his part, the technicians change the guitars, big sound, no pleasure, they do not look at each other: the tour has exhausted them, 11 years on the clock, not the sea to drink. To silly ballads, the audience pulls out cell phone lights, I spot a lighter in the pit where the young people, including a long-haired girl, lifted up by the crowd, let themselves slide. After the interval, where an impressive number of technicians are bustling about – I had never seen this, even for the Jack White concert -, Curley finally takes off his glasses, his magnificent blue guitar slung over his shoulder. Chatten puts on the monitor speaker, slit-style, à la Tablott. Many more lighting effects at nightfall. The Fontaines DC neon sometimes takes on an Irish color. A bit like U2, it’s worth remembering, as their music has mutated. A young couple, pierced and tattooed, slips in front of us at the last moment : despite having warned the girl, we see more of their phone filming the concert than the concert itself.
[Música, Nuits de Fourvière 2025, Fontaines DC ***] Grupo fuente
Calidez primaveral, cielo azul. Como muchos ascensores, una escalera mecánica en la estación de metro de Saint Jean, digna de la estación de Saint Michel en París, está rota como cientos de otras en los metros TCL. Escribí a Castex (RATP) : datan de hace 20 años, cambios de contrato (de Sytral a RATP). Un joven culturista con axilas apestosas bajo su camiseta blanca ajustada bloquea la entrada al funicular con su maldita bicicleta. Lo veo con su amigo Colin, que vio a Kompromat, con el Agoria local, en Nuits Sonores. Me siento adelante, en la tercera fila. Una MILF (¿mujer con squirting?) cansada de sus olas de calor me dice que hay un asiento reservado, lo cual había notado con su top vaquero. Su novia, probablemente divorciada, con un maquillaje horrible de purpurina alrededor de los ojos, armará un escándalo moviendo sus brazos de forma ridícula durante el concierto.
Been Stellar
20:30. Un buen telonero, algo poco común (los excelentes Amyl and the Sniffers antes del alucinante King Gizzard el año pasado y Bandit Bandit antes de los fenomenales Idles en Nuits de Fourvière en 2024). Been Stellar, llamado así por el actor Ben Stiller, es un grupo de adolescentes imberbes. Sam Slocum, alias SS (voz principal, pandereta) y Skyler Knapp, alias SK1 (guitarra), se conocieron en 2017 en un instituto de Michigan. El grupo, que presume de guitarristas con gafas oscuras, se expandió en la Universidad de Nueva York. Cabe destacar a Gigi Giobbi, una joven con aspecto de chico con mullet, que no toca mucho la batería, y que toca un estilo más bien rock/disco con hi-hat. A pesar de su energía positiva y efectiva, nada realmente nuevo, al igual que The Strokes. El colaborador habitual de Fontaines DC, Danny Carey, creó el sonido de su álbum debut, Scream from New York, NY (Dirty Hit, 2024) : amiguismo.
Fuentes Automáticas DC
Magnífica luna. DC, inspirada en un personaje de El Padrino, como la ciudad de Dublín. El corazón dorado inflado con helio, impreso en él, una mujer llorando como Cocteau de negro, con la cabeza estirada como Aphex Twin Come to Daddy, una gira larga y agotadora. Romance, un álbum de agosto de 2024, salpicado de referencias joyceanas, más consensual, menos crudo, gracias a la colaboración de James Ford, quien ha trabajado con Depeche Mode, Arctic Monkeys y Pulp. 21:28. Los músicos toman sus lugares. Cabe destacar a Conor Deegan III, el bajista, al frente, lo cual es raro : canta a menudo. Dios se había puesto la falda escocesa : entre Bono y Kerr, Grian Chatten, con gafas oscuras, llega con una falda escocesa clara de cuadros negros sobre blanco, sobre calcetines largos blancos de Puma, una sudadera negra con capucha y mangas extralargas sobre una camiseta de « Up ». Ni terminado ni por terminar. Nos sentimos como si estuviéramos viendo a una Billie Eilish punk desfasada. Toca con las mangas demasiado largas, levantando los brazos para motivar a un público bastante diverso, que en el mejor de los casos ronda los cuarenta. A veces, aferra una pandereta, un recuerdo de sus largas rutas de pub. A lo lejos, los estudiantes intelectuales y barbudos, inspirados por la generación beat, se reunían en el Instituto Británico e Irlandés de Música Moderna (BIMM) de Dublín. El guitarrista de la izquierda, Conor Curley, interpreta a Jarvis de Pulp con su camisa blanca y gafas oscuras. Greisch toca la batería. A la derecha, Carlos O’Connell, el único no irlandés, con el pelo rojo, impresiona tanto con la guitarra Fender, con algunas distorsiones o realimentación poco frecuentes, como con los sintetizadores en primera línea, incluyendo un Mellotron, notablemente para la última pista (un sonido a lo Portishead, normal, Ford trabajó para Beth Gibbons), un rap excelente (Kendrick, Madvillain; cerca del trío de hip-hop de Belfast Kneecap, cf. la película homónima de Rich Peppiatt, 2024), Starburster en Romance, con un descanso de brit pop, Blur para quien trabajó Ford, impulsado en la nueva vertiente de Idles versión Godrich, Talbott habiendo sido un DJ de rap. Algunos acentos son de rock progresivo. Después de algunas canciones, Chatten, con su fraseo como The Fall o Morrissey, finalmente se quita las gafas. Rara vez toca la guitarra acústica. El concierto arranca tras solo media hora. Un gran golpe de ritmo en el trasero de su grandullón, que se le parece, se avecina. El público recupera el entusiasmo con un primer éxito, Televised Mind, y luego con A Hero’s Death Lyrics, más cruda y auténtica, ambos en A Hero’s Death. Un solo tema crudo, probablemente del primer Dogrel, muy por encima de los demás, me despertó de mi letargo. Pocos efectos de luz. Cada músico interpreta su parte, los técnicos cambian de guitarra a menudo, un sonido potente, nada divertido, no se miran, en piloto automático: la gira los ha agotado, 11 años en el reloj, sin el mar para beber. Todo es muy bonito, pero fue lo mismo en la última fecha de Nick Cave and the Bad Seeds en París; no pagamos por ver a tipos exhaustos y demacrados en el escenario. En baladas tontas, el público saca las luces de los móviles; veo un mechero en el foso donde los jóvenes, incluida una chica de pelo largo, levantados por la multitud, se dejan deslizar.
Tras el intermedio, con una impresionante cantidad de técnicos ajetreados — nunca antes lo había visto, ni siquiera en un concierto de Jack White —, Curley por fin se quita las gafas, con su magnífica guitarra Fender azul colgada del hombro. Chatten enciende el monitor, con una ranura, al estilo de Tablott. Muchos más efectos de luz al anochecer. El neón de Fontains DC a veces adquiere un matiz irlandés. Un poco como U2, vale la pena recordarlo, ya que su música, procedente de Liberties a Dublín, ha mutado para Washington D. C. Una joven pareja, con piercings y tatuajes, se nos cuela en el último momento : veremos, a pesar de haber avisado a la chica, más de su teléfono para grabar el concierto que el concierto en sí. Al día siguiente, charlo en una farmacia con una cuarentona que fue al concierto, así como al de Mogwai (2014); verá a Amyl and the Sniffers en Musilac (Aix-les-Bains).
[English, 2nd part] « Hofesh Shechter est-il chez Sosh ? ». Rien n’est moins sûr. La première phrase est pour l’agent ciné, producteur et piètre comédien Besnehard avec son cheveu sur la langue qu’il ne donne jamais au chat. J’avais été électrisé par Shechter, ce musicien (percussions apprises à Paris début 2000) et chorégraphe israélo-germanique, qui tente d’acquérir la nationalité anglaise puisqu’il réside à Londres depuis 2002, dans ce Chacun cherche son entrechat, En corps (2022), avec la danseuse de l’opéra de Paris, Barbeau, ici également présente, dans le film de Klapisch qui, ô hasard, offre actuellement sur les toiles, après Cannes, Le venue de l’avenir avec la non Vénus du ciné, Suzanne Lindon qui, de par son riche pedigree, nous avait infligés son pitoyable premier film, Seize printemps, projeté à Cannes car elle avait, comme aurait dit Ciment, la carte (nulle corruption bien sûr !).
Parcours du combattant
Quelle expédition ! Une femme mature, apparemment éduquée, m’entrechoque de ses sacs en s’asseyant à côté de moi dans la rame de métro ligne D en arguant, après s’être toutefois excusée – les choses rares sont chères -, qu’il y a du monde; je lui explique que je ne suis pas son paillasson ; en tort, … elle m’engueule ! J’ai constaté ce comportement, tendu, depuis le covid : non seulement les gens sont en tort, vous le faites remarquer et en plus, non contents de vous engueuler, c’est tout juste si vous ne risquez pas des coups. Une belle femme, quarantaine, yeux clairs, bagouses de cultureuse (danseuse ?) aux doigts, en face-à-face dans le funiculaire bondé s’évertue à ne pas me regarder – ce sont les relations contemporaines, chacun est libre. Lundi 2 juin, ouverture du plus long festival européen, les Nuits de Fourvière dans le théâtre antique, nouvelle direction, une femme, un homme – remémore les belles heures inventives d’Avignon. A droite, une jeune inexpérimentée au bip de billets à l’entrée, je reste plus de 5 secondes. Je bombe. Un hipster me poursuit : mon billet n’a pas été scanné. « Suis resté longtemps », « pas douée », lancé-je en un souffle rapide. Une très grande (2 m ?) et belle jeune fille, peut-être danseuse. Nouveauté : une personne vérifie une nouvelle fois debout (fosse) ou assis ; je dis « assis », elle ne me fait pas confiance et vérifie mon billet ; perte de temps. Je demande dans les premiers rangs si la place est libre, le type me répond oui, je vais pour m’installer, il me dit que la place est prise ; je lui explique que je lui ai pourtant demandé en français, je m’aperçois qu’il a un accent. Je demande à un trentenaire à côté si la place est prise, il me répond violemment « oui, en français ». Je rétorque que le type mobilise, de mauvaise foi, trois places. Un type bloque avec son billet en parlant à un jeune bénévole. J’explique que je souhaiterais m’asseoir. Il maugrée dans sa barbe qu’il n’a pas, me laisse enfin passer. Beaucoup de place entre un jeune couple et d’autres personnes. J’explique que les bénévoles, comme chaque année, vont les faire serrer. L’homme du couple flemmard, répond que non car ce n’est pas complet ; que s’il y a de la place, il me préviendra, ce qui est irréaliste. La femme … se bouge finalement pour occuper toute la place. Face à tant de méchancetés, de manque de volonté et de mauvaise foi, je rétorque : « Vous êtes bons pour Gaza, vous ! », la colonisation de l’occupant est flagrante dans les deux cas. Je m’installe, ce qui s’est avéré pertinent (ceux du bas, débiles, ont dû souffrir, vu l’originalité du dispositif scénique, ou de la nuque ou de bruit, bien fait !), en haut. Une fille me rétorque qu’elle ne peut pas bouger car elle est sur une jambe pour enfiler un pantalon imperméable. Je lui rétorque : « c’est bien pour la danse ». Elle prend, au lieu d’aller au-dessus sans gêner personne ou aux toilettes, à côté de sa partenaire, le lieu pour une cabine d’essayage ! Je bombe ; la place que je convoite risque d’être prise. Je lui fais une remarque neutre, un couple, dont la femme, une quarantaine, complètement délirante, s’excite contre moi. L’essayeuse gêne une deuxième personne qui se la joue cool. Je crie : « performance : tout le monde essaye un pantalon ! ». Ayant un short sous mon pantalon, j’aurais pu imiter l’individualiste, comportement typiquement français, tous les étrangers nous font la remarque. Par temps de post #metoo, faire une allusion sur le striptease aurait été mal venue, woke on the wild side … L’essayeuse fait appel à un bénévole. Ce dernier me demande s’il y a un problème, je réponds : « aucun, à part la jeune fille qui gêne au moins deux personnes ». Quelle connasse, sûre de son bon droit en plus ! Pour couronner le tout, la pluie, forte par moments. Le co-directeur ouvre en prenant le micro en disant qu’ils ont été surpris par météo France. Faux : deux météos (Météociel et Météo agricole) annonçaient de la pluie et pas qu’un peu. Par contre, Pleinchamps, météo agricole plutôt fine et juste, s’est complètement plantée ; site net en réfection le lendemain … (Le lendemain, pluie prévue; résultat : nada). Dix minutes de plus pour déblayer la scène pour la sécurité des danseurs. Nul souci, HS a rôdé le spectacle dans des théâtres antiques grecs. Le public en fosse, censé bouger en harmonie avec le spectacle, au cœur de la conception d’HS, n’esquissera aucun mouvement d’ampleur comme dans ce génial concert, top 10, des Idols l’année dernière. Comme pour LCD soundsystem, il y a une dizaine d’années – certainement, loi de Murphy oblige, le meilleur concert parmi tous, aux mêmes Nuits -, la troupe se défonce à 200 %. Participatif, pipeau !
Cheh !
Revenons à nos danseurs qui ne sont pas des moutons, dans un dialogue individu (solos) / groupe (13 danseurs), quelques duos. L’énergie, Hofesh la puisait déjà auprès du génial Wim Vandekeybus – sur ce dernier, le lorrain Roland Huesca, danseur, théoricien de la danse et écrivain, conférencier et ex-prof en fac à Metz, avec qui nous vîmes, du Hollandais volant, un spectacle électrisant, m’en a dit le plus grand bien. Ici version concert (musique : HS avec Nell Catchpole ; bande sonore en collaboration avec Guidhall xxx et barbicanbite09), plus viscérale, tripale : 24 musiciens sur scène (11 classiques, transcription Christopher Allan, arrangements par Christopher Allan avec HS, avec violons et violoncelles ; 9 dont 6 métalleux en headbanging, 4 guitares, 2 batteurs, 1 chanteur – et 3 percussionnistes nippons mélangés ; 3 musiciens folkloriques, avec, à la fin, l’inscription surprenante au néon « Where there is pressure, there is folkdance », HS ayant débuté ado, pour combler le divorce de ses parents, dans la Batsheva Dance Company de Naharin à Tel-Aviv ; pour les percus, transcription Yaron Engler, arrangements par Yaron Engler avec HS) dans une époustouflante mise en scène en hauteur en tranches napolitaines ou structure métallique verticale, comme des cercles dantesques de l’enfer. Il s’agit de la violence de la et du politique, populisme compris, et de ses tristes conséquences. Toute allusion à Bibi est fortuite ! J Preljo aurait rajouté des colliers à chiens SM. Un chanteur de métal mime et éructe avec onomatopées en costume noir et blanc façon Chaplin dans Le dictateur (The great dictator, 1940) et triste Monsieur Loyal mode Klaus regretté Nomi, parfois post dada à la Bowie. XXL : le spectacle, qui n’a malheureusement pas perdu en actualité, au contraire, a été créé il y a quinze ans en version The Choregrapher’s cut (2011), dans une première version l’année précédente. La griffe d’HS, le cut, permettant un moderne choc de sensations, fonctionne à plein lors du passage musique classique / métal. HS table sur la pertinence rétinienne et la plasticité cérébrale du spectateur. Pour le lieu, le control freak utilise, grâce à Lee Curran, des blinders, lumières flashantes. Par contre, vers la fin, avec un morceau sirupeux, genre DJ à l’ancienne qui termine une nuit de mix et de danse dans une discothèque, j’ai pu détecter les mouvements intéressants des danseurs en direct grâce à mon téléphone (que les portables sont gênants dans le champ de vision !) et non … en réel ! C’est voulu, HS étant amateur d’univers sombres dans tous les sens du terme, mais c’est dommage. Dans l’utilisation béjartienne des mains (j’ai parfois songé au côté chtonien de sa choré du Sacre du printemps, vu dans les Arènes de Nîmes), héritée de Nijinski et Lifar, la culture juive ou hébraïque est patente, j’ai beaucoup pensé au plus intimiste Nadj. Outre une ronde qui me fit penser à cet incroyable tableau, La ronde des prisonniers (1890), une révélation, de Van Gogh vu dans l’expo Morozof à la fondation Vuitton (2021-22) avec une magnifique mise en valeur de Baldassari, Shechter, entre création et divertissement (clubbing, danse sur TikTok), pourrait apparaître comme le Thomas Jolly de la danse, comme Millepied du reste, pourtant bien différente. Quoiqu’il en soit, le co-directeur de l’Agora à Montpellier danse va dynamiser la scène. Le public a été enjaillé malgré la pluie qui redouble la vitalité débordante du spectacle. Comme à son habitude, les fausses fins se succèdent, les saluts n’en finissent plus, jusqu’à faire partie de la chorégraphie, les applaudissements du public se succèdent, malin. Le quinquado Hofesh se présente finalement. Les verts coussins plats valdinguent ; cette tradition unique doit plaire à HS. Cela les vaut, les 38 eur ! Avec une jeune femme, à l’écoute, qui travaille au festival, j’évoque un concert de Mogwai sous la pluie, rien d’anormal pour les Ecossais. En Ecosse, les gosses précoces écossent.
« Is Hofesh Shechter at Sosh ? » Nothing could be less certain. The first sentence is for the film agent, producer, and poor actor Besnehard, with the hair on his tongue that he never feeds to the cat. I had been electrified by Shechter, this Israeli-German musician (percussion learned in Paris in the early 2000s) and choreographer, who is trying to acquire English nationality since he has been living in London since 2002, in this Chacun cherche son entrechat, En corps (2022), with the dancer from the Paris Opera, Barbeau, also present here, in the film by Klapisch who, by chance, is currently offering on the screens, after Cannes, The Coming of the Future with the non-Venus of cinema, Suzanne Lindon who, by virtue of her rich pedigree, had inflicted on us her pitiful first film, Seize Printemps, screened at Cannes because she had, as Ciment would have said, the card (no corruption of course!).
Obstacle course
What an expedition ! A mature, apparently educated woman, knocks her bags against me while sitting next to me on the D metro line, arguing, after apologizing – rare things are expensive – that there are people there; I explain to her that I am not her doormat; in the wrong, … she yells at me! I have noticed this tense behavior since covid: not only are people in the wrong, you point it out, and what’s more, not content with yelling at you, you are almost at risk of being hit. A beautiful woman, in her forties, with light eyes, cultured (dancer ?) rings on her fingers, face to face in the crowded funicular, tries hard not to look at me – these are contemporary relationships, everyone is free. Monday, June 2, the opening of the longest-running European festival, the Nuits de Fourvière in the ancient theater, under new management, one woman, one man – recalls the beautiful inventive hours of Avignon. On the right, an inexperienced young woman at the ticket beeper at the entrance, I stay more than 5 seconds. I bomb. A hipster chases me: my ticket has not been scanned. « Stayed a long time« , « not good« , I exclaim in a quick breath. A very tall (2 m ?) and beautiful young woman, maybe a dancer. New : a person checks again standing (pit) or sitting; I say « sitting », she doesn’t trust me and checks my ticket; waste of time. I ask in the first rows if the seat is free, the guy answers yes, I go to sit down, he tells me that the seat is taken; I explain to him that I asked him in French, I realize that he has an accent. I ask a thirty-something next to me if the seat is taken, he violently answers me « yes, in French« . I retort that the guy is, in bad faith, taking up three seats. A guy is blocking the table with his ticket while talking to a young volunteer. I explain that I’d like to sit down. He grumbles under his breath that he doesn’t have one, and finally lets me through. There’s plenty of space between a young couple and other people. I explain that the volunteers, like every year, are going to squeeze them in. The man in the lazy couple replies that no, because it’s not full; that if there’s space, he’ll let me know, which is unrealistic. The woman… finally moves to take up the entire seat. Faced with so much nastiness, lack of will, and bad faith, I retort : »You’re good for Gaza, you ! » The occupier’s colonization is blatant in both cases. I sit down, which turned out to be appropriate (those downstairs, morons, must have suffered, given the originality of the stage set-up, or the neck or the noise, well done!), upstairs. A girl tells me she can’t move because she’s on one leg to put on waterproof trousers. I reply : « It’s good for dancing.« . Instead of going upstairs without bothering anyone or to the bathroom, next to her partner, she takes the place for a fitting room! I bulge; the place I covet risks being taken. I make a neutral remark to her, a couple, including the woman, around forty, completely delirious, gets excited against me. The woman trying on bothers a second person who plays it cool. I shout : « performance : everyone tries on pants ! » Having shorts under my pants, I could have imitated the individualist, typically French behavior, all foreigners make the remark to us. In post #metoo times, making an allusion to striptease would have been inappropriate, woke on the wild side… The tester calls for a volunteer. The latter asks me if there’s a problem, I reply : « None, apart from the young girl who’s bothering at least two people. » What a bitch, sure of her rights too ! To top it all off, the rain, heavy at times. The co-director opens by taking the microphone, saying that they were surprised by Météo France. False : two weather forecasts (Météociel and Météo agricole) predicted rain, and not just a little. On the other hand, Pleinchamps, a rather fine and accurate agricultural weather forecast, was completely wrong; the site is being repaired the next day… (The next day, rain is forecast; result : nada). Ten more minutes to clear the stage for the dancers’ safety. No worries, HS has rehearsed the show in ancient Greek theaters. The audience in the pit, supposed to move in harmony with the show, at the heart of HS’s design, will not make any large-scale movements like in that brilliant top 10 Idols concert last year. As with LCD Soundsystem, about ten years ago – certainly, Murphy’s Law obliges, the best concert of all, at the same Nuits – the troupe gives it 200%. Participatory, pipe dream !
Cheh !
Let’s return to our dancers who are not sheep, in an individual (solos) / group (13 dancers) dialogue, some duets. Hofesh already drew energy from the brilliant Wim Vandekeybus – on the latter, the Lorraine Roland Huesca, dancer, dance theorist and writer, lecturer and former university professor in Metz, with whom we saw an electrifying show from The Flying Dutchman, told me the greatest good things about it. Here is the concert version (music : HS with Nell Catchpole; soundtrack in collaboration with Guidhall xxx and barbicanbite09), more visceral, gut-wrenching : 24 musicians on stage (11 classical, Christopher Allan transcription, arrangements by Christopher Allan with HS, with violins and cellos; 9 including 6 metalheads in headbanging, 4 guitars, 2 drummers, 1 singer – and 3 Japanese percussionists mixed; 3 folk musicians, with, at the end, the surprising inscription in neon « Where there is pressure, there is folkdance« , HS having started as a teenager, to compensate for his parents’ divorce, in the Batsheva Dance Company of Naharin in Tel-Aviv; for the percussions, Yaron Engler transcription, arrangements by Yaron Engler with HS) in a breathtaking staging in height in Neapolitan slices or vertical metallic structure, like Dantesque circles of hell. It is about the violence of and politics, populism included, and its sad consequences. Any allusion to Bibi is fortuitous ! 😊 Preljo would have added S&M dog collars. A metal singer mimes and belches with onomatopoeia in a black and white suit like Chaplin in The Great Dictator (1940) and a sad ringmaster in the style of Klaus, the late Nomi, sometimes post-Dada, like Bowie. XXL : the show, which unfortunately hasn’t lost its relevance, on the contrary, was created fifteen years ago in The Choregrapher’s Cut (2011), in a first version the previous year. HS’s signature cut, allowing for a modern shock of sensations, works to the fullest during the transition from classical music to metal. HS relies on the retinal relevance and cerebral plasticity of the spectator. For the venue, the control freak uses, thanks to Lee Curran, blinders, flashing lights. On the other hand, towards the end, with a syrupy piece, like an old-school DJ ending a night of mixing and dancing in a disco, I was able to detect the interesting movements of the dancers live thanks to my phone (how annoying cell phones are in the field of vision!) and not… in real life ! This is intentional, HS being a fan of dark universes in every sense of the word, but it’s a shame. In Béjar’s use of hands (I sometimes thought of the chthonic side of his choreography of the Rite of Spring, seen in the Arena of Nîmes), inherited from Nijinsky and Lifar, the Jewish or Hebrew culture is obvious, I thought a lot about the more intimate Nadj. In addition to a round that made me think of this incredible painting, The Round of Prisoners (1890), a revelation, by Van Gogh seen in the Morozof exhibition at the Vuitton Foundation (2021-22) with a magnificent highlighting of Baldassari, Shechter, between creation and entertainment (clubbing, dance on TikTok), could appear as the Thomas Jolly of dance, like Millepied for the rest, yet very different. In any case, the co-director of the Agora in Montpellier dance will energize the scene. The audience was enthralled despite the rain, which redoubled the show’s overflowing vitality. As usual, the false endings followed one after another, the bows never ended, to the point of becoming part of the choreography, and the audience applauded one after another, cleverly. The fifty-something Hofesh finally shows up. The flat green cushions are flying; this unique tradition must please HS. It’s worth the 38 euros ! With a young, attentive woman who works at the festival, I mention a Mogwai concert in the rain—nothing unusual for the Scots. In Scotland, precocious kids go Scottish.
« Peste ! La poésie est virale. » Sceptique de Fos
§ : Les poètes, soit des bons élèves bien appliqués=poeasy, soit des cancres fiers de leur posture, ne savent que recracher leur leçon – avec huître=crachat, artung Artaud au gamelan contre Bach-aux-contrepoints-défectueux, ou non[1]. Obligation de clarté, des bons mots, la maîtrise d’une langue unifiée[2], la perfection étroite qui se souhaite, en toute illusion, universelle[3], ou à l’inverse EsotErik Wahl[4], jeu d’étiquettes et entre-gens avec carnet d’adresses, classement sec, chacun dans sa case, sa chapelle, flip-flap versus vroum-vroum[5] à l’ère du clash, chacun son stéréotype, ses biais.
La poésie a trop de télomères usagés dans les 242 pg de chromosomes par tête de pipe. Elle a des années-lumière de retard sur les découvertes scientifiques et artistiques, Bessette (GPS avant Giorno) et Heidsieck l’affirmaient déjà.
Rabelais, il a perdu, certes. Icigo, devine : il sort ses Gryphes en publiant Pantagruel et Gargantua ; l’éditeur Dolet en douleurs sur le bûcher. Ripolin®Amyot, Vaugelas, fils de juge : barre-les crie Rabelais. Il ne faut pas pousser la grammaire dans les orties, juste la syntaxe. Poète Flaubert est un pue-la-sueur, soit dit au Maupassant. Pas de ci pas de ça, la France ne signe pas la Charte des langues régionales. Bretons, Corses, Occitans, Picards et al. Collectionner les brichetons=mots selon. Sur rivage, saisir les derniers tremblements, comme un principe d’incertitude d’Heisenberg, du papillon rare eupithecia nabokovi au virage. L’avenir de la poésie réside dans les apports des francophonies, Caraïbes notamment[9], Caramba. Caresser la peau du monde – Prigent récuse cette expression alors que le phénoménologue Merleau-Ponty évoque la « chair du monde » – compte-tenu du paradoxe de Russell et de l’inadéquation des mots au monde – sens sont dans béances. Déjeuner avec Wittgenstein.
II
Création est camera obscura. What’s up, Doc ? L’artiste est anarchique et tire dans le noir, selon Mahler[10], et construit des échafaudages dans le vide qu’il pourlèche. A quand, à l’heure des ordinateurs quantiques, une création artistique quantique alors que les fondements théoriques ont été élaborés depuis plus d’un siècle ? Etudier les spins des mots par des injections de blocs de sensations. Le poète est-il l’alliancier composant les tissures de phrases protons, avec l’interaction forte entre quarks[11] grâce aux gluons ou les résultats de collisions protons-anti-protons dans un anneau pour hadrons ? Pas assez pertinent, le système standard de physique, trop beau (kaloskagathós), digne de l’astronomie chez Aristote et consorts : trop de matière et d’énergie noires inexpliquées que les mots doivent retranscrire ; les muons ébranlent l’édifice, ce clinamen ou petit grain de sable salutaire. Changer enfin de paradigme. Noir, c’est noir, noir sur blanc.
Phrase-protée en plasticité du cerveau via les cellules gliales et les neurones-miroirs saisie par le Professeur Simon, Nobel, peintre d’abord, Naccache bono renouvelant, grâce à la neurologie, la théorie de la perception en un Cinéma intérieur[22]. Maître hérisson creuserait le même sillon, soit. Préférer les renards, les éponges à la Picasso, Schwitters, Kubrick, Bowie, Prince, la création toujours renouvelée.
La phrase est un système planétaire, avec des trous noirs entre les mots ; être dense comme une étoile à neutrons avant de devenir supernova, avec sursauts Lorimer. Des deux mots, choisir le moindre. La modernité, foi de Baudelaire, est fragment comme chez Héraclite Boris, le triunisme de de Duksztat est notre affaire pour la poésie visuelle :
On ne se baigne jamais deux fois dans le même effluve.
On ne se prend jamais une baigne dans le même fleuve.
On ne se bugne jamais dans le même fleuve.
La poésie est admissible[23] si les silences sont malaxés en verbi-voco-visuel[24]. Comme la majoritaire antimatière, le silence creuse les sens puisque le mot n’est que le haut de l’iceberg – tropisme. La poésie, à bout de souffle et actuellement sans relève notable, a tenté, dans les années 80 à 2000, de puiser sans succès sa création dans les arts plastiques causant un bref rebond[25]; le pire étant les plasticiens qui se targuaient et se piquaient de poésie, une catastrophe. Une bombe derrière chaque mot[26]. Arc électrique avant arc créatif[27]. Tout est état de tension partout dedans, comme un oxyMoretti.
La foudre gouverne toutes choses [frag. LXIV][28]. Prendre le pourpre, la turbine, la foudre, l’éclair, l’élicie, l’arge, le lanciz : convection de cumulonimbus en enclume – ascendance dedans -, en ligne de grain avec chapelet ; claquage – effet dans plasma – d’isolant à l’état ionisé ; traceurs en double arborescence. TLE=elphes, TGF=flashs gamma ; sprite=sylphe=méduse inverse. Hydroxyles et hydropéroxyles nettoyeurs. Pyronimbus. Purple rain. Mots sont fougères.
[1] « (…) un espace aussi à la marge du marché du livre que celui de la poésie se devait de promouvoir les radicaux et les déviants (pour la simple raison que je croyais que tous les poètes étaient radicaux et déviants). ». Martinez, Cyrille. Le poète insupportable et autres anecdotes. Paris : Questions théoriques, 2017. Collection Forbidden beach. Un poète inédit. p. 61-62.
[2] Richelieu, Versailles, jardins Le Notre beaux comme une chatte bien rasée, rien ne dépasse – le vôtre, de plaisir ne comptant point. Exemples devenus désormais anglo-saxons à l’encontre du jardin anglais, faussement profonds genre R. Padgget et la Nobel Louise Glück.
[3] Le coq, ergots et ego, le seul animal qui chante avec les pieds dans la merde, Coluche avait raison.
[4] De l’art pour l’art comme les Parnassiens jusqu’à A. Zanzotto en passant par R. Char, le Résistant n’ayant jamais rien compris à Heidegger, et Saint John Perse pas très léger léger.
[5] Il s’agit de la vaine polémique lancée par le bourreau Roubaud dans un article du Monde diplomatique de 2010. La caricature du « vroum-vroum » est malheureusement tenace : l’acteur, animateur radio et pseudo spécialiste des avant-gardes, des situationnistes notamment – malgré l’absence de l’aval de la veuve de Debord, Christophe Bourseiller, évoquait Heidsieck comme un poète sonore faisant « Bibibababobo » ; dans un festival italien de poésie, la poétesse portugaise Rosa Alice Branco, décida d’introduire subrepticement de la poésie expérimentale en évoquant la mouche avec l’onomatopée « bzz bzz ».
[7] Il semble que dieu, s’il existe, joue finalement aux dés contrairement à ce qu’affirmait Einstein qui s’est heurté à ses propres limites concernant la piste féconde de la mécanique quantique.
[8] La cible n’est point Balzac – ce qui ne tient pas chez Robbe-Grillet qui a le mérite, via Kierkegaard, de favoriser la reprise, puisque le texte est tissé, contre la variation – mais Houellebecq et ses écrits classiques post-balzaciens dont sa pitoyable poésie puisant dans le banal et le quotidien, peu pérennes, comme des rapports de sociologie, dont la profondeur et le style simple, empruntés à un domaine désormais supplanté par l’économie appliquée ici au sexe, n’atteindront jamais ceux de l’excellent Bove, sur fond de décadence fin XIXe et, parfois, de la SF via Lovecraft.
[9] Comme l’art africain pour la création des avant-gardes du début du XXe siècle. L’alternative à la mondialisation est, foi d’archipel sur un terrain Glissant question écologie, le Toutou-monde.
[10] « Archer qui tire dans le noir. » paraphrasa A. Co[h]en dans sa lettre du 27/03/1978 à D. R. Goitein-Galpérin. Godard reformule : chercher du « définitif par hasard ».
[11] Les scientifiques se sont inspirés de Joyce-qui-dit-oui. A noter que l’école a longtemps trompé les élèves en évoquant un modèle planétaire, semblable à la première topique freudienne via Charcot, comme métaphore de la composition atomique.
[12] A-t-il été mangé par les poux et la gale voire la vérole dans la tombe du musée de Bordeaux – si il s’agit bien de lui ?
[13] Cette ville où étudia brièvement et avec souffrance Lewis Carroll. Chat du Cheshire ou de Schrödinger (1935) ?
[14] Ni dieu ni maître ni naissance dans son œuvre.
[15] Torturant, selon la légende trop belle – mais comme le suggérait l’us-irish Ford, imprimons la légende -, un rat avec une aiguille de chapeau dans un bordel homo.
[17] Wharton, ô Hyères, beaucoup plus douée, adaptée en 1924, 1934 et surtout par Scorsese pour Le temps de l’innocence (The age of innocence, 1993) avec les ultimes Bass et Hermann.
[18] Un bottin de Qui suce qui ?, voire plus. Quant à Totor, c’est l’ancêtre de Tintin.
[19] D’Eric Marty. Colette loua chez Proust sa description de l’inverti notamment entre Jupien et de Charlus.
[20] Pour en finir avec cette mulierbrité où « Les femmes sont soupières, c’est dire l’importance du plumeau » d’après A. Vialatte. Se référer de la statuaire grecque jusqu’au chanteur Anthony/Anony en passant par le théâtre nô, Shakespeare, une photo de Nadar, les suffragettes, les flappers, Orlando de Woolf, le cabaret, berlinois ou parisien, les glams Bolan de T-Rex, Bowie et son acolyte K. Naumie, Phantom of the paradise de B. de Palma (1974), le groupe Indochine, Titane de J. Ducourneau (2020, Palme d’or).
[21] La deuxième vague de cutter age fut le cut up ; l’échantillonnage ou sample, invariant, est pourtant un signe de modernité (cf. Quintyn, Olivier. « CUT, PASTE & PASS. Sur l’échantillonnage », Java, n°25-26, 2004, Dossier Ecriture-Musique, p. 173-180).
[22]Cf. Calculs dans Roses & poireau d’Arno Schmidt. Un nouvel apport concernant les flux de conscience semble décisif comme la première vague au XXe siècle, sur fond de freudisme, avec l’écriture automatique, Faulkner, Joyce et Woolf.
[23] Ishaghpour, Youssef. Le poncif d’Adorno. Le poème après Auschwitz. Paris : Editions du Canoë, 2018. 91 p.
[24] La poésie, par essence intermédia (aède, troubadours, comptines, glossolalie, chanson, poésie sonore, visuelle, électronique) selon Philippe Castellin à la suite de Dick Higgins, utilisant les divers systèmes de communication, se doit de s’opposer à la communication, de l’interroger. Elle est « Une machine de destruction de la langue majoritaire » (Frank Smith, mail du 12/12/18 en réponse à « Qu’est-ce que la poésie au XXIe siècle ? »).
[25] Certains perdurent comme S. Calle, V. Mréjen et L. Mauvignier.
[26] « Poète, écris à coups de poing », c’est dans Aus dem leben eines fauns d’Arno Schmidt. « Un crime derrière chaque mot ! » écrit Novarina dans Le drame de la langue française dans Le théâtre des paroles.
[27] « « Amour, cela veut dire : arc / Tendu : arc, corde : l’accord craque. ») ». Poème de la fin, 5, M. Tsvétaïeva.
[28] Héraclite in Dumont, Jean-Paul. Les Présocratiques. Paris : Gallimard, 1988, 2004. Bibliothèque de la Pléiade. p. 160-161. Selon Hippolyte (Réfutation de toutes les hérésies, IX, 10 où le prêtre d’Ephèse précise : « le feu est doué de conscience et cause de l’ordonnance de toutes choses. »), le nom de foudre est donné au feu éternel.
[English, 2nd part] Tonnerre de Brest est une crêperie hors du commun depuis 1989 à Villeurbanne, 249 cours Zola, à côté de la MLIS de Bota et de l’ancien Asvel, en face du CCAV (Centre Culturel et de la Vie Associative). Elle fut alternative avec Crêpe d’or, rue de la Charité, fin 70, en face du Musée des tissus. Il arrivait à Gérard (Picot) de couper les oignons avec un masque de plongée.
Sens de l’accueil, engagement pour la culture. Gérard, c’est le créateur et le pilier du Tonnerre de Brest, un personnage truculent, un menhir, un Breton de Bréhat. Mais pas un personnage de BD, quoique espiègle, même s’il a été le directeur artistique de la Fête du livre de jeunesse (FLJ) de Villeurbanne. Il m’a raconté les cuites de Tomi Ungerer qui se la jouait star. Très engagé à gauche – au point d’aller en taule avec Boudard entre autres, Gérard a publié également L’ours en peluche: 1903-1983 : une exposition de l’Association Promotion art et culture… (Manifestation organisée par Gérard Picot ; photos de Max Barboni, Minouche Picot, Genviève Picot… ; aquarelles de Berjac ; dessins de Rik Cursat), qui a abouti aussi à L’Ours dans tous ses états, écrit avec sa femme Geneviève, chez Chêne (1987), Un petit vélo dans la tête (textes de Maurice Baquet, Julos Beaucarne, Régis Bernard… et al. ; réunis par Geneviève et Gérard Picot, Marc Walter, 1991), avec une participation notamment de l’ami stéphanois et fan de vélo, l’écrivain Paul Fournel, lors d’une étape du Tour de France à Villeurbanne, Le sac à main : histoire amusée et passionnée chez Ed. Du May, (1993).
La vingtaine de tables, dont trois rondes, ne désemplit pas, sur bande-son de musique bretonne et godets de cidre. Des tables avec un billet des Interceltiques de Lorient, des coquillages, des images, etc. dans leur haut transparent. Au-dessus des miroirs qui permettent d’agrandir le lieu, de surveiller ou de simplement regarder, des affiches ou des mentions drôles dans un joyeux esprit pataphysique (« Pire que tout c’est mieux que rien », « Descendons les ordures, les poubelles attendront », « Merci de ranger les mouettes après usage », un tableau à la Magritte « Ceci n’est pas une bagpipe ») à côtés de panneaux de boîtes à sardines. On peut s’y faire « surprendre par une mariée en robe, venue supplier une cliente de lui prêter sa voiture car elle est en retard ! Et tout le monde s’y colle, ça s’engueule, ça proteste… pour finir par applaudir cette impro d’un groupe de comédiens du TNP. » dans le cadre des superbes biennales d’art de la rue, les Invites. Le poil à gratter, lors des élections ricaines de 2016, indique, sur une affiche à l’entrée, article du Progrès à l’appui : « Les américains doivent être accompagnés d’un adulte pour manger dans notre établissement ! ».
La crêpe est pataphysique : la Bretonne (Pont-l’Abbé, Finistère ; formée à Quimper puis Brest) devenue lyonnaise d’adoption, la princesse Victoria (Oudot), qui officia au Breizh Café (Lyon 1er), prépare sa pâte d’une certaine façon – tout est en double, comme pour les frites à la graisse de bœuf chez les Belges : double fermentation de la pâte, une farine de blé noir, travaillée via un « processus mécanique lent » dans un moulin d’Ille-et-Vilaine (35), en la brassant à la main, elle laisse fermenter pendant deux jours pour la mélanger à une autre pâte, fraîche, préparée le jour même, permettant « de faire ressortir les arômes et accentue le sarrasin » ; faire revenir les ingrédients avant de les installer sur la crêpe – et la badigeonne une deuxième fois de beurre demi-sel, ce qui donne un craquant délicieux et inestimable, croustillante, le « kraz » ou duende Breton. Avec Victoria, la crêpe devient un art. Ayant eu droit à un bel article dans Le Progrès (2 février 2022), Tonnerre de Brest trône enfin dans Les bonnes tables duProgrès aux côtés de Têtedoie, Vianney, Arai, Galvan, les Mey, jeunes (ré)étoilés et tant d’autres étoiles lyonnaises. Une juste consécration pour tant d’années de travail.
C’est la seule crêperie qui cuisine la saucisse de Molène fumée aux algues, à la pomme, au poireau, à l’œuf miroir (comprendre, dans la drolatique carte mentionnant les crêpes avec les lieux et les prénoms de proches, œuf sur le plat). Sont prévues pour le futur, saucisse d’Oléron, l’inévitable andouille de Guéméné, déjà présente avec la moutarde, mais, cette fois, avec pomme. Je l’ai testée et cela fonctionne parfaitement : validé. Une nouveauté du temps de Pilou (prénom du fiston en études en Pologne sur la prévention militaire, qui fut serveur un an avec, parfois, sa compagne, polonaise; peut-être postulera-t-il à Interpopol, existant à Lyon grâce à un coup de gnole et de gastronomie lyonnaise) fut la crêpe à la tomme et à l’ail des ours. Victoria pratiquait la Bigoudaine, une crêpe sucrée verticale avec « bourse » contenant double boules de glace comme caramel. Ma préférée, c’est la Pilou : caramel fondant au beurre salé. Simple mais indémodable. C’est servi vite, roboratif et dans la bonne humeur. Une ambiance familiale, les gens y font la fête (repas de fin de boulot, anniversaire, etc.), quelques habitués, des artistes ; le mercredi, c’est le jour des enfants, Gérard, très prévenant, tout comme avec les personnes handicapées, leur offre sucette et présente un stylo avec album à colorier. Des aveugles viennent régulièrement. On s’esquiche pour sortir.
Une bibliothèque trône dans le coin, dont les livres de sa fille, Pauline Picot, chercheuse à Montpellier en théâtre tout en étant influencée par l’hypnose via Céline Frigau, la sœur du poète Brice Bonfanti, de l’ENS (l’unique baquet de Mesmer réside dans le musée d’histoire de la Médecine et de la Pharmacie de Lyon 1), se piquant de poésie (elle participe à l’Esprit de résistance – L’Année poétique : 118 poètes d’aujourd’hui, remémorant la mythique collection chez Seghers, critiqué justement par Cyrille Martinez dans En Attendant Nadeau, absence injuste de la poétesse engagée Claude Favre, Manon qui regrette d’y être, mon grand-père qui y figura doit se retourner dans sa tombe au Père-Lachaise ; Permettez-moi de palpiter chez Vroum, 2024, J’étais à la guerre et c’était très vivant sur A l’Ouest, rien de nouveau de Remarque, chez le Feu sacré éditions, 2024, dans la belle collection Les feux follets – un auteur rend hommage à une œuvre littéraire – à la superbe typographie qui remémore l’inestimable édition grenobloise Cent pages) et de théâtre avec Votre âme soeur est peut-être dans cette forêt; suivi de SLOW : partition, 2022, Des camisoles : et autres textes, 2015, Ian; suivi de Articulations, 2014, et Les possibles de son corps; suivi de Outre, 2012 chez Quartett).
Lors du Covid, deux habituées, Magalie Albeny et Agnès Lorain, professeures des écoles à Villeurbanne, ont lancé une cagnotte en ligne en soutien.
Tonnerre de Brest has been an unusual crêperie since 1989 in Villeurbanne, located at 249 Cours Zola, next to the MLIS de Bota and the former Asvel, across from the CCAV (Cultural and Community Life Center). It was an alternative to Crêpe d’Or, located on Rue de la Charité in the late 1970s, across from the Musée des Tissus. Gérard (Picot) sometimes cut onions with a diving mask.
A sense of hospitality, a commitment to culture. Gérard is the creator and pillar of the Tonnerre de Brest, a colorful character, a menhir, a Breton from Bréhat. But not a comic book character, although mischievous, even though he was the artistic director of the Villeurbanne Youth Book Festival (FLJ). He told me about the drunken escapades of Tomi Ungerer, who played the role of a star. Very committed to the left – to the point of going to jail with Boudard among others, Gérard also published L’ours en peluche : 1903-1983, Teddy Bear: 1903-1983, une exposition de l’Association Promotion art et culture… (Event organized by Gérard Picot; photos by Max Barboni, Minouche Picot, Genviève Picot…; watercolors by Berjac; drawings by Rik Cursat), which also led to L’Ours dans tous ses états, Teddy Bear, written with his wife Geneviève, published by Chêne (1987), Un petit vélo dans la tête, Bicycle in the head (texts by Maurice Baquet, Julos Beaucarne, Régis Bernard… et al.; collected by Geneviève and Gérard Picot, Marc Walter, 1991), with the participation of his friend from Saint-Étienne and cycling fan, the writer Paul Fournel, during a stage of the Tour de France in Villeurbanne, Le sac à main : histoire amusée et passionnée, Handbag published by Ed. Du May, (1993).
The twenty or so tables, including three round ones, are always full, with Breton music playing and cups of cider. Tables with a ticket from the Lorient Interceltiques, seashells, pictures, etc. in their transparent tops. Above the mirrors that allow you to enlarge the space, monitor or simply watch, posters or funny mentions in a joyful pataphysical spirit (« Worse than anything is better than nothing« , « Let’s take the garbage down, the bins will wait« , « Please put the seagulls away after use« , a Magritte-style painting « This is not a bagpipe« ) next to signs of sardine cans or other things. You can be « surprised by a bride in a dress, coming to beg a customer to lend her her car because she’s late! And everyone gets involved, they argue, they protest… and end up applauding this improvisation by a group of comedians from the TNP. » as part of the superb street art biennials, Les Invites. The thorn in the side, during the 2016 American elections, indicated, on a poster at the entrance, supported by an article from Le Progrès: « Americans must be accompanied by an adult to eat in our establishment !«
The crêpe is pataphysical: the Breton (Pont-l’Abbé, Finistère; trained in Brest) who became a Lyonnaise by adoption, Princess Victoria (Oudot), who worked at the Breizh Café (Lyon 1st), prepares her batter in a certain way – everything is doubled, like the Belgians’ beef fat fries : double fermentation of the batter, a buckwheat flour, worked via a “slow mechanical process” in a mill in Ille-et-Vilaine, stirring it by hand, she leaves it to ferment for two days to mix it with another, fresh batter, prepared the same day, allowing “to bring out the aromas and accentuates the buckwheat”; brown the ingredients before placing them on the crepe – and brush it a second time with semi-salted butter, which gives a delicious and invaluable crispness, the « kraz » or duende Breton. With Victoria, the crepe becomes an art. Having been entitled to a nice article in Le Progrès (February 2, 2022), Tonnerre de Brest finally sits in Les bonnes tables du Progrès alongside Têtedoie, Vianney, Arai, Galvan, the Mey, young (re)stars and so many other Lyon stars. A just consecration for so many years of work.
It’s the only crêperie that cooks smoked Molène sausage with seaweed, apple, leek, and sunny-side-up egg (understand, in the funny menu mentioning the crêpes with the places and first names of relatives : fried egg). Planned for the future are Oléron sausage, the inevitable Guéméné andouille, already present with mustard, but, this time, with apple. I tested it and it works perfectly : validated. A novelty from the time of Pilou (first name of the son studying in Poland on military prevention, who was a waiter for a year with, sometimes, his Polish partner; perhaps he will apply to Interpopol, existing in Lyon thanks to a stroke of booze and Lyonnaise gastronomy) was the crêpe with tomme cheese and wild garlic. Victoria practiced the Bigoudaine, a vertical sweet crêpe with a « purse » containing double scoops of ice cream as caramel. My favorite is the Pilou: melted salted butter caramel. Simple but timeless. It’s served quickly, invigorating, and in a good mood. A family atmosphere, people celebrate there (end-of-work meals, birthdays, etc.), a few regulars, artists; Wednesday is children’s day, Gérard, very attentive, as with disabled people, offers them lollipops and presents a pen with a coloring book. Blind people come regularly. We slip away to get out.
A library sits in the corner, including the books of his daughter, Pauline Picot, a theater researcher in Montpellier while being influenced by hypnosis via Céline Frigau, the sister of the poet Brice Bonfanti, from the ENS (Mesmer’s only tub resides in the Museum of the History of Medicine and Pharmacy of Lyon 1), piqued by poetry (she participates in the Spirit of Resistance – The Poetic Yea r: 118 poets of today, recalling the legendary collection at Seghers, rightly criticized by Cyrille Martinez in En Attendant Nadeau, unjust absence of the committed poet Claude Favre, Manon who regrets being there, my grandfather who appeared there must be turning in his grave at Père-Lachaise; Allow me to palpitate at Vroum, 2024, I was at the war and it was very lively on All Quiet on the Western Front by Remarque, at the Sacred Fire editions, 2024, in the beautiful collection Les feux follets – an author pays homage to a literary work – with superb typography reminiscent of the inestimable Grenoble edition Cent pages) and theater with Your soul mate is perhaps in this forest; followed by SLOW: score, 2022, Camisoles and other texts, 2015, Ian; followed by Articulations, 2014, and Les possibles de son corps; followed by Outre, 2012 at Quartett).
During the Covid crisis, two regulars, Magalie Albeny and Agnès Lorain, school teachers in Villeurbanne, launched an online fundraising campaign in support.
[English, 2nd part; Español en la parte 3; Język polski w części 4] Real pain est un pain dans la gueule : une « vraie souffrance », celle que l’on vit et celle dont on hérite, mais aussi un « véritable casse-pied » – double sens en anglais. Real est un road et buddy movie fondé sur un dialogue ciselé façon Woody Allen ou Alexander Payne, avec attention aux détails – un yaourt tiède, une pierre posée sur le seuil d’une maison, un fou rire dans un ascenseur face à un Polonais qu’on ne comprend pas, une dramédie, une tragi-comédie introspective, hyperactive, sur la mémoire et l’identité, la douleur intergénérationnelle (« pourquoi les enfants de survivants se sentent-ils misérables et inutiles ?» résume Jesse). Si la mise en scène n’est pas du niveau de Kubrick, elle n’est pas déplaisante et évite la construction en sketchs. Derrière les origines polonaises, chassés du pays pendant la guerre, et ukrainiennes de Jesse Eisenberg, le buddy – ou genre fondé sur un contraste entre deux personnages unis par un objectif commun – joue sur les différences entre cousins Kaplan (comme le MacGuffin d’Hitchcock dans La mort aux trousses, North by Northwest, 1959), l’un, Benji, comme le héros fou et ses monologues dans Le bruit et la fureur (The Sound and the Fury, W. Faulkner, 1929), sac au dos, énergique et mélancolique, immature, bordélique, sans-filtre, intense comme une pile électrique, spontané, remuant, rentre-dedans, lourd, électron libre, imprévisible, intempestif, sensible, borderline, sujet aux sautes d’humeur, torturé, névrosé, dépressif chronique, à côté de ses pompes, encombrant, cool et insupportable en même temps, plein de charme, empathique, fumant des joints, surtout sur les toits d’immeuble, apostrophant tout le monde, habitant dans un sous-sol avec sa mère, sans emploi stable, en perdition, extraverti, vulgaire avec force rots, s’installant et jouant du piano sans rien demander, faisant le zouave avec positions drôles et acrobatiques pour imiter les postures devant une statue commémorative de soldats résistants à Varsovie, remettant en question les méthodes du guide, féru d’histoire, compatissant et plein de bonne volonté – un peu trop, dans un cimetière (Will Sharpe, vu dans beaucoup de séries dont The White Lotus, 2021-, et dans le dispensable Emmanuelle d’A. Diwan, 2024), pète les plombs dans un train, où soudain voyager en première classe, en Pologne, lui apparaît comme légitimement insoutenable au regard du transport des génocidés dans des wagons à bestiaux – amenant ainsi le public à réfléchir, et l’autre, incarné par le metteur en scène, sujet aux troubles de l’anxiété depuis l’enfance, débit de mitraillette, père de famille responsable, ici en casquette de base-ball, admirateur du cousin avec pointes de jalousie, perfectionniste, prudent, raisonnable, au carré, anxieux, stressé (sur la route pour l’aéroport JFK à New York, il harcèle son cousin de messages sur un téléphone saturé pour s’assurer qu’il sera bien à l’heure pour l’embarquement), hypocondriaque, timide, introverti, faisant profil bas, mal à l’aise dans les relations sociales, asocial et obsédé par sa carrière, en s’enfermant dans le silence sans partager ses peurs et son mal-être. Les enfants inséparables, se sont éloignés l’un de l’autre à l’âge adulte : à la limite d’un règlement de comptes intime, d’une bouffée d’angoisse incontrôlée ou d’un possible nervous breakdown de Benji. L’un surveille l’autre sous weed, réagissant aux événements comme le lait sur le feu, après une tentative de suicide.
Le craignos attachant, c’est Kieran Culkin, décrochant le BAFTA, l’Independent Spirit Awards, le Sag Award, le Golden Globe et l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle, le frère de Macaulay (L’oncle Buck, Uncle Buck, 1989, John Hughes ; Maman, j’ai raté l’avion !, Home Alone, 1990, Maman, j’ai encore raté l’avion !, Home Alone 2 : Lost in New York, 1992, Chris Columbus, scénario de John Hughes ; puis il a cachetonné dans des films comiques tels que le Père de la mariée, Father of the Bride, 1991, Charles Shyer avant de s’illustrer dans Igby, Igby Goes Down, Burr Steers, 2002 ; des clips pour Michael Jackson, Black or white, ou Sonic Youth, Sunday ; des séries comme Equalizer, Frasier). Kieran, auréolé du Golden Globe et de l’Emmy Award du meilleur acteur dans une série dramatique en 2024, a joué Roman Roy, frère désabusé et cynique, héritier tonitruant d’une fratrie qui va se déchirer sous la redoutable pression d’un père milliardaire, dans la série Succession (2018-2023). « Il dormait par terre dans sa chambre d’hôtel, sortait tous les soirs dans la nuit polonaise, buvait, dormait deux heures par nuit : il vivait exactement comme le personnage. » Kieran apprend vite ses textes, improvise car les scripts étaient parfois changés le jour même du tournage. Eisenberg, lui, long corps dégingandé, a été vu dès l’adolescence aux côtés d’Anne Hathaway dans la série La Famille Green (Get Real, 1999-2000) puis dans Le Village, The Village, 2004, M. Night Shyamalan ; Les Berkman se séparent, The Squid and the Whale, 2005, Noah Baumbach ; Bienvenue à Zombieland, Zombieland, 2009, où il donne la réplique à Emma Stone qui deviendra sa productrice, y compris dans le prochain film, une comédie musicale avec Julianne Moore et Paul Giamatti, et Retour à Zombieland, Zombieland : Double Tap, 2019, Ruben Fleischer ; The Social Network, David Fincher, 2010 ; Insaisissables, Now You See Me, 2013, Louis Leterrier ; Night Moves, Kelly Reichardt, 2013 ; To Rome with Love, 2012 et Café Society, 2016, Woody Allen – même humour grinçant, même passion pour le langage et même obsession pour l’identité et la judéité; Batman v Superman : L’Aube de la justice, Batman v Superman : Dawn of Justice, Justice League, 2016, Zack Snyder, Vivarium, 2019, Lorcan Finnegan. Il est l’auteur d’un premier long-métrage, When You Finish Saving the World (2022) avec Julianne Moore, une comédie familiale punchy, qui fit l’ouverture de la Semaine de la critique, à Cannes, avant d’être diffusée directement en VoD. « J’avais écrit une pièce, intitulée The Spoils, dans laquelle j’ai joué pendant deux ans un personnage nommé Benji, qui était assez similaire à celui du film. » Dramaturge, Eisenberg a également écrit en 2013 The Revisionist, une pièce de théâtre off-Broadway avec Vanessa Redgrave sur un jeune Américain rendant visite à une cousine polonaise rescapée de la Shoah.
« Enfant, j’ai été traumatisé par un reportage sur le KKK, dans lequel un homme comparait les Juifs à des cafards. » Eisenberg a effectué un « Holocauste Tour » avec sa femme en 2008 sur les traces de sa grand-tante Doris, rescapée de la Shoah ; « nous avons rendu visite à ma cousine, une survivante de la guerre, à Szczecin, dans le nord-ouest du pays ». A la mort de sa grand-tante à l’âge de 106 ans en 2019, qui a grandi en Pologne avant de fuir aux États-Unis en 1938, l’idée germe. Puis, « en Mongolie, où se déroulait à l’origine le film que j’écrivais sur eux… avant de tomber sur une publicité en ligne pour des visites guidées sur les traces de l’Holocauste, “avec déjeuner inclus”. Devant une formulation aussi étrange, troublante, à la fois presque comique et terriblement déprimante, j’ai su que je tenais mon film ». Toutes les douleurs se valent-elles ? Ici, il s’agit de juifs de la troisième génération, qui se sentent coupables. Le psychanalyste survivant des camps Viktor Frankl a écrit Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie. Nous verrons l’impressionnant ancien camp de concentration de Majdanek, à côté de Lublin, dans la partie orientale de la Pologne, pays auquel Jesse a requis et obtenu la nationalité pour plus de réconciliation. La destination terminale, la maison de leur grand-mère, est le contraire d’un climax. Une des tantes de Jesse, qu’il a bien connu, avait vécu à Krasnystaw. Jesse indique également « les Juifs n’ont pas l’exclusivité du traumatisme après un génocide. ». C’est pourquoi nous voyons un survivant du génocide des Tutsis qui a fui le Rwanda et s’est converti au judaïsme (Kurt Egyiawan, vu dans la série House of the Dragon, 2022-, son premier rôle étant celui de l’assistant de Q dans Skyfall, Sam Mendes, 2012). « Pour Eloge, je me suis inspiré de l’un mes amis rwandais, qui a survécu aux massacres en 1994, Eloge Butera, converti au judaïsme. ».Le reste de l’équipe de touristes ? Une sexagénaire, Marcia, fraîchement divorcée en quête de ses origines (Jennifer Grey, la « Bébé » de Dirty Dancing, 1987, Emile Ardolino) et un couple de retraités du Midwest (Liza Sadovy et David Oreskes).
La musique est un best of lassant de Chopin : Valse no1, la cavalcade de la Valse no 6, Nocturne no 15, etc.
A Real Pain, comédie dramatique (USA, couleurs, 2024), scénario et réalisation Jesse Eisenberg, photographie Michal Dymek ; avec Jesse Eisenberg, Kieran Culkin, Jennifer Grey, Will Sharpe… Durée 1h30.
Real pain is a pain in the mouth : a « real pain », the kind we experience and the kind we inherit, but also a « real pain » – a double meaning in English. Real is a road and buddy movie based on chiseled dialogue in the style of Woody Allen or Alexander Payne, with attention to detail – a lukewarm yogurt, a stone placed on the threshold of a house, a burst of laughter in an elevator in front of a Polish man we don’t understand, a dramedy, an introspective, hyperactive tragicomedy, about memory and identity, intergenerational pain (« why do the children of survivors feel miserable and useless ? » summarizes Jesse). If the staging is not at Kubrick’s level, it is not unpleasant and avoids being constructed in sketches. Behind the Polish origins, driven out of the country during the war, and the Ukrainian origins of Jesse Eisenberg, the buddy – or genre based on a contrast between two characters united by a common goal – plays on the contrast between the Kaplan cousins (like Hitchcock’s MacGuffin in North by Northwest, 1959), one, Benji, like the mad hero and his monologues in The Sound and the Fury (W. Faulkner, 1929), backpack, energetic and melancholic, immature, messy, unfiltered, intense like a battery, spontaneous, restless, pushy, heavy, free electron, unpredictable, untimely, sensitive, borderline, subject to mood swings, tortured, neurotic, chronically depressive, beside himself, cumbersome, cool and unbearable at the same time, full of charm, empathetic, smoking joints, especially on rooftops apartment building, shouting at everyone, living in a basement with his mother, without a stable job, in distress, extroverted, vulgar with a lot of burps, settling down and playing the piano without asking for anything, acting the fool with funny and acrobatic positions to imitate the postures in front of a commemorative statue of resistance soldiers in Warsaw, questioning the methods of the guide, keen on history, compassionate and full of good will – a little too much, in a cemetery (Will Sharpe, seen in many series including The White Lotus, 2021-, and in the dispensable Emmanuelle by A. Diwan, 2024), loses his temper on a train, where suddenly traveling in first class, in Poland, seems legitimately unbearable to him in view of the transport of genocides in cattle cars – thus leading the audience to reflect, and the other, embodied by the director, subject to anxiety disorders since childhood, machine-gun delivery, responsible father, here in a baseball cap, admirer of the cousin with hints of jealousy, perfectionist, cautious, reasonable, square, anxious, stressed (on on the way to JFK Airport in New York, he pesters his cousin with messages on a busy phone to make sure he’ll be on time for boarding), hypochondriac, shy, introverted, keeping a low profile, uncomfortable in social relationships, antisocial and obsessed with his career, locking himself in silence without sharing his fears and his unhappiness. The inseparable children, moved away from each other in adulthood : on the verge of an intimate settling of scores, a burst of uncontrolled anxiety or a possible nervous breakdown of Benji. One watches the other under weed, reacting to events like milk on the stove, after a suicide attempt.
The endearing scumbag is Kieran Culkin, winner of the BAFTA, the Independent Spirit Awards, the Sag Award, the Golden Globe and the Oscar for Best Supporting Actor, the brother of Macaulay (Uncle Buck, 1989, John Hughes; Home Alone, 1990; Home Alone 2 : Lost in New York, 1992, Chris Columbus, screenplay by John Hughes; then he made money in comedy films such as Father of the Bride, 1991, Charles Shyer before making his mark in Igby Goes Down, Burr Steers, 2002; music videos for Michael Jackson, Black or White, or Sonic Youth, Sunday; series like Equalizer, Frasier). Kieran, winner of the Golden Globe and Emmy Award for Best Actor in a Drama Series in 2024, played Roman Roy, a disillusioned and cynical brother, the thunderous heir to a family that will tear itself apart under the formidable pressure of a billionaire father, in the series Succession (2018-2023). « He slept on the floor of his hotel room, went out every night in the Polish night, drank, slept two hours a night: he lived exactly like the character. » Kieran learned his lines quickly, improvising because the scripts were sometimes changed on the same day as filming. Eisenberg, with his long, lanky body, was seen as a teenager alongside Anne Hathaway in the series Get Real (1999-2000) and then in The Village, 2004, M. Night Shyamalan; The Squid and the Whale, 2005, Noah Baumbach; Zombieland, 2009, where he starred opposite Emma Stone who would become his producer, including in the next film, a musical with Julianne Moore and Paul Giamatti, and Zombieland : Double Tap, 2019, Ruben Fleischer; The Social Network, David Fincher, 2010; Now You See Me, 2013, Louis Leterrier; Night Moves, Kelly Reichardt, 2013; To Rome with Love, 2012 and Café Society, 2016, Woody Allen – same dark humor, same passion for language and same obsession with identity and Jewishness; Batman v Superman : Dawn of Justice, 2016, Zack Snyder; Justice League, 2016, Zack Snyder, Vivarium, 2019, Lorcan Finnegan. He is the director of a first feature film, When You Finish Saving the World (2022) with Julianne Moore, a punchy family comedy, which opened the Critics’ Week at Cannes, before being released directly on VoD. “I had written a play called The Spoils, in which I played a character named Benji for two years, who was quite similar to the one in the film.” A playwright, Eisenberg also wrote The Revisionist, a 2013 off-Broadway play starring Vanessa Redgrave about a young American visiting a Polish cousin who survived the Holocaust.
“As a child, I was traumatized by a report on the KKK, in which a man compared Jews to cockroaches.” Eisenberg took a “Holocaust Tour” with his wife in 2008, following in the footsteps of his great-aunt Doris, a Holocaust survivor; “we visited my cousin, a war survivor, in Szczecin, in the northwest of the country.” When his great-aunt, who grew up in Poland before fleeing to the United States in 1938, died at the age of 106, the idea was born. Then, “in Mongolia, where the film I was writing about them was originally set… before I came across an online advertisement for Holocaust tours, ‘with lunch included.’” Faced with such a strange, disturbing formulation, at once almost comical and terribly depressing, I knew I had my film. » Is all pain equal ? Here, it’s about third-generation Jews who feel guilty. The psychoanalyst and camp survivor Viktor Frankl wrote Discovering Meaning in Life with Logotherapy. We will see the impressive former Majdanek concentration camp, near Lublin, in eastern Poland, a country to which Jesse applied for and obtained citizenship for greater reconciliation. The final destination, their grandmother’s house, is the opposite of a climax. One of Jesse’s aunts, whom he knew well, had lived in Krasnystaw. Jesse also points out, « Jews don’t have exclusive rights to trauma after genocide. » This is why we see a survivor of the Tutsi genocide who fled Rwanda and converted to Judaism (Kurt Egyiawan, seen in the series House of the Dragon, 2022-, his first role being that of Q’s assistant in Skyfall, directed by Sam Mendes, 2012). « For Eloge, I was inspired by one of my Rwandan friends, Eloge Butera, who survived the massacres in 1994, and who converted to Judaism. » The rest of the tourist team ? A sixty-year-old, Marcia, recently divorced in search of her origins (Jennifer Grey, the « Baby » from Dirty Dancing, 1987, Emile Ardolino), a retired couple from the Midwest (Liza Sadovy and David Oreskes).
The music is a tiresome best-of of Chopin : Waltz No 1, the cavalcade of Waltz No 6, Nocturne No 15, etc.
A Real Pain, comedy-drama (USA, color, 2024), written and directed by Jesse Eisenberg, cinematographed by Michal Dymek; starring Jesse Eisenberg, Kieran Culkin, Jennifer Grey, Will Sharpe, and more. Running time : 1h30.
El dolor real es una bofetada : un « sufrimiento real« , el que vivimos y el que heredamos, pero también un « gran dolor de cabeza« , un doble sentido en inglés. Real es una película de carretera y de amigos basada en diálogos finamente elaborados al estilo de Woody Allen o Alexander Payne, con atención al detalle : un yogur caliente, una piedra colocada en el umbral de una casa, un ataque de risa en un ascensor frente a un polaco al que no entendemos, una comedia dramática, una tragicomedia introspectiva e hiperactiva sobre la memoria y la identidad, el dolor intergeneracional (« ¿Por qué los hijos de los supervivientes se sienten miserables e inútiles ?« , resume Jesse). Aunque la dirección no está al nivel de Kubrick, no resulta desagradable y evita una estructura de sketch. Tras los orígenes polacos —expulsados del país durante la guerra — y ucranianos del asquenazí Jesse Eisenberg, la película de colegas — o género basado en el contraste entre dos personajes unidos por un objetivo común — juega con las diferencias entre los primos Kaplan (como el nombre del MacGuffin de Hitchcock en Con la muerte en los talones, 1959), uno de ellos, Benji, como el héroe loco y sus monólogos en El ruido y la furia (W. Faulkner, 1929), mochila a la espalda, enérgico y melancólico, inmaduro, desordenado, sin filtros, intenso como un cable de alta tensión, espontáneo, inquieto, autoritario, torpe, un espíritu libre, impredecible, impulsivo, sensible, límite, propenso a cambios de humor, torturado, neurótico, depresivo crónico, fuera de sí, pesado, genial e insoportable a la vez, encantador, empático, fumando porros, sobre todo en los tejados, llamando a todo el mundo, viviendo en un sótano con su madre, sin un trabajo estable, a la deriva, extrovertido, vulgar con fuertes eructos, montando y tocando el piano sin que se lo pidan, haciendo payasadas con poses divertidas y acrobáticas para imitar las posturas frente a una estatua conmemorativa de los soldados de la resistencia en Varsovia, cuestionando los métodos del guía, un aficionado a la historia, compasivo y lleno de buena voluntad – un poco demasiado, en un cementerio) (Will Sharpe, visto en muchas series, incluyendo The White Lotus, El loto blanco, 2021-, y en la prescindible Emmanuelle de A. Diwan, 2024), pierde los estribos en un tren, donde de repente viajar en primera clase en Polonia le parece legítimamente insoportable a la luz del transporte de víctimas del genocidio en vagones de ganado, lo que incita al público a reflexionar, y el otro, encarnado por el director, sujeto a trastornos de ansiedad desde la infancia, entrega ametralladora, hombre de familia responsable, aquí con una gorra de béisbol, admirador de su primo con indicios de celos, perfeccionista, cauto, razonable, cuadrado, ansioso, estresado (en el camino al aeropuerto JFK de Nueva York, bombardea a su primo con mensajes en un teléfono sobrecargado para asegurarse de que llegará a tiempo para abordar), hipocondríaco, tímido, Introvertido, discreto, incómodo en situaciones sociales, asocial y obsesionado con su carrera, se refugió en el silencio, negándose a compartir sus miedos e inquietudes. Los inseparables hijos se distanciaron en la edad adulta: una separación que rozó una venganza personal, un ataque de ansiedad descontrolado o una posible crisis nerviosa para Benji. Uno vigilaba al otro, colocado de marihuana, reaccionando a los acontecimientos con extrema agitación tras un intento de suicidio.
El entrañablemente cursi es Kieran Culkin, ganador del BAFTA, el Independent Spirit Award, el Sag Award, el Globo de Oro y el Oscar al mejor actor de reparto, hermano de Macaulay (Uncle Buck, TíoBuck, 1989, John Hughes; Home Alone, Solo en casa, 1990, Home Alone 2 :Lost in New York, Solo en casa 2 : Perdido en Nueva York, 1992, Chris Columbus, guion de John Hughes; después aceptó papeles en películas de comedia como Father of the Bride, Padre de la novia, 1991, Charles Shyer antes de hacerse un nombre en Igby, Igby Goes Down, Igby se cae, Burr Steers, 2002; videos musicales de Michael Jackson, Black or white, o Sonic Youth, Sunday; series como Equalizer, Frasier). Kieran, quien ganó el Globo de Oro y el Emmy al Mejor Actor en una Serie Dramática en 2024, interpretó a Roman Roy, un hermano desilusionado y cínico, el heredero bullicioso de una familia que se desintegrará bajo la formidable presión de un padre multimillonario, en la serie Succession, Sucesión (2018-2023). « Dormía en el suelo de su habitación de hotel, salía todas las noches a la noche polaca, bebía, dormía dos horas cada noche: vivía exactamente como el personaje« . Kieran se aprende sus diálogos rápidamente e improvisa porque los guiones a veces se cambiaban el día del rodaje. Eisenberg, con su figura alta y desgarbada, fue visto desde su adolescencia junto a Anne Hathaway en la serie Get Real, Sea real (1999-2000) y luego en The Village, El pueblo (2004), dirigida por M. Night Shyamalan; El Calamar y la Ballena, 2005, de Noah Baumbach; Zombieland, Tierrazombie, 2009, donde coprotagoniza con Emma Stone quien se convertirá en su productor, incluyendo en la próxima película, una comedia musical con Julianne Moore y Paul Giamatti, y Zombieland : Double Tap, Tierrazombie : Doble toque, 2019, Ruben Fleischer; The Social Network, La Red Social, David Fincher, 2010; Now You See Me, Ahora me ves, 2013, Louis Leterrier; Night Moves, Movimientos nocturnos, Kelly Reichardt, 2013; To Rome with Love, A Roma con amor, 2012 y Café Society, Sociedad de Café, 2016, Woody Allen – mismo humor mordaz, misma pasión por el lenguaje y misma obsesión con la identidad y el judaísmo; Batman v Superman : Dawn of Justice, Batman v Superman : El amanecer de la justicia, Justice League, Liga de la justicia, 2016, Zack Snyder, Vivarium, Vivero, 2019, Lorcan Finnegan. Es el director de un primer largometraje, When You Finish Saving the World, Cuando termines de salvar el mundo, (2022), protagonizada por Julianne Moore, una contundente comedia familiar que inauguró la Semana de la Crítica en Cannes antes de ser estrenada directamente en VOD. Había escrito una obra de teatro, titulada The Spoils, El botín, en la que interpreté a un personaje llamado Benji durante dos años, bastante similar al de la película. Eisenberg, dramaturgo, también escribió The Revisionist, El revisionista en 2013, una obra off-Broadway protagonizada por Vanessa Redgrave sobre un joven estadounidense que visita a un primo polaco que sobrevivió al Holocausto. « De niño, me traumatizó un reportaje sobre el KKK, en el que un hombre comparaba a los judíos con cucarachas ». Eisenberg hizo un « Tour del Holocausto » con su esposa en 2008, siguiendo los pasos de su tía abuela Doris, sobreviviente del Holocausto; « visitamos a mi prima, sobreviviente de guerra, en Szczecin, en el noroeste del país« . Cuando su tía abuela, quien creció en Polonia antes de huir a Estados Unidos en 1938, falleció a los 106 años en 2019, la idea echó raíces. Luego, « en Mongolia, donde se ambientaba la película que originalmente estaba escribiendo sobre ellos… antes de encontrarme con un anuncio en línea de visitas guiadas que repasaban los pasos del Holocausto, ‘con almuerzo incluido’. Ante una formulación tan extraña e inquietante, a la vez casi cómica y terriblemente deprimente, supe que tenía mi película. » ¿Son todas las formas de sufrimiento iguales? Aquí, tratamos con judíos de tercera generación que se sienten culpables. El psicoanalista y superviviente de campos de concentración, Viktor Frankl, escribió El hombre en busca de sentido. Veremos el imponente antiguo campo de concentración de Majdanek, cerca de Lublin, en el este de Polonia, el país al que Jesse solicitó y obtuvo la ciudadanía en nombre de la reconciliación. El destino final, la casa de su abuela, es lo opuesto a un clímax. Una de las tías de Jesse, a quien conocía bien, había vivido en Krasnystaw. Jesse también señala : «Los judíos no tienen el monopolio del trauma después de un genocidio». Por eso vemos a un superviviente del genocidio tutsi que huyó de Ruanda y se convirtió al judaísmo (Kurt Egyiawan, visto en la serie House of the Dragon, Casa del Dragón, 2022–, cuyo primer papel fue el de asistente de Q en Skyfall, Caída del cielo, Sam Mendes, 2012). «Para Eloge, me inspiré en uno de mis amigos ruandeses, que sobrevivió a las masacres de 1994, Eloge Butera, quien se convirtió al judaísmo». ¿El resto del grupo de turistas? Una mujer de unos sesenta años, Marcia, recientemente divorciada y en busca de sus raíces (Jennifer Grey, «Baby» de Dirty Dancing, Baile sucio, 1987, Emile Ardolino), y una pareja de jubilados del Medio Oeste (Liza Sadovy y David Oreskes).
La música es un aburrido best-of de Chopin : Vals nº 1, la cabalgata del Vals nº 6, Nocturno nº 15, etc.
A Real Pain, Un verdadero dolor, comedia dramática (EE.UU., color, 2024), escrita y dirigida por Jesse Eisenberg, fotografía de Michal Dymek; protagonizada por Jesse Eisenberg, Kieran Culkin, Jennifer Grey, Will Sharpe… Duración 1h30.
Prawdziwy ból to policzek : „prawdziwe cierpienie”, takie, które przeżywamy i takie, które dziedziczymy, ale także „prawdziwy ból w dupie” – w języku angielskim ma to podwójne znaczenie. Real to film drogi i przyjaźni oparty na misternie skonstruowanych dialogach w stylu Woody’ego Allena czy Alexandra Payne’a, z dbałością o szczegóły – ciepły jogurt, kamień położony na progu domu, atak śmiechu w windzie przed niezrozumiałym Polakiem, tragikomedia, introspektywna, hiperaktywna tragikomedia o pamięci i tożsamości, bólu międzypokoleniowym („dlaczego dzieci ocalałych czują się nieszczęśliwe i bezużyteczne ?” – podsumowuje Jesse). Choć reżyseria nie dorównuje Kubrickowi, nie jest nieprzyjemna i unika schematycznej struktury. Za polskimi korzeniami – wygnanego z kraju podczas wojny – i ukraińskimi korzeniami aszkenazyjskiego Jessego Eisenberga, film kumplowski – czyli gatunek oparty na kontraście między dwiema postaciami zjednoczonymi wspólnym celem – gra na różnicach między kuzynami Kaplanów (jak imię MacGuffina Hitchcocka w filmie Północ, północny zachód z 1959 roku), a Benjim, niczym szalony bohater i jego monologi w filmie Wściekłość i dźwięk”(W. Faulkner, 1929), z plecakiem na plecach, energiczny i melancholijny, niedojrzały, niechlujny, niefiltrowany, intensywny jak przewód pod napięciem, spontaniczny, niespokojny, nachalny, ociężały, wolny duch, nieprzewidywalny, impulsywny, wrażliwy, z pogranicza, podatny na wahania nastroju, dręczony, neurotyczny, chronicznie przygnębiony, oderwany od rzeczywistości, niezdarny, chłodny i nie do zniesienia w tym samym czasie, czarujący, empatyczny, palący jointy, zwłaszcza na dachach, wykrzykujący do wszystkich, mieszkający w piwnicy z matką, bez stałej pracy, dryfujący, ekstrawertyczny, wulgarny z głośnymi beknięciami, rozstawiający i grający na pianinie bez proszenia, wygłupiający się w zabawnych i akrobatycznych pozach, aby naśladować postawy przed pomnikiem żołnierzy ruchu oporu w Warszawie, kwestionujący metody przewodnika, pasjonat historii, współczujący i pełen dobrej woli – trochę za bardzo, na cmentarzu) (Will Sharpe, widziany w wielu serialach, w tym w The White Lotus, Białym lotosie, 2021-, i w zbędnym Emmanuelle A. Diwana, 2024), traci panowanie nad sobą w pociągu, gdzie nagle podróżowanie pierwszą klasą w Polsce wydaje mu się zasadnie nie do zniesienia w świetle transportu ofiar ludobójstwa w wagonach bydlęcych – co skłania widzów do refleksji, a drugi, ucieleśniony przez reżysera, od dzieciństwa cierpiący na zaburzenia lękowe, dostawca karabinu maszynowego, odpowiedzialny ojciec rodziny, tutaj w czapce baseballowej, wielbiciel swojego kuzyna z nutą zazdrości, perfekcjonista, ostrożny, rozsądny, kwadratowy, lękliwy, zestresowany (w drodze na lotnisko JFK w Nowym Jorku bombarduje kuzyna wiadomościami z przeciążonego telefonu, aby upewnić się, że będzie na czas na wejście na pokład), hipochondryk, nieśmiały, introwertyczny, unikający rozgłosu, nieswojo czujący się w towarzystwie, aspołeczny i obsesyjnie skupiony na karierze, wycofał się w milczenie, nie dzieląc się swoimi lękami i niepokojem. Nierozłączni synowie oddalili się od siebie w dorosłym życiu : rozstanie graniczące z osobistą zemstą, niekontrolowanym atakiem lęku, a nawet możliwym załamaniem nerwowym Benjiego. Jedno z nich bacznie obserwowało drugie, naćpane trawką, reagujące na wydarzenia skrajnym zdenerwowaniem po próbie samobójczej.
Najbardziej ckliwym i rozbrajającym jest Kieran Culkin, laureat nagród BAFTA, Independent Spirit Award, Sag Award, Złotego Globu i Oscara za najlepszego aktora drugoplanowego, brat Macaulaya (Wujek Buck, 1989, John Hughes; Kevin sam w domu, 1990, Kevin sam w Nowym Jorku, 1992, Chris Columbus, scenariusz John Hughes; następnie wystąpił w filmach komediowych, takich jak Ojciec panny młodej, 1991, Charles Shyer, zanim zyskał sławę dzięki Igby upada, Burr Steers, 2002; teledyskom Michaela Jacksona, Black or White, or Sonic Youth, Sunday; serialom, takim jak Equalizer, Frasier). Kieran, który w 2024 roku zdobył Złoty Glob i nagrodę Emmy dla najlepszego aktora w serialu dramatycznym, zagrał Romana Roya, rozczarowanego i cynicznego brata, hałaśliwego dziedzica rodziny, która rozpadnie się pod ogromną presją ojca-miliardera, w serialu Succession, Sukcesja (2018-2023). „Spał na podłodze w swoim pokoju hotelowym, każdej nocy wychodził na polską noc, pił, spał dwie godziny na dobę : żył dokładnie tak, jak jego postać”. Kieran szybko uczy się swoich kwestii, improwizuje, ponieważ scenariusze były czasami zmieniane w dniu zdjęć. Eisenberg, z jego długą, szczupłą sylwetką, był widziany od nastoletnich lat u boku Anne Hathaway w serialu Get Real, Bądź prawdziwy (1999-2000), a następnie w The Village, Wioska (2004) w reżyserii M. Night Shyamalana; The Squid and the Whale, Kałamarnica i wieloryb (2005) Noah Baumbach; Zombieland, Krainazombie, 2009, w którym występuje u boku Emmy Stone który zostanie jego producentem, w tym w kolejnym filmie, komedii muzycznej z Julianne Moore i Paulem Giamattim oraz Zombieland : Double Tap, Zombieland : Podwójne dotknięcie, 2019, Ruben Fleischer; The Social Network, Sieć społecznościowa, David Fincher, 2010; Now You See Me, Teraz mnie widzisz, 2013, Louis Leterrier; Night Moves, Nocne ruchy, Kelly Reichardt, 2013; To Rome with Love, Do Rzymu z miłością, 2012 i Café Society, Towarzystwo Kawiarni, 2016, Woody Allen – ten sam cięty humor, ta sama pasja do języka i ta sama obsesja na punkcie tożsamości i żydowskości; Batman v Superman : Dawn of Justice, Batman v Superman : Świt sprawiedliwości, Justice League, Liga Sprawiedliwości, 2016, Zack Snyder, Vivarium, Wiwarium, 2019, Lorcan Finnegan. Jest autorem pierwszego filmu fabularnego, When You Finish Saving the World, Kiedy skończysz ratować świat (2022) z Julianne Moore, mocnej komedii rodzinnej, która otworzyła Tydzień Krytyki w Cannes, zanim została wydana bezpośrednio na VoD. Napisałem sztukę zatytułowaną, « The Spoils, w której przez dwa lata grałem postać o imieniu Benji, bardzo podobną do tej z filmu ». Eisenberg, dramatopisarz, napisał również w 2013 roku The Revisionist, Rewizjonista, sztukę off-broadwayowską z Vanessą Redgrave w roli głównej, opowiadającą o młodym Amerykaninie odwiedzającym polskiego kuzyna, który przeżył Holokaust. „Jako dziecko byłem zszokowany reportażem o Ku Klux Klanie, w którym mężczyzna porównał Żydów do karaluchów”. W 2008 roku Eisenberg wraz z żoną odbył „Podróż śladami Holokaustu”, podążając śladami swojej prababci Doris, ocalałej z Holokaustu; „odwiedziliśmy mojego kuzyna, ocalałego z wojny, w Szczecinie, na północnym zachodzie kraju”. Kiedy jego prababcia, która dorastała w Polsce, zanim uciekła do Stanów Zjednoczonych w 1938 roku, zmarła w wieku 106 lat w 2019 roku, pomysł się zakorzenił. Potem, « w Mongolii, gdzie rozgrywała się akcja filmu, który pierwotnie o nich pisałem… zanim natknąłem się na internetową reklamę wycieczek z przewodnikiem, które opowiadają o Holokauście, ‘z lunchem w cenie’. W obliczu tak dziwnego, niepokojącego sformułowania, jednocześnie niemal komicznego i straszliwie przygnębiającego, wiedziałem, że mam swój film. » Czy wszystkie formy cierpienia są równe ? Mamy tu do czynienia z Żydami trzeciego pokolenia, którzy czują się winni. Psychoanalityk i ocalały z obozu Viktor Frankl napisał książkę „Człowiek w poszukiwaniu sensu”. Zobaczymy imponujący były obóz koncentracyjny na Majdanku, niedaleko Lublina, we wschodniej Polsce – kraju, o którego obywatelstwo Jesse wnioskował i otrzymał w imię pojednania. Miejscem docelowym, domem ich babci, jest przeciwieństwo punktu kulminacyjnego. Jedna z ciotek Jessego, którą dobrze znał, mieszkała w Krasnymstawie. Jesse zauważa również : „Żydzi nie mają monopolu na traumę po ludobójstwie”. Dlatego widzimy ocalałego z ludobójstwa Tutsi, który uciekł z Rwandy i przeszedł na judaizm (Kurt Egyiawan, znany z serialu Dom Smoka z 2022 roku, którego pierwszą rolą była rola asystenta Q w filmie Skyfall, Niebo, Sama Mendesa z 2012 roku). „W przypadku Eloge inspiracją była dla mnie jedna z moich rwandyjskich przyjaciółek, która przeżyła masakry w 1994 roku, Eloge Butera, która przeszła na judaizm”. Reszta grupy turystycznej ? Marcia, kobieta po sześćdziesiątce, niedawno rozwiedziona i poszukująca swoich korzeni (Jennifer Grey, „Baby” z Dirty Dancing, Brudny taniec, 1987, Emile Ardolino) oraz emerytowana para ze Środkowego Zachodu (Liza Sadovy i David Oreskes).
Muzyka to nudny zbiór najlepszych utworów Chopina : Walc nr 1, kawalkada Walca nr 6, Nokturn nr 15 itd.
A Real Pain, Prawdziwy ból, komediodramat (USA, kolor, 2024), scenariusz i reżyseria : Jesse Eisenberg, zdjęcia : Michał Dymek; w rolach głównych : Jesse Eisenberg, Kieran Culkin, Jennifer Grey, Will Sharpe… Czas trwania : 1 godz. 30 min.
Lyon est la 9e date d’une tournée de The Limiñanas entamée fin mars dans leur ville, Perpignan, vers le Canigou. Ici, ce n’est pas le centre du monde selon Dalí, mais nous voyons les trains défiler. Des tronches vieillissantes ravagées de produits illicites clopent dans l’espace plein air du Transbo de Lyon, lampions éteints, beau temps printanier à côté du parc de la tête d’or en fleurs, ses camélias, ses roses. Peu de jeunes. Je mate, en connexion avec la culture garage, La Nuit de tous les mystères (House on Haunted Hill, W. Castle, 1959, un whodonit horrifique de série B avec Vincent Price et Richard Long) en direct sur Pluto.tv (Paramount, VF).
Une bonne première partie en harmonie avec The Limiñanas – logique, un trio (guitare persistante, basse, batterie), Sarakiniko, shoegaze avec paroles en français et en anglais et grosse guitare pour le groupe français, un projet du breton Yann Canevet avec son dernier album Dehors (mixé à Londres avec James Aparicio de Liars et Spiritual lies), je n’en vois que la fin. Merci Marion Guilbaud de l’avoir chroniqué dans l’émission Coté Club sur France inter.
Entre la conception de Pick up (Verycords) pour la perchée adorée Brigitte F. avec Areski et des BO pour films par les cinéphages (Heureux Gagnants de Romain Choay et Maxime Govare, 2024 avec Eboué ; Tigres et hyènes, Jérémie Guez, 2024 ; Les règles de l’art, Dominique Baumard, 2025 avec Poupaud – dont le frérot est guitariste; plus un qui arrive : c’est the moment The Limiñanas, une quinzaine d’années d’existence, qui a passé un cap, grâce à l’allemand David Menke, compositeur multi-instrumentiste et technicien du son, depuis l’album avec Laurent Garnier, De Película), Marie & Lio, rare exemple de couple de lycée qui tient après l’adolescence, sortent d’une période mélancolique, dark, suite à la perte de beaucoup de gens proches, notamment la mère de Lio et Foulques Boixo (1976-2024), un pochoiriste et danseur.
21h. The Limiñanas arrive : le sextet comprend 5 guitares au max., au moins 3 guitares en permanence, on songe au shoegazing des 90’s avec wall of sound; Marie à la batterie métronomique (+ pads ou boîte à rythmes avec grosse caisse si debout) mais sans breaks possibles (mais pourquoi ne met-elle pas de micro pour chanter quand elle est batteuse assise ?); Lionel Limiñanas, king of fuzz, barbu à la Warren Ellis et tatouages au bras gauche de Lux Interior et Poison Ivy – qui commença dans le porno pour vivre -, le chanteur et la guitariste des Cramps – dont ils reprennent TV set, Suicide, j’avais vu Alan Vega au Triptik (rue Montmartre, Paris), avec attente avec Kid A de Radiohead, où j’ai revu l’Erratum Joachim Montessuis que j’avais invité à Poéson à Reims ; le fidèle Alban barbu Barate (guitariste, claviériste) ; Tom Gorman (guitare, chant, ex Kill the Young) ; Clémence Lasme (le psyché Moodoïd, Lucie Antunes ; ici, basse mention jazz, chant pas terrible), grande de taille et cheveux en nouilles pour coupe afro volumineuse avec mèches claires, comme Stéfi Celma (Sofia Leprince) dans la série Dix pour cent ; le fabuleux guitar heroe, croisé avec Lionel en coulisses d’un concert, très démonstratif avec guitare derrière la tête, duckwalks, sauts de cabri, guitare avec manche en queue basse, amenée au public qui en joue, Keith Streng (Fleshtones, légendes new yorkaise du garage rock américain), pas tout jeune mais alerte avec jambe en l’air ou en fente, dont est fan Lio depuis l’âge de 14 ans. Même si cela prend du temps – le DIY passant au début pour de l’amateurisme (j’ai eu des suées et des craintes ; mes voisins de gauche sont partis), ils ne sont pas assurés au max., la crème catalane prend. La moitié, 5 titres, du double album, Faded (« Fâné » ; feat. : Bobby Gillespie de Primal Scream avec le crépusculaire Prisoner of Beauty, Jon Spencer avec Space Baby et Degenerate Star, Anna Jean, la chanteuse du groupe pop Juniore et Penny) et le toujours impeccable BB dit Bertrand Belin (J’adore le monde), 8e album, ici sur les actrices hollywoodiennes délaissées à partir de New age du Velvet, sera joué. « Ce n’est pas un concept-album, mais il y a un fil rouge. On voulait que l’album ressemble à un film à sketches italien [l’ananas de The Limiñanas], où chaque morceau serait une capsule interprétant cette idée sous un angle différent. » selon Lio.
Spirale ouvre le show. Pour la première fois, Marie et Lionel, qui s’étaient toujours refusés à prendre le micro sur scène car ne s’estimant tout simplement « pas faits pour ça », chantent : elle pop sixties délaissant sa batterie minimale pour jouer deux fois debout avec une batterie qui l’est encore plus, lui talk-over cool à la Gainsbourg tout en s’acharnant sur sa guitare. Elle entame le drôlatique Le cachou, dans l’esprit pop psyché Lanzman / Dutronc, c’est Je ne suis pas très drogue. Parfois, c’est du revival, façon DeLorean de Retour vers le futur ou Kravitz. Lui nous plie en 4 avec El Beach (Matamor). Les titres s’enchainent, parmi lesquels les classiques du répertoire : Malamore, Shadow People, Istanbul’s Sleepy, The Gift…
J’adore le monde, ode tordue et myrlingue à la vie, avec le petit lu Belin qui lit, rencontré à Melbourne à cause de problèmes d’avion, est chanté de belle façon mais peu audible par Gorman, avec des phrases multilingues à la Kraftwerk sur l’écran led modulaire du fond. Il s’attaque avec honneur à Prisoner of Beauty. L’inévitable Down Underground de 2010. Une chanson particulière du Velvet Underground, New age (sur Loaded). Gorman la massacre en tentant de la chanter avec sa voix mal éraillée : « « Can I have your autograph ? » / He said to the fat blonde actress / « You know, I’ve seen every movie you’ve been in… » / You know, I know everything you’ve done ». J’ai franchement franchi l’orgasme avec un morceau psyché long, guitares saturées et vidéos stroboscopiques, sidérantes, qui met tout le monde d’accord, Je m’en vais, Mary en Barbarella à cheveux longs oranges (j’y suis allergique à cause d’une voisine débile et remuante, sauf quand elle baise, toujours teinte en orange qui a inventé, jusqu’à porter plainte à la police, alors qu’elle n’était pas là, que je me promenais nu dans son appartement) épaulée par Syd. Heidseick Heidseick Heidseick aïe aïe aïe, le pied en rappel et ultime morceau de choix, Autour de chez moi d’après Vaduz, ici Cabestany (Pyrénées-Orientales), du célèbre poète sonore ou poésie-action, le banquier, Bernard Heidseick. J’ai eu des Cramps en filmant (plus de 10mn !). Je radote mais je ne résiste pas : j’ai été le premier à inviter Heidseick (la famille du champagne) à Reims, la ville dont sa famille est originaire, pour Poéson, un festival de poésie sonore que j’ai monté.
Pas de Louie Louie de Richard Berry – peut-être a-t-il le béribéri, le Richard -, reprise populaire du groupe de garage de la côte ouest des États-Unis, The Kingsmen puis les Stooges avec Iggy Pop qui en offrira une version plus punk. Ils rêvent de jouer avec Iggy (vu le 11 juillet 2023 au Groupama Stadium en première partie des Red hot Chilli pepper ! ça aurait dû être l’inverse) ou Phil Katerine, ça sera sans moi pour ce dernier.
Gros coup de gueule : des hommasses trentenaires en t-shirt sentant des aisselles n’ont pas arrêté de parler fort et de déconner pendant le concert, ouais, c’est du rock dit-elle alors que, embiérée, elle a failli me verser dessus son grand verre de bière. Mise en bière directe. CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST UN CONCERT DE ROCK QU’ON DOIT ETRE PRIVE D’ECOUTER, notamment à cause de connards, de connasses ici, en l’occurrence. Le seul moment tranquille, c’est quand elles se sont tirées pendant deux chansons en fosse. Je me souviens qu’un vieux m’avait pourri le concert d’Idles aux Nuits de Fourvière en juillet 2024 en commentant, plutôt mal, absolument tout, en direct. Marre.
Lyon is the ninth date of a tour by The Limiñanas that began at the end of March in their hometown of Perpignan, heading towards the Canigou Mountains. This isn’t the center of the world according to Dali, but we see the trains passing by. Aging faces ravaged by illicit substances smoke in the open-air space of Lyon’s Transbo, lanterns unlit, beautiful spring weather next to the blooming Tête d’Or park, its camellias, its roses. Few young people. In connection with garage culture, i’m watching House on Haunted Hill (W. Castle, 1959, a B-movie horror whodonit with Vincent Price and Richard Long) live on Pluto.tv (Paramount, French version).
A good first part in harmony with The Limiñanas – logical, a trio (persistent guitar, bass, drums), Sarakiniko, shoegaze with lyrics in French and English and big guitar for the French group, a project of the Breton Yann Canevet with his latest album Dehors (mixed in London with James Aparicio of Liars and Spiritual lies), I only see the end of it. Thank you Marion Guilbaud for having reviewed it in the show Coté Club on France Inter.
Between the design of Pick up (Verycords) for the beloved perched Brigitte F. and soundtracks for films by cinephiles (Heureux Gagnants by Romain Choay and Maxime Govare, 2024 with Eboué; Tigres et hyènes, Jérémie Guez, 2024; Les règles de l’art, Dominique Baumard, 2025 with Poupaud – whose brother is a guitarist; plus one coming: it’s the moment The Limiñanas, around fifteen years of existence, which has reached a milestone, thanks to the German David Menke, multi-instrumentalist composer and sound technician, since the album with Laurent Garnier, De Película), Marie & Lio, a rare example of a high school couple who hold on after adolescence, are emerging from a melancholic, dark period, following the loss of many close people, notably Lio’s mother and a stencil artist and dancer Foulques de Boixo (1976-2024).
9 p.m. The Limiñanas arrive: the sextet includes 5 guitars at most, at least 3 guitars permanently, we think of 90s shoegazing with wall of sound; Marie on metronomic drums (+ pads or drum machine with bass drum if standing) but without possible breaks; Lionel Limiñanas, king of fuzz, bearded like Warren Ellis and tattoos on his left arm of Lux Interior and Poison Ivy, who started in porn, the singer and guitarist of the Cramps – whose TV set they cover, Suicide, I had seen Alan Vega at Triptik where I met the Erratum Joachim Montessuis whom I had invited to Poéson in Reims; the faithful bearded Alban Barate (guitarist, keyboardist); Tom Gorman (guitar, vocals, ex Kill the Young); Clémence Lasme (the psychedelic Moodoïd, Lucie Antunes; here, low jazz mention, not great singing), tall and with hair in noodles for a voluminous afro cut with light highlights, like Stéfi Celma (Sofia Leprince) in the series Dix pour cent; the fabulous guitar hero, crossed with Lio backstage at a concert, very demonstrative with guitar behind the head, duckwalks, goat jumps, guitar with neck in low tail, brought to the audience who play it, Keith Streng (Fleshtones, New York legends of American garage rock), not very young but alert with leg in the air or in a lunge, of whom Lio has been a fan since the age of 14. Even if it takes time – DIY passing at the beginning for amateurism (I had sweats and fears; my neighbors on the left left), they are not fully assured, the Catalan cream takes. Half, 5 tracks, of the double album, Faded (« Fâné« ; feat.: B.B., Bobby Gillespie of Primal Scream with the twilight Prisoner of Beauty, Jon Spencer with Space Baby and Degenerate Star, Anna Jean, the singer of the pop group Juniore and Penny) and the always impeccable Bertrand Belin (J’adore le monde), 8th album, here on the Hollywood actresses abandoned since the Velvet New Age, will be played. « It’s not a concept album, but there is a common thread. We wanted the album to resemble an Italian sketch film, where each track would be a capsule interpreting this idea from a different angle » according to Lio.
Spirale opens the show. For the first time, Marie and Lionel, who had always refused to take the microphone on stage because they simply felt they were « not cut out for it » sing : she sixties pop, abandoning her minimal drumming to play twice standing up with an even more minimal drum kit, he cool talk-over à la Gainsbourg while relentlessly playing his guitar. She begins the droll Le cachou, in the Lanzman Dutronc psychedelic pop spirit, it’s like Je ne suis pas très drogue. Sometimes, it’s revival, like the DeLorean from Back to the Future or Kravitz. He bends us over backwards with El Beach (Matamor). The songs follow one after the other, including classics from the repertoire : Malamore, Shadow People, Istanbul’s Sleepy, The Gift…
J’adore le monde, a twisted and myrlingu ode to life, with the little Belin reading, met in Melbourne because of plane problems, is sung beautifully but barely audibly by Gorman, with Kraftwerk-esque multilingual phrases on the modular LED screen in the background. He tackles Prisoner of Beauty with honor. The inevitable Down Underground from 2010. A particular song by the Velvet Underground, New Age (on Loaded). Gorman massacres it by trying to sing it with his badly raspy voice: « »Can I have your autograph ? » / He said to the fat blonde actress / « You know, I’ve seen every movie you’ve been in… » / You know, I know everything you’ve done. » I honestly reached orgasm with a long psychedelic piece, saturated guitars and stroboscopic videos, stunning that everyone agrees, Je m’en vais, Mary as Barbarella with long orange hair supported by Syd. Heidseick Heidseick Heidseick ouch ouch, the foot in rappel and the final choice piece, Autour de chez moi, based on Vaduz by the famous sound poet or poetry-action Bernard Heidseick. I had cramps while filming (more than 10 minutes!). I repeat myself but I can’t resist : I was the first to invite Heidseick (the champagne family) to Reims, the city where his family is from, for Poéson, a sound poetry festival that I organized.
No Louie Louie by Richard Berry – maybe he has beriberi, Richard -, popular cover of the garage band from the West Coast of the United States, The Kingsmen then the Stooges with Iggy Pop who will offer a more punk version. They dream of playing with Iggy (seen as the opening act for the Red hot Chili Peppers ! it should have been the other way around) or Phil Katerine, it will be without me for the latter.
Big rant : thirty-something men in t-shirts smelling of armpits kept talking loudly and messing around during the concert, yeah, it’s rock she said while, drunk, she almost poured her large glass of beer on me. JUST BECAUSE IT’S A ROCK CONCERT DOESN’T MEAN WE SHOULD BE DEPRIVED OF LISTENING, especially because of assholes, bitches here, in this case. The only quiet moment was when they left for two songs in the pit. Enough.
[English in 2nd part] Première pour les Pets du Locard à Lyon 3. Ellroy, tronche en biais et casquette, débarque et tâte le terrain avec le staff. Discours humoristique et offensif quant à la politique US, du récent Président de Lyon 3, Gilles Bonnet, spécialiste de poésie contemporaine (Instapoètes, poésie et youtube, les chanteurs devenus écrivains, etc.). Il évoque le démon Asmodée, celui du réalisme, qui soulève le toit des maisons pour entendre, inspirant tous les écrivains de romans populaires (feuilletons, judiciaires, polar, noir) en passant par les romans gothiques du XIXe. Les peuples, la boxe.
Suit un laïus d’Ellroy sur l’estrade. Nous avons droit à une belle master class. Il sort un papier qu’il lit puis s’en détache. Il crie comme un coyotte. « La littérature qui ne peut être vulgarisée n’est pas de la littérature et ne survivra pas » selon Franck O’Connor. J’ai 77 ans. Je lis des polars US. Des romans qui contiennent des intrigues par l’homme. Des pôles hard-boiled, comme Hammett et moi. Il s’est détruit, il était faible : le marxisme, être dominé par les femmes. Je suis un guerrier chrétien du roman US. « Le centre du travail d’Hammett est la figure du masculin dans la société US. Qui a un travail est déterminant, assoiffé de sang ; ne pas aller au-delà, être déterminé par son travail. » selon David T. Basilon. Le rapport au travail, faire, ne pas faire, est typiquement américain. C’est bien ou pas bien. On le voit dans Harvest d’Hammett (1929). Dans My dog places [les mémoires d’Ellroy], il dit avoir gobé des idées stupides. Ellroy n’a aucune capacité pour abstraire et interpréter les livres. Les évènements historiques, l’inertie générale. J’ai créé un monde de dingues avec des données hétéroclites. Je me suis réveillé grâce à la musique classique (Brahms, Beethoven) ; j’ai créé des récits dans ma tête : une chute vertigineuse mentale. J’ai kidnappé la culture populaire. J’ai parlé ma propre langue spécialisée.
La traductrice précise que sa traduction est approximative.
Vous pouvez décrire la façon de travailler dans My dog places ?
Non, je réécris l’histoire de LA, des USA. Selon mon propre cahier des charges. Je déteste travailler en amont pour mes livres ; il y a beaucoup d’imprécisions. J’exige qu’on comprenne ce que je dis. Je suis le maître du roman populaire américain. Je suis un garçon merdique qui aime lire.
La tempête qui vient. Comment voyez-vous le genre, le polar ?
Je ne lis aucun auteur contemporain. Je relis les polars que je lisais il y a 30 ou 40 ans.
Moraliste ?
Les gens payent pour leurs péchés dans mes livres. Les thèmes : l’histoire, l’envie perpétuelle. Les hommes mauvais, faibles, amoureux de femmes fortes.
J’adore les flics, j’ai eu 3 coups de pieds au cul, dans les années 60 et 70, 1974 notamment. Quitter la drogue. Il faut être rigoureux, dur, chaotique. Les flics payent un prix moral dans mes livres (Les enchanteurs). Il y a un sous-texte chrétien. Je déteste le rock, le nihilisme. J’aime le jazz et le classique ; la pop, c’est de la musique pour les pauvres.
Les romans historiques se déroulent dans les années 40, 50, 60 et 70. Réécrire le passé : équilibre passé / vérité ?
Je fais un minimum de recherche, par exemple pour American tabloid, l’assassinat de JFK, la mafia et l’affaire cubaine ; lire Libra de de Lillo. 2 novembre 1963. Tout est inventé à partir de là. Il s’agit de tabler sur la capacité à ce que 3 assassins réussissent. Ce suceur de bites [JFK] ne va pas survivre, c’est la donnée de base.
L’intrigue, mener le lecteur ailleurs. On tient le public en le faisant rire ?
L’humour du chien repose sur des rires générés par 2 groupes ; dans les détails, des bullshiters : les flics de LA et les musiciens de jazz. Ils racontent tout et n’importe quoi. Reynaldo Rey, un comique noir. Que des hommes.
Le plus important : l’amour (le pouvoir, le besoin) ?
Les femmes sont obligées de plonger dans le monde des hommes. Le complot se développe sur un axe horizontal. J’écris des livres longs.
Il y a beaucoup d’argot de l’époque pour la traduction. L’écriture est dense et se définit par rapport à un contexte historique. Il faut préserver l’attention des lecteurs.
Red Harvest et The Glass Key d’Hammett (1921-34). Du Dalhia noir à maintenant, c’est une nouvelle façon de s’exprimer, du particulier (à la première personne) au général. La tension est plus moderne dans le langage d’Hammett. J’apprends au fur et à mesure de l’écriture.
Otash est juif et parle yiddish, pas simple à traduire.
J’utilise la langue la plus claire. Le yiddish l’est, lié à l’Allemand. Je suis d’éducation protestante. J’entendais parler yiddish. Otash était un libanais catholique. Je l’ai connu 3 ans. Il parlait de belles femmes d’Hollywood qui étaient versées dans le port. Il a fayoté avec les gens du showbiz, dans les cafés.
Vous êtes populaire. Encore plus en France où vous vendez 4 fois plus de livres. Pourquoi ?
Grâce à François Guérif, à la tête de Rivages noir depuis 1986, un ami de Manchette. Manchette à propos des intrigues réalistes ; son bel article sur Blood on the moon. J’ai été populaire depuis en France. Le plus grand cadeau des USA à la France : le jazz. Berlioz avec La symphonie fantastique est aride. Il était obsédé par certain genre de femmes. Il était amoureux d’une actrice irlandaise avec qui il a vécu.
Les enchanteurs ?
Les enchanteurs, oui c’est de l’ironie. C’est une fiction populaire américaine. Il faut écrire un roman populaire qui botte le cul. A Crown bakery, au sud d’Hollywood, où j’ai vécu, il y avait des titres intrigants qui jouaient avec the (le) ou des titres érotiques, Les hôtesses, Les gynécologues, Les nymphomanes, etc. Il y avait 4 appartements loués pour des pute hommes [homos] ; je les fournissais en drogue. Les infirmières [la mère d’Ellroy était infirmière] habitaient dans une vallée près de chez moi, c’était des putes occasionnelles. Elles m’ont fourni les expériences de copines, on frappait à la porte et on se les tapait.
Monroe ?
Marilyn dévorée par le vide, c’est du bullshit, du pipeau, je me fous de Sartre et des intellos. Marilyn, j’aime moyen. Elle n’est pas bonne dans les Misfits (Les désaxés, Huston). Elle est morte de drogue, c’est tout. Le reste, c’est du bullshit. JFK voulait uniquement baiser et ne causait que de son dos qui lui faisait mal.
Je suis un autodidacte. Mes inspirations : Compulsion (1956 lors de l’acmé de la psychiatrie aux USA) de Meyer Levin, un tableau de la vie juive à Chicago en 1924, Libra de de Lillo sur être un homme stupide comme Lee Harvey Oswald, True confessions de John Gregory Donne sur le dahlia noir.
Questionnaire de Proust d’une étudiante.
Mon style danse.
Ce que j’aime, ce sont les animaux empaillés que je sauverais d’un incendie.
Ce que j’aime, ce sont les chiens à nez aplati. J’aimerais me réincarner en bouledogue français.
J’écris à la main, je n’ai pas d’ordinateur, je ne suis pas sur internet, sur les réseaux sociaux, je n’ai pas de téléphone portable.
Mes films préférés ? Welles, c’est de la merde, Citizen Kane, de la merde. Spielberg et Scorsese sont nuls. Ce que j’aime, c’est Nashville d’Altman, la musique, les 24 rôles, il se fout des USA, c’est l’amour troublé des USA ; il a des couilles.
Après un roman terminé, j’ai des crises de panique, je fais de l’exercice, je marche ; je ne vis pas dans ce monde. Ma nana vit à l’autre bout du couloir.
Le métier que je déteste le plus ? J’ai été portier pour un grand resto en 74, j’ai détesté.
Mon conseil ? Lire ; évitez les critiques littéraires et les clubs de lecture.
—————————————————————————————————————-
Questions du public
[Un membre de l’équipe fait part de l’ordre d’Ellroy : pas de questions politiques (Ellroy est Républicain ; il a sans doute peur d’une mauvaise interprétation et de la circulation sur les réseaux sociaux)]
Un roman adapté en podcast ?
Sur un podcast de 20h30 de l’un de mes romans avec musique d’époque, bruitages, c’est de la merde, c’est le podcast Amazon le moins écouté.
Sur la boxe par rapport au Dahlia noir ?
Ce que j’aime dans la boxe, c’est le face-à-face d’un homme contre un autre, c’est rigoureux. Je regarde de façon obsessive. Je n’aime pas le base-ball ou le basket.
Dans Perfidia, beaucoup de personnages partagent le même nom, pourquoi ?
Ce sont les mêmes personnages qui évoluent de leur jeunesse à la vieillesse. J’ai écrit Perfidia et La tempête qui vient car j’en ai marre d’écrire sur la deuxième guerre mondiale.
Un instrument ?
Je ne joue d’aucun instrument, je ne sais pas lire les partitions, la musique.
La vie hors roman ?
Je vais à l’église, je reste au lit, je fais la gueule, je fais les magasins à Denver, j’aime bien voir les enfants qui jouent avec les chiens, je ne fais plus peur, je suis vieux.
Le jazz ?
Amstrong ; Ellington, le plus grand compositeur du XXe siècle ; Parker englobe le monde.
Je ne regarde pas les infos. Le monde contemporain ne m’intéresse pas.
[Il se lève, diatribe poétique improvisée d’une incroyable force, un moment rare ; la seule question intéressante est celle qu’il se pose à lui-même] Personne ne me pose la question pourquoi j’écris ? J’écris pour la nuit, la lune, quand les amants baisent, quand chante la lumière pour atteindre le cœur du secret des individus, je suis le bras de l’amant autour de son amante. Il crie comme un coyotte.
Je discute avec un écrivain américain, avocat, étudiant à Lyon 3, qui s’inspire du Japon et de Michel Leiris, La règle du jeu.
A first for the Pets du Locard at Lyon 3. Ellroy, with a lopsided face and a cap, arrives and tests the waters with the staff. A humorous and offensive speech about US politics by the recent President of Lyon 3, Gilles Bonnet, a specialist in contemporary poetry (Instapoets, poetry and YouTube, singers turned writers, etc.). He evokes the demon Asmodeus, the one of realism, who lifts the roofs of houses to listen, inspiring all writers of popular novels (serials, legal, detective, noir) through to the Gothic novels of the 19th century. The people, boxing.
A speech from Ellroy follows on the stage. We are treated to a fine masterclass. He takes out a piece of paper, reads it, and then detaches himself from it. He screams like a coyote. « Literature that cannot be popularized is not literature and will not survive » according to Frank O’Connor. I am 77 years old. I read American thrillers. Novels that contain plots by men. Hard-boiled poles, like Hammett and me. He destroyed himself, he was weak : Marxism, being dominated by women. I am a Christian warrior of the American novel. « The center of Hammett’s work is the figure of the masculine in American society. Whoever has a job is decisive, bloodthirsty; not to go beyond it, to be determined by his work » according to David T. Basilon. The relationship to work, doing, not doing, is typically American. It’s good or bad. We see it in Hammett’s Harvest (1929). In My Dog Places [Ellroy’s memoirs], he says he swallowed stupid ideas. Ellroy has no capacity to abstract and interpret books. Historical events, general inertia. I created a crazy world with disparate data. I woke up thanks to classical music (Brahms, Beethoven); I created narratives in my head: a mental vertiginous fall. I kidnapped popular culture. I spoke my own specialized language.
The translator specifies that her translation is approximate.
Can you describe how you work at My Dog Places ?
No, I’m rewriting the history of LA, of the USA. According to my own specifications. I hate working in advance for my books; there are a lot of imprecisions. I demand that people understand what I’m saying. I am the master of the popular American novel. I’m a shitty boy who likes to read.
The Coming Storm. How do you see the genre, the thriller ?
I don’t read any contemporary authors. I reread the thrillers I read 30 or 40 years ago.
Moralist ?
People pay for their sins in my books. The themes: history, perpetual envy. Bad, weak men in love with strong women.
I love cops; I’ve had three cops kicked in the ass, in the ’60s and ’70s, especially in 1974. Quitting drugs. You have to be rigorous, tough, chaotic. The cops pay a moral price in my books (The Enchanters). There’s a Christian subtext. I hate rock and nihilism. I like jazz and classical music; pop is music for the poor.
Historical novels take place in the 1940s, 1950s, 1960s, and 1970s. Rewriting the past : balancing past and truth ?
I do a minimum of research, for example for American tabloid, the JFK assassination, the mafia and the Cuban affair; read Libra by de Lillo. November 2, 1963. Everything is invented from there. It’s about banking on the ability of 3 assassins to succeed. This cocksucker [JFK] is not going to survive, that’s the basic fact.
The plot, taking the reader somewhere else. Do we hold the audience by making them laugh ?
The dog’s humor relies on laughter generated by two groups; in detail, bullshitters : LA cops and jazz musicians. They talk about anything and everything. Reynaldo Rey, a dark comedian. Only men.
Most important: love (power, need) ?
Women are forced to dive into a man’s world. The plot develops along a horizontal axis. I write long books.
There is a lot of contemporary slang for translation. The writing is dense and defined by a historical context. It is important to keep the readers’ attention.
Hammett’s Red Harvest and The Glass Key (1921-34). From Black Dahlia to now, it’s a new way of expressing oneself, from the particular (in the first person) to the general. The tension is more modern in Hammett’s language. I’m learning as I write.
Otash is Jewish and speaks Yiddish, which is not easy to translate.
I use the clearest language. Yiddish is, related to German. I was raised Protestant. I heard Yiddish spoken. Otash was a Lebanese Catholic. I knew him for three years. He talked about beautiful Hollywood women who were employed in the port. He sucked up to showbiz people in cafes.
You’re popular. Even more so in France, where you sell four times as many books. Why ?
Thanks to François Guérif, head of Rivages noir since 1986, a friend of Manchette. Manchette on realistic plots; his beautiful article on Blood on the Moon. I’ve been popular in France ever since. The greatest gift from the USA to France : jazz. Berlioz’s The Fantastic Symphony is dry. He was obsessed with certain kinds of women. He was in love with an Irish actress with whom he lived.
The enchanters ?
The Enchanters, yes, it’s irony. It’s American popular fiction. You have to write a popular novel that kicks ass. At Crown Bakery, south of Hollywood, where I lived, there were intriguing titles that played with the (le) or erotic titles, The Hostesses, The Gynecologists, The Nymphs, etc. There were 4 apartments rented for male [gay] whores; I supplied them with drugs. The nurses [Ellroy’s mother was a nurse] lived in a valley near me, they were occasional whores. They supplied me with girlfriends’ experiences, we would knock on the door and bang them.
Monroe ?
Marilyn devoured by emptiness is bullshit, a load of rubbish. I don’t care about Sartre or intellectuals. I don’t like Marilyn very much. She’s not good in The Misfits (Huston). She died of drugs, that’s all. The rest is bullshit. JFK only wanted to get laid and only talked about his back, which hurt.
I’m self-taught. My inspirations : Meyer Levin’s Compulsion (1956, at the height of psychiatry in the USA), a painting of Jewish life in Chicago in 1924, de Lillo’s Libra about being a stupid man like Lee Harvey Oswald, and John Gregory Donne’s True Confessions about the black dahlia.
A student’s Proust questionnaire.
My style is dancing.
What I like are stuffed animals I’d save from a fire.
What I like are dogs with flat noses. I’d like to be reincarnated as a French bulldog.
I write by hand, I don’t have a computer, I’m not on the internet, I’m not on social media, I don’t have a cell phone.
My favorite movies ? Welles is shit, Citizen Kane is shit. Spielberg and Scorsese are terrible. What I like is Altman’s Nashville, the music, the 24 roles, he doesn’t care about the USA, it’s the troubled love of the USA; he’s got balls.
After finishing a novel, I have panic attacks, I exercise, I walk; I don’t live in that world. My girlfriend lives across the hall.
What job do I hate the most ? I was a doorman for a big restaurant in ’74, I hated it.
My advice ? Read; avoid literary criticism and book clubs.
Questions from the audience
[A staff member shares Ellroy’s order: no political questions (Ellroy is a Republican; he’s probably afraid of misinterpretation and circulation on social media)]
A novel adapted into a podcast ?
An 8:30 p.m. podcast of one of my novels with period music and sound effects is crap, it’s the least listened to podcast on Amazon.
About boxing versus The Black Dahlia ?
What I like about boxing is the confrontation between one man and another; it’s rigorous. I watch it obsessively. I don’t like baseball or basketball.
In Perfidia, many characters share the same name. Why ?
They’re the same characters evolving from youth to old age. I wrote Perfidia and The Coming Storm because I’m tired of writing about World War II.
An instrument ?
I don’t play any instrument; I can’t read sheet music or music.
Life outside of novels ?
I go to church, I stay in bed, I sulk, I shop in Denver, I like to see children playing with dogs, I’m no longer scary, I’m old.
Jazz ?
Armstrong; Ellington, the greatest composer of the 20th century; Parker encompasses the world.
I don’t watch the news. The contemporary world doesn’t interest me.
[He stands up, an improvised poetic diatribe of incredible force, a rare moment; the only interesting question is the one he asks himself] No one asks me why I write? I write for the night, the moon, when lovers kiss, when the light sings to reach the heart of individuals’ secrets, I am the lover’s arm around his lover. He screams like a coyote.
I am talking with an American writer, a lawyer, studying at Lyon 3, who draws inspiration from Japan and Michel Leiris, The Rules of the Game.
[english, 2nd part; spanish 3d part] Quand un cocktail, des Cocteau évoquait le cinéma, il disait : « le cinéma c’est la mort au travail, la mort au présent ». Rien n’est plus vrai que dans ce chef d’œuvre de Serra, Tardes de soledad – solitude du toro, du torero, de la cuadrilla, un titre à la Hemingway, Mort dans l’après-midi (Death in the Afternoon, 1932). « Il était juste cinq heures du soir / Un enfant apporta le blanc linceul (…) et le reste n’était que mort, rien que mort / à cinq heures du soir » (Le Coup de Corne et la Mort, Lorca). Un taureau solitaire s’ébroue entre chien et loup dans un enclos anonyme : image simple et mythique. Impossible de tricher dans une corrida, même s’il peut y avoir une outrance spectaculaire (le corps cabré, postures outrées, du torero pour s’affirmer ; les petits pas provocateurs devant le toro, marque de Rey). Tel le catalan du Nord Serra, j’ai vu des corridas, même un indulto (toro gracié) d’Enrique Ponce en 2002 dans les arènes de Nîmes – le magnifique hôtel Imperator est remercié, sans vraiment avoir un avis affirmé. Oui, c’est violent et cruel (les regards caméra des toros, leurs derniers regards, l’œil progressivement sans vie, leur souffle, la langue pendante, leurs râles, font frémir; le torero se fait encorner deux fois et repart, ce qui lui vaudra deux oreilles ; le roi de la mise à mort ou de l’estocade en rate une ; là où j’ai vraiment du mal, c’est l’achèvement au poignard, puntilla, après la faena, dont la mise à mort – en général, le public, ici constamment hors champ, hue), oui c’est esthétique (Goya, Géricault, Barceló, ce dernier étant cité au générique, etc.; du fait du parti-pris, il manque la beauté de la traîné à l’arrastre en plongé par les deux alguaciles avec leurs coiffes de la police de Philippe IV), raffiné, formaliste et archaïque, ancestral, anthropologique (rituel sacrificiel); oui, c’est sublime et ridicule. Le côté métaphysique ? « La vie ne pèse rien, il faut la mépriser. » énonce un proche du torero. Un an et demi de tournage, 600 heures de rushs, 11 corridas dont 5 retenues (arènes de Las Ventas de Madrid, à la Maestranza de Séville – je connais, à Bilbao, où la ville apparaît la nuit, et Santander), 4 caméras, 3 cadreurs. Le chef opérateur, Artur Tort Pujol (La mort de Louis XIV, 2016 ; Pacifiction, 2022, César de la meilleure photographie, où mort et cercles hypnotiques sont également présents : « Je voulais de longues prises, en plan fixe, pour construire un discours à l’intérieur du cadre. Je pense que ça crée ce sentiment d’hypnose et de transe, une espèce d’abstraction. On voit comment Roca Rey se transforme en animal, parfois, avec ce rictus. »), monte, ici pendant sept mois.
La star vingtenaire d’1m88, Andrés Roca Rey, natif du Pérou, est fascinante : narcissique (se mirer de son siège à ses initiales dans la vitre de la portière de son minibus, comme les femmes dans le métro), courageux, visage d’ange, sur Instagram, mutique et concentré (magnifique plan-séquence en contre-plongée dans un ascenseur), des tics et des rituels catholiques, se transforme littéralement sur le sable (arena), comme un samouraï chez Kurosawa. Sa cuadrilla, virile au langage fleuri avec tronches ravinées, sa cour, pratique la méthode Coué (« Tu es le meilleur, tu es magnifique, tu es invincible. », « Tu as des couilles plus grosses que l’arène.», «Tu as des couilles ! Tu es un être à part !» – si « fuck » est répété chez Tarantino, ici « corones » le bat en intensité – ,« Tu es le plus grand », « Avec quelle vérité tu as toréé »). Normal, c’est le torero qui rémunère son équipe. Je me suis toujours demandé comment s’habillait un torero, Serra le montre : il chausse son immense collant, nous voyons ses parties génitales ; un assistant le bringuebale comme un astronaute ou un pantin. Les dialogues avec ses peones, 3 banderilleros, dont le classieux Antonio Chacon, et 2 picadors (on voit même un cheval à terre, ce qui est rare) dans l’arène sont inédits. Je pensais que même le torero était plus respectueux du toro mais c’est « fils de pute » qui revient le plus souvent. Un torero pleure en arrière-plan dans le coche alors que l’autre fait des blagues. « Je voulais filmer la corrida, sa structure interne, son rituel, répétitif. Mais aussi garder le côté anticlimax, avec les temps morts, où il ne se passe rien. Je voulais comprendre l’engagement du torero, le côté spirituel, peut-être un peu métaphysique, et brutal, de la lutte avec l’animal. » indique Serra. La musique est uniquement celle utilisée lors de la corrida par la banda pour délimiter le temps. Pas de voix off. Rares sont les films sur la corrida réussis, de Torero (1956), de Carlos Velo, à Arruza (1972), de notre chouchou Budd Boetticher. Il me tardait de voir un bon film sur la corrida : Tardes de soledad est arrivé. Concha d’oro à San Sebastián malgré la perturbation des animalistes du Pacma (Partido animalista con el medio ambiente). Si l’entourage et la cuadrilla ont aimé le film, tel n’est pas le cas de Rey qui s’est séparé de son apoderado, l’ancien torero Roberto Dominguez, les moments de triomphe n’apparaissant pas mais tel n’est pas le propos du film.
Tardes de soledad, documentaire, Albert Serra (Espagne/France/ Portugal, 2h06).
When a cocktail party, some Cocteaus, evoked cinema, he said : « cinema is death at work, death in the present. » Nothing is truer than in this masterpiece by Serra, Tardes de soledad – solitude of the bull, the torero, the cuadrilla, a Hemingway-esque title, Death in the Afternoon (1932). « It was just five o’clock in the evening / A child brought the white shroud (…) and the rest was only death, nothing but death / at five o’clock in the evening » (Le Coup de Corne et la Mort, Lorca). A solitary bull snorts itself between dog and wolf in an anonymous enclosure : a simple and mythical image. It’s impossible to cheat in a bullfight, even if there can be spectacular excess (the rearing body, outrageous postures, of the bullfighter to assert himself; the provocative little steps in front of the bull, Rey’s trademark). Like the Catalan from the North Serra, I have seen bullfights, even an indulto (pardoned bull) by Enrique Ponce in the arenas of Nîmes – the magnificent Imperator hotel is thanked, without really having a strong opinion. Yes, it is violent and cruel (the bulls’ camera glances, their last glances, the progressively lifeless eye, their breath, the hanging tongue, their death rattles, make you shudder; the bullfighter gets gored twice and leaves, which earns him two ears; the king of the kill or the thrust misses one; where I really have trouble is the finishing with the dagger after the faena, whose kill – in general, the audience, here constantly off-screen, boos), yes it is aesthetic, refined, formalist and archaic, ancestral, anthropological (sacrificial ritual); yes, it is sublime and ridiculous. The metaphysical side ? « Life weighs nothing, it must be despised. » says a close friend of the bullfighter. A year and a half of filming, 600 hours of rushes, 11 bullfights including 5 retained (Las Ventas bullring in Madrid, at the Maestranza in Seville – I know, in Bilbao, where the city appears at night, and Santander), 4 cameras, 3 cameramen. Cinematographer Artur Tort Pujol (The Death of Louis XIV, 2016; Pacifiction, 2022, César for Best Cinematography, where death and hypnotic circles are also present : “I wanted long takes, in fixed shots, to construct a discourse within the frame. I think it creates this feeling of hypnosis and trance, a kind of abstraction. We see how Roca Rey transforms into an animal, sometimes, with this rictus.”), edits here for seven months.
The 1m88 twenty-something star, Andrés Roca Rey, born in Peru, is fascinating : narcissistic (mirroring himself from his seat to his initials in the window of his minibus door, like women on the subway), courageous, angelic face, on Instagram, mute and focused (magnificent low-angle sequence shot in an elevator), Catholic tics and rituals, literally transforms himself on the sand (arena), like a samurai in Kurosawa. His cuadrilla, virile with flowery language and furrowed faces, his court, practices the Coué method (« You are the best, you are magnificent, you are invincible.« , « You have balls bigger than the arena.« , « You have balls ! You are a being apart ! » – if « fuck » is repeated in Tarantino, here « corones » beats it in intensity -, « You are the greatest » « How truthfully you fought« ). Normal, it is the bullfighter who pays his team. I always wondered how a bullfighter dresses, Serra shows it : he puts on his immense tights, we see his genitals ; an assistant drags him around like an astronaut or a puppet. The dialogues with his peones, banderilleros, including the classy Antonio Chacon, and picador (we even see a horse on the ground, which is rare) in the arena are unprecedented. I thought that even the bullfighter was more respectful of the bull, but it’s « son of a bitch » that comes up most often. A bullfighter cries in the background in the coach while the other makes jokes. « I wanted to film the bullfight, its internal structure, its repetitive ritual. But also keep the anticlimax, with the dead times, where nothing happens. I wanted to understand the bullfighter’s commitment, the spiritual, perhaps a little metaphysical, and brutal side of the fight with the animal » says Serra. The music is only that used during the bullfight by the banda to delimit the time. No voiceover. Successful films about bullfighting are rare, from Carlos Velo’s Torero (1956) to our favorite Budd Boetticher’s Arruza (1972). I was eager to see a good film about bullfighting : Tardes de soledad (Sunday Afternoons) arrived. A golden concha (Golden Conch) was released in San Sebastián despite the disruption caused by the animal rights activists of PACMA (Animal Party with the Environment). While the entourage and the cuadrilla liked the film, this was not the case for Rey, who had parted ways with his apoderado, the former bullfighter Roberto Dominguez. The moments of triumph are not apparent, but that is not the point of the film.
Tardes de soledad (Sunday Afternoons), documentary, Albert Serra (2024, Spain/France/Portugal, 2h06).
Durante un cóctel, Cocteau mencionó el cine y dijo: “el cine es muerte en el trabajo, muerte en el presente”. Nada es más cierto que en esta obra maestra de Serra, Tardes de soledad – soledad del toro, del torero, de la cuadrilla, un título a la Hemingway, Muerte en la tarde (1932). “Eran apenas las cinco de la tarde / Un niño trajo el sudario blanco (…) y los demás estaban muertos, nada más que muertos / a las cinco de la tarde” (El golpe de cuerno y la muerte, Lorca). Un toro solitario resopla entre perro y lobo en un recinto anónimo: imagen sencilla y mítica. Es imposible hacer trampa en una corrida, aunque pueda haber excesos espectaculares (el cuerpo erguido, las posturas escandalosas, del torero para afirmarse; los pequeños pasos provocativos delante del toro, la marca de Rey). Como la sierra norte catalana, vi corridas de toros, incluso un indulto (toro perdonado) de Enrique Ponce en las plazas de Nimes – se agradece al magnífico Hotel Imperator, sin tener una opinión muy firme. Sí, es violento y cruel (las miradas de cámara de los toros, sus últimas miradas, los ojos poco a poco sin vida, su respiración, la lengua colgante, sus gemidos, hacen estremecerse; el torero es corneado dos veces y se marcha, lo que le valdrá dos orejas; el rey de la matanza o de la estocada falla una; donde realmente tengo dificultades es en la finalización con el puñal tras la faena, cuya matanza – en general, el público, aquí constantemente fuera de campo, abuchea), sí es estético, refinado, formalista y arcaico, ancestral, antropológico (ritual de sacrificio); sí, es sublime y ridículo. ¿ El lado metafísico ? « La vida no pesa nada, hay que despreciarla. », dice alguien cercano al torero. Un año y medio de rodaje, 600 horas de acometidas, 11 corridas de las cuales 5 celebradas (plaza de toros de Las Ventas en Madrid, en la Maestranza de Sevilla -lo sé, en Bilbao, donde la ciudad aparece de noche, y Santander), 4 cámaras, 3 camarógrafos. El director de fotografía Artur Tort Pujol (La muerte de Louis XIV”, 2016; Pacifiction, 2022, César a la mejor fotografía, donde la muerte y los círculos hipnóticos también están presentes: « Quería tomas largas, en planos fijos, para construir un discurso dentro del encuadre. Creo que crea esta sensación de hipnosis y trance, una especie de abstracción. Vemos cómo Roca Rey se transforma en un animal, a veces, con esta sonrisa.« ), sube aquí durante siete meses.
La estrella de 1,88m, Andrés Roca Rey, originario de Perú, es fascinante: narcisista (mira desde su asiento sus iniciales en la ventanilla de la puerta de su minibús, como las mujeres en el metro), valiente, con cara de ángel, en Instagram, silencioso y concentrado (magnífica secuencia en contrapicado rodada en un ascensor), tics y rituales católicos, literalmente transformado en la arena, como un samurái en Kurosawa. Su cuadrilla, viril de lenguaje florido con rostros acanalados, su corte, practica el método Coué (“Eres el mejor, eres magnífico, eres invencible”, “Tienes cojones más grandes que la arena”, “¡Tienes cojones! ¡Eres un ser aparte !” -si en Tarantino se repite “joder”, aquí “corones” le gana en intensidad -, “Eres el más grande”, “Con qué verdad tienes que torear”). Normalmente es el torero quien paga a su yunta. Siempre me he preguntado cómo viste un torero, Serra lo demuestra : se pone sus enormes mallas, le vemos los genitales; un asistente lo mueve como si fuera un astronauta o un títere. Los diálogos con sus peones, banderilleros, incluido el elegante Antonio Chacón, y picador (incluso vemos un caballo en el suelo, lo cual es raro) en la arena no tienen precedentes. Pensé que hasta el torero era más respetuoso con el toro pero es “hijo de puta” lo que más sale a relucir. Un torero llora de fondo en el coche mientras el otro hace bromas. « Quería filmar la tauromaquia, su estructura interna, su ritual repetitivo. Pero también mantener el lado anticlímax, con el tiempo muerto, donde no pasa nada. Quería entender el compromiso del torero, el lado espiritual, quizás un poco metafísico, y brutal de la lucha con el animal« , dice Serra. La música es únicamente la que utiliza durante la corrida la banda para delimitar el tiempo. Sin voz en off. Hay pocas películas exitosas sobre tauromaquia, desde Torero (1956), de Carlos Velo, hasta Arruza (1972), de nuestro favorito Budd Boetticher. Tenía muchas ganas de ver una buena película sobre toreo : ha llegado Tardes de soledad. Concha d’oro en San Sebastián a pesar del disturbio de los animalistas del Pacma (Partido animalista con el medio ambiente). Si a la comitiva y al pelotón le gustó la película, no es el caso de Rey que se separó de su apoderado, el ex torero Roberto Domínguez, no apareciendo los momentos de triunfo pero ese no es el objetivo de la película.
Tardes de soledad, documental, Albert Serra (2024, España/Francia/Portugal, 2h06).
Je sors de la projection du Tardes de soledad, un superbe film de Serra sur le torero péruvien Andrés Roca Rey et la corrida, dans la salle 3 du ciné Lumière Bellecour, inaccessible aux personnes handicapées. C’est avec grande difficulté que j’ai pu accéder à Epona, le restaurant de l’Intercontinental, à cause du salon privé Atout France, 1800 personnes. Une hôtesse de la quarantaine me piste de façon indécente et peu polie. Si la France avait des atouts, ça se saurait ! A part le tourisme et le luxe – en repli de façon mondiale ; la France a sacrifié son industrie, la chimie de la vallée nous pollue avec les PFAS. Si elle ignore qu’Epona existe, elle m’apprend que Ravin n’officie plus au Grand Réfectoire, dommage son œuf cuit à basse température, truffé, était un chef d’œuvre.
J’accède enfin au resto. Hôpital durant huit siècles – Rabelais y exerça vers 1532 puis viré car pas assez assidu (remémorons que l’imprimeur lyonnais Dolet a été brûlé) -, l’ancien Hôtel-Dieu de la ville – révélons que la tombe d’un roi inconnu a été recouvert allégrement par Vinci contre toute archéologie préventive décente – , décoré par Jean-Philippe Nuel, à défaut, au grand regret des lyonnais, de musée de médecine et d’une cité gastronomique en déclin car mal gérée (les Halles, avec les excellents Trolliet, ses tables à l’extérieur avec grillades possibles, ses choix de Chartreuse, et Vianey, MOF en poissons, un fiasco puisqu’ils ont disparu faute de fréquentation et de rentabilité à cause de loyers trop chers), est devenu, comme à Marseille, au grand regret des lyonnais également, un temple festif de la consommation, homo festivus. Dans l’ancienne capitale de la Gaule, Epona est une déesse, de la fertilité, populaire de la religion gauloise, patronne des cavaliers, chevaux et mules, et des voyages. Une ukrainienne alerte à cheveux longs lissés, robe noire, à talons et ceinture à couleur vive m’accueille. Peu de monde. Un sol en pierre, plafond en bois et murs en enduit qui rendent le lieu lumineux et apaisant. Officie le jeune chef Mathieu Charrois, natif de Bourges qui a fait ses classes auprès de Michel Troisgros et Yannick Alléno au Cheval Blanc de Courchevel, obsédé par le terroir local. Sa marque de fabrique, la Kn’elle – enfin bien prononcée – ou la quenelle revisitée, la volaille de Bresse au vin jaune pour deux.
Friand de printemps, j’ai opté pour la sélection de saison (67 eur). Pourquoi pas le menu gourmet (89 eur) mais le ris de veau (celui de Trolliet, miam !), c’est mauvais pour la goutte. J’opte pour un vin rouge de prestige au verre, Mercurey. Je ne saurais que trop conseiller le Saint Emilion La renommée cuvée Reynaud, acheté au salon des vins indépendants, léger boisé et touche fumée, des tanins encore présents mais soyeux, encadrant une trame souple et suave, récolté à la main et avec cheval, une tuerie : une étoile au guide Hachette des vins. Les verres sont de Stöltz, les couverts Chefs et sommeliers – la fourchette n’est pas présentée inversée – , belles assiettes ; le pain est bon mais pas extraordinaire (celui du Philanthrope à Villeurbanne, couplé avec l’Arvi de Verchaix, Haute-Savoie, qui fabrique ses propres pâtes, notamment avec une sauce succulente de Roblochon). Mise en bouche ici : rillette d’omble chevalier avec pickles d’oignon et craquant de seigle (torréfié, le seigle est à la mode dans la gastronomie).
Les asperges du Vaucluse (je préfère celles de Provence ; légume tant vanté par Proust), verte et blanche, sont craquantes à souhait. La mousseline onctueuse au beurre noisette au zeste de citron et parsemé de poutargue (je demande si elle provient de Martigues mais le garçon semble ignorer cette ville ; la poutargue se généralise en gastronomie, apportant une richesse terre / mer), je l’ai complétée pour les pointes avec une huile Munoz, se développant dans les gastronomiques, Monts de Tolède, fruitée avec olives noires Cornicabra très mûres, cela manque d’ardance pour moi. Cette perdisacca découverte par hasard à Dubrovlik, élue meilleure huile d’olive du monde, une tuerie…
S’ensuit la sériole ou limon, un poisson dont j’ignorais l’existence (Seriola est une dénomination de Cuvier, ce qui remémore Le 9e art, rue Cuvier vers les Brotteaux ; j’apprends dans Le Progrès, que Roure est prévu pour reprendre les restos de la place Kleber, dont celui du kitsch Orsi, élève de Bocuse et MOF, parti à la retraite ; Ombellule de Tabata Mey vient d’acquérir une étoile au Michelin), provenant de l’Atlantique sud. Légèrement grillé d’un côté, la chaire conserve toute sa saveur ; la peau de l’autre (une portugaise m’avait conseillé de ne jamais la manger). D’incroyables ballotines de poireaux brûlés en sauce en makis noirs à l’aide de Nori (terre / mer encore ; influence du Japon sur la cuisine française alors que nombre de japonais gagnent en France des étoiles au Michelin), très ingénieux et bon, une vinaigrette tranchée de cédrat et des pickles de graines de moutarde. Succulent. J’ai toutefois préféré les poireaux chez Têtedoie, trois variétés, trois cuissons différentes.
Opter pour le plateau de fromages de la Mère Richard, qui vient de mourir (il y avait la Mère Richard à l’étage des Halles de l’Hôtel-dieu) : le Saint-Marcellin évidemment (pas assez coulant selon le canon), un comté et une tome, rehaussés d’une délicieuse confiture de cerise et quelques feuilles pour le côté vert. Classique.
Une Chartreuse jaune pour changer de la verte (la glace à la Chartreuse verte de la ferme des Belledonnes, Caresse et câline, qui fournissait l’épicerie et SCOP De l’autre côté de la rue à Guillotière, est une tuerie ; ils ne fournissent que quelques restos, aucun gastro, vers Grenoble). Le dessert : un ananas rôti, croustillant et caviar de noix de coco, glace coco-basilic thaï et jus perlé. J’ai adoré bien que je n’aime pas le coco mais ici c’était de la vraie noix de coco, on voit la différence.
Une guimauve yuzu coco et un chocolat noir au poivre de Sechouan, j’adore ça (Marcolini, reviens !). Bon repas du soir, bon rapport qualité / prix. Bon, à peine une étoile. Les voisins sont moins drôles : des jeunes filles excitées qui donnent des coups à la banquette, ce qui est remarqué fermement sans qu’elles en tiennent compte avec la mère qui, mal éduquée comme ses enfants, me fait au revoir ; un homme d’affaire qui slurpent ses spaghettis en regardant un journal américain sur une tablette ; un jeune couple anglo-saxon, genre influenceurs (l’un, yamakazi, c’était hissé sur le toit Soufflot pour photographier et s’est tué en glissant car l’ardoise a été humidifiée la veille à cause de la pluie) ; la fille, cheveux longs lissés et éclaircis, à forte poitrine mise en valeur par son chandail blanc, belle mais à la limite de la vulgarité, parlant très fort, en face de son grand mec à casquette qui laisse bruyamment tomber son couteau par terre ; un hispanique qui s’époumone en toussant avec sa convive en face. Reste à tester la merveilleuse terrasse d’été avec grillades sous accacias et pergola de glycines (elles commencent à sortir ; Montchat va éclater de beauté).
Après avoir vu Présidents d’Anne Fontaine, après les condamnations de Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, Hollande a déclaré : « Je suis le seul présidentiable sans bracelet électronique« . Aidé par sa compagne Julie Gayet, auteure du chef d’oeuvre Olympe, une femme dans la Révolution, il semble en phase avec #metoo. Surnommé « Rain man », il est le symbole, tel le hollandais volant, de la lutte contre le réchauffement climatique, tentant d’effacer son image avec son scooter.
Côté géopolitique, il pense briguer le prix Nobel en résolvant le conflit ukrainio-russe, même s’il boycotte les cigarettes et les montagnes russes.
« On a pas plus de pétrole que d’idées » a-t-il déclaré à Tulle gras, ajoutant « mais on touche tellement le fond, qu’on va en trouver, du pétrole« . Hollande défendra le gouda contre les barrières douanières du phallocrate Trump de Fallope. Sur le Liban dont il fait le bilan : « Faites l’houmous, pas la guerre« . « Ça va mal au Mali« . Dénommé Monsieur mille blagues, les français, d’après les sondages Lapsus, plébiscitent un Président à la cravate constamment de travers et qui n’a pas eu sa revanche. « J’ai été trahi par Macron, à mon tour !« . « J’ai un programme » affirme-t-il aux journalistes : « éco vert sur ma machine à laver« . Les journalistes ont pu constater sa popularité lors des dédicaces de livres et sur le terrain. Un livre est à venir : « Le tout de mon cru ».
[Breaking news] Hollande announces his candidacy for the next presidential election in 2027
After watching Anne Fontaine’s Presidents, following the convictions of Nicolas Sarkozy and Marine Le Pen, Hollande declared : « I am the only presidential candidate without an electronic bracelet. » With the help of his partner Julie Gayet, author of the masterpiece Olympe, a Woman in the Revolution, he seems in tune with #metoo. Nicknamed « Rain Man, » he is the symbol of the fight against global warming, attempting to erase his image with his scooter.
On the geopolitical side, he plans to win the Nobel Prize by resolving the Ukrainian-Russian conflict, even if he boycotts cigarettes and roller coasters.
« We don’t have more oil than ideas » he declared in Tulle-Grass, adding, « but we’ve hit rock bottom so far that we’re going to find some oil. » On Lebanon, which he assesses : « Make hummus, not war. » Referred to as Mr. Thousand Jokes, the French, according to Lapsus polls, are in favor of a President with a constantly crooked tie who hasn’t had his revenge. « It’s my turn to be betrayed by Macron! » « I have a program » he told journalists : « eco-green on my washing machine. » Journalists were able to see his popularity during book signings and in the field.
[Breaking news] Hollande anuncia su candidatura para las próximas elecciones presidenciales de 2027
Después de observar a los presidentes de Anne Fontaine, tras las condenas de Nicolas Sarkozy y Marine Le Pen, Hollande declare : « Soy el único candidato presidencial sin pulsera electrónica« . Con la ayuda de su compañera Julie Gayet, autora de la obra maestra Olympe, una mujer en la revolución, parece estar en sintonía con #metoo. Apodado « Rain Man », es el símbolo de la lucha contra el calentamiento global e intenta borrar su imagen con su scooter.
En el aspecto geopolítico, piensa en postularse al Premio Nobel por resolver el conflicto ruso-ucraniano, aunque boicotee los cigarrillos y las montañas rusas.
« No tenemos más petróleo que ideas« , declaró en Tulle Gras, y añadió, « pero estamos tan bajos que vamos a encontrar algo de petróleo« . Sobre el Líbano, del que hace balance: “Hagan hummus, no guerra”. Los franceses, llamados El señor de las mil bromas, favorecen, según las encuestas de Lapsus, a un presidente con la corbata constantemente torcida y que no se ha vengado. “¡A mí, a mi vez, Macron me traicionó!” « Tengo un programa« , dijo a los periodistas: « eco verde en mi lavadora« . Los periodistas pudieron constatar su popularidad durante las firmas de libros y sobre el terreno.
[english, 2nd part] Ami.e.s cinéphiles, The Chaser (Chugyeokja, 2008) est, avec Chien enragé (Nora inu, 1949, A. Kurosawa), l’un des meilleurs polars, toutes catégories confondues. Quand j’ai l’ai vu à sa sortie, j’en ai eu le souffle coupé – une vraie baffe – et il m’a hanté longtemps. Et c’est ici un premier film de quelqu’un qui n’avait pas terminé son école de ciné, par un ancien de la BD avec trois courts et quelques pubs à son actif. Sa mère, « elle enseignait la littérature classique, mais était fascinée par la littérature policière », son père, « un ancien militaire spécialisé dans le renseignement ». L’insider a bénéficié d’une ovation méritée d’une dizaine de minutes à la projection de minuit hors compétition à Cannes 2008. Il devait y avoir un remake, avec rachat de droits pour un million de dollars, avec Di Carpaccio, Hollywood flairant le tiroir-caisse ; il y aura une série coréenne en 2012. Comme l’excellent Zodiac (D. Fincher, 2007, déchiffrement en 2023 ; une affaire irrésolue comme, longtemps, Memories of Murder, Salinui chueok, BJH, 2003, alors que le meurtrier était en taule), l’affaire, encore plus glauque dans la réalité avec une pointe de cannibalisme (le serial killer Yoo Young-chul a commis une vingtaine de meurtres avoués entre 2003 et 2004 alors qu’il tablait sur la centaine) – pourtant une caractéristique dans le polar coréen, a vraiment existé. C’est plutôt Se7ven (1995) que nous retiendrons ici. La maîtrise, parfaite, a été confirmée avec les films suivants de Na Hong-jin, The murderer (Hwanghae, 2010) et The strangers (Gokseong, 2016).
La structure, imprévisible, n’est pas linéaire mais concentrique : comme un bon Colombo, le spectateur sait rapidement qui est l’assassin ; cette rue en pente dans le quartier résidentiel de Mangwon-dong de Mapo-gu, à l’ouest de Séoul, est le pilier de l’histoire. Outre le côté gore (tortures qui rendent marteau ; une tête d’Ophélie dans l’aquarium, digne d’un préRaphaélite), plus supportable que dans Old boy (Oldeuboi, Park Chan-wook, 2003), unité de temps (24 heures), un côté tendu, terrifiant et fluide, haletant (les deux poursuites à pied dignes Le point de non-retour, Point Blank, Boorman, 1967 ; ici, travelling, zoom, avec caméra tremblante au poing), un suspense qu’Hitchcock n’aurait pas renié, nous voyons un Séoul inédit, intime, pluvieux, poisseux, mat à la Melville, des grands boulevards, des néons clinquants, des ruelles peu engageantes en 85 jours de tournage. Quelques mouvements émérites de caméra à la grue comme un hard-boiled pur jus de la crème des old schools, des ralentis à la K. Fukasaku ou Scorsese, un fight final haletant avec club de golf, marteau et bougeoir pour sculpteur, pas de doute, l’histoire du polar a été parfaitement assimilée. Le plus, c’est le point de vue de l’orpheline, le climax (c’est la première fois que j’entends une salle retenir son souffle à ce point-là) lors de la scène géniale de l’épicerie. Nous retrouvons un côté comique et critique sociale et politique digne de BJH : un homme politique couvert de merde, une guerre des polices où les flics s’engueulent comme des poissons panés, des bureaucrates incompétents (cf. Memories of Murder, Salinui chueok, BJH, 2003), une justice piégée par ses procédures ou l’état légal-rationnel voire bureaucratique selon Max Weber, pas Francis (« C’est un reflet de la société sud-coréenne. L’incroyable incompétence de la police et les erreurs judiciaires figurant dans le film sont vraisemblables. Il existe de nombreux cas où de dangereux psychopathes ont été relâchés. Alors, se retrouver face à de tels criminels est un risque tout à fait possible ! J’en veux beaucoup aux hommes politiques plus préoccupés par leur propre sécurité que par celle de leurs concitoyens. »).
Le jeu des acteurs est primordial : Young-min avec son timide visage angélique et Joong-ho, son exact opposé, un détective à la brigade criminelle, vénal et veule, viré pour avoir trempé dans quelques affaires de prostitution louches, devenu proxo exploiteur et endurci dont la gueule plissée et cassée avec des méthodes brutales cachent un gros cœur, l’anti-héros parfait. Multiprimé, le film a notamment obtenu le Grand prix Action Asia à Deauville. Qui a parlé du pays des matins calmes ?
Fellow cinephiles, The Chaser (Chugyeokja, 2008) is, along with Nora inu (1949, A. Kurosawa), one of the best crime novels, all categories combined. When I saw it upon its release, it took my breath away – a real slap in the face – and it haunted me for a long time. And this is a first film by someone who hadn’t finished film school, by a former comic book artist with three shorts and a few commercials to his credit. His mother, « she taught classical literature, but was fascinated by detective fiction« , his father, « a former military man specializing in intelligence« . The insider received a well-deserved ten-minute standing ovation at the midnight screening out of competition at Cannes 2008. There was supposed to be a remake, with a million-dollar purchase of the rights, with Di Carpaccio, Hollywood smelling the cash register; there will be a Korean series in 2012. Like the excellent Zodiac (D. Fincher, 2007, deciphered in 2023; an unsolved case like, for a long time, Memories of Murder, Salinui chueok, BJH, 2003 , while the murderer was in jail), the case, even more grim in reality with a hint of cannibalism (the serial killer Yoo Young-chul committed about twenty confessed murders between 2003 and 2004 while he was counting on a hundred) – yet a characteristic in Korean thrillers, really existed. It is rather Se7ven (1995) that we will remember here. The mastery, perfect, was confirmed with the following films by Na Hong-jin, The murderer (Hwanghae, 2010) and The strangers (Gokseong, 2016).
The structure, unpredictable, is not linear but concentric : like a good Colombo, the viewer quickly knows who the murderer is; this sloping street in the residential district of Mangwon-dong in Mapo-gu, west of Seoul, is the pillar of the story. Besides the gore (tortures that make you gory ; an Ophelia’s head in the aquarium, worthy of a pre-Raphaelite), more bearable than in Old Boy (Oldeuboi, Park Chan-wook, 2003), unity of time (24 hours), a tense, terrifying and fluid side, breathless (the two foot chases worthy of Point Blank, Boorman, 1967; here, tracking, zoom, with shaky camera in hand), a suspense that Hitchcock would not have denied, we see a new Seoul, intimate, rainy, sticky, dull like Melville, grand boulevards, flashy neon lights, uninviting alleys in 85 days of shooting. Some stellar camera movements with a crane like a pure hard-boiled juice of the cream of the old schools, slow motions à la K. Fukasaku or Scorsese, a breathtaking final fight with a golf club, hammer and candlestick for sculptor, no doubt, the story of the thriller has been perfectly assimilated. The best part is the orphan’s point of view, the climax (it’s the first time I’ve heard a room hold its breath to this extent) during the brilliant scene in the grocery store. We find a comic side and social and political criticism worthy of BJH: a politician covered in shit, a police war where the cops argue like breaded fish, incompetent bureaucrats (see Memories of Murder, Salinui chueok, BJH, 2003), a justice system trapped by its procedures or the legal-rational or even bureaucratic state according to Max Weber, not Francis (“It is a reflection of South Korean society. The incredible incompetence of the police and the judicial errors depicted in the film are plausible. There are many cases where dangerous psychopaths have been released. So, finding yourself facing such criminals is a very possible risk! I am very angry with politicians who are more concerned about their own safety than that of their fellow citizens.”).
The acting is essential: Young-min with his shy, angelic face and Joong-ho, his exact opposite, a venal and spineless detective in the criminal investigation department, fired for being involved in some shady prostitution cases, who has become a hardened, exploitative pimp whose wrinkled, broken face with brutal methods hides a big heart, the perfect anti-hero. The film has won multiple awards, notably winning the Grand Prix Action Asia at Deauville.
[english, 2nd part] Six ans depuis Parasite (Gisaengchung, 2019) : un projet à partir d’un fait divers qui tombe à l’eau pour des raisons éthiques. Lors de la présentation de la resortie en mars 2023 de The Host (Gwoemul, 2006), BJH évoquait Mickey 17, prévu avant Parasite (Gisaengchung, 2019) et qui se nommait Mickey 20, d’après le livre Mickey 7 d’Edward Ashton (2022). 8e film donc. De bestioles, à la Okja (2017 sur Netflix; avec director’s cut suite à Scissorhands Weinstein qui massacra Snowpiercer, 2013 et le limita à quelques salles), il en est question ici : des tardigrades ou creepers, « rampants », ambiance Starship Troopers (Paul Verhoeven, 1997), entre vers de Dune, cloportes et ömus (Nausicaä, Kaze no tani no Naushika, Miyazaki, 1984) ; la mère, digne de The Substance (Fargeat, 2024), a la voix de Mouglalis, repérée, avec Vartolomei dans L’Évènement (A. Diwan, 2021) quand il était président du jury à la Mostra. Ce sera un film co-produit par Plan B de Brad Pitt.
La fable dystopique, ce blockbuster d’auteur (Nolan, Gray, P.T. Anderson, Soderbergh, etc. que je qualifie de néo Hollywood), avec quelques longueurs, est moins ennuyeuse que Stalker (Tarkovski, 1979) mais aussi caricaturale que Docteur Folamour (Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb, Kubrick, 1964). Pattinson sort du raté High life (2018) de Claire Denis. Pattinson pâtit. Un double rôle comme Jouvet dans Copie conforme (Dréville, 1947) ou Irons dans Faux-semblants (Dead Ringers, Cronenberg, 1988). Une situation à la Houellebecq mais drôle : la rencontre de deux clonés, l’un clown benêt, l’autre pas, avec appareil dentaire, repéré dans le superbe The Lighthouse (Eggers, 2019). Comme quoi, les macarons mènent à tout, comme première dame ou « remplaçant », « expendable » après un pacte faustien (« perdre sa vie à la gagner »), sans lire les petites lignes, pour fuir un méchant mafieux. Trop de voix off ! Critique du transhumanisme et du capitalisme, à faire pâlir le Medef, avec l’ « impression humaine », sachant que morceaux de peau, lobes d’oreille et cœur sont déjà imprimés en 3D. Il est régénéré façon Un jour sans fin (Groundhog Day, le film des confinements ; Ramis, 1993) et Edge of Tomorrow (Liman, 2014) : les répliques sont bonnes. La vie s’arrête mais le poste, lui, continue, tout le monde est interchangeable comme dans la fonction publique, à part les hauts fonctionnaires, de plus en plus sur des sièges éjectables. Ruffalo, Hollywoodien de gauche, en Marshall, entre menton à la Mussolini et gouverneur d’un Etat US en passant par quelques coréens du Nord ou Marcos aux Philippines, le couple autocratique à la Ceauşescu où Ylfa (Toni Collette), manipulatrice, qui n’apparaît pas dans le roman, est obsédée par les sauces, comme Ed. J. Robinson avec la viande dans Soleil vert (Soylent Green, Fleischer, 1973). Il s’agit de coloniser en 2054 une planète inhabitable Niflheim – monde glacial venu de la mythologie nordique, on dirait le nom d’un village alsacien. Survivalisme, transhumanisme, capitalisme dévoyé, colonialisme, catastrophe environnementale, tout y est. Pour le critique de cinéma Moon Ki-hoon, il est question de « crise écologique, d’exploitation coloniale, de consommation de drogues, du mythe de la méritocratie et même d’une touche foucaldienne de biopolitique car les calories consommées sont strictement encadrées dans le vaisseau spatial ». Grèves à Hollywood, désaccords avec le studio Warner, longue post-production. Bong ne fait pas bing. Pas son meilleur malgré la magnifique photo de Darius K. – mais trop d’images de synthèse pour moi – et les 118 millions de dollars investis par le bankable ; succès populaire. Il travaille à un film d’animation en stop motion avec plus de 150 artistes, d’après une histoire originale, Very deep sea creators, en s’inspirant des photographies marines d’Abysses de Claire Nouvian, l’élue écologiste. Il y aurait de quoi faire avec la destitution du président Yoon Suk Yeol, sa tentative de putsch avec loi martiale, son enfermement chez lui, puis sa mise en prison avec libération pour vice de procédure, la réalité, pittoresque, dépasse la fiction. Comme il avait été écrit dans l’Indiewire : « Bong Joon-ho aime les gens encore plus qu’il déteste le capitalisme. »
Six years since Parasite (Gisaengchung, 2019): a project based on a news story that fell through for ethical reasons. During the presentation of the re-release of The Host (Gwoemul, 2006), BJH mentioned Mickey 17 based on the book Mickey7 by Edward Ashton (2022). 8th film therefore. Of critters, à la Okja (2017 on Netflix; with director’s cut following Scissorhands Weinstein who massacred Snowpiercer, 2013 and limited it to a few theaters), it is a question here: tardigrades or creepers, “crawling”, atmosphere Starship Troopers (Paul Verhoeven, 1997), between worms from Dune, woodlouse and ömus (Nausicaä, Kaze no tani no Naushika, Miyazaki, 1984); the mother, worthy of The Substance (Fargeat, 2024), has the voice of Mouglalis, spotted with Vartolomei in The Event (A. Diwan, 2021) when he was president of the jury at the Mostra. It will be a film co-produced by Brad Pitt’s Plan B.
The dystopian fable, this author’s blockbuster, with some longueurs, is less boring than Stalker (Tarkovsky, 1979) but also caricatured as Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb (Kubrick, 1964). Pattinson comes out of the failed High Life (2018) by Claire Denis. Pattinson suffers. A double role like Jouvet in Copie conforme (Dréville, 1947) or Irons in Dead Ringers (Cronenberg, 1988). A situation à la Houellebecq but funny: the meeting of two clones, one a silly clown, the other not, with braces, spotted in the superb The Lighthouse (Eggers, 2019). Which shows that macaroons lead to everything, as first lady or « replacement », « expendable » after a Faustian pact (« lose your life to earn it« ), without reading the fine print, to flee an evil mafioso. Too many voiceovers! Criticism of transhumanism and capitalism, enough to make the Medef pale, with « human printing« , knowing that pieces of skin, earlobes and hearts are already 3D printed. It is regenerated in the style of Groundhog Day (the film of confinements; Ramis, 1993) and Edge of Tomorrow (Liman, 2014): the lines are good. Life stops but the job goes on, everyone is interchangeable like in the civil service, apart from senior civil servants, increasingly on ejection seats. Ruffalo, a left-wing Hollywood, as a Marshall, between Mussolini’s chin and the governor of a US state, passing through some North Koreans or Marcos in the Philippines, the autocratic couple in the style of Ceauşescu where Ylfa (Toni Collette), a manipulator, who does not appear in the novel, is obsessed with sauces, like Ed. J. Robinson with meat in Soylent Green (Fleischer, 1973). It is about colonizing an uninhabitable planet Niflheim in 2054 – it sounds like the name of an Alsatian village. Survivalism, transhumanism, misguided capitalism, colonialism, environmental catastrophe, it’s all there. For film critic Moon Ki-hoon, it is a question of « ecological crisis, colonial exploitation, drug consumption, the myth of meritocracy and even a Foucauldian touch of biopolitics because the calories consumed are strictly controlled in the spaceship« . Strikes in Hollywood, disagreements with Warner Studios, long post-production. Not his best despite the $118 million invested by the bankable; popular success. He is working on an animated film with more than 150 artists. As was written in Indiewire: « Bong Joon-ho loves people even more than he hates capitalism.«
[In english, 2nd part] Le brutalisme, ou valorisation de la vérité de la construction et de la structure, des matériaux bruts, dont le béton, a la cote : Brutalism, un album-révélation pour Idles (2017, meilleur groupe sur scène actuellement); SOS Brutalism, l’exposition 2017 avec son catalogue au Deutsches Architekturmuseum ; des dystopies futuristes, de TheHunger Games (2012-2023) à Squid Game (2021-2025), en passant par Tenet (Nolan, 2020 ; l’auteur d’Oppenheimer, 2023, Robert étant contemporain de Toth, un même besoin de reconnaissance et le désir de laisser une trace dans l’histoire) et l’esthétique par Vermette d’Arrakeen, capitale d’Arrakis, dans Dune (Villeneuve, 2021, 2024), un film, A Real Pain (Eisenberg, 2024 ; Culkin, Oscar du meilleur acteur dans un second rôle) où deux cousins partis sur les traces de leur grand-mère, rescapée de la Shoah, croisent des immeubles soviético-brutalistes, style triomphant également en République tchèque, dans leur périple en Pologne. Corbet, dont l’oncle fut architecte après son passage à l’école fondée par Frank Lloyd Wright à Taliesin dans le Wisconsin, s’est inspiré de deux livres : Marcel Breuer and a Committee of Twelve Plan a Church d’Hilary Thimmesh, qui a travaillé avec un moine qui raconte, de son point de vue, la construction à partir de 1953 de l’abbaye de Collegeville, dans le Minnesota – dégradée par le temps -, où l’antisémitisme fut présent et où la réalisation des vitraux a été confiée à une autre personne, et Projeter et construire pour la Seconde Guerre mondiale de Jean-Louis Cohen où il explique comment l’architecture d’après-guerre est liée au traumatisme d’après-guerre. Pour se faire une idée, en France, l’antisémite et fonctionnaliste Le Corbusier, qui vampirisa la réalisation de la chaise longue LC4 créée par la talentueuse Charlotte Perriand, a réalisé, entre autres, la Cité radieuse ou du fada (1947-52, Marseille), l’église Saint Pierre à Firminy vers Saint-Etienne et le couvent de la Tourette à Éveux, vers Lyon. Ou Paul Chemetov, mort en 2024. Si les biopics fleurissent – Callas, Dylan -, ici, c’est du brutal, plus subtil. Toth – « mort » en allemand (le film Le prêteur sur gages, The Pawnbroker de Lumet, 1964 – avec Quincy à la musique et Steiger, bien, même si mort, cet acteur bouge encore – est plus décisif sur la thématique de la Shoah) mais Smith en Hongrie, un pays tourmenté, attiré par l’autoflagellation et l’introspection – est une composition à partir des difficiles et entêtés Hongrois Marcel Breuer et son Whitney Museum of American Art (1966) à New York, Louis Kahn, avec ses trois familles simultanées, le « less is more » Ludwig Mies van der Rohe et Paul Rudolph. Aujourd’hui, ce seraient les Français Herzog & de Meuron et les Espagnols Vicens + Ramos. Si j’ai une détestation – mais pas comme Trump, très à gauche au regard de Le rebelle (The fountainhead, K. Vidor, 1949), d’après La Source vive de la libertarienne Ayn Rand, où Gary Copper incarne Frank Lloyd Wright, et son décret de janvier pour prôner le néoclassicisme à la Speer au mépris du brutalisme sur les bâtiments fédéraux – pour le style blockhaus et bunkers du brutalisme, dont le béton s’effrite, j’ai une adoration pour le Bauhaus dont il provient. De beaux génériques, minimaux, Bauhaus. Magnifiques plans sur les carrières de Carrare, surpassant le superbe Michel-ange de Konchalovski (Il peccato, 2019 ; ses rapports avec le mécène, le pape Jules II), et leur exploitation capitalistique à la dynamite, reflet de l’intériorité minée des personnages.
Plusieurs régimes d’images, grandeur et décadence shakespearienne à la Citizen Kane (Welles, 1941). Une arrivée, comme une seconde naissance, avec la sculpture de Bartoldi, la Statue de la Liberté, tête en bas, en contre-plongée depuis le fond de cale avec caméra tremblante. Ellis Island était un centre sélectif et peu délicat. Si Cotillard était prévue, la difficile intégration, comme dans La porte du paradis (Heaven’s gate, 1980, Cimino), est ici mieux relatée que dans le raté The immigrant de Gray (2013). Outre la longueur – un entracte à l’ancienne avec photo familiale en noir et blanc à la Sebald devant synagogue et décompte temporel avec notes d’un piano préparé minimal de Blumberg -, malgré le brillant montage de David Jancsó, fils du célèbre cinéaste Miklós Jancsó, figure de la nouvelle vague magyare des années 1960-1970, le film coche, comme chez P.T. Anderson, toutes les cases : dépendance (amour, drogue), handicap, racisme (antisémitisme, déjà présent dans The Fabelmans de Spielberg, 2022, et xénophobie – plaisir de revoir de Bankolé, à la carrière internationale depuis Ghost dog, Jarmusch, 1999, méconnaissable), impuissance et viols (pour moi, c’est trop dans le sens artificiel et métaphore lourde), pouvoir et art, mécène – caricatural en prédateur élitiste WASP, soupe au lait, rongé par la pléonexie mais superbement interprété par l’anglais Pearce, ce Clark Gable ou James Mason comme dans L.A. Confidential, Hanson, 1997 et Mildred Pierce, 2011 – et artiste – architecture et parcours du combattant du cinéaste -, chacun en prend pour son grade. L’american dream vire à l’enfer. Brody (Peaky Blinders, 2013-2022, Succession, 2018-2023 ou Winning Time, 2022-2023, et Minuit à Paris, Midnight in Paris, Allen, 2011, A bord du Darjeeling limited, TheDarjeeling limited, 2007, The grand Budapest hotel, 2014, The French Dispatch, 2021 et Asteroid City, 2023 de Wes Anderson) revient, après dépressions et troubles du comportement alimentaire, avec la mémoire du rôle de Wladyslaw Szpilman dans The pianist (Polanski, 2002). Boum, 2e Oscar. Il incarne un « mensch qui a triomphé sans vendre son âme » (Libeskind, Jüdisches Museum Berlin, 2021 ; le one WTC). Une polémique stérile enfle autour de sa voix, retravaillée avec l’IA pour un meilleur accent hongrois, lui dont les grands-parents et la mère, célèbre photographe, furent hongrois. Un film marquant auréolé de prix. Une distribution H24 suite à la Mostra; un film indépendant tourné grâce à la Universal. Gageons que le couple réussisse à créer une société de production indépendante, telle la United artists, créée par Pickford et son mari Fairbanks, Chaplin et Griffith, coulée par Cimino avec La porte du paradis. Nous regrettons de ne pas voir cette fresque dans les conditions VistaVision 70mm. Peut-être sera-ce l’occasion de distribuer en France The Childhood of a Leader (2015) et le clivant Vox Lux (2018).
The Brutalist (Brady Corbet. ; Scénario Corbet et Mona Fastvold ; États-Unis–Royaume-Uni–Hongrie, 2024, 3h35). Avec Adrien Brody, Guy Pearce, Felicity Jones, Alessandro Nivola, Joe Alwyn.
Brutalism, or valorization of the truth of construction and structure, of raw materials, including concrete, is popular: Brutalism, a revelation album for Idles (2017, best group on stage currently); SOS Brutalism, the 2017 exhibition with its catalog at the Deutsches Architekturmuseum; futuristic dystopias, from The Hunger Games (2012-2023) to Squid Game (2021-2025), via Tenet (Nolan, 2020; the author of Oppenheimer, 2023, contemporary of Toth, the same need for recognition and the desire to leave a trace in history) and the aesthetics by Vermette of Arrakeen, capital of Arrakis, in Dune (Villeneuve, 2021, 2024), a film, A Real Pain (Eisenberg, 2024) where two cousins following in the footsteps of their grandmother, a Holocaust survivor, come across Soviet-brutalist buildings, a style also triumphant in the Czech Republic, on their journey to Poland. Corbet, whose uncle was an architect after his time at the school founded by Frank Lloyd Wright in Taliesin, Wisconsin, was inspired by two books : Marcel Breuer and a Committee of Twelve Plan a Church by Hilary Thimmesh, who worked with a monk who recounts, from his point of view, the construction from 1953 of the Collegeville Abbey, in Minnesota – degraded by time -, where anti-Semitism was present and where the creation of the stained glass windows was entrusted to another person, and Jean-Louis Cohen’s Projecting and Building for the Second World War where he explains how post-war architecture relates to post-war trauma. To get an idea, in France, the anti-Semite and functionalist Le Corbusier, who masterminded the creation of the LC4 chaise longue created by the talented Charlotte Perriand, created, among others, the Cité radieuse or du fada (1947-52, Marseille), the Saint Pierre church in Firminy near Saint-Etienne and the Tourette convent in Eveux, near Lyon. If biopics flourish – Callas, Dylan – here, it’s brutal, more subtle. Toth – dead in German but Smith in Hungary, a tormented country, attracted by self-flagellation and introspection – is a composition based on the difficult and stubborn Hungarians Marcel Breuer and his Whitney Museum of American Art (1966) in New York, Louis Kahn, with his three simultaneous families, the « less is more » Ludwig Mies van der Rohe and Paul Rudolph. Today, it would be the French Herzog & de Meuron and the Spaniards Vicens + Ramos. If I have a detestation – but not like Trump, very left-wing in view of The fountainhead by K. Vidor, 1949, based on La Sourcevive by the libertarian Ayn Rand, where Gary Copper embodies Frank Lloyd Wright, and his January decree to advocate Speer’s neoclassicism in defiance of brutalism on federal buildings – for the blockhouse and bunker style of brutalism, whose concrete is crumbling, I have a hatred adoration for the Bauhaus from which it comes. Beautiful generic, minimal, Bauhaus. Magnificent shots of the Carrara quarries, surpassing Konchalovski’s superb Michelangelo (Il peccato, 2019), and their dynamite capitalistic exploitation, a reflection of the undermined interiority of the characters.
Several regimes of images, Shakespearean grandeur and decadence à la Citizen Kane (Welles, 1941). An arrival, like a second birth, with Bartoldi’s sculpture, the Statue of Liberty, in low angle from the hold with a shaky camera. Ellis Island was a selective and not very sensitive center. If Cotillard was planned, the difficult integration, as in Heaven’s gate (1980, Cimino), is better recounted here than in the failure The immigrant by Gray (2013). Apart from the length – an old-fashioned intermission with a Sebald-style black and white family photo in front of a synagogue and a time countdown with notes from a minimally prepared piano by Blumberg -, despite the brilliant editing by David Jancsó, son of the famous filmmaker Miklós Jancsó, figure of the new Magyar wave of the 1960s-1970s, the film ticks, as with P.T. Anderson, all the boxes : addiction (love, drugs), disability, racism (anti-Semitism, already present in Spielberg’s The Fabelmans, 2022, and xenophobia – pleasure to see de Bankolé again, with an international career since Ghost dog, Jarmusch, 1999, unrecognizable), impotence and rape (for me, it’s too much in the artificial sense and heavy metaphor), power and art, patron – caricature as an elitist predator wasp, soup with milk, eaten away by pleonexia but superbly interpreted by the English Pearce, this Clark Gable and James Mason as in L.A. Confidential, Hanson, 1997 and Mildred Pierce, 2011 – and artist – architecture and the filmmaker’s obstacle course -, everyone takes what they deserve. The American dream turns to hell. Brody (Peaky Blinders, 2013-2022, Succession, 2018-2023 or Winning Time, 2022-2023, and Midnight in Paris, Allen, 2011, The Darjeeling Limited, 2007, The grand Budapest hotel, 2014, The French Dispatch, 2021, Asteroid City, 2023, by Wes Anderson) returns, after depression and eating disorders, with the memory of Wladyslaw Szpilman’s role in The Pianist (Polanski, 2002). He embodies a “mensch who triumphed without selling his soul” (Libeskind, Jüdisches Museum Berlin, 2021; the one WTC). A sterile controversy is swelling around his voice, reworked with AI for a better Hungarian accent, he whose grandparents and mother, a photographer, were Hungarian. A landmark film crowned with awards. We regret not seeing this fresco in VistaVision 70mm conditions. Perhaps this will be an opportunity to distribute The Childhood of a Leader (2015) and the divisive Vox Lux (2018) in France.
[english, 2nd part] Encore pas de chance pour Platonov. J’avais détesté l’interprétation par Les Possédés menés par Dana, en présence de Manu Devos, en ridicule lapin soumis SM, défendue par A. Héliot au Masque et la plume. Pas mieux pour Teste, direction chorale à la Chéreau, comme le film, son pendant (diptyque sur Arte), dont on cherche encore ce qu’il reste de la pièce, de Tchekhov encore plus. Certes, cette première pièce inachevée, écrite à l’adolescence, refusée par l’actrice à laquelle elle était destinée, remaniée, n’a été montée qu’à partir de 1920 mais est-ce un prétexte pour des délires de metteurs en scène qui se mettent en avant au mépris de l’auteur ? D’ailleurs Micha (Platonov) cite le fait que la pièce devrait durer 8 heures, nous en aurons deux, interminables. Le rythme est pesant. Un moment Florent Dupuis, chanteur rock et DJ, nous sort de la torpeur – mais qu’est-ce que le sirtaki et la bossa nova ont à faire ici, la musique couvrant le silence gêné des personnages qui n’ont rien à dire ? Ici, c’est simple : c’est aussi ennuyeux qu’une fête et on ne retient rien, tout comme l’écriture de Cadiot, le traducteur – qui a réussi à saloper le travail du génial Ostermeier pour La nuit des rois de Shakespeare et Les revenants d’Ibsen -, qui part, comme d’habitude, dans tous les sens. On sent que le montage de Festen a déteint, façon Sans filtre (2022) d’Östlund, le cynisme en moins. Peut-être inspiré par Brook, dont Teste est loin d’avoir le talent, Anna (Olivia Corsini), comme le beau-fils, parlent italien, parfois avec un fort accent, Sacha jouée par une chinoise (Haini Wang), excellente au demeurant, émouvante quand elle chante une pop song mélancolique en mandarin (un karaoké aurait été plus dans l’esprit de la mise en scène), et un banquier noir (Pierre Timaitre en Timothée). Où est Tchekhov ? Impossible de s’attacher à un personnage, sans consistance, même s’ils sont tous des monstres. « Performance filmique », pourquoi pas mais pour signifier quoi ? Des écrans latéraux puis un énorme écran scope pour gros plans de visages (Cassavetes, Bergman – la sarabande n’est pas la même – et de Tarkovski ; la Dolce vita de Fellini), so what ? Teste avait monté La Mouette en 2021, pour qui, selon sa théorie farfelue, Tchekhov essaierait d’écrire son Hamlet, où une musique lointaine était perceptible (« La soirée est divine, Ecoutez c’est la fête ! » dit Arkadina; « Oui enfin sur l’autre rive surtout » répond Sorin). Spectacle mal rivé au début à sa création à Bonlieu, Scène nationale Annecy puis au printemps des comédiens à Montpellier. A Lyon, nous sommes en fin de tournée, le spectacle, inutile, est fluide. A la fin, le théâtre reprend enfin un peu ses droits, timidement. Pas de décor, scénographie, absente, envahissante, la trentaine de spectateurs, figurants, restent sur des bancs et ne saluent même pas. Basculer dans un monde nouveau : nous sommes dans ce moment également, où est l’allusion, par exemple, à l’IA, à ce clinamen, quitte à actualiser ? Platonov, petit Platon, un banquet donc ; « Etre sans père », héritage et transmission avec extensions sur les thèmes futurs, illusions perdues, argent, propriété et condition sociale, où est-ce prédominant ici ? Finalement, Teste évoque la crise du collectif et, surtout, celle du théâtre qui ne sait plus y répondre. Car où est le théâtre ici ? Je suis resté de l’autre côté de la rive.
Platonov dish
No luck again for Platonov. I hated the interpretation by Les Possédés led by Dana, in the presence of Manu Devos, as a ridiculous submissive SM rabbit, defended by A. Héliot in Le Masque et la plume. No better for Teste, choral direction à la Chéreau, like the film, its counterpart (diptych on Arte), of which we are still looking for what remains of the piece, of Chekhov even more. Certainly, this first unfinished play, written as a teenager, refused by the actress for whom it was intended, reworked, was not produced until 1920, but is this a pretext for the delusions of directors who put themselves forward in contempt of the author? Moreover, Micha (Platonov) cites the fact that the play should last 8 hours, we will have two, interminable hours. The pace is heavy. For a moment Florent Dupuis, rock singer and DJ, brings us out of torpor – but what do sirtaki and bossa nova have to do here, the music covering the awkward silence of the characters who have nothing to say? Here, it’s simple: it’s as boring as a party and we don’t remember anything, just like the writing of Cadiot, the translator – who managed to spoil the work of the brilliant Ostermeier for Shakespeare’s Twelfth Night and Ibsen’s The Ghosts -, who goes off in all directions, as usual. We feel that Festen’s editing has rubbed off, like Östlund’s Triangle of Sadness (2022), without the cynicism. Perhaps inspired by Brook, whose talent Teste is far from having, Anna (Olivia Corsini), like the stepson, speak Italian, sometimes with a strong accent, Sacha played by a Chinese woman (Haini Wang), excellent by the way, moving when she sings a melancholic pop song in Mandarin (karaoke would have been more in the spirit of the production), and a black banker (Pierre Timaitre as Timothée). Where is Chekhov? Impossible to get attached to a character, without consistency, even if they are all monsters. “Film performance”, why not but to mean what? Side screens then a huge scope screen for close-ups of faces (Cassavetes, Bergman – the sarabande is not the same – and Tarkovsky; Fellini’s Dolce vita), so what? Teste had produced The Seagull in 2021, for whom, according to his far-fetched theory, Chekhov would try to write his Hamlet, where distant music was perceptible (« The evening is divine, Listen, it’s a party! » says Arkadina; « Yes, well, on the other bank above all » replies Sorin). A show that was poorly planned at the beginning at its creation in Bonlieu, Scène nationale Annecy then in the spring of actors in Montpellier. In Lyon, we are at the end of the tour, the show, useless, is fluid. At the end, the theater finally regains its rights a little, timidly. No decor, scenography, absent, intrusive, the thirty spectators, extras, remain on benches and do not even greet. Switching to a new world: we are also in this moment, where is the allusion, for example, to AI, to this clinamen, even if it means updating? Platonov, little Plato, a banquet then; “Being without a father”, inheritance and transmission with extensions on future themes, lost illusions, money, property and social condition, where is this predominant here? Finally, Teste evokes the crisis of the collective and, above all, that of the theater which no longer knows how to respond to it. Because where is the theater here? I stayed on the other side of the bank. When, at the end, an intermittent reads a text which expresses concern about the drop in subsidies in the Loire and Hérault region, one wonders why the State and the communities would finance such a spectacle which, moreover, must have cost a lot to produce.
[english in 2nd part] De même que j’avais rencontré par hasard Anne-Sophie Pic devant son restaurant à Valence, j’avais vu la précision avec peu de mots d’Arai chez l’incroyable boucher charcutier Reinier, rue des Pierres Plantées à la Croix-Rousse à Lyon. Ce dernier figure dans catalogue d’expo Privat-Savigny, Maria-Anne. Gourmandises ! : histoire de la gastronomie à Lyon : [exposition, du 18 novembre 2011 au 29 avril 2012, Gadagne musées]. Milano : Silvana ed. ; [Morangis] : [diff. Vilo], 2011. Alors que Galvan (une étoile), anciennement rue du bœuf où il crée un bistro à la place, inaugure, en lorgnant vers la deuxième étoile, un resto « mauvais genre » à 450 eur dans les monts du Lyonnais dès le 05 février sur le thème yeux bandés, navette et 220 BPM, Arai, l’homme de Yamanashi qui fit ses armes chez le médiatique Sakai « iron chef » au La Rochelle à Tokyo en passant par le Mirazur de Colagreco, persiste heureusement dans son petit espace, dont Masami Kimura de Nagasaki (homard bleu de Bretagne et le foie gras du Périgord imposés) est le propriétaire, avec arceaux de pierres au-dessus d’un Chagall – ami de mon grand-père – dans la même rue à Saint-Jean. Egalement avec Peynet, tout est ici amour et pudeur, délicatesse et force subtile. La décoration est belle, discrète mais pas fantastique – où sont les Vavro ? Depuis sa première étoile en 2011 – soit deux ans après son ouverture -, Arai monte en gamme depuis 2 ans en changeant de formule, plus de plats, vers une inévitable 2e étoile.
Les plats, en nombre sont à la fois simples et élaborés, avec un fin travail de texture sur des produits frais de premier choix rehaussés. 4 personnes dans une petite cuisine (JC2A de l’île Barbe avait malheureusement perdu une étoile à cause, entre autre, de la taille de sa cuisine ; s’il alimenta le président chinois en agneau cuit dans la paille, il n’officie malheureusement plus à l’île Barbe), dont une femme, tous japonais, le chef, un maître, offre au chef de rang et sommelier Morita, un ancien du Saint-Amour Bellevue (deux étoiles pour Hamano, passé par Le Bec, rue Grôlée, où l’élève a dépassé le maître car il n’était que commis quand Arai était chef de cuisine), où Depardieu et Poelvoorde ne suçaient pas que des glaçons, ou une dame. Le service est discret et très attentionné, le sommelier chaleureux. Pas un bruit en cuisine, peu de mots, de la concentration, la maîtrise est complète.
Lundi soir : un couple d’hommes ravi par les grands crus en accompagnement de mets; deux jeunes ingénieurs et un vieux. 6 en début de semaine pour 25 couverts avec étage. L’esprit est naorai, « manger de la nourriture et des boissons offertes aux dieux », repas populaire avec soupe (kenchinjiru) dans les sanctuaires ou purification du corps.
Peu de temps après le nouvel an chinois, la sève change de sens, le printemps point dans l’hiver, l’intersaisonnalité, soulignée par Ryoko Sekiguchi, est travaillée avec finesse. Une serviette pliée en forme de chemise, origami : l’art est dans les détails.
Un pain chaud, de l’huile de Nyons, un beurre Bordier. C’est parti pour le menu Q.E.D (Quod Erat Demonstrandum, « ce qu’il fallait démontrer »).
Les amuse bouches : un incroyable faux radis contenant un vinaigre balsamique de 25 ans dans une petite cuillère, de la cervelle de canut dans un soufflé de riz, des carottes et de l’omble chevalier dans du sarrasin, un saucisson délicat incrusté dans un rond croustillant comme une soucoupe volante, les lyonnaiseries sont revisitées avec inventivité. Le tout sur une feuille en céramique. Le consommé de champignon – purification bienvenue – est servi depuis une grande théière en fonte (iwachu arare ?) dans un petit bol en raku.
Un Mussigny rouge 2018, le sommelier de Sapporo, ancien caviste, comme celle, japonaise, de Bras, semble étonné que le pinot noir d’Alsace aille à la fois avec la viande et les produits de la mer ; grande surprise sur l’existence de vins de grains chez Bras. De la Châteldon.
Le premier plat est une boulette de topinambour – Pic n’affirmait-elle pas qu’il fallait travailler topinambours, de triste mémoire, panés et salsifis ? – sur une émulsion dudit topinambour, surmonté de caviar piémontais (vers Milan) surmonté de l’incroyable citron caviar, jouant sur les mots, qui crépitent dans la bouche. J’étais déjà tombé amoureux, découvert sur un marché par un petit producteur, du citron caviar qu’il convient évidemment d’utiliser en gastronomie. Craque, tant de travail mangé d’une bouchée. Un magnifique petit couteau ressemblant à un scalpel chirurgical , comme la précision d’Arai.
Le sublime sur le travail de texture est une noix de saint Jacques, à peine perceptible, avec algue (kombu), pomme et kazunoko, des œufs de harengs, servis au Japon en début d’année (osechi) en signe de fécondité et de fertilité, en perdition au soleil levant mais se maintenant dans les pays scandinaves bien que la signification soit différente. Le travail de texture est si incroyable qu’il semble en découvrir une nouvelle. L’IA propose « jaune d’œuf, œuf poché et sashimi », rien à voir, l’identification visuelle a des progrès à faire.
Puis vient le monaka, une pâtisserie traditionnelle au shiso (haricot) rouge mais détournée pour contenir du foie gras, des kumquats, des graines de grenade, des pickles japonais – le saumuré, le fermenté, traditionnel, devient à la mode. Ludique, comme les berlingots chez Pic, et bon.
Le maître se révèle en outre dans le traditionnel français : une gratinée d’oignons – le froid s’y prête – dans un oignon, avec truffe noire (tuber melanosporum) et comté bordé d’herbes aromatiques, telles des feuilles de laurier. Simplement génial. L’odeur est beaucoup plus fine qu’à la brasserie Georges – plus grande salle art déco d’Europe ; l’une des héritières, Lameloise est, bien qu’avec une araignée dans le plafond, une artiste non figuratrice émérite -, quoiqu’avec le Madère, c’est l’un de leurs meilleurs plats.
Suit le calamar – la rondeur me remémore ce chevreuil au lard de Colonnata chez Pic – contenant un riz fin et racé, koshihikari, encre et aïoli saupoudré de safran. La forte et subtile odeur rassérène. Passédat du Petit Nice, où il y eut du verjus, n’est pas loin.
Je découvre le Nivers n°5 (grands crus de thé blanc de Chine, du Fujian, verjus, culture de kombucha, notes hespéridées avec cédrat et bigarade) du lyonnais Verstraete, très bergamote et jasmin, qui irait, selon le sommelier, avec le foie gras mais aussi la noix de Saint Jacques : la pluralité du goût des plantes surprend en bien ; un substitut au vin, la mode s’accélère.
Suit la lotte, une star dans les pays asiatiques et en Bretagne. Sauf que le goût est ici original, il est cuit au charbon, que l’on vous présente, avec une pierre polie zen pour retenir les flammes – naorai dis-je. Courge cireuse, chrysanthèmes – la fleur, comme la capucine, est une mode dans la gastronomie mais une tradition au Japon -, et du sudachi. Arai est le maître de l’agrume et bat Taka (deux étoiles ; il a travaillé avec Le Bec), parfois trop dans le sapide voire l’astringence. Jamais je n’ai mangé une lotte pareille.
Au lieu du pigeonneau de Quintart et non de Miéral cuit dans du bois de cerisier, je demande un kuroge-wagyû de Kobe à robe noire. Il est présenté cru, le persillage est magnifique. Il est cuisiné, saignant, malheureusement pas dans un four très cher, en métal, ovale et bosselé comme au 9e art de Roure, et présenté comme du magret de canard. Il est surmonté d’une feuille nippone, shiso (perilla frutescens, lamiacées aux propriétés médicinales, antispasmodique, anti-inflammatoire et antiseptique, et ornementales), qui se rapprocherait lointainement du basilique et de la menthe avec des notes de cumin, gingembre et cannelle, subtile découverte. En accompagnement, des légumes présentés de façon magnifique et créative, le monde en technicolor, le printemps pointe ; une sauce délicate à l’ail noir et au ponzu (encore un agrume découvert), un wasabi maison, rien à voir avec les saloperies chimiques que l’on nous sert, beaucoup trop fortes, avec une texture ici comme le concombre.
C’est, semble-t-il, le plat signature d’Arai. C’est peut-être le défaut : aucun plat signature n’est signalé comme tel ; c’est pourtant inévitable pour décrocher une deuxième étoile.
La maîtrise parfaite d’Arai est évidente avec le Munster, l’un des fromages les plus forts, grillé coulant sur lit de kaki sur pain d’épices. Ce plat, simple, est un tour de force incroyable avec des combinaisons inattendues : le Munster est dompté et offre des saveurs inédites vers le sucré.
Le trou normand est le Kiss, kiss, kiss, du chocolat teinté rouge en forme de lèvres, un granité de mandarine avec bière. Arai ne manque pas de poésie et d’humour. Quand Mick Jagger a posé à Saint-Jean avant le concert des Rolling stones, il n’aurait pas renié.
Avec un extrait du Petit Prince, texte universel, de notre cher Saint Exupéry local, la rose d’amour est servie sous cloche et fumées comme certains cocktails puis arrosée de crème anglaise. C’est du meringué de chocolat blanc contenant du litchi et de la poire. Le chocolat blanc, connoté Belgique, n’a pas bonne presse en France. La présentation est belle, la scénographie intrigante, les saveurs délicieuses mais le dessert semble manquer de complexité dans sa structuration même, souvent le point fort des étoilés. A retravailler peut-être avec du chocolat noir et, peut-être, de la torréfaction, pour une deuxième étoile.
C’est mon anniversaire, la délicate attention, est d’apporter une petite part de gâteau au matcha surmonté de fruits rouges.
Arrive dans un œuf en céramique à plusieurs étages, un kouglof au kirch et caramel que j’avais pris pour un cannelé, un brin de mimosa pour la beauté ; dessous, une truffe au chocolat au bavarois ; encore en dessous, un physalis, dont il ne reste que des feuilles (le coqueret du Pérou laisse songer au merveilleux Miraflores, l’étoilé franco-péruvien de Camino ; à noter qu’il existe une influence japonaise sur la gastronomie péruvienne ; le Pérou lutte contre le Chili pour préserver la paternité du pisco auprès de l’Unesco) au chocolat blanc ; encore en dessous, une mini-tartelette à la praline très réussie – ce n’est pas si simple.
Le tout arrosé d’un whisky, non d’un Hibiki ou Yamakazi, qui a été primé avant le Nikka, mais d’un Hakushu, 18 ans. Il a un goût caramélisé, dû à la coloration trafiquée, qui ne me plaît pas. Le tout pour 287 eur, pas cher pour un futur deux étoiles.
Arai maîtrise parfaitement les plats du cru mais réussi à réinventer des plats traditionnels grâce à une fusion discrète et pointue avec la cuisine japonaise. Ce n’est pas de la cuisine fusion, c’est l’osmose parfaite, comme une continuité évidente, avec des mets que nous ignorons parfois. Le travail de la texture est original, le point fort est l’approche originale des agrumes. C’est une cuisine réparatrice, consolatrice. De l’art. Il est tant qu’Arai soit enfin perçu à sa juste valeur, les grands. Je ne me suis pas lavé les dents.
Photos : moi.
Haro on Arai
Just as I had met Anne-Sophie Pic by chance in front of her restaurant in Valence, I had seen the precision with few words of Arai at the incredible butcher Reinier, rue des Pierres Plantées in Croix-Rousse in Lyon. While Galvan (one star), formerly Rue du Boeuf where he created a bistro instead, inaugurates, wining the second star, a “bad genre” restaurant at 450 eur in the Monts du Lyonnais from February 5 on the blindfold theme, shuttle and 220 BPM, Arai, the man from Yamanashi who learn with the media Sakai “iron chef” at La Rochelle in Tokyo via the Mirazur in Colagreco, fortunately persists in its small space, of which Masami Kimura from Nagasaki (blue lobster from Brittany and foie gras from Périgord imposed) is the owner, with stone arches above a Chagall – friend of my grandfather – in the same street in Saint-Jean. Also with Peynet, everything here is love and modesty, delicacy and subtle strength. The decor is nice, discreet but not fantastic – where are the Vavros? Since its first star in 2011 – two years after its opening – Arai has been moving upmarket for 2 years by changing its formula, more dishes, towards an inevitable 2nd star. The dishes, many of which are both simple and elaborate, with fine work of texture on fresh, premium products enhanced. 4 people in a small kitchen (JC2A from Ile Barbe had unfortunately lost a star because, among other things, of the size of its kitchen; although it fed the Chinese president with lamb cooked in straw, it unfortunately did not officiate more on Île Barbe), including a woman, all Japanese, the chef, a master, offers to the head waiter and sommelier Morita, a former Saint-Amour Bellevue (two stars for Hamano, passed by Le Bec, rue Grôlée, where the student surpassed the master because he was only a clerk when Arai was chef), where Depardieu and Poelvoorde did not only suck ice cubes, or a lady. The service is discreet and very attentive, the sommelier warm. Not a sound in the kitchen, few words, concentration, mastery is complete.
Monday evening: a couple of men delighted by the great wines to accompany food; two young engineers and one old one. 6 at the start of the week for 25 seats with floor. The spirit is naorai, “eating food and drinks offered to the gods”, a popular meal with soup (kenchinjiru) in shrines or purification of the body. Shortly after the Chinese New Year, the sap changes direction, spring turns to winter, the inter-seasonality, underlined by Ryoko Sekiguchi, is worked with finesse. A napkin folded into the shape of a shirt, origami: the art is in the details. Warm bread, Nyons oil, Bordier butter. Here we go for the Q.E.D menu (Quod Erat Demonstrandum, “what had to be demonstrated”). Appetizers: an incredible fake radish containing 25-year-old balsamic vinegar in a small spoon, canut brains in a rice soufflé, carrots and arctic char in buckwheat, a delicate sausage encrusted in a round crisp as a flying saucer, Lyonnaiseries are revisited with inventiveness. All on a ceramic sheet. The mushroom broth – welcome purification – is served from a large cast iron teapot (iwachu arare?) in a small raku bowl.
A red Mussigny 2018, the sommelier from Sapporo, a former wine merchant, like the Japanese one from Bras, seems surprised that the pinot noir from Alsace goes well with both meat and seafood; big surprise about the existence of grain wines at Bras. From Châteldon. The first course is a Jerusalem artichoke dumpling – didn’t Pic say that it was necessary to work Jerusalem artichokes, of sad memory, breaded and salsified? – on an emulsion of said Jerusalem artichoke, topped with Piedmontese caviar (towards Milan) topped with the incredible lemon caviar, playing on words, which crackle in the mouth. I had already fallen in love, discovered on a market by a small producer, with lemon caviar, which is obviously suitable for use in gastronomy. Crack, so much work eaten in one bite. A beautiful little knife resembling a surgical scalpel, just like Arai precision. The sublime on the work of texture is a scallop, barely perceptible, with seaweed (kombu), apple and kazunoko, herring roe, served in Japan at the beginning of the year (osechi) as a sign of fertility, fading in the rising sun but remaining in Scandinavian countries although the meaning is different. The texture work is so incredible that it seems to discover a new one. The AI suggests “egg yolk, poached egg and sashimi”, nothing to match, visual identification has room for improvement. Then comes monaka, a traditional red shiso (bean) pastry but twisted to contain foie gras, kumquats, apple, Japanese pickles – the briny, the fermented, traditional, is becoming fashionable. Playful, like the cartons at Pic, and good.
The master also reveals himself in the traditional French way: an onion gratinée – the cold lends itself to it – in an onion, with black truffle (tuber melanosporum) and Comté bordered with aromatic herbs, such as bay leaves. Simply brilliant. The smell is much finer than at the Georges brasserie – the largest art deco room in Europe; one of the heirs, Lameloise is, although with a spider in the ceiling, a distinguished non-figurative artist – although with Madeira, it is one of their best dishes. Follows the squid – the roundness reminds me of this venison with Colonnata bacon at Pic – containing fine and distinguished rice, koshihikari, ink and aioli sprinkled with saffron. The strong and subtle smell is reassuring. The strong and subtle smell is reassuring. Passédat du Petit Nice, where there was verjuice, is not far away. I discovered Nivers No. 5 (grands crus of white tea from China, Fujian, verjuice, kombucha culture, citrus notes with citron and bitter orange) from Verstraete from Lyon, very bergamot and jasmine, which would go, according to the sommelier, with the foie gras but also scallops: the plurality of tastes of the plants is surprising; a substitute for wine, the fashion is accelerating. Follows monkfish, a star in Asian countries and Brittany. Except that the taste here is original, it is cooked over charcoal, which we present to you, with a Zen polished stone to retain the flames – naorai I say. Waxy squash, chrysanthemums – the flower, like the nasturtium, is a fashion in gastronomy but a tradition in Japan -, and sudachi. Arai is the master of citrus and beats Taka (two stars; he worked with Le Bec), sometimes too sapid or even astringent. I have never eaten monkfish like this. Instead of squab from Quintart and not from Miéral cooked in cherry wood, I ask for a black Kobe kuroge-wagyû. It is presented raw, the marbling is magnificent. It is cooked, rare, unfortunately not in a very expensive oven, in metal, oval and bumpy like in the 9th art of Roure, and presented like duck breast. It is topped with a Japanese leaf, shiso (perilla frutescens, lamiaceae with medicinal, antispasmodic, anti-inflammatory and antiseptic, and ornamental properties), which is distantly related to basil and mint with notes of cumin, ginger and cinnamon, subtle discovery. As an accompaniment, vegetables presented in a magnificent and creative way, the world in technicolor, spring is coming; a delicate sauce with black garlic and ponzu (another citrus fruit discovered), a homemade wasabi, nothing to do with the chemical crap that we are served, much too strong, with a texture here like cucumber. This is, apparently, Arai’s signature dish. This is perhaps the fault: no signature dish is marked as such; However, it is inevitable to obtain a second star.
Arai’s perfect mastery is evident with the Munster, one of the strongest cheeses, grilled flowing on a bed of persimmon on gingerbread. This simple dish is an incredible tour de force with unexpected combinations: Munster is tamed and offers new flavors towards sweetness. The Norman hole is the Kiss, kiss, kiss, red tinted chocolate in the shape of lips, a mandarin granita with beer. Arai does not lack poetry and humor. When Mick Jagger posed in Saint-Jean before the Rolling Stones concert, he would not have denied it. With an extract from the Little Prince, a universal text, by our dear local Saint Exupéry, the rose of love is served under a bell jar and smoked like certain cocktails then sprinkled with custard. It’s white chocolate meringue containing lychee and pear. White chocolate, with its Belgian connotation, does not have a good press in France. The presentation is beautiful, the scenography intriguing, the flavors delicious but the dessert seems to lack complexity in its very structure, often the strong point of the starred desserts. Perhaps reworked with dark chocolate and, perhaps, roasting, for a second star. It’s my birthday, the nice touch is to bring a small slice of matcha cake topped with red fruits. Arrives in a multi-layered ceramic egg, a kouglof with kirch and caramel that I took for a cannelé, a sprig of mimosa for beauty; below, a Bavarian chocolate truffle; still below, a physalis, of which only leaves remain (the Peruvian cockerel suggests the marvelous Miraflores, the Franco-Peruvian star of Camino; note that there is a Japanese influence on Peruvian gastronomy; Peru fight against Chile to preserve the paternity of pisco with UNESCO) with white chocolate; still below, a very successful mini praline tartlet – it’s not that simple. All washed down with a whisky, not a Hibiki or Yamakazi, which was awarded before the Nikka, but a Hakushu, 18 years old. It has a caramelized taste, due to the altered coloring, which I don’t like. All for 287 eur, not expensive for a future two-star hotel.
Arai masters local dishes perfectly but manages to reinvent traditional dishes thanks to a discreet and sophisticated fusion with Japanese cuisine. It’s not fusion cuisine, it’s perfect osmosis, like an obvious continuity, with dishes that we sometimes ignore. The work on the texture is original, the strong point is the original approach to citrus fruits. It is a restorative, consoling cuisine. Art. It is important that Arai is finally perceived at its true value, the greats. I didn’t brush my teeth.
[english, 2nd part] Si toutes les critiques sont unanimement élogieuses, j’ai absolument détesté cette mise en scène de Nauzyciel – même pour 10 € au TNP (vivement que Bellorini, ce massacreur de Novarina, se casse, ce qui sera fait en 2026) -, une reprise d’une création à l’ART de Boston – ville partenaire de Lyon -, où il créa également Combat de nègre et de chiens de Koltès et Abigail’s Party de Mike Leigh, en lien avec Harvard en 2008 lors de la crise des subprimes, le combat aux primaires Obama / Clinton contre Bush. Caesar, souvent jouée aux USA, notamment la veille d’élections (dénonciation du populisme, assassinat d’un républicain rêvant d’être roi pour tomber finalement dans la tyrannie monarchique d’Octave, tout ça pour ça), est la première tragédie antique de Shakespeare offerte pour l’ouverture du Théâtre du Globe en 1599. L’un des rares intérêts de cette mise en scène est d’être jouée en anglais avec surtitrage, parfois trop rapide. Le texte, élisabéthain, est ampoulé et verbeux (traduction Louis Lecocq, Bouquins), J. Mankiewicz (1953) l’avait réhaussé avec Brando, Mason, Kerr, Calhern et Gielgud. Sara Kathryn Bakker en Portia / Calpurnia nous sort de la torpeur. Mark Montgomery (Cassius) a la superbe diction et une impressionnante stature mais un ton monocorde qui endort. Le texte résiste tout de même à la mise en scène, c’est dire la puissance de Shakespeare. Le discours populiste et manipulateur d’Antoine (Pattrow) – morceau de bravoure – est réussi, avec Craig en langage des signes. L’autre intérêt est l’orchestre de jazz, applaudi après chaque morceau, la replète et joueuse chanteuse Marianne Solivan, qui parfois scate ou évoque un « to be or not to be », un guitariste, Leandro Pellegrino, et un contrebassiste Dmitry Ishenko jouant Goody Goody (Johnny Mercer), No Moon At All (Redd Evans), Suicide Is Painless (Mike Altman). Commencement, salle éclairée ; fin les acteurs dansent comme le Suisse Thomas Platter le racontait le 21 septembre 1599. Ici, le décor de Riccardo Hernandez est ridicule, une photo de sièges cramoisis de théâtre ou d’assemblée vide, soit l’origine politique du théâtre, un décor étique sixties (intérieur feutré de salon avec canapé en cuir bicolore, table de verre et buffet en marqueterie) derrière des blocs blancs avec la photo de César, car, au temps de Kennedy, l’image a triomphé de la parole. J’avais vu Pinon dans un Richard III par Fréchuret (Le Théâtre de l’Incendie), scénographie de Stéphanie Mathieu, où les bateaux étaient représentés par des tables d’écoliers. Le nombre d’acteurs est inversement proportionnel à la richesse du décor. Le comparatif Rome / USA est plus réussi chez Coppola. Lucius (Jared Craig), le serviteur de Brutus, est un sourd-muet extralucide qui parfois entend, est ridiculement habillé en superman. Le meurtre trop chorégraphié de César atteint d’une trentaine de coups de lame parodie Tarantino, d’autant qu’ils sont en smoking et nœud pape façon Reservoir dogs (1992). Le cri du spectre de César sur My body is a cage d’Arcade Fire, amplifié, est une réussite. Il est évoqué des épées, elles sont mimées tout comme le cheval où nous avons l’impression d’être, malgré eux, dans Sacré Graal (Monty Python, 1975). Nous n’y croyons pas. Les gestes mimés sont ridicules, parfois nous avons l’impression d’être baigné dans le mauvais théâtre expérimental des années 70. Pire des jeunes, dont l’une mate souvent sa montre (3h10 avec entracte), fatiguée de longs temps morts inutiles, rient lors de la scène des suicides. Une vieille peau, ressemblant à Catherine Lara, arrivée en retard s’endort; elle ne reviendra pas après l’entracte, comme pas mal de gens autour de moi. Un vieux triture son manteau tout le long. Shakespeare soupire. Des commis délivrent leur message en roulant par terre sur eux-mêmes, totalement ridicules, rires dans la salle. Le metteur en scène parasite le texte, voire le dessert. Nauzyciel nous fait regretter Thomas Joly.
Caesar salad
If all the reviews are unanimously laudatory, I absolutely hated this production by Nauzyciel – even for 10 € at the TNP, (can’t wait for Bellorini, this massacrer of Novarina, to break, which will be done in 2026) -, a revival of a creation at ART in Boston – Lyon’s partner city -, where he also created Combat de nègre et de chien by Koltès and Abigail’s Party by Mike Leigh, linked to Harvard in 2008 during the subprime crisis, the fight in the Obama / Clinton primaries against Bush. Caesar, often performed in the USA, particularly on the eve of elections (denunciation of populism, assassination of a republican dreaming of being king to finally fall into the monarchical tyranny of Octave, all that for that), is the first ancient tragedy by Shakespeare offered for the opening of the Globe Theater in 1599. One of the rare interests of this production is that it is performed in English with surtitles, sometimes too quickly. The text, Elizabethan, is bombastic and verbose (translation Louis Lecocq, Bouquins), J. Mankiewicz (1953) had enhanced it with Brando, Mason, Kerr, Calhern and Gielgud. Sara Kathryn Bakker as Portia / Calpurnia brings us out of torpor. Mark Montgomery (Cassius) has superb diction and an impressive stature but a monotonous tone that puts you to sleep. The text still resists the staging, which shows the power of Shakespeare. The populist and manipulative speech of Antoine (Pattrow) – a piece of bravery – is successful, with Craig in sign language. The other interest is the jazz orchestra, applauded after each piece, the plump and playful singer Marianne Solivan, who sometimes scates or evokes a “to be or not to be”, a guitarist, Leandro Pellegrino, and a double bassist Dmitry Ishenko playing Goody Goody (Johnny Mercer), No Moon At All (Redd Evans), Suicide Is Painless (Mike Altman). Beginning, lighted room; At the end the actors dance as the Swiss Thomas Platter recounted on September 21, 1599. Here, the decor by Riccardo Hernandez is ridiculous, a photo of crimson theater seats or an empty assembly, i.e. the political origin of the theater, an ethical decor sixties (cozy living room interior with two-tone leather sofa, glass table and marquetry sideboard) behind white blocks with the photo of Caesar, because, in Kennedy’s time, the image was triumphed over the word. I had seen Pinon in a Richard III by Fréchuret (Le Théâtre de l’Incendie), set design by Stéphanie Mathieu, where the boats were represented by school tables. The number of actors is inversely proportional to the richness of the setting. The Rome / USA comparison is more successful with Coppola. Lucius (Jared Craig), Brutus’ servant, is an extralucid deaf-mute who sometimes hears and is ridiculously dressed as Superman. The overly choreographed murder of Caesar with around thirty blade strokes parodies Tarantino, especially since they are in tuxedos and bow ties like Reservoir Dogs (1992). The cry of Caesar’s specter on My body is a cage by Arcade Fire, amplified, is a success. Swords are mentioned, they are mimed just like the horse where we have the impression of being, despite themselves, in Holy Grail (Monty Python, 1975). We don’t believe it. The mimed gestures are ridiculous, sometimes we have the impression of being immersed in the bad experimental theater of the 70s. Worse of the young people, one of whom often checks her watch (3h10 with intermission), tired of long useless downtime, laugh during the suicide scene. An old skin, resembling Catherine Lara, who arrived late, falls asleep; she won’t come back after the intermission, like a lot of people around me. An old man fiddles with his coat all the way. Shakespeare sighs. Clerks deliver their message by rolling on the floor, totally ridiculous, laughter in the room. The director parasitizes the text, even the dessert. Nauzyciel makes us miss Thomas Joly.
[English, 2nd part] Mes bien chères sœurs, mes bien chers frères, en ces temps troubles, où nous nous extrayons à peine des chasubles felliniens façon 3e type de Castelblajac, entre L’Oréal, Lidl et Arlequin, pour l’inauguration donnant le bourdon de Notre-Drame, rien de tel qu’un thriller papal (au 4eTaupe, Alfredson, 2011, scénarisé par le même Straughan d’après Le Carré ; ici un best-seller d’Harris, auteur qui fut adapté pour deux films réalisés par le prince du huis clos, Polanski, The Ghost Writer, 2010 et J’accuse, 2019), quoique classique, dans la belle esthétique de Le cardinal de Preminger (1963), comparé à Sorrentino (The young pope, 2016 ; The new pope, 2020), un whodunit à la Christie façon Le nom de la rose (J-J. Annaud, 1986, ah la scène de nu !) dans l’autoclave du conclave reconstitué à Cinecittà avec force détails documentés, sur fond de politique, où Nixon est nommé, chez le plombant A. J. Pakula (Klute, 1971 ; Les hommes du président, 1976). Que de twists chez les robes ! Le pape canne, fumées noires, fumée blanche, il faut trouver un successeur sur fond d’intrigues et de coups bas. Lithgow, sorti de chez de Palma, est méconnaissable derrière ses lunettes. Tucci, sans l’air d’y toucher apporte la note libérale au détour d’un couloir. Rossellini n’est pas qu’un tournedos dans ce monde patriarcal : bien qu’ayant du mal à imiter le comportement du ver de terre, elle ressemble de plus en plus à mère Ingid, hantée par Jeanne d’Arc ((Joan of Arc, Fleming, 1948; Giovanna d’Arco al rogo, Rosselini, 1954). Articulant péniblement italien et latin malgré coachs, Ralph, catholique non pratiquant, sorti de La Liste de Schindler (Spielberg, 1993), Le patient anglais de Mingella (1996 ; Ralph retrouve Juliette dans la scène finale de l’Odyssée dans The return de Pasolini, 2025), Dragon rouge (Ratner, 2002) et The constant gardener (Meirelles, 2005, le réalisateur de Les Deux Papes, 2019), fortement pressenti aux Oscars, sérieux comme un pape, montre la complexité du personnage, ([D. H.] Lawrence) en crise de foi sans la caricature de Nanni Moretti dans Habeus Papam (2011). Un moment, Ralph incarne La nona ora (1999), le pape Jean-Paul II, Wojtyla que j’te pousse, heurté, hors papamobile, par une météorite, œuvre du sculpteur Maurizio Cattelan, l’auteur de la banane scotchée mangée par l’acheteur asiatique pour plusieurs millions de dollars. Excellent divertissement, dialogue ciselé, tous les chemins mènent décidément à Rome, dans les caves du Vatican.
Conclave, d’Edward Berger (Royaume-Uni, Etats-Unis, 2024 ; 2h), avec Ralph Fiennes, Stanley Tucci, John Lithgow, Sergio Castellitto, Isabella Rossellini.
My very dear sisters, my very dear brothers, in these troubled times, when we are barely extracting ourselves from the 3rd type Fellinian chasubles of Castelblajac, between L’Oréal, Lidl and Arlequin, for the inauguration giving the Notre-Dame drone, nothing like a papal thriller (Tinker Tailor Soldier Spy, Alfredson, 2011, scripted by the same Straughan after Le Carré; here a best-seller by Harris, author who was adapted for two films directed by the prince of the camera, Polanski, The Ghost Writer, 2010 and J’accuse, 2019), although classic, in the beautiful aesthetic of Preminger’s The Cardinal (1963), compared to Sorrentino (The young pope, 2016; The new pope, 2020), a Christie-style whodunit in The Name of the Rose (J-J. Annaud, 1986, ah the nude scene!) in the autoclave of the conclave reconstituted at Cinecittà with many documented details, against a political background, where Nixon is appointed, at the lead A. J. Pakula (Klute, 1971; All the President’s Men, 1976). So many twists in the dresses ! The Pope die, black smoke, white smoke, a successor must be found against a backdrop of intrigue and low blows. Lithgow, who left de Palma, is unrecognizable behind his glasses. Tucci, without seeming to touch it, brings a liberal note to the corner of a corridor. Rossellini is not just a tournedos in this patriarchal world: although she has difficulty imitating the behavior of the earthworm, she increasingly resembles Mother Ingid, haunted by Joan of Arc (Joan of Arc, Fleming, 1948; Giovanna d’Arco al rogo, Rosselini, 1954). Painfully articulating Italian and Latin despite coaches, Ralph, a non-practicing Catholic, out of Schindler’s List (Spielberg, 1993), The English Patient by Mingella (1996; Ralph finds Juliette in the final scene of the Odyssey in Pasolini’sThe Return, 2025), Red Dragon (Ratner, 2002) and The constant gardener (Meirelles, 2005, the director of Les Deux Popes, 2019), strongly anticipated at the Oscars, serious as a pope, shows the complexity of the character, ([D. H.] Lawrence) in crisis of faith without the caricature of Nanni Moretti in Habeus Papam (2011). For a moment, Ralph plays La nona ora (1999), Pope John Paul II, Wojtyla that I push you, hit, outside the popemobile, by a meteorite, work of the sculptor Maurizio Cattelan, the author of the taped banana eaten by the Asian buyer for several million dollars. Excellent entertainment, fine dialogue, all roads definitely lead to Rome, to the cellars of the Vatican.
Conclave, d’Edward Berger (Royaume-Uni, Etats-Unis, 2024 ; 2h), avec Ralph Fiennes, Stanley Tucci, John Lithgow, Sergio Castellitto, Isabella Rossellini.
[English, 2nd part] 7 novembre 2024, ère du scorpion. A la Bourse de Commerce (1763), 3e étage, la Halle aux grains des Bras chez Pinault simple fric – refoulé de l’île Seguin -, expo Arte Povera, dont beaucoup de pièces déjà vues au GAM à Turin mais pas au fameux Castello di Rivoli -, en voyant le moins pire de la série, Penone, avec, entre autres, épines d’acacia sur tableau blanc avec feuille carrée d’or au milieu puis une série photo noir et blanc, où je vis au MNAM cette magnifique pièce en feuilles de laurier dans des cages de fer en référence à Hypnos et à Pétrarque dans l’expo d’Avignon La beauté en 2000 dans le palais des Papes – un jeune gardien chez Pinault est incapable de comprendre qu’il est nécessaire de s’approcher de feuilles de buis séchées pour sentir, sens essentiel à la perception et à la compréhension de l’œuvre. Un récent article de P. Dagen dans Le Monde concluait que, par manque de moyens et la hausse du coût des assurances, les expositions majeures se déroulent à Paris dans les fondations privées (Pinault, Vuitton, Cartier, Custodia, etc.). Le sketch réjouissant de Gerra sur RTL le matin à travers Lang, l’une de ses meilleurs imitations, où il fait dire à la sinistre de la culture, plus YSL que ALR, ses dents rayant le parquet, Rachida Dati, dans les starting blocks pour les municipales « Qu’est-ce que c’est que cette merde ! » (La scatola di merda de Manzoni, présente uniquement grâce à une page de livre ouvert ?). Après avoir été fouillé comme dans un aéroport au point de demander ironiquement si je devais enlever mes chaussures, il m’est rappelé avec insistance qu’une fois le repas fini, je devais ressortir à l’extérieur pour rerentrer pour voir l’exposition, pour des raisons de sécurité à cause de la vente de couteaux Laguiole : voilà qui vous dissuade et d’acheter lesdits couteaux, et de venir tout simplement se sustenter ici ; du coup nicht chocolat à la graine de courge dans la boutique près des wc et de la sortie officielle.
Prison lumineuse
J’emprunte l’escalier double. Ouverture à 12h01. L’heure de casser la graine. 90 places assises vides. Voulant éviter les atroces Beaubourg, cette raffinerie immonde qui fit scandale jusqu’à rentrer malheureusement dans le paysage, et la Canopée des tristes Halles à vous faire regretter Baltard et l’horrible mais drôle Touche pas à la femme blanche (M. Ferreri, 1974), je demande à voir de mon siège l’église Saint-Eustache en expliquant à Joana, la grande perche à l’allure aristocratique à l’accueil, que siégeait ici un prêtre catholique d’origine chinoise, François Houang, philosophe et introducteur du bouddhisme en France, qui sauva mon grand-père, Jean Wahl – philosophe de l’existence, métaphysicien, revuiste, professeur à la Sorbonne et poète -, du camp de Drancy avec l’aide de Pierre Boutang, Action française – comme quoi, comme remémoré à Finkielkraut, l’histoire est complexe. D’ailleurs grâce à Houang, j’avais goûté enfant une délicieuse raviole chinoise aux multiples saveurs rue Saint Honoré. N’ayant rien compris, croyant que j’ai un grain, rien n’y fit : Joana m’accole bien à une fenêtre, comme demandé par mail – en précisant que les personnes seules sont toujours reléguées soit vers les wc soit vers la cuisine -, mais à l’intérieur avec vue sur une partie ronde synthétique de l’expo Arte povera en plongée dans la structure, un plan circulaire souligné par un cylindre de béton, balcons façon Moma, de Tadao Ando, l’architecte discret, identique à la Punte della Dogana, surmontée par une peinture panoramique pompière hideuse marouflée (1889), typique de la IIIe République, loin de celle de Kosciuszko à Wroclaw, sous une coupole de verre. Je suis donc cantonné dans l’un des quatre petits salons privés avec cercle de lumière sobre au plafond, belles photo en noir et blanc au mur, des branches mortes comme ikebana dans des vases effilés, peut-être par Bouroullec. Aucun public à l’intérieur : je prends des photos. Accueil parisien typique : une serveuse noire habillée probablement par Catherine André et l’atelier lozérien Tuffery, s’inspirant des costumes du Fort des Halles à la Halle au blé sauce Jean de Nîmes, me houspille ; je dois lui rappeler que je mange ici. J’ai franchement eu envie de partir. J’étais passé une première fois il y a deux ans pour tenter de consommer quelques collations : j’avais été accueilli comme un chien ; il suffisait de m’indiquer poliment que le goûter commence à 15h. Ere du scorpion. Les architectes de l’agence NeM, Lucie Niney et Thibaut Marca définissent un white cube clair et lumineux avec verrière que complète le design, plutôt sobre, des frères Bouroullec – que je goûte peu suite à une expo à Pompidou Metz : du Laurens raté – conjuguant matière, couleur et lumière, soit des rideaux en guipure, un quadrillage ajouré et mobile éculé des années 70, des piètements en fer forgé, renforçant l’impression d’enfermement à la Répulsion de Polanski, à l’opposé des architectes – disruption design. Les fauteuils seraient recouverts d’un feutre de laine : rien vu comme annoncé. Les sols sont jonchés d’un tapis de coton brut, armuré de lin, tramé dans le Nord de la France. Une serviette blanche en lin rugueux, tant légère qu’elle tombera de multiples fois, peut-être de Catherine André, avec déclinaison discrète de la typographie par touches blanches d’Anne Piscaglia et Guillaume Bullat, du logo, fortement emprunté à la ponctuation et à la poésie visuelle, au menu. Des vases en verre coulé des frères bretons redynamisent légèrement ce lieu figé. Mon menu Balade à 108 € – 2 entrées, 2 plats, 2 desserts ; j’ai distendu mon estomac grâce à deux boules Bertillon ananas-basilic et mandarine servies par une ukrainienne mariée avec enfant dont les parents sont restés à Kerson, sur l’île de la cité – ne sera pas une ballade. De magnifiques petites lampes sur table de métal chiffonné ou côte de maille, peut-être de Pascal Lion. La table au plateau anthracite augure bien même si la nappe est volontairement absente. La fourchette n’est pas inversée, marque des grandes tables et hommage à la gastronomie française, opposée en ceci à l’anglaise pour des raisons historiques : ici, on ne fait pas de manières, sauf à l’entrée. Le couteau Laguiole, qui doit être gardé tout le long du repas – comme les bergers nous est-il expliqué, « un clin d’oeil à celui que l’on offrait aux adolescents dans l’Aubrac, destiné à les suivre tout au long de leur vie » selon Michel Bras, puisque c’est une tradition qui date de l’indéboulonnable pater familias qui a tout de même su passer la main au fils Sébastien – qu’il s’agisse de poisson ou de viande (ce qui est choquant : je suis obligé dans un présumé trois étoiles de nettoyer après chaque plat le couteau avec du pain d’orge maltée à mie compacte de Poujauran, le parisien natif de Mont-de-Marsan fournissant nombre de grandes tables; que Bras découvre la broa portugaise, ce pain de maïs), en maillechort brut avec manche doré, conçu par le duo A + B designers (Hanika Perez et Brice Genre), est trop lourd. La cave, élaborée par l’argentin Calderon, meilleur sommelier du monde 2021, n’est pas présentée par une sommelière japonaise qui ne comprend absolument rien : elle semble ignorer que le Pinot noir – pourtant Calderon s’est entiché d’un pinot noir en Bourgogne – est l’un des rares vins rouges qui se marie avec le poisson, plutôt dominant ; je tente d’engager la conversation sur le saké (j’en ai goûté en lien avec Anne-Sophie Pic : le marché japonais étant saturé voire en déclin, il arrive en Europe. Je cherche le fromage qui pourrait aller avec), peine perdue. Non dialogue – de sourd. En manque de conseils, je pars sur un vin de grain, jalousé par le communiquant chef Sébastien Bras, car absents au Suquet (à Paris, nicht gargouillou, nicht peau de lait, nicht gaufrette de pomme de terre), le grain de Mansois, de l’AOP Marcillac (son excellent festival de jazz au bon esprit) 2018 de Philippe et Julien Teulier : 11 € le verre. D’abord trop charpenté, défaut des vins du sud-ouest, il faut attendre pour que le bouquet s’ouvre ; la subtilité ne se délivre qu’en arrière-bouche, en longueur.
Une marseillaise nerveuse du Rouet me sert, ignorant l’existence du Petit Nice de Passédat, on sent que, patiente en apparence, il ne faut pas trop la titiller ; mes questions innocentes sur la cuisine semblent la plonger dans un abîme de perplexité et d’angoisse. Saint-Eustache se dessine tout de même, très loin. Le chiche amuse-gueule : deux tartines beurrées de sarrasin aux pousses de radis rose avec le craquant des feuilles desdits radis. Texture intéressante, goût peu raffiné. Suit une soupe de poisson (merlu et lieu paraît-il) ou bouillon d’accueil à la citronelle à boire sans cuillère, bon. Le bol blanc, signé de la designer aveyronnaise Élise Fouin, issu, comme le reste de la vaisselle en céramique de grais, de la célèbre manufacture Jars. Doux fumet. L’anguille, nocive pour la goutte, aurait été meilleure. On discute bouillabaisse avec la marseillaise : elle me cause Fonfon, je rétorque Miramar mais ancienne période, le prédécesseur de Buffa. Débat : est-ce ici un dashi ?
Pas tout un plat
De dos, Emma Lavigne, celle qui remplace Aillagon chez Pinault, ancienne dirlo de Pompidou puis Pompidou Metz, commissaire de la biennale d’art contemporain de Lyon Mondes flottants, me masque Saint-Eustache comme ses trompes : j’aurais aimé être à cette place mais, bien que les places ne soient pas attribuées à l’avance et au gré des arrivées, la dame du cru est favorisée au mépris du pauvre provincial, seul. Don’t acte. Première entrée : Sar, et non mulet, de Saint-Jean-de-Luz en copeaux tendres (sashimi en fait), pickles de radis rose, daikon de la ferme du Perche sur un lit de tapioka, huile d’estragon (33 €). Frais et beau mais léger. Deuxième entrée : salsifis (j’avais renoué, dégoûté par les cantoches, chez les inoubliables frères Marcon à Saint-Bonnet-le-froid – leurs salsifis plus près du produit brut, leur grouse, le ris de veau au deux truffes, la tanainsie ; en discutant avec Anne-Sophie Pic, topinambour – de triste mémoire pour qui, génération bientôt disparue, a connu la guerre -, rave, panais (quand le crosne reviendra-t-il ?), travaillé par Bras dans un autre plat, et autres semblent revenir depuis un certain temps dans la mode gastronomique) rôtis, croustillants et pochés, au beurre de lentilles (du Puy ?), touche de fromage blanc et olive (noire mais lesquelles ? Pichouline ?), héritée d’une vision de Michel Bras d’un paysage d’orage de juin, fleurs oranges (les fleurs crues comestibles sont à la mode en gastronomie : beauté, authenticité, craquant) sur sauce aux champignons (de Paris ? Cèpes, vue la couleur ?), niac® lentille & poivre blanc (heureusement que j’ai enquêté avant sur ce condiment, complément, le niac®, « l’onglet de moutarde sur un pot-au-feu, c’est le sansho sur des sushis », principe japonais bien accommodant chez Bras pour une cuisine internationale du terroir – sourcing – dirigée, pour l’export, vers les touristes internationaux : aucune explication orale alors que c’est l’axe, tant revendiqué, de la cuisine de Bras) : 23 €. J’aurais bien aimé goûter, comme la table d’à côté où l’entreprise a offert à Charles-Edouard le repas, avec sa meuf, pour festoyer ses enquêtes de non activation de comptes en banque en lien avec les notaires avec des déplacements à la Banzai à Bayonne où il n’a retenu que le célèbre jambon mais pas le saumon pêché sur place, le foie gras de canard du Poitou poêlé, patate douce et touche de moutarde, jus de viande (37 €) mais la goutte, signalée en entrée, m’en empêche. Joana, côte de maille au poignet gauche, coquetterie ridicule à la Michael Jackson en espérant qu’elle n’ait point de tendinite, s’approche gracieusement telle Grace Kelly dans Fenêtre sur cour d’Hitchcock. Du coup, non du magret de canard mais poitrine de poulette de la ferme d’Alice grillée, purée de pois chiche, miso (tiens, revoilà le Japon) de riz, roquette, niac® ail-amande et, surtout, l’aligot snacké (sous forme de palet, précédemment congelé, passé à la plancha, perdant ainsi onctuosité et saveur), dans une cassolette brûlante, seule trace tangible d’Aubrac (39 €). Avant : lieu jaune poêlé au beurre de sarrasin (kasha, tant adoré par Duras ; on a l’impression d’un cordon bleu en plus évolué mais enfantin), tranche de pomme du Limousin, parfois au goût caramélisé donc finement travaillée, et urucum (cumin torréfié), niac® de millet sauvage (45 €). J’évite le chicon ou endive, ouf !
Target : tagète et coulant choco
Pas de trou normand. Je me souviens, entre autres, du granité de champagne, après le Châteauneuf du Pape blanc, chez Anne-Sophie Pic. Il y avait plus de plats, pour un repas à plus de 300 €. En dessert, le plat le plus nettement réussi, justifiant un peu le trois étoiles de père en fils du retiré du Michelin : dans un long pot Jars, une meringue légère de pois chiche avec du rouge parsemé, donnant l’illusion d’un smoothie – à percer, est-il précisé, violemment et jusqu’au bout avec une cuillère -, pour atteindre, une fois déflorée, la mousse lactée (gwell, un lait issu de vaches bretonnes fermenté au levain ? Lait d’amarante ?) au sorbet de tagète jusqu’à atteindre au fond une gelée de myrtilles sauvages à guérir mes glaucomes (17 €). Frais, beau et bon, un dessert plein de surprises. Je précise que je n’aime pas le marron et la châtaigne, sauvé : en forme de bite, sur une interprétation du coulant ou fondant (« soufflé au chocolat » en Israël, « petit gâteau » au Brésil, « volcán de chocolate » en Argentine) originel de 1981 – deux ans d’élaboration, repris par le chef français star Jean-Georges Vongerichten, expatrié depuis longtemps à New York -, le biscuit tiède coulant au chocolat du Cameroun, crème glacée à la graine de courge (24 €). Délicieux mais pas très original tant ce dessert, souvent repris, est devenu un classique : ce dessert est le plat signature de Michel Bras, le nom coulant a été déposé en 1999, la famille étant décidément plus douée pour les desserts. Le délice consiste dans le contraste entre la « dureté » de la surface ou biscuit tiède et le coulant chaud du chocolat, la ganache, à l’intérieur, le tout surmonté d’une boule de glace comme un gland. Enfance encore ; convivialité.
Gain du grain : deux étoiles
Sur le mur de la cuisine, trône ce proverbe chinois : « Toutes les fleurs d’aujourd’hui sont dans les semences de demain. ». Au total, l’intérêt réside dans le jeu des textures, notamment avec le niac. Les goûts, pourtant paysans, ne sont pas évolués : les plats, pour un français, manquent de goût tout en évitant ces sauces lourdes comme dans la cuisine bourgeoise surévaluée de Bocuse. Il s’agit plus de la cuisine du chef Maxime Vergely, lozérien né en 1993, et du dirlo Mathieu Muratet, ancien maître d’hôtel chez Guy Lassausaie (où j’ai eu l’honneur de dégobiller immédiatement l’intégralité du délicieux repas qui m’était, heureusement, offert) que de celle de Bras dont on retrouve malheureusement peu l’esprit et le goût. La balade est peu généreuse : les plats les plus chers n’y sont pas. Les desserts exceptionnels rattrapent un peu le reste. Cette balade ne donne malheureusement pas envie d’aller au Suquet dans l’Aubrac, ce qui devrait être le cas. J’ai préféré Marcon, trop monomaniaque du champignon. Ici, travail du grain, de la graine. Pour moi, un bon deux étoiles mais guère plus. Vous avez intérêt à honorer votre réservation sinon la caution de 50 € est empochée : la confiance règne ! Malgré le laïus de la comm’, même si le service est impeccable, j’ai eu l’impression d’être traité comme un client. J’ai pu tout de même sortir par l’entrée afin de continuer la visite de l’exposition Arte povera. Bref, déçu en bien. Anne-Sophie Pic à Valence, sur tous les plans, est toujours indétrônable.
November 7, 2024, Age of Scorpio. At the Bourse de Commerce (1763), 3rd floor, the Halle aux grains des Bras at Pinault simple fric – turned away from Seguin Island -, Arte Povera exhibition, including many pieces already seen at the GAM in Turin but not at the famous Castello di Rivoli -, seeing the least worst of the series, Penone, with, among other things, acacia thorns on a white board with square gold leaf in the middle then a black and white photo series white, where I saw at the MNAM this magnificent piece made of laurel leaves in iron cages in reference to Hypnos and Petrarch in the Avignon exhibition Beauty in 2000 in the Palais des Papes – a young guard at Pinault is incapable to understand that it is necessary to approach dried boxwood leaves to smell, an essential sense for the perception and understanding of the work. A recent article by P. Dagen in Le Monde concluded that, due to lack of resources and the rising cost of insurance, major exhibitions take place in Paris at private foundations (Pinault, Vuitton, Cartier, Custodia, etc.). Gerra’s delightful sketch on RTL in the morning through Lang, one of his best imitations, where he makes the sinister of culture say, more YSL than ALR, his teeth scratching the floor, Rachida Dati, in the starting blocks for the municipal elections “What is this shit! » (La scatola di merda by Manzoni, present only thanks to an open book page?). After being searched like in an airport to the point of ironically asking if I should take off my shoes, I was emphatically reminded that once the meal was over, I had to go back outside to see the exhibition, for security reasons because of the sale of Laguiole knives: this is what dissuades you from buying said knives, and from simply coming to eat here; suddenly nicht chocolate with pumpkin seeds in the shop near the toilets and the official release.
Bright Prison
I take the double staircase. Opening at 12:01 p.m. Time to crack the seed. 90 empty seats. Wanting to avoid the atrocious Beaubourg, this filthy refinery which caused a scandal until it unfortunately entered the landscape, and the Canopy of the sad Halles to make you regret Baltard and the horrible but funny Touche pas à la femme blanche (M. Ferreri, 1974 ), I ask to see the Saint-Eustache church from my seat, explaining to Joana, the tall, aristocratic-looking perch at reception, that sat here a Catholic priest of Chinese origin, François Houang, philosopher and introducer of Buddhism in France, who saved my grandfather, Jean Wahl – philosopher of existence, metaphysician, reviewer, professor at the Sorbonne and poet -, from Drancy camp with the help of Pierre Boutang, Action française – which shows, as recalled in Finkielkraut, the story is complex. Moreover, thanks to Houang, I had tasted a delicious Chinese ravioli with multiple flavors as a child on rue Saint Honoré. Having understood nothing, believing that I had a problem, nothing helped: Joana put me against a window, as requested by email – specifying that single people are always relegated either to the toilet or to the kitchen -, but inside with a view of a synthetic round part of the Arte Povera exhibition diving into the structure, a circular plan underlined by a concrete cylinder, Moma-style balconies, by Tadao Ando, the discreet architect, identical at Punte della Dogana, topped by a hideous panoramic firefighter painting (1889), typical of the Third Republic, far from that of Kosciuszko in Wroclaw, under a glass dome. I am therefore confined to one of the four small private rooms with a sober circle of light on the ceiling, beautiful black and white photos on the wall, dead branches like ikebana in slender vases, perhaps by Bouroullec. No public inside: I take photos. Typical Parisian welcome: a black waitress probably dressed by Catherine André and the Lozère workshop Tuffery, inspired by the costumes from the Fort des Halles to the Halle au Blé with Jean de Nîmes sauce, scolds me; I have to remind him that I eat here. I honestly wanted to leave. I stopped by for the first time two years ago to try to eat some snacks: I was greeted like a dog; All I had to do was politely tell me that snack time starts at 3 p.m. Age of the Scorpion. The architects of the NeM agency, Lucie Niney and Thibaut Marca, defined a clear and luminous white cube with a glass roof complemented by the rather sober design of the Bouroullec brothers – which I rarely taste following an exhibition at Pompidou Metz: a failed Laurens – combining material, color and light, i.e. guipure curtains, a hackneyed openwork and mobile grid from the 70s, wrought iron legs, reinforcing the impression of confinement to Polanski’s Repulsion, the opposite of architects – disruption design. The armchairs would be covered in wool felt: nothing seen as advertised. The floors are littered with a raw cotton carpet, reinforced with linen, woven in the North of France. A white napkin in rough linen, so light that it will fall multiple times, perhaps by Catherine André, with a discreet variation of the typography in white touches by Anne Piscaglia and Guillaume Bullat, of the logo, strongly borrowed from punctuation and to visual poetry, to the menu. Cast glass vases from the Breton brothers slightly revitalize this frozen place. My Stroll menu at €108 – 2 starters, 2 main courses, 2 desserts; I distended my stomach thanks to two pineapple-basil and mandarin Bertillon balls served by a married Ukrainian woman with a child whose parents remained in Kerson, on the island of the city – will not be a ballad. Magnificent little table lamps in crumpled metal or mesh, perhaps by Pascal Lion. The table with anthracite top bodes well even if the tablecloth is deliberately absent. The fork is not inverted, a mark of great tables and a tribute to French gastronomy, opposed to English gastronomy for historical reasons: here, there is no manners, except at the entrance. The Laguiole knife, which must be kept throughout the meal – as the shepherds explain to us, “a nod to the one offered to adolescents in Aubrac, intended to follow them throughout their lives” according to Michel Bras, since it is a tradition which dates from the indestructible pater familias which was still able to hand over to his son Sébastien – whether it was fish or meat (which is shocking: I am obliged in a supposedly three-star establishment to clean the knife with barley bread after each dish malted with a compact crumb from Poujauran, the Parisian native of Mont-de-Marsan supplying many large tables that Bras discovered the Portuguese broa, this cornbread), in raw nickel silver with gold handle, designed by the duo A + B designers; (Hanika Perez and Brice Genre), is too heavy. The cellar, developed by the Argentinian Calderon, best sommelier in the world 2021, is not presented by a Japanese sommelier who understands absolutely nothing: she seems to ignore that Pinot noir – yet Calderon is infatuated with a Pinot noir in Burgundy – is one of the rare red wines that goes well with fish, which is rather dominant; I try to start a conversation about sake (I tasted it in conjunction with Anne-Sophie Pic: the Japanese market being saturated or even in decline, it is arriving in Europe. I am looking for cheese that could go with it), wasted effort . No dialogue – deaf. Lacking advice, I go for a grain wine, jealous of the communicator chef Sébastien Bras, because they are absent at Suquet (in Paris, nicht gargouillou, nicht milk skin, nicht potato wafer), the grain of Mansois, from the AOP Marcillac (its excellent jazz festival with good spirit) 2018 by Philippe and Julien Teulier: €11 a glass. Initially too robust, a fault of southwest wines, you have to wait for the bouquet to open up; the subtlety is only delivered in the aftertaste, in length.
A nervous Marseille girl from Le Rouet serves me, unaware of the existence of Le Petit Nice in Passédat, we feel that, apparently patient, we must not titillate her too much; my innocent questions about cooking seem to plunge her into an abyss of perplexity and anxiety. Saint-Eustache still looms, very far away. The small appetizer: two buttered buckwheat toasts with pink radish sprouts and the crunchy leaves of said radishes. Interesting texture, unrefined taste. Follows a fish soup (hake and place it seems) or welcome broth with lemongrass to drink without a spoon, good. The white bowl, signed by Aveyron designer Élise Fouin, comes, like the rest of the grais ceramic tableware, from the famous Jars factory. Sweet aroma. Eel, harmful for gout, would have been better. We discuss bouillabaisse with the Marseille girl: she talks to me about Fonfon, I retort Miramar but old period, the predecessor of Buffa. Debate: is this a dashi ?
Not a whole dish
From behind, Emma Lavigne, the one who replaces Aillagon at Pinault, former director of Pompidou then Pompidou Metz, curator of the Lyon contemporary art biennial Mondes flotantes, hides Saint-Eustache from me like its trunks: I would have liked to be at this place but, although the places are not allocated in advance and according to arrivals, the local lady is favored to the contempt of the poor provincial, alone. Don’t act. First starter: Sar, not mullet, from Saint-Jean-de-Luz in tender shavings (sashimi in fact), pink radish pickles, daikon from Ferme du Perche on a bed of tapioka, tarragon oil (€33 ). Fresh and beautiful but light. Second entry: salsify (I had returned, disgusted by the cantoches, to the unforgettable Marcon brothers in Saint-Bonnet-le-froid – their salsify closer to the raw product, their grouse, sweetbreads with two truffles, tanainsie while discussing with Anne-Sophie Pic, Jerusalem artichoke – of sad memory for which, a generation soon to disappear, experienced the war -, rave, parsnip (when will the crosne return?), worked by Bras in another dish, and others seem to have been returning to gastronomic fashion for some time) roasted, crispy and poached, with lentil butter (from Puy?), a touch of white cheese and olive (black but which one? Pichoulin?), inherited from a vision of Michel Bras of a June storm landscape, orange flowers (raw edible flowers are fashionable in gastronomy: beauty, authenticity, crunchy) on mushroom sauce (from Paris? Porcini mushrooms, see the color?), niac® lentil & white pepper (fortunately I investigated beforehand this condiment, supplement, niac®, “the tab of mustard on a stew is sansho on sushi”, a very accommodating Japanese principle at Bras for a international local cuisine – sourcing – directed, for export, towards international tourists: no oral explanation even though it is the much-claimed axis of Bras cuisine): €23. I would have liked to taste it, like the table next door where the company offered Charles-Edouard a meal, with his girlfriend, to celebrate his investigations into non-activation of bank accounts in connection with notaries with travel at Banzai in Bayonne where he only chose the famous ham but not the salmon caught on site, the pan-fried Poitou duck foie gras, sweet potato and touch of mustard, meat juice (€37) but the gout, reported as input, prevents me from doing so. Joana, chain mail on her left wrist, ridiculous coquetry like Michael Jackson, hoping she doesn’t have tendinitis, approaches gracefully like Grace Kelly in Hitchcock’s Rear Window. So, not duck breast but grilled chicken breast from Alice’s farm, chickpea puree, miso (hey, here’s Japan again) rice, arugula, garlic-almond niac® and, above all, aligot snacked (in the form of a puck, previously frozen, grilled, thus losing creaminess and flavor), in a hot cassolette, the only tangible trace of Aubrac (€39). Before: pan-fried pollack in buckwheat butter (kasha, so adored by Duras; we have the impression of a more evolved but childish cordon bleu), slice of Limousin apple, sometimes with a caramelized taste and therefore finely crafted, and urucum (roasted cumin), wild millet niac® (€45). I avoid chicory or endive, phew!
Target: marigold and chocolate flow
No Norman hole. I remember, among other things, the champagne granita, after the Châteauneuf du Pape blanc, at Anne-Sophie Pic. There were more dishes, for a meal costing over €300. For dessert, the most clearly successful dish, somewhat justifying the three stars from father to son of the retired Michelin star: in a long Jars pot, a light chickpea meringue with red sprinkled, giving the illusion of a smoothie – to pierce, it is specified, violently and to the end with a spoon -, to reach, once deflowered, the milky foam (gwell, a milk from Breton cows fermented with sourdough? Milk amaranth?) with marigold sorbet until you reach at the bottom a wild blueberry jelly to cure my glaucoma (€17). Fresh, beautiful and good, a dessert full of surprises. I specify that I do not like chestnut and chestnut, saved: on an interpretation of the coulant or fondant (“chocolate soufflé” in Israel, “little cake” in Brazil, “volcán de chocolate” in Argentina) original from 1981 – two years of development, taken over by star French chef Jean-Georges Vongerichten, a long-time expatriate in New York -, the warm biscuit with Cameroonian chocolate, pumpkin seed ice cream (€24). Delicious but not very original as this dessert, often repeated, has become a classic: this dessert is the signature dish of Michel Bras, the flowing name was registered in 1999, the family being decidedly more gifted with desserts. The delight consists of the contrast between the “hardness” of the surface or warm biscuit and the hot flow of chocolate, the ganache, inside, all topped with a scoop of ice cream. Childhood again; conviviality.
Grain gain: two stars
On the kitchen wall sits this Chinese proverb: “All the flowers of today are in the seeds of tomorrow. « . Overall, the interest lies in the play of textures, particularly with niac. The tastes, although peasant, are not evolved: the dishes, for a Frenchman, lack taste while avoiding these heavy sauces as in the overvalued bourgeois cuisine of Bocuse. It’s more about the cuisine of chef Maxime Vergely, from Lozère born in 1993, and dirlo Mathieu Muratet, former maître d’hôtel at Guy Lassausaie (where I had the honor of immediately devouring the entire delicious meal which was, fortunately, offered to me) than that of Bras, of which we unfortunately find little of the spirit and taste. The walk is not very generous: the most expensive dishes are not there. The exceptional desserts make up for the rest a little. This walk unfortunately does not make you want to go to Suquet in Aubrac, which should be the case. I preferred Marcon, too monomaniacal about mushrooms. Here, working with grain, with seeds. For me, a good two stars but little more. It is in your best interest to honor your reservation otherwise the €50 deposit is pocketed: trust reigns! Despite the communications screed, even if the service is impeccable, I had the impression of being treated like a customer. I was still able to exit through the entrance to continue visiting the Arte Povera exhibition. In short, disappointed in a good way. Anne-Sophie Pic in Valence, on all levels, is still unbeatable.
[English, 2nd part]. Je me souviens encore de magnifiques mises en scène de Marivaux sur FR3. Je ne connaissais pas le classique Les fausses confidences de Marivaux. Françon, plus connu pour avoir monté et diffusé en France les Pièces de guerre de Bond – théâtre et violence -, réussit à obtenir, à part des oui-da et quelques subjonctifs, un texte moderne et fluide, de la dentelle rythmée, comme Chéreau avec Phèdre de Racine avec notre lyonnaise chérie, Dominique Blanc, ici dans un décor symétrique classique, quasi abstrait à la Kubrick, un salon désaffecté façon théâtre abandonné avec vue sur ciel d’orage, du fidèle Gabel, les sobres costumes de Salomé – Dorante en habits ocre de moisson avec valise en cuir ; Araminte en robe blanche droite années 40 sur le modèle des années folles. Seule pointe de modernité, la musique de Séréro : une guitare à la Satriani, parfois assourdissante, sur piano, violons et clavecin. On a deux actrices du Français pour le prix d’une : la grande vitézienne Dominique Valadié, jouant une rogue, méchante et bête à souhaits, ressemblant de plus en plus à la regrettée Maggie Smith, et la jeune Georgia Scalliet, franco-américaine, formée à l’ENSATT de Lyon comme Cécile de France, qui fit un passage éclair dans la maison de Molière, authentique dans ses diverses expressions du visage au gré des différents stades de l’amour. Privat en valet traître, à la tête ineffablement comique avec son regard tombant à la Droopy et ses grands sourcils, réussit à rendre son crâne de Nosferatu ou Méphisto parfois inquiétant (« Quand l’amour parle, il est le maître, et il parlera. », « L’Amour et moi nous ferons le reste »). Les atermoiements de l’amour semblent un peu forcés, le texte, bavard, manque de tonus et de tensions, même si le phrasé marivaudien implique de jouer emporté : il n’est pas étonnant que cette pièce n’ait pas connu de succès à sa création. Une scène de vaudeville annonce les toniques Labiche et Feydeau. Cependant, le parcours amoureux initiatique d’Araminte, avec suspense psychologique entre amour et amour-propre, de femme-objet à femme-sujet, fit florès à la Révolution. Rousseau en valet Lubin, ressemblant à Balavoine en espadrilles, a une coupe mulet éculée. Yasmina Remil, trop fardée, n’est pas légère, semble un peu décalée eu égard au jeu des deux autres actrices.
Un bon moment. On sent que, vieillissant, depuis qu’il a été blessé à la carotide pour un funeste projet d’égorgement en 2021 à Montpellier, Françon, le forézien (Dasté, Comédie Saint Etienne, TH8 à Lyon puis La Colline, etc.), fils d’agriculteur, presque 80 ans, revient, plus souriant, plus à l’écoute, vers l’essentiel, jusqu’au dépouillé, à l’os – monter En attendant Godot de Beckett a dû aider -, et du plus léger.
Dense confits dance because Marivaux well
I still remember magnificent productions by Marivaux on FR3. I didn’t know the classic False Confidences by Marivaux. Françon, best known for having edited and distributed in France Bond’s War Pieces – theater and violence -, managed to obtain, apart from oui-das and a few subjunctives, a modern and fluid text, rhythmic lace, like Chéreau with Phèdre by Racine with our darling Lyonnaise, Dominique Blanc, here in a classic symmetrical decor, almost abstract like Kubrick, an abandoned theater-style disused living room with a view of a stormy sky, by the faithful Gabel, the sober costumes of Salomé – Dorante in ocher harvest clothes with leather suitcase; Araminte in a straight white 1940s dress based on the Roaring Twenties model. The only touch of modernity is Séréro’s music: a Satriani-style guitar, sometimes deafening, on piano, violins and harpsichord. We have two French actresses for the price of one: the great actress of Vitez, Dominique Valadié, playing a rogue, wicked and stupid, resembling more and more the late Maggie Smith, and the young Goergia Scalliet, Franco-American, trained at ENSATT in Lyon like Cécile de France, who made a brief visit to Molière’s house, authentic in her various facial expressions according to the different stages of love. Privat as a treacherous valet, with an ineffably comical head with his Droopy-like drooping gaze and his large eyebrows, succeeds in making his Nosferatu or Mephisto skull sometimes disturbing (“When love speaks, it is the master, and it will speak.”, “Love and I will do the rest”). The procrastination of love seems a little forced, the text, talkative, lacks tone and tension, even if the Marivaudian phrasing implies carried away playing: it is not surprising that this piece was not successful at its creation. A vaudeville scene announces Labiche and Feydeau tonics. However, Araminte’s initiatory love journey, with psychological suspense between love and self-esteem, from woman-object to woman-subject, flourished during the Revolution. Rousseau as a valet Lubin, looking like Balavoine in espadrilles, has a worn mullet cut. Yasmina Remil, with too much makeup, is not light, seems a little out of place compared to the performance of the other two actresses.
A good time. We feel that, getting older, since he was injured in the carotid artery for a disastrous throat slitting project in 2021 in Montpellier, Françon, the Forézien (Dasté, Comédie Saint Etienne, TH8 in Lyon then La Colline, etc.), son of a farmer, almost 80 years old, returns, more smiling, more attentive, towards the essential, down to the bare bones, to the bone – edit Waiting for Godot de Beckett had to help -, and in the lightest way.
[English, 2nd part]. Bob Wilson, plus de 80 ans, nous revient en grande forme, à propos de l’acte de la création dans Since i’ve been me, plus spécifiquement chez l’auteur aux plus de 70 hétéronymes, dont Álvaro de Campos, Ricardo Reis, Alberto Caeiro ou Bernardo Soares, symbole du Portugal, Pessoa. C’est une commande, créée au printemps au Teatro della Pergola, jouée au Théâtre de la ville-Sarah Bernhardt, dirigé par Emmanuel Demarcy-Mota dans le cadre du Festival d’automne, initié en 1972 par Michel Guy, qu’il dirige également. Ayant raté Regard du sourd (1971), Einstein on the Beach de Philip Glass avec les chorégraphies de Lucinda Childs pour le Festival d’Avignon (1976), le prémonitoire Orlando d’après Woolf avec Huppert (1993) auquel mes parents ont assisté, J’avais enfin vu une belle création, Letter to a man d’après le journal de Vaclav Nijinski, avec le célèbre danseur Mikhaïl Baryshnikov à la Maison de la danse de Lyon pour les Nuits de Fourvière en 2016. J’avais vu Ode maritime de Pessoa, très visuel, par Claude Régy en 2009 avec Jean-Quentin Châtelain, moins insupportable que son accent traînant tant hué dans Médée par Lassalle au palais des Papes à Avignon en 2000 avec Huppert.
Quoi de plus pertinent que la magnifique Maria de Medeiros pour incarner Pessoa ? Il est curieux que le public, en avance, ne se taise lorsque le spectacle commence déjà puisque, visage plâtré de blanc où ses belles pommettes de bonheur saillissent, chapeau melon noir sur la tête, costume noir, cravate, fine moustache et lunettes rondes, figure chaplinesque, elle mime en bas à gauche devant une belle grande toile bleue peinte par Paolino Libralato inspirée de Fishing de Santiago Ribeiro. Sept lunes ou soleils rouges pour sept déclinaisons de Pessoa (« Je suis celui que je n’ai pas réussi à être. ») en anglais, portugais, français et italien en surtitrages sur trois écrans (cour, jardin, hauteur) : Aline Belibi (belle voix ample au chant), la clownesque Janaina Suaudeau, la sculpturale Sofia Menci, entre Morticia Addams et la bimbo berlusconienne, Rodrigo Ferreira, voix puissante de contreténor, Gianfranco Poddighe en Groucho Marx totalement incongru et sa voix grave atroce, ou peut-être s’agit-il de Klaus Martini. Au début, un comédien entre à reculons sur la scène du théâtre. Nous voguons sans transition et sans réelles réflexions, malgré l’apport du dramaturge Darryl Pinckney, entre Le livre de l’Intranquillité, Le Gardeur de troupeaux, Faust, la correspondance privée (Lettre à la fiancée), Poèmes païens, etc. : habitué à Novarina, saisi par la beauté des tableaux de Wilson et ses scénographes, je ressens mais je n’entends pourtant pas l’écriture de Pessoa, c’est dommage. Certes, : « Défaites-vous de cette habitude puérile de demander leur sens aux mots et aux choses. Rien n’a de sens. Sur quel navire ai-je fait ce voyage ? Sur un bateau nommé Quelconque. ». Ou encore : « Mon âme s’est brisée comme un vase vide (…) Elle est tombée des mains de la servante négligente. Elle est tombée, s’est faite en plus de morceaux qu’il y avait de faïence dans le vase. Sottise ? Impossible ? Qu’en sais-je ! » ; « Qui nous dit, à vous comme à moi, que je n’écris pas des symboles faits pour être compris des dieux ? » ; « penser, c’est ne pas comprendre » ; « Rien n’est savoir ! Tout est fiction ! Vis entouré de roses, aime, bois. Et tais-toi. Le reste n’est rien. ». La déterritorialisation implique chez Pessoa une réimplantation dans diverses langues, surtout la sienne, forgée par lui. Il est regrettable que les voix ne soient pas retravaillées par une spatialisation par l’INA GRM, l’IRCAM ou autre mais cela conserve un aspect artisanal auquel Wilson semble tenir. Un détour par Kafka – son Odradek notamment, pas loin de Monsieur Teste de Valéry -, via Walser, et Beckett permet de saisir Pessoa dans sa complexité parfois réduite à cause d’un cabaret par moment de mauvais aloi.
Le côté comédie musicale à la Broadway, pour faire comprendre Pessoa lors des années folles, frise le contre-sens. La bande-son est tant explosive que des boules Quiès sont distribuées à l’entrée. On retrouve le réveillon chez Bob, qui peut, à force, virer à la caricature de lui-même : velum lumineux, cyclos de couleurs, silhouettes découpées par les projecteurs, décors stylisés, gestuelle minutieusement chorégraphiée, ballet de cyprès, bestiaire chimérique (hérisson, crocodile, etc.), navire stylisé et sa cale engloutie; répétitions de phrases (les derniers mots qu’écrivit Pessoa le 29 novembre 1935 avant de mourir : « I know not what tomorrow will bring. », « Je ne sais pas de quoi demain sera fait. »), suscitant parfois l’ennui (Wilson a travaillé G. Stein dans sa trilogie des années 90 : Doctor Faustus Lights the Lights, 1992, Four Saints in Three Acts, 1996 et Saints and Singing, 1998), et rampe lumineuse aveuglante sur fond blanc ne semblent pas d’une nécessité absolue. Le tableau le plus réussi est celui de tables désarticulées dans un restaurant sur fond sanguinolent. Le sceptique et moderniste Pessoa, en tête-à-tête avec la dive bouteille, oscille entre flux de conscience, théâtre de l’absurde et philosophies de l’existence. Reste de ce spectacle visuel et sonore, reflet de l’intériorité multiple et tourmentée de Pessoa, la poésie.
Pessoa himself
Bob Wilson, over 80 years old, returns to us in great form, about the act of creation in Since i’ve been me, more specifically from the author with more than 70 heteronyms, including Álvaro de Campos, Ricardo Reis, Alberto Caeiro and Bernardo Soares, symbol of Portugal, Pessoa. It is a commission, created in the spring at the Teatro della Pergola, performed at the Théâtre de la ville-Sarah Bernhardt, directed by Emmanuel Demarcy-Mota as part of the Autumn Festival, created in 1972 by Michel Guy, which he directs also. Having missed Deafman Glance (1971), Einstein on the Beach by Philip Glass with the choreographies of Lucinda Childs for the Avignon Festival (1976), the premonitory Orlando after Woolf with Huppert (1993) which my parents attended, I had finally seen a beautiful creation, Letter to a man based on the diary of Vaclav Nijinsky, with the famous dancer Mikhail Baryshnikov at the Maison de la danse in Lyon for the Nuits de Fourvière in 2016. I had seen Ode maritime de Pessoa, very visual, by Claude Régy in 2009 with Jean-Quentin Châtelain, less unbearable than his drawling accent so much booed in Médée by Lassalle at the Palais des Papes in Avignon in 2000 with Huppert.
What could be more relevant than the magnificent Maria de Medeiros to play Pessoa? It is curious that the audience, in advance, does not fall silent when the show already begins since, face plastered in white that its beautiful cheekbones stand out with happiness, black bowler hat on the head, tie, thin mustache and round glasses, Chaplinesque face, she mimes at the bottom left in front of a beautiful large blue canvas painted by Paolino Libralato inspired by Fishing by Santiago Ribeiro. Seven red moons or suns for seven variations of Pessoa (« I am the one I failed to be. ») in English, Portuguese, French and Italian with surtitles on three screens (courtyard, garden, height): Aline Belibi (beautiful full singing voice), the clownish Janaina Suaudeau, the statuesque Sofia Menci, between Morticia Addams and the Berlusconian bimbo, Rodrigo Ferreira, powerful voice of countertenor, Gianfranco Poddighe as a totally incongruous Groucho Marx and his atrocious deep voice, or maybe it’s Klaus Martini. At the beginning, an actor enters the theater stage backwards. We sail without transition and without real reflections, despite the contribution of the playwright Darryl Pinckney, between The Book of Unrest, The Herdsman, Faust, private correspondence (Letter to the Bride), Pagan Poems, etc. : accustomed to Novarina, captivated by the beauty of the paintings of Wilson and his scenographers, I feel but I do not hear Pessoa’s writing, which is a shame. Certainly: « Get rid of this childish habit of asking words and things for their meaning. Nothing makes sense. On which ship did I make this trip? On a boat called Whatever. ». Or again: « My soul was broken like an empty vessel (…) It fell from the hands of the careless servant. It fell, breaking into more pieces than there was of earthenware in the vase. Stupidity ? Impossible ? What do I know ! » ; « Who tells you and me that I don’t write symbols designed to be understood by the gods ? » ; « to think is not to understand »; « Nothing is known! It’s all fiction ! Live surrounded by roses, love, drink. And shut up. The rest is nothing. ». Deterritorialization implies for Pessoa a reimplantation in various languages, especially his own, forged by him. It is regrettable that the voices are not reworked by spatialization by INA GRM, IRCAM or others but this retains an artisanal aspect which Wilson seems to value. A detour via Kafka – his Odradek in particular, not far from Valéry’s Monsieur Teste -, via Walser, and Beckett allows us to grasp Pessoa in his sometimes reduced complexity sometimes because of a bad cabaret.
The Broadway-style musical comedy side, to make Pessoa understand during the Roaring Twenties, borders on the opposite. The soundtrack is so explosive that earplugs are distributed at the entrance. We find New Year’s Eve at Bob’s house, which can, by force, turn into a caricature of itself : luminous velum, colorful cyclos, silhouettes cut out by the projectors, stylized decorations, meticulously choreographed gestures, ballet of cypresses, chimerical bestiary (hedgehog , crocodile, etc.), stylized ship and its sunken hold; repetitions of sentences (the last words Pessoa wrote on November 29, 1935 before dying: « I know not what tomorrow will bring.”), sometimes causing boredom (Wilson worked with G. Stein in his 90s trilogy: Doctor Faustus Lights the Lights, 1992, Four Saints in Three Acts, 1996 and Saints and Singing, 1998), and blinding light strips on a white background do not seem necessary absolute. The most successful painting is that of dislocated tables in a restaurant against a bloody background. The skeptic and modernist Pessoa, face-to-face with the diving bottle, oscillates between flow of consciousness, theater of the absurd and philosophies of existence. The rest of this visual and sound spectacle, a reflection of Pessoa’s multiple and tormented interiority, is poetry.
[English, 2nd part] En substance, Fargeat livre, après la mini-série Les fées cloches, un rape and revenge en long métrage, Revenge (2017), un épisode de la série Sandman, un second long, The substance, un body horror, commençant comme un segment de La Quatrième Dimension à la Nip/Tuck et une touche de Spike Jonze et se terminant enfin, après plus de deux heures, dans un délire gore entre Rage (1977), Chromosome 3 (1979) et La Mouche (The fly, 1986) de Cronenberg, Braindead (1992) et Bad Taste (1987) de Peter Jackson, le culte Society de B. Yuzna (1989) et Elephant man de Lynch (1980) en passant par un montage cut à la Requiem for a dream d’ Aronofsky (2000), l’appartement – un personnage en soi – et son long couloir à la Répulsions (R. Polanski, 1965), des clins d’œil au Shining de Kubrick (1980, tapis, bain de sang), Showgirls de Verhoeven (1995), Freaks de Tod Browning (1932), la musique d’Herrmann de Vertigo (Hitchcock, 1958) lors de la pose de boucles d’oreilles du monstre sur lui-même lors de la transformation de Carlotta dans une scène onirique verte. Le paradoxe est la dénonciation du machisme, le caricatural et libidineux Harvey incarné par Quaid remplaçant sur le tard Liotta, décédé, mangeant affreusement ses crevettes, du patriarcat et du culte de l’apparence, et le male gaze, assumé avec force courbes, offert par la superbe fille de la magnifique Andy McDowell, Margaret Qualley, vue dans Once Upon a Time in Hollywood (Q. Tarantino, 2019), Pauvres Créatures (Poor Things, 2023) et Kinds of Kindness (2024) de Yorgos Lanthimos. Deux stars des années 80-90 émergent : Demi Moore (Ghost, J. Zucker, 1990 ; Proposition indécente, Indecent Proposal, A. Lyne, 1993 ; À armes égales, G.I. Jane, R. Scott, 1997 ; Des hommes d’honneur, A Few Good Men, R. Reiner, 1997 ; etc.) et Dennis Quaid (L’étoffe des héros, The Right Stuff, P. Kaufman, 1983 ; Flesh and Bone, S. Kloves, 1993 ; Wyatt Earp, L. Kasdan, 1994 ; etc.). J’ai bien aimé la première heure, moins la fin, trop grand-gignolesque. A noter que, si beaucoup de spectateurs sont partis à Cannes, n’empêchant pas un prix du scénario 2024, il y a eu un malaise lors de la projection en avant-première au Festival Lumière.
Apocalypse now
Le film a été travaillé sur cinq ans. Le tournage a duré presque six mois, soit 87 jours, entre début juin et fin novembre 2022. Le film a été bouclé avec environ deux semaines de retard. Soucieuse du détail, Fargeat a terminé le montage, entamé en décembre de la même année, suivi de la postproduction, que trois jours avant la projection à Cannes. Approchée à Paris par la société britannique indépendante Working Title (productrice des frères Coen, d’Edgar Wright, de comédies romantiques à succès comme Quatre mariages et un enterrement, Four Weddings and a Funeral, M. Newell, 1994, Notting Hill, R. Michell, 1999 ou Le Journal de Bridget Jones, Bridget Jones’s Diary, S. Maguire, 2001), auprès de qui elle arrache le final cut, le script plaît à Universal Pictures, avec lequel Working Title est liée par un accord de distribution, mais la lâche douze jours avant la projection cannoise du film en compétition. Heureusement, les droits de distribution internationaux sont revendus à la plateforme de streaming anglaise Mubi. Avec jusqu’à huit heures de maquillage et des prothèses, Moore doit répéter la même prise jusqu’à une vingtaine de fois. Moore contracte un zona et perd neuf kilos sur le tournage.
Interview
Quelques réponses à la séance de questions après la projection du film en avant-première au Festival Lumière 2024 : « Il y a peu de dialogues. Le conte imposé est genré : reine passive, sa beauté, son apparence car vue par le regard masculin, cela crée un carcan dont il est difficile de sortir seule ; il s’agit de trouver une façon différente de se construire. Il s’agit de défoncer ces représentations de manière violente et trash, de se libérer. D’autres représentations et constructions sont possibles pour se sentir différemment.
Il y a eu beaucoup de discussions avec les actrices, l’ampleur des contraintes techniques, la longueur, le tournage fastidieux, la mise en scène de l’image et du son se nourrissant de leurs performances, le rapport à la nudité. Le film est là-dessus : on cherche à être aimé, en passant par la détestation de soi, l’autodestruction, beaucoup de choses violentes et folles. Il y a eu des doutes, refaire des prises, jusqu’à une quinzaine, pour le rythme parfait quand par exemple elle se maquille, se remaquille sans un mot. Le plus beau moment de salle en présence du public que j’ai partagé avec les acteurs a été émouvant quand, à la projection à Cannes, les spectateurs ont applaudi le blob qui rampe sur le walk of fame.
Margaret, plutôt naturellement garçon manqué, dégingandé, un instinct très fort, est, avec un travail de préparation et de création corporelle avec training et coach, prothèses de seins, extension de cheveux, l’incarnation d’un fantasme, très obsessionnel et invasif. C’est Margaret et ses prothèses qui est dans le monstro à la fin. J’ai expliqué, après discussions, sur la sursexualisation, pourquoi les plans étaient sur les fesses et les seins. La chorégraphie était précise, elle a beaucoup répété.
Je savais que le film serait long avec un scénario de 140 pages sans dialogue. J’écris les descriptions, la mise en scène, les rythmes du film, les sons. C’est un film de mutation, de transformation, de métamorphose. Passer aux différentes étapes et permettre aussi au spectateur de rentrer dans cet univers de plus en plus fou, prendre le temps d’avoir des points de passage, poser certaines choses, d’avoir des rythmes qui évoluent, lents au début, qui racontent avec une forme de pesanteur, d’enfermement, de mécanique de répétition, d’obsession avec ce côté répétitif, qui se transforme dans la répétition. Comme le film va loin dans son intensité, il faut une rampe de lancement avec gradations. Il y a un vrai travail d’immersion, de gradation, pas en terme de durée. Que le rythme – une véritable obsession -, du film fonctionne car c’est la condition que le rythme de la scène d’après fonctionne. Un détail amène autre chose, c’est un château de cartes.
Il y a une vraie forme d’expressionnisme dans ce que le décor représente et de ce qu’ils vont incarner de façon littérale – la folie croissante des personnages, leur état mental. L’obsession et l’enfermement croissant dans son monde interne où l’appartement est le reflet dans l’enfermé, le détérioré, le peignoir d’Elisabeth se détériore avec son état mental, on a 6 peignoirs dans les costumes qui vont du peignoir blanc du début au peignoir dégueulasse de Golum à la fin. Les décors ont une vraie fonction symbolique très forte dans le film. Le film est sorti en premier aux Etats-Unis.
Déconstruction et compréhension des couches complexes qui se superposent et intereliées. Le film innove et s’attaque à un défi. On ne parle pas de ces sujets même si c’est l’éléphant dans la pièce. C’est un divertissement avec film de genre. Il y a un message. Repenser nos automatismes. Nous ne sommes pas habitués à se poser ces questions. »
In essence, Fargeat delivers, after the mini-series Les fées cloches, a rape and revenge first movie, Revenge (2017), an episode of the Sandman series, a second movie, The substance, a body horror, starting as a segment from The twilight zone to Nip/Tuck and a touch of Spike Jonze and finally ending, after more than two hours, in a gory delirium between Chromosome 3 (1979), Rage (1977) and The Fly (1986) by Cronenberg, Braindead (1992) and Bad Taste (1987) by Peter Jackson, the cult Society by B. Yuzna (1989) and Elephant man by Lynch (1980) including a cut montage à la Requiem for a dream by Aronofsky (2000), the apartment – a character in itself – and its long corridor à la Répulsions (R. Polanski, 1965), nods to Kubrick’s The Shining (1980, carpet, bloodbath), Showgirls by Verhoeven (1995), Tod Browning’s Freaks (1932), Herrmann’s music from Vertigo (Hitchcock, 1958) during the monster’s installation of earrings on himself during Carlotta’s transformation in a green dream scene. The paradox is the denunciation of machismo, the caricatured and libidinous Harvey played by Quaid replacing late Liotta, deceased, eating his shrimp horribly, of patriarchy and the cult of appearance, and the male gaze, assumed with strong curves, offered by the superb daughter of the magnificent Andy McDowell, Margaret Qualley, seen in Once Upon a Time in Hollywood (Q. Tarantino, 2019), Poor Things (2023) and Kinds of Kindness (2024) by Yorgos Lanthimos. Two stars of the 80s and 90s emerge: Demi Moore (Ghost, J. Zucker, 1990; Indecent Proposal, A. Lyne, 1993; G.I. Jane, R. Scott, 1997; A Few Good Men, R. Reiner, 1997 ; etc.) and Dennis Quaid (The Right Stuff, P. Kaufman, 1983; Flesh and Bone, S. Kloves, 1993; Wyatt Earp, L. Kasdan, 1994; etc.). I really liked the first hour, less so the ending, which was too cheesy, grand-gignolesque. Note that, although many spectators went to Cannes, not preventing a 2024 screenplay prize, there was uneasiness during the preview screening at the Lumière Festival.
Apocalypse now
The film was worked on over five years. Filming lasted almost six months, or 87 days, between the beginning of June and the end of November 2022. The film was completed approximately two weeks late. With an eye for detail, Fargeat completed the editing, which began in December of the same year, followed by post-production, only three days before the screening in Cannes. Approached in Paris by the independent British company Working Title (producer of the Coen brothers, Edgar Wright, successful romantic comedies such as Four Weddings and a Funeral, M. Newell, 1994, Notting Hill, R. Michell, 1999 or Bridget Jones’s Diary, S. Maguire, 2001), from whom she obtained the final cut, the script pleased Universal Pictures, with which Working Title is linked by a distribution agreement, but the release twelve days before the Cannes screening of the film in competition. Fortunately, the international distribution rights are resold to the English streaming platform Mubi. With up to eight hours of makeup and prosthetics, Moore must repeat the same take up to twenty times. Moore contracts shingles and loses nine kilos on set.
Interview
Some answers to the question session after the preview screening of the film at the Lumière 2024 Festival: « There is little dialogue. The imposed tale is gendered: passive queen, her beauty, her appearance because seen through the male gaze, this creates a straitjacket from which it is difficult to escape alone; it’s about finding a different way of building yourself. It’s about breaking down these representations in a violent and trashy way, about liberating yourself. Other representations and constructions are possible to feel differently.
There were a lot of discussions with the actresses, the extent of the technical constraints, the length, the tedious filming, the staging of the image and sound feeding off their performances, the relationship with nudity. The film is about this : we seek to be loved, going through self-loathing, self-destruction, many violent and crazy things. There were doubts, redoing takes, up to fifteen times, for the perfect rhythm when, for example, she puts on make-up, re-makes up without a word. The most beautiful moment in the theater in the presence of the public that I shared with the actors was moving when, at the screening in Cannes, the spectators applauded the blob crawling on the walk of fame.
Margaret, rather naturally tomboy, lanky, very strong instinct, is, with work of preparation and body creation with training and coach, breast prostheses, hair extension, the incarnation of a fantasy, very obsessive and invasive. It’s Margaret and her prosthetics who are in the monster at the end. I explained, after discussions, on oversexualization, why the shots were on the buttocks and breasts. The choreography was precise, she rehearsed a lot.I knew the film would be long with a 140-page screenplay with no dialogue. I write the descriptions, the direction, the rhythms of the film, the sounds. It is a film of mutation, of transformation, of metamorphosis. Go through the different stages and also allow the spectator to enter this increasingly crazy universe, take the time to have crossing points, to pose certain things, to have rhythms which evolve, slow at the beginning, which tell the story with a form of gravity, of confinement, of repetition mechanics, of obsession with this repetitive side, which is transformed in repetition. As the film goes far in its intensity, it needs a launching pad with gradations. There is a real work of immersion, of gradation, not in terms of duration. That the rhythm – a real obsession – of the film works because it is the condition that the rhythm of the following scene works. One detail leads to something else, it’s a house of cards.
There is a real form of expressionism in what the setting represents and what they will literally embody – the increasing madness of the characters, their mental state. The obsession and the growing confinement in her internal world where the apartment is the reflection in the locked up, the deteriorated, Elisabeth’s bathrobe deteriorates with her mental state, we have 6 bathrobes in the costumes which go from the bathrobe white from the beginning to Golum’s disgusting bathrobe at the end. The settings have a real, very strong symbolic function in the film. The film was released first in the United States.
Deconstruction and understanding of the complex layers that overlap and are interrelated. The film innovates and tackles a challenge. We don’t talk about these subjects even if it’s the elephant in the room. It is an entertainment with genre film. There is a message. Rethink our automation. We are not used to asking these questions. »
[English, 2nd part] Levons le pouce pour cette expérience inédite – comme Welles avec son F for Fake (1973) -, un film-monde, film-cerveau, une fable, un essai, du théâtre (scène des passerelles branlantes), de l’opéra (évolution narrative avec personnages forts, scène de la discothèque, Driver chante, etc.), son Finnegans wake, un mètre étalon, où tous les moyens du cinéma, depuis Méliès, Intolérance (Griffith, 1916), les Nibelungen (1924) et Métropolis (Lang, 1927), Ben Hur (Niblo, Brabin et Cabanne, 1925) et Napoléon (Gance, 1927, surimpressions et splits-screen, montage alterné), sont convoqués. Ici, nous sommes plongés dans le disque dur. C’est exactement ma façon, peu comprise, de fonctionner et de créer : simultanéité, densité et interconnexions (le micro/macro de la Renaissance où tout se répond). Eponge, l’artiste pressent (visionnaire), créé des connexions inédites. New Rome (grattes-ciel dont le Chrysler Building, colonnades et statuts vivantes néo-classiques, Code civil, etc.), ville-monde, c’est Tokyoto, la nouvelle Babylone. Coppola délivre un grand secret : oui, l’artiste a le pouvoir d’arrêter le temps, un peu comme dans une autre fable, Le grand saut (The Hudsucker Proxy, frères Coen, 1994). Mettre en scène au cinéma, c’est travailler, même lors du numérique, l’espace entre deux photogrammes, puisque c’est notre mode cognitif commun (Le cinéma intérieur, Naccache).
Antique et toc
Quelques références. Dans la Rome antique, le tyran Agathocle de Syracuse débarqua avec sa flotte, en 310 avant J. C., sur les côtes de Carthage ; il ordonna à ses soldats de mettre le feu à tous les navires afin de leur enlever toute tentation de fuite et les mettre dos au mur. Au Ier siècle, l’historien grec Diodore de Sicile, documentant l’expédition, résumait : « Agathocle s’empressa de relever le courage abattu de ses soldats, et conduisit l’armée à Mégalopolis, ville carthaginoise. ».
La Conjuration de Catilina décrit le complot politique du sénateur Lucius Sergius Catilina pour renverser la République romaine (en 63 av. J.C.) avant d’être contrecarré par Cicéron (« Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra… », « Jusqu’à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? », première des quatre Catilinaires). Selon l’historien et homme politique romain Salluste en 43 avant J.C. : « Insatiable, il visait toujours l’impossible, trop loin et trop haut ». Shakespeare, qui transpire dans Megalopolis, ne s’inspirait-il pas, pour ses tragédies, de la Rome antique ? La comparaison entre la chute de la République romaine et la situation actuelle, la transition de la pax americana à l’ère asiatique, Pacifique, qui ne le sera pas, sur fond de changement civilisationnel (téléphones portables, réseaux sociaux, dématérialisation, IA, nanotechnologies), est, depuis quelque temps, banale désormais. Outre des citations latines, Marc Aurèle ou Plutarque, Fishburn, en conducteur-coryphée à la voix off trop présente, laisse songer à l’historien, ex esclave, Polybe, né vers 200 av. J.-C. à … Mégalopolis.
Salutaire manichéisme
L’utopie du créateur « bigger than life » (pouvoir symbolique ; FFC lui-même, ce Tucker, 1988; Driver incarne un mix de Frank Lloyd Wright, Robert Moses, l’urbaniste artisan de la rénovation de New York, leur Haussmann, et Walter Gropius, fondateur du Bauhaus en Allemagne, sur fond de Le rebelle, The Fountainhead de K. Vidor, 1949 avec Ayn Rand – à faire passer les libertariens US pour des trotskystes – au scénario, pour la « musique gelée », selon Goethe, ou l’architecture) et l’ivresse du pouvoir politique du maire Cicero, corrompu à la Bloomberg peu Bloom, Giuliani, Adams et consorts ou du trumpiste devenu banquier libidineux baignant dans une vulgarité digne de Le Loup de Wall Street (2013 ; d’où le kitsch à la Caligula, Tinto Brass, 1979 dans Megalopolis, cette œuvre baroque ; la chapelle Sixtine rénovée, sommet de l’art occidental, ne l’est-elle pas, kitsch ?) du confrère Scorsese, Voight en Hamilton Crassus III, total Versace criard avec arc et flèches comme dans Les mille et une nuits (1974) de la Trilogie de la vie de Pasolini, ou encore le populiste – lorsque le peuple « n’y croit plus », c’est le début de la chute – jusqu’au fascisme, tribun, agitateur séditieux, délateur de scandales sexuels bidonnés, Clodio Pulcher par Shia LaBeouf, se pavanant dans sa limousine comme dans Cosmopolis (Cronenberg, 2012, d’après DeLillo) dont FFC joue de la réputation détestable en surfant sur le genre tant à la mode en clin d’œil à Phantom of the Paradise (1974 ; la partie du visage amochée de Catilina remémore également Winslow) du confrère de Palma, Vow Platinum (Aubrey Plaza), Agrippine télévisuelle obnubilée par les cours de bourses, la jet-setteuse Julia, fille à papa, l’amoureuse, incarnée par la belle Nathalie Emmanuel (Fast and furious 7,8,9,10 ; Game of thrones, The Killer de Woo, 2024), une chanteuse influenceuse à ukulélé (Vesta; elle compose une partie de la musique du film), d’où l’hubris du film, sont des invariants comme amour et mort. C’est le rapport de l’artiste aux studios dans l’industrie cinématographique. D’où, dans une esthétique Blade runner (R. Scott, 1982), la fable péplum dystopique, rétro-futuriste dans la lignée de Peggy Sue s’est mariée (1986), où une femme revisite son adolescence, et du bien oublié L’homme sans âge (Youth Without Youth, 2007, d’après une nouvelle fantastique de 1976 de l’historien des religions Mircea Eliade), avec force course de chars où les diverses versions de Ben Hur impressionnèrent (Wyler, 1959 ; Bekmambetov, 2016) côté panem circensesque. Du grand cirque à la Fellini, comme dans Coup de cœur (One from the Heart, 1981), retour de Coppola aux racines italiennes comme avec Le Parrain. Sauf que l’optimisme de FFC, arrière-grand-père, tranche avec les dystopies déclinistes sur fond de théorie de l’effondrement dont on nous abreuve. Megalopolis est avant tout une lettre aux générations futures.
Mausolée plein de vie
Si la comédienne Talia Shire, la sœur de Coppola, joue avec le neveu Jason Schwartzman, Roman, le fils de Coppola, remercié au générique, produit, c’est Eleanor, la femme de Coppola décédée, documentariste, qui a pu voir le film, qui apparaît en filigrane le long de Megalopolis comme les visions furtives de Catalina pour sa dulcinée : cette œuvre est aussi un tombeau, un hommage à la femme aimée, un mausolée comme Salammbô, la BD magnifique de Druillet d’après Gustave. Megalopolis est naturellement dédicacé à Eleanor. Megalopolis est son film le plus autobiographique. Dommage Eleanor ne sera pas présente pour filmer un documentaire sur le tournage, avant et après : projet au long cours auto-financé, montage interminable, casting à géométrie variable (Thurman, Gandolfini, Caan, Newman, Crowe, De Niro, Spacey, Cage, DiCaprio, Law, etc.), nombreuses tensions sur le plateau, par exemple entre Coppola et l’acteur Shia LaBeouf, licenciement d’équipes de tournage (effets visuels et artistiques), destruction accidentelle de quelques scènes, isolement de FFC dans sa caravane (« poisson d’argent ») à coups de marijuana, rumeurs mitigées concernant du harcèlement sexuel, bande-annonce daubée par une IA ; absence de distributeur pour le monde (hormis la France avec Le Pacte), flop aux USA, etc.
*
360° : dénonciation de la décadence de l’hyper-richesse, l’immobilisme mortifère des classes dirigeantes agrippées à leurs avantages et ayant peur de perdre leur influence, la pauvreté croissante et la colère sociale, la nécessité de penser l’avenir à travers la préservation de la nature ; un héros ayant parfois prise sur le temps, un héritier méprisé ivre de vengeance (« La vengeance est un plat qui se déguste en robe de soie. »), une fausse vierge (Vesta, déesse qui protégea l’antique Rome), des manifestants sans visage, la plèbe, un délire alcoolique et narcotique, un satellite de l’U.R.S.S. qui menace de s’écraser ; la biotechnologie (imprimantes 3D et 4D pour greffes), les tissus intelligents à la Lapidus, les nanotechnologies, la regénération chez la méduse avec quête d’immortalité, la théorie des cordes inspirant tant le milieu artistique (cinéma, BD, littérature), etc., le tout beaucoup moins fumeux que chez Nolan ; la culture antique, un traité d’art, d’architecture, d’urbanisme, d’histoire, de philosophie et de politique. Stimulant intellectuellement, Coppola réussit où Godard a échoué.
Let’s raise our thumbs for this unprecedented experience – like Welles with his F for Fake (1973) -, a world film, brain film, a fable, an essay, his Finnegans wake, a standard meter, where all the means of cinema, since Méliès, Intolérance (Griffith, 1916), Nibelungen (1924) and Métropolis (Lang, 1927), Ben Hur (Niblo, Brabin and Cabanne, 1925) and Napoléon (Gance, 1927, superimpositions and split-screens, alternate editing), are summoned. Here we are immersed in the hard drive. This is exactly my little understood way of functioning and creating: simultaneity, density and interconnections (the micro/macro of the Renaissance where everything responds). Sponge, the artist (visionary), created new connections. New Rome (skyscrapers including the Chrysler Building, neoclassical colonnades and living statutes, Civil Code, etc.), world city, is Tokyoto, the new Babylon. Coppola reveals a big secret: yes, the artist has the power to stop time, a bit like in another fable, The Hudsucker Proxy, Coen brothers, 1994). Staging in cinema means working, even digitally, on the space between two photograms, since it is our common cognitive mode (The Interior Cinema, Naccache).
Antique and fake
Some references. In ancient Rome, the tyrant Agathocles of Syracuse landed with his fleet, in 310 BC, on the coasts of Carthage; he ordered his soldiers to set fire to all the ships in order to remove any temptation to escape and put their backs against the wall. In the 1st century, the Greek historian Diodorus of Sicily, documenting the expedition, summarized: « Agathocles hastened to raise the defeated courage of his soldiers, and led the army to Megalopolis, a Carthaginian city « .
The Conjuring of Catiline describes the political plot of Senator Lucius Sergius Catiline to overthrow the Roman Republic (in 63 BC) before being thwarted by Cicero (« Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra…« , « Until when, Catiline, will you abuse our patience? « , first of the four Catilinarians). According to the Roman historian and politician Sallust in 43 BC: « Insatiable, he always aimed for the impossible, too far and too high« . Didn’t Shakespeare, who transpires in Megalopolis, draw inspiration for his tragedies from ancient Rome? The comparison between the fall of the Roman Republic and the current situation, the transition from the pax Americana to the Asian, Pacific era, which will not be, against a backdrop of civilizational change (mobile phones, social networks, dematerialization, AI, nanotechnologies), has, for some time now, been commonplace. In addition to Latin quotations, Marcus Aurelius and Plutarch, Fishburn, as a conductor-corypheus with an overly present voice-over, suggests the historian, ex-slave, Polybius, born around 200 BC. BC to… Megalopolis.
Salutary Manichaeism
The utopia of the creator “bigger than life” (symbolic power; FFC himself, this Tucker, 1988; Driver embodies a mix of Frank Lloyd Wright, Robert Moses, the urban planner responsible for the renovation of New York, their Haussmann, and Walter Gropius, founder of the Bauhaus in Germany, against the backdrop of The Fountainhead by K. Vidor, 1949 with Ayn Rand – to make US libertarians look like Trotskyists – on the screenplay, for « frozen music« , according to Goethe , or architecture) and the intoxication of the political power of Mayor Cicero, corrupt like Bloomberg little Bloom, Giuliani, Adams and others or of the Trumpist turned libidinous banker bathed in a vulgarity worthy of The Wolf of Wall Street (2013; where Caligula-style kitsch, Tinto Brass, 1979 in Megalopolis, this baroque work of the renovated Sistine Chapel, the summit of Western art, isn’t it, kitsch?) by colleague Scorsese, Voight in Hamilton Crassus; III, total garish Versace with bow and arrows as in The Thousand and One Nights (1974) from Pasolini’s Trilogy of Life, or even the populist – when the people « no longer believe in it« , it is the beginning of the fall – to fascism, tribune, seditious agitator, informer of bogus sexual scandals, Clodio Pulcher by Shia LaBeouf, strutting in his limousine as in Cosmopolis (Cronenberg, 2012, after DeLillo) of which FFC plays on the detestable reputation by surfing on the fashionable genre in a nod to Phantom of the Paradise (1974; the damaged part of Catilina’s face also recalls Winslow) of Palma’s colleague, Vow Platinum (Aubrey Plaza), television Agrippine obsessed with stock market prices, jet-setter Julia, daddy’s girl, lover, played by the beautiful Nathalie Emmanuel (Fast and Furious 7,8,9,10; Game of Thrones, The Killer by Woo, 2024), an influential ukulele singer (Vesta), hence the hubris of the film, are invariants like love and death. Hence the dystopian, retro-futuristic peplum fable in the tradition of Peggy Sue Got Married (1986), where a woman revisits her adolescence, and the well-forgotten Youth Without Youth, 2007, by after a fantastic short story from 1976 by the historian of religions Mircea Eliade), with a forceful chariot race where the various versions of Ben Hur impressed (Wyler, 1959; Bekmambetov, 2016) on the circensesque panem side. From the great circus to Fellini, as in One from the Heart, 1981, Coppola’s return to Italian roots as with The Godfather. Except that the optimism of FFC, great-grandfather, contrasts with the declinist dystopias against a backdrop of the theory of collapse with which we are bombarded. Megalopolis is above all a letter to future generations.
Mausoleum full of life
If the actress Talia Shire, Coppola’s sister, plays with nephew Jason Schwartzman, Roman, Coppola’s son, thanked in the credits, produces, it is Eleanor, Coppola’s deceased wife, documentarian, who was able to see the film, which appears implicitly along Megalopolis like the furtive visions of Catalina for her sweetheart : this work is also a tomb, a tribute to the woman she loved, a mausoleum like Salammbô, the magnificent comic strip by Drouillet after Gustave. Megalopolis is naturally dedicated to Eleanor. Megalopolis is his most autobiographical film. Too bad Eleanor will not be present to film a documentary on the shooting, before and after: long-term self-financed project, endless editing, variable geometry casting (Thurman, Newman, Caan, Gandolfini, Crowe, De Niro, Spacey, Cage, DiCaprio, Law, etc.), numerous tensions on the set, for example between Coppola and actor Shia LaBeouf, dismissal of film crews (visual and artistic effects), accidental destruction of a few scenes, isolation of FFC in his trailer (« fish of money ») with marijuana, mixed rumors about sexual harassment, trailer trashed by an AI; absence of distributor for the world (except France with Le Pacte), flop in the USA, etc.
*
360°: denunciation of the decadence of hyper-wealth, the deadly immobility of the ruling classes clinging to their advantages and afraid of losing their influence, growing poverty and social anger, the need to think about the future through the preservation of nature; a hero who sometimes has control over time, a despised heir drunk with vengeance (“Revenge is a dish that is eaten in a silk dress.”), a false virgin (Vesta, goddess who protected the State of ancient Rome), faceless demonstrators, the plebs, an alcoholic and narcotic delirium, a satellite of the U.S.S.R. which threatens to crash; biotechnology (3D and 4D printers for transplants), intelligent tissues like Lapidus, nanotechnologies, particle physics, string theory inspiring so much the artistic world (cinema, comics, literature), etc., all much less smoky than at Nolan; ancient culture, a treatise on art, architecture, town planning, history, philosophy and politics. Intellectually stimulating, Coppola succeeds where Godard failed.
[English, 2nd part] Que montre et démontre le « monstre » ? Je me souviens d’une dissertation en Français sur le sujet en première. C’était à Nîmes. La ville accueillait en artistes associés Makeïeff-Deschamps grande période, pendant 6 ans et remerciés sans ménagements en 2009, après des scènes hilarantes sur la 7, bien plus réussies que sur Canal +. Deschamps avait mis en scène l’inoubliable Un Fil à la patte de Feydeau avec Hecq en Bouzin (2013). A Lyon, en ce moment, c’est Lesort et Hecq, compagnie Point fixe créée en 2016, les artistes associés des Célestins à Lyon ; les costumes, créés par la scénographe Vanessa Sannino pour coller Valérie Lesort, plasticienne, comédienne et metteuse en scène, et Céline Milliat-Baumgartner, sont fabriqués ici, tout comme le décor (TNP Villeurbanne). Les sœurs Hilton est donc une pièce en création (inter)nationale à Lyon, comme dans le temps, Boudu sauvé des eaux avec Michel Simon (R. Fauchois, 1919) avant que cela ne devienne un film truculent de Renoir (1932).
Billet acheté au dernier moment. Je réussis à trouver une place en ultime temps au premier rang à l’extrême droite, j’ai pu toucher les planches – émotion. L’idée était d’observer les coulisses et le travail d’Hecq au millimètre. Je me trouve à côté d’une infâme vieille, mamie gaga, qui oublie d’éteindre son portable, malgré les préconisations intégrées de façon originale dans la pièce (« en outre je peux mordre z’également, surtout quand j’entends la sonnerie d’un vilain téléphone portable. Je vous suggère donc de l’éteindre incessamment de suite. »). Elle n’y arrive pas et lance très fort un « tant pis ». Le jeune qui l’accompagne finit par y arriver. Véhémente, la vieillec, cette Tatie Danielle, se permet de parler très fort pendant le début de la pièce où Hecq, déguisé en femme obèse habillée en rouge, joue ! Je n’ai jamais vu ça. Elle m’a gâché la pièce. Un vieux du 4e rang se casse avec force éclats de voix. Quelques enfants, qui eux, savent se tenir. La salle est bondée. A noter une soirée privative Crédit agricole dans le théâtre, au niveau du balcon, pendant la pièce.
La création est doublement originale. Il y eut 20 000 Lieues sous les mers (2015, Molière de la création visuelle et Prix de la critique), La Mouche, (2020, 3 Molières), Le Voyage de Gulliver et La Petite boutique des horreurs (2022), les trois dernières pièces étant consacrées à la différence, une thématique centrale donc. Ici, il s’agit non pas d’un texte ou film adapté mais d’un biopic – idée de Lesort -, celui des mignonnes sœurs Hilton de Brighton, les siamoises connues, dans le freak show, pour avoir participé au dérangeant, tendre et empathique film de Tod Browning Freaks (1932). Il en est d’ailleurs question. Hecq se grime en acolyte crédible, les têtes d’épingle au QI sur un confetti. Le problème est le choix chronologique (bruit d’horloge, œil du cyclope voyeur qui s’ouvre puis se ferme au-dessus du castelet aux rideaux cramoisis) et la succession de saynètes avec un manque de rythme vers la fin. Yann Frisch, malgré son tic aux yeux bleus, est tour à tour homme tronc, magicien foireux et drôle, Houdini aux petits pieds, amant lourd en Hercule de foire. Faire rire à propos d’une société toujours cruelle tout en faisant l’éloge de la différence n’est pas simple : pari tenu ! J’ai beaucoup pensé à ce film incroyable (en couleurs et une version en noir et blanc), Nightmare alley de Guillermo del Toro (2021), un flop pour un chef d’œuvre. Le pétomane a existé à Marseille ! Sur le dessus, un musicien, Renaud Crols, cheveux à la Polnareff, joue du synthé et du violon ; Hecq, outre ses talents de circassien, comédien et chanteur (« Concupiscence, luxure, foufoune et bistouquette ! / Débauche, lascivité, andouille à la crevette ! / À faire cucu panpan, voilà ce qu’on récolte ! / À faire zizi zézette, des monstres monozygotes ! » ; le saisissant « Je t’aime Daisy » où pointe une émotion sincère), joue d’un énorme saxo et de la clarinette – un homme complet. Rave un laps. C’est un hommage au cirque (« Finalement la troupe de cirque leur offrait une existence sociale, une famille, à l’heure où l’on enfermait les gens différents » selon Lesort), et au cabaret, tout en dénonçant son revers, l’exploitation et l’exhibition, avant que n’arrive récemment la cause animale. Le spectacle, riche, est physique et forain, avec beaucoup de changements de costumes : magie, jonglage, théâtre d’ombres, mime, objets animés, music-hall, danse, strip-tease, cinéma muet et d’horreur. Les interrogations sont concrètes et traitées sans vulgarité : comment pissaient ou déféquaient-elles ? Comment, après un rendez-vous galant, drôle parce que foireux, elles baisaient ? Il est omis de mentionner qu’elles-mêmes abandonnées, l’une des sœurs abandonna son enfant. La résonance avec le covid aurait pu faire écho : pauvres, l’une est morte quelques jours avant l’autre de la grippe de Hong Kong ou grippe asiatique. D’ailleurs Lesort-Hecq les font vivre plus longtemps qu’en réalité, on se demande pourquoi.
*
1h45. Non dénuée d’effets faciles mais efficaces, surtout drôles, la pièce s’adresse à tout le monde et interroge, après les JO para, notre impitoyable monde.
What does the “monster” show and demonstrate? I remember an essay in French on the subject in first grade. It was in Nîmes. The city welcomed Makeïeff-Deschamps as associated artists during a great period, for 6 years and unceremoniously thanked in 2009, after hilarious scenes on the 7, much more successful than on Canal +. In Lyon, at the moment, it is Lesort and Hecq, Point Fixe company created in 2016, the associated artists of Célestins in Lyon; the costumes, created by scenographer Vanessa Sannino to bring together Valérie Lesort, visual artist, actress and director, and Céline Milliat-Baumgartner, are made here, as is the decor (TNP Villeurbanne). The Hilton Sisters is therefore a play in (inter)national creation in Lyon, as in the past, Boudu Saved from the Waters (Boudu sauvé des eaux) with Michel Simon (R. Fauchois, 1919) before it became a colorful film by Renoir (1932).
Ticket purchased at the last minute. I finally managed to find a place in the front row on the far right, I was able to touch the stage – emotion. The idea was to observe behind the scenes, backstage and Hecq’s work down to the millimeter. I find myself next to an infamous old woman, Mamy gaga, who forgets to turn off her cell phone, despite the recommendations integrated in an original way in the room (« besides I can bite too, especially when I hear the ringtone of a nasty cell phone, so I suggest you turn it off immediately.” She can’t do it and says “too bad” very loudly. The young man who accompanies him ends up getting there. Vehement, the old woman, this Auntie Danielle (E. Chatiliez, 1990), allows herself to speak very loudly during the beginning of the play where Hecq, disguised as an obese woman dressed in red, plays! I’ve never seen that. She ruined the spectacle for me. An old man from the 4th row breaks down loudly. A few children who know how to behave. The room is crowded. Note a private Crédit Agricole evening in the theater, on the balcony level, during the play.
The creation is doubly original. There were 20,000 Leagues Under the Sea (2015, Molière for Visual Creation and Critics’ Prize), The Fly (2020, 3 Molières), Gulliver’s Travels and Little Shop of Horrors (2022), all three last pieces being devoted to difference, a central theme therefore. Here, it is not an adapted text or film but a biopic – Lesort’s idea -, that of the cute Hilton sisters from Brighton, the Siamese twins known, in the freak show, for having participated in the disturbing, tender and empathetic Tod Browning film Freaks (1932). It is also a question of it. Hecq pretends to be a credible sidekick, his IQ pinheads on confetti. The problem is the chronological choice (sound of a clock, eye of the voyeuristic cyclops which opens then closes above the castle with crimson curtains) and the succession of sketches with a lack of rhythm towards the end. Yann Frisch, despite his blue-eyed tic, is by turns a trunk man, a messed up and funny magician, a Houdini with little feet, a heavy lover as a fairground Hercules. Making people laugh about a society that is still cruel while praising difference is not easy: it’s a good bet! I thought a lot about this incredible film (in color and a black and white version), Nightmare alley by Guillermo del Toro (2021), a flop for a masterpiece. The pétomane existed in Marseille! On top, a musician, Renaud Crols, with Polnareff hair, plays the synth and the violin;Hecq, in addition to his talents as a circus performer, actor and singer (« Concupiscence, luxure, foufoune et bistouquette ! / Débauche, lascivité, andouille à la crevette ! / À faire cucu panpan, voilà ce qu’on récolte ! / À faire zizi zézette, des monstres monozygotes ! » « ; « Concupiscence, lust, pussy and bistouquette! / Debauchery, lasciviousness, shrimp andouille! / To do cucu panpan, that’s what we reap! / To make zizi zézette, monozygotic monsters !”; the gripping “I love you Daisy” where there is sincere emotion), plays a huge sax and clarinet – a complete man. Rave a lapse. It is a tribute to the circus (“Ultimately the circus troupe offered them a social existence, a family, at a time when different people were locked up” according to Lesort), and to the cabaret, while denouncing its reverse side, exploitation and exhibition, before the recent arrival of the animal cause. The rich show is physical and fairground, with many costume changes: magic, juggling, shadow theater, mime, animated objects, music hall, dance, striptease, silent and horror cinema. The questions are concrete and addressed without vulgarity: how did they pee or defecate? How, after a date, funny because it was messed up, they were fucking? It is omitted to mention that they themselves were abandoned, one of the sisters abandoned her child. The resonance with covid could have echoed: poor people, one died a few days before the other from the Hong Kong flu or Asian flu. Besides, Lesort-Hecq makes them live longer than in reality, we wonder why.
*
1h45. Not devoid of easy but effective effects, especially funny, the play is aimed at everyone and questions, after the Para Olympics, our ruthless world.
« Quant à moi, je suis résolu à ne jamais lire de toute ma vie d’autre livre que le mien. »
(La vie et les opinions de Tristram Shandy, L. Sterne, VIII, 5)
– Chiche ! – : Parmi la bachassée=chiaillée=muflée de prix littéraires[1], celui de Sceptique de Fos honore le titre le plus court ? – à concurrence avec Tarkos – et l’incipit le plus bref, Ah ! Ce livre, avec le bandeau « A lire les yeux fermés », option « une nouvelle voix prometteuse dans la littérature » – insérer la nationalité –, « la voix des… » – insérer un groupe social –, « une voix rare, lyrique, engagée », a été écrit, supervisé par une lectrice de sensibilité, grâce à un nouvel algorithme de l’intelligence artificielle Gennaro®[2] – typologie et émotions des personnages, densité des dialogues -, nourrie de Chat GPythie, générée par un encodé, un fils d’espion infiltré de la DGSE, scénariste sur une série à succès. L’impétrant=récipiendaire, qui fait gémir les presses, cite inévitablement, près du village de Y, Wilder dans son coruscant mais peu commode discours de réception, nonobstant ennuyeux comme un brochet dans le tiroir d’une commode, qui croûtonne=palasse=scie le dos=jugule=est drabe=marqué à la fesse=égnolant=seringue=emmiellé=estouffe-gari=fait flasquer, derrière son pupitre sur lequel trône le logo de Préparation H concurrençant les Relais éponymes : « Les prix sont comme les hémorroïdes, n’importe quel trou du cul finit par en avoir ». Le public fait chorus ; l’attachée de presse, très attachée aux prix, met du bois=fait la claque=joue au chevalier du lustre, à la blanchisseuse au mireloque grave, soigne l’enfant jusqu’à l’apparition d’ampoules purulentes à force de faire trimer les battoirs. Chez ce peuple graphomane atteint de phobie administrative à cause des divers formulaires complexes acquis de haute lutte dans le labyrinthe bureaucratique à la Le Nôtre version Shining, n’importe qui, même les politiques, ou plus exactement leur teinturier, dont celui qui a gagné le prix du meilleur nègre, suscitant l’ire des anti-racistes et anticolonialistes, tartine du noir sur du blanc=graillonne=écrit=parle papier=brodanche, une vraie plaie[3]. Respirer en Alphabet street et dans des artères performatives et résilientes comme dans le clip The child par Bardou-Jacquet pour Alex Gopher.
La nuit est noire en son sein malgré. VentNuagesOrages Pluie. Entre chou & lien, alba – ! Fermer à la Ozu les shōji. Point du jour point : à la piquette du jour. Poltron minet. Aurore à évènement de gomme. Eosophobie. Roulent au vent mauvais les tumbleweeds=virevoltants façon western ou The last picture show de Bogda et ses persiennes=lunettes hallucinantes concurrençant celles d’Elton. Lapin fluo[4] comme ornithorynque ou wombat-au-caca-cube-en-cairn – en dilicule. What’s up, Doc ? : ? La femelle éprouve-t-elle du plaisir lors de la lordose ? Are you lonesome tonight tente de chanter à Babylone, le bouffi Elvis-the-pelvis[5] entre un terrible fou rire à cause
d’un membre du public (la réchauffante=panoufle=brigeante=boubane dévissée de l’acajou=de la bobine dévidée= tête de veau lavée pour qui a le front dans le cou=n’a plus de chapelure sur le jambonneau=de paille sur le tabouret) ;
b- d’une choriste, la mère Houston allô Huston, partie en vrille ;
c- les deux ;
d- Love me, BarTender ;
e- autre ;
f- ne sais pas.
DisGraceland en Promessland : matant avec sa médaille de Saint Christophe autour du cou, derrière des miroirs sans tain – candaulisme et copertion -, les couples copulant, presse-les n’avait pas de couilles malgré ses pantalons moulants anticipant une stérilité mâle croissante. La nuit c’est fait pour épuiser les poèmes. That’s all, folks !
Le chant du styrène de Resnais d’après Queneau[22] à partir de la raffinerie. Smog dans le couloir=la vallée de la chimie, entre acide sulfurique, produits fluorés[23] et médicaments en passant par la lessive, où trônent les torchères en jeu de dames pour les phobiques de Fogg. Au marteau de Babinski en Armory show, lever de coude pour le (dé)zingueur avec des pousses-au-crime en coups d’arrosoir, Un tomahawk sur l’armoire, en brèves de comptoir, ‘Ahlàonvaaubar éructe Fuzz fiché S, maître de chai, J’sais pas pas pas : tour du monde en 80 ballons[24] pour buvaisons dont Brouilly®, Saint-Amour®, Juliénas®, Morgon®, Fleurie®, Moulin-à-vent®, Chiroubles®, Chénas®, Régnié®, Saint-Jo®, Crozes-hermitage®, Condrieu®, Côte-rôtie®, Givry®, Mâcon® du pays de James Brown, qui parfois remplace Little Richard, et alii, ces petits jésus en culotte de velours avec les dents du fond qui baignent,
– Ce vin nature a un goût Didier !
– C’est-à-dire ?
– Il sent la merde, le temps de décanter.
– Mercy pour ce vin inclusif, moi qui croyais que le Beaume-de-Venise était une tête de gondole. « C’est plus des vins, c’est des souks ! » s’exclame Pivot, ce journaliste beauf et bon vivant, spécialiste des grumes dans le jarlot, initiateur de l’ère du clash, après Polac, avec Bigeard versus Brassens, Bombardier versus Matzneff, Leys versus la proMao, dans Apostrophes consacré à Couleurs, senteurs et saveurs, justement attaqué par le doué et esseulé Raymond Cousse, redécouvreur de Bove, ainsi que par Murray. 20 morts, peau de zébi, que tchi, peau de balle, que pouic, nada, macache (bono), nib, que dalle, peau de zob, oualou, des nèfles pour qui empile les slips et caneçons sous les couches-culottes devant les 75 vierges en Californication dreamin’ ou les 11 000 verges.
Arracher le chiendent=aller au persil : casse de durailles=diams=rapes d’Orient à coups de pressons et de percerettes en longs plans-séquences à la Melville et en split screen façon Thomas Crown avec BB F. Dunaway – cherchez la femme -, barbot Fuzz, bijoute – vol à aumône -, fait le flic-flac, écorne un boucard avec RPG=bazooka et AK=kalach en plein jour – voilà le chiendent – par les avales-tout-cru pour qui en croque ; y’a de la graisse pour la grenouille, plus d’un million – bousin bouffe grenouille, le scorpion et la grenouille, hypothèque pour apothèque. Trier les bijoux d’exposition car, selon Cartier, il existe des diams aussi vrais que ceux du Canada, surtout ceux qui émettent des sons comme cette rappeuse salafiste revendicatrice désormais voilée. Y’a du schproum ! Un blessé. Envers et contre tous, T’as voulu voir Anvers, t’as vu Montmartre. In media res, le fait divers se retrouve dans la seconde dans les médias en boucle. Le gang des papys contre l’influenceuse au popotin proéminent. Fuir en plein jour, sous l’effet Dunning-Kruger=biais de confirmation, en s’enduisant le visage, à découvert, de jus de citron afin d’être invisible devant les caméras de surveillance comme pour l’encre sympathique – le polaroïd faisant foi, sans chômer en trottinette électrique, atteint du syndrome de l’écureuil, puis aller au moulin chez le carreur=fourga=crossin=receleur pour le restant malgré. Disséminer de la crotte de lion lyophilisée pour perturber l’odorat des alarmistes=tambours=boules=clebs. Taramis, le ciel tombe sur la tête pour Jules l’Averne non loin des Allobroges dans un nanar français[25] aux trois bidets d’or avec Christophe Lambert, tourné en Bulgarie avec des rugbymen. Cul sec, le vin rouge dans Les Folies gauloises, cette taverne à putes. Tunnel enfumé à la jonction d’autoroutes et aux abords d’un amphithéâtre édenté antique. Un goût de revenez-y façon Reverzy et vice-versa.
Breaking news sur Euronews en cube vert – Ghostbusters sur chienne info continue, jingle de Ray Parker Jr : foi de sabodet, attaque du saucisson chaud géant (à pistache ou non ?) à cause de Fuzz – images en boucle -, panique, Panos. Loin Bibendum® et moussaka. Info ignorée par le pro grasse mat’ qui se pourlèche de l’oreiller de la belle Aurore®[32] mauvais pour l’aragne=mal du saint genou=goutte selon pro autodiagnostic par téléconsultation et automédication sur Doctissimo® avec du sang de poulet KFC®, sur un air de Lee « Scratch » Perry, comme pour Condé ou le phrénologue Carême avec un repas diététique pour Georges IV. What’s up, Doc ?
Rite icigo : tout être vivant porte son faux visage ou son masque[33] comme le masculin Fuzz – épidémies, air filtré taxé à des points de recharge – pour devenir une personne. Avant Trinità voire Django par le réalisateur polyflemmes, foi de Nemo, travaillé du cyclope ou n’a qu’un œil, où il n’y a pas de Réveillon chez Bob le flambeur, son nom est personne selon le test de Valéry ou de Turing façon moutons éclectiques !Almería chante Gainsbourg en tilde dans le désert avançant alors que les figurants provenant de l’armée de Franco s’affairent pendant que Serge se tape BB, feulant dans une version originale et inédite de Je t’aime, moi non plus tout en étant mariée au playboy allemand Sachs, aménageant, pour Bardot, 5 bis rue de Verneuil dans cette boutique obscure d’antiquités dans un noir total à la Dalí grâce à l’astrakan mural ébène – châsse d’occase=œil de verre tombant sur le toit des Galeries Lafayette® comme dans Peur sur la ville avec musique angoissante en accords plaqués de piano d’Ennio. Se méfier de celle-là, c’est une masque affirme celui qui chante La beauté cachée des laids. Boire un milkShakespeare : le monde est une scène, Fruit et Bourreur[34]. That’s all, Faulkner !
Une société de divertissement, propriétaire de la rue Glosée, abandonnée en hypercentre[46], organisant des meetings en dépassement de comptes de campagne pour le Président de la République élu, pourtant avalisés par un énième comité Théodule à la solde qui reconnut des falsifications antérieures pour le bien de la république – passé crème. Malheur aux vaincus. Fact-checking des fastes. Selon un cocktail, des Cocteau[47], Les français sont des italiens de mauvaise humeur ; la corruption est ici plus diffuse à tous les niveaux – rien qu’à la Commission municipale des balmes ou à celle des cadrans solaires.
Haut du panier de crabes. West Point Godwin. L’élite, multiple et différenciée, pantoufle jusqu’à « conflicter », se reproduit en toute consanguinité dans les rallyes pour enfanter après Tcherno[55], têtes de pine=Spoke=Vol 714, « le meilleur d’entre-nous » ou La tentation de neVise – dans le placard doré du conseil constitutionnel après la direction de Bordeaux Chesnel®[56] après quelques lacunes, condamnation et exil québécois mais Dumas[57], n’était pas un saint non plus, avec ses pompes Berluti® en peau de ______ à la peau des fesses, ses œuvres d’art issus de vols, comme Malraux[58], sa « putain de la république », La fille sur la balançoire de Fleischer, La fille coupée en deux de Chabrol, qui balance sur La garçonnière, tout comme le responsable mais pas coupable de La tête et les jambes Fabius Pictor dédouané[59] par ses pairs=cour de justice de la réplique en jury croupion pour le sang contaminé, pas plus que Debré[60], le porte-flingue du Chi contre Sharko se découvrant comme auteur de polar puis comédien sur le tard -, avec cuillère en rageant, lobbyistes, politiques et journalistes avec crâne de Toulouse win-win – Sky is not a limit I’m bad Common à l’accordéon par Yvette Horner en Gaultier® – issus des mêmes grandes écoles sélectives, mandarinat éculé, favorisant l’endogamie, dit le creuset avec l’ascenseur social en panne malgré la tyrannie de la méritocratie, tropdicieux=rentiers qui multiplient leurs gains – crémasters & chrématistique – dont ils ne peuvent profiter en une seule vie tel Jabba le Hutt. Toujours, toujours plus=pléonexie. Malgouvert. Capitain Kirk, Entreprise connaît pas la crise, avant d’être envoyé dans l’espace par une société privée déclenchant overview effect=spleen, chante la reprise de Common people dans Different Class de Jarvis Cocker de Pulp inspiré du film de Redford et son Ordinary people, maigre consolation. Mortifère égalitarisme. Pothain, martyrs en mémoire. Irénée renaît rue des Martyrs (Les 400 coups puis Arditi).
Autown. L’empereur – beau comme quincaillier – incarné comme son ongle[61] pour onymantie[62] – par Laughton, Quasimodo-mais-presque qui a été marqué en B comme bancanne=a l’as de carreau dans le dos=un moule à melon=un porte-belle=est échappé d’Esope dans l’inachevé « von » Sternberg, film A, gambille=bancane=cloche=fait cinq et trois font huit=est tortillard=zigzag=fait six et trois font neuf : la table, cette pierre de Rosette comme le jésus, sous les vignes renaissantes, rouges d’automnes=opora=gaïn=après-août autonomes, sur La colline [qui] a des yeux ; les gaulois sont représentés par paquets. Untel a reconnu son pied amputé en dessous de Vivre nuit gravement à la santé. Vivre tue. Etre au monde pour mourir. What’s up, Doc ?
Pour qui sonne le glas ? Eglise éclaboussée par la pédophilie de Fuzz et le silence d’archipointus=prunes de Monsieur=grands bonnets=évêques[63], dont un, manipulé, condamna La dernière tentation du christ de Scorsese, dont un autre, définitivement disculpé et relaxé en appel, finit, Grâce à dieu, tout de même par démissionner – Hosanna Ozon. Merci pour ce moment ;-(
Papillotes[65] et billets doux vers la place d’hétéro avec sa Société d’études psychiques, après la rue de la do-Ré, avec chère fontaine, destinée à une autre ville – Bordeaux refusa la fontaine chère de Bartholdi bâtie sur celle de Moreau, identique à celle dans l’Avenida 9 de Julio à Buenos aires, elle-même construite sur celle du dragon de Piot -, par l’auteur de la Statue de la Liberté tant bafouée[66], déplacée comme les temples d’Abou Simbel à cause de Buren, l’homme aux rayures pas rayé de la liste des artistes d’Etat, biaisé tant l’eau manque, perdant son procès pour sa demande de droits photos et réclamant la réhabilitation au burin impliquant l’onéreux nettoyage quotidien d’Onet® – ballet de voitures-balais – aux grands frais des contribuables bastonnés. Loin far niente breton en fog au soleil-smog sur chaises longues des Wet legs, dolce vita sur la place – jadis, hélas.
N’eussent été les borgnes d’Hollywood, yeux deux admirent la paire de fleuves – croquer les brouillards de l’un comme de la barbe à papa à côté de mangeur de nuages – Igor et Grichka charriant force PVC, tritium, per- et polyfluoroalkylées=PFOS, PFNA, PFOA, PFDA, PFHxA et PFHS=PFAS=polluants éternels via fluorés d’Arkema® et Daikin®, antibiotiques et médocs, en sus de l’amiante, déversés par la troupe de Fuzz, avec des poissons morts en surface[68]. Requin OrqueDauphinBaleine Béluga® échoué.
Côté Igor, l’ouvre-boîte, patrimoine culturel immatériel, baisait le cul de la vieille quand le bouquineur, rarement flanelle mais astiqueur de virgules surtout quand le typographe a chié dans le cassetin aux apostrophes, porta son attention sur celui qui est en dare édité au Puits-Pelu, une grosse bouteille=un pavé – un rhinocéros=une histoire de la Chine -, une vraie drouille=panouse, un bouillon=rossignol avec cabochon qu’aura finalement déboulonné son proprio souriant. Chiner La Disparition de Perec et sa quinzaine de traductions, dont une en finnois par le traducteur Ville Keynäs, qui ne s’est pas privé de « a », un lipogramme de plus, la lettre la plus fréquente dans sa langue, mais de « ä » puisque le titre est Häviäminen, avec un pied-failli=une coquille où le e apparaît dans la boîte de Marco-râle, ce punk et libraire de la famille Canson® succédant au papetier Montgolfier d’Ardèche avec la première montgolfière qui décolla d’Annonay. Ce corsaire du quai pratique pourtant un métier inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco, n’eussent été les écologistes désirant les remplacer par une piste cyclable.
La seule mythologie contemporaine, se sont les témoignages de tournages de ciné ma avec force anecdotes. Festivals avec public en cosplay[78] dans un hangar – ancien abattoir art déco, méritant la projection de Le sang des bêtes, où les vaches suivaient des courbes pour moins stresser afin d’offrir une viande de meilleure qualité – devant les people, parfois des croulants hagards avec leur nécro sous le coude[79] tout en sucrant les fraises, une actrice à la peau étirée façon Los Angeles 2016 ou Brazil à coups de kobido et guasha, Cimino – dear my deer, poupée plastique avec une transformation en femme ratée, maquillage de Tuttle loupé – opéré par Fuzz comme pour Bambi Jackson après sa pub Pepsi®, postérieur à son complexe du tube=picou=blair=caillou=nazaret=chandelier=décognoir=piffard=tasseau=blaireauteau=piton=tarin dès l’enfance, marchant millimètre par millimètre avec son Stetson® et ses châssis=lunettes fumées, sur l’estrade suscitant ennui comme un crouton de pain derrière la malle, Huppert, Tip top, fait la potiche en lâchant deux mots banals. Le grimpion[80] s’improvisant en Monsieur Loyal, sans son vélo, nous met ippon vomitif à force de dialectique-à-la-évêque-d’Hippone, de jeter de la poudre aux yeux surmontés de Rimmel® en forçant la voix selon l’indéboulonnable et abstème présentateur de tv, Michel Druncker. Si – cette plaie belge – les frères Dardenne, ces cinéastes-aux-deux-Palmes-d’or-qui-dardent en utilisant la caméra avec l’éreintante tremblante du mouton sur fond réaliste de thèse catho, sont des habitués[81], nul Jean Jacques Rousseau par Jean Jacques Rousseau, ce réalisateur belge néanmoins ouvrier maçon.
Biennulles pour l’image dont les points de Kuzama. Art volatil en demi-deuil près de la Bresse : danse dans le parking, défilé des crapauds=dorelots=fieulx=abaris=flos=chiards=moucherons=QRP=babolets=péchons (de Ruby)=fabricants de moutarde=bessons=diableteaux de chœur=bocons=charipes=bougeons=fifis=grabotons=jargilles=molécules=morjons=sampille=champis, des manifestants avec panneaux ; les poules colorées dans l’ancienne usine à soie avec l’odeur de déjections de volatiles – évolutif : des plantes grasses dans le tunnelier, du jasmin et des araignées exotiques avec des toiles guidées avec une captation sonore dans des cubes translucides pleins de lumière UV. Les médiatrices commentent comme elles peuvent. Relationnel, paraît-il. Un squat arty tenu par un marchand de tapis=d’art coté en bourse avec carcasses d’avion et hommes en suspension et femmes empaquetées en shibari avec cire chaude de bougies sur le corps.
[1] Plus que de durêmes=fromages=renachés – qui dansent ou non ? – chez les Tyrofageux.
[2] Comme le nom du mafieux dans Gomorra, film Matteo Garrone (2008) et série (2014) d’après le roman du pote de Rushdie, Roberto Salviano.
[3] Les éditeurs, ces oligopoles à franges, en quête de marché de niche, de pépites comme comètes, sont souvent débordés, les orpailleurs=lecteurs-maison se déclarent en burn-out avant d’être remplacés par une intelligence artificielle.
[4] Grand débat sur la prononciation de Kac entre la spécialiste de la poésie visuelle brésilienne, Inès Oseki-Dépré, universitaire brésilienne d’origine japonaise, et Virgile Novarina qui travailla avec lui : Kak ou Katz ? A noter que les macaques fluo, créés par une équipe chinoise, à partir d’implantation de cellules de méduse, n’ont pas survécu.
[5] Toujours vivant paraît-il selon certaines chapelles locales et repris par des clones tels que Tony March-l’Elvis-d’Aquitaine, Little Bob dans le fief de Coty – qui, premier glabre au haut poste national, interrompit, comme l’ingambe G. Mollet, une revue de presse pour écouter Signé Furax de Dac & Blanche sur Europe 1 -, Le Havre, et tant d’autres.
[6] Gerbé à la passe=basculé=fauché=opéré=raccourci à Bourg-en-Bresse par l’hématophobe bourreau Deibler, l’homme qui fit les 400 cous – tout en boycottant, grand galant, l’affreuse belle-mère Joséphine Mory selon une chronique d’Arlt dans El Mundo -, l’Anatole plus célèbre que France, qui passa, à cette occasion, le témoin à son fils issu d’une longue dynastie de Pères Coupe-toujours=mecs des gerbiers=charlots=frapparts=béquillards=faucheurs=boyes=burlins=béquilleurs=buteurs=ganbilleurs, d’aricoteurs=accordeurs de la camarde. Quelques dernières paroles sur l’échafaud : « Voici une semaine qui commence mal. » Lacenaire. « Je ne bois pas, je ne fume pas, c’est mauvais pour la santé. » Landru, l’inventeur du vélo électrique (1899), celui qui remit la femme au foyer, donna son nom à une côte de bœuf dans sa maison devenue un restaurant, Au grillon du foyer.
[7] Le prétendu médecin, riche et intrigant Francis Tumblety ? Le barrister Montague Druitt avec aïeux aux troubles psychiques ? Le bottier John Pizer, importun avec les putes ? L’escroc russe Michael Ostrog ? L’inquiétant Aaron Kosminski, interné à l’asile en 1891 ? William Henry Bury qui étrangla sa femme le 4 février 1889 ? Le docteur Thomas Neill Cream, la crème de la crème qui soupira un « Je suis Jack. » avant de mourir ? Lewis Carroll selon Richard Wallace ? William Withey Gull, l’un des médecins de la reine Victoria, exécutant d’un complot ? Le fils d’Edouard VII ? Selon Jean Overton Fuller et Patricia Cornwell par Stephen Knight via Florence Pash, le peintre Walter Sickert, disciple de Whistler et ami de Degas ?
[8] Incarné par le dramarurge et scénariste Sam Shepard, sous Xanax à cause de sa trouille des avions, dans L’étoffe des héros de Kaufman.
[10] A l’entrée du château – sans doute inspiré par Lacoste via la villa Noailles – un écriteau, écrit sur le tard : « La sonnette ne fonctionne pas, frappez fort, je suis masochiste. ». La sonnette est un piège à souris : l’impétrant devient sonnette personnalisée en criant à cause de doigt.s pris dans ledit piège.
[11] La Fontaine Livre X, Fable XIV, La Rochefoucauld, v. 13 ; Ovide, Amours, Livre V, v. 5-6 ; Boiardo, Roland Amoureux, I, XIII, 57 ; le Tasse ; Guarini ; Tristan l’Hermite.
[13] Le fameux passage piéton, distinct de ceux d’Angleterre, est filmé en webcam 24h / 24. Abbey road devait se nommer Everest, proposé par McCartney.
[14] Theremine – inventeur du fameux instrument afin de regénérer une assistante morte ou, en URSS, du Buran, un instrument pour écouter tout le monde, dont Staline -, souhaitait équiper les berceaux d’ultrasons pour éviter que les bébés ne soient kidnappés ; il envisageait de tapisser de câbles les murs de Sing Sing pour éviter les évasions.
[17] Français est plus apocope que Procope – cet homme de glace.
[18] Comme une carte de visite à la Arsène-Marius, qu’assène Leblanc, ou Edgar-du-Nord-de-la-cambriole de Miyazaki, comme son Le château de Cagliostro, repris par Morita, sur Défense d’afficher, loi de 1881.
[19] Entre 20 000 selon Alonzo de la police et 65 127 selon Alex du syndicat. La naissance se joue entre W. P. Eno (USA, 1905) et Eugène Hénard (L’Etoile, Paris, 1907). Selon le Certu, le rond-point doit se conformer à 13 conditions dont voici la première : « Un carrefour giratoire est tout d’abord un carrefour. ». Spéciale dédicace aux poètes Jean-Michel Espitallier et Cédric Lerible dont les ronds-points ont été un sujet cental.
[20] La fusée de Tintin (Chabeuil, Drôme), la Porte d’harmonie d’Annemasse (Haute-Savoie), l’Opinel® de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), le Kiwi de Peyrehorade (Landes), les vaches bleues – et non la madeleine – de Commercy (Meuse), l’Ours de fer de Gramat (Lot), la Mante religieuse de Sérignan-du-Comtat (Vaucluse), la Chaufferie avec cheminée à Vitry-sur-Seine (Jean Dubuffet, Val-de-Marne), les Panneaux à Villeurbanne (Patrick Raynaud, Rhône), la Main jaune à Châtellerault (Francis Guyot, Vienne). Plé se consacre à l’art giratoire en polyuréthane ou mousse PU : Hommage aux cycles à Saint-Quentin (siège des usines Motobécane®, Aisne); Charrette & Tonneaux à Aigre-Villejésus (Charente); Le tonneau (rond-point d’Archiac, entre Charente-Maritime et Charente); L’Enfant et l’Huître à Marennes-Hiers-Brouage (Charente-Maritime); Les Cagouilles charentaises à Lorignac (capitale mondiale de l’escargot petit-gris, Charente-Maritime); Les Bateaux de papier à La Tremblade (Charente-Maritime); Les Chaînes brisées à Cayenne (Guyane); Le Ramasseur degalets à Saint-Jouin-Bruneval (Seine-Maritime); La Baigneuse aux goélands à Mers-les-Bains (Somme).
[21] « Chacun a secrètement l’idée de Dieu, comme chacun a un cabinet. », A. Cravan, Notes. Le papier Q étant plein de PFAS=polluants éternels, le nettoyage par bidet revient à la mode, pour les hommes notamment, tout comme le chiotte nippon avec sa douchette d’eau.
[22] Italo Calvino meurt à Sienne en 1985 en pleine traduction.
[23] Mousse anti-incendie, peintures, pesticides, poêles en Teflon®, papier cuisson, emballage alimentaire, textiles, cosmétiques, etc.
[24] Selon l’érudit Gabriel Peignot, dans un mémoire, intitulé, Philotésie, présenté en 1835 à l’Académie de Dijon, le vin « réveille l’esprit, électrise l’imagination, dispose à la gaieté, à la franchise, aux sentiments généreux. »
[26] Ville qui ne s’est jamais remise du passage du Roi Soleil – où le fou chantant,, est rattrapé par un scandale sexuel, La chance aux chansons – et de Chabrol, attiré par le manger provençal, sur le Cours Mirabeau, coule la scène, et alentours pour A double tour.
[27] -:- C’est sans danger, dixit Laurence Olivier – échappé de Shakespeare & Rebecca mais pas des mains du Marlon-à-voile-et-à-vapeur, et Leigh – sur Dustin.
[28] Cette disquaire et musicienne punk devenue autrice à succès, féministe devenue Virginie Violente, sans pour autant réaliser sa résilience dans une société de plus en plus violente.
[29] « Les idées préconçues ressurgissent et meurtrissent la conscience féministe / Manifs de cathos, crackettes à problème d’ego / Parlent et parlent sans crainte de se tromper d’ennemi / Amalgament et sèment le doute dans les esprits / La mémoire courte, la femme libérée s’appauvrit. » dans We are at war.
[30] Gensoul, contre l’anesthésie, protégea les blessés ; Liszt chez Sand en rescousse en esprit.
[31] Le mot est de Vian, car un tube, c’est creux.
[32] Triage de lapins de garenne, lièvres, chevreuils, marcassins, biches, cerfs, poulets de Bresse, canards mulards, cailles et pigeons des Dombes, colverts, faisans, perdreaux, palombes, grouses d’Ecosse, viande – pas de la gorre – de porc, ris de veau, foie gras, truffes radioactives du Tricastin pour truffivores, pistaches ; marinage, préparation, garnissage, confection de farces, choix d’aromates et de couleurs, travail de la pâte et décor de la surface, montage, répartition, composition de la coupe et des couleurs, équilibre de l’ensemble, cuisson 8h et refroidissement à cœur d’un jour.
[34] Comme l’écrira le sudiste US et alcoolique d’us, scénariste à Hole-y-wood, le Nobel Bill posant pendant sa jeunesse rif-raf en faux lieutenant blessé de la R.A.F. pour faire comme.
[35] Pas d’expiation du massacre de la Commune comme au sommet de Montmartre avec cet os de seiche pour touristes, plus que « blême comme un navet » (Paris au mois d’août, René Fallet) ou « crâne de ville orné d’un panache blanc » (Les XXarrondissements de Paris, Léon-Paul Fargue) pour boule à neige.
[36] Après Apollinaire, Cendrars, Jacob, Cocteau, Aragon, Breton, Artaud, le baveux=lessivant=habillé de noir=avocat=lessiveur finissant dans une roulotte, Moerman, ce versificateur belge de Fantômas 33 et filmeur de Monsieur Fantômas (1937) avec musique de Ledent pour 6 saxophones, pose sa chique dans la roulotte -, avec Jean Mi – pronier=daron du figurant dans Les diaboliques de Clouzot d’après « Barbemada de Torquevilly »= « Lord Anxious »=ABarbey d’Aurevilly : Lidl® des jeunes, ?- : Quoi ma gueule finissant en sculpture de Lavier, une Harley® sur manche de guitare causant la furie des bikers – Eh dis donc David fils de pute – en Fantômas en smoking et chapeau claque. Le tout doublé de La complainte de Fantômas de Desnos, ce poète radiophonique, mort du typhus dans les camps, interprété par Bashung dans L’imprudence. Rappel pub :
FANTÔMAS !
Vous dites ?
Je dis … FANTÔMAS !
Cela signifie quoi ?
Rien et tout.
Pourtant. Qu’est-ce que c’est ?
Personne. Mais cependant quelqu’un.
Enfin que fait-il ce quelqu’un ?
Il fait PEUR.
[37] D’après un danois, le même qui composa une symphonie avec trois chiens.
[39] Badinter-Hugo-Escaich-Py d’après Claude Gueux d’Hugo.
[40] Les Muses, « Illustres gueuses du Parnasse », avec la robe « coupée au cul » (Oeuvres de Maynard, Paris, Courbé, 1646) : dépenaillées et courtes vêtues.
[41] L’hautboïste, l’air de rien, brasse du vent comme un homme politique, bât, bas de l’air en maniant du badelaire comme Baudelaire qui, poète dit maudit, battait de l’aile, tel L’Albatros. Crénom ! Fargue ajoute « Ah ! l’urbanisme va plus vite que la lumière ». (Léon-Paul Fargue, op. cit.).
[42] Duras, M. Madame Dodin. Paris : Gallimard, 1954 in Duras, M. La cuisine de Marguerite. « Les poubelles » de Madame Dodin Paris : B. Jacob, 1999. p. 61
[44] Ce réparateur de voitures, ancien chauffeur, paraît-il, de Sir Doyle, dont l’enseigne du garage à Saint Saint clamait « Vous pouvez tous crever ». D’où l’expression « macache bono ».
[45] Spectateurs criant ?-! SAC, SAC, SAC sur les bips du film censuré de Boisset, avec le météore Dewaere et la mannequin reconvertie Clément (.) (.) ( ‖ )1.
1 La même, nue, dans la scène de la colonie française dans Apocalypse now redux et final cut, versions pour financer la cuvée de vin Director’s cut d’un Coppola soi-disant Renaissant.
[46] Où, PAN dans Le Bec, officia un chef étoilé entubé, expatrié en Chine, par la classe politique locale via Fuzz alors qu’un ancien maire, devenu ministre pour services rendus, alors que les locaux complotaient dans son dos, emmenait tout le gouvernement se sustenter du HTV=homard tête de veau de Têtedoie sur les hauts du pain de sucre.
[47] Préfacier, en tant que dépendant de drogues et de soirées ou salons, de Les cocktails sont un jeu d’enfant de Michel Oliver ou guide de la lèche-babine.
[49] Cet homo refoulé, misogyne, dramaturge raté, antidreyfusard en ville négrière, auteur du célèbre Géographie de la Corse.
[50] Confirmé par les satellites sans déterminer toutefois s’il s’agit d’un animal, d’un minéral ou d’un végétal. Cheveux longs, pensée courte mais porte-monnaie plein. De la musique permet le retour des poissons qui revitalisent lesdits coraux.
[51] Selon Albert Londres dans Japon (1922), la ville est une « cité décourageante », « née de l’union d’un typhon et d’un tremblement de terre ».
[52] Introduits pour sa chaire blanche et sans arêtes au profit de l’industrie du surgelé.
[53] Il était une fouille …Tout paysage est horizon des évènements, des sols – passé-présent-futur -, non en flèche mais en vis platinées avec plurivers simultanés ou une pelote de laine, comme la face du Mont Cindre, Sainte-Victoire, sans éoliennes, par Cézanne, Bibémus papam et, au pied, château de Vauvenargues de Picasso, avec le spectre qui rôde de la bataille des Cimbres comme la rizière de Sekigahara où gagna l’armée de l’Est, sous les couleurs de Tokugawa Ieyasu.
[54] A noter que, de l’autre côté, la croix dite de Lorraine était l’emblème des ducs de Guise – dont celui assassiné qui fut le sujet de l’un des premiers films de fiction du cinéma -, responsables, avec d’autres, du massacre de la Saint-Barthélémy, nom gravé dans une île caribéenne ou paradis fiscal où est enterré notre Johnny national – mais pas pour payer les impôts.
[55] Le nuage radioactif de Tcherno s’arrêta à la douane sans se faire de bile grâce à l’anticyclone sur les indications de Fuzz, aucune condamnation. Autour de la centrale ukraignos, pourléchée pendant la pandémie par un incendie à cause de la sécheresse, le tourisme du tour-operator Fuzz se développe grâce à la série US aboutissant à des jeunettes à poil en selfie, avec atomes crochus et plus si affinités sur du deutérium 235 sur fond de survivalisme.
[56]Nous n’avons décidément pas les mêmes valeurs argue la voix de canard Chaban et sa Nouvelle satiété.
[57] Que Genet, avec le circassien et romanesque Romanès, avait dévalisé en grimpant sur le mur dudit baveux=blanchisseur.
[58] Celui qui a suivi La voie royale a souvent joué à Stop ou Angkor avec case résidence surveillée option sursis.
[59] A noter que malgré son réseau, son pouvoir et son ascendant, Olivier Duhamel, constitutionnaliste, professeur à Sciences Po, président de la Fondation nationale des sciences politiques et du très sélect Siècle, avocat associé du cabinet de Me J. Veil, revuiste avec Pouvoirs, directeur de collection chez Dalloz et journaliste, rentre dans la Série noire en ayant été dénoncé dans La Familia grande de Camille Kouchner pour pédophilie sur l’un de ses beaux-enfants issus de Kouchner. Duhamel ne convoitera donc plus un poste au Conseil constitutionnel.
[60] Vilain petit canard de la dynastie républicaine dont Carrington fut le premier sinistre d’une République qu’il créa de toute pièce, à partir d’Uriage, avec cette école de hauts factionnaires, l’ENUL devenue INSP où ils ont tous des problèmes psy. Constance Debré, auteure avec peau sur la table, est la fille du vilain petit canard de ladite dynastie. Mise en abyme.
[61] Il fera donc l’objet d’un livre d’autofriction à succès►poche►occas’►vide-grenier avant le pilon en un laps ou circuit court de la non-création pour terminer en essuie-tout, papier toilette ou carton.
[62] Ainsi que la libanomantie ou art d’interpréter l’encens comme Mademoiselle Lenormand.
[63] « Par la bérézina le vit d’un archevêque / au fromage a donné le nom de Pont-L’Évêque », répond à poétride, Labé, ce Scève, selon certaines thèses – dont celle qui s’occupe de l’édition en Bibliothèque de la Pléiade -, de la Belle cordière, férue de clystère barbarin : « d’or barbarin et d’argent de copelle ».
[64] Changeux ne devrait se consacrer, pour changer, qu’à la peinture française du XVIIe.
[66] Déjà le premier projet en Egypte pendant la fameuse campagne coloniale après avoir battu les mamelouks de l’Empire Ottoman, le retour de flamme de l’amiral Nelson, la rébellion des arabes du cru qui sodomisèrent et décapitèrent quelques soldats prisonniers, Napoléon en pratiquant de même en symétrie.
[67] Le maire – que Collomb repose en pets – marque de sa patte au forceps comme Staline-Mao-Hitler au pied des laids Antigone, Polygone de Bofill en ville médicale septantenaire en Septimanie.
[68] Selon Sans pitié du pays qui clame ses matins calmes où règnent ichtyophages « : !J’aime pas les pouascailles, t’as l’impression que les flottants se foutent de ta gueule et qu’ils racontent des conneries. »
[69] Physiognomonie de Lavater précédant la phrénologie de Gall dont il est resté la caboche à X=la bosse des maths=la bosse des affaires. Ces fumisteries, dont le mesmerisme ou magnétisme animal, ont inspiré Balzac (Louis Lambert, Ursule Mirouët), Barbey d’Aurevilly (Une histoire sans nom), Nerval, Baudelaire, Musset, Saint-Point de Lamartine (Le Tailleur de pierres), Camille Flammarion (Stella), Twain (Tom Sawyer), Dumas (Le collier de la Reine), Sue (Les Mystères de Paris) et bien d’autres.
[70] Chienne colley, héroïne d’un roman d’Eric Knight, paru aux Etats-Unis en 1940, Lassie, chien fidèle(Lassie Come-Home), à ne pas confondre avec la boisson indienne, a connu un grand nombre d’adaptations au cinéma et à la télévision.
[71] Eternelle jeunesse comme Paloma chez Boro ou la Báthory-Seyrig en Lèvres rouges dans un bain de sang de vierges en Ostende-en-Carpates, Flottez hippocampes droits comme des i Laissez-vous porter par l’extrême obligeance ou les escalopes sur les joues de d’Ormesson à l’affût. Le chanteur Arno, alors cuisinier, servait des plats à Marvin Gaye, se reposant de ses tournées et de ses addictions, pour y composer Sexual healing.
[72] La mode revient comme les comètes depuis Oort avec yoyos®, Rubick’s cubes® ou jupes et pantalons, chemises ou vestes façon bûcheron, à carreaux, pantalons à pattes d’éph’.
[73] Candidat aux municipales à côté d’un aristocrate libertaire proche du benjaminien et dramaturge belge Bruno Teckels.
[74] L’ancêtre provient des fournaises à pardon=fours mobiles des oubloyers qui, dès 1270, se sont constitués en corporation afin de vendre des oublies=gaufrettes de pâte légère sans levain entre deux fers portés au rouge.
[75] Cette denrée rare, comme l’huile de tournesol pour la friture et les frites ou les pois chiches, depuis la guerre en Ukraine, générant nombre de manifestations qui dégénèrent : « ventre vide n’a pas d’oreille ».
Et l’eau des fontaines Wallace pleure après le marchand d’oublies »
— Louis Aragon in Les Feux de Paris, poème mis en chanson par Jean Ferrat qui tabasse sur l’album Ferrat 95.
[77] Hitch à cause de The lady vanishes, où ni Trop d’ski tue le ski ni Paul en ski, à cause des féministes.
[78] Free hug et léchéors en règle à en avoir des aphtes, même la brosse à reluire provient de chez Alexandre®. La merveilleuse famille du cinéma : 2 membres du métier, dont Mocky qui s’en offusqua, présents pour l’enterrement en été de Bernadette Lafont.
[79] Leur (auto)bio, écrit souvent par un nègre, se nomme frigo®=chambre froide.
[80] Bobo de banlieue, pour des raisons politiques et non de salaires – mensonge initial sur le storytelling, devenu nabab, Yes, we Cannes ! sur fond du lassant extrait en boucle du Carnaval aux animaux de Debussy.
[81] Jusqu’à être une solution de repli l’année de la pandémie ou du rat de métal.
Urbex. Vinciffageland. Tractations Fuzz-qui-fuse. Transformer patrimoine en tiroir-caisse : Hôtel-Dieu[1] cinq étoiles, que ville vive ! Nez rouge est icicaille gastronomique, comme son prix. Dessous, une royale tombe, majesté inconnue devant les archéologues désemparés[2], recouverte illico – ni vu ni connu je t’=archéologie préventive, quand c’est INRAP, c’est râpé. Dôme reconstruit depuis la destruction de la guerre n’aspire plus les miasmes mais les monnaies et devises sonnantes & trébuchantes=fiat ou cryptoactifs=cryptomonnaies comme dogecoin, Ada ou l’ardeur d’acheter, déclinées en monnaie locale telle que gonette, tissou, doume, sol-violette, épi, abeille, nissart, galleco. Le yamakazi s’est tué en glissant du toit : un crash cinq étoiles. Soufflot, qui n’assista pas à la fin des travaux à cause de l’appel du Roi Soleil à Versailles, s’en retourne dans sa tombe. Monuments hystériques complaisants. En faillite, la Cité gastro dite interactive sur le modèle du musée des microbes à Amsterdam près du Botanique. Désillusion du musée des illusions à cause du prix peu magique du billet.
[ambiance : avant Musique pour aéroport d’Eno-l’ambient-stratégie oblique – aéroport (où zone, en transit une dizaine d’années, tel un fantôme, l’iranien Sir Alfred) nommé Toine (et cet homme planté, attendant un voyageur, avec un panneau indiquant « En attendant Godot »), il a été construit avec des escalators trop courts et impraticables, des terminaux inactifs, des circuits de refroidissement d’eau sous les câbles électriques sous le faux plafond et inauguré pendant le confinement -, musique pour meurtres d’Hitch inspirant le rap d’Eminem et son flow rapide comme l’asthmatique et clopeur Busta Rhymes Gimme some more avec le sample d’Herrmann dans Psycho].
Amarrée icigo lors du siècle positiviste et hygiéniste, la morgue flottante, à cause de maires-médecins raspis=rapiamus=avec oursins, hérissons=fers barbelés dans les poches au mépris de l’hygiène, avec boulanger remercié en tant que gourdés=noyés[5] ou qu’assassinés au choix pour identification comme dans Thérèse Raquin de Zola ; ancien bateau=plate, dirigé par un plattier gueulard, pour poules d’eau=sautes-fleuve=relaveuses=lavandières battant batillon et baquets insolents, peu enchanteur, pourrissant et puant, à côté des carpes et des brochets[6] en surnombre évidées et des bèches d’où plongeaient quelques nageurs dont des carabins – visité les week-ends par les enfants d’humeur baladoire avec leurs parents ; parfois le criminel venait admirer le résultat de son crime et se faisait capturer – échoua, go fast, en vallée de la chimie à cause de la grande crue centennale.
Concentration mondiale de centrales nucléaires – éculées, au bord de montagnes jeunes qui montent comme nos ongles, autour du Mont Pourri[11], sur plaques en mouvement ; lors de canicules, l’important, c’est l’arrose pour que la température tombe. Fuzz comme Zorine avec walkman® à San Andreas, vers Frisco ou San Fran selon le snobisme, active, comme Lex Luthor par Gene Hackman avec les missiles dans le premier Superman de Donner, la faille avec des explosifs – Big one – et engloutit la Sillyconne valley. Eau vive de Giono sans Béart : barrages hydroélectriques, bientôt privatisés alors que l’hydroélectrique est producteur de méthane, menacent de rupture – avec l’aide de Fuzz en plus. Où est le regard bleu intense de Lee Remick ?
Croiser sans fréquenter. Ami.e.s et couples avachis sur leur cellulaire-aux-métaux-rares-arrachés-dans-mines-clandestines, avec nomophobie, devant leur verre Duralex® sed sex de chez Pyrex® au grand réfectoire où subsiste encore leur écho que subsume la cuisine d’inspiration créole de Ravin avec la mode de la cuisson à basse température payée sans contact, comme l’amour et les fantômes nippons comme yokai – nagori. Ils ne savent plus voir : ni au-dessus – cette plaque satanique d’ancêtre de Fuzz ; une autre, dans un resto de luxe, du guérisseur star[16], de l’hémophile tsarévitch, où il fabriqua son héliosine -, ni devant – cette dalle rouge du président[17] rebouisé (cher acteur du TNP), dans son landau à coups de poignard[18] par l’anarchiste italien et néanmoins boulanger vengeant l’exécution de Ravachol lors de l’expo universelle où les personnes des colonies étaient capturées et exhibées dans des cages, cela allait de soie -, encore moins autour. Heureux qui communique selon du Bellay. Communiquer n’est pas échanger. Moshi moshi. Des cabines téléphoniques végétalisées, devenues au mieux des boîtes à livres, abandonnées, taguées, enlevées.
Le 22 fév.1526, fête de Fuzz, chaire de Saint Pierre, Meriadeg, Saint Bernard après l’extinction de chandelles et de cloche en détestation sonne : Dario, Dario, von Sydow dare-dare dans le parc, exorcisme par Portalenqui avec l’abbé de Montalembert sous François II de Rohan sur l’esprit frappeur – margaude=lève-groin=poutrône feu sœur Alice=Alix de Theizé=Télieux[19] qui tac-tac-tac cognait sous les pieds et genoux en traçant de nuit, le signe de croix sur le visage effleuré, alors que le chien jaune de Basketville, venu de la Drôme, rôdait dans la nuit avec ses yeux de feu – en riche femme damnée=tâtant de la brioche infernale Antoinette de Glosée, où les poules du licencieux couvent – ratichonnière Saint-Pierre-les-Nonnains, devenu palais (des Arts, Saint-Pierre) puis musée (Saint-Pierre)=MBA – couvent – avec des fœtus et des cadavres d’infanticides dessous – après déni de grossesse comme dans La maison de la rue en pente – retrouvés après la destruction par le protestant baron des Adrets. Des partouses sataniques de l’abbé Boulard[20] ; gare au traité de sorcellerie Vauderye en brief sous Charles VII et à l’échec de l’inquisition dominicaine quant à la chasse aux sorcières et leur sabbat. Quelle idée de nommer sa fille Häxan selon l’étrange film, censuré, de Christensen. Des messes noires dans les recoins.
Rituels sataniques de Fuzz. Les féministes manifestent encore contre la venue du réalisateur de Rosemary’s baby[21], où Mia-Maison-des-bois prépare, en chantant sur une musique de Komeda, comme Ophélie qui ne fait pas d’Hamlet aux huîtres à la taïwanaise sans casser les œufs, du romarin dans le Bram(Stoker)ForDakota, près de Central park Sodome à l’odeur de Charter arms Undercover.39 Special de Chapman, éclipsant le suicide par overdose du punk Crash des Germs, vers l’Annie Lennox Avenue, là où Lennon fut assassiné par Chapman qui fut au premier rang de la pièce Elephant man dont le rôle-titre fut joué magistralement par Bowie, et divorça par téléphone pendant le tournage avec son (ex-)mari mafieux, The Voice[22], Franck psalmodié dans une rave des Nuits sonores par Miss Kittin & the Hacker.
Sos amor et la verte=gonorrhée à Sodomorrhe-sur-Babylone more : échangismes dans les coins en adéquation avec l’idéologie politique et économique, La vie sexuelle de Catherine M., jalouse, pionnière du droit d’importuner en temps de #MeToo, avide de viol pour prouver sa résilience, aimant vit et directrice d’Art press-purée venue voir derrière les jalousies la directrice des Beaux-Arts. Ayant trop le feu au cul, la boîte à culs, trois étoiles dans GQ, flamba=en charbonaille dans la presqu’îl de la belle ville en archipel, trop d’îles flottantes avec l’orgue de barbarie. Traczire dans le bouic. Rue de l’épée, un club d’arts martiaux, anciennement un lieu d’accueil de bordeliers=bobinard=cambrouse=bouc=garcerie=beule=claque, parmi 32 dont 26 maisons de RDV, moins regardantes, le Panier fleuri pour ne plus compter fleurettes : coursive intérieure supérieure pour plonger voir s’il y a du monde au balcon avant de tester la marchandise – Palper là cet épiderme / Qui fait que je me dresse; sur la façade extérieure, le balcon, loin du pont des soupirs, attenant aux appartements de la baillive=maquerelle. Possibilité de laisse is mord pour l’option d’un S.M. minimal ; « J’ai d’autres chattes à fouetter. » dit la maîtresse Jeanne de Berk[25]. Sans omettre les rapports d’émigré.e.s de Gomorrhe dans l’immeuble de rapport vers l’avenue Q près de Ginza street. Pas de J’accuse aux jacuzzis. Feu au QG, coups de Fuzz. Emprunter le pont d’échangisme pour fouler une petite île verdoyante, contenant une belle église partagée entre plusieurs appartements, où l’échangisme en plein air se pratique 7 jours sur 7. Comme Casino®. Se sustenter d’une tarte à la praline chez Ejacteur avant de goûter le gigot de JC2A.
Les pistes cyclables[26] sont partout – étendues temporaires=coronapistes pendant les pandémies quand tout va à vé-lo. Inondables malgré normes. Piétons perdus versus mob et mode doux[27] à tout va. Les verts virent les boîtes à livres d’occasion, malheureusement pas classés Unesco, pour les pistes : le monde doux aura la peau des romans durs. Les boutiques de réparation de vélo pullulent comme les cafés-vélos où il est possible de se lover moyennant lovés. Les trottoirs végétalisés débordent en ZFE.
Dans le métro – !: Attentifs ensemble -, les médiateurs guettent pour éviter les piétinements et écrasements des rencognés qui ont la comprenure difficile lors des heures de pointe – un mort déjà, poussé par Fuzz. Le lapin Serge s’épuise à clamer dans l’indifférence Fais attention. Tu risques de te faire pincer [au cul] très fort. Une religieuse portugaise défroquée, concurrencée par les familles roms, qu’elle jalouse d’un racisme à fond catholique, vend des canettes pour son frère dépendant d’opérations chirurgicales coûteuses, à côté de dingues sortis d’hôpitaux psychiatriques ou de jeunes désœuvrés. Beaucoup prennent exemple sur Chirac – qui ne prenait jamais le métro, comme Balladur, Kosciusko-Morizet ou Pécresse en campagne, sauf pour la pose, cela va de soi – pour éviter de payer en surmontant le tourniquet d’entrée=Sigmund Fraud, ou en passant à travers les portes derrière vous, en vous collant tout en assurant vos arrières, les jeunes vous tançant si vous n’acquiescez pas, certains demandent la permission – les français seraient plus coopérants que les allemands. Les femmes – l’une a un t-shirt rose fluo : « l’amour est déclaré » – se mirent dans la vitre en face avec force grimaces. Damoches et damottes. L’odeur de livres neufs des corps aseptisés à cause de l’identique lait de corps[28] détraquant tout parfum et le corps à cause de perturbateurs endocriniens. Elles causent des bleus aux alentours à cause de la vie indépendante de leur sac à main ou accessoire, comme bombarde, à marqueur social, où ce qu’elles cherchent se situe forcément au fond. Les bouches pincées se mordent de dedans la bouche – visage plastique. Une femme-araignée roumaine, marchant sur ses moignons inverses, quête. Ça mate en triple bande. Nombreux déblatèrent en soliloque logorrhéique. Tou.te.s autistes=zombies avec casque, avec portable ou non, les hommes exhibant leurs couilles autour de leur cou ; en mains, souvent féminines ou autistes reading, des livres parfois[29]. Seuls ensemble. Distribution quotidienne de journaux gratuits dirigés par des épiciers fortunés pour conditionner – A quoi ça sert qu’ils se décarcassent ? -, Fuzz l’a compris : forger l’opinion. Obésité généralisée – non prévue dans les places de transports en commun -, solutions propophiles pour le deuxième cerveau. L’amplitude de l’écartement des jambes masculines=manspreading, souvent gênante, est supérieure à celle des femmes même si Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie et les pellicules de cinéma recyclées en talons de chaussures.
Un couloir souterrain, condamné depuis le passage du métro, surveillé par les little red cornettes dans la guérite, pour les patients passant de vie à trépas entre l’hôpital et le médico-légal amphi Lacassagne avec une forte odeur d’autopsie[33] où des scènes de polar comme Les rivières pourpres de Kassovitz ont été tournées. Parfois le solliceur de lacets=balai=chandelier=QRM 22=gendarme accompagnateur tourne de l’œil. Le grand réseau souterrain reste inexpliqué : les arêtes se prenaient par la rue des Fantasques – dépôt de monnaies romaines, couloirs secrets pour l’armée, tombes, trésor des Templiers ou autre ?
Rendez-vous clandé du speakeasy Fuzz avec force chandeliers. Après EnCuledo®, jeu d’arcades : passages=allées pour celles et ceux qui pratiquent le plus vieux métier du monde, passe-murailles=espions maussades aux initiales de mauvais whisky, de dissidents chinois[34]hush hush aux scores sociaux au crédit négatif visible par tous, suite à l’édiction d’un kompromat, après les Résistants very hush hush, RDV avec X. Rue Constantine, rue clandestine.
Icicaille : secret des cours. Vidéosurveillance intelligente dont caméras-dômes – focus. Des rebel.le.s avec du scotch noir ou du maquillage dazzle asymétrique sur le visage, maigre tribu en degré de liberté, pour parer le pointage, l’identification faciale – fleuron français : des clowns tristes d’une tribu amérindienne inconnue ; Raoni reste sans voix avec plateau labial bloqué, Sting s’est cassé la voix déjà fausse – Message in the bottle. Fuzz use de split screen façon Conversation secrète de Coppola et Phantom of the paradise, Blow out, Snake eyes de de Palma. Identification faciale, à l’iris, visage, voix ou par le microbiote intestinal, par les selles, par le phallus pour la prédiction des criminels – K. Dick K. Dick – avec algorithme biaisé de racismes, dans la ville où naquit la police scientifique par le médecin, amateur d’opérettes et opéras, hématophobe[35], à l’origine de l’association du Merle blanc. Bombe artisanale Fuzz en safe city friendly dans la grande rue commerçante malgré. Tolérance zéro.
Des manifestants, dont certains payés pour manifester à leur place font grève, notamment du haka, à leur tour, dans un rassemblement statique – avec dispositifs sonores portatifs=casseroles en téflon®, fabriqués en Haute-Savoie, ce PFAS nocif pour la santé -, étudié par un foulologue mention fouloscopie, après un référé liberté, pour une énième cause légitime – tique, torche, lorgne, Ray-la-matraque ; au milieu des lacrymos, grenades de désencerclement, gaz incapacitants, des armes non létales projetées par des auteurs de science-fiction dans le projet Red Team avec filets immobilisants japonais et menottes électriques chinoises piochés dans le Milipol, des fumigènes bleus, blancs, rouges ennuagés de pales d’hélicos de surveillance et d’odeur âcre, des éborgnés, des mains arrachées par les balles LBD[37] – pourchassés pour une comparution immédiate. On ne se prend jamais une baigne dans le même fleuve. Une bombe spécifique aspire les mots dits gros, les slogans et les revendications. Un tag rouge sur un mur borgne : « Cellulite finale ». Plus loin : « ni dieu ni maître ni troglycérine » « ni dieu ni maître … même nageur » à côté de « travail famine pâte-riz », « Les riches ont les couilles en or, les pauvres, les nouilles encore » et de « Ils ont la police. On a la peau dure ». Tournent, drones – reconvertis, pour ceux qui ont échappé aux canons à confettis des rebelles, en reportages Géo grâce à la caméra aéroportée -, blessent, chassés par les gypaètes nichant grâce à la Ligue de Protection des Oiseaux dans la tour. Faisons l’amour avant de nous dire adieu chante l’ex de Bougrain-Dubourg. Les militaires surveillent à cause des attentats, fama du famas, privilège de l’uniforme.
Où trouver une simple baguette souple et craquante avec de la mie compacte[38] – patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO en attendant le béreeeeeet comme l’énonçait Jacques Brunius dans L’affaire est dans le sac de Pierre Prévert – dans une boulangerie, souvent des chaînes sans âme, proposant nonobstant des pains au piment d’Espelette housewives, au albedo=zeste=ziste de yuzu – vert, acide et herbacé, ou jaune, d’humus à fraise, rentré en 2016 dans le Larousse -, main de bouddha, combava, citron caviar qui papille, au café torréfié, au chocolat, au lard ? Où trouver une simple et bonne blanquette de veau faite maison dans un troquet de base ? Street food, fooding, bistronomie, nouvelle cuisine, cuisine moléculaire, being bar … Au milieu des petites pierres brutes qui butent où des déporté.e.s avec cv sont dedans pour une trop fugitive remembrance, des dalles de trottoirs-en-couilles-du-pape[39] à tête de grands chefs de cuisine avec une toque tous les 3,14 cm fignolées pour les touristes qui battent en ruine, notamment celles qui ont un Bocuse. Tesla aurait été en grande souffrance puisqu’il comptait ses pas dont le nombre devait être divisible par 3.
[1] Bail emphytéotique comme la Punta della dogana à Venise par Pinault-simple-fric et Ando.
[2] Dont le mari d’Agatha-whodunit après le « troyen » Winckelmann né Stendhal. Si celle-la disparut mystérieusement pendant quelques jours, elle semblait « voir des individus sinistres dans tous les coins ! » (Wodhouse, P. G. L’oncle Galahad. Paris : 10/18, 1994. Domaine étranger. p. 201).
[3] Ou sorcière selon l’expression de Mona Chollet, dans son livre, Sorcière, la puissance invaincue des femmes.
[5] Réanimés parfois au siècle des Lumières avec du tabac – fort prisé au point d’être volé – dans l’anus grâce au soufflet afférent. Se référer à « Les mœurs des noyés » de Jarry dans La chandelle verte.
[10] Examinons ces menus de paquebots transatlantiques ; « Pour votre toutou madame, le plat de Médor : consommé de boeuf, toast et légumes » ou, au choix, « la gâterie Normandie : carottes, viande hachée, épinards et toasts ».
[11] Pas la montagne noire d’Aude, cette mine d’or d’Etat recouverte, avec arsenic pur qui se déverse à chaque inondation, notamment dans une école adjacente.
[12] Pangolin en écailles de métal sur squelette de béton : toute ville veut son obéliscal Guggelbao, gare au Gehry all Wright, cette araignée d’eau.
[13] Pour Wang Wei (VIIIe), c’était au lavis. Les prédécesseurs directs sont les Scapagliati en Italie.
[14] L’« autresse » (Rétif de la Bretonne ; mot oublié malgré l’appui de l’Académie française, cette « glorieuse maison de retraite » selon Jean Dutourd de L’Académie par un des Quarante), virée de P.O.L, pourtant amante de l’éditeur, qui inventa ce concept fumeux, à propos d’un enfant mort devenu sujet de fiction, critiqua fortement une autoresse, article à l’appui, afin qu’elle cède sa place à son compagnon, qui s’y substitua de bonne grâce, sur la liste du prix Goncourt, dont il fut finalement exclu dans un bref sursaut d’honnêteté arborée – le conflit d’intérêt étant trop flagrant. L’« autresse » vigilante et déboutée, aura tout de même son Quarto, antichambre de la Pléiade.
[15] IKB (International Klein Blue) pucerons. Dans le bleu peint en bleu de Domenico Volare Modugno, inspiré par Chagall.
[16] Annonçant le général Murat, le mouloujik & sa femme, Raspoutine-Depardieu. La tombe du thaumaturge et maître Philippe, garçon-tripier, apprenti boucher, créateur de l’École pratique de magnétisme et de la « Philippine », une eau et pommade pour conserver ses cheveux et le « Dentifrice Philippe », en poudre et liquide, dont était féru Lacassagne, est la plus fleurie du cimetière. Celle de Kardec, comportant la mention « Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi. », est fleurie après chaque vœu exaucé, selon le souhait du maître.
[17] Rose $Selavy, Sadi, prénom prédestiné pour l’œil persan ; pas d’hasard, Lazare.
[18] Reproduit une centaine de fois comme un produit dérivé, au centre du monde selon Dalí.
[19] Préfigurant Sœur Raphaëlle=Madame Delaunay=Madame du Lac=Madame de Florainvalle=sœur Eugénie Guillou de la congrégation des sœurs de Sion, hors château de Louvières, qui, à la Belle Epoque, fit, bien que « petite, brune, pas belle », sa publicité en aguichant « Recevoir le fouet estchez moi une passion, un besoin. Si vous pouvez me trouver un monsieur aisé aimant fesser la femme, je vous dédommagerai généreusement. » à domicile ou dans son Beauty Salon avec force martinets.
[20] « C’est d’ici que le vénérable Boulard enlevait tous les jours un mètre de raretés toisé à sa canne de mesure, pour lequel ses six maisons pléthoriques de volumes n’avaient pas de place en réserve. » par le franc-comtois et bibliothécaire de l’Arsenal Charles Nodier. Le bibliomane. Paris : Librairie L. Conquet, Imprimerie générale Lahure, 1894. 24 compositions de Maurice Leloir ; gravées sur bois par F. Noël. Préface de R. Vallery-Radot. p. 16 in Contes de la veillée.
[22] 45 % de bite selon Ava à Ford, choqué, qui la taquina pourtant sur le sujet.
[23] Un apothicaire mort centenaire, Lanoix, y développa le principe électrique à coups de bouteilles de Leyde.
[24] Comme lavande, hyssope, verveine, chèvrefeuille, tilleul et feuilles d’oranger mêlés, menthe poivrée, baies de genièvre et centaurée.
[25] Longtemps mariée à un ingénieur-écrivain – le publicitaire, fils de pétainistes adorés, de nouveau, ramant, siégeant dans un ancien bordel avec force œilleton pour le voyeur-, impuissant, piètre réalisateur, épée, hors fourreau, refusée de l’immortel, supplanté par une femme pour fin de vie.
[26] Les cyclades, envahies de touristes, ne sont qu’en Grèce.
[27] Dont La Landru, motorisée jusqu’à devenir tricycle, par le serial killer bien connu.
[28] Préférer, pour le visage, le sperme composé de liquide séminal, des macrophages polynucléaires, des hormones de croissance, des cellules souches, des nutriments, des oligoéléments et des cellules épithéliales, outre les spermatozoïdes.
[29] Produits surtout par des personnes dont le talent est souvent inversement proportionnel au nombre d’exemplaires vendus. Ces livres sont édités pour les distributeurs en fonction des ventes potentielles, non selon les lecteurs. « Les littératures démocratiques fourmillent toujours de ces auteurs qui n’aperçoivent dans les lettres qu’une industrie, et, pour quelques grands écrivains qu’on y voit, on y compte par milliers des vendeurs d’idées » (Alexis de Tocqueville. De la démocratie en Amérique. Tome second. Paris : Gallimard, 1961. p. 66) ; « Avec nos mœurs électorales, industrielles, tout le monde, une fois au moins dans sa vie, aura eu sa page, son discours, son prospectus. » (Sainte-Beuve. De la littérature industrielle. Paris : Allia, 2003) in Olivier Bessard-Banquy (Sous la dir.). Splendeurs et misères de la littérature : Ou la démocratisation des lettres, de Balzac à Houellebecq. Paris : Armand Colin, 2022. p. 25-26.
[30] Le funazushi, apparu dès le VIIIe siècle, est composé de poisson funa (genre carassius), notamment l’espèce nigorobuna, écaillé, vidé, salé puis mariné puis fourré et recouvert de riz cuit puis fermenté.
[34] Alors que leur président, après la visite du premier institut franco-chinois, se sustenta d’une selle d’agneau du Limousin fondante dans la paille fumante par JC2A de l’auberge de l’île échangiste.
[35] Locard, le « sorcier du crime », le « flic de province », le Pic de la Mirandole, auteur d’un article sur « Les sécrétions mammaires de l’inverti », joua un rôle, grâce à une expertise graphologique – qui s’opposa par sa méthode à celle de l’antisémite Bertillon qui se discrédita dans l’affaire Dreyfus -, dans l’affaire de l’œil du tigre (inspirant sans doute le tube de Survivor pour Rocky) de Tulle, qui fut à la source de Le Corbeau de Clouzot, tourné dans la ville de Ravel, à la Continentale, autour de l’anonymographe, film aussi détesté par les français (cote 6 : au-delà d’à proscrire selon la centrale catholique vichyssoise), dont les Résistants, que par les nazis.
[36] Cette auteure – Orlando furiosa -, trop consciente de sa classe sociale dite upper upper=supérieure, à coup de ouistiti Mitz, où, foi de Toynbee, place to be or not place to be est plus important que to be or not to be, qui se regardait écrire dans sa Chambre à soi, heureuse uniquement lorsqu’elle fabrique du pain, antisémite mariée au juif Léonard, en rivalité avec sa sœur peintre Belle, qui n’a, sauf Cap Canaille vers Cassis et St Yves (Cornouailles), dépassé Picadilly que pour se noyer bien que la phalène aimait la pêche – préférer Bloom à Bloomsbury ainsi que Conrad.
[37] Plus nombreuses que les masques chirurgicaux ou protection FFP2. Les responsables des forces de l’ordre, ce soi-disant « monopole de la violence légitime » (Max Weber), font leur marché dans le salon du LBD à Angoulême.
[38] La Yourcenar, cette amatrice de gazon qui taclait sans cesse Green, vendait avec son accent aristocratique snob son pain ou œuvre au blé, dans le Maine.
[39] Comme dans un village classé – à côté de l’aéroport où Renoir fit son baptême de l’air, où Saint-Ex eut son diplôme d’aviateur – où, après avoir tourné Marquise des Anges et Les trois Mousquetaires, les mariées se faisaient photographier, voire shooter, avant de participer à un concours, dit l’enfer du Nord au Centre, de talons hauts sur les rugueuses et pointues couilles du pape, avec un mastard à l’arrivée avec un drapeau de F1 qui crie : « Bon divorce ».
Doubles tranches=files clandestines sur les trottoirs. Enfilades de musées aux façades rénovées.
– !: Salluste
– ?-!!A Plutarque
Un quartier classé UNESCO, dans l’angle entre la 10e et 11e avenues, sauvé des appétits de Zizi Béton. Un horloger ; un crieur au quartier de l’apocalypse à côté de capitaine Cap, dont le programme était « Loin d’être l’apanage de certains, l’assiette au beurre doit être le privilège de tous. », de Ferdinand Lop – professeur, journaliste, éditeur, poète, peintre, politologue, candidat pérpetuel à la présidence, au physique de Saturnin Fabre, clamant « Vive le Front lopulaire ! », « Le char de l’Etat a besoin de la roue d’un Lop. », tout en voulant supprimer les wagons de queue dans le métro, décréter l’extinction du paupérisme dès 22h, interdire la vente des bidets, couper l’eau à partir de 21h afin d’encourager la natalité, explorer les Lop nord et sud -, Mouna et son journal (« le Mou’nana pour les sœurs ») en criant « La grossesse à 6 mois ! La retraite à quinze ans ! », Mercante, fan de Proust, voulant dans les débuts années 1990, rendre les Champs-Elysées aux chevaux et calèches. Icigo chaque année, les fa, qui ont leur école nationale Fuzz pignon-sur-non-rue à Confluence, avec option harcèlement sexuel, et antifa se ruent sur le sol et se castagnent rituellement et si et mi. Librairie anar’ saccagée.
Hausse mécanique de la fréquentation touristique : faire du chiffre. Un nouveau parcours Fuzz « se mettre dans la peau d’un clodo », pardon SDF – les français aiment les acronymes[1] – pour 80 €. Sens interdits. Des commerces hideux gâchent les façades – ne plus pouvoir lever les yeux. La zone piétonnière en urbanistique tactique – expérience parfois en temps limité. Les bars résistent. Malgré les pressions des voisins (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, AVC). Que de pressions sur les bars. Les rares oiseaux réveillent en chantant trop fort – effet Lombard. La loi son avec capteurs méduse suivant les deux roues=scooter®. Le nombre de bars se réduit comme peau de chagrin. Sociabilité réduite. Des voisins vieillissants comme la population globale se plaignent du bruit des gentrifiés d’à côté. Densité de la population disséminée. Halles en béton, agora de marché en plein air, seule apparition des politiques lors d’élection.
Ventre : du quai avec Subs pour sel, reconverties en école des Beaux-arts, où les artistes-communicants apprennent à se vendre[2], via Marché-gare, où les concerts se succèdent, à la Sucrière où les expos s’empilent, dont l’itinérante Human body® fit scandale[3] ou Hyperréalisme avec des visites de nudistes, et la boîte électro-techno branchouille en haut avec roof top à bobos – drog, drog, drog, Abyssal zone de Djedjotronic en boucle ; le marché de gros au sud est près de l’amigo technologique=centre de détention (CDD), sous gobelet où portes – Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux – s’ouvrirent automatiquement par erreur tout comme les bracelets électroniques à cause d’un bug – coup d’hacking de Fuzz -, remplaçant une des prisons, où Lacassagne visita Kropotkine dans sa cellule, bondées, les plus vétustes, régulièrement tancée par les organisations internationales pour manque d’humanité, convertie en fac catho high tech, murmures de murs en murs encore gravés.
Sociétés de services. Bureaux vides en tours aseptisées – crise du logement – aux fenêtres translucides accuei‼ant open spaces et coworking, construites par Zizi Béton, vomissent la fourmillante de pendulaires en méridienne et en heures de pointe.
[Champ] ?- :- Conne journée
[Contrechamp] !- Merci, ce n’est pas pire, benne journée, rebrique-t-elle en barbe.
?- Et toi, ça va
[Plan séquence] : – Mieux que bien, blézimarde-t-il.
Mine – hôtel-alvéoles ocre et rond par Cossutta via Pei, comme tourelles renaissantes à la Giotto, poumon-ruche au sommet et vue panoramique à la Néron depuis le bar comme là où se terre Bill Murray à Nishishinjuku, Kabukichô – et cutter (haut : O2 sans H, bar à alcools – la bartender, après le Manhattan au goût boisé et le Cutter’s way qui n’a pas de mal à passer, crée sur mesure et selon l’inspiration[4], la trousse est pleine – la tour signale : ensemble capitaliste copié, rutilants radiateurs en fonte empilés ou piles d’agrafes imbriquées, empire de pics à glace érigés à l’acmé juste avant le krach. Accolée, une brutaliste cité administrative, arêtes abruptes et formes simples et massives, où tout est intégré sous béton brut se fissurant : étoile noire. Je suis ton parent 1 dit Zizi Béton, cet assureur de bagnoles avant d’être bourgmestre=condé avec sa sous-ventrière. A côté, l’auditorium où il est possible d’entendre le triton[5]=diabolus in musica, symbole du diable, du mal et de la mort dans la symphonie n° 2, en ut mineur, op. 27, Asraël de Suk, le gendre de Dvořák, dans l’opéra de chambre L’Empereur d’Atlantis de Viktor Ullmann, composé dans le camp de concentration de Terezín où mourut, entre autres, Desnos.
Deux abris antiatomiques en béton armé, pouvant héberger une cinquantaine de personnes, construits dans les années 50 de guerre froide, enterrés à 3m dans le sol et dotés d’épaisses portes blindées de 25 cm. Des infrastructures en partenariat public-privé de lieux séquentiels comme ces stades onéreux privatisés au nom d’entreprise qui accueillit, grâce au préfet, souparfait et contre les élus, la Juventus® de Fiat® quand Turin et le Piémont étaient confinés à cause du covid 19. Au milieu des tifosi, Fuzz propagea le virus – promo sur les abords avec cette odeur persistante de graillon : « 1 Corona® pour 2 Mort subite® » selon le patient 0 dont le traçage a été perdu. Un nu-vite=streaker au poil, sévèrement nuqué en coupe mulet, désormais interdite en Corée du Nord, plaqué par des stadiers, est embarqué avec une couverture par des policiers.
Des hypermarchés, « village » lisse. Des fruits d’antipodes moins chers que ceux d’alentours en circuit court. Retirer le lait en poudre industriel car il s’est révélé nocif. Des noix de Saint-Jacques à la noix gonflées d’eau, sans goût. De moins en moins d’huîtres qui réapparaîtront dans deux millions d’années. Du thon pourri, en sus des métaux lourds et des microparticules de plastique, recoloré en rouge, du saumon toxique comme au bon vieux temps des maquilleurs de poissons au pavillon Criée des Halles Baltard. Revenir au plancher des vaches : vaches folles, steack tire-fiacre=cheval de pays périphériques via Fuzz, ainsi que ses abats en mariage de blancs, grippe aviaire, fin gras du Mézenc[6], persillé, fin et tendre grâce à la cistre ou « fenouille des Alpes », sous la burle, salmonelles selon Schwob. La rupture de la chaîne du froid ne laisse pas de glace. – Les boules et cornets de glace bio avec coques, laissent songer au Big Freeze : le monde mourra dans le froid, l’enfer de Dante -. Des crottes de rat, avec risque d’histoplasmose, dans les tartes au chocolat chez Ikea® alors que les clients s’amusent à rester dans les lits quand le magasin est fermé. C’est l’aventure moderne.
Périphériques engorgés. Klaxons®. Quelques rares restes d’industries encore viables – Ghost town des Specials. Squats mutants. Ruines rouillent. L’autoroute d’oseille – ravi, bison futé® est noir et envoie mille bisous – vers la côte d’Az-au-soleil-de-toc pour cure d’Azote avec – punaise ! – la fatigante cymbalisation des cigales, qui ont vaincu le scat d’Ella, parfois diffusée par haut-hurleurs, où les touristes, comme Eggar dans sa Ford Thunderbird® automatique bleue dans le dernier Litvak[8], attendus de pied ferme au bout du tunnel bouché avec le pouvoir d’achat en bandoulière plutôt que le flingue ou le braquemard. Des traces de bretelles sur des corps pourris et calcinés, retournés pour toute beauté – mélanomes. Avoir sa dose. Le pubard hâlé à la face de calzone décrète que ta vie est ratée si tu n’as pas de Rolex® après 50 ans. Selon le résident de la République, épinglant les sans-dents=chauves de la gueule, qui a la rue du bec mal pavée, et ceux mangeant avec les doigts, est riche toute personne gagnant au-dessus de 4 000 € par mois alors que le centriste-aux-grandes-oreilles, le benêt-qui-n’a-jamais-eu-de-Pau déclare que c’est un salaire de, selon la traduction de La Politique d’Aristote par Champaigne, classe mitoyenne des fortunes=citoyens de fortune moyenne=citoyens d’état médiocre=classe moyenne. La vérité est en deçà des pires aînés. Un ancien ministre se plaint de ne vivre chichement qu’avec un salaire de prof de 3 000 €. Michel Chevallet, le journliste pseudo scientifique ressasse avec dégoput son salaire de 5 000 €. Passer du temps avec la radio ou le portable, deux en un, écrans à cran. Absorbés en jeux débiles.
Chômage de masse pourtant : jeunes – génération woke on the wild side -, comme variable d’ajustement des politiques publiques, et vieux sont régulièrement sacrifiés dans le même panier par les gouvernants selon les directives de Fuzz. A 80 ans, ils travaillent encore pour compléter leur retraite parfois en logeant sous une tente ou dans une caravane. Ambiance de studio post-apocalypse dans un souterrain cramé puant la pisse où des gens dormaient sous une tente – la pietà contemporaine est une rom, une réfugiée économique, politique ou climatique, avec un enfant dans les bras. L’IA met nombre de gens sur le carreau : les caissières, le dos cassé par les produits lourds, encensées parce qu’en 1ère ligne lors d’épidémie, seront remerciées sans ménagement par le management. Un train chasse l’autre, Schumpeter a bon dos avec sa destruction créatrice – IA, blockchain, énième G de portable, ordi quantique – et son entrepreneur sentant le Job, le Musk et son parfum de poil brûlé, le Bezos, se tirant la bourre pour le tourisme spatial.
A chaque édile son traîne-fesses=tram, bondé, après travaux d’éventrés. Le tram Kahlo facilite l’accès au shit dealé façon The wire dans la ville-où-la-mayo-est-mise-sur-tout par les bandes de Fuzz. Métro irrégulier. Les têtes du matin enfarinées : zombies land. Plateformes multimodales avec leur hub. Des métros en retard, erreur, panne d’aiguillage, d’électricité. Incidents voyageurs : viols, altercations, agressions, rixes, suicides, accidents, attentats, etc. Peu réagissent. Quais trop étroits. Seuls les pieds plats sont réformés. Des clans se bastonnent. Blouson noir, c’est noir.
[4] Un whisky lorrain avec bitter et zeste d’orange appliqué sur le bord et épinglé avec une mini-pince à linge sur le pied du verre, le Catherine II soit un rye au goût très vanillé avec bitter, un glaçon rond massif, une crème de mandarine à la bombe, et le Savage avec du Bunnahabhain, quelques gouttes de bitter, Worcester sauce et du Noilly-Prat.
[5] Intervalle, de trois tons, de quarte augmentée.
[6] Le steack « Ça se rate toujours comme la tragédie. » (Duras, M. La cuisine de Marguerite, B. Jacob, 1999). Quelques autres perles pour le plaisir : les boulettes Pojardsky soi-disant, « Mélangez […] de la kacha. […] Le reste, je ne l’ai pas noté. Je l’ai noté seulement pour le mot kacha, je ne sais pas ce que c’est. » ; – le polygonacée=sarrasin ayant été importé lors des croisades dans l’hexagone et ailleurs, avant que l’onomastique hypnotise l’ « autresse », peu dotée en sarrasines, même si une tuile provençale lui est tombée sur la tête, qui fonctionne ainsi, la kacha semble être du sarrasin torréfié, au goût de noisette, très utilisé dans les pays de l’est – ; les boulettes sans nom « Jamais mangé. » ; le bortsch bâtard à la française sans crème, « Je n’ai jamais essayé de faire ce bortsch. Je crois qu’il faut faire macérer des betteraves rouges mais dans quoi, je ne sais pas, ni combien de temps et prendre le jus. ».
[7] Ce roi des animaux détrôné, au profit du lion, par la chrétienté pour lubricité ; animal mal aimé de Buffon.
[8]La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil d’après le phocéen polardeux Rossi.
[9] « On estime à près de la moitié la part du lexique anglais empruntée à l’ancien français ou au normand. » (3 « Le Français n’est pas « envahi » par l’anglais » in Les linguistes atterrées. Le français va très bien, merci. Paris : Gallimard, 2023. Tracts ; n° 49. p. 18
Chiche ! Bocal. Tous ont une mémoire de poisson rouge, trop swallow, où la tension est fonction de la stratégie de l’attention, au pays des Bisounours® mangeant des chamallows®. Intérieur nuit américaine. La nuit est noire en son sein. Complexée par sa truffe, la battante Nath’. Assistant jurassien, Stévenin est harassé jusqu’à ce qu’il tourne un film d’entrain qui avance dans l’ennui. Suite armoricaine. Des blousons dorés, coureurs de nuit, défilent façon Fellini roma. Restif, poissard, typographe et imprimeur graphomane, le « Jean-Jacques Rousseau des Halles », le « Voltaire des femmes de chambre », grave de nuit sur les ponts et nuit aux murs en latin – Le monstre est parti aujourd’hui – dont celui d’Y. Adrien – île[2] : il bûche. Genou, hibou, chouette de Minerve, la tournée du grand-duc, caillou. Timide comme un arbre. Nuit livre. Trop d’arbres tués – râles, sève : se vengent à la Seigneur des Agneaux[3]. Plongé.e dedans. C’était écrit. Script. Noir sur blanc.
Ouverture au cornet à bouquin[15]. Les livres seront son marquis. Pas de bourquin mais des bouquins, trop. Pour Lévinas, l’homme est un être-pour-le-livre. Gardant ses poils sous ses aisselles, ileli sent aussi le bouquin : acide acétique – vinaigre, furfural – biscuits sucrés, benzaldéhyde (amande) ou vanilline (vanille) pour le papier vieilli. Ileli est d’un caractère de grande police. Ne pas enduire son doigt de salive – surtout le doigt médical – ne pas souiller le livre, ne pas. Lui tourner le feuillet, la page=donner dans le noir=emproser=ruer des feuilles=enfuir entre deux parenthèses. C’est sale. Des bactéries partout. Ph non neutre. The pillow book, pile. Peau acide : versicolor. Homo homini lupus est. Tous tatoués ; ileli tatou gratuit tente de chanter Daho, les fourmis à la Phase IV se planquent.
Pas lago les livres anglais du XIXe reliés en peau humaine ou basane, avec un cuir jaune à gris clair épais et grené, ambiance à la Dickens par Lean noir et blanc, les Mystères de Sue par Poutouille, Des destinées de l’âme d’Houssaye ( ?-: Houghton Library, Harvard – Darnton) ou Lacassagne fils reliant les confessions de condamnés à mort avec la peau d’icelui rapport qu’il n’en a pas[16] – COUIC. la bibliopégie anthropodermique : La philosophie dans le boudoir reliée en peau de vierges, very sade ; la danse de Wygman, cette sorcière pendue, Bateman, finie en jambon d’York sans Robin pour le chic Hurt of sedition de Sir Cheeke et The arcadian princess de Braithwaite ; Westcomb d’Exeter couvrira Paradise lost de Milton, l’humain relié l’a perdu, le paradis ; Le scarabée d’or de Poe chez un collectionneur qui caresse sans cesse la couverture ; Les Terres du ciel et La pluralité des mondes habités de Flammarion avec sa maîtresse enamourée qui lui fit du plat jusqu’à sa couverture, qu’elle tira à elle, jeune épouse du comte de Saint Ange, femme d’origine polonaise morte de tuberculose ; passons sur les allusions des Goncourt, réhabilitant Frago, Le blason du tétin de Marot[17], Kieffer pour le docteur Cornil, professeur d’anatomie pathologique, avec L’éloge du sein des femmes de Mercier de Compiègne où la peau de téton[18] – et non de conil -, est incrustée en médaillon central dans le maroquin du plat ; idem pour Justine. Le livre comme sein des seins. Fuzz crée ses gants à partir de la peau de la main de l’assassiné.e.
Atteint par la goutte[21], façon moulage en cire de Baretta – dont un enasé, un autre à l’air pas beau à la Baudelaire[22] – du musée de Saint-Louis de dermato pathologique pour initier les étudiants ; taches logiques dans Swift par Grandville ayant fini fou à cause de la syphilis, aussi connu dans Innuendo de Queen – tous les chemins mènent au ROM : Freddy art déco, force pop, I want to break free. Show must go on. Boire un Pam-Pam®. L’acide tue la page. Prendre des gants en tissu, en coton. Après pso-pss-oasis-ras-psoriasis comme Staline, Updike, Nabokov et Cyndi Lauper, Time after time. La poupée de porcelaine cassée, se méfier des Bellmer. Collectionneur d’Unica, L’homme-jasmin, de curiosa à deux Louÿs, érotomane sodomite[23] en compagnie de la lectrice Musidora, amie de Colette. Moi-peau de vache. Contre-poison, read, read : papier neutre comme le pays du coucou selon Rose Buddy Holly Orson dans Le 3e homme[24] : la Suisse a connu la fraternité, 500 ans de démocratie et de paix. Et ça a donné quoi ? … Le coucou ! L’argent nazi fructifiait pendant le Cabaret Voltaire à Zurich où le voisin Lénine n’est jamais venu ; un commando juif tenta un casse chez les nases, Inglourious Basterds.
S’immiscer dans. Tendance no wash. L’acide tue les bonnes bactéries. Une boîte de Petri de bonnes intuitions. Ecosystème dans les poils paresseux. Quoi de neuf, docteur ? Technique du doigt mouillé, ma belle. Agent de zone humide. Du vent, Joris. Sayat nova. Page humide, livre abîmé. Principe constitutionnel de précaution grâce à la Charte de l’environnement intégrée au préambule. Tourner les pages – sans page Turner, Proud Mary – comme observer les étoiles : passé – poire (turbiné pear, disappear, Shakespeare, Jambonlaissé) avec singularité – se mire. Flashback : les sonorités du mot « convoitise » évoquent sans décesser un conil gentil[25] dans un manuel scolaire éclairé en isocèle par les rayons de soleil, comme les miroirs ardents d’Archimède ou de Villette, à l’inexorable ciel sec en boîte en fer blanc. Char détraqué de coulées de fonte hurlante[26]. What’s up, Doc ? Tout se débloquait d’un laps. Rembrandt n’était pas qu’un frigo® sans magnet. Gagnez une nuit devant La ronde de nuit. Secouez, Secouez-moi, boisson à la Tulp, quinquina pour quinquado.
[1] Selon Sceptique de Fos, là où il y a Eugène, il y a du plaisir.
[2] Le barbier et le pâtissier de la rue des Marmousets s’entendaient de conserve pour offrir leur tourte, tant adorée par le roi, à base de chair humaine – « le boucher a été très correct » selon Délicatessen (Jeunet, Caro).
[3] Les Beatles avaient acquis les droits pour adapter au cinéma la trilogie de Tolkien, avec les membres du groupe qui auraient joué différents rôles. Les ayants droit ont refusé.
[4] Vieux projet, ambiance à la Schnitzler, Vienne-New York de studio, fin de siècle. Arthur hante Eyes wide shut d’après une Traumnovelle : ce masque sur l’oreiller, est-ce un rêve ?
[5] Mise en scène du kiosquier à la mort de Roosevelt.
[9] La deuxième vague de cutter age fut le cut up ; l’échantillonnage ou sample, invariant, est pourtant un signe de modernité.
[10] Keitel, ingérable, puis Sheen et son attaque cardiaque.
[11] Tout comme Renata n’importe quoi de Catherine Guérard : le pauvre pigeon, symbole de bêtise, n’a pas le beau rôle dans la littérature, sauf quand il est messager – et encore puisqu’il est docile. A cause de ses nuisances, à cause de ses déjections, le pigeon, nourrit, malgré l’interdiction par l’article 120 du Règlement Sanitaire Départemental, par les enfants, personnes âgées, touristes et clochards, est l’objet d’élimination, jusqu’à son martyre, Giuseppe Belvedere (appartement►expulsion►voiture►camion) : poison (grain de maïs, blé), picots, petits pics (de type pics à brochettes), fils en métal tendus, effarouchage (objets qui réfléchissent la lumière tels que des vieux CD, de l’aluminium, des objets qui bougent comme un petit épouvantail en forme de moulin à vent, un vieux t-shirt sur un cintre ou encore des rapaces en plastique), cage mortifère de triste mémoire (électrocution, gaz), stérilisation, dispositifs électroniques avec certaines fréquences (boîtiers à ultrasons), fauconnerie, chasse à la carabine, plaques dites bouche-tuiles, ballons comme gros yeux, spray répulsif anti-pigeons.
[12] Expression inventée par Edgar Morin, l’intellectuel centenaire, qui rabâche les poncifs.
[13] Le mécanisme de la chasse d’eau connectée à l’assainissement, breveté au XVIIIe siècle en Angleterre s’est répandu dans les logements bourgeois français au XIXe siècle avant de se développer progressivement dans l’ensemble des foyers dans l’après-guerre.
[14] Les toilettes apparaissent, brièvement, dans La Foule de King Vidor en 1928.
[16] Ainsi Louis Rambert qui légua son corps en 1934 avec son compagnon d’infortune, Gustave Mailly.
[17] Ce poète maudit en ce qu’il transposera de l’Italie – cette feuille de chêne selon Pline à la botte dès le XVIIe -l’accord du participe passé malgré l’auxiliaire avoir, si le COD précède, rappelez-vous.
[18] Pour Sagawa – son frère aime se planter des fils de fer et des feux d’artifice dans le bras – à Paris, ce sera un sein cuit de l’hollandaise Renée, « belle à croquer », au goût de poisson cru, sur un lit de petits pois ; après le forfait, il ira voir West side story de Wise et continuera le dépeçage ensuite. Nicole Caligaris, étudiante dans la même promotion et buvant quelques verres avec eux, l’a échappé belle ; elle entretiendra une correspondance où il lui offrira Eloge de l’ombre de Tanizaki. Claude Sarraute se rebellera dans Le Monde contre le transfert de Sagawa au Japon. Il sera libéré, sera invité à nombre d’émissions, animera un programme tv culinaire, tiendra des conférences, écrira ses mémoires, peindra en signant avec une fourchette et un couteau ensanglantés.
[19] Il semble que dieu, s’il existe, joue finalement aux dés contrairement à ce qu’affirmait Einstein qui s’est heurté à ses propres limites concernant la piste féconde de la mécanique quantique.
[20] La cible n’est point Balzac – ce qui ne tient pas chez Robbe-Grillet, qui a le mérite, via Kierkegaard, de favoriser la reprise comme les insistances chez Stein, puisque le texte est tissé, contre la variation et la répétition, et où Boudu, Michel Simon, dans Boudu sauvé des eaux de Renoir, crache sur la Comédie humaine – mais Houellebecq ou Michel-pue-du-bec et ses écrits classiques post-balzaciens, peu pérennes, comme des rapports de sociologie, dont la profondeur et le style simple, empruntés à un domaine désormais supplanté par l’économie appliquée ici au sexe, n’atteindront jamais ceux de l’excellent Bove, sur fond de décadence fin XIXe et, parfois, de la SF. Michou est guidé par la haine à cause de sa laideur générant un besoin inextinguible de reconnaissance, de sa mère baba, peu aimante, convertie à l’islam.
[21] « la goutte, c’est une maladie qu’on a quand on vit trop bien et qu’on s’en fait pas assez. » Dickens, Charles. Les papiers posthumes du Pickwick Club, Chap. XX. Traduction de Sylvère Monod. Dans Les illusions perdues de Balzac, le père de Lucien de Rubempré, Chardon, ancien chirurgien reconverti en pharmacien, tente de créer et développer un médicament contre la goutte. Eviter 40 plats qui donnent la goutte (1935) de de Pomiane.
[23] Qui fit passer Molière pour Corneille, fixé sur les filles du parnassien de Hérédia, à faire frémir Michel Simon du pays neutre et ses photos pornos.
[24] Le prodige poupin aurait écrit le peu de dialogue dans sa brève apparition dans la pénombre. Il a cependant oublié que, comme les Suisses l’ont rappelé, l’horloge à coucou a été inventée par un allemand !
[26] Schmidt, Arno. Aus dem Leben eines Fauns. Bouquet, Stéphane. « Arno météo. 6 notes sur A. S. », TxT, 36, juillet 2023. On a marché sur la langue, p. 95.
Bruit du moteur du frigo®, gaz rare polluant, le fréon[1], chez chacun.e : émettre de la chaleur pour produire du froid, attention aux éons, Chevalier, aux orgons, Reich. Avec de l’eau chaude, les glaçons se constituent inexplicablement plus vite. Age du congelé ; avoir un coup de vieux quand les musiques d’enfado=d’enfance sont remixées et le vouvoiement énoncé systématiquement par les jeunes qui vous cèdent parfois la place dans les transports.
Moderne catharsis : schéma Z de La lettre volée de Lacan-dira-t-on[2] à la carrière politique éclipsée avec, dans commodités=fiantoir=restaurant à l’envers=cagadou=wc, une maîtresse rousse avec l’atelier de la génération, de Vénus=le tablier de forgeron, de sapeur=le théâtre des opérations=le quartier de devant=la caverne d’Ali baba=l’étui à clarinette=le petit Mozart=le rouge et le noir=la chatière=la crête de dindon=le croucougnou=la moniche=le trou punais=le museau de tanche=le baveux=le sourire édenté=le maître-autel=le beau dédale=le morceau friand, le guillevard=le guilboquet=le sadinet=le guillenard=le calibristi=le middle=le morveau=le trésor à crinière=la berlingue=la belouse=le biribi=le mirliton=le tirliberly=la salle des fêtes=le corridor des braves=la lampe amoureuse=la pièce du milieu=la porte cochère=le vieux grognard, pneu=la ligne Maginot=le petit appétit=l’Empire du Chicotin=la bouteille à miel=le cripsimen=le grobis=le dauph=le lèchefrite=le distributeur Gillette®=le vaisseau accoutumé=l’autoroute du Sud=les demoiselles d’Avignon=le Café aux deux Colonnes=le carrefour des enrhumés=le barathre noir, hypnotisée par Fuzz, disputée avec Whistler[3], L’origine du monde, Gustave Courbet[4] derrière le paysage suggestif du beau-frère Masson comme dans l’expo de Jean Clair, Freud, du regard à l’écoute[5] où trônait le baquet de Mesmer. Ayant, selon la formule de Jeanson, fait Kafka dans sa culotte, l’étron=mouscaille=factionnaire=poudre de Diamerdis est la couleur primaire : nous sommes donc tous peintres sans le savoir. Escherichia coli et entérocoques.
Ring de vie – tératologie, Wagner, Dupuytren : syndrome de Protée, elephant-Merrick[6]-Hurt-man, chez Lynch, salue le rôle au théâtre par Bowie ; côtés rectangle, carré parfois, quatre pour yeux deux, quadrature du cercle ou Calcul rare du détraQué parfois, section Dico des fous littéraires. Espace vital est parallépipède. Jeu de forces. Impossible n’est pas français. Pas de pétrole mais des idées. – Je pense donc tu suis -. Hypoténuse. Théorème limite. Sa marelle à la jamberotte. Peu d’enfer[7] dans la bibliothèque grandissante en arborescence jusqu’à la saturation. Recueils de signes. Etre isocèle. Prendre la tangente : vecteurs. Tir arc tendu. Paradoxe de Russell, les crocs, chemins de la liberté. Gödel, ses théorèmes d’incomplétude en réponse au programme de Hilbert, tutoie dieu.
Force est de constater : n’aime pas lire. Peu scalaire. Aucune congruence. Triste obligation scolaire. Trop d’efforts. Tout prof n’est pas Pennac ou Luchini, Le cercle des poètes disparus ; Green lit, comme anglais, Racine et La Fontaine dans son jus – jeu, set et match. Mal aux yeux. Epidémie de myopie à cause de la position de l’oreiller pendant le sommeil. « Epidémie » de glaucome dans le 69. Quadra presbyte guette now. Opération banale de la cataracte sous hypnose à partir du magnétisme animal et harmonia universalis – mesmerising[8]. Constance est plus un lac qu’une vertu où l’amour est plus froid. Mesmer[9], financeur de Bastien et Bastienne de Mozart, sera expulsé à cause de la jeune pianiste aveugle von Paradis – attouchements. Myopie résolue par la dioptrie – Descartes, Scopa ! crie Sordi – la vieille Bette ne crachera pas son fric, j’te fiche mon atout, sur un air de Nino Ferrer.
Hautecombe, Lamartine sur la réserve depuis la branlée des élections, Tresserve au bord du lac Paul Bourget[10] où se déroule le salon de l’aviation avec les avions renifleurs, des hydravions, une réplique du Concorde®, un Rafale®. La Saint Point du corps matin, de la famille du poète, femme du critique de ciné – « 7e art » – Canudo, prône le viol pendant la guerre dans son manifeste futuriste[11] avant sa conversion à l’islam. Les intellectuel.le.s français.es sont doué.e.s pour la myopie quand les yeux se battent en duel=regardent le diable au poirier=quand un œil dit merde à l’autre=un œil se crisse de l’autre=les carreaux sont brouillés=les chasses sont à l’estorgue – le pire d’entre eux. Jean-Sol[12], concurrençant « cinq minutes, douche comprise », détestait les tomates et révérait le Munster au grand dam des dames. Fallait-il avoir raison avec Aron même quand il craignait l’invasion des chars soviétiques dès l’élection du socialiste-à-dents-longues-limées en 81 avec des communistes dans son gouvernement ?
Duras, cette amatrice de roman-photos – sur Ramona chantée par Tino Rossi -, qui aimait faire dégorger le poireau[13] pour sa recette favorite malgré la main tremblante d’alcool, est l’une des plus grandes comiques du XXe siècle quand la pseudo pythie pour paumé.e.s[14] faisait mouche contre la vitre avec moult descriptions devant le petit cercle ébahi – tout est dans le débit, y compris de boissons ; débile, forcément débile, la duraille, celle qui se regardait écrire et qui filma[15] pour s’occuper et nous ennuyer. Duras-Platini : match vraiment nul, adapté en théâtre, sur fond de We will rock you et We are the Champions de Queen, l’appel contre la pluie à Woodstock[16], « Ce soir, on vous met le feu » d’après la polka transposée du tchèque Polka, Seven Nation Army de The White Stripes, popopopopopopopo. Rien, elle ne donne à dieu mais tout aux autres. Sa voix trafiquée à la fin de sa vie à cause du cancer de la gorge à force de cloper comme dans Alphaville de Jeancul God, L’année du dragon de Cimino ou Cérémonie secrète de Losey.
Livres audio, inspirés par la machine à faire parler les livres avec son je-ne-sais-quoi de métal de Savinien de Cyrano de Bergerac : oralité primordiale. Economiser l’œil, Peter. Difficile de capter le gueuloir, notamment chez pue-la-sueur Gustave[17] pourtant admiré par le russe exilé, synesthésique, négociant avec Pivot, qui le pourchassait depuis des années, du whisky dans une théière pour faire comme, chasseur de papillons et son verrat. Rien sur La chambre obscure de Clouzot sur le scénar dudit russe[18] avec l’aveugle Jouvet torturé par un couple façon La rue rouge de l’autoritaire Fritz FreLang, remake de La chienne de Renoir.
§ : Création est camera obscura. What’s up, Doc ? L’artiste est anarchique et tire dans le noir, selon Mahler[19], et construit des échafaudages dans le vide[20]. Un film avance comme un train dans la nuit. L’artiste est auxiliaire de vide. Pour vivre heureux, vivre caché. Seul Céline[21] abuse des points de suspension[22] pour figurer une oralité reconstruite. Voyage au bout jamais adapté en film.
§ : Rabelais, il a perdu, certes. Icigo, devine : il[23] sort ses gryphes en publiant Pantagruel et Gargantua ; l’éditeur Dolet en douleurs sur le bûcher. Ripolin®Amyot, Vaugelas, fils de juge : barre-les crie Rabelais. Il ne faut pas pousser la grammaire dans les orties, juste la syntaxe. Il faut écrire mal armé, Stéphane, mais avec curiosité et rigueur, comme Beckett, ce La Fontaine d’avant-garde sans moral, qui inventa une langue en décidant, en exil, d’écrire en français. Pas de ci pas de ça, la France ne signe pas la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Bretons, Corses, Occitans, Picards et al. Collectionner les brichetons=mots selon. Sur rivage, saisir les derniers tremblements, comme un principe d’incertitude d’Heisenberg, du papillon rare eupithecia nabokovi au virage. L’avenir de la littérature française réside dans les apports des francophonies, Caraïbes notamment[24], Caramba. Caresser la peau du monde – Prigent récuse cette expression alors que le phénoménologue Merleau-Ponty évoque la « chair du monde » – compte-tenu du paradoxe de Russell et de l’inadéquation des mots au monde – sens sont dans béances. Déjeuner avec Wittgenstein, Ludwig inspire Stein.
§ : Les auteurs de littérature française, soit des bons élèves bien appliqués=poesy, soit des cancres fiers de leur posture, ne savent que recracher leur leçon – avec huître=crachat, achtung Artaud au gamelan contre Bach, ou non. Obligation de clarté, des bons mots, la maîtrise d’une langue unifiée[25], la perfection étroite qui se souhaite, en toute illusion, universelle[26], jeu d’étiquettes et entregent avec carnet d’adresses, classement sec, chacun dans sa case, chacun son stéréotype. Créer, c’est ruer dans les brancards donc ne correspondre à aucun créneau voire, encore mieux, de l’inventer.
Longtemps l’impression, malgré l’enfilade de mouillantes=bouillantes=soupes avec des lettres d’alphabet pour soupatoire, de ne pas savoir lire=comprendre les imprimés à cause de diverses méthodes scolaires[30], sujets d’âpres débats comme la France les aime, au gré des déménagements et des changements politiques. Ratures littérales = litté-rature[31]. Peur de crucifier les papillons-mots, eupithecia nabokovi, bulles de savon irisées en vanité, pâte-mot selon SokraTe mort en costard, dont la grammaire, truffée d’exceptions comme le brie=côtelette de perruquier, de vache, de menuisier=entrecôte de lingère, de brodeuse – ce «roi des fromages » selon Talleyrand au Congrès de Vienne -, méldois (AOP), meluniais (AOP), columérien du tout, nangissien et tien ou provinois, est un mille-pattes. Seule l’odeur âcre des livres anciens, hérités dans la bibliothèque d’acajou, avec confiture d’abricot=beurre d’oreilles=cérumen sur pattemouille en peau de siamois, comme encaustique afférent comme le parquet de bois craquelant, chevauché prudemment avec des patins infligés par une TOC du côté du Pont de la Révolte dionysien, vers chez Cavanna et Daeninckx, l’embaumera. Chaque volume exhale un parfum différent. Inégalité soucieuse[capital culturel].
Caresser le dos, la couverture, pour le Daumal. Shön brune Say Say Say Shōnagon. Passe ton Bashō, banane ! Faire les Feuillantines. Chemins verts de Greenaway qui ne mènent parfois nulle part, no way out Hölderlin en sa tour. Wozu ? To lose, en ville rose, Losey blacklisté – vil. Beauté des plats en reliure dorée sur tranche avec nerfs. Microcosme des pages de garde marbrées. La monomanie du maroquin détectée chez le baron hollandais Westreenen van Tielland.
Les pages réunies dessinent parfois une figure sur la tranche. Flipbook=folioscope=feuilletoscope=feuilleur fait flipper – pouce. Spins. Une bibliothèque est un tout organique, en évolution, qui crée son propre écosystème. Mots en chats de Schrödinger ou du Cheshire. Le bibliomane de Nodier, le Dico des mots du sexe. Spinoza encule Hegel, Hipparque nique Ptolémée, Rimb’ encule Verlaine[32], Philosophie de la misère et Misère de la Philosophie, Marx nique Proudhon, France sodomise Proust, Fantaisie militaire. Bière et mise en bière. Le dico du diable comme bible[33]. L’érudition est une poussière tombant d’un livre dans un crâne vide. Des tapisseries causent vieux françois lors de la guerre des ligues. Le grand couloir au Vatican s’anime avant la chapelle Sixtine – !Zitti Shut up crié et répété en haut-parleurs. Hapax. Jeff Séquelles et Jelle de Bour. Une partition ronéotypée trèspeulue par un obscur catholique polonais en Suite suisse : Du triunisme en tapuscrit, l’ère de trois n’aura pas lieu. Apax. Isthme d’-ismes. Suis-tu ?
[§ : ? – : En moi, coule l’Arno. Jamais vecchio, le ponte. Le fleuve charrie la boue du réel en son épaisseur en tableaux synoptiques dans Calculs[34] que corrobore le Cinéma intérieur de Naccache. Vitesses : paradoxe de Zénon. Que nul n’entre s’il n’est schmidtomètre. – Sujet pour thésard : confronter la conception du temps chez Bergson et Schmidt (notre autodidacte hurlerait de rire !-)) – Anneaux de Berechnungen. ? : Sa tératologie — Entre autres : trilogie des Enfants de nobodaddy + Soir bordé d’or : une farce-féerie : 55 tableaux des confins rust(r)iques pour amateurs de crocs-en-langue. Hommage à Nadeau et alii jusqu’à Tristram (: éditeur, race tant adorée par schmidt !). Entrer en schmidtie, c’est se nourrir du rire du chaos en jubilation des mots ; la peau du monde à l’étal noir sur blanc ; digresser en abîmes ; plurivers singuliers. Après Sterne, c’est la star. —
Schmidt, c’est comme Dupont, Martin, Moretti ou Smith ? – : Oui mais celui-là est vraiment spécial. Pasbanallebougre. Chancelier Helmut ~ — ! Les journaleux écrivent : c’est le Joyce allemand – cliché ! cliché ! Schmidt, c’est la cantatrice chauve à la voix discordante de l’Allemagne. Supernova du crépuscule. C’est l’escrimeur qui touche juste, toujours. D’où la ponctuation inédite et adéquate. Nicht die nacht notte nicht die nacht night nicht die nacht noche. En chambre de discernement avec force remue-méninges, trotte à toute vitesse la phrase de Celan « La mort est un maître d’Allemagne. ». Schmidt tripote l’humus de la mauvaise conscience allemande, déterre les cloportes au grand jour. C’est celle-là, la voie de la cantatrice. Schmidt est un solœil lucide. Les journaleux écrivent : le Bern hard[35] allemand – cliché ! cliché ! Une lampe de poche dans le tunnel d’Oxydant. Jean Wahl Jean l’a écrit son Malheur de la conscience dans la philosophie de Hegel, l’élève juif de Bergson, introducteur d’Heildegger en France qui refusa de serrer la main de Martin. Il l’a évité de justesse l’arbeit macht frei grâce à un royaliste membre de l’Action française. De la transascendance chez Schmidt, affirme le thésard. Mais qui en _rance – depuis bien longtemps, notre pays a perdu sa majuscule – aurait les c_______ de dire que nous sommes un pays profondément antisémite ?? Où sont nées les idéologies totalitaires ,, Qui ? ! Pendu haut et court _ . Oui, oui la patrie des droits de l’homme, bien sûr. BHL ? BHV de la pensée. Schnaps Schmidt brûle les boyaux pour notre plaisir.
A défaut de GWF, parlons de JW von. C’est sans pitié qu’il le cancelle. Quel culot, l’Arno ; c’est revigorant. Il lui préfère Wieland, Holberg, Moritz, Schnabel, Tieck, Wezel, Cooper, Swift, Scott, Cramer. Etre noir d’amis d’entre temps : la librairie d’autodidacte, son château Eyquem ; à la main Magna servitus est magna fortuna. Il va vers l’épiquaresque, l’ours du lande de Lunebourg – ça sonne, ça : ♪ lande de Lunebourg ♫ lande de Lunebourg. Mieux vaut Fouqué que Fouquet. Alors, il s’y consacre, l’enfant terrible. Il traduit Cooper more and more. Et problèmes pour pornographie, pour remises en cause – censures encore et encore. Arno passe outre les on-dines. Il est comptable à personne, l’exhaustif. Un esprit libre – la liberté a un prix. La droiture du subversif : Schmidt & Wesson. Se con fesse au renard. Schmidt = posture.
Un jour Beckett conseilla à Federman d’écrire à fond sans se soucier de. D’outre-tombe ;;depuis 1979 ; A.S. intime. Et j’ai tiré la bonne carte : « Poète, écris à coups de poing », c’est dans Aus dem Leben eines Fauns – ça c’est comme gravé là. Arno m’a légué le courage d’écrire, d’aller jusqu’au bout sans concession. Cryogénie au panthéon personnel. Serendipity. En moi, coule l’Arno. Mon maître est venu d’Allemagne « Un crime derrière chaque mot ! » écrit Novarina[36] dans Le drame de la langue française dans Le théâtre des paroles. Arno, c’est de la bonne. Les débuts de phrase sont des injections – ! sic : dixit lui -, un fixe sur papier. Les mots sont en guêpière. Et là, c’est l’extase. Arno est un contrepoison en cornue. Arno abat les cloisons, les murs, même de Berlin.
! : Et la poésie, quelle poésie. La lune est déclinée comme jamais[37], comme jamais – lande de Lunebourg. C’est mordant, c’est tordant. Bargfeld follies. Télécharger son Riehl player – travail de titan pour la traduction dudit. Il est dur de restituer le réel digéré et vomi d’Arno – de Lillo rêve d’écrire un livre sur trois minutes de la vie d’une personne avec sa somme d’affects, avec les sommes de nos nous. Arno l’a fait. Pour paraphraser Adorno : il est impossible d’écrire après ArSchmidt. Arno est un passeur, Jirgl – prix Büchner – s’en inspire. Arno est le ponte vecchio, frais debout. Un jour, un magnat lui donna la $omme égale au Nobel. De la dynamite car c’était nécessaire, Arno. an = bn + cn. Il inciterait presque à me mettre à l’allemand – ne pas connaître uniquement blaß mir einen. Premier mot : weltanschauung. Puis : volksgeist. Arno militerait-il pour le maintien du ß ? Parles-tu le Schmidt ?]
§ : La basse de Flea des Radote chili peppers. Etre à sauts et à gambades avec vitesse[38] à la Tsvetaïeva en mode urgence, à la façon de l’éborgné à coup d’agrafeuse, Tex Avery – Gimme some more de Busta Rhymes, de blocs piochés dans un Pet words à la Good vibrations des Beach boys, dont Brian Wilson, ou dans le Journal de mes sons de Pierre Henry, des connexions inédites du logiciel son en acousmonium de pièces d’Aperghis et de LouBez, de John Zorn en buvant Eyquem[39], ce célèbre auteur d’un livre sur le rugby[40] sur l’ongle, Les essais, inspirant Proust[41], dont l’intérêt, outre d’interminables descriptions[42] dignes, parfois, d’un collégien maladroit[43], inspiré par l’historien d’art anglais, éculé jusque dans sa grammaire et sa syntaxe, un skin russe ennemi de Whistler, est la translation de sens et de sensations sur fond, à compte d’auteur avec force complaisances et lobbying[44], de critiques de salons[45] et sexualités[46] en société en mutation, anticipant le sexe des modernes[47]. Gare ! Montagnes russes avec ou sans cigarette. Mieux vaut profiteroles que paperolles=béquets=retombes=post-it® [inserts : copier/coller]. Jean Sans œil n’a qu’un œil. Proust générera nombre de pseudo[48] – légitimation – en République des lettres. J’ai pleuré quand j’ai terminé La Recherche, dit-elle. Manger avec Houang (Kia-tcheng), ce chinois, prêtre catholique à Saint-Eustache, spécialiste du bouddhisme en France, des raviolis chinois magnifiques, complexes, au goût multiple chez Du côté de Tché-Souan.
A la recherche du pain perdu, ce french toast. Ne plus petit-déjeuner depuis la révélation que, en palimpseste, la madeleine fut, dans une version antérieure, du pain rassis, grillé, une biscotte[49]. A sa décharge à 320v, le grille-pain est l’invention complexe la plus inutile de l’anthropocène ; les archéologues du futur, perplexes, s’interrogeront sur la fonction et l’utilité de cet appareil. Les plombs ont sauté. Les hommes politiques sont des fusibles. Perfection par le taxidermiste : un lapin mort, élevé en cuniculture, transformé en grille-pain. La carotte[50] est trop sucrée pour être mangée par un chechoï=lapin. What’s up, Doc ?
La poussière entre les pages jamais ouvertes déclenche derechef une allergie. Chiures d’acariens à vue de nez. Ileli est asthme. Y viendra aux livres électroniques : la santé et le manque de place. Ancien et nouveau cohabitent, un classique : oral-manuscrit, passage dénoncé par Platon, manuscrit-imprimé, ce dernier imitant cela puis devenu indépendant. Ceci tuera cela. Le petit immortel goncourisé à moustache ou koala[52] – à force de s’arracher les cheveux – au pseudo emprunté à Le rivage des Syrtes de Gracq et sa dénonciation de la littérature sans estomac -, fit faillite – avoir raison trop tôt.
Faire courtine avec les pages attachées. Shibari à gorge déployée. Cyprine noir sur blanc. Plaisir des découvertes. Sens s’arrache. Illusion de l’osmose. Croyance magique : la totalité du contenu d’un livre aspirée d’un coup d’œil. Le MIT développe la caméra à rayonnements térahertz avec algorithme – encore un – selon la fréquence émise par la page fermée dans le livre. Ses préférés livres sont sous blister comme l’ultime, érotique, du suisse Ches$ex. Le Bayard évoque avec sapience les livres non lus pour le dîner mondain. Ça s’imprime, là, le livre. Révélateur. Lis assis dos sur lit. Tu me dis comment tu t’installes en lisant, dans quelle position et où, je te dirai qui tu es. Lit est page : de naissance à roupille dans le nanot=grand=pageot=portefeuille ; commencer en couches et bavoir, en landau, terminer, 8e incontinent, en couches, déambulateur, en fauteuil roulant puis expirer seul en linceul entre murs blancs[53] : né plusieurs, mort un seul[54], l’humain fait sa rêvolution. 2001 L’odyssée de l’espace, inspiré du non polaque Ikarie XB1 avec les intervalles atonaux, concurrencé par la commande de l’URSS[55]. L’homme n’est que poussière, c’est dire l’importance du plumeau selon le chroniqueur de La Montagne, traducteur du fantaisiste Kafka Et c’est ainsi qu’Allah est gant, Fuzz.
Comme on fait son lit – expédié à coups de poings -, on se touche. La nuit porte sommeil. Sauf insomnies en somme. Le lot nocturne quotidien. Lune pleine=luisante=moucharde=cachet effervescent=cymbale. Crimes & loups-garous. Grosse lune=pain à cacheter=lune silente=veau de la lune[56]=monstre de lune. Marées, castagnettes de pinces de crabes entre les détritus en plastique, baisse du temps de sommeil. Eclipse chorizo. Se faire couper les tifs comme Déméter sarments. Bois luné incassable. Rêvation de Dark side of the moon, de la face cachée de la nulle, désoccultée par les chinois[57] après la tête de la femme de Méliès[58], énorme dans le ciel pur noir, loin du noir résolu des imprimeurs, prolongé par les montagnes de neiges éternelles saupoudrées au son de Quand la musique est bonne de J.-J. Goldman – BOUM ; year, au soleil menstruel[59], les flamants roses de Camargue en camarde car trop saline à cause de la montée des eaux – Le salaire de la peur succède aux westerns. Miami Inherent vice, impuni, à force de lire. De la brune sous mimosas. De la coke sous les palmiers. Les vieux se la coulent douce. Page est Pamela Anderson ou Bilitis sa toile, Don’t beat it Dirty Diana, princesse. Aleister dos crawlé sur Pessoa ou Led Zep voire Bowie pour lutter contre la cambrure congénitale.
Ne pas fêter son non-anniversaire transposé le jour marquant de la fusée Saturn V lors de la mission Apollo 11 aboutissant finalement au premier pas sur la lune filmé dans la pseudo version alternative de Kubrick. Moonwalk one de Jackson, Moonraker avec Lonsdale échappé de chez Duras, évoquée dans Destination : lune. Un Petipa pour l’home en sweet-shirt et claquettes chaussettes – manger-bouger. Odeur des bougies à peine éteintes – mèches courtes – sauf quand un plaisantin leur substitue celles qui se rallument automatiquement. Poser un lièvre[62] qui mange un Mars® quand court la haze. Quoi de neuf, docteur ?
// j’aime le lit car c’est le seul endroit où comme le chat je puis faire le mort en respirant tout en étant vivant //Les acariens peuplent sa filasse=galette=son matelas=mouton=serpentin soldé trop vieux où, langueur oblige, ileli, hommelette[63], glandouneux, -euse, sans secousse, s’étale, évaché.e, à longueur de journée ou l’art de faire du lard=d’avoir la chienne=fader=se radasser=s’accagnarder=balocher depuis sa maladie du baiser=mononucléose infectieuse et échange de 80 millions de bactéries tout en actionnant un nombre impressionnant de muscles. Nul besoin de coach paresse. Au-dessus, une reproduction du péché capital par Teniers le jeune : jouer sa carte. Dessous, la phrase de l’égyptien exilé Cossery, ami du peuple, « L’oisiveté est indispensabe à la réflexion. » depuis l’hôtel Louisiane où ileli fit l’amour avec une poétesse – classique, avec jeux de mots – portugaise, pharmacienne, chercheuse en théorie du design. C’est un lézard, un hareng, la gouape, une fenasse, un flan mou, un.e saint.e lâche, un.e malade du pouce, un.e sublime. Trône un diplôme ès paresse du primus inter paresse de la confrérie du cigalon – « se faire un pénéquet après s’être pété le bédelet » – encadré avec des tickets de caisse, matière première à poésie populaire malgré l’abstraction comme posture. La vie est croûte.
Puces de lits=satanées bardanes s’étendent. Les dompter comme Charlot. Méridienne sans pause malgré le syndrome de l’anus sans repos. Récamier sans salon, mariée avec son père. Dark side of the mom : black Freuday, à sa solde, être esclave de la consommation. Surmoi trop présent, c’est ça. Le lit est son QG. Avoir le moral dans les chaussettes orphelines. Nul panneau de liège avec des poudres projetées et Céleste qui veille. Pas feu au QG malgré la lune pleine. Gare au Garou, Notre-Dame en feu, cancellé=effacé=lessivé, l’auteur de la kitsch flèche, Viollet-le-Duc, désirait restaurer les Alpes après sa chute dans la crevasse, vu que le sommet du Mont Blanc évolue. William inspire une fois qu’il expire. Juste la photo de la pochette de vinyle de U2, War, cet enfant irlandais grave aux yeux clairs qui vous fixent, gravée dedans – Un missile a élu domicile. Ileli n’aime pas les affiches de fan placardées au mur. Seules les constellations des deux hémisphères en pastilles fluo comme des noix=lobes de cerveau au mur. Tout de même, trône en NFT acheté sur le site OpenSea et Showtime avec la mention « Hope you like it ! », la photo agrandie de la radio d’un avant-bras transpercé d’une balle de kalachnikov, issue du dossier médical d’une rescapée du Bataclan, par un chirurgien, heureusement condamné.
§ : La phrase est un système planétaire, avec des trous noirs entre les mots ; être dense comme une étoile à neutrons avant de devenir supernova, avec sursauts Lorimer. Le radiotélescope d’Arecibo s’écroule comme son monde. Des deux mots, choisir le moindre. La poésie est admissible[64] si les silences sont malaxés en verbi-voco-visuel[65]. Comme la majoritaire antimatière, le silence creuse les sens puisque le mot n’est que le haut de l’iceberg – tropisme. Colère l’habite – foie. La poésie, à bout de souffle, a tenté de puiser sans succès sa création dans les arts plastiques causant un bref rebond[66] ; le pire étant les plasticiens qui se targuaient et se piquaient de poésie, une catastrophe. Une bombe derrière chaque mot. Arc électrique avant arc narratif. Stormy weather. La foudre gouverne toutes choses [frag. LXIV][67]. Temps malade : il fait d’orage. Prendre le pourpre, la turbine, la foudre, l’éclair, l’élicie, l’arge, le lanciz : convection de cumulonimbus en enclume – ascendance dedans -, en ligne de grain avec chapelet ; claquage – effet dans plasma – d’isolant à l’état ionisé ; traceurs en double arborescence. Sphères jaune-orange en ionosphère. TLE=elphes, TGF=flashs gamma ; sprite=sylphes rouges=méduse inverse=jets bleus. Hydroxyles et hydropéroxyles nettoyeurs. Purple rain. Mots sont fougères=figure de Lichtenberg=arborescence électrique. Fulguration. Enterrement rituel de la foudre avec du sel à Pompéi. Nulle aubépine dans le bocage. Tesla, cette guignolante bobine incarnée par Bowie, sensible comme une chauve-souris, né pendant les orages, se protégeait des vibrations avec un lit reposant sur des socles en caoutchouc.
Rentabiliser loyer trop cher par un taux d’occupation maximum jusqu’aux reproches – Trop pot-au-feu ! – du proprio FN/RN qui s’en vante, ___sieur vautour[68], du dessus pour lui payer sa résidence secondaire chez ses congénères racistes dans le Gard, ses fringues à la Barclay pour sauver les apparences, ses voitures polluantes comme sa 4*4, ses motos, ses vélos et son buggy, ce quad de Crown des-bacs-à-sable sorti deux fois par an jusqu’à faire trembler les voisins du quartier, masquant une retraite chiche après avoir arrêté de travailler à moins de quarante ans – toujours un gamin, le vieux. Pastis & boules – il ne baise jamais le cul de Fanny, même pas celui de sa flanquée=bague=brodeuse=chandelière=fenne=marmotte=panuche=digue=cocodète=douillarde=juteuse=YL=vieille rouge, plate, coquette, qui tape du talon et porte la culotte, que le macho engueule tout le temps avec des velléités de démon de midi avouées au creux de l’oreille. Il arrondit sa retraite avec sa rente d’appart’ et son orchestre de reprise de Johnny et Eddy – qui trouve Bowie ridicule -, Delpech, etc. ‘C’sont pas les noirs qu’ont apporté l’rythme qu’ils l’ont d’jà dans la peau, hein ? – Faisant trop de bruit, un voisin, complotiste, collectionneur de briquets, fumant compulsivement du haschich, alors que son proprio, invisible, est flic, se présente, fulminant, en déclarant un duel avec le choix entre la machette et le sabre japonais. Pays d’héritiers en monarchie élective. Suis mouchique à sec. Se camisoler : ourserie. Murs fins comme papier à cigarette – OCB, Oxyde Carton Blindé où elle tire la langue – soit plus un Malaparte[69] qu’un Bonaparte. S’acagnarder. Ailes d’ange anatomique, inspirant Prévert, comme l’aigle de sang, torture viking, en manches derrière – grenouilles, abats de renne sauvage, estomac de porc, tentacules de poulpe.
Un voisin efféminé, la soixantaine sonnante mais pas trébuchante, teint en blonde, moins beau qu’Helmut Berger mais plus que dans La cage aux folles. Assurancetourix chante avec une voix aiguë jusqu’aux whistles. Derrière un galandage fin comme du papier à cigarette, un noyé de clopes et d’alcool, un ancien d’assurance gémit – il y a de l’oignon – de douleurs dépressives à peine adoucies en tronchant diverses femmes qui s’exercent à gémir d’autant pour exciter le mâle. Après l’amour pisser sagaie : terminer inévitablement dans le buen retiro=fientoire=une caisse des dépôts et consignations=un numéro 100=être à droite=aller où le roi n’envoie personne=un cabinet des grimaces=aller où le roi ne va qu’à pied=wc où il lâche de l’eau=fait le petit=lancequine=change l’eau des olives=fait pleurer son aveugle=lance=écluse=change son poisson d’eau=quimpe la lance=lascaille=pleut=arrose les pissenlits puis flushe la toilette. Vos luttes partent en fumées. Un couple musulman : le boxeur gémissant se taillade devant sa femme en pleurs. Ils se défoncent sur les lames du plafond, passé l’orage. Boy meet girl, Modern love et plus si lovés.
Jeunette genre, selon les canons actuels (indice de masse corporelle, rapport cuisses/hanche, entre cuisses, taille/seins/fesses), odeur vanillée, cheveux de jais longs attentivement lissés et talons hauts dans une collection pléthorique de chaussures (Encyclopédie Comprendre la femme : vol. 1 Les pompes), avec force talons aiguilles pour montrer la hauteur de son exigence sexuelle et de distinction sociale avant de devenir un sac à patates en baskets à la Lolita, ébranlant l’immeuble chaque matinée, pour faire comme et appeler le mâle – éthologie -, astigmate comme le télescope spatial Hubble. La fille de militos découvre le sexe via Tinder® avec un chauve style chimio de son âge sien puis une armoire à glace barbue, déjà passé de mode, façon hipster à la Garibaldi pour affirmer sa virilité au poil[70], sur fond de musique radio, mode porno. Faire comme. Les mêmes cris étouffés avec des mecs différents. Faire comm. Cendrillon ne trouve pas Saussure à son pied qu’elle ne prend pas. Une française sur trois est insatisfaite : coq écorné.
Le Père Noël[71] est lassé des cheminées, les rennes en extinction – échappés du Kvarnen en Södermalm – sont en grève, la zoophilie augmente tout comme le cancer du gland -Pey évoque ces canards, mis dans des tiroirs, enculés dès la tête coupée dans le sud-ouest. 40 % des hommes se pognent au travail, 30 % des femmes : clavier pas tempéré. Le tiers des cadres font l’amour pendant le télétravail. La norme depuis ladite libération sexuelle. Difficile liberté. Injonction du jouir, le culte de la performance. Mode échangisme puis sado-maso puis trouple ou le rêve en catalogue CAMIF®, Jacquie & Michel® comme Jacob & Delafon®, Marx & Engels. Au pays du chocolat, la femme préfère lesdites douceurs à l’amour. Un bon placement.
Ainsi son clone mort sans humour de clown : greffe rejetée. Autre, cet antre. Ileli aime l’odeur de pisse rance des printanières glycines en cabinet, fait main comme gloriette, au fond du jardin[73] – écommuns=toilettes sèches sans le moustachu d’Astaffort – ou dans la cuvette parentale nocturne, des traces rouges, ses lunes=époques=classiques=camélias=soviets=coquelicots=rougets=mâles semaines=mois=triqueniques=le petit clown saigne du nez=ses babouins=elle a le nez cassé=fait relâche=son échéance de fin de mois=afficher complet au Grand-Guignol=elle casse la gueule à son porteur d’eau=bande sur l’affiche=à cheval sur un torchon=se bourre la dinde=fait de la sauce=a l’hémorragie à la cheville=son drapeau en berne=repeint sa grille en rouge=le fourrier de la lune a marqué le logis=s’est taché la moquette=a des ennuis de plomberie=de la visite=reçoit sa famille, ses cousins, tante Rose (un vrai Cluedo® !)=a son prince russe=son américain=l’armée rouge est en ville=elle reçoit un courrier de Rome=a son cardinal=logée à la grande motte=voit Sophie=pavoise=a les confitures=sa rue barrée=son calendrier rubriqué=la pluie des mois=les anglais ont débarqué=la balançoire à Mickey=jouer oncle Vania pocket® – Julianne Moore chez le dernier Malle, Drive my car d’Hamaguchi -, love. What’s up, Doc ?
Un tabloïd intello, Voiçà traduit de Ecce homo, sur le rebord : Elsa Morante a sucé l’homosexuel notoire Visconti ; Aragon a fini comme une vieille folle communiste ; Les yeux d’Elsa ont été écrits, selon Tavernier, pour la mère de Bebert, femme du revuiste, éditeur et résistant, et non pour la Triolet qui en a éprouvé une extrême jalousie ; l’auteur de Sur la route n’avait pas le permis ; Freud était passionné de chows-chows ; Heidegger s’est tapé son élève juive Hannah Arendt avant de devenir nazi, il gardait ses chaussettes tyroliennes pendant ses ébats ; Mauriac, de la famille de Proust par alliance, était un homo refoulé avant de perdre sa voix ; le macho Nougaro a eu des relations homosexuelles ; entouré de femmes, Langlois, le tyrannique et peu méthodique directeur de la cinémathèque, était un homo avide devenant un homme de poids ; Camus n’aimait pas le Meurseault ; après une relation rapide avec la chanteuse et actrice Streisand, Roth-queutard-Portnoy s’est fait poser un lapin magistral par l’actrice Kidman hors griffes de la scientologie; la chaude Nico a rejeté le queutard Léonard Cohen car elle aimait les beaux mecs, du coup il s’est fait sucer par Janis dans le Beat hotel ; pour Houellebecq, il est important de baiser avec deux femmes, une qui lèche les couilles quand l’autre suce ; rencontres ratées entre Proust, ce fils et frère de médecin se plaignant de son ventre, et Joyce[74] évoquant sa vue qui baisse, Céline et Renoir à propos de La grande illusion, Céline et Artaud, Breton et Freud, Dali et Freud, Bowie et Warhol, etc.
Selon le souffreteux et branleux philologue Fred Nicht[75] : « Mieux est ‘dors’ », phrase amplement commentée. Pas du matute, pas de l’après-midi – piquer son chien=sa place -, pas noctambule non plus. Réactance : landore pour rabasseur. Ileli n’a qu’un soupir de vigueur. La nuit remue. Se renverser : tenter de dormir=repiquer=fermer les châssis=taper l’œil=faire Michaux=voir en dedans. Rester interdit, inédit, hors saison, √5 + 2i. S’emplir de la chaleur de son corps unique. Vie est coquille. Comme Eurydice selon Jellinek, « Je ne suis rien. Je suis ». Comme l’écrit personne=Pessoa ou l’un de ses hétéronymes, « Je ne suis rien. / Je ne serai jamais rien. / Je ne peux vouloir être rien. / À part ça, j’ai en moi tous les rêves du monde. ». Tendre vers un beau zéro tout rond. Invention fondamentale : mayas►indiens d’Inde►Al-Khwârizmî et l’algèbre et son algorithme►zéphirum de Gerbert d’Aurillac devenu pape►Léonard de Pise, et son penchant, dit Fibonnacci usité dans les compositions de Stockhausen. Abeilles comme Maya, décimées[76], connaissent le zéro. Saint-Simon Mande ville. Découverte d’une lettre d’Einstein adressée à un éthologue où il établit que les forces magnétiques terrestres ont une influence sur l’orientation des abeilles. Miel, met international selon le spécialiste mondial du droit de l’environnement sis sur un site de faitières=coguenaudes=stryges=guenaudes=saganes=sorcières jurassiennes – le démon ne chasse pas le démon – amatrices du sabbat mater, vain dieu jaune – satori en pissée=lance de bain qui chauffe=farinante d’estivale avec turbine=arge=pluie avec odeur de terre mouillée ou humer le petrichor à partir d’huile végétale sécrétée et particules de géosmine – fragrance terreuse et musquée produites, selon Bear et Thomas en 1964, par les actinobactéries et les cyanobactéries telluriques.
Dans la verdure, piocher une tige épaisse et charnue de belladone de la tristesse[77] – souffrir pour être belle, ô vénitiennes, avec la dilatation des pupilles, jusqu’à mourir ;-( par atropine. Distanciation sociale ni kantienne ni brechtienne vaut mieux deux ton aura. La plénitude de nulle chose[78]. S’effacer, se vider pour être une éponge. Vivre dans l’éolienne comme Joyce dans sa tour Martello en tête à Sandy Cove – roque ?
Inspirer, coller le nombril près du sol. L’un dans l’autre, plus d’échanges financiers avec force algorithmes que de copulations par seconde. Se coucher en chapon, en position fœtale – conseillée par divers praticiens – dans le bardanier qui croque. L’occasion fait le larron : solstice, pleine lune, éclipse. Rave, rêve, grid, pattern. La spiritualité des derviches tourneurs, l’épidémie de tarantella en 1518, le mal des ardents avec l’ergot de seigle.
Voix à la radio, bloquée sur la même station, berce à s’en cogner la tête. Ce générique de Jarre pour le TNP ; un morceau de Vladimir Cauchemar avant le Sacre du Tympan. Apprendre sans effort. Inframince. Sur les rayons, rangés sans ordre, dardent les babillards de Sceptique de Fos, Sterne, du groupe Oblomoff, Lafargue, Stevenson[83], Coppée, Perec, l’anthologie des poètes scandalistes chez Nique les éditeurs, Le Ponge de Soliphile, Henri -avec hasch inspiré- Chie-mots avec morphine et tétrachlorure de carbone et al. Tcha-tcha, Bruce lit, réchappé d’Il était une fois Hollywood, Opération dragon versus drag queen, jusqu’à sentir un choc dans le plexus solaire avec sa cage thoracique bloquée. Cellulose et lignine du papier libèrent des composés organiques dont l’arôme est la vanille, l’amande[84], les douceurs (éthylbenzène, éthylhexanol). On ne se baigne jamais deux fois dans le même effluve, la vague sans fin modifiée emmène sur le sable ; développer le macrosmatique. Des livres qui se lisent d’une main, d’autres qui vous tombent des deux comme Selle du baigneur du Cohen, ce roman de 1968 ultra contemporain, à côté de Tout sur ma merde proche de L’Art de péter, ce best-seller d’Hurtaut qui heurte sur le tard, chez Florent Q, rue Pet-en-gueule, au Soufflet, en Westphalie dédicacé en cette ville de double Collomb par cet amateur de pet-de-nonne Pujol=pétomane de Phocée qui débuta à Chave pour aller à chai, du Merdiana et du Péteriana,[85]Le rouge et le noir, c’est un Stendhal selon le secrétaire général du PC, outré que le noir soit finalement accolé au rouge, l’ésotérique Au-dessous du volcan, merci Nadeau, retraduit en Sous le volcan de Lowry[86] ou 1984 du didactique et idéologue Orwell où la novlangue, inventée par la femme d’Audiberti, a disparu de la nouvelle traduction. Affres de la tombée dans le domaine public. Mein Kampf est publié, en français avec un appareil critique, pour la fête des pères ; il est le best-seller de l’été – silicone et neurone ne vont pas de pair. L’intelligence artificielle – là où l’humain est, réside l’emmerde, l’erreur – est otium du peuple.
Désordre est création. La Fonction du balai, héritée de Méditation sur un balai de Swift, selon l’écrivain-tennisman suicidé David Foster Wallace. Letou Match point ? Pas de côté comme crabe : être isocèle. Couenne de lard=brosse à cheveux Alexandre® en poil de sanglier dans le verre tulipe à whisky, Port Charlotte® 10 – 40 PPM en Bruichladdich® d’Islay, ce qui n’est que billevesée à côté d’un Octomore® – ou Ledaig® 10 ans de Tobermory d’île de Mull, parfait pour le personnel Je sais où je vais de Powell-Pressburger chez leur Archer ou The Wicker Man d’Hardy, Révolte dans la vallée de Wilcox d’après le Walsh de L’homme tranquille adapté par Ford – l’origine du whisk(e)y est irlandais. Fourchette dans chaussure. Couteau pour beurre pour trancher menu l’ail.
Porte abat-jour comme portemanteau. Chaussettes gauches trouées comme maniques. Chou-fleur dans l’escarpin du fétichiste Avida Dollars en Gala. Souris noire compatible IBM® avec ail de Provence, bien enlever le germe, les flageolets de la Belle époque attendront. Malgré sa théorie de la réémergence des objets, escape game quotidien pour retrouver son bien, sans omettre le principe d’échange de Locard – ce crimilologue hématophobe=ayant peur du sang. Pas gaie, la pagaille. 120 BPM et beat qui bronze avec la voix aiguë de l’écossais Somerville remixé par le colosse Zend Avesta aka Rebotini aux cheveux gominés. Vie est art.
[1] Dont le logicien Gödel avait grande peur, l’empoisonnement étant sa terreur.
[2] De l’ivre nul dans le caniveau sans lune par un nœud pape nabot psy, marié à une actrice de Renoir, qui jouait de l’escarpolette à la Frago, Une partie de campagne – Maupassant sur fond sonore de Tellier -, ex-compagne du chartiste Bataille, plus intéressé par l’enfer de sa bibliothèque.
[3] L’une chasse l’autre : Jeanne ou plus probablement Constance selon le spécialiste des Dumas – qui détestaient Courbet -, Claude Schopp.
[4]Ce vagin où Goutte l’ombre d’un désir selon l’anagramme trouvée par Klein et Perry-Salkow dont Sales rêves est parsemé. L’homme de la colonne Vendôme, peintre de cette toile censurée sur la toile par facebook. A noter qu’il existe L’origine du monde d’Hugues Dufourt, un musicien contemporain spectral.
[5] Merci Orsay en L’heure d’été d’Assayas où le musée VGE succéda à Orson dans Le procès de Kafka.
[6] On a le squelette qu’on Merrick (1862-1890), l’exosquelette venant s’ajouter. L’emplacement de l’enterrement à Londres a été découvert au XXIe siècle.
[7] Photo de l’hermaphrodite par Nadar, les plaques médicales Lumière Polka d’athlètes nu.e.s.
[8] Par exemple « La célèbre Karsavina dansait devant le public mesmerisé du théâtre Mariinsky » (Memoirs of a Professionnal Cad, G. Sanders, 1960, Mémoire d’une fripouille, trad. R. Slocombe, 2004, 2023).
[10] « Si j’avais la gloire de Paul Bourget je me montrerais tous les soirs en cache-sexe dans une revue de music-hall et je vous garantis que je ferais recette. », A. Cravan, Maintenant, n°3.
[11] Cravan viendra, avec sa stature de boxeur, à sa rescousse lors de la conférence du 27 juin 1912 à la salle Gaveau.
[12] Nommé ainsi par Vian car le binoclard, coureur d’amours contingents mais peu connu pour ses performances sexuelles, le trompait avec sa femme.
[13] « Rien, dans la cuisine française, ne rejoint la simplicité, la nécessité de la soupe aux poireaux. […] Dans les maisons son odeur se répand très vite, très fort, vulgaire comme le manger pauvre, le travail des femmes, le coucher des bêtes, le vomi des nouveau-nés. » (Duras, M. Outside, A. Michel, 1981, POL, 1984 ; Duras, M. La cuisine de Marguerite, B. Jacob, 1999). Le « poireau » est le ruban vert de l’ordre du mérite agricole.
Après avoir longtemps laissé la porte de l’hôtel ouverte au possible inconnu en rut ; elle était fière de vivre avec un homo, dont elle réinventa le nom, pour son palmarès sexuel. Ainsi savoura-t-elle sa danse avec lui sur Capri c’est fini du giton du secrétaire de J. Moulin, Cordier alias Caracala, Hervé Hilare.
[14] Ignorant qu’elle coécrivit – un Vichy, s’il vous plaît – un livre colonialiste sur la Cochinchine sur la demande de Mandel au Ministère des colonies et rejoindre à la 25e heure – fin 1943, début 44 – la Résistance. Pire, elle participa à la commission qui décida des quotas de papier à attribuer aux éditeurs, sous le contrôle de la Propagandastaffel, le service chargé de la propagande allemande en France.
[15] « Marguerite Duras n’a pas écrit que des conneries, elle en a aussi filmées. », résume Sieur Cyclopède.
[16] Ce compte du XIVe dans Les rois maudits de Druon.
[17] Le « neveu », Guy, doué mais queutard que jamais soit dit au Maupassant, peignant la vérole sur son service trois pièces, rattrapé par la syphilis m’était contée avec dédoublement à la Hors-là.
[18] Le film existera tout de même – rien ne se perd, tout se transforme – avec Tony Richardson comme metteur en scène ou la solitude du coureur de fondu enchaîné.
[19] « Archer qui tire dans le noir. » paraphrasa A. Co[h]en dans sa lettre du 27/03/1978 à D. R. Goitein-Galpérin. Godard reformule : chercher du « définitif par hasard ». Ou alors : la création, « Un savon dans une main mouillée. » (D. Makavejev).
[20] « Créer, c’est donner des bords au chaos. » (Pascal Dusapin).
[21] Dit « 6 lignes dont 5 antisémites ». Docteur haineux de banlieue – au point de se plaindre auprès d’Abetz qu’Hitler ne massacre pas assez de juifs ; il aurait fallu roquer avec Brasillach -, cumulard de punchlines avec des touches, mentant constamment comme un arracheur de dents lors d’interviews, bronzant à poil dans le jardin de sa maison de Meudon, pour se mettre en état malgré sa plaque de métal dans la tête suite aux éclats d’obus de la grande guerre des ders. Reste à examiner les feuillets subtilisés à Montmartre de La Volonté du roi Krogold, roman médiéval refusé par Denoël, Guerre, le plus intéressant, Londres et Le casse-pipe augmenté.
[24] Comme l’art africain pour la création des avant-gardes du début du XXe siècle. L’alternative à la mondialisation est, foi d’archipel menacé par la montée des eaux, le Toutou-monde.
[25] Richelieu, Versailles, jardins Le Nôtre beaux comme une chatte bien rasée, rien ne dépasse – le vôtre, de plaisir ne comptant point. Exemples devenus désormais anglo-saxons à l’encontre du jardin anglais, faussement profonds genre R. Padgget et la Nobel Louise Glück.
[26] Le coq, ergots et ego, le seul animal qui chante avec les pieds dans la merde, Coluche avait raison.
[27] Des pistes ont été ouvertes avec Tandis que j’agonise de Faulkner, dans le champ théâtral avec S. Kane, cette fille de l’Essex d’un père journaliste de tabloïd, à partir de Manque, sur fond d’E. Bond, suicidée par pendaison avec ses lacets de chaussures dans les toilettes ; Jon Fosse mis en scène par Claude Régy. Certains films de Lynch, 71 fragments d’une chronologie du hasard (71 Fragmente einer Chronologie des Zufalls, 1994) de Haneke, les vibrations chez les frères Quay, pour le cinéma. P. Bayard inaugure, à partir de Borgès, la critique quantique. La mode est à l’appropriation artistique de la théorie des supercordes et ses plurivers.
[28] Les scientifiques se sont inspirés de Joyce-qui-dit-oui.
[29] On tombe tellement dans la langue française, tant les expressions abondent, que la gravitation aurait dû être découverte par un.e français.e.
[30] Les méthodes d’apprentissage de la lecture varient, de la globale ou reconnaissance automatique des mots par entrée de mots entiers et l’anticipation ou la devinette de leur sens d’après Decroly, Freinet et Foucambert à l’apprentissage syllabique et phonologique en passant par les méthodes de lecture mixtes. Avec le temps, comprendre que l’école ment, dépendante du savoir contemporain : la localisation du goût dans la bouche se révèlera fausse ; la composition de l’atome comme système planétaire, comme une première topique psychanalytique, est une erreur ; rien sur La Commune, la rafle de Marseille, même si l’esclavage ou le colonialisme pointent enfin dans les cours d’histoire.
[31] Littérature est un des rares mots dont l’étymologie est ignorée. Humour français ?
[32] Deux coups de feu, dormeur Duvel®, deux doigts de whisky.
[33] Le livre des livres ou ce best-seller reboot.
[34] Cf. Roses & poireau. Un nouvel apport concernant les flux de conscience semble décisif comme la première vague au XXe siècle, sur fond de freudisme, avec l’écriture automatique, et de psychologie comportementaliste de James : Faulkner, Joyce et Woolf.
[35] Pour paraphraser Martin Amis à propos de Tom Wolfe : « On dirait que sa machine à écrire ne marche pas bien. On soupçonne un fonctionnement défectueux de la touche “répétition”. »
[37] « lune de béton », « lune comme une éponge dans un caillot de nuées », « masque mortuaire de la lune », « verdâtre la lune comme un insecte dans le rose du soir », couleur « crâne rasé de Mongol », Bouquet, Stéphane. Ibid., p. 93.
[39] A-t-il été mangé par les poux et la gale voire la vérole, ce collectionneur de calculs, dans la tombe de plomb dans les réserves ou le cénotaphe du musée de Bordeaux – s’il s’agit bien de lui ?
[40] Cette ville où étudia brièvement et avec souffrance Lewis Carroll.
[41] Ce « psychologue original » (Le petit Larousse, 1925). Ni dieu ni maître ni naissance ni animaux dans son œuvre.
[42] Avec une phrase record de 931 mots et, avec une moyenne de 35 mots par phrase, Proust bat Mme de Sévigné (32), Chateaubriand (28) ou Stendhal (24) mais pas le Huysmans d’A rebours.
[43] Il n’y a pas que les pavés de la basilique Saint-Marc de Venise qui sont inégaux (à noter que dans l’avant-nef, la mosaïque de la Création du monde magnifie, selon Lacan, « sublimement l’idée infernale de Dieu » imposant à l’Adam Kadmon (le Un), de la kabbale en illustration de couverture, d’avoir une compagne issue de son corps (Un divisé en deux), inspirant le $/a dans La logique du fantasme (Le Séminaire, Livre XIV, 1966-67 avec force schémas pseudo scientifiques, logiques notamment avec le paradoxe de Russell, la structure algébrique de Boole, les intersections de De Morgan, les calculs de prédicats de Frege, la théorie des ensemble de Cantor, la topologie des groupes de Klein). Proust torturait, selon la légende trop belle, rapportée par l’homme de Chaminadour, Jouhandeau (La vie comme une fête, Entretiens. Paris: J.-J. Pauvert, 1977, p. 139-140) – mais comme le suggérait l’us-irish Ford à travers une réplique de L’Homme qui tua Liberty Valance (1962), imprimons la légende -, des rats avec une aiguille de chapeau, qui finissaient par s’entredévorer, dans le bordel homo, l’hôtel Marigny, tenu par Albert Le Cuziat.
[44] C’est son côté proustitué, Proust ma chère comme le personnel disait en commère au Ritz. Le questionnaire de Proust n’était pas sa tasse de thé.
[45] Wharton, ô Hyères – ville adorée par Stevenson -, beaucoup plus douée, adaptée en 1924, 1934 et surtout par Scorsese pour Le temps de l’innocence (The age of innocence, 1993) avec les ultimes Bass et Hermann. Elle rend hommage à Proust en ces termes : « exquise délicatesse de touche ».
[46] Un bottin de Qui suce qui ?, voire plus. Quant à Totor, c’est l’ancêtre de Tintin.
[47] D’Eric Marty. Colette, – « autresse », entre autre, de Le pur et l’impur, aidée par le partouseur mari Willy, initiateur, qui l’exploita -, loua chez Proust sa description de l’inverti notamment entre Jupien et de Charlus.
[48] La Donnadieu, fille de prof, se révèlera une piètre analyste de Proust, ce passage obligé. La Quierez a écrit des romans surannés avec passé simple et imparfait du subjonctif pour Bonjour sesterces, d’après le dionysien Eluard – cette copie ennuyeuse de bonne élève -, en absence complète de psychologie, loin de Camus et Beckett tout en captant l’esprit du temps, pied nu sur le champignon de la Jaguar® dont les médias étaient friands, jouant à la pétanque avec Pompidou à Brégançon, Mitterrand devant financer la ruinée par le casino et la drogue ; sa seule œuvre, révélatrice de sa générosité, sera son interview hilarante par Desproges.
[49] Selon l’écossais Stevenson – fin observateur, les français savent beurrer le pain toujours du bon côté – leur côté cartésien, sans doute. Quelle ne fut pas la surprise d’apprendre également que Nirvana envisagea, pour la pochette de Nevermind, d’accrocher à un hameçon dans la piscine un CD, steak, burrito, billet attirant un bébé qui demandera, trente ans plus tard, réparations pour pédopornographie.
[51] Partition créée par I. Berlin, à propos de Tolstoï, reprise par S. Hoffmann.
[52] Homme à femmes, petit-fils de Monsieur Maille qui m’aille, neveu d’un banquier, gendre d’un éditeur de Gallimard, extirpé de son bateau, le breton qui édicta une charte des valeurs pour Bolloré avant de se rebeller contre lui en un pamphlet vieillot – pardocadémin, voltairien – qui ressemble à un coup d’épée d’académicien dans l’eau en espérant réinventer la roue, le bobo sherpa-qui-ne-sert-plus, économiste des matières premières qui lui donnent la moutarde au nez, d’un résident florentin PS, nul en économie, amateur de Barrès, Chardonne, Rebatet et Morand.
[57] Après Frau im Mond de Lang, les chinois ont envoyé un enfant dans l’espace alors que les USA ont donné enfin sa chance pour la première fois à un trans.
[58] Jehanne d’Arcy façon La bataille du siècle avec Laurel & Hardy et la scène finale, dans le décor d’Adam, censurée dans Le Dr Folamour.
[61] Selon Martin Amis, « Non, je n’aime pas ses pièces. Dans La Transparence des choses, Nabokov décrit un ermite assis nu sur un siège de toilettes déglingué. Il suggère que cette image à elle seule résume tout le théâtre de Beckett. Ces lignes m’ont toujours fait sourire. »
[62] En soulever un, ça rote : en faire courir plusieurs à la fois, contrairement au conseil de la studieuse Sarraute.
[63]Etre ou ne pas être où être n’est qu’un verbe.
[64] Ishaghpour, Youssef. Le poncif d’Adorno. Le poème après Auschwitz. Paris : Editions du Canoë, 2018. 91 p.
[65] La poésie, par essence intermédia (aède, troubadours, comptines, glossolalie, chanson, poésie sonore, visuelle, électronique) selon Philippe Castellin à la suite de Dick Higgins, utilisant les divers systèmes de communication, se doit de s’opposer à la communication, de l’interroger. Elle est « Une machine de destruction de la langue majoritaire. » (Frank Smith).
[66] Certains perdurent comme S. Calle, V. Mréjen et L. Mauvignier.
[67] Héraclite in Dumont, Jean-Paul (éd. scientifique). Les Présocratiques. Paris : Gallimard, 1988, 2004. Bibliothèque de la Pléiade. p. 160-161. Selon Hippolyte (Réfutation de toutes les hérésies, IX, 10 où le prêtre d’Ephèse précise : « le feu est doué de conscience et cause de l’ordonnance de toutes choses. »), le nom de foudre est donné au feu éternel.
[68] Curieuse confinité, Neighborhood d’Arcade fire sur Funeral après Fuck the neighbors d’Iron Reagan.
[69] Quoique sa villa à Capri dans Le Mépris de Jean-cul God suscite l’envie.
[70] Des bactéries dans la barbe – le Père Noël, rénové par Coca® dans les années 30, est une ordure.
[71] Il a été l’objet de vives polémiques après avoir été brûlé à Dijon à cause d’un prêtre, qui a eu la moutarde qui lui a monté au nez, champion de France du karting des prêtres financé par la famille Bolloré, désavoué par l’Evêque du cru, Cesbron contre Barjavel, Cocteau – ce soutien de sculpteur nazi en son vernissage, choquant Jean Marais – contre Mauriac, Claude Lévi-Strauss, qui a des avis CuLturels, y a été de son étude ethnologique, Dolto également, l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Dijon l’ayant définitivement réhabilité.
[72] Césarienne généralisée, souvent de confort, n’arrange rien et encore moins le corps de la femme.
[73] Certaines affectionnent bien les rejets de cachalot en bijou.
[74] « Un illettré dont toutes les citations sont incorrectes. Ses quelques allusions en grec sont fausses. Ses quelques essais de tourner une phrase en gaélique absolument monstrueux. » (Myles na Gopaleen, Cruiskeen Lawn, 16/06/1954 ; « Un petit homme morose plein d’inhibitions. (…) C’est un parasite qui a l’habitude de taper les gens et qui a trouvé Sylvia Beach et cette autre bonne femme pour vivre à leurs crochets. » (Richard Wale, Town Magazine, vol. 6, n°7, septembre 1965).
[75] Qui franchit le delta du Nihil où naquit la philosophie selon Assaad et ses Préfigurations.
[76] Drônes et chômeurs avec de minuscules pinces, dont une retrouvée dans l’urètre, pourvoient à la pollinisation.
[77] Jeanne parlant comme le bunraku, dans la trilogie Animerama yamamoto de Fukai, venu du gekiga – Fukuda et Tezuka – d’après Michelet avec psyché orgue, pédale wah-wah et trompette Satô, annonçant Hantai et Ecchi.
[81] M²=I² : Comme le musicien Michel Magne en concert qui verrouilla les portes, le public se tordit de douleurs – ventre, cou – tandis que le lettriste Isidore cria au génie sur l’estrade.
[82] Met, légume, condiment, à usage médicinal, aimé des dieux chez les Grecs, Romains et Égypiens, donnant accès à la connaissance, ayant le pouvoir de combattre le démon, de conjurer le sort et d’éloigner les sorcières.
[83] Son Apologie des oisifs dans le Cornhill Magazine (1877).
[84] Benzaldéhyde avec valence hédonique comme dans la colle Cléopâtre® en primaire.
[85] Au Pays des Bonnes-Odeurs : Pète en l’Air Libraire-Editeur, 1883. In-12, frontispice, 127 p., demi-chagrin bleu-nuit à la bradel : pets de province, d’huître verte, pucelles, demoiselles, jeunes-filles, femmes mariées, de ménage, bourgeoises, paysannes, bergères, vieilles femmes, boulangers, de potier de terre, tailleurs, géographes, cocus (volontaires), de maître d’armes. Sans doute ce livre a-t-il inspiré Gas is best de B. Gyorfy avec L. Tierney : un super héros se déplace dans les airs en pétant.
[86] Le film de Huston suffira avec l’époustouflant Finley et sexy Jacky.
Les voix de la radio invitent à l’imaginaire. Passons Radio Meuh où Enjoy Music from Roblochon land. A la radio, l’écran est plus grand que celui de ciné selon Orson de La guerre des mondes où l’Amérique était soi-disant terrifiée, la presse se défendant contre le nouveau média, la radio, après la conférence de presse dudit Orson. Fantômes peuplent. Le service public existait encore. Le Collège de France sur l’éthique à nikomouk est son MOOC. Une dette envers TEDx. Autre est ondes. Les rusées sœurs Fox n’en disconviennent aucunement. Les mêmes invité.e.s du CNRS, EHESS ou autres issu.e.s des grandes écoles ou d’institutions=sachants en pantalon à velours côtelé et chandail végane en laine au col non Mao périmé de chemise ouverte. Champ lexical de sélection : « polysémie », « dichotomie », « acception », « quasi », « nonobstant », « aporie », « schème », « paradigme », « eschatologie », « sémantique », « cristalliser », « axiologie », « sém(é)iotique », « heuristique », « idiosyncrasie », etc. Nécro d’oublié.e.s sortie des tiroirs. zzzzzzzzzzz
Zzzzzzzzzzzzzzzz
Nous nous excusons pour ce dérangement, Zbigniew, pour ce brouillage d’ondes. Capter une suite de Fibonacci sur une station de nombre. Fin de la crise : hausse des ventes de rouge à lèvres, baisse d’achat de caleçons homme dont la fertilité décline, baisse de la natalité, réarmement démographique. Lors du confinement à cause de la pandémie, les claquettes chaussettes sont haussières à 100% alors que le cidre dégringole comme le pétrole et l’électricité. Grève chez Fauchon[1], soutenu par le collectif Sauvons les riches, manifeste pour toast : analyse, profondeur historique, perspective. Le syndicat des filles & fils à papa, plus colonne Cerruti que Duruti, revendiquent : ils sont contre. Les Bisounours® manifestent contre leur monde trop caricaturé, toujours pris en exemple négatif. Trop de roux en Roumanie. Un roumain assigne dieu, non sujet de droit à l’adresse inconnue – serait-il adroit ?-, en justice pour escroquerie, abus de confiance, corruption et trafic d’influence quand un américain se juge lui-même devant le jury alors qu’un autre, indien, intouchable peut-être, este en justice contre ses parents[2] pour préjudice, n’ayant pas demandé à naître, préférant n’être. Vive le witz !
Un homme décapite sa mère qui finit dans le four avec une sauce gribiche. Un récent divorcé – jugement plus d’Abraham que de Salomon – coupe tout en deux y compris son fils, pas de jaloux. Il a sans doute trop vu Le grand amour d’Etaix. Contre la peine de mort, Hugo, exilé pour raisons fiscales et politiques – Napo-le-petit – dans l’île anglo-normande de Guernesey[3] à s’empiffrer de poulets en crapaudine, opte pour les fenêtres à la française contre celles à la guillotine, favorisant ainsi les infiltrations d’eau ; dans l’autre île d’à côté, il a fait venir la dame blanche sur la grève en faisant tourner la table pendant deux ans. Courteline, Labiche et Feydeau se sont étripés pour savoir si Napoléon avait un bon aparté ; pour Jacques Brunius, Napoléon et Bonaparte sont deux personnes différentes. Le facteur Cheval, découvert par le même Brunius, était-il timbré ? Porter son pull sur les épaules est-il de droite ? Selon les gigantologues, le Néandertalien était-il dépressif ? Le grand remplacement est-il celui du néandertalien par l’homo sapiens ? Robert le pieu, ce roi de l’an mille était-il glabre ? Que révèle l’expertise des cheveux de Charles le Chauve ? Hitler était-il vraiment végétarien ? Quel est le point commun avec Léautaud ? Langue au chat : ils se prêtaient – comme les dauphins – à ce que leur compagne pratique l’ondinisme=urolagnie. Les associations lgbtqiabcdzqy+ s’insurgent contre la reconstitution de la voix de Léonard de Vinci, celui par qui Le don diVin créa, ressemblant à Serrault dans La cage aux folles modifiant ainsi l’image du génie sans bouillir.
La Cédille qui sourit, la galerie de Ben et Filliou avait pour programme : « Echange insouciant d’information et d’expérience ; ni élève, ni maître ; parfaite licence, parfois parler, parfois se taire ». Inauguration en pays francophone du Musée de la chaussette orpheline dont celle de l’Archiduchesse, de Sarah Bernhardt – qui tua son serpent, d’espèce Harrison Ford, avalant son croco -, du soldat inconnu et de son amant[7], du capitaine Acab, rose de Moncorgé cotée à 305 € selon un commissaire-priseur, technologique, à rendre jaloux Lapidus, envoyé par le Massachussets ; à noter cette pièce consacrée à l’uchronie : quel serait le monde sans chaussettes ? Succèdent celui du musée des nuages où tout le monde lève la tête le 29 mars, journée internationale des nuages grâce à l’ex baveux Simonet, le musée de la constipation où il est indiqué « Poussez fort » en gros sur la porte d’entrée, et « Tirer » pour sortir, jeter un oeil au musée du pénis avec des phallus, empaillés ou dans le formol, provenant de mammifères tels que hamsters ou humains en passant par 17 espèces de baleines ; passer par le musée du vagin à Londres puis voir la serinette, le paléophone de Cros[8] (1877), auteur d’une communication avec les planètes, d’une synthèse des pierres précieuses, avec une boîte à cigare au musée de la parole en respectant le « Silence » intimé à l’entrée alors qu’un restaurant est adjoint pour plus de rentabilité afin que personne ne s’exclame : « J’ai les crocs, Charles ». Le Musée des tanks ne peut que se fendre d’un « tank you » à la sortie pour remercier le curieux – peu de femmes sont intéressées – de sa visite. Quant au Musée de la procrastination, le public était sempiternellement refoulé par une pancarte énonçant : « Exposition remise à plus tard. ». En archéologue du futur, Moncorgé créé, contre les écologistes – soit vert versus rose -, un musée du désastre et de l’accident avec un couple homo pris dans la lave du Vésuve, les restes calcinés lors de l’accident du train de Melun où il finit en mesclun, le dernier chirurgien-major de l’Hôtel dieu, Jaboulay, la série Chernobyl en boucle derrière des veaux à quatre pattes et deux têtes dans le formol, des tubes de vieux ordinateurs®[9] éclatés par des mouches causant des bugs, une porte de la voiture de Baquié parodiant Duchamp vandalisée par les habitants de La Rose contre le 1% culturel à Marseille ; Museum of failure de West, un musée dédié aux échecs commerciaux en Suède, de l’Apple Newton à la Kodak® Digital Camera en passant par les lasagnes surgelées Colgate®, le stylo Bic® pour les femmes, le jeu de plateau « Trump the game » (1989) ; un musée de conservation du sac plastique car générateur de vie sans omettre un musée de la sorcellerie, des monstres marins, de l’obscurité, des prophéties, des objets rejetés par la mer, des numéros de dressage de mouettes. Un challenge entre musées sur twitter #bestmuseumbum, #meilleuresfessesdemusées : des photos de derrières d’œuvres d’art pour le plus beau cul du monde pour attirer les touristes. Le concours international du pull moche est consacré à la Joconde. Destruction du Palais de la découverte, tant pis, à cause de la formule de John Machin, où ont été détectées des erreurs sur 200 décimales de pi, les 32 premières décimales étant écrites sur la tombe de son découvreur, Ludolph Van Ceulen au XVIIe; finis, les cheveux dressés par l’électricité statique en chantant Voyage voyage de Desireless[10] en Compartiment n°6. Un défilé de mode au PC du PC, rue du Colonel-Fabien, avec la très attendue chemise déchirée du DRH d’Air France®, plus radicale que la série dans la collection de Galiano inspirée de clochards, reprise par McQueen.
Pourquoi Pierre Roche, inspiré de la vie sexuelle des pierres vivantes avec les priapolithes et les hysterapetræ selon Pierre Borel au XVIIe, est-il nul en géologie ? Un platiniste invente une fusée et meurt heurté par elle comme un boomerang : il n’a pas pu prouver que la terre n’est pas ronde. Jalouse de ses frontières, la France a perdu 2,2 m en 2021 à cause d’un agriculteur belge qui a déplacé une borne. Jacques Pédehontaà, ce participant au Paris-Dakar en tracteur, véhicule qu’il utilise pour son pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compost/elle, est prince de la principauté béarniaise de Laàs en invoquant les Fors de Béarn qui donnaient, jusqu’en 1789, des libertés aux citoyens : postes de douane aux entrées du village ; passeport pour des « citoyens d’honneur » ; mariage princier organisé dans le château local avec transport en carrosse et petit tour dans le « yacht » de la principauté – une ancienne barque de pêcheurs naviguant sur le Gave ; son « Grand Prix », comme à Monaco, mais la course se fait en brouette ; un « Laàs-Vegas Boulevard » avec son walk of fame parsemé d’étoiles en hommage à des célébrités, de Vianney à Manu Chao et Maxime Le Forestier, qui ont tous participé au festival de musique locale, créé pour fêter la transhumance ; son cabaret, dans l’ancienne chapelle désacralisée, La Fourmi rouge. Kenny, fils d’universitaire, est tant à l’west qu’il affirme que « Lire, c’est comme manger des choux de Bruxelles. ». Une couille dans la science, chez les féministes : compte tenu des protéines, le cerveau est le plus proche d’un testicule dans le corps humain, voilà qui rassure l’homme, ce couratier, qui pense queue. Aller sur Mars grâce à un nouveau Frank Einstein décodant le dossier CIA déclassifié de Tesla ou celui du FBI relatant l’appel à un medium pour communiquer avec les martiens. A peine élu, le doyen de l’humanité – encore un homme – meurt[13]. Ne plus utiliser d’éponge depuis qu’un ver marin avec une centaine d’anus détachables peuvent vivre dedans. Les girafes n’ont pas de faux col, je répète, les girafes n’ont pas de faux col. Grâce à la ligue animale, obligation suisse d’assommer le homard avant de l’ébouillanter. Homard m’a tuer. Mireille m’a thieu. Dans la même journée : une nouvelle espèce humaine sur une île façon King Hong-Kong ou, Copens – Lucie, – à toutes les sauces ; première image, floue, d’un trou noir, rouge, c’est troublant[14]. Pour la Saint-Valentin, un zoo propose de donner le prénom de son ex à un cafard, Ovide-les-naseaux et Kafka-l’étique auraient apprécié.
Marronnier : les carambolages, maigrir pour la plage ; les fusillades, attentats, guerres ; que manger pour les fêtes ? Boucheries dévastées, véganes condamnés, louchébem aphasique, garçons bouchers aphones. Le gang des rillettes a encore frappé dans le pays de ce candidat conservateur malheureux à la présidentielle dans la Sarthe – suggérant la vente de rillettes sur la place rouge, ne ramenant que le rpix de l’humour politique : des distributeurs vandalisés à Solesmes, et son abbaye, Saint-Jean-de-la-Motte, le 1er juin et Saint-Vincent-du-Lorouër où la rillette est honorée de la médaille d’or au Salon de l’agriculture de 2019. Dans les annales : arrestation d’un berruyer noir qui rentrait dans les voitures d’autrui, des Bourges en particulier, et jouissait en s’enfonçant le levier de vitesse dedans à toute vitesse. Se faire simultanément vibrer la virgule. Prendre vit en main. Chacun.e son plaisir. Un autre s’enfonce un obus de poilu dans le fion ; si l’eau bue éclate, il n’a pas le cul bordé de nouilles car il a fini à l’hôpital avant d’avoir pu se finir. Fist édition pour les nuls. L’univers se dilate chez B’Hubble et le ministre de l’économie Le Maire.
They don’t care about us. Des enfants jouent dans des déchèteries en Egypte, Brésil et. Murs : Chypre, Bangladesh, Chine, Mexique, Israël, Corée, US. Lego® prolonge la vie. Brexit : l’Angleterre, comme le chat du Cheshire – exule-t-il ? – hésitant lorsque la porte est ouverte, lâche la proie pour Londres ; la clef et la crème ne sont plus anglaises. Enfants, femmes, hommes, chiens et rats comme kamikazes. Terreur, sidération puis habitude. Drones de vies. 300 victimes indemnisées. Jour de deuil. Hommage national au pays des commémorations.
Bande-son inspirée de la méthode forte d’interrogatoire=no-touch torture : Wanted Dead or Alive de Bon Jovi et The End de The Doors pour que les américains délogent, en 1989, Manuel Antonio Noriega, le dictateur panaméen, de l’ambassade du Vatican ; Kim du rappeur Eminem, du heavy metal avec lumière stroboscopique à Guantánamo ; Born in the USA de Bruce Springsteen et America de Neil Diamond, des titres de Limp Bizkit, AC/DC, Tupac, Britney Spears, Nine Inch Nails, Queen, Skinny Puppy Dr. Dre, Enter Sendman de Metallica ou Rage Against the Machine dans « la discothèque », à Mossoul ou Babylon de David Gray à Abu Ghraib; Thin Lizzy ou The Offspring pour anéantir en 2010 les talibans dans les montagnes afghanes ; Mamma mia d’Abba et Believe de Cher pour l’ukrainien entre les mains de séparatistes russes ; les internautes, friands de playlists noires, ont désigné dans le Chicago Tribune, Muskrat Love de Captain & Tennille, comme la pire torture possible.
Darwin awards (suite) : le roi de la pizza, pas le mafieux rangé des voitures de Saint-Etienne, comme deux randonneurs ailleurs, a été foudroyé sur son vélo électrique ; une mère s’étouffe à mort lors d’un concours d’engloutissement de guimauves ; un saoudien est mort en s’amusant à faire le Bébel de balcon en balcon, en tombant finalement du 10e étage du Hilton à Cannes ; même s’il n’y avait pas le feu au lac, il n’a pas survécu, sur le balan mais sans caluger, au bisou – mouillé -, à la coite en pleine tiaffe, au jet d’eau du lac Léman – J’étais gant de crin, geyser / Pour un peu je trempais / Histoire d’eau; il s’est étouffé mortellement en avalant le soutien-gorge pailleté de la strip-teaseuse arraché avec ses dents ; un homme ouvre sa lettre piégée, retournée par la poste car sans timbre – BOUM ; en Alaska, il lance un bâton de dynamite sur le lac gelé, son chien, bien dressé – Flike d’Umberto D. -, le lui a rapporté – AÏE ; un policier est poignardé par son collègue en démontrant que la veste Kevlar® résistait aux coups de couteau ; sauter de l’avion pour filmer les parachutistes, sans porter de parachute – BING ; l’egoportrait l’emporte dans le précipice ; électrocutée l’influenceuse, en rechargeant son cellulaire dans son bain en écoutant Cloclo comme ce joueur du Benfica dans son jacuzzi ; il canne en tentant de siphonner une voiture électrique ; mourir à moto en défilant sans casque pendant la manifestation contre le port obligatoire du casque ; crever de froid en dormant dans la rue pour raconter une histoire au clodo ; le cheval Sweet kiss a gagné, grâce à kiss kiss bank bank, en rentrant bredouille, le jocker mourrant d’une fracture du myocarde ; le sport ne réussit pas car une équipe congolaise a été décimée par la foudre à cause de crampons vissés alors que l’équipe adverse a été sauvée grâce à des crampons moulés – juste fais-le ; faisant selfish, il est mangé par un requin à la Réunion sur la musique de John Williams ; nourrissant son tamagotchi®, elle se crashe en voiture contre le mur façon César ; aviné dans le zoo, il est avalé par ce lion en cage – chaîne alimentaire.
Tv on the radio. Sur fond d’inévitable Esotérik Satie[19], la Callas mitée et son mufle=os à moelle=sabot=éteignoir=tubercule=reniflant=blaireauteau=nazicot ou, foi d’Echenoz, du BeauZéro, effroyable espagnolade, du puceau AvRel de Monfort-l’Amaury, avec un ton condescendant, pour faire culture : telle peinture est retrouvée après spoliation, une autre dans une poubelle pour des raisons de droit d’héritage et celle-là dans un grenier prouvant ainsi que les historiens d’art s’étaient encore une fois trompés comme pour ce Léonard qui n’a été peint que par son atelier. Dans la lignée de The square, une œuvre invisible italienne, Io sono de Garau a été vendue à 15 000 €[20] ; l’artiste américain Tom Miller l’a attaqué pour plagiat suite à une « exposition » de son œuvre Nothing en 2016. La fin du film Titanic est encore divulgâchée par les critiques de cinéma peu scrupuleux, échaudés par la mission de riches dans un sous-marin qui a implosé sous la pression ; l’un soutient que les riches sont morts de rire à cause de cette blague gainsbourgienne, « Iceberg ? Encore un juif ! ». Débat : Ceci n’est pas une pipe de Magritte est-elle une peinture pompière ? Magritte a-t-il baillé mornifle sur les lèvres du roi=produit du carme à l’estoque=le mornifle tarte avec les invalides ? A la question du grand oral « Qui est Delacroix ? », la réponse datée « L’effigie d’un billet en francs. » est-elle recevable ? La reine de la country, Dolly, ce clone connu au nom de caméra entonne, contre Emilou, un yodel pour sa vaccination anti-covid ou pour chasser les UFO[21] comme dans Mars attacks ! de Burton. Après A bout de souffle, largement inspiré de Gun crazy, le démon des armes de Lewis avec la pétulante Peggy, Godard travaille sur Bonnie and Clyde mais. Munster class avec l’anartiste Ungerer en son musée strasbourgeois.
Data est or. Le péquin produit ses propres données qui nourrira l’intelligence artificielle, sa propre cage, l’enclosure=enfermement algorithmique, la matrice : quand c’est gratuit, tu es le produit. L’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (OICN) veille. « Dites donc, messieurs, est-ce qu’on ne pourrait pas l’envoyer valdinguer, toute cette raison, d’un seul coup de pied, seulement pour envoyer ces algorithmes au diable, et pour vivre à nouveau selon notre liberté stupide ? »[26] . Une étude dans The Lancet Planetary Health montre que le nombre de tweets haineux suit les variations de températures. De nombreux travaux scientifiques attestent d’une corrélation, dans le monde physique, entre la chaleur et l’agressivité qui conduit aux conflits depuis la théorie des climats chez Montesquieu. Les votes, facilement truqués, actes délictueux anticipés. Dur d’être hors. Fuzz siphonne les données sur le darknet puis les revend avec ses potes data brokers, notamment de OTDH. La vie est chiffres & nombres depuis les jésuites tentant de bouleverser l’ordre monarchique. Maladie du siècle : le tatouage sur le bras homologué par IBM® pour classer les humains avec cartes perforées dans les « zones d’intérêts »=camps de travail – tout est tatou aujourd’hui ; tout est data dans tout et réciproquement. La division de l’information, causant anomie et aliénation, succède à celle du travail. La notation est trafiquée en donnant une commission ridicule à la monoparentale en lieu périphérique permettant un bon référencement du produit chinois. Le notateur est à son tour noté sans le savoir : un site écran impose une note au lambda avec son historique à la Truman show du web ; une société sous-traitée note la dangerosité d’activistes sur les risques évalués au profit de la police ; les entreprises privées, via le Health Data Hub, donnent une note de santé, invisible au péquin, sur ses risques vitaux projetés dans le futur, afin de proposer leurs produits les mieux ciblés possibles. Sur Tripadvisor®, un faux resto est créé avec succès grâce à une fausse page facebook ; la fumisterie est poussée plus avant lorsque, malgré des produits surgelés patents et des boîtes de conserve à la Kaurismäki, les clients renvoient un avis excellent, concurrençant ainsi les 3 étoiles les plus sérieux. L’eau est siphonnée, comme pour Coca®, pour refroidir, en sus des circuits de refroidissement qui pompent l’électricité, le data center, parfois en plein centre-ville, à 65 DB, le bruit de la ruche, et sa salle blanche attaquée par des terroristes sous la férule de Fuzz. Rivière asséchée, peuple assoiffé, bilan carbone lourd ; journée d’information, la politique publique est régentée par des statistiques[27] – contrôle -, qu’il est laid Quételet. Flux. Quantofrémie. La cryptographie traîne malgré la découverte de l’intrication quantique : le message du serial killer le Zodiac n’a été décodé qu’en 2020 ! Fuzz s’invente un cryptage quantique pour donner ses ordres, parfois envoyés en pneumatiques[28] dans un réseau complexe de tuyaux, concernant ses nombreux méfaits.
Donnez-moi des nouvelles données : les œuvres d’art les plus chères sont vendues 9 fois moins quand les auteurs sont des femmes. La corrélation est établie entre la consommation de chocolat per capita et le nombre de lauréats du prix Nobel pour dix millions d’habitants dans un total de 23 pays. Pourquoi le dindon préfère le cou de la femelle alors que la poule sans tête est attirante pour son mâle ? Pourquoi la constipation après autotomie affecte la reproduction des scorpions (Ananteris balzani, Amérique du Sud) ? Pourquoi la crème glacée prévient les mucosités buccales par inflammations sous chimiothérapie ? Quelle est la meilleure façon d’utiliser ses doigts pour tourner une poignée ? Combien y a-t-il de poils dans les narines d’un cadavre ? André Game sera une synthèse en allant au charbon façon scotch avec du graphène (Nobel), cette matière très résistante qui s’étend grâce aux cônes de Dirac et la lévitation de la grenouille grâce au gaz liquide (igNobel auréolé d’un billet de 10 000 milliards d’anciens dollars zimbabwéens comme monnaie de singe ou guinée). La sillyconne valley travaille, c’est clair, sur l’éclaircissement des nuages pour sauver les coraux. L’hydrogène métallique a été créé avec des pointes de diamants. Est étudié un cas de lait maternel sortant de la vulve. Un bébé irakien est né avec 3 pénis. Les femmes mangeant= intussusception des pâtes et du riz ont leur ménopause plus tôt qu’avec des poissons bleus comme une orange. Cyberattaques russes, chinoises, aaaaaaaaaatchoum, c’est le printemps. Un mormon ne fait pas le printemps. Allergique au bouleau, ses pollens, et au boulot. Le rhume des foins, virus à foison, Fuzz s’y emploie. Dieu, yahvé, allah, etc. est un algorithme comportant nombre de biais. Votre banque vous verse. Voici vos retraits. Menaces. Fishing sans mouches. Un compte peut être vidé d’un laps. Les calculs des mouvements de l’œil – marketing par l’iris. Tout est facial, de la reconnaissance à l’éjaculation. Odeur de pop-corn ou de viennoiseries pour titiller les sens primaires et l’hippocampe dit faussement « reptilien ». La mission essentielle de l’étrange lucarne : vendre du temps disponible. Idem pop-up. Vous aimez Lewis Carroll alors vous aimerez La méthode bibi-binaire de Bobby Lapointe et le logicien Quine, logique – la Queen s’y est laissée prendre, mat. La police des mœurs veille. Sweeney décoiffe. Quine, Colombo au pays de Shakespeare, Fellini, zobie Zorba. Gainsbourg force sur le pantoum façon Hugo autour de la paire de Levi’s®. Comme une boule de flipper de Christophe roule et amasse. Faire tilter l’appareil disparu. Silver ghost en marche arrière. Le juke-box débite son son pourri pour tous par compression, idem avec l’image numérique à mauvaise résolution dont l’icônomie, l’image distributive dominée par Getty® et Corbis® de Bill Gates, ou la démocratie de façade, le nivellement par le bas. Creuser son sillon en vinyle : profondeur des basses; retour à la galette. Afin de respecter le son, Dr. Dre et Neil Young vendent leur casque audio, respectivement Beats® et Pono player®. Le CD, en voie de disparition, n’a qu’une durée de vie moyenne de 70 ans. S’en contenter.
Ici, sérail, air intérieur naturablement pollué : relenteur. Déposer les trottignoles=reniflantes=grollons=trottines (feuilletées)=cuirs de brouette=passides=sorlots=boîtes à violon=estivallets=passifs=esclots=fafiots secs=galettes=cocos=passifles=trottinets=auverpinches=riflards=tatrines=passades=caliges=rigadin=ripatons=tinettes=rigodons=salaires=mains-courantes=rigodins=passes=gants de pieds=gâteauxfeuilletés=escaffignons=paffiers=philosophes=luisants=paffes=chtibbes=diamants=prisons de Saint-Crépin=pafs=bobelins=bateaux=passants=housés=croquenots vernos=portes pages=grolles dans le genkan comme les suisses ou cette française d’origine serbe, traumatisée, racontant avec emphase que les ennemis montaient des colliers avec les restes des Serbes lors de la guerre à nos portes, en ex-Yougoslavie. Bunker salace hôtel, Arno. Architecture oblique de Virilio-Parent. Voyage autour de sa chambre. Emmobilier avec des poignées de porte en cuivre, virucide. De la peinture violette dont la lumière froide réfléchie sur la peau permet de conserver de la fraîcheur. Des tapis de champis sur les murs par vapeurs d’eau à cause d’une perspirance peu perspicace : constellations intérieures. Microcosme / macrocosme à tout instant. Jeu Miró. Philokalie. Horizon des évènements : murs crépis blancs tapissés de mythes et de papillons de riz et artes=mites écrasés. L’art contemporain est à la portée de tous. Pas de papier peint sans arsenic, sans son afférent façon maison de Pierre Henry sur modèle Satie, avec couples copulant à la Bowie chez Ashley® – censuré : murs nus. Frissons de timidité. Les nuages passent jusqu’à leur disparition prévue. Odeur âcre du.de la célibattant.e empeste, probablement. Intérieur nuit. Les poils d’aisselles ont une odeur poivrée d’eucalyptus. La mode de la non épilation alors que l’intégrale, comme l’œuvre, se répand. Frifri en danger selon doc gynéco et son gynécée ? Le nez, habitué, ne se sent plus. Quand l’ag(n)osie sert ses gloses, il reste le goût. Sauf si l’un et l’autre disparaissent avec la pandémie de corona.
Seul.e plutôt que mal accompagné.e[29]. Nulle zone humide : ne pas confier son sexe, My precious, aux mains étrangères avec force bactéries. Solution hydroalcoolique agréée AAA–. Les chiées=chiures de mouches sur le plafond composent, tel le bon âne Boronali de Sichuan, l’arte povera virant vers le land art. Ne pas faire l’école de la propreté ou l’école de la rue Monsieur , où il est inscrit au fronton « Les femmes font et défont les maisons », centrée sur les arts ménagers réclamant productivité et polyvalence, en vue du concours, de « la Fée du logis » organisé par l’union nationale des caf, avec l’épreuve physique chronométrée de transfert de poubelle à roulettes dans un parking pour spic et span comme dans un bon épisode de Chapeau melon et bottes de cuir, chez Walser via les frères Quay ou dans La bonne épouse de Provost où Binoche serine dans l’école, « La bonne épouse est avant tout la compagne de son mari. Ce qui suppose oubli de soi, et bonne humeur. ». Si le singe – et sa brachiation -, réprouvé par les créationnistes depuis l’acmé du procès US des années 20, ou l’intelligence artificielle, pouvait écrire homèrshakespeare[30], Tolstoïevski, intégrerait-il l’écriture inclusive et les successives réformes d’orthographe ? Les féministes luttent contre le dominant accord masculin trop patriarcal pendant qu’icelui se bat pour la parité avec le mot sage-femme, maïeuticien n’étant pas satisfaisant. Nénuphar, nénufar. Monet for nothing car atteint de problèmes ophtalmiques. L’homme descend du singe qui, selon McKenna consommait des champignons hallucinogènes à l’ère glaciaire, descend de l’arbre – BOUM. One vision, one chicken ; selon Darwin : Keith de pierre qui roule avec le logo de la langue tirée, habitué à renouveler son sang de camé, a failli avoir un crâne sans bandana fendu par la noix de coco – le gagner, le cocotier. Anthroposcène.
Chaussettes noires et blanches sur un radiateur blanc : sempiternelles variations Goldberg. Pas de point G avec le musicien canadien autiste – le grand dadais au tabouret scié – contrepoint à la ligne. Enclume sur les touches de piano sonnant comme un clavecin comme Thelonious et ses chapeaux ridicules. Torture à la Ludwig van d’un Funeral Parade of Roses quand Le monde est bleu comme une Orange mécanique, Wendy. Des coups sur les mains lors de l’exercice Chopin trop peu porté sur la chose selon Aurore(=George) pas de nowhere mais de Nohant. Charme funèbre. Un bémol : Bach, dont les contrepoints, ou contresujets comme des chants polyrythmiques de peuple poli, grand comme mon poing=pygmées, comportent nombre d’erreurs selon Moondog, est rigide oxydant – Bach est barbaque : Killing Bach de Filidei avec perceuse et taser – que contrecarrent Karlheinz Stockhausen avec son kontra-punkte, achtung gamelans balinais, respirations inuits, bien assimilées par Björk et incompris de Prigent, chants de gorges profondes en diatoniques tchouvaches. Ecosystème fruste mais vivace. Tout animal de compagnie est interdit : le chien, avec un muscle facial en sus du loup pour apitoyer l’humain afin d’atteindre son but surtout après son yoga immersif quotidien, et chat, du Cheshire, Potasson[31], Alexandre Vladimirovitch ou de Schrödinger[32] posant quelques problèmes de traitement dans l’hôpital pour chats ; avec poils, hamster, rat, cochon d’Inde, belette, écureuil, lémurien ; sans poils, caméléon, serpent, mangouste, tatou, pangolin et autres créatures domestiquées en arche de Noé. Le monde se divise en deux : les animaux de compagnie qui chiaillent=pleurent leur maître ; ceux qui les mangent ; ceux qui le divise en deux et les autres ; toi, tu creuses la question. Psychotiques, névrosés. Epizooties, zoonoses, épidémies, Everybody knows : morts en masse.
[1] « Ainsi la distance qui sépare le riche du reste des citoyens s’accroît chaque jour, & la pauvreté devient plus insupportable par la vue des progrès étonnants du luxe qui fatigue les regards de l’indigent. La haine s’envenime (…). » (Mercier, Louis-Sébastien. Tableau de Paris. Amsterdam : 1783. Nouvelle édition corrigée & augmentée. Tome 1. Chap. XV Au plus pauvre, la besace, p. 23.
[3] A Jersey, île voisine, officiait une série de crimes et se cachait un ermite.
[4] « Les jurys littéraires sont autant de temples où va s’agenouiller le conformisme. » (Fallet, René. Journal de 5 à 7. Paris : Editions des Equateurs, 2021. p. 119).
[5] Défini par les linguistes, généticiens, pratiquant de l’IA comme, entre autres, la fréquence caractéristique des articles, prépositions et connecteurs notamment. Ainsi la pièce La Francesa Laura a-t-elle été détectée comme création de Lope de Vega.
[6] Gallimard a confié à quelqu’un qui conteste l’existence de Louise Labé, l’édition du volume de la poétesse dans la collection de La bibliothèque de la Pléiade !
[7] Un slogan Lgbtqi+, emprunté au MLF : « Il y a plus inconnu que le soldat inconnu, son mec ».
[8] Cet huluberlu, fumiste, de la famille de Druon, l’auteur de Les Rois maudits, co-auteur avec Kessel de Le chant des partisans – écrit non dans le Sussex mais le Surrey, pour Sablon, cette interprète de Mon légionnaire et amante officielle de Jef, à partir d’un chant de guerre russe intitulé Partisansky puis Guerilla Song par Anna Marly -, homme de gauche ayant viré nettement à droite.
[9] Le treme provient d’un professeur latiniste de la Sorbonne pour IBM® qui piocha dans le vocabulaire théologique, l’ordinateur étant dieu qui est décidément partout.
[10] Reconvertie dans l’huile essentielle en Ardèche.
[12] Ce en quoi le Conseil d’Etat mit rapidement un terme au nom des droits de l’homme (Arrêt Commune de Morsang-sur-Orge, Conseil d’Etat, Assemblée du 27 octobre 1995, 136727) au grand désespoir desdits nains interjetant appel à la Cour européenne des droits de l’homme qui les débouta (Commission, deuxième chambre, Wackenheim c. la France, 16 octobre 1996, 29961/96).
[13] Nous sommes programmés pour vivre 120, 130 ans, somme moyenne de l’obsolescence de l’humain mais les transhumanistes tentent de prolonger la date de péremption voire la supprimer en cherchant du côté de la petite méduse, de la baleine boréale, du requin du Groenland, de l’axolotl, et du végétal. Le problème avec l’immortalité, c’est que les cons seront également immortels à force d’être sur orbite. CQFD. Si, selon Woody, « L’éternité, c’est long surtout sur la fin. », c’est également vrai pour le début, Dante aurait dû en tenir compte.
[14] Des milliers d’années pour diffuser un … anus, une échographie d’utérus, un pétard ou une cigarette allumés dans la nuit – Jah est grand -, un œil de chat dans son énième réincarnation, un donut ou un bagel.
[15] Les vulcanologues alsaciens Katia et Maurice Krafft ont été engloutis dans une coulée pyroclastique crachée par le mont Unzen, au Japon, en 1991.
[16] Au côté de la chambre à brouillard, – offrant un titre à un livre de l’autofictif et drôlatique Chevillard, ce chroniqueur viré du journal Le Monde par le financier de gauche Bergé, pour avoir critiqué justement le dégingandé flâneur parisien et attachant Nobel Modiano, incapable de teminer ses phrases, ce hérisson, creusant le même sillon paresseux, selon la classification de Berlin -, inventée par le physicien écossais Charles Wilson en 1911, passionné de nuages au point de les reconstituer en laboratoire afin de rendre visible la trajectoire des particules élémentaires.
[17] Dont les fonctionnaires européens et nationaux empêchent les vieux paysans irlandais l’utilisation pour se chauffer au nom de l’écologie malgré la crise de l’énergie.
[18] La floue convention ENMOD, résolution A/RES/31/72 de l’Assemblée Générale de l’ONU, le 17 décembre 1976. Quilleré-Majzoub, Fabienne. « ‘A qui appartiennt les nuages ?’ (essai de définition d’un statut des nuages en droit international public) », Annuaire Français de Droit international, 2004, I, 50, p. 653-667.
[19]Les Gnôssiennes et rarement Je te veux ; Embryons desséchés ; Sonatine bureaucratique ; Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes) : choral hypocrite ; Aperçus désagréables ; Airs à faire fuir ; Les 3 valses distinguées du précieuxdégoûté : sa taille, son binocle, ses jambes ; Danses maigres (à la manière de ces messieurs) ; Prélude canin ; Véritables préludes flasques (pour un chien) ; Fugue à taton ; Fantaisie musculaire ; Affolements granitiques ; Avant-dernières pensées. Recommandations : très lent svp ; du bout des yeux et retenu d’avance ; plein de subtilité, si vous m’en croyez ; sans bruit, croyez-moi encore ; hypocritement ; sans rougir du doigt ; sans orgueil ; un peu chaud ; rébarbatif et hargneux ; sec comme un coucou ; léger comme un œuf ; lourd comme une truie ; comme un rossignol qui aurait mal aux dents.
[20] Dans le prolongement de la Zone de Sensibilité Picturale Immatérielle de Klein achetée en partie par le galeriste Blu de Milan.
[21] A l’ère technologique, les UFO sont comme les licornes à l’époque.
[22] « Tout le monde connaît cet état d’esprit désagréable, dans lequel une sensation de lassitude physique lutte en vain contre l’incapacité à trouver le sommeil. » Dickens, Charles. Les papiers posthumes du Pickwick Club, Chap. XI. Traduction de Sylvère Monod.
[24] Selon la légende grecque, reprise dans l’Odyssée (chant XIX, v. 562) et l’Énéide (chant VI, v. 894), les songes trompeurs sortent d’une porte d’ivoire tandis que les songes véritables passent par la porte de corne. BBAA, Note 8, Chap. V, Ada ou l’ardeur in Nabokov, Vladimir. Œuvres romanesques complètes. Paris : Gallimard 2020. Bibliothèque de la Pléiade, Tome 3, p. 1397.
[25] « La vie, le rêve, c’est pareil. » dit Prévert à travers le pantomime Baptiste Deburau dans Les enfants du paradis de Carné.
[26] D’après Dostoïevski. Les carnets du sous-sol. Le sous-sol. Chap. VII.
[27] Labiche se moquait déjà de la possibilité et de l’inutilité de connaître le nombre de passage de veuves sur le Pont neuf en 1860. Quelqu’un (Churchill, Coluche, possiblement Aaron Levenstein) aurait affirmé : « Les statistiques sont comme le bikini : elles sont intéressantes mais cachent l’essentiel. ».
[28] Grâce à l’invention de l’écossais Murdoch – était-il radin avec lui-même -, sans doute pour s’envoyer à lui-même de l’argent.
[29] « Il ne pouvait pas espérer, bien sûr, s’en débarrasser totalement – les femmes ayant la sale manie, on le sait, de surgir de nulle part à n’importe quel moment – mais il savait encore courir vite quand il était pressé, et sa stratégie – consistant à pratiquer l’art de l’éclipse avec la promptitude du canard en plongée – avait souvent donné d’excellents résultats, si bien qu’il était maintenant à peu près admis de tous, dans le cercle réduit de ses parents et proches, qu’il n’était pas un homme à femmes – et toute personne du genre opposé qui tentait de lui faire lâcher un ou deux mots courtois le faisait à ses risques et périls. » (Wodhouse, P. G. op. cit., p. 61).
[30] Les deux faisant sa poire branle-lance au gant de velours ont-ils existé selon le débat récurrent comme un serpent de mer façon loch Eliot Ness ?
[31] Comme Linossier-Bibi-la-bibiste, Larbaud, Satie, Poulenc-l’éléphant, Beach, selon Fargue et Monnier, Fleurus 25.05, et sa confrérie. L’indépendante George Sand n’aimait pas les chats, na, contrairement à Colette qui n’a jamais recueilli, contrairement à Léautaud, de bison en surnombre.
[32] Ce chat a été entrevu entre Noël et le jour de l’an, alors que, sur le tard, Schrödinger fut saisi par le démon de midi avec sa jeune amante.
Ventrose malgré apocalypse. Nous sommes ce que nous mangeons en somme. Vous n’aimez pas l’astringent ? L’acide ? L’âcre ? L’aigre ? L’amer ? L’âpre ? L’épicé ? Le relevé ? Le fort ? Le fade ? Le doux ? Le fruité ? Le sucré ? Le chaud ? Le froid ? Le tiède ? Allez vous faire foutre ! dit-il à bout de souffle. Sortir Opinel® de survivor. Mmmmm, MIAM, l’onomatopée envoie le goût vers l’arrière-bouche. Umami=osmazôme[1]=saveur délicieuse, salivante comme la dominante glutamate de sodium dès le lait maternel ou dans le parmigiano reggiano® ou un comté 36 mois, avec le dashi=bouillon Knorr®[2] (E621) bio bonite et kombu, bouillon de poule, tomates séchées – l’affaire tomates-crosnes – ou avec l’ail noir de la Drôme. Les asperges,[3] vertes craquantes, ou blanches, récoltées à la gouge sur butte, au Gorgonzola dolce selon cette recette de cuisine en copier-coller malencontreux dans une loi belge. C’est le seul moment où le pipi, qui se boirait pour sa santé selon certains, dans la lunette se sent pour moitié humain : acide asparagusique dégradé en soufrés de méthanethiol, où le nez souffre comme pour un putois, + sulfure de diméthyle. De l’inconvénient d’être nez, tirade de Cyrano de Bergerac comprise, surtout avec lunettes. Bien que plein de casseroles, comme certains politiques, ileli ne sait pas cuisiner. En faire, pavé d’intentions bonnes, un black Angus Young[4]. Alphitomancie comme Alf : selon la farine d’orge, nous allons tous mourir, les impôts arrivent.
Malgré le camping gaz, un nomade figé, manger-bouger, nourrir le microbiote du deuxième cerveau peuplé de millions de bactéries, régulièrement décimées par les antibiotiques malgré les ultra-levures anti mise en bière polonaise au goût de vagin, avec dîner aux chandelles, les bougies parfum vagin de Gwyneth Paltrow – cette actrice dans le raté Two lovers de Gray d’après Dostoïevski – ou belge au bacon, avec boîtes de conserve[5] roides – il Appert que les vitamines C sont préservées paraît-il dans les boîtes malgré les sucres additifs et l’huile de palme non académique, trop de Buitoni® rue Nicolas-Appert. La carence en vitamine D est un problème de santé public. A fortiori si sont portés drapé céphalique=voile, burqa ou burkini® comme les habits de bain proustiens façon 1900, facce d’elle, ce débat hexagonal surprend le monde anglo-saxon – dégrossir le gigot, comme l’impro de Piccoli imitant le coléreux tchékhovien Sautet, se coupe toujours debout -, qui rendent la femme si érotique sauf quand elles bloquent leur téléphone portable dedans pour raconter leur vie ou faire des courses. Retour de l’huile de foie de morue, ce cauchemar d’enfance. L’une après l’autre dans l’antre. Mieux vaut doigts de mort=salsifis – ceux des frères Marcon vers le Velay avec vue sur les Alpes plutôt que la cantine de triste souvenir – que le salafisme – pasdamalgame. De la panse vient la danse même si nulle carrante. Alimentation d’égale humeur.
Les dieux sont dans la cuisine selon Héraclite : être un cordon bleu est son fil rouge. Faire ses courses au Radis radieux où McCartney croque du céleri, à la Carotte qui dépote of course. Boubouille ou Pot-bouille pour réfection de dessous le nez. David Sylvian sur un mix d’Akira Rabelais. Gus Le Breton faisait le tour de la table=se caressait l’Angoulême=chargeait pour la Guadeloupe=tortorait=morfilait=regatait=riflait=trognait=tortillait (du bec)=bribait=morfiait=affutait, graissait ses meules=faisait trimer les mathurins=babouinait=bauffrait=béquillait=morfignait=se calait les joues, les badigoinces, les amygdales, les soupapes=passait à biffre=se fourrait dans le tube=emplissait le bocal=se flanquait une bosse=bourrait le canon, la paillasse=chargeait la cannonière=se mettait quelque chose dans le, allait se refaire le, nourrir son cadavre=travaillait des mâchoires, pour les Jules=se passait par le coco=carrelait le ventre=se garnissait, remplissait le coffre, le jabot=estropiait un anchois=faisait feu des dents=astiquait le corridor=jouait des dominos, aux Osanores=tordait le cou à un lapin, à une gibelotte=tapait sur les vivres=se refaisait le torse=avait un trou sous le nez (qui coûtait cher)=mettait à la caisse d’épargne=se poussait un excellent=était en train de bien faire=biffrait=jaffait=morfiaillait=mastéguait=clapotait=gouffiait=morganait du Picard®. Les chips sont meilleures dans un bol bleu, l’étude est formelle.
Le bonheur – o tempura, ô morilles enthousiastiques – est un sang de poisson=olaf=une huile de La Fare, Nyons, Perdisacca – avec une ardance parfaite, saporeuse, à partir de l’olive Rosignola – d’Illyrie dans La nuit des Rois où il y rit, de la famille Martin à la Magnanerie en Ardèche tournée côté Cévennes, vers Gard et sa cuvée cosmos d’olives toscanes telles que leccio del corno – avec frais et végétal au nez remémorant amande verte et avocat, fruité intense et long en bouche, complexe sur des notes de garrigues, amer et piquant – sur argile rouge du tertiaire, Munoz n° sur un fenouil[9], voire, comme un panda avec le bambou, de jeunes pousses, ou des petits poireaux à peine cuits avec le tchaIkou Anji bai cha – tataki l’a quitté -, fort en diarulité, ou des filets de galinettes=rougets saupoudrés de voatsiperiferi malgache. Engloutir, comme tapas, onigiri – offrande pour les dieux ou protection contre le mauvais sort -, cubiques ou ronds, chauds ou froids, 120 calories, à l’umeboshi, l’œuf, au kombu, thon mayonnaise, saumon, tarama, steack, shiitake, chou fermenté, aux légumes, des petites patates de Noirmoutier, protégées par la nicotine, l’huile de goudron ou par le fiel de lézard vert, et salées naturellement grâce au sel marin, sautées, sans être pelées, directement à la poêle. Eviter chicon=endive Arhol. L’affaire tomates-crosnes. S’offre parfois un palatable et saporeux cassoulight bio[10] avec des gonfles=bougres=gaziers=boulots=pétards=bourre-coquins=gargousses de la canonnière=musiciens=manches à balles=berlingot avalé en poste comme l’affirme Joséphine-au-plus-beau-cul-du-monde concernant Nabotléon, ou une fondue savoyarde (Beaufort, hiver, d’été, d’alpage, de force 5 à 7, Comté, Gruyère, les deux derniers n’étant pas à dédaigner dans une gratinée au Madère, considére comme une torture dans MadHeidi avec l’ébouillanté à la fondue avouant être intolérant au lactose), avec, même si remis aux calendos grecs, un appareil design ressemblant à un chatBot, en pleine canicule d’été, le jeu consistant à regarder la sueur sur le front[11]. Le potophore Bocuse sacre le pot-au-feu avec moelle. Café décaféiné ou thé rooibos. Mettre les petits plats dans les grands : serviettes natives. Ileli mange de l’ail pour obtenir une bonne odeur d’aisselles. Se shooter au pain au pavot. Les cervelles d‘agneau – délogées par les cabocheurs ou pourfendeurs dans les caves – tourangelles au beurre, en carpaccio à la elBulli, après les rillons, en fouace ou non, comme ileli l’a appris à la Cravandière. Un bouillon de poulet aux os cassants, en miso Gucci® comme probiotique sur base soja. S’enfiler à sec un castré de Bresse en demi-deuil – kitchen is chicken – ou géline de Racan – préférer la chair du cou. Caprin de Coimbra. A la réception de l’impôt sur le revenu déclenchant une hernie fiscale, manger des linguinales au foie gras, avec de la gelée de foin parfumé à la cistre du Vivarais, et à la figue, sur fond jazz d’Artie Show. Penser à ce lapin Rex du Poitou confit entier au gin, enrobé d’une fine farce au lard de Colonnata avec gnocchi de pomme de terre aux épices douces, les berlingots avec coulant au crémeux de chèvre de Banon, fumé, consommé au cresson infusé au gingembre et à la bergamote, les célèbres homard bleu rôti au beurre de homard, dashi aux fruits rouges, fumé, chutney de cerises à l’épine-vinette, betteraves jaunes ou turbot côtier cuit meunière, crémeux de petits pois à l’oseille, cardamone verte, bouillon des cosses au café vert de Anne-Sophie Pic, pour la réhabilitation du topinambour et du panais au bord de la nationale 7 à Valence. Saupoudrer les pâtes longues – soba=au sarrasin, ou non -, des spaghettis sardes par exemple, de gustuelle karazumi=wuyuzi=boutargue=poutargue râpée, – œufs de muges=mulets en gutturation iodé, très gustuel, suave et amer, pêchés aux calens malgré l’étang de Berre pollué par l’industrie et l’excès d’eau douce rejetée par la centrale EDF de Saint-Chamas – des martéguaux, entre Aragon et Maurras avec Tarkos entre. Les figues turques au foie gras opimes avec ratafia ou Pineau des Charentes, dont le queutard François Ier, « fol qui s’y fie », servi au Ritz®, sont à savourer par temps de grippe aviaire. Ghostwriter tord le cou à une négresse pour se rincer le corgnolon en songeant à la mère Cottivet : Côte-rôtie®, Vosne-romanée®, Nebbiolo avec pendule comme Véra Kundera afin d’éviter les allergies au visage; pourquoi pas un champagne de l’exécuteur des basses œuvres ? Une crème de cidre du très-connu-malgré-lui Seznec ou une de Calvados du père Jules. Du chèvre du Rove pour tyromantie avec du saké ou un thé vert d’Anhui, le Tai ping hou kui pour la diarulité. Un clafoutu d’écrous – pulpeux, rouges carmins, pourpres noirs, roses claires ou jaunes presque blancs ; agriote ou griotte, guigne, bigarreau, Napoléon, burlat -, « c’est simple comme un clafouti » dit-elle dans Edward aux mains d’argent de T. Burton, ou un wagashi, sans compter les pâtisseries en Lego®. Pour tasser le tout, une glace à la Chartreuse – ce liquide de 130 herbes, dont l’agencement est jalousement secret, depuis le XVIIe – de chez Caresse & Câline dans les Belledonne en se référant à Tarantino en barman dans Boulevard de la mort, clamant à son auditoire que la « Chartreuse, [est] la seule liqueur tellement bonne qu’une couleur porte son nom. ». Nourrir, mourir.
Son penchant pour Raoul Ponchon – rendons à César ce qui est à César -, ce poète prolixe de plus de 120 000 vers, conduit à entonner ce poncif international devenu proverbe des piliers de bar : Quand mon verre est vide, je le plains ; quand mon verre est plein, je le vide. 3 ou 4 verres de vin, ça sulfite, par semaine, 2 ballons par jour pour vivre longtemps selon lobbying – ou ne pas boire de molécules selon le sinistre de l’agriculture sous la pression des bouilleurs de cru qui eurent la peau de Mendès France, même si les vignes bourguignonnes, au taux d’alcool élevé, moins acides, plus confiturées et avec un goût affirmé de fruits mûrs, auront disparu comme la Bretagne qui se met désormais à la vigne – la Grande-Bretagne rempile côté vinicole ; les barbus, vénètes, sont implantés en Scandinavie. Savourer la cuvée bio d’Alicia des Appremonts cévenols.
20 éjaculations par mois contre le cancer de la prostate. Coca l’âne, « Ne buvez pas idiot, buvez engagé » au fronton du château de Coca® en Ségovie : boire du wahl-cola – pruneaux marinés à la cannelle avec de l’eau gazeuse – mieux que le fada cola®, le kofola®, le coca colla®, le breizh cola® passé sous proprio normand, le beuk cola®, le britt cola®, le bougnat cola®, l’alpa cola®, le biarnés cola®, chtilà cola®, elsass cola®, cola’rdèche®, l’ehka cola®, le corsica cola®, liger cola®, loère cola®, vexin cola®, mecca cola®, l’imazighen cola®, le qibla cola®, zelal cola®, zam zam cola®, tukola®, selecto®, l’inca cola®, l’opencola®, ubuntu cola®, le jolly cola®, kola real®, 1642 cola® versus le pepsi colapse® très à la mode en ces temps.
Vomi est mot vie. Travailler son massif périnée – vérité en deçà. Pensée positive comme méthode Coué® : « je séropositive ». Reprogrammation neurolinguistique. Certains pauvres qui glanent après les marchés, dont les patates, à la Varda, se jettent sur les restes de seins coupés suite aux tumeurs. En sus quand le chirurgien Fuzz se trompe de sein. Ajout d’herbes sèches conseillé. Les jours se lèvent, Hum !, les nuits tombent indifféremment. Aux complotistes : le soleil ne se lève et ne se couche pas parce que je le regarde, voilà pour la différence entre lien, corrélation et causalité – ces deux derniers étant sans cesse confondus. Ascenseur soupire. Colonne sèche. Asthme l’inspire. Ennui, durée vécue pleinement comme le sucre dans l’absinthe avec iris absente. Avoir le temps est un luxe selon Apollinerf, surtout quand Cravan conchie la Laurencin. Air sur noir sur blanc. Chaque jour révolu rapproche de la mort dans la vie. Ecouter The death is not the end sur la cassette de The death is not the end sur le label The death is not the end. Depuis la naissance. Vivre tue. Heildegger, ce beauf avec chapeau et chaussettes tyroliens dans sa cahute faussement campagnarde, reprend poncif. Chute des feuilles, chut ! petites morts. Chien à la porte donc. Mort dans vie. Soupirs. C’est écrit. Noir sur blanc.
Je t’aime : performatif intransitif ne souffrant aucun adjectif ; comme « made in China », n’apporte aucune garantie. Nul Don Juan pourtant. Commandeur cloné. Indifférent.e. aime le beau. Des enceintes. A la masse ? Trouple perceptible sur son visage : trouble dans les genres[14]. Elles : hommes immatures, trop d’ego, toujours en avant, à se valoriser, maman trop, infidèles, pensent queue, rationnels, manquent d’empathie & d’écoute. Petite typologie des mâles hétérosexuels après #MeToo de Chloé Delaume : relou, couard essentialisé, verrat visibilisé, réactionnaire en sandales, masculin révulsé, séducteur en laisse, « purple fucker », faux allié, ouin-ouin, flippé, fabriquant de déni, éveillé tardif, ver galant, Je-suis-féministe-mais, géniteur dessillé, dépatriarcalisé. Il faut beaucoup aimer les hommes. Râle, sève ! Il se fait agrandir le pénis, allonger, à Las Vegas, Montréal ou en Turquie en low cost, les jambes – implantation d’un système autour d’un clou, allongé via une télécommande externe par le patient lui-même, dans le fémur ou le tibia et le péroné, s’appuyant sur les principes de distraction osseuse par régénération découverts par le soviétique Ilizarov et son fixateur, cette cage ronde métallique composée de tiges qui percent le membre -, avec risque de mauvaise union de l’os, infection ou embolie, passe son temps en musculation pour torse bomber et pectoraux affleurer, Bombez le torse bombez ! Prenez des forces bombez ! Ça c’est my way, se fait poser des implants capillaires à Istamboul, refaire les dents en Hongrie. Elles abandonnent les couettes comme des rideaux bonne femme tenus par des embrasses, elles aiment être dessous mais plus à n’importe quel prix. Carne : coq-porn partout. Utérus, organe sans âge, générerait des hystériques où les femmes étaient manipulées, par Charcot et d’autres, à coup de cérémonial autour du baquet de Mesmer. Avant-garde et arc hystérique : Sarah Bernhardt puisque des actrices participaient au bal des folles à Saint-Anne, femmes de Mucha, postures de la chanteuse Y. Guilbert. Papillomavirus. Hystérectomie. Endométriose. Congrès de la vulve à Copenhague avant le syndrome de Stockholm. Des clitos – détectés par Soranos et Rufus d’Ephèse[15], là où la femme-fontaine ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve selon Héraclitoris – en 3D, comme un sot-l’y-laisse, en boucles d’oreilles ou en sculpture de rond-point. Au troisième millénaire, une cinquantaine d’années après le premier pas sur la lune, découvrir enfin[16] que le mamelon du diable=clitoris=la nymphée=lampe amoureuse=praline=petite éminence, ce bonnet d’évêque innervé comme le gland mâle, mesure une dizaine de centimètres – à clitoriser. Terrible excision, infibulation, mutilations pratiquées sur le seul organe féminin, du clitoris à la vulve en passant par les lèvres, consacré au plaisir. Humains (dys)fonctionnels. Les hommes chaussent des souliers dont les bouts sont offensifs à taper dans les parties de l’adversaire ; les femmes portent des faux ongles longs comme ceux des princesses chinoises. Les fonctionnaires ponctionnaires fonctionnent – comme ils peuvent. L’intelligence artificielle dépossède de la virilité dans les travaux physiques du type manutention. Heureusement, nous sommes en train d’en finir avec cette mulierbrité où « Les femmes sont soupières, c’est dire l’importance du plumeau ».
Eux : elles ont des problèmes avec papa, trop voyeuses[17], trop dans l’émotion, parlantes, doutes, compliquées, besoin d’être rassurées[18] (homme = doudou ou bouillote ?), jamais contente de leur physique ou trop, surcharge mentale, dépensières ; « les emmerdantes, les emmerdeuses, les emmerderesses » selon Valéry qui a souffert à la fin de sa vie à cause de sa maîtresse libérée. Toutes ne sont pas des Cannary. Elles intériorisent les poncifs masculins dans Sois belle et tais-toi de D. Seyrig : femme = soins. Il faut beaucoup aimer les femmes qui sont l’avenir de l’homme. 😕 Et mes rognons, tu les aimes mes rognons ; mon poumon, tu l’aimes, dis ? Se passer ses cheveux plus ou moins longs entre les doigts. L’œil dit américain se meut vite=ginginer comme le chante Bowie, le champ de vision est plus étendu pour la sélection du mâle : elle mouchaille, renucle. Atroce regard oblique=à la borgnette bloqué du poisson mort=quart d’œil entre faux cil, eye-liner et mascara – France, championne de la cosmétique ; spécialité française – mater sans être observé, hypocrisie ou torticoli=tortcou élevée en art comme politesse. Se teindre les poils du nez, gonfler les seins, fesses ou lèvres, refaire les grandes lèvres du « derrière du devant »[19], liposucer – une infirmière mexicaine s’est tuée en tentant de s’autoliposucer -, ravaler la façade, blanchir son anus qu’elle aura fait toutefois bronzer en diverses contorsions de yoga puis le mouler en chocolat qu’elle mangera et offrira pour la Saint Valentin. S’accepter comme best-seller. Malentendus : Mars mal Vénus[20], l’un dans l’autre ; exoplanètes par milliers – Copernic sa mère. Est ainsi soit-il. Sommes os & eau + carbone. Mosper Périmé, loto du patrimoine dérivé de son but : ravalement de façade à la duchesse d’Albe pour la cougar, parfois dès l’adolescence, cet âge cochon. Ne pas aimer les flatteries. Apprécier les mûr.e.s – pour un homme, un peu comme les chiens, avoir 70 ans correspond en valeur médiane à l’adolescence mentale. Libéré.e.s d’obligations. Sous pressions. Trop de tabac, seule égalité réelle gagnée par les femmes : vivre moins longtemps, baisse de l’espérance de vie durement gagnée, poumons ravagés, crises cardiaques. PMA, avoir un bébé toute seule – l’homme n’est plus or mais hors -, GPA. Homme : que géniteur ? Le père s’éclipse partielle puis totale. Parent 1, parent 2 = parent d’, parangon de la modernité. Jeu du chat et de la souris. Garder ses chaussettes pendant augmente la possibilité d’orgasme, avec fort ambitus, qu’elle simule d’après IRM, scanner. Les bottes près du lit : promesses. Fini bukkake.
Se plonger en taches blanches de crépi écru comme nuages. Fixer. Répulsion en swinging London grammar. murseressèrent. Un couloir de bras-chandeliers de Bérard à La belle & la bête. Position d’odalisques ; creux des reins, clef des songes sur fond de contrebasse. Café du commerce, conception femme-homme. Sommes bien peu. Pas compagnon ou compagne : impôts frappent (animaux décimés, air irrespirable, armement nucléaire) – réduire empreinte carbone, ginks=nul enfant car, Swift[21] is green, bonus Malthus, réduction de l’émission de CO2 égale le recyclage des déchets par 700 adolescents pendant toute leur vie, 180 000€ économisé en moyenne. Etiquette femme, pression sociale : nullipare, corbeau. Bombe démographique, transition.
Pas de voiture, pas de portable, pas de tv, pas d’ordi : une personne AZERTY en vaut deux, Jean-Christophe. Ileli est membre du Luddite club où le smartphone est banni. Inscrit.e à aucune asso. Aucun sport, revendique l’asthmatique fumant un Churchill. – J’adore quand un plan se déroule sans accroc répète Peppard avec son barreau de chaise dans la bouche dans Agence tous risques, le même que dans Déjeuner chez Tiffany’s avec la fée Audrey et le cabotin Rooney -. Premier et dernier rendez-vous chez le psychiatre scannant du regard le manteau noir à la coupe stricte : « Pas de compagne ou compagnon, pas d’enfant, pas d’animal de compagnie, vous avez raté votre vie ». Le synesthésique russo-franco-germano-americano-suisse, épiléptique, avait raison. Les psychiatres sont les derniers classés, avec les pédiatres, en trop faible nombre, et la médecine générale – reconnue tardivement comme spécialité -, de l’internat (ECN) de Médecine, voilà qui est rassurant ! Pas de responsabilités, nulles contraintes. Etre zéro, kamikazé. Un Dude. Le grand rien du grand tout. Parti de rien, arrivé.e à rien. Hikikomori=retirant=syndrome de Bartleby te salutant comme dans De l’autre côté de la porte de Thrush.
La plaque électrique fait masse. Les plombs sautent. Amleto par Castellucci. Véhémente extériorité du mollusque qui s’exerce à plier l’espace-temps. Tous se drogassent : trop d’anxiolytiques partout, B.Z.D. notamment (C9H8N2)[22], kétamine remplace Prozac®. Le ronronnement du chat calme paraît-il, comme le cheval ou le bébé phoque robot pour quinquado ou les doudous=objets transitionnels de femmes adulescentes – la vie s’allonge surtout pour qui est né un 29 février (c’est le meilleur mois car c’est le plus court=moins de bêtises sont dites).
Les félins prolifèrent. Certains sont utilisés, comme du temps de la guerre froide où le pionnier se fit écraser d’entrée, pour espionner avec l’aide d’implants. A l’instar de la Chine, le gouvernement instaure la politique du chat unique à cause d’écosystème déséquilibré & de raréfaction des oiseaux. Les heureux félins sont fixés : FELIX. Les chattes, trop en sinanthropisation, se suicident en masse. Un ingénieur s’ingénie à torturer son chat : condamné. Depuis Da funk, les canidés pullulent. Ils se sont révoltés à l’hémisphère gauche sud, téléguidés par Fuzz. La rébellion est circonscrite même si les CRS mâles, de glace, se sont portés pâles car ayant mal à l’épaule nord à cause du burn out. Trop de médicaments, trop d’animaux.
Voir en face. Psyché réfléchit trop. Vivre in naturalibus. Peeping tom n’aime pas se voir. Rear window, les fenêtres sont des cases d’échiquier – une veuve, cette fille qui danse devant son écran, un macho sur son vélo d’appartement puis son babyfoot sur son balcon, une poitrine généreuse en aube d’été chaud & clair, un jeune couple nus à la Masaccio juste après l’amour, une femme sur son balcon en pleurs à cause d’un burn out et surcharge mentale devant ses deux enfants qui la regardent sans comprendre -, pas de cour, pas de chien déterrant des ossements humains, L’Homme de fer a fait son coming out, nul Arizona dream. Playtime again, Sam. Des vieux trompent l’ennui derrière leurs rideaux. Les miroirs sont condamnés. Play it against, Sam. Ne pas être photographié pour ne pas avoir l’âme aspirée. Tout est image. Encore moins s’entendre. Etre quadra – cercle. Ne pas s’étendre. Face-à-face. Eau & gaz à tous les étages, Sokolov. Magnéto, Serge. Un nouveau compteur d’électricité, dénoncé par la Cour des Comptes, et d’eau malgré des détracteurs. Enième théorie du complot. Des on-dits. Les imbus éclatent. Outre les ondes hertziennes à modulation de fréquences, vu à l’origine comme maléfiques, baigner dans les ondes électromagnétiques. WIFI is WTF. Vivre avec un sac plastique cancérigène et non biodégradable sur la tête pour protéger des ondes : 8e continent. Perturbateurs endocrinières même dans les cheveux en quatre sur la soupe d’écolos. Pas de cellulaire et d’étrangers exploités dans les mines, parfois clandestines, dangereuses – cyanure, lithium, cuivre, silicium -, pas sous l’oreiller adonc avec le manque de sommeil, en chute piéton chut !, au resto avec comparse face-à-face devant l’écran idem, sans discussion continue. Rebel, rebelle. Apprendre à voir, flâner. Océan technologique. Métier Jacquard dont les cartes perforées servent pour des œuvres contemporaines abstraites, des motifs de robes ; révolte des cervelles de bombyxiers=canuts. Luddisme non ludique, Rage against the machine, Thiers, Guizot.
[1] Composé à partir d’odeur et jus, bouillon. Brillat-Savarin (cet auteur néologue – comme siroter, à partir de to sip, en anglais, puisqu’exilé en Amérique à cause de la Révolution qui ne vit pas que Lafayette, confabuler – et musicien, de l’aphorisme XIV, « Un dessert sans fromage est une belle à qui il manque un œil. » ou « Tout se rattache à l’âme humaine, même le soufflet au fromage. »; « L’osmazôme est cette partie éminemment sapide des viandes, qui est soluble dans l’eau froide, et qui se distingue de la partie extractive en ce que cette dernière n’est soluble que dans l’eau bouillante. […] L’osmazôme se retire surtout des animaux adultes à chairs rouges, noires, et qu’on est convenu d’appeler chairs faites. », Physiologie du goût, ou méditations de gastronomie transcendante, Méditation V, Des aliments) et Dumas – en conflit avec Rossini, l’auteur du tournedos et de Le quiproquo extravagant, L’heureux stratagème, L’occasion fait le larron ou l’échange de la valise, Bruschino ou le fils par hasard, La Gazette ou le mariage par concours, lors de la guerre des macaronis où, pour la farce, outre jambon, tomate, oignons, beurre, parmesan et bouillon, Porthos opte pour 1 kg de paleron et gîte de noix de bœuf cuit pendant 7h, avec Sauternes, huile d’olive, thym, laurier, persil, ail et poivre quand le Macaroni mélodique dérive, à l’aide d’une seringue en argent, avec du Xérès vieux voire du Champagne, du foie gras, des truffes du Piémont, de la viande, de la crème et du gruyère pour un macaroni chargé qui se goûte par succion -, confirmés par l’Académie française. Le chimiste Louis Jacques Thénard et Justus von Liebig ont apporté leur contribution.
[2] Que certaines se fourrent dans le cul en suppo pour exciter les amateurs, -trices de grosses fesses à la Kim Kardashian.
[4] Cet écossais d’origine – dont le prénom remémore le comte dont les partisans enlevèrent le fils de Marie Stuart, Jacques VI d’Ecosse, futur roi d’Angleterre sous le nom de Jacques Ier – devenu australien avec le pays au chardon dans son cartable derrière son riff.
[7] Sont épargnés : les singes, trop proches des hommes ; les lions et les tigres, trop dangereux; les hippopotames, trop chers. Un avant-goût du repas de Noël au Café Voisin par le chef Alexandre Choron – probablement un descendant du Professeur – sous l’occupation prussienne en 1870 après le salami de rats à la Robert – « le rat, s’il était désagréable à toucher,donnait une viande d’une formidable qualité, quoique fine et un peu fade, mais parfaite si elle était bien assaisonnée. Thomas Genin servit des terrines de rat avec une farce de chair et de graisse d’âne. » raconte Jean Vitaux, médecin, auteur de Les petits plats de l’Histoire parmi plusieurs ouvrages sur la gastronomie, mot inventé par l’humoriste, maire et juge de paix, Joseph de Berchoux pour qui « Un poëme jamais ne valut un dîner. » (La gastronomie, 1801); la peinture à l’huile Le Vendeur de rats pendant le siège de Paris de Narcisse Chaillou en 1871 témoigne avec le mulot mort sur un étal de fortune, bricolé à partir d’une chaise au dossier de laquelle est accroché un drapeau français – au Jockey Club ? Hors d’œuvre Tête d’âne farcie Potage Consommé d’éléphant Entrées Le chameau rôti à l’anglaise Le civet de kangourou Côtes d’ours rôties sauce poivrade Rots Cuissots de loup sauce chevreuil Le chat flanqué de rats La terrine d’antilope aux truffes. Passons sur la patte d’ours polaire – dégustée par Dumas en Russie avec le lait de jument fermenté -, la trompe d’éléphant ou la cervelle de singe – peut-être venue d’Indiana Jones – dans Le festin chinois de Tsui Hark (1995).
[8] La musique contient une fréquence de résonance naturelle des disques durs ; une fois propulsées via les haut-parleurs, les ondes sonores de la chanson sont capables de dérégler le disque dur.
[9] Symbole grec de victoire après la déroute des Perses à Marathon en 490 av JC.
[10] De grands chefs s’y mettent tout en conservant le goût. Le cassoulet serait né lors d’un siège pendant la guerre de Cent ans. Gambetta en serait mort d’indigestion : Il n’y a pas loin des canards du Capitol à la roche Tarpéienne.
[11] Ceci n’est pas sans rappeler l’ordre de la mouche à miel de la Duchesse du Maine à Sceaux (L.BAR. D. SC. D. P. D. L. O. D. L. M. A. M.), relaté par Alexandre Dumas dans Le Chevalier d’Harmental : « Jurer et promettre d’apprendre incessamment à danser toute contredanse comme furstemberg,derviches, pistolets, courantes, sarabandes, gigues et autres, et de les danser en tout temps, mais encore plus volontiers, si faire se peut, pendant la canicule, et de ne point quitter la danse, si cela n’est ordonné, que les habits ne soient percés de sueur, et que l’écume n’en vienne à la bouche. »
[12] Le planning familial a suscité une polémique à cause d’une affiche avec un trans enceint.
[13] Se référer de la statuaire grecque jusqu’au chanteur Anthony Hegarty / Anohni en passant par les « onnagata » du kabuki, l’opéra chinois, Shakespeare (y compris l’Hamlet de Jahaty), Louise Labé, le castrat Farinelli par Barthes pour la guérison de la léthargie mystique de Philippe V ou au cinéma, une photo de Nadar, la pensée du Sâr Joséphin Péladan, – ce « prêtre de l’idée », envoyé du Mont-Salvat et du Chevalier du Graal, distinct du Sâr au palais d’hiver où les protagonistes étaient ivres après un dîner chez Marius, un bouchon.-, les suffragettes, les flappers, Orlando de Woolf revisité par Wilson avec Huppert, Fil d’or de Suzy Solidor, La grande illusion de Renoir, le cabaret, berlinois ou parisien, les glams Bolan de T. Rex, Bowie et son acolyte K. Nomi, Certains l’aiment chaud de Billy Wilder (Some like it hot, 1959), Phantom of the paradise de B. de Palma (1974), le groupe Indochine, Titane de J. Ducournau (2020, Palme d’or).
[14] « All gender is like drag, or is drag. » (« Tout genre est semblable au travestissement, ou est travestissement. » (Butler, Ces corps qui comptent : De la matérialité et des limites discursives du « sexe ». Paris : Ed. Amsterdam, 2009. p. 236, traduction par C. Nordmann de Bodies That Matter : On the Discursive Limits of “Sexe”. New York : Routledge, 1993. p. 234 in Marty, Eric. Le sexe des modernes : Pensée du Neutre et théorie du genre. Paris : Seuil, 2021. Fiction et Cie. Note 4. p. 233). L’angle mort de la pensée de Judith Butler, valet à la Wodhouse, Jeeves, de sa propre pensée, c’est le trans comme le souligna le Fuck you Judith Butler de cette trans FtM. Pour elle, la dynamique de développement n’est qu’un calque du management assassin : agency (capacité d’agir), empowerment (autonomisation), enabling (encapacitation).
[15] Hippocrate, Galien et Vésale, corrigeant les erreurs de Galien, n’ont rien vu contrairement à l’italien Eustache, le lyrique Colombo – le Colomb du clito passé à côté de cette terra incognita – et surtout Fallope. Ne pas oublier les bulbes du vestibule.
[16] Que dire sur la petite prostate féminine. La femme-fontaine reste un mystère non élucidé pour l’heure.
[17] Soit elles sont complexées à cause de leur éducation ou la dictature de la mode façon photoshop, soit elles paradent.
[18] « Chez toutes les filles – y compris les mieux réussies de l’espèce – on trouve ce besoin de jouer la sécurité avant tout. » (Wodhouse, P. G. op. cit. p. 61.
[19] Cette expression proviendrait du baron Dudevant – mari divorcé, à la demande et à l’avantage de la dame qui aimait, comme son mari, tout ce qui avait trait du derrière – de George Sand.
[20] « Fielding nous dit que l’homme est de feu et la femme d’étoupe, et que le Prince des Ténèbres les enflamme. » Dickens, Charles. Les papiers posthumes du Pickwick Club, Chap. VIII. Traduction de Sylvère Monod.
[21]Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à charge à leurs parents ou à leur pays et pour les rendre utiles au public, écrit absurde de 1729 du prêtre irlandais, descendant de la chanteuse Taylor Swift, présent dans l’Anthologie de l’humour noir (1940) de Breton.
ALone Chaney, l’inspecteur.rice=commandant.e Shift, le long de la lône. Se changer les idées. // le rêveur comme le masturbé // Longtemps, ileli s’est touché.e de bonne heure genre berniesque pour clowneries sensuelles. Ileli a le haricot à la portière, le cliclin qui fait la robe à queue, de bal. L’abricot en folie, la praline en délire, ileli a mangé ses cerises, en est à ses gogues, a la fraise à la crème, le haricot qui démange, appuie sur le bouton d’ascenseur, mis le nez à la fenêtre, chauffé le micro-ondes. Dessous les lendilles, landrons, spopondrilles, labies, espondilles, courtines, escalopes – panées, bibilles, le foie gras et nymphes, la gâchette, la praline, la lampe amoureuse, la petite éminence, le mamelon du diable jusqu’à gicler sa cyprine. Hérmaphrodite, Shift a la grosse flèche qui pointe vers le haut. Ileli s’est dressé.e, monté.e le chapiteau sous les draps, tiré.e la poudre aux moineaux, secoué.e la cartouche, fait la guerre de 5 contre 1, astiqué.e, gonflé.e le poireau, le spaghetti ou la colonne – Morris, collé.e, cogné.e un – petit – rassis, monté.e le chapiteau entre minuit et les couvertures, la chaufferette, aiguisé.e le couteau, joué.e à mets couverts, gonflé.e son andouille triple A voire AAAA, arraché.e le manche à en faire des copeaux, à se râper le gruyère sur la nouille pour lui donner du goût, allongé.e le macaroni, chatouillé.e le spaghetti, tiré.e la courte, chipolaté.e le nougat sournois, la membrane, le levier de force, fait marcher son p’tit moulin, marcher aux feuilles de figuier, chatouillé.e l’hibiscus, pété.e le yaourt dans ses mains, tiré.e sur la guimauve, fait sauter le bouchon, s’en bat une quand ileli s’est fréquenté.e, flatté.e le petit chauve, poli.e, régalé.e, balancé.e, secoué.e le chinois, fait à la pogne et non à la Saint-Genix, jusqu’à s’en faire fumer la plomberie, fait les cuivres façon grand-hôtel, passé.e à la feuille d’or, tapé.e un silencieux, pianoté.e l’émoi, fait le concerto de mes 2, d’Aranjuez, joué.e Vivaldi, fait les 4 saisons, fait saigner à blanc, paluché.e jusqu’à s’amidonner la main de sa sœur, lustré.e les cuivres au blanc d’Espagne, fait son lavage à la main, monté.e la guitoune, fait la glimblette, torché.e coquette, passé.e au buvard, fait un nez à la Pinocchio, sorti.e son Gnafron, joué.e à 5 contre 1, fait la bataille des jésuites, des moines, juté.e, rompu.e une lance, branlé.e à fresque jusqu’à repeindre les plafonds de la chapelle Sixtine, fait trembler et emmêler les pinceaux, dessiné jusqu’à étaler et appliquer des cartes de France pas rance, astiqué.e la colonne Vendôme, fait un truc façon Karagheuz, poli.e le Mont-blanc, revu.e ma géographie, en bon français, découvert.e l’Amérique, joué.e au billard anglais, fait une géographie dans les draps, astiqué.e le geyser, taquiné.e le hanneton, fait pleuré, cerné.e les yeux, gallimardé.e, sur l’Arétin par cœur, agacé.e le sous-préfet, repeint.e l’appartement, décollé.e ou cloqué.e le papier peint, secoué.e coquette au-dessus du bénitier, bu.e seul.e, étranglé.e le robinet, tapé.e, secoué.e le Mahomet – attention aux islamistes et à leurs menaces -, fait du cinéma, longtemps de bonne heure. La bête a lâché son cri ; ileli se dégorge les amygdales, s’essore les rognons, éternue sa cervelle, pleure entre deux guichets, se désencombre les aumônières, le sirop de navet, le fromage, le jus de couillon, ileli fait feu, éternue sa Chantilly®, envoie la crème, fait l’omelette, bien baveuse, envoie, crache, balance la purée, lâche la semoule, le potage, envoie le dentifrice, fait mousser son blaireau, vide son carafon, fait tout outre, encense l’intérieur, dégorge le poireau, fait éternuer son cyclope, fait son beurre blanc, tousse sur le seuil, précoce, envoie le yaourt, pleure ses fautes, des larmes de joie. L’inspecteur.rice=commandant.e – ♪ Dieu avait mis le kilt -, est – comme escargots, vers et sangsues – un.e hermaphrodite, ou intersexe dirait-on improprement aujourd’hui, avec des posters d’Herculine Barbin, de Morse de T. Alfredson, de Tomboy de Sciamma, XXY de Lucía Puenzo, cernés de bouquets de – boutons-d’or – renoncules – boutons-d’argent.
[1] L’Etat a utilisé l’amiante pour son faible coût tout en sachant, dès le début du XXe siècle, sa nocivité sur l’homme. Si, en Italie, l’Etat fut condamné, il n’en est rien en France.
[2] Qui n’a pas eu son Nobel pour avoir fricoté avec un régime peu recommandable, Cry for me, Argentina.
[4] « On a essayé toutes les combinaisons, mais on n’a pas encore écrit le roman où le Lecteur est coupable, celui où il est Victime. » (Roubaud, Jacques. L’Enlèvement d’Hortense. Paris : Seuil, 1996 [1991]. Points. p. 150). Or, La Lecture assassine d’Enrique Vila-Matas, qui fut hébergé par Duras, est cité dans Decout, Maxime. Pouvoirs de l’imposture. Paris : Les Éditions de Minuit, 2018. Paradoxe. Chap VI La littérature est-elle coupable ? Mort au mauvais lecteur. p. 166.
Lectrice car, d’après les statistiques du Département d’Etudes et Prospectives du Ministère de la Culture, le lectorat le plus assidu est majoritairement féminin, sans doute une stratégie culturelle afin d’améliorer son statut social et son ascension progressive grâce à l’éducance depuis le XVIIIe, où le livre et la lecture sont encore centraux.
[5] Ce « guignol triste », « obstinémentpasséiste », « Cramponné au dogme comme une vieille fille à son chapelet, insensible à la critique comme à la compassion, il a produit un miracle, un seul : sa popularité. » (Cavanna).
[english, 2nd part] Le daron est venu, après un coup de mou après la tournée « Ici et là », avec ses deux fistons, Pierre, l’aîné, plutôt piano, même timbre de voix, Charles dit Ours, plutôt guitare. Prescription du médecin : Souchon devrait être remboursé par la Sécurité sociale. Ils avaient tenté l’essai en ayant clôturé la 50e session des Rencontres d’Astaffort en septembre 2021 chez Cabrel (vu en concert, très beau, dans les arènes de Nîmes début années 90), plus des concerts de charité, pour Alzheimer par exemple. Les fils avaient collaboré au dernier album du père, le chef-d’œuvre, un classique de la chanson française, à plus de 70 ans, Âme fifties, très nostalgique à tirer des larmes, composition impeccable, texte au cordeau, une pub pour une lessive, une Peugeot, etc. défilent en fond. Le visuel et le son le plus réussi. Puis, ils soutiennent, par leur passage, des salles petites et moyennes défendant une certaine idée de la chanson. Dans le jeu des 7 familles, je tire également Chedid, en 2015, avec Louis, le père avec sa tronche et son humour, sa fille Anna, dite « Nach », ses fils Matthieu, le connu « M », et Joseph, puis en 2022 les Dutronc, père Jacques et fils Thomas, désormais endeuillés.
Le trio familial Souchon commence en ombres chinoises derrière des kakémonos blancs. Tout est paré pour le mieux. Alain se plante d’entrée sur La beauté d’Ava Gardner, pas chantée depuis longtemps : la magie est un peu perdue mais on lui pardonne. Chemise blanche, jean, baskets noires, il se concentre ensuite sur un immense prompteur. Les classiques, bien sûr : La ballade de Jim sur le crash de son vrai père, découvert très tard ; voir un gars de 80 ans chanter vers la fin du concert J’ai 10 ans est réjouissant, la voix est toujours là, le tout est élégant. Des spectateurs se rapprochent comme dans un pèlerinage. Des vagues d’amour disait Bashung. Souchon fait le guignol – normal à Lyon -, se désarticule parfois, ponctue d’anecdotes familiales répétées (« Notre père n’est pas branché shopping… Sauf une fois, où, alors que l’on faisait un arrêt dans une station-service, entre les Calissons d’Aix et les parfumeurs, il a trouvé une chemise bleue… Mais n’a pas vu le verso ! » ; sur l’écran du fond, Alain arbore fièrement une atroce tête de chien de traîneau). Des raretés : le beau Casablanca (On avance, 1983 ; d’ailleurs il ne chante pas le titre éponyme, dommage), sur les origines, Petit tas tombé (Au ras des pâquerettes, 1999), Comédie, chanté en duo avec la regrettée Jane Birkin en 1988 (Ultra Moderne Solitude) ; l’interprétation émouvante de L’Amour en fuite, chanson du film de François Truffaut (1932-1984) avec la brève séquence du double baiser dans le cycle Doinel, un couple venu écouter dans une cabine la chanson et en regard celui d’Antoine (Jean-Pierre Léaud, le pire acteur du monde – actuellement ruiné au point de vivre grâce au crowdfunding -, sauf dans le cycle Doinel justement) et de Sabine (Dorothée), la disquaire. On apprend que Les cadors a été composée pour une taularde.
Bien que les enfants aient refusé que le répertoire soit partagé avec leur père, deux chansons des lardons sont lâchées, le saut est cruel même si pas indécent : Les Montagnes de Corée, d’Ours, et Pareil Jamais, de Pierre. Plus de 60 € pour un concert acoustique, c’est tout de même cher.
The father came, after a slump following the « Ici et là » tour, with his two sons, Pierre, the eldest, more of a piano player, same timbre of voice, Charles, known as Ours, more of a guitar player. Doctor’s prescription: Souchon should be reimbursed by Social Security. They had tried it by closing the 50th session of the Rencontres d’Astaffort in September 2021 at Cabrel’s (seen in concert, very beautiful, in the Nîmes arenas in the early 90s), plus charity concerts, for Alzheimer’s for example. The sons had collaborated on the father’s last album, the masterpiece, a classic of French song, at over 70 years old, Âme fifties, very nostalgic to bring tears to your eyes, impeccable composition, tight lyrics, an ad for a laundry detergent, a Peugeot, etc. scrolling in the background. The most successful visual and sound. Then, they support, through their passage, small and medium-sized venues defending a certain idea of the song. In the game of the 7 families, I also draw Chedid, in 2015, with Louis, the father with his face and his humor, his daughter Anna, called « Nach », his sons Matthieu, the known « M », and Joseph, then in 2022 the Dutronc, father Jacques and son Thomas, now in mourning.
The Souchon family trio begins in shadow play behind white kakemonos. Everything is set for the best. Alain immediately falls flat on his face with Ava Gardner’s La beauté, which hasn’t been sung for a long time: the magic is a little lost, but we forgive him. White shirt, jeans, black sneakers, he then focuses on a huge teleprompter. The classics, of course: Jim’s ballad about his real father’s crash, discovered very late; seeing an 80-year-old guy sing J’ai 10 ans towards the end of the concert is delightful, the voice is still there, everything is elegant. Spectators draw closer as if on a pilgrimage. Waves of love, Bashung said. Souchon plays the clown – normal in Lyon -, sometimes falls apart, punctuates with repeated family anecdotes (« Our father is not into shopping… Except once, when, while we were stopping at a gas station, between the Calissons d’Aix and the perfumers, he found a blue shirt… But didn’t see the back !« ; on the background screen, Alain proudly sports an atrocious sled dog face). Rarities: the beautiful Casablanca (On avance, 1983; incidentally, he doesn’t sing the eponymous title, too bad), on origins, Petit tas tombe (Au ras des pâquerettes, 1999), Comédie, sung in duet with the late Jane Birkin in 1988 (Ultra Moderne Solitude); the moving interpretation of L’Amour en fuite, a song from the film by François Truffaut (1932-1984) with the brief sequence of the double kiss in the Doinel cycle, a couple who come to listen to the song in a booth and opposite that of Antoine (Jean-Pierre Léaud) and Sabine (Dorothée), the record seller. We learn that Les cadors was composed for a jailbird.
Although the children refused to share the repertoire with their father, two songs from the Lardons were released, the leap being cruel even if not indecent: Les Montagnes de Corée, by Ours, and Pareil Jamais, by Pierre. More than €60 for an acoustic concert is still expensive.
[english, 2nd part] Curieuse ambiance alors que tout était réuni pour une belle soirée. Chaude soirée d’été, ciel clair. Une première partie inadaptée quoique intéressante : une belle voix chaude de noire, trop démonstrative, collaboratrice de Yaël Naim, manque de rythme, une contrebasse frénétique ; un seul morceau nous extrait de notre léthargie. Pas du tout adapté à la soirée malgré la tendance voix et atmosphère.
Les fumigènes fonctionnent à plein tube pour une ambiance tamisée. Mauvaise manipulation ou problème de contact, un problème technique aboutit à ce que, en début de concert, les baffles tombent en panne moins d’une minute, le public hue. James, très bavard, s’excuse dès le début car sa voix connaît des problèmes – le syndrome Bruce Springsteen ? Et là, le truc incroyable, sa voix d’or se voile, il tousse, n’atteint pas les aigus sur Limit to your love, le tube, la reprise de la chanson de Feist écrite avec Chilly Gonzales, qui l’a fait connaître. Enfer et damnation. La voix s’améliorera, notamment sur le génial Retrograde mais ne sera pas optimale pour The Wilhelm Scream. Plus tard, il se plante même sur un morceau et reprend en faisant « un, deux », en battant la mesure. Impensable ! Concert poussif. Une fille hurle en fosse à plusieurs reprises « Aller », comme pour supporter un joueur français de tennis en difficulté à Roland Garros. Une autre pousse des youyous iconoclastes. Deux jeunes exposent des pancartes en fosse. Alors que Blake demande le silence pour la dernière chanson, un a capella en canon ad libitum, le public dissipé pousse des cris, Blake lève ses longs bras de dépit. Les joies du spectacle vivant. Pas son grand soir, il y a des soirs comme cela. Beaucoup de gens sortent avant la fin, y compris mon voisin, secouriste et bénévole au festival Lumière, avec sa compagne. J’ai voulu revoir le claviériste Blake, fils de l’auteur-compositeur-interprète James Litherland (hommage sur If You can hear me), car j’avais assisté à un concert plus réussi aux Nuits sonores 2019 dans le Hall 1 de l’usine Fagor Brandt, pas le lieu adapté pour un concert ouaté, avant J. Hopskin : le public, embiéré et chauffé à blanc, voulait de la techno qui tabasse, j’étais dans la fosse, devant le grand Blake, en voulant dire à une fille de se taire, mes lunettes valdinguent, je les cherchent pendant tout le concert – pas concentré donc – où les gens les piétineront en dansant dessus.
Blake, fine barbe et moustache avec sa coiffure à la Ian Curtis, chemise blanche longue à manche longue, reprend, plutôt plus mal, moins masqué par ses synthés et plus mis en avant, No surprises de Radiohead, pas convaincu. Deux autres musiciens accompagnent James : un multi-instrumentiste, guitariste (deux pendent à côté), Rob McAndrews, devant un clavier classique, et une énorme installation avec des fils partout d’où émane des sons travaillés entre Pink Floyd et LCD Soundsystem, au centre, le batteur Ben Assiter, avec une batterie minimale, beaucoup de pads et d’électronique, fatigué, dès le début du concert, il se prend la tête entre les mains. Grâce au récent album, Playing robots into heaven, très dance, composé entre les attentes entre les balances et les moments creux des tournées : Fall Back, coécrit avec Starrah, Tell Me, avec un breakbeat de fou. La scène se meut en discothèque, les effets de lumière sont classiques (lumière intense, stroboscopique) mais efficaces, le public se déhanche. Rien d’étonnant pour se crooner post trip hop venu du post-dubstep, après 2-step. Un inventeur de sons qui a révolutionné la musique. Drôle de concert décidément.
A curious atmosphere when everything was in place for a beautiful evening. A warm summer evening, clear skies. An unsuitable, yet interesting, opening act: a beautiful, warm, black-toned voice, overly demonstrative, collaborating with Yaël Naim, lacking rhythm, a frenetic double bass; only one piece pulls us out of our lethargy. Not at all suited to the evening, despite the vocal and atmospheric tendencies.
The smoke bombs are on full blast for a subdued atmosphere. Poor handling or a contact problem, a technical glitch results in the speakers breaking down less than a minute into the concert, and the audience boos. James, very talkative, apologizes from the start because his voice is having problems—Bruce Springsteen syndrome ? And then, the incredible thing, his golden voice becomes cloudy, he coughs, and can’t reach the high notes on « Limit to Your Love » the hit, the cover of the Feist song written with Chilly Gonzales, which made him famous. Hell and damnation. His voice will improve, especially on the brilliant Retrograde, but it won’t be optimal for The Wilhelm Scream. Later, he even messes up a song and starts again by saying « one, two, » beating the beat. Unthinkable ! A labored concert. A girl shouts « Aller » several times in the pit, as if to support a French tennis player in difficulty at Roland Garros. Another burst of iconoclastic ululation. Two young people display signs in the pit. As Blake calls for silence for the last song, an a cappella in canon ad libitum, the dispersed audience screams, Blake raises his long arms in frustration. The joys of live performance. Not his big night, there are nights like that. Many people leave before the end, including my neighbor, a paramedic and volunteer at the Lumière festival, with his partner. I wanted to see keyboardist Blake again, son of singer-songwriter James Litherland (tribute on If You can hear me), because I had attended a more successful concert at Nuits sonores 2019 in Hall 1 of the Fagor Brandt factory, not the right place for a padded concert, before J. Hopskin : the audience, drunk and heated to white heat, wanted techno that beats, I was in the pit, in front of the great Blake, wanting to tell a girl to shut up, my glasses fly around, I look for them throughout the concert – not focused therefore – where people will trample them while dancing on them.
Blake, with a thin beard and mustache and his Ian Curtis hairstyle, a long white shirt with long sleeves, resumes, rather worse, less hidden by his synths and more foregrounded, No Surprises by Radiohead, not convinced. Two other musicians accompany James: a multi-instrumentalist, guitarist (two hang nearby), Rob McAndrews, in front of a classic keyboard, and a huge installation with wires everywhere from which emanate sounds worked between Pink Floyd and LCD Soundsystem, in the center, the drummer Ben Assiter, with a minimal drum kit, lots of pads and electronics, tired, from the beginning of the concert, he holds his head in his hands. Thanks to the recent album, Playing robots into heaven, very dance, composed between the waits between sound checks and the lulls of the tours : Fall Back, co-written with Starrah, Tell Me, with a crazy breakbeat. The stage moves into a disco, the lighting effects are classic (intense, strobe light) but effective, the audience is moving hips. It’s no surprise that this post-trip hop crooner came from post-dubstep, after 2-step. A sound inventor who revolutionized music. A truly strange concert indeed.
[english, 2nd part] Ça sent le sapin. Tristesse. Public de génération Y, quadra-quinqua (un jeune type exalté de Normale sup m’avait fait écouter sur K7, comme un trésor, en été début 90 à Urbino dans les Marches en Italie), dont un, devant moi, excité, bougeant sans cesse des bras, qui s’engatse avec un grand jeune de l’orga dans son bon droit puisqu’il tente, sans succès, de l’évacuer de l’escalier pour la sécurité. On assiste à un magnifique best of ou florilège (« On va faire un voyage dans le temps. (…) On va retracer toute l’histoire d’IAM. » lâche Akhenaton) avec un show parfait, millimétré, manquant de spontanéité, sauf pour la parlote entre les chansons, notamment pour dire – est-ce sans doute répété ? – qu’un membre, Imhotep aka Pascal Perez (beatmaker et mixeur), est absent (le grand et massif Akhenaton aka Philou Fragione invente une excuse quand le petit Shurik’n aka Geoffroy Mussard, méconnaissable avec sa casquette, mime la levrette – Laurel pas hardi) ou, pour l’habitué des coups de gueule devant les caméras, faire une déclaration politique de circonstance à la fin du concert – appel à la paix et cessez-le-feu pour Gaza [Frangione, d’origine italienne, s’est converti à l’Islam], ça ne mange pas de pain. Espérons – ce n’est pas leur genre mais sait-on jamais – qu’IAM ne tourne pas pour la maille ou la moula, bien que ce fut la mala, notamment pour Je danse le Mia, ce tube qui tournait en boucle jusqu’au dégoût début 1990 (l’OM avait déjà gagné contre l’AC Milan, moyennant les magouilles de Tapie, toujours adoré, quoiqu’enfin mort, à Marseille en deuil de ne pas l’avoir élu maire), pas la meilleure chanson composée par IAM, l’arbre cachant la forêt, boudée, légitimement, par ses créateurs jusqu’en 2007. Il y avait eu MC Solar quelques jours avant aux Nuits : c’est rewind dans la radio portative sur les épaules. C’est un peu revival et vieux, – certes, toujours verts – sur le retour. « On n’est pas en tournée Stars 80 » ; ben si, bro’ ! Soufflons donc les 50 bougies de la naissance de la culture hip-hop (H.I.P.H.O.P. avec Sidney sur TF1 avant Starsky et Hutch) dans le Bronx de New York – d’autant que Fragione y faisait, grâce à sa famille, des allers-retours -, anniversaire mondialement fêté le 11 août et la grande trentaine pour IAM qui a sorti il y a peu HHHistory (Hip Hop History), essentiellement écrit et chanté par Akhenaton – CBR, Signe des temps, Sans Valeurs (Je peux même plus dire qui nous mène en bateau / À part qu’il y a 60 millions de réfugiés sur le radeau / Médusé, peu après la tempête / Tout le monde a voulu graille, mais il y avait que 10 mains sur le gâteau / Je ne peux rien y faire, ainsi va le monde / Je n’ai que mes secondes à aimer follement / Mes douleurs profondes, à soigner doucement / Avec une main qui tient une rose, et dans l’autre la fronde»), n’emportant pas l’adhésion – le temps a passé – des anciens mythiques titres. Le tout n’a pas la fraîcheur du concert de Public enemy (Flavor Flav avec une horloge en pendentif ; avec Chuck D., ils reprennent un membre du public qui lance maladroitement un « nigger » au micro), avec Kery James, en 2013 au Transbordeur pour un festival de rap.
H : grand ou petit ?
La scénographie, minimale et efficace, renvoie à leur dernier disque : deux immenses écrans avec des clips projetés derrière (en noir et blanc un Frangione jeune, mince avec des cheveux !) assortis d’un double H, et dans le creux de chaque lettre, les DJ historiques du collectif qui mixent aux platines, total Kheops, cheveux blancs, en grande forme avec ses scratchs bien placés et le jeune, DJ Daz, aux infrabasses (mets les watts ! Deux types de l’équipe des Nuits, dont le fameux « Eric » hélé jusqu’à huit fois par des badauds sans-gênes en nous cassant les oreilles au point que nous relayons, évaluent le nombre de décibels), et des images projetées sur le reste, les rideaux métalliques des magasins de Noailles ou du Cours Ju pour les neufs minutes de la dernière chanson jouée, Demain c’est loin, la dernière piste de L’École du micro d’argent (1997, l’album de rap français le plus vendu à ce jour avec 1,6 million d’exemplaires, deux Victoires de la musique ; disque d’or puis de diamant), l’essence d’IAM, une fresque sociale désenchantée sans refrain, avec les quatre assis comme des papets. Ne manque que le pastaga. Des vieux, donc.
En intro, instru avec force DJ et soucoupes volantes issues des Envahisseurs, le petit doigt se tend, le pays a failli le faire avec le bras en criant Heil. Pop culture. Une K7 à l’ancienne en fond, ils attaquent comme Mars : IAM Concept. Puis c’est le tube Petit frère avec son clip en noir et blanc en puisant dans des films ou actualités vintage. Très nippon avec un visuel très réussi sur Samurai tiré de l’album solo de Shurik’n, Où je vis, avec, plus tard, les poignants Les Miens et Lettre. Ça danse enfin un peu sur scène, notamment avec l’un, grand, baraqué, noir, qui a un beau falsetto r‘nb, avec, sur les H, un long poste radio à l’ancienne pour Planète Mars comme dans l’excellent Mélodie pour un tueur (Fingers, 1978) de J. Toback, avec un jeune Keitel, qui inspira De battre mon cœur s’est arrêté (J. Audiard, 2005) avec Duris. Un instru émérite à partir de remix du flow d’IAM puis l’inévitable et attachant Nés sous la même étoile (1997) avec tapisserie stellaire. Très belles pages en noir et blanc pour Tam tam de l’Afrique (« On va faire un peu d’archéologie. » : 1991) avec le sample de Pastime Paradise (1976) de Stevie Wonder, popularisé grâce à la bande-son du film Esprits rebelles (Dangerous minds, John N. Smith, 1995) avec Michelle Pfeiffer, grâce au tube Gangsta’s Paradise (1995) de l’attachant Coolio (un Grammy Award en 1996), Artis Leon Ivey Jr, cardiaque et asthmatique, comme Busta Rhymes, mort à 59 ans en septembre 2022 à cause, comme Jackson et Prince, d’opioïde (fentanyl), qui, après avoir décimé les USA, débarque par vagues actuellement en Europe en causant des ravages, et d’anesthésiant mélangés. Le grave Signe des temps de HHHistory avec des images d’actu et un témoignage final et poignant d’une femme, n’a pas la puissance de Sign o’ the times dans l’album éponyme de Prince, laisse la place à Je danse le Mia avec boule à facettes, le public explose. Puis BBDM, Bad Boy de Marseille, tout un symbole, Shurik’n retrouve un peu d’élasticité avec ses jambes en esquissant du karaté. Cette polka tchèque des années folles réutilisée pour les fêtes de la bière, reprise par Annie Cordy puis dans le virage Nord du Vélodrome, Ce soir, on vous met le feu emporte le public bien chauffé. Entre la première partie et les phocéens, je chouffe le match de foot France / Espagne, bloqué à 2-1 en défaveur de l’hexagone qui sera éliminé en demi-finale de l’Euro (l’honneur sera sauf contre les Belges qui nous emmerdent depuis la coupe du monde sur une prétendue sélection qui aurait dû avoir lieu, n’eut été une faute sifflée, abusivement selon eux – et vlan). Cerise lyonnaise, les coussins valdinguent pour ceux – Frangione l’évoque – qui étaient venus au Radiant et au Transbo. Glorieux, Buddah Kriss & Oliver dans l’album peu convainquant HHHistory. Une magnifique projection Star wars pour l’Empire du côté obscur avec force épées laser que les membres manipulent peu pour ce qui aurait pu être une belle chorégraphie. Une série d’extraits de films de Leone sur rap et ragga. Un rap tendu et rapide remémorant leurs débuts, avec sons rave, Tension monte (Planète Mars), Akh réussit à faire baisser le public. Nicht L’Americano, dommage.
J’avais alpagué Shurik’n à la sortie des arènes de Nîmes pour m’étonner que, sur les plages du Prado, contrairement à Asian dub foundation et Massilia Sound System, grâce à qui ils ont débuté (vive la MJC, Rachida !), IAM ne soit pas présent en concert gratuit à Marseille pour la coupe du monde de foot 1998. Un tourneur peu éclairé … Quoiqu’il en soit, ils seront enfin au stade Vélodrome en 2025 avec des invités. Enfin du rap sans l’insupportable et souvent mal utilisé auto-tune ! Jul repassera un peu aux alentours …
Une première partie plutôt réussie avec du rap réunionnais toastée par une femme difforme – une rappeuse normale, après le président – tenant à ne pas être réduite au maloya bien qu’utilisant l’instrument traditionnel, le kayamb : paradoxe. Trois morceaux qui dépotent avec des infrabasses bien frappées. Dans la file d’attente, une jeune, zélée et inexpérimentée du staff, m’oblige à avoir mal au dos tout en appelant à la rescousse la sécurité, bredouille ; j’envisage de porter plainte pour mise en danger d’autrui, non-assistance à personne en danger, maltraitance et discrimination avec demande de dommages et intérêts. Toujours le même problème, que j’ai soulevé, avec le spectacle précédent à l’Odéon, la file vide, permet à des gens arrivés plus tard de vous passer devant. J’ai demandé à être prévenu, ce ne fut pas fait. C’est dans cette unique file qu’il est possible de s’adosser sur du dur pour avoir moins mal au dos. Une femme fait un malaise dans la file, plus de peur que de mal, mais l’équipe d’intervention, sur place, met du temps à intervenir. Elle sera menée, avec fauteuil roulant, dans la file des éclopés, elle y gagnera finalement. Je m’installe avec mon sac. Un grand type avec une tête déformée à la Elephant man répète des mots incompréhensibles : n’attendant pas que je m’installe, il se plaint de mon sac à dos ! Un membre du bar dévalant les marches en descendant me marche fortement deux fois sur les pieds sans s’excuser. Signe des temps. Un impressionnant stand de produits dérivés par des coréens. Signe des temps.
It smells like fir. Sadness. Generation Y audience, forty-somethings and fifty-somethings (a young, excited guy from the École Normale Supérieure had me listen to it on cassette, like a treasure, in the summer of the early 90s in Urbino in the Marches in Italy), including one, in front of me, excited, constantly waving his arms, who gets involved with a tall young guy from the organization within his rights since he tries, unsuccessfully, to evacuate him from the staircase for safety. We witness a magnificent best of or anthology (« We’re going to take a trip back in time. (…) We’re going to retrace the entire history of IAM. » says Akhenaton) with a perfect, measured show, lacking spontaneity, except for the chatter between songs, notably to say – is it probably rehearsed? – that a member, Imhotep aka Pascal Perez (beatmaker and mixer), is absent (the tall and massive Akhenaton aka Philou Fragione invents an excuse when the little Shurik’n aka Geoffroy Mussard, unrecognizable with his cap, mimes doggy style – Laurel not bold) or, for those used to ranting in front of the cameras, make a political statement of circumstance at the end of the concert – call for peace and ceasefire for Gaza [Frangione, of Italian origin, converted to Islam], it doesn’t cost anything. Let’s hope – it’s not their style but you never know – that IAM doesn’t tour for the mesh or the moula, although it was the mala, notably for Je danse le Mia, this hit which was on repeat until disgust in the early 1990s (OM had already won against AC Milan, thanks to the shenanigans of Tapie, still adored, although finally dead, in Marseille mourning not having elected him mayor), not the best song composed by IAM, the tree hiding the forest, shunned, legitimately, by its creators until 2007. There had been MC Solar a few days before at Nuits: it’s rewind in the portable radio on the shoulders. It’s a bit revival and old, – certainly, still green – on the comeback. « We’re not on tour Stars 80« ; Well yes, bro! So let’s blow out the 50 candles of the birth of hip-hop culture (H.I.P.H.O.P. with Sidney on TF1 before Starsky and Hutch) in the Bronx of New York – especially since Fragione, thanks to his family, traveled back and forth there -, an anniversary celebrated worldwide on August 11 and the great thirtieth anniversary for IAM who recently released HHHistory (Hip Hop History), essentially written and sung by Akhenaton – CBR, Sign of the times, Without Values (I can’t even say who’s leading us on / Except that there are 60 million refugees on the raft / Dumbfounded, shortly after the storm / Everyone wanted to eat, but there were only 10 hands on the cake / I can’t do anything about it, that’s the way the world goes / I only have my seconds to love madly / My deep pains, to gently heal / With one hand holding a rose, and in the other the slingshot« ), not gaining the support – time has passed – of the old mythical titles. The whole thing doesn’t have the freshness of the Public enemy concert (Flavor Flav with a clock as a pendant; with Chuck D., they cover a member of the audience who clumsily throws a « nigger » into the microphone), with Kery James, in 2013 at the Transbordeur for a rap festival.
H: big or small ?
The scenography, minimal and effective, refers to their last album: two huge screens with clips projected behind (in black and white a young, slim Frangione with hair!) matched with a double H, and in the hollow of each letter, the historic DJs of the collective who mix on the decks, total Kheops, white hair, in great shape with his well-placed scratches and the young one, DJ Daz, on the infrabass (put the watts on! Two guys from the Nuits team, including the famous « Eric » hailed up to eight times by shameless onlookers, breaking our ears to the point that we relay, assess the number of decibels), and images projected on the rest, the metal shutters of the stores of Noailles or Cours Ju for the nine minutes of the last song played, Demain c’est loin, the last track of L’École du micro d’argent (1997, the best-selling French rap album to date with 1.6 million copies, two Victoires de la Musique awards; gold and then diamond discs), the essence of IAM, a disenchanted social fresco without a chorus, with the four of them sitting like old men. All that’s missing is the pastaga. Old guys, then.
Intro, instrumental with DJ power and flying saucers from the Invaders, the little finger is stretched out, the country almost did it with the arm while shouting Heil. Pop culture. An old-school cassette in the background, they attack like Mars : IAM Concept. Then it’s the hit Petit frère with its black and white video drawing from vintage films or newsreels. Very Japanese with a very successful visual on Samurai taken from Shurik’n’s solo album, Où je vis, with, later, the poignant Les Miens and Lettre. There’s finally a bit of dancing on stage, especially with one, tall, muscular, black, who has a beautiful r’n’b falsetto, with, on the H, a long old-fashioned radio for Planet Mars as in the excellent Melody for a Killer (Fingers, 1978) by J. Toback, with a young Keitel, who inspired The Beat That My Heart Skipped (J. Audiard, 2005) with Duris. A distinguished instrumental from remixes of IAM’s flow then the inevitable and endearing Born under the same star (1997) with stellar tapestry. Very beautiful black and white pages for Tam tam de l’Afrique (« We’re going to do a little archaeology. »: 1991) with the sample of Pastime Paradise (1976) by Stevie Wonder, popularized thanks to the soundtrack of the film Dangerous Minds (John N. Smith, 1995) with Michelle Pfeiffer, thanks to the hit Gangsta’s Paradise (1995) by the endearing Coolio (a Grammy Award in 1996), Artis Leon Ivey Jr, heart and asthmatic, like Busta Rhymes, died at 59 in September 2022 because, like Jackson and Prince, of opioid (fentanyl), which, after having decimated the USA, is currently arriving in waves in Europe causing havoc, and mixed anesthetics. The serious Sign of the Times of HHHistory with current events images and a final and poignant testimony of a woman, does not have the power of Sign o’ the times in the eponymous album of Prince, gives way to Je danse le Mia with disco ball, the audience explodes. Then BBDM, Bad Boy of Marseille, quite a symbol, Shurik’n finds a little elasticity with his legs by sketching karate. This Czech polka from the roaring twenties reused for beer festivals, taken up by Annie Cordy then in the North bend of the Vélodrome, Ce soir, on vous met le feu carries away the well-heated audience. Between the first part and the Phocéens, I’m watching the France/Spain football match, stuck at 2-1 against France, which will be eliminated in the semi-finals of the Euro (the honor will be safe against the Belgians who have been annoying us since the World Cup on a supposed selection that should have taken place, had it not been for a whistled foul, abusively according to them – and bang). Cherry Lyonnaise, the cushions fly for those – Frangione mentions it – who had come to the Radiant and the Transbo. Glorious, Buddah Kriss & Oliver in the unconvincing album HHHistory. A magnificent Star Wars projection for the Empire of the Dark Side with a lot of laser swords that the members barely handle for what could have been a beautiful choreography. A series of extracts from Leone’s films on rap and ragga. A tense and fast rap reminiscent of their beginnings, with rave sounds, Tension mounts (Planet Mars), Akh manages to bring the audience down. Not the Americano, too bad.
I had accosted Shurik’n at the exit of the Nîmes arenas to be surprised that, on the Prado beaches, unlike Asian dub foundation and Massilia Sound System, thanks to whom they started (long live the MJC, Rachida!), IAM was not present at a free concert in Marseille for the 1998 football world cup. A dimly lit promoter… Whatever the case, they will finally be at the Vélodrome stadium in 2025 with guests. Finally, rap without the unbearable and often misused auto-tune! Jul will come back around a bit…
A rather successful first part with Réunion rap toasted by a deformed woman – a normal rapper, after the president – keen not to be reduced to maloya despite using the traditional instrument, the kayamb : paradox. Three songs that rock with well-hit infrabasses. In the queue, a young, zealous and inexperienced member of staff forces me to have back pain while calling security for help, but gets nowhere; I am considering filing a complaint for endangering others, failure to assist a person in danger, mistreatment and discrimination with a claim for damages. Always the same problem, which I raised, with the previous show at the Odéon, the empty queue allows people who arrived later to jump in front of you. I asked to be warned, it was not done. It is in this single queue that it is possible to lean on hard ground to lessen the pain in your back. A woman faints in the queue, more from fear than harm, but the emergency team on site takes a while to intervene. She is wheeled into the line of the disabled, and it ultimately pays off. I sit down with my bag. A tall man with a deformed head like the Elephant Man repeats incomprehensible words: not waiting for me to sit down, he complains about my backpack!
[english, 2nd part] J’ai saigné pour Simple minds. Ne restent que les deux membres historiques, les amis scottishs d’enfance : le compagnon de Chrissie Hynde de The Pretenders – qui repart en tournée cette année -, frère du batteur des Rita Mitsouko (grand moment que Andy – en discothèque ! – au théâtre du Moulin à Marseille à côté de chez moi, avec la grande perche maigre statique, l’impassible Averell Dalton, visage pâle, Chichin, accompagné de musiciens noirs, on avait l’impression d’être dans le move new-yorkais), le vieux beau, yeux clairs, abordable tant il sert de paluches en chantant, à la voix d’or, chaude, de poitrine, souvent en fente et grands écarts façon tai chi rock (« Bonjour Lyon »), des tourbillons ou moulinets de micro si caractéristiques par un gars en perfecto, j’ai nommé … Jim Kerr, et le guitariste teinté, au son si singulier, en abusant du vibrato, Burchill qui se risque rarement au slide à coup de bottleneck en métal. Trois guitares à droite dont deux sèches. Une batteuse hallucinante (meilleur batteur en Live session drummer par Rhythm en 2019), qui a travaillé avec Bryan Ferry et Mika, sexy, rouge à lèvres intense sur son sourire carnassier, combi pailletée, musculeuse, noire, cherry cherry (non, pas Karen Cheryl !) Cherisse Osei, qui joue parfois debout, nous agrémente d’un solo en force pour cette fan de Bonham de Led Zep, souvent le bras droit levé avec baguette, noyée dans une masse impressionnante de drums, s’éponge le visage et les dreads – Prince, the return with Sheila E., l’influence revendiquée d’Oseil !; une choriste soul incroyable, une diva, Sarah Brown, également callipyge tendance Kardashian, dans une robe lamée or, fardée de bleu intense sur paupières sauce Apollo theatre, sortie, quand on regarde sa démarche, d’un dessin animé de Tex Avery où le loup n’en peut plus en voyant la danseuse-chaperon rouge, grande et fine, sexy à talons très hauts, avec une coupe afro, sosie de Whitney Houston – en espérant qu’elle n’ait pas le même destin -, elle émerge, par résilience, de chorale pentecôtiste londonienne jusqu’à travailler avec Pink Floyd, Gorge Michael, Stevie Wonder, Roxy music, Duran Duran et Simply red, vu l’année dernière avec plaisir, teinté également d’ennui, aux Nuits de Fourvière; un guitariste camé, long, fin, lunettes noires, moustache et barbiche, boucle d’oreille, Gordie Goudy, habillé très funky to funky, un bassiste étonnant en pulsation funk. Le son du synthé, très année 80 DX7, a terriblement mal vieilli malgré les ailes sur le présentoir et le claviériste de grande taille, Erik Llungrenn ; les grandes nappes m’attaquent le cerveau. Presque deux heures de concert. Première fois au théâtre antique de Fourvière pour les Nuits de Fourvière, après l’Amphi 3000 (2015) et la Halle Tony-Garnier (2022, un membre du public a le t-shirt noir qui correspond). Un concert, sold out dès les premières heures, filmé pour Arte avec six caméras. Un public intergénérationnel à tendance forte daddy nostalgie. A l’époque de l’acmé, les concerts s’ouvraient par l’hymne Waterfront.
Je rencontre un couple de mon âge (pour le funky Nigel Rodgers aux Nuits, ils avaient rencontré une dame, également présente ce jour en fosse, qui a vu Jimmy Hendrix à l’île de Wight) qui vit dans la campagne iséroise, le monsieur, chaudronnier d’origine, travaille de nuit sur l’entretien des aiguillages sur le réseau ferroviaire du métro, invente des maquettes pour former, angoisse face à la récente reprise par la RATP et Castex, la dame avait un père chercheur chez le lyonnais Jouvet et la découverte révolutionnaire du sommeil de chat à la Fac de médecine de Lyon, enfant à Polytech, troquant le Japon pour le Canada. Pluie dans l’attente dans la file. Hirondelles et martinets volent bas. Pas de première partie, un entracte – ce que je n’ai jamais connu ici et même ailleurs. Un intermittent de l’équipe des Nuits, un vrai clown qui a du charisme, fait participer le public et se révèle chauffeur de salle.
La première partie, je me suis ennuyé : New gold dream, que je ne connais pas, est développé, comme l’indique le billet, avec le glaçant This fear of gods joué avec énergie, l’électrique Sanctify yourself, All the things she said où la choriste soul pointe son joli museau. Elle est un peu muselée en première partie mais sera nettement mise en valeur ensuite. Ne retient mon attention que le connu Mandela day, un morceau cool aux paroles graves, composé pour la série de concert à Wembley fin 1980 pour les 70 ans de Mandela encore en prison. Remember Peter Gabriel (l’un de mes meilleurs concerts, Manu Katché, le bassiste Tony Levin avec sa technique particulière de funk fingers ou drum stick bass, aux arènes de Nîmes début années 90, grâce à un ami, Rémi, qui vit désormais au Vietnam, dont l’un des nombreux frères a travaillé avec les Rita), Johnny Clegg and Savuka, Cadoux, un prof de droit constitutionnel d’Aix-en-Provence qui a aidé à rédiger la nouvelle constitution sud-africaine. Une chanson me réveille juste avant l’entracte de vingt minutes.
Kerr, à l’aise, passe du noir au blanc, avec long foulard multicolore de bobo. Il pointe le public, fait les essuie-glaces avec les bras, lâche des mots en français : en professionnel, il a intégré la présence de la caméra. We care of Kerr. La deuxième partie, plus dynamique, enchaîne les tubes. Bien sûr Don’t you (forget about me), où le public entonne les aigus et les lalalala, Kerr se baisse avec le public qu’il fait susurrer, se met à genoux façon yoga – excessif, Kerr se met à genoux façon yoga, et Alive and kicking – avec des lancers déments de coussins -, je suis soufflé par Belfast child, une chanson, longue, magnifique, que j’ignorais, avec nappes, tambours celtiques, flûte irlandaise, malheureusement jouée au synthé. The book of Kerr. Fin avec diffusion d’un Bowie (le nom du groupe vient des paroles obscures du Jean Genet Jean Genie « he’s so simple minded he can’t drive is module ») avec Heroes. A cause des tapis de coussins (les scottishs se souviendront de nous), je me rétame en descendant pour partir, entre deux gradins, sur le ventre : doigt, genou, j’ai saigné pour Simple minds. Sale journée, une vieille, tancée sur le quai par un médiateur, a failli me faire accidenter par le métro, elle, traînant sans se soucier, la porte se refermant sur mon sac ; elle sort à la gare Part-dieu en m’insultant et en me faisant des doigts. De belles femmes quinqua, sorties entre filles, commentent les vêtements des musiciennes et regrettent de n’être pas venues avec des vêtements de luxe pour faire la fête. Bon vent Simple minds pour les arènes de Nîmes ! Un docu de BBC, Everything is possible (expression dans la chanson jouée ici Promised you a miracle), est consacré au groupe engagé.
I bled for Simple Minds. Only the two historic members remain, the Scottish childhood friends: the companion of Chrissie Hynde from The Pretenders – who is going on tour again this year -, brother of the drummer of Rita Mitsouko (a great moment that Andy – in a disco! – at the Moulin theater in Marseille near my house, with the tall, skinny, static pole, the impassive Averell Dalton, pale face, Chichin, accompanied by black musicians, we had the impression of being in the New York movement), the old handsome, clear eyes, approachable as he serves as paws while singing, with a golden voice, warm, chesty, often in splits and splits in the style of tai chi rock (« Bonjour Lyon« ), whirlwinds or microphone windmills so characteristic of a guy in a perfecto, I named … Jim Kerr, and the tinted guitarist, with such a singular sound, abusing the vibrato, Burchill who rarely risks slide with a metal bottleneck. Three guitars on the right, two of which are acoustic. A mind-blowing drummer (best drummer in Live session drummer by Rhythm in 2019), who has worked with Bryan Ferry and Mika, sexy, intense lipstick on her carnivorous smile, sequined jumpsuit, muscular, black, cherry cherry (no, not Karen Cheryl!) Cherisse Osei, who sometimes plays standing up, gives us a powerful solo for this fan of Bonham from Led Zep, often with her right arm raised with a stick, drowned in an impressive mass of drums, mopping her face and dreads – Prince, the return with Sheila E., Osei’s claimed influence!; an incredible soul chorister, a diva, Sarah Brown, also callipygian Kardashian style, in a gold lamé dress, made up in intense blue on the eyelids Apollo theater style, out of a Tex Avery cartoon where the wolf can no longer stand seeing the dancer-red riding hood, tall and thin, sexy in very high heels, with an afro, a Whitney Houston lookalike – hoping that she does not have the same fate -, she emerges, through resilience, from a London Pentecostal choir to work with Pink Floyd, George Michael, Stevie Wonder, Roxy music, Duran Duran and Simply red, seen last year with pleasure, also tinged with boredom, at the Nuits de Fourvière; a junkie guitarist, tall, thin, dark glasses, mustache and goatee, earring, Gordie Goudy, dressed very funky to funky, an astonishing bassist with a funk beat.
The synth sound, very 80s DX7, has aged terribly badly despite the wings on the display and the tall keyboardist, Erik Llungrenn; the large pads attack my brain. Almost two hours of concert. First time at the ancient theater of Fourvière for the Nuits de Fourvière, after the Amphi 3000 (2015) and the Halle Tony-Garnier (2022, a member of the audience has the matching black t-shirt). A concert, sold out from the early hours, filmed for Arte with six cameras. An intergenerational audience with a strong daddy nostalgia tendency. At the height of the festival, concerts opened with the anthem Waterfront. I meet a couple my age (for the funky Nigel Rodgers at Nuits, they had met a lady, also present that day in the pit, who saw Jimmy Hendrix on the Isle of Wight) who lives in the Isère countryside, the gentleman, originally a boilermaker, works nights maintaining points on the metro rail network, invents models for training, is anxious about the recent takeover by RATP and Castex, the lady had a father who was a researcher at Lyon’s Jouvet and the revolutionary discovery of cat sleep at the Lyon Faculty of Medicine, as a child at Polytech, swapping Japan for Canada. Rain while waiting in line. Swallows and swifts fly low. No first act, an intermission – something I have never experienced here or even elsewhere. A part-time member of the Nuits team, a real clown with charisma, gets the audience involved and turns out to be the driving force behind the venue.
The first part, I was bored: New gold dream, which I don’t know, is developed, as the post indicates, with the chilling This fear of gods played with energy, the electric Sanctify yourself, All the things she said where the soulful chorister pokes her pretty nose out. She is a little muzzled in the first part but will be clearly highlighted later. Only the well-known Mandela day holds my attention, a cool piece with serious lyrics, composed for the series of concerts at Wembley at the end of 1980 for the 70th birthday of Mandela still in prison. Remember Peter Gabriel (one of my best concerts, Manu Katché, bassist Tony Levin with his particular technique of funk fingers or drum stick bass, at the Nîmes arenas in the early 90s, thanks to a friend, Rémi, who now lives in Vietnam, one of whose many brothers worked with the Rita), Johnny Clegg and Savuka, Cadoux, a constitutional law professor from Aix-en-Provence who helped draft the new South African constitution. A song wakes me up just before the twenty-minute intermission.
Kerr, at ease, goes from black to white, with a long multicolored bohemian scarf. He points at the audience, makes windshield wipers with his arms, lets out words in French : like a professional, he has integrated the presence of the camera. We care of Kerr. The second part, more dynamic, follows the hits. Of course, Don’t you (forget about me), where the audience sings the high notes and the lalalala, Kerr bends down with the audience that he makes whisper, gets on his knees yoga style – excessive, Kerr gets on his knees yoga style, and Alive and kicking – with crazy throwing of cushions -, I am blown away by Belfast child, a long, magnificent song, that I didn’t know, with pads, Celtic drums, Irish flute, unfortunately played on a synth. The book of Kerr. Ending with a Bowie (the band’s name comes from the obscure lyrics of Jean Genet’s Jean Genie « he’s so simple minded he can’t drive is module« ) with Heroes. Because of the cushion mats (the Scottish will remember us), I crashed down to leave, between two stands, on my stomach: finger, knee, I bled for Simple Minds. Bad day, an old woman, scolded on the platform by a mediator, almost caused me to crash on the metro, she, hanging around without a care, the door closing on my bag; she comes out at the Part-Dieu station insulting me and giving me the finger. Beautiful women in their fifties, out with their girls, comment on the musicians’ clothes and regret not having come dressed in expensive clothes to party. Good luck to Simple Minds for the Nîmes arenas! A BBC documentary, Everything is possible (the expression in the song Promised you a miracle), is dedicated to the committed group.
[english, 2nd part] Lendemain d’Independance day, fin de semaine, la working class se repose, les parents partent en vacances d’été avec leurs gosses dans d’interminables bouchons annuels – le fameux tunnel de Fourvière. Idles enflammaient Beauregard au mythique Hérouville (Normandie); les australiens Parcels, nichés à Berlin, comme autrefois le camé Nick Cave, passaient aux Nuits de Fourvière. Banksy s’est invité récemment, une nouvelle fois, en hommage aux immigrants échoués, à Glastonbury avec un bateau gonflable pour Danny Nedelko (Joy as an act of resistance, 2018) – membre des Heavy Lungs, un groupe de Bristol – d’Idles. J’avais vu Idles en 2019 aux Nuits de Fourvière, brut de décoffrage, en première partie d’Interpol. J’arrive deux heures à l’avance. Quelques jeunes sont assis sur le sol en attendant ; je repère un jeune membre de l’équipe des Hallucinations collectives. Je m’installe au quatrième gradin à partir du bas – très bonne position, en apparence : le grand carré des VIP, régulièrement hué, a enfin mystérieusement disparu, à croire que les VIP n’aiment pas le punk rock – tant mieux ! -, terme que renie Talbot, sans doute rejetant toute étiquette. Un grand type sourd et maigre, chemise blanche, peut-être un patron, obnubilé par le match de foot France / Portugal, se tape la discute : il a vu comme moi Souchon et Angélique Kidjo aux Nuits de Fourvière, il a assisté au concert d’Ibrahim Maalouf à Jazz à Vienne pour l’ouverture du festival. Chaleur de l’été, sans être étouffant ; beau temps, enfin. Derrière, trois vieux dont un au physique, blanchi sous le harnais, de Lucien de Margerin, et un débit à la Danny, incarné par Darroussin, chez Poiré dans Mes meilleurs copains (1989). Il déballe sa connaissance rock et commente tout, y compris pendant le concert – je me retourne plusieurs fois, gonflé – sans invention, que des banalités genre beauf à la Thierry Roland – lourdingue. Terrible de se taper de telles personnes pendant tout un concert. Dans la fosse, je repère un ancien de France Télécom – il m’avait informé déjà il y a dix ans de l’existence de téléphones portables pliables -, retraité hâlé par le soleil intermittent de cet été, fan de rock, membre un moment du staff d’accueil du Groupama stadium – les stades ont désormais un nom de marque, symptôme de notre époque -, voisin du quartier Monplaisir Lumière et spectateur de l’Institut Lumière – je l’ai encore revu, n’eût été une chiasse mémorable jusqu’à se faire dessus à cause de cerises ayant virées, pour la nuit braquage avec deux excellents Soderbergh dont Ocean 11 (2001) et son pendant, Logan Lucky (2017).
20h30. Bonne première partie, la deuxième, la même année, en seize ans, après les australiens Amy and the sniffers avant King Gizzard – chance, jackpot. Bandit Bandit, groupe péchu français, lyonnais, avec une chanteuse énergique, Maëva, ex attachée de presse venue du sud-est, toute de noire vêtue, pieds nus, car elle a oublié ses bottes, déballe 11:11 pendant trente minutes. Elle chante, en français, y compris bouche-à-bouche avec son ex, Hugo, rencontré sur Tik tok à Montpellier, guitariste influencé par Nirvana, Black Rebel Motorcycle Club, Queens of the Stone age, Idles, Balthazar et MGMT, et se balance, pour notre plus grand plaisir, dans le public tout en continuant à chanter. Bonne voix grave, bonne présence scénique. Elle crie un « La jeunesse emmerde le Front national », référence à Bérurier noir – ce qui ne changera malheureusement pas grand-chose, le deuxième tour des législatives, suite à dissolution, c’est dimanche avec une montée probable du nombre de députés RN à l’Assemblée nationale, reste à savoir si la majorité sera relative ou absolue (qui sera premier ministre ?), si le front républicain grâce au Nouveau Front Populaire fera barrage (quoiqu’il en soit, ce sera ingouvernable, surtout qu’il ne peut y avoir de dissolution pendant un an, Macron a perdu son pari et a ruiné le macronisme, bien fait). Il manque peut-être, même si le guitariste est bon, des solos marquants. La chanteuse termine en arborant sur le revers de sa guitare, qu’elle exhibe au-dessus de sa tête, un « more women at stage » qui se voit de loin. Bien vu, applaudi. Belle énergie. Voilà qui réchauffe le cœur du rock lyonnais, remémorant Marie et les Garçons.
Brutalism, qui a marqué l’histoire du rock, mort de la mère de Talbot (une édition vinyle limitée contient les cendres de Mother Talbot), chanteur ex-junkie. Le suivant, mort du gosse de Talbot, un point commun avec Nick Cave. L’actuel, séparation – ça les marque, vu la réaction également de Josh Homme de Queens of the Stone age, en divorce douloureux, des armoires à glace émotifs – d’avec la mère de sa fille de quatre ans. Je n’avais pas été convaincu par leur live Tangk à France inter. Pas branleurs les Idles donc, même si Talbot érige la procrastination comme méthode. Sept guitares à gauche, huit guitares à droite, impressionnant. Trois amplis (Marshall ?) dont un orange à gauche pour former un mur, trois amplis noirs à droite.
21h30. Idles attaque. Le batteur, Jon Beavis (and Butt-Head), dément les débuts d’Idles, bat le rythme du cœur pour un morceau apaisé, ne dédaigne pas les pads électroniques. Le cinquième Radiohead, Nigel Godrich est passé par là, y compris à Saint-Rémy-de-Provence – où Cave enregistra le chœur d’enfants dans l’incroyable classique Jubilee street et Warren Ellis au sommet de sa forme; Talbot, ancien DJ hip-hop, s’entiche désormais de poésie et toaste sévère. Le bassiste s’est pris un coup de soleil comme le peroxydé Talbot, cheveux ras. Début par le nouvel album, une chanson calme, avec distorsions et nappes de synthés, notes de piano du démoniaque et alchimiste Mark Bowen, fan de techno, guitariste moustachu et mal rasé en robe rose, à la bidouille son – il compose génialement le son si spécifique d’Idles. Les gars de Bristol sortent de leurs fiches et explorent. Impression d’assister à une mue comme les Radiohead du début vers plus de complexités. La Palestine est pas mal venue sur le tapis (« Free Palestine »), tout comme la victoire des travaillistes, le Labour (m’enfin, si c’est comme Blair !) – avec cet inique projet de loi Tory, heureusement abandonné dès la nomination Labour suite à élection anticipée, pour expulser, malgré l’avis de la CEDH et de tribunaux britanniques, les migrants rwandais dans leur pays -, par le soutien aux immigrés, ici ukrainien (Danny Nedelko), la lutte contre le fascisme (la modérée Angleterre y a eu droit avec Mosley), « Fuck the king » répété à l’envie par un public aux poings tendus. Talbot chevauche toujours, tel Napoléon (enfin, pour le gallois d’origine, Nelson !) sur la proue d’un bateau, l’enceinte de retour. Avec son charisme, il invite, tel Moïse avec micro sur tête renversée, invoquant un dieu qui n’existe pas, à fendre la foule pour un rite païen ou former un rond pour un pogo d’amour. Les guitaristes, comme Lee Kiernan aux cheveux filasses en constant headbanging, sont déchaînés et continuent de jouer en se précipitant dans le public, avec les intermittents tenant les fils de connexion, en leur donnant du mou, à la guitare. On retrouvera Bowen très Bolan à l’extérieur de la fosse. Il se mettra même à psalmodier, hissé par le public – gros charisme aussi (attention au split !). Un concert hors norme où, pour notre plaisir, toute mesure est dépassée : un grand moment, inédit. Le meilleur groupe du monde – du moins sur scène, même si un slow style année 80 (The Beachland Ballroom in Crawler) est massacré par la voix parfois fausse de Talbot (Sid Vicious sur The great pretender des Platters ?). Les six membres sont survoltés, l’impressionnant saxo contrebasse, balances obligent, est malheureusement peu audible, couvert par le wall of sound de guitares distordues et larsens des no shoegaze, avec basse redoutable – Adam Devonshire, ami d’enfance de Talbot. La bande des six.
Talbot fait monter une jolie jeune femme métisse, grande et fine avec une coiffure, cheveux de jais, à la Uma Thurman dans Pulp fiction (1994) – elle balance un t-shirt rose que Talbot attrape en lui envoyant un kiss – qui surnagea au-dessus du public, et lui fait essayer (« shoe, shoe »), telle Cendrillon, une basket. Un concert, c’est plus fort que la baise, Talbot a la trique. La belle groupie a dû se faire fourrer comme un poncif rock. A un autre moment, Talbot fera monter un très jeune garçon à lunettes, casquette et t-shirt jaune qui se glissera derrière la batterie, tout comme un autre petit, et Talbot à son habitude. Concert très participatif. Talbot tend souvent le micro au public qui connaît les paroles par cœur. Jusqu’à une certaine limite tout de même : dans la fosse un type arbore un panneau ; Talbot répond qu’Idles n’est pas un « fucking jukebox ». Bien vu. Talbot ponctue certains morceaux d’un « Tangk you » – Tankg est l’onomatopée d’une guitare percutée, la recherche d’un son. Beau jeu de lumières avec Idles en lettres blanches sur fond noir derrière. Concert fou où un membre du public dans la fosse, suite à proposition, gratte la guitare de l’un des deux guitar hero sous héro. Pas mal de projectiles balancés malgré les précautions mais peu de coussins jetés alors que le public est en délire.
Des gars arrivés au dernier moment sur le rang « Réservé » au troisième gradin, nous gêne en restant debout, on est deux à gueuler ; la femme, à côté, gênée, ne voit rien mais ne saura dire que « C’est un concert rock ». Deux filles se baissent tout de même une partie du concert. Rappelons dans notre ambiance révolutionnaire que la nuit du 04 août est l’abolition des privilèges : les têtes qui tombent laissent l’horizon ouvert pour assister dans de bonnes conditions à un concert. Si la nouvelle équipe de direction semble plus libérale, leurs invités, souvent de leur équipe, se comportent comme des porcs. Un type, de rose vêtu, ni homme ni femme mais tirant nettement vers cette deuxième option, ressemble entre Boy Georges et Coluche. Ambiance électrique pour musique éclectique.
The day after Independence Day, the weekend, the working class rests, parents go on summer vacation with their kids in endless annual traffic jams – the famous Fourvière tunnel. Idles set Beauregard ablaze at the legendary Hérouville (Normandy); the Australian Parcels, nestled in Berlin, like the junkie Nick Cave of old, played at the Nuits de Fourvière. Banksy recently invited himself, once again, in homage to stranded immigrants, to Glastonbury with an inflatable boat for Danny Nedelko (Joy as an act of resistance, 2018) – member of Heavy Lungs, a band from Bristol – of Idles. I had seen Idles in 2019 at the Nuits de Fourvière, raw, opening for Interpol. I arrive two hours early. A few young people are sitting on the ground waiting; I spot a young member of the Collective Hallucinations team. I sit down in the fourth row from the bottom – a very good position, apparently: the large VIP area, regularly booed, has finally mysteriously disappeared, as if the VIPs don’t like punk rock – so much the better! – a term that Talbot disowns, no doubt rejecting any label. A tall, deaf, thin guy in a white shirt, perhaps a boss, obsessed with the France/Portugal football match, is chatting: like me, he saw Souchon and Angélique Kidjo at the Nuits de Fourvière, and he attended Ibrahim Maalouf’s concert at Jazz à Vienne for the opening of the festival. Summer heat, without being stifling; good weather, finally. Behind, three old men, one with the physique, whitened under the harness, of Lucien de Margerin, and a delivery like Danny, played by Darroussin, in Poiré’s My Best Friends (1989). He unpacks his rock knowledge and comments on everything, including during the concert – I turn around several times, swollen – without invention, only banalities like Thierry Roland’s redneck – boring. Terrible to have to deal with such people for an entire concert. In the pit, I spot a former France Telecom employee – he had already informed me ten years ago of the existence of foldable mobile phones -, a retiree tanned by the intermittent sun of this summer, a rock fan, a member for a time of the reception staff of the Groupama stadium – stadiums now have a brand name, a symptom of our times -, a neighbor of the Monplaisir Lumière district and a spectator at the Lumière Institute – I saw him again, had it not been for a memorable bout of diarrhea to the point of wetting himself because of cherries that had gone off, for the night robbery with two excellent Soderberghs including Ocean’s 11 (2001) and its counterpart, Logan Lucky (2017).
8:30 p.m. Good opening act, the second, the same year, in sixteen years, after the Australians Amy and the Sniffers before King Gizzard – luck, jackpot. Bandit Bandit, a punchy French band from Lyon, with an energetic singer, Maëva, a former press officer from the southeast, dressed all in black, barefoot, because she forgot her boots, unpacks 11:11 for thirty minutes. She sings, in French, including mouth-to-mouth with her ex, Hugo, met on Tik tok in Montpellier, guitarist influenced by Nirvana, Black Rebel Motorcycle Club, Queens of the Stone Age, Idles, Balthazar and MGMT, and sways, to our great pleasure, in the audience while continuing to sing. Good deep voice, good stage presence. She shouts « Youth screw the National Front« , a reference to Bérurier noir – which unfortunately won’t change much, the second round of the legislative elections, following dissolution, is on Sunday with a probable increase in the number of RN deputies in the National Assembly, it remains to be seen whether the majority will be relative or absolute (who will be prime minister?), whether the republican front thanks to the New Popular Front will block it (in any case, it will be ungovernable, especially since there can be no dissolution for a year, Macron lost his bet and ruined Macronism, well done). Perhaps, even if the guitarist is good, there is a lack of striking solos. The singer ends by displaying a « more women on stage » slogan on the back of her guitar, which she holds above her head, visible from afar. Well done, applauded. Great energy. This warms the heart of Lyon rock, recalling Marie et les Garçons.
Brutalism, which marked the history of rock, the death of Talbot’s mother (a limited vinyl edition contains the ashes of Mother Talbot), ex-junkie singer. The next, the death of Talbot’s kid, a point in common with Nick Cave. The current one, separation – it’s affecting them, given the reaction of Josh Homme of Queens of the Stone Age, also in a painful divorce, emotional iceboxes – from the mother of his four-year-old daughter. I wasn’t convinced by their Tangk live set on France Inter. The Idles aren’t wankers then, even if Talbot elevates procrastination as a method. Seven guitars on the left, eight guitars on the right, impressive. Three amps (Marshall?) including an orange one on the left to form a wall, three black amps on the right. 9:30 p.m. Idles attack. Drummer Jon Beavis (and Butt-Head) belies Idles’ beginnings, beats the rhythm of the heart for a peaceful piece, and does not disdain electronic pads. The fifth Radiohead, Nigel Godrich, has been there, including in Saint-Rémy-de-Provence – where Cave recorded the children’s choir in the incredible classic Jubilee Street and Warren Ellis at the top of his game; Talbot, former hip-hop DJ, is now infatuated with poetry and severe toast. The bassist has sunburned like the peroxide Talbot, close-cropped. The new album begins with a calm song, with distortions and synth pads, piano notes from the demonic and alchemist Mark Bowen, techno fan, mustachioed and unshaven guitarist in a pink dress, with sound tinkering – he brilliantly composes the so specific sound of Idles. The guys from Bristol step out of their files and explore. It feels like witnessing a metamorphosis like the early Radiohead towards more complexities. Palestine came up a lot (« Free Palestine« ), as did the Labour victory (well, if it’s like Blair!) – with this iniquitous Tory bill, fortunately abandoned as soon as Labour was nominated following a snap election, to expel, despite the opinion of the ECHR and British courts, Rwandan migrants to their country -, by supporting immigrants, here Ukrainian (Danny Nedelko), the fight against fascism (moderate England was entitled to it with Mosley), « Fuck the king » repeated ad nauseam by an audience with clenched fists. Talbot still rides, like Napoleon (well, for the Welshman of origin, Nelson!) on the prow of a boat, the return enclosure. With his charisma, he invites, like Moses with a microphone on his upturned head, invoking a god that does not exist, to split the crowd for a pagan rite or form a circle for a love pogo. The guitarists, like Lee Kiernan with his stringy hair constantly headbanging, are unleashed and continue to play by rushing into the audience, with the intermittents holding the connection wires, giving them slack, on the guitar. We will find Bowen very Bolan outside the pit. He will even start to chant, hoisted by the audience – great charisma too (watch out for the split!). An extraordinary concert where, for our pleasure, all measure is exceeded: a great moment, unprecedented. The best band in the world – at least on stage, even if an 80s-style slow (The Beachland Ballroom in Crawler) is massacred by the sometimes false voice of Talbot (Sid Vicious on The great pretender by the Platters?). The six members are supercharged, the impressive double bass sax, due to the sound checks, is unfortunately barely audible, covered by the wall of sound of distorted guitars and feedback of no shoegaze, with formidable bass – Adam Devonshire, Talbot’s childhood friend. The gang of six.
Talbot brings up a pretty young mixed-race woman, tall and slim with a jet-black hairstyle, like Uma Thurman in Pulp Fiction (1994) – she swings a pink t-shirt that Talbot catches and blows her a kiss – who floats above the audience, and makes him try on (« shoe, shoe« ), like Cinderella, a sneaker. A concert is stronger than fucking, Talbot has a hard-on. The beautiful groupie must have been screwed like a rock cliché. At another moment, Talbot brings up a very young boy with glasses, a cap and a yellow t-shirt who will slip behind the drums, just like another kid, and Talbot as usual. A very participatory concert. Talbot often hands the microphone to the audience who know the words by heart. Up to a certain limit all the same: in the pit a guy holds up a sign; Talbot replies that Idles is not a « fucking jukebox« . Well seen. Talbot punctuates certain pieces with a « Tangk you » – Tankg is the onomatopoeia of a guitar being struck, the search for a sound. Beautiful play of lights with Idles in white letters on a black background behind. Crazy concert where a member of the audience in the pit, following a suggestion, strums the guitar of one of the two guitar heroes on heroin. Quite a few projectiles thrown despite the precautions but few cushions thrown while the audience is delirious.
Some guys who arrived at the last minute in the « Reserved » row in the third tier, bother us by remaining standing, two of us yelling; the woman, next to us, embarrassed, doesn’t see anything but will only be able to say « It’s a rock concert« . Two girls still bend down for part of the concert. Let us remember in our revolutionary atmosphere that the night of August 4th is the abolition of privileges: the heads that roll leave the horizon open to attend a concert in good conditions. If the new management team seems more liberal, their guests, often from their team, behave like pigs. A guy, dressed in pink, neither man nor woman but clearly leaning towards the latter, looks like something between Boy Georges and Coluche. Electric atmosphere for eclectic music.
[english, 2nd part] Arrivé tôt. Un autre spectacle à l’Odéon, au même endroit, avec fanfare. En attendant, je me fends la quiche en regardant le réjouissant La Poupée, un film muet poilant de Lubitsch (1919 avec Ossi), à recommander. Une famille attend : beaucoup de parents – ils avaient une vingtaine d’années lors de la sortie de Moon safari en 1998 – avec leurs enfants. Rememberance : le gouvernement Jospin votait la loi sur les 35 heures ; Zinedine Zidane soulevait la Coupe du monde, tout le monde était « black, blanc, beurre » ; à la radio, Johnny s’époumonait et nous lassait sur Allumer le feu, Manau serinait La Tribu de Dana à vous dégoûter de la Bretagne ; Paris accueillait la première Techno Parade ; l’Eurostar entrait en action – ce qui n’a pas peu contribué à l’émergence de la French touch grâce aux anglais ; la classe moyenne était reine, la mondialisation, heureuse, quoique critiquée. J’ai peu de souvenirs de cette période où j’étais enterré, un Dude au chômage, dans un appartement glauque à Marseille – bloqué aux Chutes-Lavie car le transport était payant, à côté d’un bar où des mafieux avaient été abattus – plongé dans le roème Vers o après Ant[h]ologie, l’émulsion a été lente ; la coupe du Monde à Marseille avec Asia dub foundation et Massilia sound system au Prado, les gars de banlieue qui descendaient casser la gueule aux supporters anglais haineux de bière. C’était soi-disant la période heureuse, notre génération était sacrifiée, les boomers noyautaient. J’allais bientôt, après être sorti avec une affreuse, grosse et caricaturale marseillaise avec un pois chiche dans la tête habitant à La Rose, recruté par une folle obèse dans la culture, reprendre des études déprimantes dirigées par des manipulateurs, la MST médiation culturelle dont le niveau était faible mais les stages et les rencontres intéressantes – stages chez le coincé Maupetit-Actes sud avec du personnel homophobe, la maison de la Poésie Avignon gérée de façon délirante, mais avec l’écurie poétique Al Dante anti-lyrique (Gleize, Quintane, Tarkos ; Pennequin et Hanna qui ne pouvaient pas se sacquer), la librairie Le Roi Lire mal dirigée et financée … Sexy boy tournait en boucle sur les radios et tv dont MTV. Nostalgie. C’est un peu la bande-son de la jeunesse qui défile ; une belle jeune, grande avec cheveux longs, joues roses et forte poitrine, toutefois chante les paroles ; les hipsters du XXIe pullulent. Trois heures à attendre à l’avance, une troisième file se forme : les gens nous dament le pion. Une femme histrionne, encore une fausse blonde, en fait des tonnes. Un couple avec femme enceinte harcèle leur petit au téléphone, le mec est un moulin à paroles.
Je tente de m’installer. Des gens réservent pour 9 personnes … Arrivé plus tôt que pour Justice, je serai moins bien installé quoique pas mal. Derrière, une série de beaufs, au mieux maladroits, me donnent une dizaine de coups dans le dos ; la matrone casse les oreilles, oui son petit a débuté aux Nuits de Fourvière comme ouvreur, oui il est en tourné internationale, on est très content. La cancane continue tout le long de la pitoyable première partie, avec un meneur, guitariste, excentrique, sous coke, au jeu intéressant – montrant sa copine, dont c’est l’anniversaire, dont on se fout – mais la musique, nulle, avec une nana au beau vibrato, à la guitare sèche, habillée comme une hamish d’un truc blanc, un grand jeune au clavier aux cheveux gominés à la Travolta dans Pulp fiction,, se réveille pour le dernier morceau. A côté, avec sa grosse qui partira avant la fin du concert, un type longiligne avec une tête de débile à la DJ sous sa casquette, un tatouage coloré qui affleure de son bermuda.
Moon safari ? L’une des histoires dans Chroniques martiennes de Ray Bradbury : « un safari se déroule dans le passé, à l’époque des dinosaures, et où les participants voyagent dans le temps à travers un couloir sans avoir le droit de toucher quoi que ce soit. Mais un des chasseurs commet une erreur, et le futur s’en trouve bouleversé à leur retour car ils ont modifié le passé. Le mot safari était là, plus l’humeur lunaire de l’album » selon Dunckel. Toujours selon lui, « C’était un adieu à notre sentiment enfantin et un basculement dans l’âge adulte. C’est pour ça que l’atmosphère des chansons est douce et confortable ». « C’est un album doux, enfantin, profond, avec un zeste de psychédélisme. Un album onirique, mystérieux, mélancolique ». – Le moog peut donner une tonalité kitsch ; on sent que Pink Floyd et Jean-Michel Jarre ont eu une influence décisive -. D’où ce spring break barbe à papa que certains nommaient, pour le plus grand déplaisir du groupe, « easy leastning ». Pour Godin, « La mélancolie présente dans les morceaux du disque, c’est celle du deuil de l’avenir radieux qu’on imaginait à l’âge de 7 ou 8 ans ». Un disque qui n’a été enregistré que sur huit pistes.
Ambiance de la tournée ricaine de la fin des années 90 : le staff était composé, selon Dunckel, d’« Américains, c’était les musiciens de Beck. Ils tournaient déjà beaucoup, ils étaient très professionnels, parfaitement rodés. Ce qui nous a beaucoup aidés d’ailleurs. Ils nous ont mis un peu le pied à l’étrier. Mais effectivement, ils ne captaient pas trop le monde arty dans lequel on était. ». Nul n’étant prophète en son pays, Air émerge, au prix de quelques incompréhensions, dans le monde anglo-saxon : ils « associent « Moon Safari » au fait de rouler en décapotable sur la Côte d’Azur et de boire des cocktails. » ; quiproquos culturelslorsqu’« Ils ont compris « la Femme d’argent », qui fait référence au métal, au sens de « monnaie ». Ils pensaient qu’on parlait d’une prostituée. » ; « Et si on précisait qu’on venait de Versailles, ils nous imaginaient nous déplacer en carrosse, et vivre dans des châteaux » selon Godin. Si, en France, Versailles colle, suite à l’imaginaire (post-)révolutionnaire, à l’image, péjorative, de snob et d’intello, en Angleterre leurs tubes ont servi de bande-son à la culture populaire. La majorité des 2,5 millions de vente de Moon safari s’effectuent donc à l’étranger.
Patienter avec le dormitif Music for 18 Musicians de Steve Reich avec marimbas, xylophones et vibraphone. 22h18, Air entame enfin. Air Plays Moon Safari après une semaine de résidence et de rodage à Rouen pour un concert test. Plutôt qu’un white cube ou container à la 2001 de Kubrick ou Temps-X, un écran de cinéma ou la case aux putes dans le quartier rouge d’Amsterdam, je songe plutôt à Playtime de Tati pour Godin, souffrant longtemps du syndrome de l’imposteur, fils d’architecte, ancien étudiant en archi et repéré pour son Modulor sur la compilation Source Lab, auteur d’un album solo, les deux s’étant fâchés, Concrete and Glass, inspiré par des réalisations de Le Corbusier, Richard Neutra ou du « less is more » Mies van der Rohe. Les personnes placées en haut ne verront pas tout : mal pensé. En attendant, des yeux asiatiques clignent en relief, comme à la fête des lumières. Un grand miroir au fond. « Ça cadre bien le live, ça nous rend plus petits et plus grands à la fois, c’est irréel » selon Dunckel. Trois guitares posées, deux seront amenées par le technicien. Cinq rangées de micros en hauteur pour le subtil batteur, Louis Delorme, pouvant être bourrin quand il le faut, travaillant également pour la disco Juliette Armanet, le showman niais et de mauvais genre Katerine et Charlotte Gainsbourg à la voix éteinte mais chantant moins faux que sa regrettée mère s’étant introduite dans notre vie malgré nous. Le geek est comblé côté claviers : Wurlitzer, Fender Rhodes, Moog et Solina (Hammond ?) pour les fans de Kraftwerk mais aussi, selon Dunckel, ancien étudiant en mathématiques et sciences physiques jusqu’à prodiguer des cours dans des établissements privés, jouaient Herbie Hancock (Rock it !), « Stevie Wonder, Isaac Hayes ou Marvin Gaye. On aimait aussi la musique pure électronique comme […] Cluster. Il y avait nos icônes, nos groupes de notre enfance comme les Stooges ou David Bowie ou les Rolling Stones ou les Beatles. ». Ils arrivent habillés de blancs – vive Courrèges des sixties !
C’est la première fois que l’album est joué intégralement, dans l’ordre, pour les 25 ans. Il faut dire que, selon Godin : « le disque avait tellement marché à l’époque qu’on n’en pouvait plus ». Du coup, il y avait 3 titres en rappel, dont le tube Sexy boy avec La Femme d’argent et Kelly, Watch The Stars (prénom choisi en hommage au personnage de Kelly Garrett des Drôles de dames incarné par Jaclyn Smith, where is Bosley? ; Dunckel et Godin se tournent le dos, chacun s’afférant à ses machines, sur fond de jeu vidéo culte d’arcade pixellisé, Pong). Godin, avec sa ligne de basse cinglée au médiator, retrouve l’élégance racée d’Histoire de Melody Nelson de Gainsbourg avec Vannier – également dans arpèges d’All I Need où la voisine chanteuse, l’Américaine Beth Hirsch, est tristement remplacée par du vocoder -, on replonge dans Abbey road où ont été enregistrées les cordes pour le parfois jazzy Talisman – un concert symphonique serait sympathique ; « Les parties de tuba, nous les rejouons au Moog et les violons, au mellotron ». Avec le tube Sexy boy, passeport pour les conquêtes des français à l’étranger, on retrouve Gainsbourg et Jacno avec guitare saturée, le petit singe digne de Kiki de tous les kikis. Pour Remember, l’hybridité laisse songer à Do It Again des Beach Boys, passés aux Nuits de Fourvière en 2017 avec Brian Wilson en morse apathique massacrant God only knows, et 96 Tears de Question Mark and the Mysterians. Avec Ce matin-là, c’est la BO seventies, Godin devient l’homme à l’harmonica dans Il était une fois dans l’ouest (Once upon a time in the West, S. Leone, 1968), avec ce « mélange entre le générique des Barbapapa et d’Everybody’s Talkin’ de Harry Nilsson ». Enfin, avec Le voyage de Pénélope, c’est un trip psychédélique avec piano à la Michel Berger. Fin de l’album mythique. Ceux qui piochent dans Pink Floyd, Tangerine Dream et Morricone inspireront, sans faire école, Goldfrapp – concert en 2014 de la petite blonde au fort caractère, à mon grand regret, aux Nuits de Fourvière -, Jacco Gardner, Pond et MGMT (incroyable morceau final, Loss for life). La « jurisprudence Pixies » s’applique : les concerts sont souvent meilleurs qu’à l’époque où les disques sont sortis. Ces reprises intégrales sont d’origine anglo-saxonnes ; j’avais adoré Mezzanine (199 …8 !) de Massive attack, avec Horace Andy toujours aux Nuits. Ils sortent au bout de quarante minutes. J’ai compté au moins deux vilains larsens imprévus.
La lune, presque pleine, est haute dans un ciel limpide noir, la chaleur est arrivée depuis hier. Le voyage dans la lune de Meliès (1902) s’annonce bien. Ils attaquent le best of. Le Highschool Lover, sans voix, sur la BO de Virgin Suicides, le premier et meilleur film de Sofia Coppola (je préfère Pique-Nique à Hanging rock de Weir, 1975 ; la série dérivée est bien) gagne les cœurs, si ce n’est déjà fait. Quelque divagation cotonneuse avec Alone in Kyoto sur la BO de Lost In Translation de la même. Une mer de lampes de téléphones portables se substituent aux briquets. Un morceau, Run sur Talkie-walkie, me remémore leur pote Alex Gopher, avec répétitions (run, run, … ; go, go, …) et accords audacieux. Un coup de Venus, la boîte se mue en un cockpit de vaisseau spatial avec planètes défilantes pour finalement dégager dans l’« hyperespace ». Enfin, la scène s’anime avec les incroyables Don’t Be Light – pépite de leur troisième album 10 000 Hz Legend, plus sombre, contrepoint de Moon Safari, avec lèvres pulpeuses façon Man Ray ou Dalí se déployant à la Kraftwerk – et leur profession de foi électro, Electronic Perfomers. Comme pour Justice, pas de coussins distribués, dommage. Sortie tardive à 23h45. Si les lumières sont bien, elles font pâles figures à côté du light show époustouflant de l’efficace Justice. Pour moi, le duo d’Air est plus musicien, surtout avec l’aide de Colombier, plus sensible. Je retombe dans le funiculaire sur le pseudo surfeur d’hier dans de meilleurs dispositions. Je regrette l’absence de l’adoré La mer du Japon sur Pocket symphony avec ce synthé entêtant au son maritime à la Manureva.
Un type m’obstrue dans un escalator à pic, digne du Châtelet, le type m’insulte. Il vient vers moi s’expliquer sur le quai du métro. Ça se passe bien. Je tente de lui expliquer que les personnes se rangent à droite, que nous perdons certains sens avec un casque sur les oreilles (il a tiqué quand j’ai évoqué la proprioception) – je lui avais demandé pardon 3 fois -, peine perdue. Il s’excuse.
Arrived early. Another show at the Odéon, in the same place, with a fanfare. In the meantime, I’m splitting my time watching the delightful La Poupée, a hilarious silent film by Lubitsch (1919 with Ossi), highly recommended. A family is waiting: many parents – they were in their twenties when Moon Safari came out in 1998 – with their children. Rememberance: the Jospin government passed the 35-hour law; Zinedine Zidane held the World Cup, everyone was « black, white, butter »; on the radio, Johnny was belting out and boring us with Allumer le feu, Manau was belting out La Tribu de Dana until you were sick of Brittany; Paris was hosting the first Techno Parade; the Eurostar was coming into action – which contributed in no small way to the emergence of the French touch thanks to the English; the middle class was king, globalization was happy, though criticized. I have few memories of this period when I was buried, an unemployed Dude, in a gloomy apartment in Marseille – stuck at Chutes-Lavie because transport was paid, next to a bar where mafiosi had been killed – immersed in the Vers o rème after Ant[h]ologie, the emulsion was slow; the World Cup in Marseille with Asia dub foundation and Massilia sound system at the Prado, the guys from the suburbs who came down to beat up the beer-hating English supporters. It was supposedly the happy time, our generation was being sacrificed, the boomers were infiltrating. I was soon going to, after going out with a horrible, fat, caricatured Marseille girl with a chickpea in her head living in La Rose, recruited by an obese madwoman in culture, go back to depressing studies led by manipulators, the MST cultural mediation whose level was low but the internships and meetings interesting – internships at the stuck-up Maupetit-Actes sud with homophobic staff, the Maison de la Poésie Avignon managed in a delirious way, but with the anti-lyrical Al Dante poetic stable (Gleize, Quintane, Tarkos; Pennequin and Hanna who couldn’t stand each other), the poorly managed and financed Le Roi Lire bookstore … Sexy boy was playing on repeat on radio and TV, including MTV. Nostalgia. It’s a bit like the soundtrack of youth that parades; a beautiful young woman, tall with long hair, rosy cheeks and large breasts, yet sings the lyrics; 21st-century hipsters are swarming. Three hours into the wait, a third line forms: people are beating us to the punch. A ham-fisted woman, another fake blonde, is overdoing it. A couple with a pregnant wife is harassing their little one on the phone; the guy is a chatterbox.
I try to settle in. People are booking for 9 people… Arriving earlier than for Justice, I’ll be less comfortably seated, although not bad. Behind, a series of rednecks, clumsy at best, give me about ten blows in the back; the matron is breaking my ears, yes her son started at Nuits de Fourvière as an opener, yes he’s on an international tour, we’re very happy. The gossip continues throughout the pitiful first part, with a leader, guitarist, eccentric, on coke, with an interesting playing – pointing at his girlfriend, whose birthday it is, who we don’t care about – but the music, lousy, with a girl with a beautiful vibrato, on acoustic guitar, dressed like a hamish in white stuff, a tall young man at the keyboard with slicked-back hair like Travolta in Pulp Fiction, wakes up for the last song. Next to him, with his fat man who will leave before the end of the concert, is a lanky guy with a DJ-like idiot face under his cap, a colorful tattoo peeking out from under his shorts.
Moon safari ? One of the stories in Ray Bradbury’s The Martian Chronicles : « A safari takes place in the past, in the time of the dinosaurs, and the participants travel through time through a corridor without being allowed to touch anything. But one of the hunters makes a mistake, and the future is disrupted when they return because they have altered the past. The word safari was there, plus the lunar mood of the album, » according to Dunckel. According to him, « It was a farewell to our childish feeling and a shift into adulthood. That’s why the atmosphere of the songs is soft and comfortable. » « It’s a soft, childlike, deep album, with a hint of psychedelia. A dreamlike, mysterious, melancholic album. » – The Moog can give a kitsch tone; we feel that Pink Floyd and Jean-Michel Jarre had a decisive influence -. Hence this cotton candy spring break that some called, to the band’s great displeasure, « easy leastning. » For Godin, « The melancholy present in the songs on the album is that of mourning the bright future we imagined at the age of 7 or 8. » A record that was recorded on only eight tracks.
Atmosphere of the American tour of the late 90s: the staff was composed, according to Dunckel, of « Americans, they were Beck’s musicians. They were already touring a lot, they were very professional, perfectly rehearsed. Which helped us a lot, by the way. They gave us a bit of a leg up. But in fact, they didn’t really understand the arty world we were in. » No one is a prophet in their own country, Air emerges, at the cost of a few misunderstandings, in the Anglo-Saxon world: they « associate « Moon Safari » with driving a convertible on the Côte d’Azur and drinking cocktails. »; cultural misunderstandings when « They understood « la Femme d’argent, » which refers to metal, in the sense of « money. » They thought we were talking about a prostitute.« ; « And if we specified that we came from Versailles, they imagined us traveling in carriages and living in castles, » according to Godin. If, in France, Versailles sticks, following the (post-)revolutionary imagination, to the pejorative image of snob and intellectual, in England their hits served as a soundtrack to popular culture. The majority of the 2.5 million sales of Moon Safari were therefore made abroad.
Waiting with Steve Reich’s sleepy Music for 18 Musicians with marimbas, xylophones, and vibraphone. 10:18 p.m., Air finally begins. Air Plays Moon Safari after a week of residency and testing in Rouen for a test concert. Rather than a white cube or container à la Kubrick’s 2001 or Temps-X, a cinema screen, or the whorehouse in Amsterdam’s red light district, I’m thinking more of Tati’s Playtime for Godin, long suffering from imposter syndrome, son of an architect, former architecture student and noted for his Modulor on the Source Lab compilation, author of a solo album, the two having fallen out, Concrete and Glass, inspired by the works of Le Corbusier, Richard Neutra, or the « less is more » Mies van der Rohe. The people seated at the top won’t see everything: poorly thought out. Meanwhile, Asian eyes blink in relief, like at the Festival of Lights. A large mirror in the background. « It frames the live performance well, it makes us look smaller and bigger at the same time, it’s unreal, » says Dunckel. Three guitars placed, two will be brought by the technician. Five rows of microphones in height for the subtle drummer, Louis Delorme, who can be brutal when necessary, also working for disco Juliette Armanet, the silly and bad showman Katerine and Charlotte Gainsbourg with a faded voice but singing less out of tune than her late mother who introduced herself into our lives despite us. The geek is satisfied on the keyboard side: Wurlitzer, Fender Rhodes, Moog and Solina (Hammond?) for Kraftwerk fans but also, according to Dunckel, a former student of mathematics and physical sciences to the point of giving lessons in private establishments, played Herbie Hancock (Rock it!), « Stevie Wonder, Isaac Hayes or Marvin Gaye. We also liked pure electronic music like […] Cluster. There were our icons, our childhood bands like the Stooges or David Bowie or the Rolling Stones or the Beatles. » They arrive dressed in white – long live Courrèges of the sixties !
This is the first time the album has been played in its entirety, in order, for the 25th anniversary. It must be said that, according to Godin: « the record was so successful at the time that we couldn’t take it anymore. » So, there were 3 encore tracks, including the hit Sexy boy with La Femme d’argent and Kelly, Watch The Stars (a name chosen in homage to the character Kelly Garrett from Charlie’s Angels played by Jaclyn Smith, where is Bosley ? ; Dunckel and Godin turn their backs on each other, each busy at their machines, against the backdrop of the cult pixelated arcade video game, Pong). Godin, with his crazy bass line on the pick, rediscovers the racy elegance of Gainsbourg’s Histoire de Melody Nelson with Vannier – also in the arpeggios of All I Need where the neighbor singer, the American Beth Hirsch, is sadly replaced by a vocoder -, we dive back into Abbey Road where the strings were recorded for the sometimes jazzy Talisman – a symphonic concert would be nice; « The tuba parts, we replay them on the Moog and the violins, on the mellotron« . With the hit Sexy boy, passport to the conquests of the French abroad, we find Gainsbourg and Jacno with saturated guitar, the little monkey worthy of Kiki of all kikis. For Remember, the hybridity brings to mind Do It Again by the Beach Boys, who performed at Nuits de Fourvière in 2017 with Brian Wilson as an apathetic walrus massacring God only knows, and 96 Tears by Question Mark and the Mysterians. With Ce matin-là, it’s the seventies soundtrack, Godin becomes the harmonica man in Once upon a time in the West (S. Leone, 1968), with this “mixture between the Barbapapa theme song and Everybody’s Talkin’ by Harry Nilsson”. Finally, with Le voyage de Pénélope, it’s a psychedelic trip with piano à la Michel Berger. End of the legendary album. Those who draw from Pink Floyd, Tangerine Dream and Morricone will inspire, without creating a school, Goldfrapp – concert in 2014 of the little blonde with the strong character, to my great regret, at the Nuits de Fourvière -, Jacco Gardner, Pond and MGMT (incredible final piece, Loss for life). The « Pixies jurisprudence » applies: the concerts are often better than when the records were released. These full covers are of Anglo-Saxon origin; I loved Mezzanine (199 …8!) by Massive attack, with Horace Andy still at the Nuits. They leave after forty minutes. I counted at least two nasty unexpected feedbacks.
The moon, almost full, is high in a clear black sky, the heat has arrived since yesterday. Meliès’s Voyage dans la lune (1902) is looking good. They’re attacking the best of. The voiceless Highschool Lover, on the soundtrack of The Virgin Suicides, Sofia Coppola’s first and best film (I prefer Picnic to Hanging Rock by Weir, 1975; the spin-off series is good) is winning hearts, if it hasn’t already. Some cottony rambling with Alone in Kyoto on the soundtrack of Lost In Translation by the same. A sea of cell phone lamps replace lighters. One piece, Run on Walkie-talkie, reminds me of their friend Alex Gopher, with repetitions (run, run, …; go, go, …) and bold chords. A Venusian shot, the box transforms into a spaceship cockpit with planets scrolling by, finally clearing into « hyperspace ». Finally, the stage comes alive with the incredible Don’t Be Light – a gem from their third album, 10,000 Hz Legend, darker, a counterpoint to Moon Safari, with luscious lips like Man Ray or Dalí unfurling like Kraftwerk – and their electro profession of faith, Electronic Performers. As with Justice, no cushions distributed, which is a shame. Late exit at 11:45 p.m. While the lights are good, they pale in comparison to the breathtaking light show of the efficient Justice. For me, the Air duo is more musical, especially with the help of Colombier, who is more sensitive.
A guy blocks me on a steep escalator, worthy of the Châtelet, the guy insults me. He comes up to me to explain himself on the metro platform. It’s going well. I try to explain to him that people park on the right, that we lose certain senses when we wear headphones (he flinched when I mentioned proprioception) – I apologized three times – but it’s no use. He apologizes.
[english 2nd part] Je n’aimais pas trop le son abrasif de Justice – le hoover ; quoique l’aspect METALlica et disruptif, peu aimable, est une novation mais justifie les propos de de Buretel, label Because music (acoquiné avec Ed Banger de Pedro Winter-« travail, famille, party »), passé au MIT, pour qui le groupe n’a jamais eu de gros succès commerciaux -, de Justice, notamment avec leur remix de MGMT. J’ai craqué sur Audio, Vidéo, Disco, hommage au rock des années 70. Ce n’est pas un groupe lisse : scandale avec le clip de Stress par Romain Gavras du collectif Kourtrajmé en mai 2008 ; le clip Generator sur Hyperdrama, réalisé par Léa Ceheivi, met en scène la sexualité animale de robots, concept amusant pour ceux qui ne rechignent pas au recours à l’IA en musique.
Justice prend son temps mais Justice passe : huit ans entre les deux albums, plus de trois ans de conception pour les control freaks pour élaborer Hyperdrama. Une réussite avec gabber (sous-genre de techno hard-core aux thèmes sombres qui inspira Die Antwoord et Lady Gaga, toujours à l’affût, notamment pour Bad Romance avec sample de Dominator des hollandais Human Ressource; la chorégraphe belge Lisa Vereertbrugghen, le collectif français (La) Horde avec le hakken) ici ralenti, italo-disco, funk et voix de falsetti (Kevin Parker pour deux morceaux, Miguel, Thundercat dans The End, Mockasin, en spoken word sur Explorer). Hyperdrama est plus pop façon Daft (Muscle Memory / RAM ; y compris un clin d’œil visuel lors du spectacle avec cubes multicolores, ; le côté featuring, bien qu’ils s’en défendent, à la Pharrell) – avec Kevin Parker, de Tame Impala (tiens, tiens, on relorgne du côté King Gizzard), bien mis en évidence lors du concert car resservi à diverses occasions. Un type nettoie un clavier de synthé au chiffon comme pour Jack White. Des gens qui travaillent aux Nuits de Fourvière s’imposent dans les gradins du dessous mais ne voient rien malgré un grand et gros lourd fêtard qui en fait des tonnes avec sa belle nana aux yeux cernés à cause du surplus de fêtes, dont les pattes d’oies naissantes la rendent encore plus craquante, un hipster forcément tatoué de la troupe, un deuxième, mentant comme un arracheur de dents, avec le brassard « Nuits de Fourvière »; bière renversée – la totale. Rarement le lieu a été aussi bondé. En attendant, l’insupportable Careless whisper du génial et regretté chanteur George Michael annonce le sax de Moonlight rendez-vous. Une première partie inégale du DJ et compositeur Feadz, au son trop fort, avec un prêche US au sample notable, des influences world caribéennes.
Le show commence avec un instru Muscle Memory qui, modeste, monte comme Ainsi parlait Zarathoustra de Strauss : une plaisante folie des grandeurs. Xavier – fils d’une dentiste d’origine vietnamienne et du DRH d’un hôpital parisien, ce typographe de l’Ecole Estienne (procès perdu) qui s’est fait volé par Just InBiber -, prend, avec sa veste blanche, des pauses d’icônes rock avec sa silhouette fine et ses jambes espacées de façon géométrique, disco même. Gaspard, fils d’un comédien et d’une employée du Centre Georges-Pompidou, tout de noir vêtu, conserve ses bacchantes des années 70. Dans les années 90, quand tu étais une nana, il fallait sortir avec un dj ou un graphiste ; ici, c’est deux-en-un. Ils utilisent des gestes simples, des gimmicks de star, gestes des doigts, mains, bras. Ça joue au clavier vintage, c’est le côté live. Parfois des accents étonnants de rave des années 90 avec la TB 606.
Le show, époustouflant, a été élaboré au Galaxie d’Amnéville. Les lumières, depuis 2007, de Vincent Lerisson, dit Lewis, sont somptueuses, on en a pour son pognon (le billet est légèrement plus cher que pour Air dans sa tournée Moon safari) : les grands shows des années 70 (Parliament funkadelic, Bowie, etc.) à 80 (Queen, Bowie, etc.), lumière montante et descendante, géométrie, panneaux scintillants, inévitable croix – comme le monolithe de Kubrick -, notamment pour le très attendu Audio, Vidéo, Disco. Du grand spectacle, avec des effets sobres, comme j’en ai rarement vu. Impression de décoller avec projos dans rails mobiles. « Une des forces de Xavier et Gaspard est de systématiquement penser leur musique en termes scénographiques » ajoute-t-il. La musique, dansante (tout le monde est vite debout pour une discothèque géante à l’air libre ; la basse à la Chic et Nile Rogers qui passe bientôt aux Nuits de Fourvière, du James Brown survitaminé sur One Night / All Night, Generator, Dear Alan – Braxe, pionnier de la French Touch – et Saturnine est redoutable avec la voix R&B futuriste de l’Américain Miguel), est très évocatrice, cinématographique d’où pas mal de « synchros » (pubs pour Peugeot ; bandes-son de John Wick 4, The Square de Ruben Östlund, Palme d’or à Cannes en 2017, de la série The Idol, etc.).
En repartant, je tombe dans le funiculaire sur un mec louche (un mafieux ? un flic banalisé ?), crâne rasé, qui tente de passer en premier alors que j’étais là depuis longtemps avant lui, un costaud en bermuda et tatouages maori éculés dépassant de son t-shirt moulant, qui jongle avec ses deux portables, qui me marche dessus et me donne des coups dans les côtes en serinant en serrant les dents « tais-toi », ce en quoi je rétorque de ne pas me tutoyer. « Y’a pas de mal » répond un type en face que j’appelle à la rescousse. A l’arrivée, un porc à tête chimio et mocassins de bobo passe allégrement et sans vergogne devant tout le monde jusqu’à choquer le couple derrière moi. Les incivilités se multiplient, générant des violences si on a l’impudence de remarquer posément leur attitude irrespectueuse. S’il est passé d’une file à l’autre en sautant sous une corde, il aura finalement une place moins bonne que le mienne, proche de la fosse, au milieu. Les beaufs du dessous, des bobos cultureux, ne m’ont finalement pas gêné.
I didn’t really like Justice’s abrasive sound – the hoover; although the METALlica and disruptive, unfriendly aspect is an innovation but justifies the words of de Buretel, Because music label (in league with Pedro Winter’s Ed Banger – « work, family, party« ), who went to MIT, for whom the group never had big commercial success -, of Justice, notably with their remix of MGMT. I fell for Audio, Vidéo, Disco, a tribute to 70s rock. It’s not a smooth group: scandal with the Stress video by Romain Gavras of the Kourtrajmé collective in May 2008; the Generator video on Hyperdrama, directed by Léa Ceheivi, features the animal sexuality of robots, an amusing concept for those who don’t mind the use of AI in music.
Justice takes its time but Justice passes: eight years between the two albums, more than three years of conception for the control freaks to develop Hyperdrama. A success with gabber (sub-genre of hard-core techno with dark themes which inspired Die Antwoord and Lady Gaga, always on the lookout, notably for Bad Romance with a sample of Dominator from the Dutch Human Ressource; the Belgian choreographer Lisa Vereertbrugghen, the French collective (La) Horde with the hakken) here slowed down, Italo-disco, funk and falsetto voices (Kevin Parker for two tracks, Miguel, Thundercat in The End, Mockasin, in spoken word on Explorer). Hyperdrama is more pop in the Daft style (Muscle Memory / RAM; including a visual nod during the show with multi-colored cubes, ; the featuring side, although they deny it, à la Pharrell) – with Kevin Parker, from Tame Impala (well, well, we’re looking at King Gizzard), well highlighted during the concert because it’s reused on various occasions. A guy cleans a synth keyboard with a cloth like for Jack White. People who work at Nuits de Fourvière impose themselves in the stands below but don’t see anything despite a big, fat, heavy partygoer who’s making a big deal out of it with his beautiful girlfriend with dark circles under her eyes because of the excess of partying, whose emerging crow’s feet make her even cuter, a hipster obviously tattooed from the troupe, a second, lying like a tooth-puller, with a « Nuits de Fourvière » armband; spilled beer – the whole lot. The venue has rarely been so crowded. Meanwhile, the unbearable Careless Whisper of the late, brilliant singer George Michael announces the sax of Moonlight. An uneven opening act by DJ and composer Feadz, with an overly loud sound, a US sermon with a notable sample, and Caribbean world influences.
The show, breathtaking, was developed at the Galaxie in Amnéville. The lights, since 2007, by Vincent Lerisson, known as Lewis, are sumptuous, you get your money’s worth (the ticket is slightly more expensive than for Air in his Moon safari tour): the great shows of the 70s (Parliament funkadelic, Bowie, etc.) to 80s (Queen, Bowie, etc.), rising and falling light, geometry, sparkling panels, the inevitable cross – like Kubrick’s monolith -, especially for the highly anticipated Audio, Video, Disco. A great show, with sober effects, the likes of which I have rarely seen. Impression of taking off with projectors in moving rails. « One of Xavier and Gaspard’s strengths is to systematically think of their music in terms of scenography » he adds. The music, danceable (everyone is quickly on their feet for a giant open-air disco; the Chic and Nile Rogers-style bass, which soon moves on to Nuits de Fourvière, supercharged James Brown on One Night / All Night, Generator, Dear Alan – Braxe, pioneer of French Touch – and Saturnine is formidable with the futuristic R&B voice of the American Miguel), is very evocative, cinematic, hence a lot of « syncs » (ads for Peugeot; soundtracks for John Wick 4, The Square by Ruben Östlund, Palme d’Or at Cannes in 2017, the series The Idol, etc.).
On the way back, I bump into a shady guy in the funicular (a mafia member? An undercover cop?), with a shaved head, who tries to go first even though I’ve been there for a long time before him, a burly guy in Bermuda shorts and worn-out Maori tattoos sticking out of his tight t-shirt, who juggles his two cell phones, who walks over to me and punches me in the ribs, repeating through gritted teeth « shut up« , to which I retort not to use the familiar form. « No harm done » replies a guy opposite whom I call for help. On arrival, a pig with a chemo head and bohemian moccasins walks cheerfully and shamelessly past everyone until he shocks the couple behind me. The incivility multiplies, generating violence if we have the impudence to calmly notice their disrespectful attitude. If he jumped from one line to the other by jumping under a rope, he’d end up getting a worse spot than mine, close to the pit, in the middle. The rednecks below, the cultured bobos, didn’t bother me in the end.
[english, 2nd part] A l’entrée, j’étais harponné au TNP par une jeune fille vêtue de noir, « c’est pour Hamlet ? ». « Oui mais sans les œufs » répondis-je. Le jeu de mot est facile mais fait mouche. Et bien, que croyez-vous qu’il se passe dans Hamlet – dans les plis du temps mis en scène par Jatahy (Julia d’après Strindberg, 2011, What if They Went to Moscow ? d’après Tchekhov, 2014, La Règle du jeu d’après Renoir, 2017, Entre chien et loup d’après Dogville de Lars von Trier, Notre Odyssée d’après Homère, 2018-2019) ? Hamlet, la possédée Hesme, à la diction parfaite malgré deux hésitations malheureuses, en look noir androgyne et sportswear – quoi de plus normal pour cette ancienne mannequin dès 15 ans et ambassadrice Chanel qui découvrit son féminisme à la suite d’un tournage douloureux avec Les amants réguliers du chaud Garrel (2015), au point de fonder l’Association des Acteur.ices en 2021 avec Ariane Labed ou Anna Mouglalis – se cuit une omelette en dansant. Les œufs sont cassés. J’étais coincé entre deux grands, dont un jeune à casquette qui manipulait son programme TNP 2024-25 pendant la pièce qui restera dans les annales : lors de la fameuse tirade, où l’introductif « to be or not to be » est lancé d’une drôle de façon, un peu désinvolte, comme on évacue rapidement l’essentiel, un portable d’un spectateur sonne, Hesme le pointe en insistant sur le mot « mourir ». Grands éclats de rire. Il faut dire que l’aspect métaphysique de la pièce est omis.
J’avais vu aux Bernardines à Marseille fin 90, le physique et colérique Amleto – La véhémente extériorité de la mort d’un mollusque par Castellucci et la Societas Raffaello Sanzio, créé en 1991. Paolo Tonti, au corps supplicié au moins à demi-nu, en position christique puis fœtale, éructant des sons et cris, muets ou non, avec bribes de syllabes, rejouait déjà une série de scènes primitives sans issue. Il était entouré de batteries automobiles, d’un sommier métallique, porté au rouge par l’électricité, et d’objets régressifs tels qu’ours et singe en peluche, biberon, pot de chambre, entre des détonations de pistolet, à vous crever les tympans même si vous aviez des boules Quiès, l’acteur jetant des balles qui roulent sur le plancher. Hamlet se prête donc à diverses interprétations.
Féminisme à la mode
Hamlet joué par une femme ? Dès 1899 avec Sarah Bernhardt puis la grande Allemande Angela Winkler sous la direction de Peter Zadek (1999), la Flamande Abke Haring chez Guy Cassiers (2014) et Anne Alvaro chez Gérard Watkins (2021). Nous avons droit ici à un texte féministe d’après Shakespeare, mélangé d’Une chambre à soi de Woolf (et pourquoi pas Orlando, comme le génial et visuel Wilson avec Huppert ?) et d’Hamlet-machine de Müller, auquel j’ai beaucoup pensé, ponctué de « Je sais, c’est un autre texte » d’Hesme au cas où nous n’aurions pas compris. Féministe, pourquoi pas, mais quand Hesme cite, comme chez Shakespeare, « homme » et « garçon », c’est gênant : la transformation à la Orlando n’apparaît nulle part. La concession à l’air du temps est flagrante. Nous n’y croyons pas. Sa deuxième voix à la possédée de l’Exorciste façon Shining en se référant à Dark Vador (« Je suis ton père »), nous n’y croyons pas. Elle serine « Me fallait-il être cruel pour être juste ? ». Pourquoi rejeter le patriarcat si c’est pour tuer, on ne sait comment, Polonius, incarné par Tónan Quito, lusophone avec son accent français à couper au couteau ? Si le féminisme consiste à ce qu’une femme fasse les mêmes bêtises qu’un homme … « Elle lutte pour chercher des solutions, corriger ce qui est à venir. » selon Hesme. Dont acte.
Trio improbable de femmes
Un trio improbable de femmes contre le patriarcat, pourquoi pas. Mais la replète Servane Ducorps, la seule à chanter juste (I Love You Baby par Gaynor), en joviale mère Gertrude, à peine plus âgée qu’Hesme, même à coups de coupes de champagne, « active dans ses décisions », nous n’y croyons pas, bien que sa réplique « Quand il était vivant, il était jamais là. C’est maintenant qu’il est mort qu’il prend toute la place. » soit une clé de compréhension. Isabel Abreu, en Ofelia, la lusophone avec son accent français à couper au couteau, se rebellant contre sa condition de sacrifiée, « femme forte, révoltée contre sa propre mort », pourquoi pas, mais quand elle incarne également son frère Laërte ou en se noyant en voulant attraper la branche d’un saule, nous n’y croyons pas. Nous avons compris, outre un enterrement en vidéo, dès le début, que les belles fleurs dans les vases seront son tombeau comme les portraits préraphaélites. Claudius qui confesse son crime assis sur la lunette des toilettes, nous n’y croyons pas. La famille dysfonctionnelle avec adote en crise au lieu de la tragédie, nous n’y croyons pas. Un décor bateau de maison design bourg’ (lampe, écran plat, canapés design, meubles, lit, cuisine rouge américaine intégrée, avec les odeurs de bouffe au premier rang) – pourquoi pas du design danois ? : marre. Seuls les spectateurs aux premiers rangs peuvent voir ce qui se passe dans la chambre à coucher à l’extrême gauche, à part quand le portable devient caméra – procédé éculé et lassant -, même glissé sur un verre qui l’entrechoque par maladresse puis contre une bouteille de vin. L’un, incarnant Rosencrantz ou Guildenstern, Houri ou Adjibi, laisse songer à Smaïn.
Fulgurances
Quelques fulgurances sont intéressantes : un bon prologue avec le spectre du père (Loïc Corbery du Français), parfois en gros plan, sur rideau de tulle ; un mariage en hologramme – le travail avec la Ferme du Buisson paye pour la cinéphile ; les deux portraits, dont un vivant, sur Nothing Compares 2 U version Prince, le créateur de la chanson, après celle de Sinéad O’Connor massacré délibérément par Claudius qu’oppose Hamlet en rendant drôle Et maintenant, que vais-je faire ? de Bécaud lors d’une battle; le jeu des voix pour rentrer dans la tête, peuplée comme une tempête sous un crâne, d’Hamlet ; la pièce de théâtre orchestrée par Hamlet façon jeu de société ; à la fin, le premier rang se mire dans le décor puis tout le public à la fin de la tirade d’Hamlet dont le dernier mot est « silence ». Le renouvellement des dispositifs théâtraux par le biais du cinéma depuis une vingtaine d’années, remonte à la Britannique Katie Mitchell. Mais n’est-ce pas aussi un moyen de pallier le manque de finances au regard du nombre d’acteurs sur scène ? Bref, c’est plus un milkShakespeare que du Shakespeare !
Si les répétitions de tirades, avec variations, de phrases-clé permettent de travailler, non sans un certain baroquisme, sur les plis du temps façon Deleuze, la pièce est tellement déstructurée qu’elle en devient parfois incompréhensible. Certes Jatahy a confiance dans le spectateur, en son intelligence, connaissant forcément la pièce, même traduite ici par platitudes, mais tout de même. Exit la poésie shakespearienne, influencée par la tragédie espagnole.
At the entrance, I was harpooned to the TNP by a young girl dressed in black, “Is this for Hamlet ?” “Yes, but without the eggs” I replied. The pun is easy but hits the mark. Well, what do you think happens in Hamlet – in the folds of time staged by Jatahy (Julia after Strindberg, 2011, What if They Went to Moscow ? after Chekhov, 2014, The Rules of the Game after Renoir, 2017, Between Dog and Wolf after Dogville by Lars von Trier, Our Odyssey after Homer, 2018-2019)? Hamlet, the possessed Hesme, with perfect diction despite two unfortunate hesitations, in an androgynous black look and sportswear – what could be more normal for this former model from the age of 15 and Chanel ambassador who discovered her feminism following a painful shoot with Les amants réguliers du chaud Garrel (2015), to the point of founding the Association des Acteur.ices in 2021 with Ariane Labed or Anna Mouglalis – cooks an omelet while dancing. The eggs are broken. I was stuck between two adults, including a young man in a cap who was handling his TNP 2024-25 program during the play that will go down in history : during the famous tirade, where the introductory « to be or not to be » is launched in a strange way, a little casually, as one quickly gets rid of the essential, a spectator’s cell phone rings, Hesme points at it, insisting on the word « to die ». Big bursts of laughter. It must be said that the metaphysical aspect of the play is omitted.
I had seen at the Bernardines in Marseille at the end of the 90s, the physical and angry Amleto – The vehement exteriority of the death of a mollusk by Castellucci and the Societas Raffaello Sanzio, created in 1991. Paolo Tonti, with his tortured body at least half-naked, in a Christ-like then fetal position, belching out sounds and cries, mute or not, with snatches of syllables, was already replaying a series of primitive scenes with no way out. He was surrounded by car batteries, a metal bedspring, brought to red by electricity, and regressive objects such as a stuffed bear and monkey, a baby bottle, a chamber pot, between gunshots, enough to burst your eardrums even if you had earplugs, the actor throwing balls that roll on the floor. Hamlet therefore lends itself to various interpretations.
Feminism in fashion
Hamlet played by a woman? As early as 1899 with Sarah Bernhardt, then the great German Angela Winkler under the direction of Peter Zadek (1999), the Flemish Abke Haring with Guy Cassiers (2014), and Anne Alvaro with Gérard Watkins (2021). Here we are treated to a feminist text based on Shakespeare, a mix of Woolf’s A Room of One’s Own (and why not Orlando, like the brilliant and visual Wilson with Huppert ?) and Müller’s Hamlet-machine, which I thought about a lot, punctuated by Hesme’s « I know, it’s another text » in case we hadn’t understood. Feminist, why not, but when Hesme cites, as in Shakespeare, « man » and « boy, » it’s embarrassing: the transformation à la Orlando appears nowhere. The concession to the spirit of the times is blatant. We don’t believe it. Her second voice, like the possessed woman from The Exorcist, in the Shining style, referring to Darth Vader (« I am your father« ), we don’t believe it. She repeats, « Did I have to be cruel to be just ? » Why reject patriarchy if it’s to kill, who knows how, Polonius, played by Tónan Quito, a Portuguese speaker with a French accent that could cut with a knife ? If feminism consists of a woman doing the same stupid things as a man… « She fights to find solutions, to correct what is to come. » according to Hesme. As noted.
Unlikely trio of women
An unlikely trio of women against patriarchy, why not. But the plump Servane Ducorps, the only one to sing in tune (I Love You Baby by Gaynor), as a jovial Mother Gertrude, barely older than Hesme, even with glasses of champagne, « active in her decisions » we don’t believe it, although her line « When he was alive, he was never there. It’s now that he’s dead that he takes up all the space. » is a key to understanding. Isabel Abreu, as Ofelia, the Portuguese speaker with her thick French accent, rebelling against her condition as a sacrifice, « strong woman, revolted against her own death » why not, but when she also embodies her brother Laertes or drowns while trying to grab a willow branch, we don’t believe it. We understood, besides a video burial, from the beginning, that the beautiful flowers in the vases will be his tomb like the Pre-Raphaelite portraits. Claudius confessing his crime while sitting on the toilet seat, we don’t believe it. The dysfunctional family with the child in crisis instead of tragedy, we don’t believe it. A boat decor of a bourgeois designer house (lamp, flat screen, designer sofas, furniture, bed, red American-style fitted kitchen, with the smell of food in the forefront) – why not Danish design ? : fed up. Only the spectators in the front rows can see what is happening in the bedroom on the far left, except when the cell phone becomes a camera – a hackneyed and tiresome process – even when slipped onto a glass which clumsily clinks it, then against a bottle of wine. One, playing Rosencrantz or Guildenstern, Houri or Adjibi, brings to mind Smaïn.
Flashes
Some flashes of brilliance are interesting: a good prologue with the ghost of the father (Loïc Corbery from Le Français), sometimes in close-up, on a tulle curtain; a hologram wedding – the work with the Ferme du Buisson pays off for the cinephile; the two portraits, one of which is alive, on Nothing Compares 2 U Prince version, the creator of the song, after that of Sinéad O’Connor deliberately massacred by Claudius to whom Hamlet opposes by making funny Et maintenant, que vais-je faire ? by Bécaud during a battle; the play of voices to enter the head, populated like a storm under a skull, of Hamlet; the play orchestrated by Hamlet in the style of a board game; at the end, the first row is reflected in the scenery then the whole audience at the end of Hamlet’s tirade whose last word is « silence ». The renewal of theatrical devices through cinema for the last twenty years goes back to the British Katie Mitchell. But isn’t it also a way to compensate for the lack of finances given the number of actors on stage? In short, it’s more of a milkShakespeare than Shakespeare !
While the repetitions of tirades, with variations on key phrases, allow us to work, not without a certain baroqueness, on the folds of time in the Deleuze manner, the play is so unstructured that it sometimes becomes incomprehensible. Certainly, Jatahy has confidence in the spectator, in his intelligence, necessarily knowing the play, even if translated here by platitudes, but still. Exit Shakespearean poetry, influenced by Spanish tragedy.
[english, 2nd part] Après l’Olympia et We love green (Paris) dans la pluie et la gadoue comme un air de Woodstock, Lyon. Plongés dans un temps du Dorset depuis deux mois, l’éclaircie avec ciel bleu sans nuage apparaît comme un miracle. Je retrouve l’un des Suisses avant qu’il ne monte à 2 000 m. Le carré des réservés est plus conséquent : je suis donc plus haut avec vue sur les pédales d’effets mais il y en peu, des effets, pour les guitares du moins. Trois guitares sur scène, trois autres en coulisse, trois synthés dont un Korg avec Parish au potentiomètre. Du mobilier rustique en bois plus ou moins clair, chaises, banc, sur lequel elle s’assoit près de la grosse caisse pour le titre éponyme, I Inside the Old Year Dying, pupitre avec livre, qu’elle fera semblant de lire pendant qu’un membre du public gueule un truc, pour une reprise, la même table avec pot en terre et tasse qu’à l’Olympia où elle lapera, sans doute pas de l’eau comme Nabokov à Apostrophe. En attendant et entre les morceaux, du field recording avec cloches du Dorset recouvert par le brouhaha du public, un petit groupe qui hurle « à poil », une voisine à la quarantaine bien frappée qui passe les vingt premières minutes du concert à regarder son portable en twittant quand elle ne filme pas, sans regarder, évidemment, le concert … On se met à rêver à Jack White qui imposait de laisser son portable à l’entrée. Au moins une quinzaine de passages dérangeant toute la rangée, un record en seize ans.
PJ, ex-anorexique, habillée d’une capeline épaisse blanche avec des coulures de calligraphie japonaise noire sur robe blanche translucide avec bandes opaques, à travers laquelle on voit ses jambes, fendue, avec bottines blanches avec des talons hauts puisqu’elle apparaît plus grande qu’elle ne l’est. Autour, son band, qu’elle présente, avec des vieux de la vieille (le guitariste Giovanni Ferrario, James Johnston au violon, synthé, guitare), la chaudasse, amatrice de trouple, à dégoûter Cave mais pas le mégalo Vincent Gallo, aussi border line qu’elle, joue la sécurité, sans doute a-t-elle baisé avec Parish, grand bien lui fasse. Pas étonnant que cette folle du cul aime Elvis (« “Love me tender”. Tender love », pour le plus beau morceau du nouvel album, A Child’s Question, August, où le son de la guitare est plus en relief mais la progression au Korg moins réussie, sans doute à cause de la balance, alors qu’elle implore : « Saluez la haie à mesure qu’elle grandit / Demandez à la haie tout ce qu’elle sait. » ; Lwonesome Tonight), ce dernier aimant mater les couples en train de baiser derrière un miroir sans tain. A vrai dire, être sur scène est encore plus excitant que d’avoir un orgasme, tant les sensations sont fortes. Le grand et fidèle batteur belge, ex-Venus, Jean-Marc Butty, rencontré en 1991, pieds nus avec une longue robe blanche façon nippone voire aïkido, ce qui ne doit pas faciliter la frappe de la grosse caisse. Exit Mike Harvey. Une guitare acoustique est jouée à partir du deuxième morceau par l’italien, PJ ne chausse une guitare électrique qu’à partir du sixième morceau mais point de saxo. Elle saisit une harpe (cithare ?) comme hapax pour The Words That Maketh Murder sur Let England Shake qui traitait des conflits en Irak et en Afghanistan. Butty et Parish la sort de sa zone de confort, la pousse dans ses retranchements en lui évitant de « chanter du PJ » (Butty). « J’avais envie de me perdre. Avec le son, ma voix, mes chansons. ».
Comme d’habitude, pour la première courte partie du concert, elle reprend son dernier album, I Inside the Old Year Dying, titre de son dixième album – six ans après le précédent, le temps de surmonter un burn-out entre des compositions pour le cinéma, le théâtre ou des séries télé -, inspiré par l’inévitable Shakespeare, plus intimiste, à partir de son recueil de poésies, Orlam (Picador Poetry, 2022 ; le deuxième après The Hollow of the Hand en 2015), où l’héroïne, Ira-Abel, perd son innocence au fur et à mesure que son enfance s’éloigne, pour cette amatrice de Lord Byron, Lewis Carroll et Thomas Hardy, un soupçon de Coleridge pour les chants d’oiseaux, le grand poète écossais Don Paterson, son mentor, alors qu’elle envisageait d’écrire un conte illustré par ses propres dessins, une histoire se passant dans une ancienne Angleterre, imaginaire, inspirée du dialecte du Dorset. Tout transpire le Dorset : The Nether-Edge, avec un passage stéréo réussi, d’effets de voix, une boucle synthé organique pour démo avec protools et une fin, en rupture, folk, qui s’inspire d’un dicton local : Mars cherchera / Avril essayera / Mai dira si tu dois vivre ou mourir ; en patois, word est devenu worlde dans Prayer At The Gate, le morceau d’intro de l’album par lequel elle commence le concert, entre les Doors façon Riders on the Storm ou Them période Gloria, et omens s’est transformé en heissens dans All Souls. Finalement les arts se confondent. Note d’intention : « ces chansons sont teintées de tristesse et de perte, mais c’est toujours affectueux ».
Son père, ayant repris une ferme, est exploitant de carrière dans la région vallonnée du sud-ouest de l’Angleterre. Nourrissant PJ à Dylan et Capitain Beefheart, il est l’ami de Ian Stewart, fondateur et claviériste des Rolling Stones, qui passe de temps à autre pour jouer des petits concerts organisés par les Harvey dans la ferme familiale tout en initiant PJ au piano. Ce qui ne nous est pas dit, c’est que ce dernier album est sans doute dû au confinement à cause du Covid, ce qui nous vaut un opus plus consistant que The Smile, avec des rogatons de morceaux de Radiohead. Du bucolique remémoré par des enregistrements en plein air (field recordings) permettant d’insérer, dans les chansons, des bruits d’animaux (oiseaux, moutons), d’éléments (vent, rivière) – immergeant dans une nature parfois sereine, beaucoup embrumée, notamment quand PJ recherche des « limbes sonores » (chercher le bruit du « vent soufflant dans des barbelés en novembre » à la Brontë), parfois inquiétante comme dans La nuit du chasseur de Laughton -, de voix d’enfants (Automn term, la sienne est haute perchée), qu’elle n’a pas et semble en souffrir – mais c’est mon interprétation d’autant que Cave dit d’elle qu’elle est une personne « férocement créative, trop absorbée par elle-même pour être capable d’inhiber le même espace (qu’une autre personne) de quelque façon vraiment signifiante » -, justifiant de grands écarts de bras esquissant de grands gestes avant quelques fentes à la Yvette Guibert inspirée de l’arc hystérique à Sainte-Anne. Le superbe A Child’s Question, July avec jeux de multiples voix sur scène. Elle termine ses chansons de façon abrupte en étant figée, avec fermeture recta de la poursuite : étrange. A un moment, elle finit le dos tourné, à la Miles Davis, au public. La primée par deux fois au Mercury Prize au Royaume-Uni est impériale même si ses efforts pour paraître iconique sont parfois ridicules. Tout ceci est beau mais manque de spontanéité car trop millimétré.
Le fond de scène est sobre avec une terre craquelée éclairée par plusieurs couleurs. Au bout de 35 mn, ça commence à s’exciter avec des reprises à coup de Gibson, avec son samplé des trompettes de la cavalerie américaine (« ô America, ô America ») pour The Glorious Land, avec maracas, puis Let England Shake, deux morceaux du très politique The Hope Six Demolition Project (2016), dont je n’avais pas aimé le concert « fanfare », pour soi-disant faire communauté, en 2016. Les mâles font leur Radio gaga avec une chanson de pub sans intérêt The Colour of the Earth, dont le décor à l’arrière fait l’écho, où ils tapent du pied, et font taper des mains le public, content – c’est un peu facile. PJ, applaudie, revient sans sa capeline blanche haute couture. Puis les choses sérieuses commencent avec guitares et violon. On sent moins la rage de PJ mais on la retrouve, plus sereine, au gré de la set list, avec When under ether, puis Down by the water (un blues gothique mâtiné de trip-hop que je n’ai jamais aimé à cause du gros son synthé martelé; les pizzicati sont effectués par un synthé alors qu’il y a un violon, dommage) et le superbe To bring you my love (1995, ces contes gothiques racontés par un opiomane ; le producteur Flood, Mark Ellis dans le civil, sera celui du dernier album) où elle en fait des tonnes quand elle allonge à la voix une note qu’elle pourrait faire durer tant sa colonne d’air est bonne. Un superbe morceau guitare voix avec poursuite : folk. Un moment, une superbe harmonie vocale entre les voix. Elle n’effectuera qu’un rappel, comme à l’Olympia : le concert est un peu court, 1h25 pour 69 €. Lancers furieux de coussins, signe d’un public comblé. Elle inspire l’excellente Anna Calvi, Fat White Family.
After the Olympia and We Love Green (Paris) in the rain and mud like a Woodstock atmosphere, Lyon. Immersed in Dorset weather for two months, the clearing with a cloudless blue sky seems like a miracle. I find one of the Swiss before he climbs to 2,000 m. The reserved square is larger : I am therefore higher with a view of the effects pedals, but there are few effects, for the guitars at least. Three guitars on stage, three others backstage, three synths including a Korg with Parish on the potentiometer. Rustic furniture in more or less light wood, chairs, bench, on which she sits near the bass drum for the eponymous title, I Inside the Old Year Dying, music stand with book, which she will pretend to read while a member of the audience yells something, for a reprise, the same table with clay pot and cup as at the Olympia where she will lap, probably not water like Nabokov in Apostrophe. While waiting and between the songs, field recording with Dorset bells covered by the hubbub of the audience, a small group shouting « naked », a neighbor in her forties who is quite crazy who spends the first twenty minutes of the concert looking at her cell phone while tweeting when she is not filming, without watching, obviously, the concert … We start to dream of Jack White who insisted on leaving his cell phone at the entrance. At least fifteen passages disturbing the whole row, a record in sixteen years.
PJ, ex-anorexic, dressed in a thick white capeline with black Japanese calligraphy drips on a translucent white dress with opaque bands, through which we see her legs, slit, with white ankle boots with high heels since she appears taller than she is. Around, her band, which she presents, with old-timers (guitarist Giovanni Ferrario, James Johnston on violin, synth, guitar), the hottie, lover of throuple, to disgust Cave but not the megalomaniac Vincent Gallo, as borderline as she is, plays it safe, no doubt she has slept with Parish, good for her. No wonder this sex addict likes Elvis (« Love me tender. Tender love« , for the most beautiful track on the new album, A Child’s Question, August, where the guitar sound is more prominent but the Korg progression is less successful, probably because of the balance, while she implores: « Greet the hedge as it grows / Ask the hedge all it knows.« ; Lwonesome Tonight), the latter liking to watch couples having sex behind a one-way mirror. In fact, being on stage is even more exciting than having an orgasm, the sensations are so strong. The great and faithful Belgian drummer, ex-Venus, Jean-Marc Butty, met in 1991, barefoot in a long white Japanese-style dress, even aikido-style, which must not make hitting the bass drum any easier. Exit Mike Harvey. An acoustic guitar is played from the second track by the Italian, PJ only picks up an electric guitar from the sixth track but no sax. She picks up a harp (zither?) as a hapax for The Words That Maketh Murder on Let England Shake which dealt with the conflicts in Iraq and Afghanistan. Butty and Parish take her out of her comfort zone, push her to her limits by preventing her from « singing PJ » (Butty). « I wanted to lose myself. With the sound, my voice, my songs.«
As usual, for the first short part of the concert, she reprises her latest album, I Inside the Old Year Dying, the title of her tenth album – six years after the previous one, the time to overcome a burnout between compositions for cinema, theater or TV series -, inspired by the inevitable Shakespeare, more intimate, from her collection of poems, Orlam (Picador Poetry, 2022; the second after The Hollow of the Hand in 2015), where the heroine, Ira-Abel, loses her innocence as her childhood fades away, for this lover of Lord Byron, Lewis Carroll and Thomas Hardy, a hint of Coleridge for the birdsong, the great Scottish poet Don Paterson, her mentor, while she was considering writing a tale illustrated with her own drawings, a story set in an old England, imaginary, inspired by the Dorset dialect. Everything exudes Dorset : The Nether-Edge, with a successful stereo passage, voice effects, an organic synth loop for demo with protools and a folk ending, in rupture, which is inspired by a local saying : Mars will seek / April will try / May will say if you must live or die; in patois, word became worlde in Prayer At The Gate, the intro track of the album with which she begins the concert, between the Doors in the style of Riders on the Storm or Them in the Gloria period, and omens turned into heissens in All Souls. Finally, the arts merge. Statement of intent : “These songs are tinged with sadness and loss, but it’s always loving.”
His father, having taken over a farm, is a quarry operator in the hilly southwest of England. Feeding PJ to Dylan and Captain Beefheart, he is friends with Ian Stewart, founder and keyboardist of the Rolling Stones, who drops by from time to time to play small concerts organized by the Harveys on the family farm while introducing PJ to the piano. What we are not told is that this latest album is undoubtedly due to the Covid lockdown, which gives us a more substantial opus than The Smile, with leftover Radiohead tracks. Bucolic recalled by field recordings allowing the insertion, in the songs, of animal sounds (birds, sheep), of elements (wind, river) – immersing in a nature sometimes serene, much misty, notably when PJ searches for « sonic limbo » (searching for the sound of « the wind blowing through barbed wire in November » à la Brontë), sometimes disturbing as in Laughton’s The Night of the Hunter -, of children’s voices (Autumn term, hers is high-pitched), which she does not have and seems to suffer from it – but this is my interpretation especially since Cave says of her that she is a person « fiercely creative, too absorbed in herself to be able to inhibit the same space (as another person) in any truly meaningful way » -, justifying large arm spreads sketching large gestures before a few lunges à la Yvette Guibert inspired by the hysterical arc in Sainte-Anne. The superb A Child’s Question, July, with multiple voices on stage. She ends her songs abruptly, frozen, with a recta closure of the chase: strange. At one point, she ends with her back turned, like Miles Davis, to the audience. The two-time Mercury Prize winner in the United Kingdom is imperial, even if her efforts to appear iconic are sometimes ridiculous. All this is beautiful but lacks spontaneity because it’s too precise.
The stage backdrop is sober with cracked earth lit by several colors. After 35 minutes, it starts to get exciting with Gibson covers, with its sample of the trumpets of the American cavalry (« O America, O America« ) for The Glorious Land, with maracas, then Let England Shake, two pieces from the very political The Hope Six Demolition Project (2016), whose « fanfare » concert, supposedly to create community, I didn’t like in 2016. The males do their Radio Gaga with an uninteresting advert song The Colour of the Earth, which the decor in the background echoes, where they tap their feet, and make the audience clap their hands, happy – it’s a bit easy. PJ, applauded, comes back without her white haute couture hat. Then the serious stuff begins with guitars and violin. We feel less of PJ’s rage but we find it, more serene, throughout the set list, with When under ether, then Down by the water (a gothic blues mixed with trip-hop that I never liked because of the big hammered synth sound; the pizzicati are done by a synth while there is a violin, too bad) and the superb To bring you my love (1995, these gothic tales told by an opium addict; the producer Flood, Mark Ellis in civilian life, will be the one for the last album) where she goes overboard when she lengthens a note with her voice that she could make last so good is her column of air. A superb guitar-voice track with chase: folk. For a moment, a superb vocal harmony between the voices. She will only perform one encore, like at the Olympia: the concert is a bit short, 1h25 for 69 €. Furious throwing of cushions, a sign of a satisfied audience. She inspired the excellent Anna Calvi, Fat White Family.
[english, 2nd part] Premier concert cette année aux Nuits de Fourvière. Il a été vite complet : sold out. Une rangée de mecs du public en robe ; quelques vieux de la vieille dont deux suisses romands de Genève, l’un qui a vu Portal, Magma, l’autre Rammstein deux fois. Ils viennent à Lyon car il n’y aurait pas grand-chose à Genève, au pays des Young gods ; en outre, là-bas, c’est cher.
La bombe Amy and the sniffers
De la dynamite dans la poche du kangourou : enfin une bonne première partie, Amy and the sniffers, un groupe post-punk australien, riot grrrl de la fausse blonde en soutien-gorge qui électrise en lâchant des Fuck et Ma’ the fucker autour de ses colocataires à la coupe mulet, de Melbourne, capitale du rock indé, entre Stooges, AC/DC, Radio Birdman et Saints, un rap à la The fall. Rien de bien neuf mais dynamisant, les morceaux s’enchaînent diaboliquement. Le guitariste solo, émérite avec sa guitare triangulaire, fait régulièrement un doigt au public. Fan d’Hammill, Amy aime la nitrite d’amyle ou poppers : morceaux courts et mal de tête salutaire. Ils étaient déjà en première partie de King Gizzard & The Lizard Wizard en 2019 puis de Weezer, Fall Out Boy et Green Day en 2022 et The Smashing Pumpkins et Jane’s Addiction en 2023. My Taylor is rich !
King Gizzard & The Lizard Wizard
Après avoir vu en 2019 Magma et King Crimson, Bob Fripp assis mais jouant au rasoir (The Court of the Crimson King, quel pied !), voici KG : sidérant. La scène est envoûtée de part en part. Le Roi Gésier et le Sorcier Lézard, d’abord un groupe garage, est un double hommage à King Crimson et à Jim Morrison, Miles Davies n’est pas loin, tant la créativité de ce groupe prolixe, est bouillonnante (5 albums en 2017 façon Zappa !). Après la diffusion d’un message inclusif, les six musiciens arrivent, tous habillés en femme, c’est vraiment un truc d’époque (cf. le guitariste des géniaux Idles que je vais revoir cette année, ils évoluent vers autre chose avec le synthé plus présent) – d’ailleurs je vais vous laisser pour voir Hamlet incarné par une femme, Ophélie s’en retourne. Le début, une rave trance avec big beat façon rave des années 90 puis jeu sur variateurs de synthés de geek, genre Moog et Mellotron, pour se hisser vers une transe krautrock ou kosmische musik à la Can. Le filiforme chanteur, avec beaucoup d’échos dans la voix, micro saturé, du vocoder parfois, une basse comme les moines tibétains, le guitariste, bondissant avec le pied à la Johnny Clegg, avec sa triangulaire à la Green day, et multi-instrumentiste Stu (la flûte traversière, instrument emblématique du psyché et du prog’ à la Tame Impala entre autres; zurna, le hautbois oriental ; baglama, un luth, turc inspiré d’Erkin Koray et de la chanteuse et guitariste militante Selda Bagcan). Difficile de classer et c’est tant mieux. Psyché ? « Aujourd’hui nous sommes probablement devenus un groupe psyché car notre musique est de plus en plus en bizarre. Tout dépend de ce qu’on entend par ce terme, qui peut signifier quelque chose de très emmerdant à écouter comme un désir d’exploration. Si c’est le second sens, ça me va. » selon Stu. Orgie musicale aux multiples influences, certainement. Un grand multi-instrumentiste (synthé, harmonica, saxo), robe rouge, chapeau noir, entame un rap tendu à la Beastie boys, « body movin’ body movin’ ».
Le visuel soigné, fignolé, par le graphiste Jason Galea, tel l’imam caché, dont les vidéos et les pochettes ont défini l’identité visuelle spécifique de King Gizzard (boutique de livres, tee-shirts et disques, vinyles, label Flightless Records) révélant des couleurs hallucinées, solarisées, des reptiles et cyborgs, des lettrages évoquant Family Dog, le collectif hippie de San Francisco qui inventa l’esthétique du psychédélisme, font oublier la friture, mobilisant deux personnes pendant pas mal de temps, dans les pédales d’effets de guitares à cause de la bière balancée lors de pogo intense dans la fosse. Beaucoup d’essais guitares pendant les morceaux, des sons qui partent dans tous les sens. Un batteur démentiel – il y en eut parfois deux à jouer simultanément dans le groupe – joue du pad à la Kraftwek puis développe un jeu à la Bonham, à rendre Dave Grohl jaloux, pour virer africain, parfois en polyrythmie et contretemps, où il fait résonner les toms. Un guitariste arbore sa robe lamée. Stu lance un « Free Palestine ». S’il était vivant, le vampire Bowie aurait jeté son dévolu sur KG qui n’est pas du KFC. Spectacle total, l’un des meilleurs avec LCD soundsystem, nous retenons l’excellence des musiciens et la trance à force de riffs entêtants où la voix se calque sur les notes, parfois micro-tonales, de la guitare, un peu à la Chassol. La musique est une question d’énergie, de sa projection. L’ailleurs rock en somme : pour une note à 39 €, on en a pour son argent, avec beaucoup de notes.
First concert this year at Nuits de Fourvière. It sold out quickly. A row of guys from the audience in robes; a few old-timers, including two French-speaking Swiss from Geneva, one who’s seen Portal and Magma, the other Rammstein twice. They’re coming to Lyon because there’s apparently not much going on in Geneva, the land of the Young Gods; besides, it’s expensive there.
Amy and the Sniffers
Dynamite in the kangaroo’s pouch: finally a good opening act, Amy and the Sniffers, an Australian post-punk band, riot grrrl of the fake blonde in a bra who electrifies by dropping Fuck and Ma’ the fucker around her mullet-haired roommates, from Melbourne, capital of indie rock, between Stooges, AC/DC, Radio Birdman and Saints, a rap à la The Fall. Nothing really new but dynamic, the songs follow one another devilishly. The lead guitarist, skilled with his triangular guitar, regularly gives the audience the finger. A fan of Hammill, Amy likes amyl nitrite or poppers: short songs and a salutary headache. They were already supporting King Gizzard & The Lizard Wizard in 2019, then Weezer, Fall Out Boy and Green Day in 2022 and The Smashing Pumpkins and Jane’s Addiction in 2023. My Taylor is rich !
King Gizzard & The Lizard Wizard
After seeing Magma and King Crimson in 2019, Bob Fripp sitting but playing with a razor (The Court of the Crimson King, what a blast !), here is KG: stunning. The scene is captivating from start to finish. King Gizzard and the Lizard Wizard, initially a garage band, is a double tribute to King Crimson and Jim Morrison, Miles Davies is not far away, as the creativity of this prolific band is bubbling (5 albums in 2017, Zappa style!). After broadcasting an inclusive message, the six musicians arrive, all dressed as women, it’s really something from that era (see the guitarist of the brilliant Idles that I’m going to see again this year, they’re evolving towards something else with the more present synth) – besides, I’m going to leave you to see Hamlet played by a woman, Ophelia returns. The beginning, a trance rave with a big beat, 90s rave style, then playing on geek synth variators, like Moog and Mellotron, to rise towards a krautrock trance or kosmische musik à la Can. The slender singer, with a lot of echoes in the voice, saturated microphone, sometimes vocoder, a bass like Tibetan monks, the guitarist, bouncing with his foot like Johnny Clegg, with his triangle like Green Day, and multi-instrumentalist Stu (the transverse flute, emblematic instrument of psyche and prog à la Tame Impala among others; zurna, the oriental oboe; baglama, a Turkish lute inspired by Erkin Koray and the singer and activist guitarist Selda Bagcan). Difficult to classify and so much the better. Psyche ? « Today we’ve probably become a psychedelic band because our music is getting weirder and weirder. It all depends on what you mean by that term, which can mean anything from something very annoying to listen to to a desire for exploration. If it’s the latter, that’s fine with me » according to Stu. A musical orgy with multiple influences, certainly. A tall multi-instrumentalist (synth, harmonica, sax), wearing a red dress and a black hat, begins a tense rap à la Beastie Boys, « body movin’ body movin’. »
The neat, polished visual, by graphic designer Jason Galea, like the hidden imam, whose videos and covers have defined the specific visual identity of King Gizzard (book, T-shirt and record store, vinyl, Flightless Records label) revealing hallucinatory, solarized colors, reptiles and cyborgs, lettering evoking Family Dog, the San Francisco hippie collective that invented the aesthetic of psychedelia, make you forget the frying, mobilizing two people for quite a while, in the guitar effects pedals because of the beer thrown during intense pogo in the pit. Lots of guitar experiments during the songs, sounds going off in all directions. A crazy drummer – there were sometimes two playing simultaneously in the band – plays Kraftwerk-style drum pads then develops Bonham-style drumming, enough to make Dave Grohl jealous, to turn African, sometimes in polyrhythms and offbeats, where he makes the toms resonate. A guitarist wears his lamé robe. Stu launches into « Free Palestine. » If he were alive, the vampire Bowie would have set his sights on KG, who is not KFC. A total show, one of the best with LCD soundsystem, we remember the excellence of the musicians and the trance through heady riffs where the voice follows the sometimes microtonal notes of the guitar, a bit like Chassol. Music is a question of energy, of its projection. Rock elsewhere in short: for a €39 bill, you get your money’s worth, with lots of notes.
[english, 2nd part] The Zone of interest, d’après le roman de feu Amis, est du niveau des films de Kubrick. Ce dernier retira son projet Arian papers à cause de La liste de Schindler de S. Spielberg (Schindler’s List, 1993) qui, malgré son succès, suscita quelques remous à sa sortie. Comment représenter l’irreprésentable ? Quelques rares films ont réussi le pari ardu : l’étonnant La dernière étape de Jakubowska (Ostatni etap, 1948), La passagère (Pasazerka, Munk et Lesiewicz, 1963), le nécessaire Shoah de Lanzmann (1985) et Le Fils de Saul de L. Nemes (Saul fia, 2015, Grand prix à Cannes).
Glazer, qui nous émerveilla avec son incroyable Under the skin (2013) où Scarlett Johansson, en alien séductrice et dangereuse, déroute et joue l’un de ses meilleurs rôles, développe un dispositif surprenant, glaçant à la Haneke et pertinent. Filmer à distance avec dix caméras des plans lointains, un cadre fixe comme les frères Lumière, un montage strict, l’effet Koulechov sidérant, des contre-plongées déformantes, un bruit de fond incessant pour le hors champ, avec un énorme travail très fin sur le son. L’ouverture est un écran noir avec une musique dissonante de Mica Levi, égale à Ligeti ou Penderecki. Ensuite, des fleurs en gros plans, interrogeant la beauté, le statut de l’image entre le cinéma et la photographie.
Nous suivons le quotidien, presque comme Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles de C. Ackerman, (1975), d’une vie bourgeoise de la famille Höss se déroulant à côté du camp d’Auschwitz-Birkenau que le mari dirige. La femme, haineuse et cupide, vivant dans le déni, jouée par la désormais indispensable Hüller (Anatomie d’une chute, J. Triet, 2023), tente de rester belle en essayant une fourrure spoliée dans d’atroces conditions, s’occupe de ses nombreux enfants et de sa belle-mère, réveillée en pleine nuit par sa conscience, se consacre corps et âme à sa maison Bauhaus, à son jardin, à son train de vie, martyrise une servante – une jeune femme réduite à l’esclavage, y compris sexuel -, se soucie jusqu’à l’obsession de la possible mutation de son mari et de sa perte de confort et de qualité de vie. Un pique-nique bucolique en famille avec forêt de bouleaux que jouxte une rivière. Des transats dans le jardin. Jeux d’enfants. Discussion d’adultes dans la serre. Une réunion technique, remémorant La conférence (Die Wannseekonferenz, M. Matti Geschonneck, 2022) à propos des fours crématoires, dont nous voyons la fumée, tournants donc plus efficaces. A faire frémir.
Des échappées poétiques, une respiration, comme ces scènes d’intermède, régulières, en caméra thermique avec images en noir et blanc : un conte de Gretel en voix off, à partir d’un poème bouleversant d’un déporté en sous-titres, avec une petite fille, résistante, qui dépose la nuit des aliments pour les évadés ou exploités. La scène finale relève de l’installation d’art contemporain dans une photographie à la Gurski : le nettoyage dans un musée après un gros plan sur une pyramide de chaussures. Ce film, Grand prix à Cannes, est fascinant par sa richesse, où toutes les sensations sont convoquées, par le langage cinématographique original, par sa rudesse sans concessions. A voir absolument.
La Zone d’intérêt, The Zone of interest (Jonathan Glazer, 2023, US-UK-Pologne, couleurs) avec Sandra Hüller, Christian Friedel et Freya Kreutzkam.
The Zone of Interest, based on the novel by the late Amis, is on par with Kubrick’s films. The latter withdrew his Arian Papers project because of S. Spielberg’s Schindler’s List (1993), which, despite its success, caused some controversy upon its release. How to represent the unrepresentable ? A few rare films have succeeded in this difficult task: Jakubowska’s astonishing The Last Step (1948), The Passenger (1963), Lanzmann’s necessary Shoah (1985), and L. Nemes’s Son of Saul (2015, winner of the Grand Prix at Cannes).
Glazer, who amazed us with his incredible Under the Skin (2013) where Scarlett Johansson, as a seductive and dangerous alien, confuses and plays one of her best roles, develops a surprising, chilling, Haneke-like and relevant device. Filming distant shots from a distance with ten cameras, a fixed frame like the Lumière brothers, strict editing, the astonishing Kuleshov effect, distorting low-angle shots, incessant background noise for the off-screen, with enormous and very fine work on the sound. The opening is a black screen with dissonant music by Mica Levi, equal to Ligeti or Penderecki. Then, close-ups of flowers, questioning beauty, the status of the image between cinema and photography.
We follow the daily life, almost like Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles by C. Ackerman, (1975), of a bourgeois life of the Höss family taking place next to the Auschwitz-Birkenau camp that the husband runs. The wife, hateful and greedy, living in denial, played by the now indispensable Hüller (Anatomy of a Fall, J. Triet, 2023), tries to stay beautiful by trying on a fur stolen in atrocious conditions, takes care of her many children and her mother-in-law, woken in the middle of the night by her conscience, devotes herself body and soul to her Bauhaus house, her garden, her lifestyle, tortures a servant – a young woman reduced to slavery, including sexual slavery -, worries to the point of obsession about the possible transfer of her husband and her loss of comfort and quality of life. A bucolic family picnic with a birch forest bordering a river. Deckchairs in the garden. Children’s games. Adults chatting in the greenhouse. A technical meeting, recalling The conference (Die Wannseekonferenz, M. Matti Geschonneck, 2022) about crematoria, whose smoke we can see, rotating and therefore more efficient. Quivering.
Poetic escapes, a breath of fresh air, like these interlude scenes, regular, in thermal camera with black and white images: a Gretel tale in voiceover, from a moving poem by a deportee in subtitles, with a little girl, a resistance fighter, who leaves food at night for the escapees or exploited. The final scene is like a contemporary art installation in a Gurski-style photograph : the cleaning in a museum after a close-up on a pyramid of shoes. This film, Grand Prix at Cannes, is fascinating for its richness, where all the sensations are summoned, by the original cinematographic language, by its uncompromising harshness. A must-see.